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  • il y a 2 jours
Depuis plusieurs années, de nouveaux acteurs ont émergé dans le secteur spatial : les sociétés privées. À l'image de Space X, propriété d'Elon Musk, ces structures souhaitent conquérir l'espace afin de le commercialiser. Elles concurrencent ainsi les superpuissances mondiales et renouvellent les problématiques de la conquête spatiale.

Quelles sont les nouveaux enjeux de cette course à l'espace ?

Pour en parler, Jean-Pierre Gratien reçoit Xavier Pasco, Directeur de la Fondation pour la Recherche Stratégique, Géraldine Naja, Directrice Commercialisation, Industrie et Compétitivité à l'ESA et Irénée Régnauld, chercheur spécialiste des technologies numériques et spatiales.

LCP fait la part belle à l'écriture documentaire en prime time. Ce rendez-vous offre une approche différenciée des réalités politiques, économiques, sociales ou mondiales....autant de thématiques qui invitent à prolonger le documentaire à l'occasion d'un débat animé par Jean-Pierre Gratien, en présence de parlementaires, acteurs de notre société et experts.

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Transcription
00:00:00Générique
00:00:01Bienvenue à tous dans des Badocs. Au-dessus de nos têtes et loin des yeux se déroule une nouvelle course à l'espace.
00:00:23En témoigne le documentaire qui va suivre, les conquistadors de l'espace, réalisés par Véronique Préaud.
00:00:29Je vous laisse le découvrir et je vous retrouverai juste après, sur ce plateau, en compagnie de mes invités,
00:00:35pour s'interroger sur ce que sont désormais les nouveaux enjeux de la conquête spatiale.
00:00:40Bon doc.
00:00:40Par-delà les nuages, à 550 km d'altitude, une armada de satellites se déploie, à un rythme inédit depuis le début de l'ère spatiale.
00:01:05Grâce à eux, Elon Musk ambitionne de fournir Internet sur n'importe quel point de la planète.
00:01:21Le monde semble avoir un besoin insatiable d'Internet.
00:01:26Jeff Bezos, l'autre milliardaire américain de l'espace, lui emboîte le pas.
00:01:31L'accès à Internet va devenir un besoin humain fondamental.
00:01:41La révolution de l'Internet par satellite nécessite des investissements colossaux.
00:01:47Une course mondiale est en cours entre certains pays et certaines personnes pour conquérir et prendre possession de l'espace.
00:02:08Enjeu, la souveraineté numérique et l'indépendance technologique des États.
00:02:13Pour les Chinois, c'est un levier géopolitique qu'ils peuvent utiliser.
00:02:22C'est extrêmement important d'avoir des communications absolument sécurisées.
00:02:26On le voit aujourd'hui avec la guerre qui est sur notre continent.
00:02:30La banlieue de la Terre devient un nouveau territoire de confrontation.
00:02:34Avec autant de satellites, le risque de conflits devient inévitable.
00:02:41On ne sait pas comment on va gérer collectivement ces objets qui se multiplient dans l'espace et qui posent beaucoup de problèmes.
00:02:51Il est temps de lever les yeux.
00:02:54Des empires se construisent dans l'espace.
00:02:57Ils veulent dominer le monde.
00:02:59Une nouvelle menace pour les États et les citoyens.
00:03:15Satellite images show a Russian military convoy getting closer to Kyiv from the north.
00:03:20Dès le début de l'invasion par les troupes russes,
00:03:27des cyberattaques font craindre aux Ukrainiens de se retrouver coupés du monde.
00:03:35Alors qu'Internet est devenu une arme stratégique pour les États,
00:03:39les réseaux de communication terrestres sont vulnérables aux attaques militaires.
00:03:43Les satellites se présentent comme l'ultime recours.
00:03:56Jusqu'à maintenant, la cyberarmée russe a réussi à faire tomber des sites gouvernementaux,
00:04:01mais pas le réseau Internet lui-même.
00:04:04Ça n'empêche pas l'Ukraine de vouloir un plan B,
00:04:06et c'est là qu'entre en scène Elon Musk.
00:04:08Donc, M. Musk a été interpellé sur Twitter samedi par le vice-premier ministre ukrainien,
00:04:14Mihailo Fedorov.
00:04:18Pendant que vous essayez de coloniser Mars, la Russie essaie d'occuper l'Ukraine.
00:04:24Nous vous demandons de fournir à l'Ukraine des stations Starlink.
00:04:26Le grand public découvre Starlink.
00:04:33Le gigantesque maillage de satellites, imaginé par Elon Musk,
00:04:38est destiné à apporter Internet sur toute la planète, via l'espace.
00:04:45Quelques jours après l'appel à l'aide de l'Ukraine,
00:04:4810 000 stations-relais, nécessaires pour recevoir le signal des satellites Starlink, sont livrées.
00:04:54Le président Zelensky remercie Elon Musk pour avoir aidé son pays à sécuriser ses communications.
00:05:06Avec la guerre en Ukraine, Elon Musk,
00:05:21l'entrepreneur à succès des voitures électriques Tesla et des fusées SpaceX,
00:05:26acquiert un rôle politique de premier plan sur la scène internationale.
00:05:36Évidemment, ça installe Elon Musk comme interlocuteur politique,
00:05:40plus que comme suppléant des États,
00:05:42comme quelqu'un qui a voix au chapitre pour aider dans une situation de guerre.
00:05:46C'est clairement un très beaucoup de com' pour cette entreprise
00:05:50qui, finalement, met en scène son caractère vertueux, philanthropique,
00:05:56où on sauve une part de l'humanité qui est en danger.
00:05:58C'est extrêmement efficace.
00:06:04Face à l'urgence de la situation,
00:06:06les autorités ukrainiennes ont paré au plus pressé.
00:06:09Mais Kiev s'est mis dans une position de dépendance technologique,
00:06:15y compris pour son dispositif militaire,
00:06:18en s'en remettant à SpaceX,
00:06:20une société privée,
00:06:22fournissant un service commercial.
00:06:23Voilà donc un pays qui n'avait pas, bien entendu,
00:06:30cette capacité souveraine
00:06:31et qui a dû appeler une entreprise privée pour le faire.
00:06:34On ne souhaite pas, je ne souhaite pas que l'Europe soit dans cette situation.
00:06:37L'Europe doit par elle-même, précisément,
00:06:39protéger ses intérêts
00:06:40et ne pas dépendre du bon vouloir
00:06:42de M. X, de M. Y.
00:06:44Si vous accédez à Internet depuis SpaceX
00:06:48plutôt qu'avec un opérateur de votre pays,
00:06:54cela augmente la possibilité
00:06:55que SpaceX ait une influence sur ce que vous voyez
00:06:58et sur ce que vous pensez.
00:07:03Au-delà de l'opération de sauvetage,
00:07:06la solution Elon Musk représente un risque
00:07:08pour la souveraineté d'un État.
00:07:10Qui possède les tuyaux
00:07:15maîtrise le contenu des tuyaux.
00:07:20Les données numériques
00:07:21sont une arme stratégique
00:07:22que les États se doivent de sécuriser.
00:07:28La souveraineté numérique,
00:07:31c'est la capacité à pouvoir
00:07:32stocker des données
00:07:33qui vous appartiennent
00:07:35sur des infrastructures
00:07:37sur lesquelles vous avez un contrôle.
00:07:39Si vous les stockez sur une infrastructure
00:07:40qui ne vous appartient pas
00:07:41et sur laquelle un État étranger
00:07:44a la capacité à venir puiser
00:07:46pour regarder ce qui constitue
00:07:49votre richesse économique,
00:07:51eh bien, vous n'avez plus de souveraineté.
00:07:56La question s'était déjà posée
00:07:57dans les années 2000
00:07:58avec le GPS,
00:08:00le système de positionnement par satellite
00:08:02lancé par les États-Unis.
00:08:04La Chine,
00:08:07l'Europe
00:08:08et la Russie
00:08:09avaient alors lancé
00:08:10leurs propres dispositifs
00:08:11pour garder la maîtrise
00:08:13de leur souveraineté numérique.
00:08:1420 ans plus tard,
00:08:22avec l'avènement
00:08:22des satellites de communication,
00:08:25le danger ne vient plus
00:08:26d'un État,
00:08:27mais d'un homme,
00:08:28à la tête d'une société privée.
00:08:31Il est devenu numéro 1
00:08:32dans l'espace,
00:08:34un territoire historiquement
00:08:35réservé aux États.
00:08:36Comment l'ascension
00:08:39d'Elon Musk
00:08:40au sommet
00:08:41de la scène internationale
00:08:42et jusque dans l'espace
00:08:43a-t-elle été rendue possible ?
00:08:47L'histoire commence
00:08:51dans les années 2000,
00:08:53aux États-Unis.
