00:00 Lancement réussi pour la fusée espagnole Miura One, la première fusée privée européenne
00:10 à décoller.
00:11 Le lanceur de 2,5 tonnes a décollé samedi 7 octobre à 2h19 du matin depuis une base
00:17 militaire de la province de Huelva en Andalousie.
00:20 Le lanceur a atteint tous les objectifs techniques, affirme l'entreprise dans un communiqué.
00:25 La fusée de 12 mètres de hauteur s'est élevée jusqu'à 46 km au-dessus du golfe de Cadix,
00:31 suffisamment haut pour s'éloigner de l'atmosphère mais pas assez pour se mettre en orbite autour
00:35 de la Terre.
00:36 Son vol aura duré environ 5 minutes et comme prévu, la fusée a fini sa course dans l'océan
00:41 atlantique où elle devrait être prochainement repêchée par une équipe de PLD Space à
00:47 l'origine de cette réussite technologique.
00:50 Autre actualité, Airbus et Safran veulent plus d'argent public pour exploiter Ariane
00:56 6.
00:57 Selon le journal La Tribune, Ariane Group négocie avec les Etats membres de l'agence
01:01 spatiale européenne une très nette réévaluation du soutien financier à l'exploitation d'Ariane
01:07 6 en raison des conséquences de l'inflation.
01:10 Toujours selon La Tribune, l'industriel demanderait à l'ESA un total de 350 millions d'euros
01:16 par an.
01:17 Cette somme correspondrait à une hausse de 150% par rapport au financement actuel.
01:22 Pas d'indice pour leur supplémentaire sur la réussite au nom de ces négociations.
01:28 Pour rappel, le coût total d'Ariane 6 est estimé à environ 4 milliards d'euros.
01:33 Le lanceur ne devrait pas décoller avant fin 2024, bien loin du tout premier objectif
01:38 de lancement fixé à l'époque, à juillet 2020.
01:40 On continue avec Amazon qui lance ses deux premiers satellites.
01:45 Pour sa future constellation, Kuiper, le lancement a eu lieu samedi dernier.
01:50 Confiée à une fusée Atlas V de United Launch Alliance, les satellites ont rejoint l'orbite
01:55 basse à 500 km.
01:57 Il ne s'agit pour l'instant que de prototypes destinés à tester les différentes technologies
02:02 en conditions réelles.
02:04 A l'issue de cette expérience, Kuiper Sat-1 et Kuiper Sat-2 seront désorbités pour finalement
02:10 se désintégrer dans l'atmosphère.
02:12 Enfin, dernière actualité, retour en Europe.
02:16 L'agence spatiale européenne et l'entreprise américaine Axiom Space signent un protocole
02:22 d'accord sur les opportunités de collaboration dans le domaine des vols spatiaux habités
02:26 mais aussi de la science, de la technologie et de la commercialisation.
02:30 Ce n'est pas la première fois que les deux acteurs s'accordent, mais cette fois ce sont
02:34 sur des perspectives de partenariats au long terme dans un avenir où l'Europe n'entrevoit
02:39 pas beaucoup de moyens souverains d'accès à l'espace.
02:42 Pour en parler, on a décidé d'appeler François Leproux, ingénieur en mécanismes
02:46 spatiaux et auteur.
02:48 Bonjour François Leproux, bienvenue dans Smart Space et merci d'avoir répondu au
02:52 call actu.
02:53 Que dit cet accord précisément ?
02:55 Bonjour, alors rappelons tout d'abord que dans ce projet d'Axiom, on va prendre la
03:01 relève des états pour assurer l'exploitation de la science spatiale internationale.
03:05 D'abord en attachant ces premiers modules, puis une fois que l'ISS sera mise hors service
03:10 dans les années 2030, en détachant ces modules et en fonctionnant de manière indépendante.
03:15 De manière globale, cet accord permet à l'Europe d'assurer une place à bord de
03:20 la station pour ses propres astronautes.
03:22 En plus de soutenir les missions nationales des états membres de l'ESA, comme la Pologne,
03:26 la Hongrie ou la Suède, ce qu'Axiom fait déjà, l'ESA et Axiom vont accélérer la
03:31 possibilité de missions institutionnelles qui pourra donner aux astronautes de l'ESA
03:34 un meilleur accès à la station spatiale internationale.