00:08:56La NASA,
00:08:57l'agence spatiale américaine,
00:08:59traverse une crise
00:09:00sans précédent.
00:09:01Elle n'a plus de fusée
00:09:03et la sacro-sainte
00:09:05domination américaine
00:09:06dans l'espace
00:09:06est menacée.
00:09:09Washington donne alors
00:09:10le coup d'envoi
00:09:10de la privatisation
00:09:11du secteur.
00:09:14C'est la naissance
00:09:16du New Space,
00:09:17le secteur privé
00:09:18spatial américain.
00:09:20Je reconnais
00:09:21que certains ont dit
00:09:22qu'il est infeasible
00:09:23ou inouïe
00:09:24de travailler
00:09:24avec le secteur privé
00:09:25dans cette façon.
00:09:27Je ne suis pas d'accord.
00:09:29La vérité est,
00:09:29NASA a toujours
00:09:30travaillé
00:09:31sur la industrie privée
00:09:32pour aider à construire
00:09:33et à construire
00:09:33les véhicules
00:09:34qui portent
00:09:35les astronautes
00:09:35dans l'espace.
00:09:38Depuis le discours
00:09:39d'Obama,
00:09:40qui ouvre grand
00:09:40la porte à Elon Musk,
00:09:42l'entrepreneur profite
00:09:43de subventions publiques
00:09:44considérables.
00:09:47Washington assure
00:09:48à Elon Musk
00:09:49les moyens
00:09:50de ses ambitions.
00:09:52En échange,
00:09:53Elon Musk fabrique
00:09:54la fusée
00:09:54qui permet de renvoyer
00:09:56les astronautes américains
00:09:57dans l'espace
00:09:58sans devoir passer
00:09:59par des fusées russes.
00:10:00Il restaure ainsi
00:10:05l'autonomie spatiale
00:10:06des États-Unis.
00:10:08Il y a une sorte
00:10:09de, on va dire,
00:10:10de jeu
00:10:11mutuellement bénéfique
00:10:13pour les deux
00:10:14et c'est ce qui a lancé
00:10:15véritablement Musk.
00:10:16Les investissements
00:10:17sont conséquents.
00:10:18On parle de milliards
00:10:19de dollars
00:10:19qui sont investis.
00:10:20Néanmoins,
00:10:21une étude récente
00:10:22a montré
00:10:23qu'on était encore
00:10:24dans une proportion
00:10:25d'investissement
00:10:26qui est à 95%
00:10:28d'investissement public
00:10:29pour 5%
00:10:30d'investissement privé.
00:10:34En décembre 2020,
00:10:37Elon Musk reçoit
00:10:38885 millions de dollars
00:10:40de subventions
00:10:40de l'État fédéral
00:10:41pour couvrir
00:10:43les zones blanches
00:10:44privées d'Internet.
00:10:46Car si les États-Unis
00:10:48ont inventé
00:10:48le réseau mondial,
00:10:49plusieurs millions
00:10:51d'Américains
00:10:51n'ont toujours
00:10:52pas de connexion.
00:10:56Les satellites
00:10:57apparaissent là encore
00:10:58comme une solution.
00:11:01Et c'est la naissance
00:11:03de Starlink.
00:11:10Aujourd'hui,
00:11:10le lancement
00:11:11est particulièrement
00:11:11étonnant.
00:11:12C'est notre premier
00:11:13lancement
00:11:13d'un nouveau
00:11:14satellite de production
00:11:15pour notre
00:11:16réseau mondial de Starlink.
00:11:19dans l'euphorie générale,
00:11:23la société SpaceX
00:11:24lance des satellites
00:11:25au rythme effréné
00:11:26de 60 par semaine.
00:11:29There we go.
00:11:31That's all six
00:11:32de ces satellites
00:11:32Starlink
00:11:33on their merry way.
00:11:35Halo, it's on screen.
00:11:36You can see them
00:11:37separating themselves
00:11:38from the second stage
00:11:39and off they go.
00:11:40Elon Musk
00:11:44met en place
00:11:44Starlink
00:11:45avec la bénédiction
00:11:46des autorités américaines.
00:11:51You can see
00:11:52those
00:11:52flat-packed
00:11:54Starlink satellites
00:11:54slowly gliding
00:11:55away from the top
00:11:56of the second stage.
00:11:58You can hear
00:11:59the team in the background.
00:12:00This is an incredible
00:12:01moment for SpaceX.
00:12:02À mesure qu'Elon Musk
00:12:06met en place
00:12:07son maillage,
00:12:08la pression monte
00:12:09pour les États.
00:12:12Laisseront-ils
00:12:12cet acteur privé
00:12:13rafler la mise
00:12:14sur le marché
00:12:15de l'Internet
00:12:16de demain ?
00:12:18La Chine a repéré
00:12:19la menace
00:12:20et perçu
00:12:21l'ombre
00:12:21de l'État américain.
00:12:24Elle annonce
00:12:25qu'elle va
00:12:25elle aussi
00:12:26créer son propre
00:12:27réseau
00:12:27de communication
00:12:28satellitaire.
00:12:28Quand la Chine
00:12:32enregistre
00:12:34le lancement
00:12:34à venir
00:12:35de près
00:12:36de 13 000
00:12:37satellites,
00:12:39c'est un geste
00:12:39de défense
00:12:40de sa souveraineté.
00:12:42Donc c'est un geste
00:12:43géopolitique.
00:12:44C'est une question
00:12:45de principe.
00:12:47Il faut qu'elle ait
00:12:47accès à ces ressources-là.
00:12:52La Chine
00:12:52fait elle aussi
00:12:53le pari
00:12:54de l'Internet
00:12:54par satellite
00:12:55pour remplacer
00:12:56les câbles sous-marins
00:12:57qui véhiculent
00:12:58actuellement
00:12:5999%
00:13:00de notre
00:13:01connectivité.
00:13:05Aujourd'hui,
00:13:06vous utilisez
00:13:07des câbles sous-marins,
00:13:08vous ne le savez pas.
00:13:10Demain,
00:13:11vous utiliserez
00:13:11des satellites,
00:13:12vous ne le saurez pas.
00:13:13Pour toutes vos applications
00:13:15quotidiennes
00:13:16ou presque.
00:13:18Vous avez
00:13:18toute une machinerie
00:13:19qui est en train
00:13:20de se mettre en place
00:13:21dans l'espace.
00:13:22Donc vous avez
00:13:22besoin de capacités
00:13:23de transport,
00:13:24de calcul,
00:13:25de traitement,
00:13:25de stockage
00:13:26des données
00:13:26partout dans le monde.
00:13:27Les objets connectés,
00:13:29les nouveaux usages
00:13:30de l'Internet,
00:13:32le besoin de latence
00:13:33de plus en plus faible,
00:13:34c'est-à-dire de rapidité
00:13:34de plus en plus grande
00:13:35font que les satellites
00:13:36sont de plus en plus adaptés.
00:13:38Donc on est aussi
00:13:38dans une vision
00:13:39pas du tout romantique
00:13:40de l'espace
00:13:41où les satellites
00:13:42deviennent
00:13:43une infrastructure
00:13:43comme une autre.
00:13:47À ce jour,
00:13:49rien ne garantit
00:13:50que l'Internet spatial
00:13:51sera le modèle
00:13:52des années futures.
00:13:54Mais une chose
00:13:55est certaine.
00:13:57Depuis l'avènement
00:13:58du GPS,
00:13:59l'économie mondiale
00:14:00s'appuie chaque jour
00:14:01davantage sur l'espace.
00:14:02nos sociétés humaines
00:14:07sont devenues
00:14:08dépendantes
00:14:08des données
00:14:09qui transitent
00:14:09par les satellites
00:14:10pour les transports,
00:14:12les transactions bancaires
00:14:14ou encore
00:14:15pour la météo.
00:14:16Notre mode de vie
00:14:22et notre confort
00:14:23reposent sur des sociétés
00:14:25comme E-MEDSAT,
00:14:27une organisation
00:14:28intergouvernementale
00:14:29européenne
00:14:29qui opère jour et nuit
00:14:31quatre satellites
00:14:32d'observation météorologique.
00:14:41Les gens ne réalisent pas
00:14:43tout à fait le rôle
00:14:44joué par les flottes
00:14:45de satellites.
00:14:46Lorsqu'ils consultent
00:14:47la météo
00:14:47et d'une manière générale
00:14:49sur notre économie.
00:14:52Si les gens
00:14:53devaient perdre
00:14:53ce service,
00:14:54ils commenceraient
00:14:55à voir la différence
00:14:56dans leur quotidien.
00:14:58Des choses
00:14:58qui fonctionnent
00:14:59moins bien,
00:15:01des commandes
00:15:01qui ne sont pas livrées
00:15:02ou encore
00:15:04l'électricité
00:15:05qui n'arrive plus
00:15:05chez eux
00:15:05avec la même fiabilité.
00:15:11Avec l'Internet spatial,
00:15:13ce sont des milliers
00:15:14d'appareils
00:15:15volant de manière
00:15:16coordonnée
00:15:16qui relaient les données.
00:15:21On les appelle
00:15:22des constellations.
00:15:23C'est un terme
00:15:28qui est introduit
00:15:29sur une image
00:15:30assez favorable
00:15:31de ces systèmes.
00:15:32Les constellations,
00:15:33c'est l'astronomie,
00:15:34c'est les étoiles,
00:15:35c'est beau,
00:15:36c'est élégant,
00:15:36etc.
00:15:37Ça reste surtout
00:15:38de l'infrastructure.
00:15:39Disons,
00:15:39c'est pas la grande ours,
00:15:40c'est plutôt
00:15:40le gros ours
00:15:41qui se met en place
00:15:43et on est dans l'industrie.
00:15:45quoi.
00:15:47Ils trouvent
00:15:47le gold
00:15:47dans le garage.
00:15:50Le gold
00:15:50!
00:15:51Comme la gold rush,
00:16:00la ruée vers l'or,
00:16:02à une autre époque,
00:16:04l'espace où les datas,
00:16:06les données,
00:16:07circulent,
00:16:08devient une ressource
00:16:09à exploiter.
00:16:10C'est vraiment
00:16:13comme une ruée vers l'or.
00:16:15Il y a potentiellement
00:16:16beaucoup d'argent
00:16:17à gagner dans l'espace.
00:16:20Si vous êtes le premier
00:16:21à ouvrir le marché,
00:16:23vous aurez des clients.
00:16:25Vous les garderez
00:16:25si vous fournissez
00:16:26un bon service.
00:16:29Et c'est cette compétition
00:16:30qui provoque
00:16:31une véritable course à l'orbite
00:16:33qui est en train
00:16:34d'avoir lieu.
00:16:38À ce jour,
00:16:39aucune règle internationale
00:16:41ne contraint
00:16:41l'usage commercial
00:16:42de l'espace.
00:16:45Pour une entreprise
00:16:46qui veut s'installer
00:16:47en orbite basse,
00:16:48rien de plus simple.
00:16:51Il suffit
00:16:52de faire une déclaration
00:16:53auprès de l'agence
00:16:54de régulation
00:16:54des télécommunications
00:16:56de son pays.
00:16:57Par exemple,
00:16:58la Federal Communications Commission
00:17:00aux Etats-Unis.
00:17:05Basiquement,
00:17:05c'est premier arrivé,
00:17:06premier servi.
00:17:08Donc si vous déployez
00:17:08un satellite avec une fréquence
00:17:10et un emplacement précis,
00:17:11les satellites qui viennent
00:17:12après vous doivent s'adapter.
00:17:14Il faut juste s'assurer
00:17:15que les fréquences
00:17:16de vos satellites
00:17:16n'interfèrent pas
00:17:17avec les transmissions
00:17:18d'un autre satellite.
00:17:21C'est donc moins
00:17:22un problème d'emplacement physique
00:17:23parce que l'espace est vaste
00:17:24que de compatibilité
00:17:25des fréquences radio.
00:17:26Ainsi, Elon Musk,
00:17:33avec 3000 satellites
00:17:34déjà opérationnels,
00:17:37est-il en train
00:17:37de s'approprier
00:17:38l'orbite basse
00:17:39sans transgresser
00:17:41aucune règle ?
00:17:44À charge
00:17:44pour les prochains candidats
00:17:46à l'Internet
00:17:46à haut débit,
00:17:47de ne pas le déranger.
00:17:49Ces derniers mois,
00:18:04j'ai gardé un œil
00:18:04sur la constellation Starlink
00:18:06parce que c'est tellement énorme.
00:18:08C'est une augmentation phénoménale
00:18:12du nombre de satellites
00:18:13en orbite basse.
00:18:14On voit un changement radical
00:18:16au cours des deux dernières années
00:18:18avec cette couleur
00:18:19qui représente
00:18:19la constellation Starlink.
00:18:22Starlink est déjà,
00:18:24avec seulement une fraction
00:18:25de la constellation
00:18:26déjà déployée,
00:18:27en position de domination
00:18:28sur les objets présents
00:18:29en orbite.
00:18:32À l'été 2021,
00:18:36Elon Musk dépasse
00:18:37un cap symbolique.
00:18:40Il possède déjà
00:18:41la moitié du total
00:18:42de tous les satellites
00:18:43opérationnels en orbite.
00:18:44à part la Chine,
00:18:49le seul capable
00:18:50de contester à Elon Musk
00:18:51son hégémonie
00:18:52est un autre milliardaire américain,
00:18:55Jeff Bezos.
00:18:59Il réclame sa part
00:19:00du gâteau spatial.
00:19:02Vous verrez qu'à l'avenir,
00:19:05l'accès à Internet
00:19:06va devenir un besoin humain
00:19:07fondamental.
00:19:12La constellation
00:19:13de Jeff Bezos
00:19:14est annoncée
00:19:15est annoncée
00:19:15avec plus de 3000 satellites,
00:19:18placée à quelques kilomètres
00:19:19seulement au-dessus
00:19:20d'Elon Musk.
00:19:23Elle pourrait décupler
00:19:24la force de frappe
00:19:25d'Amazon,
00:19:27le géant de la commande
00:19:28sur Internet
00:19:28créée par le milliardaire,
00:19:31qui est aussi
00:19:31le numéro un du cloud,
00:19:33le marché de l'hébergement
00:19:34des données,
00:19:35des entreprises.
00:19:35de l'hébergement de l'hébergement.
00:19:38Il y a une vraie logique
00:19:39pour Amazon
00:19:40de développer,
00:19:41de déployer
00:19:41une constellation
00:19:42de satellites
00:19:44liée à sa stratégie
00:19:46d'Internet,
00:19:48de favoriser
00:19:49la consommation
00:19:50des produits d'Amazon,
00:19:51et c'est lié également
00:19:52à ses services professionnels,
00:19:53Amazon Web Services, etc.
00:19:55Ainsi,
00:20:17les deux mastodontes américains
00:20:18qui s'affrontent
00:20:19sur le terrain spatial
00:20:20sont engagés
00:20:21dans une course
00:20:22à la suprématie
00:20:23en orbite basse
00:20:24de la Terre.
00:20:25En s'alliant
00:20:30avec les géants
00:20:31du numérique,
00:20:32ils sont en train
00:20:33de construire
00:20:34des empires
00:20:34jusque dans l'espace.
00:20:37En pole position,
00:20:39Elon Musk
00:20:40avec Starlink,
00:20:41qui s'est associé
00:20:42aux géants Microsoft.
00:20:45Jeff Bezos,
00:20:46avec sa constellation
00:20:47et la force
00:20:47de frappe Amazon,
00:20:49pourrait rattraper
00:20:50rapidement son retard.
00:20:52Ces empires
00:20:52témoignent d'un engouement
00:20:53des acteurs
00:20:54de l'économie mondiale.
00:20:58L'économie spatiale,
00:20:59c'est-à-dire
00:21:00l'ensemble des revenus
00:21:01et des investissements
00:21:02liés aux spatials,
00:21:04actuellement,
00:21:06c'est 370 milliards de dollars.
00:21:08D'ici à 2030,
00:21:10ce sera 650 milliards de dollars.
00:21:13L'économie de l'espace,
00:21:15ça devient un enjeu majeur.
00:21:19Cette frénésie spatiale
00:21:21se concentre
00:21:22sur l'orbite basse,
00:21:23à quelques centaines
00:21:24de kilomètres
00:21:25au-dessus de l'atmosphère.
00:21:27Elle est devenue
00:21:28un territoire de conquête
00:21:29car c'est l'orbite idéale.
00:21:31L'avantage d'être en orbite basse,
00:21:38c'est que vous n'avez pas besoin
00:21:39de dépenser autant d'énergie
00:21:40pour que votre signal
00:21:42fasse l'aller-retour
00:21:43avec le sol
00:21:43qu'en orbite géostationnaire
00:21:45à très haute altitude.
00:21:47Mais l'inconvénient,
00:21:47c'est qu'il faut plus de satellites.
00:21:52Elon Musk et Jeff Bezos
00:21:54envoient donc des milliers
00:21:55de satellites en orbite basse
00:21:57pour couvrir entièrement la Terre.
00:21:58Leurs méga-constellations
00:22:01sont les nouveaux vecteurs
00:22:02de la suprématie américaine.
00:22:04Et les grandes puissances
00:22:06qui leur contestent cette position
00:22:08n'ont pas d'autre choix
00:22:09que de se rallier
00:22:10à cette compétition géante.