03:37 Qu'est-ce que ça dit la position de l'Europe, cet accord ?
03:40 Alors ça signifie deux choses.
03:43 D'une part, l'Europe a les yeux rivés vers l'orbite basse et les nouvelles possibilités
03:47 offertes par la commercialisation de cette orbite.
03:49 L'Évie, la Suède, la Pologne et la Hongrie ont déjà signé des accords avec Axiom pour
03:53 envoyer dans l'espace des astronautes choisis de leur pays respectif, indépendamment de
03:58 l'ESA dans le cas de la Hongrie.
03:59 Et en l'absence de véhicules spatiales habités européens, se tourner vers un prestataire
04:03 américain est la solution la plus simple.
04:05 Comme on utilisera certainement des lanceurs américains, Tonkari N6 et Vegas-C ne seront
04:10 pas opérationnels.
04:11 On n'a pas moyen aujourd'hui d'envoyer d'hommes dans l'espace.
04:15 C'est cette même entreprise, Axiom Space, qui a accordé sa confiance à The Exploration
04:19 Company, l'entreprise franco-allemande qui, elle, met au point un véhicule justement
04:23 spatial pour l'heure, pour du cargo, peut-être demain pour du vol habité.
04:29 Est-ce que la signature aujourd'hui de cet accord avec l'ESA vient enfoncer un petit
04:33 peu le clou sur cette incapacité à adresser la question du vol habité européen ?
04:38 Totalement, et c'est d'autant plus regrettable qu'il existe une dynamique favorable au vol
04:43 spatial habité européen depuis 2020, initiée notamment par le directeur général de l'ESA,
04:47 Joseph H.
04:48 Bacher.
04:49 Malheureusement, l'an dernier, au sommet spatial de Toulouse et au conseil de l'ESA
04:52 de Séville, cette question du vol spatial habité a été reportée à cause de la décision
04:58 des États membres qui voient une lubie coûteuse en période d'obsolation et injustifiée,
05:02 car il y a des moyens d'accès américains.
05:04 Cependant, une étude de PricewaterhouseCoopers, commandée en 2022, a montré que l'industrie
05:10 européenne pourrait générer entre 6 et 10 milliards d'euros entre 2028 et 2040,
05:16 en développant et en exploitant une capsule spatiale habitée, notamment en offrant des
05:20 services aux pays émergents ou aux secteurs privés, tandis que se reposer sur des moyens
05:25 d'accès étrangers pour accéder à l'espace, comme avec Axiom Space, pourrait coûter jusqu'à
05:30 1,7 milliard d'euros à l'Europe.
05:33 Est-ce qu'on a une idée du coût de cet accord d'ailleurs ? Est-ce qu'on parle de coût
05:37 financier ? En général, c'est un échange de bons procédés quand l'ESA obtient des
05:42 places de vol habitées pour ses astronautes.
05:45 De quoi il s'agit ici ?
05:46 Alors, ces détails n'ont pas été révélés, mais comme vous le dites, on peut imaginer
05:50 qu'il s'agit dans l'essence de bons procédés et certainement des 4 subcargos d'exploration
05:56 de compagnies en fontaine partie.
05:58 On rappellera également que Thaddeus Salignas-Fey, un industriel franco-italien, collabore avec
06:03 Axiom pour la réalisation des modules.
06:06 D'une certaine manière, ça montre bien que l'ESA a envie de s'infliquer davantage dans
06:12 l'orbite basse, y compris par le volet du vol spatial habité, et qu'Axiom et les industriels
06:17 américains ont une grande confiance envers les partenaires européens.
06:20 Tout ça devrait peser dans la balance lors du prochain sommet spatial de novembre pour
06:27 l'ESA afin de convaincre les États membres de se lancer dans un programme de vol spatial
06:34 habité qui s'appuierait sur une capsule spatiale privée, comme l'a fait la NASA avec la capsule
06:39 de SpaceX il y a quelques années.
06:41 Merci beaucoup François Leproux, et vous nous donnez une transition tout trouvée pour
06:46 enchaîner sur notre prochain sujet dans le Space Talk.
06:50 SpaceX, géant mais pas inébranlable.
Commentaires