00:22:18Une course mondiale
00:22:20est en cours
00:22:21entre certains pays
00:22:22et certaines personnes
00:22:23pour conquérir
00:22:24et prendre possession de l'espace.
00:22:25Donc s'ils se lancent
00:22:29en déclarant
00:22:29« Je veux posséder l'espace »,
00:22:32alors ils vont empêcher
00:22:33les autres pays
00:22:34d'accéder à l'espace.
00:22:37Ceux qui vont être capables
00:22:38de déployer des constellations
00:22:39rapidement
00:22:40et de les maintenir
00:22:42pendant des années
00:22:43vont être sans doute
00:22:46les grands gagnants
00:22:46et derrière eux
00:22:47les États
00:22:48ou les puissances
00:22:49qui opèrent
00:22:50ou qui parrainent
00:22:51ces constellations.
00:22:52La Chine,
00:22:58en entrant
00:22:59dans la course
00:22:59à l'orbite basse
00:23:00avec son projet
00:23:01de constellation
00:23:02de 13 000 satellites,
00:23:04se met en position
00:23:04de faire barrière
00:23:05à l'Internet spatial américain,
00:23:08version Elon Musk
00:23:09et bientôt Jeff Bezos.
00:23:10La Chine en a conscience.
00:23:20C'est sans doute pour ça
00:23:21qu'elle développe
00:23:21sa propre constellation.
00:23:23Elle veut que son réseau Internet
00:23:25passe par ses propres satellites
00:23:26et non par les satellites américains.
00:23:31La Chine manifeste de nouveau
00:23:33sa maîtrise
00:23:34de la dimension géopolitique
00:23:36de l'espace.
00:23:36Elle est devenue
00:23:39le premier pays lanceur
00:23:40de satellites
00:23:41en 2021.
00:23:44Les États-Unis
00:23:46ont été à l'avant-garde,
00:23:48c'est certain.
00:23:49Mais la Chine
00:23:49n'est plus très loin
00:23:50et pourrait même se vanter
00:23:51d'être un peu en avance
00:23:53dans certains domaines.
00:23:54On a donc deux acteurs
00:23:56très importants
00:23:57et très bien financés.
00:24:01Engagée dans une guerre économique
00:24:03avec les États-Unis,
00:24:05la Chine ne saurait manquer
00:24:06le tournant technologique
00:24:07de l'Internet satellitaire.
00:24:09Alors qu'elle possède,
00:24:10elle aussi,
00:24:11de puissants acteurs du numérique
00:24:12comme Alibaba,
00:24:14l'Amazon chinois.
00:24:18Toute une panoplie spatiale
00:24:20sert son ambition
00:24:21de devenir
00:24:21la première puissance mondiale
00:24:23en 2049.
00:24:25En fait,
00:24:26c'est la continuation
00:24:27du développement du pays.
00:24:29C'est se lancer
00:24:31dans un projet high-tech,
00:24:33un projet de haute technologie
00:24:35qui va améliorer
00:24:36les capacités industrielles
00:24:38dans un domaine de pointe.
00:24:40La Chine n'est pas
00:24:40au niveau des États-Unis
00:24:41en termes de développement
00:24:44technologique très pointu,
00:24:45mais elle a aujourd'hui
00:24:45un niveau tout à fait élevé
00:24:48dans le domaine spatial.
00:24:49Et puis,
00:24:50elle a un gouvernement
00:24:50qui est capable
00:24:51de mettre beaucoup d'argent
00:24:52parce qu'il y trouve aussi
00:24:53des intérêts infrastructurels
00:24:56ou internationaux,
00:24:56etc.
00:24:57Les constellations de satellites
00:25:00sont de puissants outils
00:25:02d'influence.
00:25:04Pour la Chine,
00:25:05c'est un des moyens
00:25:06de reconquête
00:25:07des anciennes routes
00:25:08de la soie.
00:25:09Ce réseau commercial
00:25:10qui la reliait à l'Europe
00:25:11en passant par
00:25:12l'Asie centrale
00:25:13et l'Afrique.
00:25:15Lorsque vous déployez
00:25:16cette constellation,
00:25:17vous offrez aux États
00:25:19avec lesquels
00:25:21vous voulez créer
00:25:23des liens très forts
00:25:24un levier de développement
00:25:25économique
00:25:26tout en les plaçant
00:25:27sous votre influence.
00:25:31Comme la Chine,
00:25:33l'Europe reconnaît
00:25:34elle aussi
00:25:34le spectre
00:25:35d'un nouvel impérialisme
00:25:36américain sur les données
00:25:37et sur l'infrastructure
00:25:39numérique du monde entier.
00:25:43Dans le cadre
00:25:44de leur stratégie spatiale
00:25:45commune,
00:25:46les 27 États
00:25:47membres de l'Union
00:25:48décident la création
00:25:50d'une nouvelle
00:25:50constellation européenne.
00:25:52elle part d'abord
00:25:54d'un besoin
00:25:55et d'un conseil.
00:25:56Ce besoin,
00:25:56c'est un besoin
00:25:57je dirais
00:25:58de souveraineté
00:25:59gouvernementale
00:26:00et de communication
00:26:01intergouvernementale
00:26:02et militaire.
00:26:04Imaginez par exemple
00:26:05qu'un pays
00:26:06qui soit en guerre
00:26:08avec l'Europe
00:26:08dispose de l'architecture
00:26:10de ses satellites
00:26:11qui pourrait évidemment
00:26:12les attaquer.
00:26:13Donc c'est très important
00:26:14d'avoir
00:26:15et on le voit aujourd'hui
00:26:16où malheureusement
00:26:17les tensions
00:26:18sont de plus en plus
00:26:18dures
00:26:19entre les continents
00:26:21il y a un certain
00:26:22nombre de domaines
00:26:23sur lesquels
00:26:24on ne peut absolument
00:26:26pas transiger
00:26:26y compris avec
00:26:27vos meilleurs
00:26:28partenaires
00:26:29qui peut-être
00:26:30demain
00:26:31auront d'autres priorités.
00:26:34États-Unis,
00:26:36Chine,
00:26:37Europe.
00:26:38En quelques mois,
00:26:39les constellations
00:26:40de satellites
00:26:40sont devenues
00:26:41un attribut indispensable
00:26:42pour les grandes puissances.
00:26:45Elles participent
00:26:46désormais
00:26:47à la construction
00:26:48d'un nouvel équilibre
00:26:49géopolitique spatiale.
00:26:55Avant,
00:26:56l'espace,
00:26:57c'était
00:26:57les États-Unis,
00:26:58l'URSS
00:26:59et l'Europe derrière.
00:27:03En gros,
00:27:04maintenant,
00:27:05l'avenir de l'espace,
00:27:06c'est les États-Unis
00:27:07et la Chine,
00:27:09derrière l'Europe
00:27:10et puis la Russie
00:27:11et l'Inde
00:27:12comme second rôle.
00:27:13Mais avec un ticket
00:27:19d'entrée
00:27:19de plusieurs milliards
00:27:20d'euros,
00:27:21les pays émergents
00:27:22sont les laissés
00:27:23pour compte
00:27:23de cette course
00:27:24en orbite.
00:27:28Vous avez en Afrique
00:27:29des pays
00:27:30qui ont
00:27:30des ambitions
00:27:31spatiales
00:27:32très élevées.
00:27:33Les pays
00:27:34qui investissent
00:27:34le plus aujourd'hui
00:27:35sont le Nigeria,
00:27:36l'Afrique du Sud
00:27:37et l'Égypte.
00:27:38Ces pays
00:27:39n'ont pour autant
00:27:40pas les moyens
00:27:41de déployer
00:27:41des constellations
00:27:42de connectivité.
00:27:43Donc,
00:27:43ils vont faire appel
00:27:44sans doute
00:27:45à des services
00:27:46offerts par des opérateurs
00:27:47privés.
00:27:50L'autre solution
00:27:51pour un État
00:27:52consiste à s'associer
00:27:54avec une constellation
00:27:54déjà existante
00:27:55telle le gouvernement
00:27:58britannique
00:27:59qui acquiert
00:28:00en juillet 2020
00:28:01des parts
00:28:02de OneWeb.
00:28:04Le lancement
00:28:05des satellites
00:28:06OneWeb
00:28:06a commencé
00:28:07la même année
00:28:08que ceux
00:28:08d'Elon Musk.
00:28:09avec Starlink,
00:28:12OneWeb
00:28:13est la constellation
00:28:13de communication
00:28:14la plus avancée
00:28:15en orbite.
00:28:21Son fondateur,
00:28:23Greg Weiler,
00:28:25est une figure
00:28:25du milieu spatial,
00:28:27un pionnier.
00:28:29Lorsqu'il lance
00:28:30OneWeb,
00:28:31il a déjà
00:28:32beaucoup œuvré
00:28:32pour la réduction
00:28:33du fossé numérique
00:28:34en installant
00:28:36la fibre optique
00:28:36dans des écoles
00:28:37en Afrique.
00:28:39Moi, ma mission,
00:28:43c'est de connecter
00:28:43l'humanité,
00:28:44d'apporter la connectivité
00:28:46au marché émergent
00:28:46et au monde entier.
00:28:48Je suis très heureux
00:28:48de voir tout cela se produire.
00:28:53En 2015,
00:28:55lorsque Greg Weiler
00:28:56lance le projet
00:28:57OneWeb,
00:28:58l'idée de centaines
00:28:59de satellites
00:28:59fabriqués à la chaîne
00:29:01est révolutionnaire.
00:29:02L'espace,
00:29:07c'était des cycles
00:29:08très longs.
00:29:09On décidait d'un satellite,
00:29:10il était en l'air
00:29:11dix ans plus tard,
00:29:12voire quinze ans plus tard,
00:29:13et puis il vivait quinze ans.
00:29:14Aujourd'hui,
00:29:14l'espace,
00:29:15c'est des satellites
00:29:15qui sont à 500 kilomètres,
00:29:17qui vont durer quelques mois.
00:29:18On est vraiment
00:29:19dans quelque chose
00:29:19d'un peu nouveau.
00:29:20L'américain Greg Weiler
00:29:27choisit de développer
00:29:29ses satellites en Europe,
00:29:30dans cette usine d'Airbus.
00:29:33Il y conçoit
00:29:34les dix premiers exemplaires
00:29:35de OneWeb.
00:29:39À cette époque,
00:29:41les satellites de télécommunication
00:29:42sont des engins
00:29:44de la taille d'autobus,
00:29:46lancés à 36 000 kilomètres
00:29:47de la Terre.
00:29:50Grâce à OneWeb,
00:29:52l'Europe,
00:29:52via Airbus,
00:29:54acquiert son indépendance technologique
00:29:55sur le marché naissant
00:29:57des petits satellites.
00:30:01L'idée,
00:30:02c'est aussi d'avoir
00:30:02son mot à dire,
00:30:03de ne pas se laisser imposer
00:30:04des normes
00:30:06qui ne seraient pas
00:30:06les nôtres,
00:30:08de se voir imposer
00:30:09des informations payantes
00:30:10qui lui mettraient
00:30:11l'accès à l'espace.
00:30:13Bref,
00:30:14de se voir
00:30:14raboter
00:30:16sa capacité souveraine
00:30:18à accéder
00:30:19et à avoir
00:30:20des actions
00:30:21et à un usage
00:30:22de l'espace.
00:30:27Mais après sa genèse européenne,
00:30:31OneWeb retourne
00:30:32dans le giron américain.
00:30:36Installée en Floride,
00:30:37sur la terre-mer
00:30:38de l'industrie spatiale,
00:30:40cette usine
00:30:41symbolise
00:30:42la révolution industrielle
00:30:44des petits satellites
00:30:45fabriqués à la chaîne.
00:30:46L'objectif
00:30:52est de produire
00:30:53en quelques années seulement
00:30:54plus de 600 satellites.
00:30:56C'est un peu
00:30:57comme l'industrie automobile.
00:30:59C'est vraiment ça.
00:31:00Chacun doit faire son travail
00:31:01et le terminer en 8 heures
00:31:03puis passer à un autre.
00:31:05Nous avons embauché
00:31:07des gens
00:31:07qui ne viennent pas
00:31:07du spatial
00:31:08pour construire
00:31:08des satellites.
00:31:11C'est vraiment devenu possible
00:31:12grâce à la ligne
00:31:13de production.
00:31:13Au début de l'année 2022,
00:31:22la constellation OneWeb
00:31:23est quasi complète.
00:31:27Roscosmos,
00:31:28l'agence spatiale russe,
00:31:30s'apprête à mettre en orbite
00:31:31une des dernières grappes
00:31:33de satellites.
00:31:36Mais alors que Vladimir Poutine
00:31:37lance son offensive
00:31:38sur l'Ukraine,
00:31:40OneWeb va subir
00:31:41un chantage politique
00:31:42de la part de la Russie
00:31:43à cause de son actionnaire
00:31:45britannique.
00:31:49Le directeur de Roscosmos,
00:31:51Dimitri Rogozin,
00:31:53fait disparaître
00:31:53tous les drapeaux
00:31:54des pays
00:31:55qui ont mis en place
00:31:56des sanctions internationales
00:31:57contre la Russie.
00:32:00Il lance un ultimatum
00:32:01au responsable
00:32:02de OneWeb
00:32:03en exigeant
00:32:04le retrait
00:32:05de la Grande-Bretagne
00:32:06du capital
00:32:06de la société.
00:32:07La décision de Rogozin
00:32:21réelle garantie
00:32:24de que la compagnie
00:32:25OneWeb
00:32:25va travailler
00:32:26uniquement
00:32:26dans les pays
00:32:27de la Russie
00:32:27est un évoque
00:32:28de son actionnaire
00:32:29britannique.
00:32:30Si ce n'est pas,
00:32:31il ne va pas prendre
00:32:32des garanties.
00:32:33Cette décision
00:32:34de Rogozin
00:32:35d'effacer
00:32:35les drapeaux
00:32:36sur le Soyouz
00:32:37manifeste aussi
00:32:38l'importance
00:32:39des constellations
00:32:40dans ce paysage spatial.
00:32:41Il y a eu
00:32:42une espèce
00:32:42de dramatisation
00:32:44qui a contribué
00:32:45à faire
00:32:46des constellations
00:32:46aujourd'hui,
00:32:47des objets
00:32:48très symboliques,
00:32:49très politiques.
00:32:51Finalement,
00:32:54OneWeb
00:32:55suspend ses lancements
00:32:55depuis la Russie.
00:32:58En 2022,
00:33:00nouvel épisode,
00:33:02OneWeb
00:33:02est racheté
00:33:03par l'opérateur
00:33:04Eutelsat
00:33:05et passe
00:33:06sous pavillon français.
00:33:09Les soubresauts
00:33:10traversés par OneWeb
00:33:11montrent
00:33:12que l'orbite basse
00:33:13est un territoire
00:33:14à part entière
00:33:15sur l'échiquier
00:33:15géopolitique mondial.
00:33:18Dans cet espace
00:33:20sans frontières,
00:33:21où plus de 3 000 satellites
00:33:22nouveaux ont débarqué
00:33:23ces deux dernières années,
00:33:25le risque de conflit
00:33:26augmente dangereusement.
00:33:29Lorsque nous sommes allés
00:33:31dans l'espace
00:33:32pour la première fois,
00:33:33nous avons pensé
00:33:34que nous pouvions faire
00:33:35tout ce que nous voulions,
00:33:36qu'il y avait beaucoup de place.
00:33:37Pas de risque
00:33:38de déranger les autres
00:33:38ni de saturer l'espace.
00:33:40Mais le trafic
00:33:40est si intense maintenant
00:33:42que ça n'est plus vrai.
00:33:42mais ce n'est plus vrai.
00:33:44Le débarquement massif
00:34:08des satellites en orbite basse
00:34:09a déjà créé des tensions
00:34:11entre les États.
00:34:13Contraint de modifier
00:34:14la trajectoire
00:34:15de sa station spatiale
00:34:16pour éviter
00:34:17les satellites d'Elon Musk,
00:34:19l'État chinois
00:34:20dénonce les États-Unis
00:34:21devant le Bureau
00:34:22des Affaires Spatiales
00:34:23de l'ONU
00:34:24à Vienne.
00:34:24Le traité international
00:34:34de l'espace,
00:34:36signé en pleine guerre froide,
00:34:38établit la responsabilité
00:34:39d'un État
00:34:40dans les agissements
00:34:41de ses sociétés nationales
00:34:42en orbite.
00:34:44La Chine a fait usage
00:34:46d'un mécanisme existant
00:34:48au sein des Nations Unies
00:34:49pour critiquer
00:34:52la position américaine.
00:34:54Elle rappelle
00:34:55aux États-Unis
00:34:56en tant que pays
00:34:57sa responsabilité
00:34:59vis-à-vis
00:35:00des actions
00:35:00de SpaceX.
00:35:02Parce que
00:35:02dans le droit international,
00:35:05que ces actions
00:35:06émanent
00:35:07d'institutions
00:35:08privées
00:35:09ou d'institutions
00:35:10étatiques,
00:35:12c'est toujours
00:35:12l'État
00:35:13qui est responsable
00:35:14d'éventuels dommages.
00:35:16Les Américains
00:35:17ont récemment répondu
00:35:18aux Nations Unies
00:35:19« Non,
00:35:20nous n'étions pas
00:35:21si proches,
00:35:22il n'y avait pas
00:35:22de quoi s'inquiéter,
00:35:24rien à signaler.
00:35:25Mais en fait,
00:35:27je ne suis pas
00:35:27trop d'accord.
00:35:29Après avoir examiné
00:35:30les données,
00:35:31si je suis astronaute
00:35:32à bord de la station
00:35:33spatiale chinoise
00:35:34et que SpaceX me dit
00:35:35« Faites-nous confiance,
00:35:37nous allons vous éviter »,
00:35:38pour moi,
00:35:38ce n'est pas suffisant.
00:35:39« Je pense que
00:35:41la plainte chinoise
00:35:42est légitime
00:35:43parce que les rapprochements
00:35:45sont plus nombreux
00:35:45depuis quelques années
00:35:46à cause de Starlink. »
00:35:52Depuis le traité
00:35:53de 1967,
00:35:55l'accès à l'espace
00:35:56s'est démocratisé.
00:35:59Avec le risque
00:36:00de multiplication
00:36:01des conflits
00:36:02entre les États,
00:36:03l'orbite basse
00:36:04devient un enjeu
00:36:05de coopération
00:36:05internationale.
00:36:09Quand vous voyez
00:36:14ces engins,
00:36:14ils se ressemblent
00:36:16tous, n'est-ce pas ?
00:36:17En réalité,
00:36:1895 pays exploitent
00:36:19ces satellites
00:36:20en ce moment même.
00:36:21Depuis le Royaume-Uni,
00:36:22les États-Unis,
00:36:23la Chine,
00:36:24la Russie.
00:36:25Et ils sont tous
00:36:26mélangés.
00:36:31Les radars
00:36:32de la société américaine
00:36:33Leo Labs
00:36:34scrutent le ciel
00:36:35et proposent
00:36:37à ses clients
00:36:37propriétaires
00:36:38de satellites
00:36:39une représentation
00:36:40en temps réel
00:36:41du trafic spatial.
00:36:44C'est le Space Traffic Management,
00:36:48un marché prometteur
00:36:49devenu indispensable
00:36:50pour pallier
00:36:51à l'absence
00:36:52de codes de la route
00:36:53dans l'espace.
00:36:57Ils ne voient rien
00:36:58et n'entendent rien là-haut.
00:36:59Ils font leur travail
00:37:00en regardant la Terre.
00:37:01Ils communiquent
00:37:01sans voir ce qui vient en face.
00:37:03C'est un peu comme
00:37:04conduire avec un pare-brise
00:37:05tout noir.
00:37:05alors il faut les aider
00:37:12en leur disant
00:37:14« Voici ce à quoi
00:37:15vous devez faire attention.
00:37:17Voilà ce que vous devez éviter.
00:37:19S'il y a un risque
00:37:19de rapprochement,
00:37:20ce que nous appelons
00:37:21une conjonction,
00:37:22on peut leur éviter
00:37:23de prendre ce risque. »
00:37:26En apparence,
00:37:34il y a beaucoup de place
00:37:34dans l'espace.
00:37:37Mais avec la circulation
00:37:38de milliers d'engins
00:37:39lancés à plus de 7 km par seconde,
00:37:43y a-t-il un nombre limite
00:37:44de satellites
00:37:45à ne pas dépasser ?
00:37:47Est-ce que c'est 20 000 ?
00:37:51100 000 ?
00:37:531 million ?
00:37:54Ça n'est pas encore
00:37:55très clair.
00:37:56Mais je pense que nous
00:37:57devons rester prudents
00:37:58car cette limite
00:37:58existe bel et bien.
00:38:03Les projections
00:38:04annoncent entre 100 000
00:38:05et 200 000 satellites
00:38:07en orbite basse
00:38:08dans une dizaine d'années
00:38:09contre 6 800
00:38:10à la fin 2022.
00:38:12Actuellement,
00:38:19chaque opérateur
00:38:20de satellites
00:38:21prend en charge
00:38:21la gestion
00:38:22de ses appareils.
00:38:25En septembre 2019,
00:38:28l'Agence spatiale européenne
00:38:29a dû,
00:38:30à son tour,
00:38:31manœuvrer
00:38:31un de ses satellites
00:38:32d'observation
00:38:33pour éviter
00:38:34une collision
00:38:34avec un engin Starlink.
00:38:38La multiplication
00:38:39de ces situations
00:38:40plaide pour la création
00:38:42d'une tour
00:38:42de contrôle spatiale.
00:38:47Une tour
00:38:48de contrôle spatiale,
00:38:49ça voudrait dire
00:38:50que quelqu'un dispose
00:38:51de l'autorité
00:38:52de régulation nécessaire
00:38:53pour donner
00:38:54des directives.
00:38:57Mettez-vous là
00:38:57et restez où vous êtes,
00:38:59comme les contrôleurs aériens.
00:39:01Cela n'existe pas
00:39:01pour l'espace.
00:39:06Depuis le sol,
00:39:08l'opérateur peut rallumer
00:39:09le moteur de son satellite
00:39:10pour changer sa trajectoire
00:39:12et éviter l'accident.
00:39:15Encore faut-il
00:39:16se coordonner
00:39:16avec le satellite
00:39:17qui arrive en face,
00:39:19en haut
00:39:19ou en bas.
00:39:22Mais il existe
00:39:22une configuration
00:39:23encore plus difficile
00:39:24à éviter.
00:39:25Seulement 3%,
00:39:303% des manœuvres
00:39:33d'évitement
00:39:33sont causées
00:39:34par des satellites
00:39:35actifs
00:39:36en orbite basse.
00:39:3797% sont liés
00:39:40à l'évitement
00:39:41de débris,
00:39:42de matériel
00:39:43hors d'usage
00:39:44ou de morceaux
00:39:45de fusée.
00:39:46L'avenir
00:39:47des constellations
00:39:49dépend d'abord
00:39:50de leur capacité
00:39:51à fonctionner
00:39:51en toute sécurité,
00:39:53mais surtout
00:39:54de leur aptitude
00:39:56à gérer
00:39:56ce risque
00:39:57de collision en chaîne
00:39:58avec des objets inertes
00:39:59qui n'ont pas
00:40:00la faculté
00:40:01de les éviter.
00:40:01À ce jour,
00:40:09une seule collision
00:40:10a eu lieu,
00:40:11le 10 février 2009,
00:40:13entre un satellite
00:40:14actif
00:40:14de la constellation
00:40:15Iridium
00:40:16et un satellite russe
00:40:18hors service.
00:40:23Deux nuages
00:40:24de débris
00:40:26se sont formés.
00:40:27D'abord,
00:40:27il s'est formé
00:40:28un anneau.
00:40:29Et au fil du temps,
00:40:30au bout d'un mois,
00:40:31les débris
00:40:32se sont étalés
00:40:33tout autour
00:40:34en altitude.
00:40:36Vous n'avez donc
00:40:37pas une pollution locale,
00:40:38mais globale,
00:40:40à partir d'un seul incident
00:40:41survenu il y a plusieurs mois.
00:40:47Dans l'espace,
00:40:48les États sont plus
00:40:49que jamais interdépendants.
00:40:52Le moindre incident
00:40:53peut créer
00:40:53une situation dramatique
00:40:55pour tous les acteurs,
00:40:56les sociétés privées
00:40:57comme les États.
00:41:00Le débarquement annoncé
00:41:01de milliers de satellites
00:41:02de communication nouveaux
00:41:04rend urgente
00:41:05l'édition de règles de conduite.
00:41:12C'est quoi mon espace
00:41:14dans l'espace ?
00:41:15À partir de quand
00:41:16est-ce que je suis trop près ?
00:41:19Si je m'approche
00:41:20et que j'observe
00:41:21votre satellite
00:41:21à une distance
00:41:22de 100 km,
00:41:23c'est bon,
00:41:24je suis juste un paparazzi.
00:41:26Mais si je m'approche
00:41:27à moins de 100 mètres
00:41:28en vous reniflant dans le cou,
00:41:29ça ne va pas.
00:41:30C'est vrai.
00:41:32Donc,
00:41:32comme dans les relations humaines,
00:41:35dans l'espace,
00:41:36il y a un espace
00:41:37interpersonnel
00:41:37à respecter.
00:41:39Il nous faut un traité
00:41:39international
00:41:40pour le définir.
00:41:41On en discute
00:41:42depuis 2008
00:41:42en réalité,
00:41:44en particulier
00:41:44pour la sécurité
00:41:45collectée dans les espaces.
00:41:45Et aujourd'hui,
00:41:46c'est bloqué.
00:41:47On n'arrive pas
00:41:47à se parler
00:41:47entre la Russie,
00:41:48la Chine,
00:41:49d'un côté,
00:41:50les États-Unis,
00:41:50voire l'Europe de l'autre.
00:41:52Mais on est bien obligés
00:41:53de se parler quand même.
00:41:53Donc,
00:41:54on voit de manière
00:41:55extrêmement lente
00:41:57et j'allais dire
00:41:59pragmatique
00:41:59des choses quand même
00:42:00évoluées.
00:42:02Sur le plan géopolitique,
00:42:03nous avons besoin
00:42:04de nouvelles règles
00:42:05pour l'espace.
00:42:07La sécurité
00:42:08et la durabilité
00:42:09sont en tête
00:42:09des problèmes
00:42:10que nous devons régler
00:42:11rapidement.
00:42:12Car sinon,
00:42:13ils affecteront
00:42:14la croissance
00:42:14de l'économie spatiale.
00:42:18À peine née,
00:42:20la jeune économie spatiale
00:42:21est déjà menacée.
00:42:24Faudra-t-il
00:42:25un accident grave
00:42:26pour qu'une réglementation
00:42:27soit mise en place ?
00:42:30Une autre solution
00:42:31consisterait
00:42:31à imposer un moratoire
00:42:33aux entrepreneurs
00:42:34de l'espace.
00:42:36C'est un trop gros changement
00:42:39en très peu de temps.
00:42:41Pourquoi ne pas
00:42:42les laisser gagner
00:42:43un peu d'argent
00:42:44et puis après,
00:42:45on attend un peu
00:42:46et on regarde
00:42:48ce qui se passe ?
00:42:50Et si ça fonctionne
00:42:51avec ce nombre
00:42:52de satellites,
00:42:53alors seulement,
00:42:55on pourrait envisager
00:42:55des dizaines
00:42:56de milliers
00:42:56de satellites.
00:43:01Combien pèse
00:43:02la parole
00:43:03de l'astrophysicien
00:43:04face aux acteurs
00:43:05bruyants
00:43:05de la nouvelle
00:43:06industrie spatiale ?
00:43:08Je ne suis pas d'accord
00:43:14avec l'idée
00:43:15de tout arrêter.
00:43:16Je ne sais pas
00:43:17comment faire d'ailleurs.
00:43:18Je pense que c'est impossible.
00:43:20C'est trop tard ?
00:43:21Oui, je crois.
00:43:23On doit donc régler
00:43:24les problèmes
00:43:25avec les meilleurs outils
00:43:26possibles
00:43:26à notre disposition.
00:43:29On a une espèce
00:43:30de rouleau compresseur
00:43:31politique
00:43:33qui est installée
00:43:34en Europe,
00:43:36en France,
00:43:36aux Etats-Unis,
00:43:37évidemment.
00:43:38Et donc là,
00:43:38stopper net ce processus-là,
00:43:40vous couvrez le risque
00:43:41d'être taxé
00:43:42d'abîche,
00:43:44de résistant au progrès.
00:43:46Et c'est politiquement coûteux.
00:43:48Les habitants
00:43:49de ce village
00:43:50d'irréductibles normands
00:43:51ont pourtant fait
00:43:52entendre leur voix
00:43:53en 2021.
00:43:56Ils se sont opposés
00:43:57à l'installation
00:43:58d'une des antennes
00:43:59que déploie Elon Musk
00:44:00partout dans le monde
00:44:00pour relayer le signal
00:44:02de ces satellites.
00:44:05Un projet qui,
00:44:06éthiquement,
00:44:06est inacceptable
00:44:07et un projet
00:44:07qui, démocratiquement,
00:44:09tel qu'il nous le plante là,
00:44:10est dangereux.
00:44:11Il est inutile.
00:44:13Aujourd'hui,
00:44:13ici, à Saint-Saënié-de-Bevron,
00:44:14nous avons Internet.
00:44:16Nous avons tous
00:44:16les moyens de communication.
00:44:18Nous sommes sur les réseaux sociaux.
00:44:20Monsieur Musk
00:44:20doit savoir
00:44:21que ça existe déjà.
00:44:25Elon Musk
00:44:26a finalement installé
00:44:27ses antennes ailleurs
00:44:28et continuait
00:44:30à lancer
00:44:3160 satellites
00:44:32chaque semaine.
00:44:37Les habitants
00:44:38de Saint-Saënié-de-Bevron
00:44:40peuvent les regarder
00:44:41briller dans le ciel
00:44:42lorsqu'ils gravitent
00:44:44pendant quelques jours
00:44:44à faible altitude
00:44:45avant de rejoindre
00:44:47leur orbite opérationnelle.
00:44:51Ils se disposent alors
00:44:53en file indienne
00:44:54et forment
00:44:55des trains de satellites
00:44:56visibles à l'œil nu
00:44:57depuis la Terre.
00:45:13À mesure que les trains
00:45:14de satellites
00:45:15se multiplient
00:45:15dans le ciel nocturne,
00:45:17la communauté
00:45:18des astronomes
00:45:19prend conscience
00:45:19de l'ampleur
00:45:20du phénomène.
00:45:21J'ai été
00:45:27tout simplement
00:45:27stupéfait
00:45:28lorsque nous avons
00:45:29vu ça
00:45:29au-dessus
00:45:29de nos têtes.
00:45:3360 satellites
00:45:33Starlink,
00:45:34chacun étant
00:45:36au moins
00:45:36de magnitude 2
00:45:37voire plus.
00:45:38Ça veut dire
00:45:38qu'ils sont
00:45:39aussi brillants
00:45:39que certaines
00:45:40des étoiles
00:45:40les plus brillantes
00:45:41du ciel.
00:45:43Lorsque vous en voyez
00:45:4460,
00:45:45c'est effrayant,
00:45:45c'est comme
00:45:46une invasion
00:45:46extraterrestre,
00:45:47c'est vrai.
00:45:47Mais quand vous pensez
00:45:51aux conséquences
00:45:51d'en avoir
00:45:5230 000,
00:45:53ça devient vraiment
00:45:53très inquiétant
00:45:54pour les astronomes.
00:46:00Nuit après nuit,
00:46:02ils découvrent
00:46:02que les trains
00:46:03de satellites
00:46:03dessinent des rayures
00:46:05sur les images
00:46:06des télescopes,
00:46:07rendant obsolète
00:46:08le travail scientifique
00:46:09et la surveillance
00:46:10du ciel.
00:46:16À tel point,
00:46:17que la NASA lance
00:46:18une alerte
00:46:19auprès de la FCC,
00:46:21l'agence de réglementation
00:46:22américaine
00:46:23des télécommunications.
00:46:27En bouchant
00:46:28la vue de l'espace,
00:46:29les satellites Starlink
00:46:30font peser une menace
00:46:32sur la planète
00:46:32elle-même,
00:46:36retardant la détection
00:46:37d'un astéroïde
00:46:38qui foncerait
00:46:39vers la Terre
00:46:39et la mise en place
00:46:43des mesures d'urgence
00:46:44pour empêcher
00:46:44une collision fatale.
00:46:47Après l'avoir placée
00:46:50en première ligne,
00:46:52l'État fédéral américain
00:46:53a-t-il encore la main
00:46:54sur Elon Musk ?
00:46:55Il est déjà
00:46:57le grand gagnant
00:46:58de la mégacourse
00:46:59à l'orbite.
00:47:01Les lancements
00:47:01de satellites Starlink
00:47:03lui permettent
00:47:04de faire la preuve
00:47:04de l'efficacité
00:47:05de ces fusées réutilisables.
00:47:06Nous avons des réacteurs
00:47:10qui ont déjà volé
00:47:1210 fois
00:47:12dont certains
00:47:15devraient pouvoir voler
00:47:1620 ou 50 fois.
00:47:19C'est vraiment
00:47:20un bon taux de réutilisation.
00:47:24Grâce à Starlink,
00:47:26il continue à faire rêver
00:47:27les investisseurs
00:47:28et conforte la crédibilité
00:47:30de sa société SpaceX.
00:47:31Avec sa fusée
00:47:37la plus grosse
00:47:38jamais construite,
00:47:39Starship,
00:47:40capable d'embarquer
00:47:41400 satellites à la fois,
00:47:43il pourrait compléter
00:47:44rapidement sa méga-constellation
00:47:46pour atteindre
00:47:47le chiffre final
00:47:48vertigineux
00:47:49de 42 000 satellites.
00:47:53Sans perdre de vue
00:47:54pour autant
00:47:55son objectif ultime,
00:47:58l'installation
00:47:58d'une colonie
00:47:59d'un million de personnes
00:48:00sur Mars.
00:48:02D'ici 2060.
00:48:08Avec le temps,
00:48:09Elon Musk s'est imposé
00:48:10comme quelqu'un
00:48:10qui tient la ligne
00:48:12et qui est en mesure
00:48:14maintenant d'imposer
00:48:15son agenda,
00:48:16l'accélération
00:48:17de son agenda aussi,
00:48:18parce que les agents
00:48:19spatiales,
00:48:19au départ,
00:48:20le regardaient
00:48:20avec une espèce
00:48:21d'effroi,
00:48:22de mépris,
00:48:23de condescendance.
00:48:24Ils sont bien forcés
00:48:25maintenant de se caler
00:48:26sur ses propositions,
00:48:28son agenda martien,
00:48:29etc.
00:48:30En quelques mois,
00:48:35l'homme le plus riche
00:48:36du monde
00:48:36a imposé son poids
00:48:37diplomatique sur Terre
00:48:38et modifié durablement
00:48:41le territoire orbital.
00:48:44Sur Internet,
00:48:46l'image des trains
00:48:47de satellites Starlink
00:48:48est devenue le symbole
00:48:49de la mainmise
00:48:50d'un seul homme
00:48:50sur l'espace,
00:48:52patrimoine mondial
00:48:53de l'humanité.
00:48:58L'humanité dispose désormais
00:49:01d'une technologie
00:49:02qui transforme complètement
00:49:04le ciel nocturne.
00:49:05À l'avenir,
00:49:07lorsque vous regarderez
00:49:08le ciel,
00:49:09vous pourriez voir
00:49:10plus de satellites
00:49:12en mouvement
00:49:12que de vraies étoiles.
00:49:14à mon avis,
00:49:19la solution à long terme
00:49:20est de trouver
00:49:20comment faire de l'astronomie
00:49:21par-dessus
00:49:22les constellations.
00:49:24En tant que fan
00:49:25de l'espace,
00:49:26je m'intéresse depuis longtemps
00:49:27à l'utilisation
00:49:27de la face cachée
00:49:28de la Lune,
00:49:29comme le télescope spatial
00:49:30James Webb
00:49:31qui est allé au-delà
00:49:32de la Lune.
00:49:34Donc c'est normal
00:49:34de se déplacer
00:49:35vers d'autres endroits
00:49:35pour faire de la science
00:49:36à mesure que la technologie évolue.
00:49:40Ça fait partie
00:49:41quand même des questions
00:49:42qu'il faut se poser.
00:49:43Voilà,
00:49:44en termes d'acceptabilité,
00:49:45est-ce que les gens
00:49:46peuvent imaginer
00:49:49qu'un jour,
00:49:50on arrive à ce degré
00:49:51d'occupation de l'espace
00:49:53qui devienne véritablement gênant ?
00:49:55Jusqu'à quel point
00:49:56c'est acceptable ?
00:49:57Jusqu'à quel moment,
00:49:57à partir de quel moment
00:49:58ça devient inacceptable ?
00:50:00En attendant le débat citoyen
00:50:05et malgré les mises en garde
00:50:07de la NASA,
00:50:09rien ne saurait interrompre
00:50:10la course à l'orbite.
00:50:16La révolution industrielle
00:50:17des petits satellites,
00:50:20portée par une économie
00:50:21sans cesse plus gourmande
00:50:22en données
00:50:23et en vitesse,
00:50:25alimente une fuite en avant.
00:50:28Une occupation massive
00:50:30de l'espace,
00:50:32alors même que la solidité
00:50:33économique
00:50:34des méga-constellations
00:50:35est en question.
00:50:40Devinez combien
00:50:41de constellations
00:50:42en orbite basse
00:50:43n'ont pas fait faillite ?
00:50:47Zéro.
00:50:48Zéro.
00:50:50Zéro.
00:50:53Donc vous voulez être
00:50:54le premier pour qui ça marche ?
00:50:56Juste éviter la banqueroute.
00:51:03Elon Musk lui-même
00:51:04doute de la rentabilité
00:51:06des méga-constellations.
00:51:10Des investissements colossaux
00:51:12pour un marché encore flou.
00:51:13Il y a une version positive
00:51:21qui est de dire
00:51:21les investisseurs considèrent
00:51:23qu'il y a énormément
00:51:24d'opportunités à venir.
00:51:26Soit la version
00:51:27un peu plus conservatrice
00:51:28est de considérer
00:51:29qu'aujourd'hui,
00:51:29il y a une forme de bulle
00:51:30ou en tout cas
00:51:31de surestimation,
00:51:33de surcotation
00:51:34de ces entreprises
00:51:36par rapport
00:51:37à leur revenu potentiel.
00:51:39Ces projets seront
00:51:40peut-être rentables
00:51:41un jour,
00:51:41mais j'ai du mal
00:51:44à croire
00:51:44qu'ils le seront tous.
00:51:46On peut donc s'attendre
00:51:47à ce qu'un certain nombre
00:51:48d'entre eux
00:51:49fassent faillite.
00:51:49Et là,
00:51:51on devra faire face
00:51:51à un problème
00:51:52très intéressant.
00:51:53Un grand nombre
00:51:54de satellites actifs
00:51:55appartenant à des sociétés
00:51:56qui ont fait faillite.
00:52:00Des milliers
00:52:01de satellites fantômes
00:52:02errantes en orbite
00:52:03sans propriétaire.
00:52:06Des collisions en chaîne
00:52:07créant petit à petit
00:52:08une coquille
00:52:09autour de la Terre.
00:52:11Quelle serait l'issue
00:52:13d'une telle
00:52:14débandade orbitale ?
00:52:16Nous sommes
00:52:17en train de détruire
00:52:18notre planète.
00:52:20Et de la même manière,
00:52:21nous sommes en train
00:52:22de détruire l'espace
00:52:23autour d'elle.
00:52:25Beaucoup de gens
00:52:26le voient,
00:52:27mais nous fermons
00:52:27les yeux
00:52:28dès que des intérêts
00:52:28économiques entrent en jeu.
00:52:31S'il fallait détruire
00:52:32notre planète
00:52:32pour gagner de l'argent,
00:52:33alors nous,
00:52:34les humains,
00:52:35nous le ferions sûrement.
00:52:37Et c'est la même chose
00:52:37qui se produit
00:52:38dans l'espace.
00:52:38Quel avenir
00:52:43dans ces conditions.
00:52:47Les conquistadors
00:52:48de l'orbite basse
00:52:48seraient bien inspirés
00:52:49de s'entendre rapidement,
00:52:53au risque
00:52:53de nous faire
00:52:54prisonniers sur Terre.
00:52:55Au-dessus de nos têtes
00:53:11et loin des yeux
00:53:11se déroule donc
00:53:12une nouvelle course
00:53:13à l'espace,
00:53:14comme vient de nous
00:53:15le démontrer à l'instant.
00:53:17Ce documentaire
00:53:17réalisé par Véronique Préaud,
00:53:19car quels sont désormais
00:53:21les nouveaux enjeux
00:53:22de la conquête spatiale ?
00:53:24Nous allons poser la question
00:53:25après ce film
00:53:26à nos invités
00:53:27présents aujourd'hui
00:53:27sur ce plateau
00:53:28de débats d'hocs.
00:53:29En commençant par vous,
00:53:31Xavier Pascault,
00:53:32bienvenue à vous.
00:53:32Nous vous avons vu
00:53:33à l'instant d'ailleurs
00:53:34dans ce film.
00:53:35Vous êtes le directeur
00:53:36de la Fondation
00:53:36pour la Recherche Stratégique
00:53:37et spécialiste
00:53:38des politiques spatiales.
00:53:39Votre dernier livre
00:53:40s'intitule
00:53:40« Géopolitique de l'espace,
00:53:42la guerre du ciel
00:53:44est déclarée »
00:53:45disponible
00:53:46aux éditions Talendier.
00:53:47C'est un petit peu
00:53:48l'impression que ça donne
00:53:49après avoir vu ce film,
00:53:51cette guerre du ciel.
00:53:52On va y revenir bien sûr
00:53:52ensemble sur ce plateau.
00:53:54On va le faire avec vous
00:53:54Géraldine Najat.
00:53:56Bienvenue à vous.
00:53:57Vous êtes ingénieur,
00:53:57directrice commercialisation,
00:53:59industrie et compétitivité
00:54:00à l'Agence spatiale européenne
00:54:03où vous êtes chargé
00:54:04de faire rentrer
00:54:05le New Space.
00:54:06On va y revenir
00:54:06dans l'ESA
00:54:08et de développer
00:54:09la coopération
00:54:10entre spatial privé
00:54:11et public
00:54:12et ce,
00:54:12dans toute l'Europe.
00:54:13Et puis enfin,
00:54:14Irénée Regnaud
00:54:15est avec nous.
00:54:15Bienvenue à vous.
00:54:16Vous êtes consultant,
00:54:18essayiste et chercheur spécialiste
00:54:19des technologies numériques
00:54:20et spatiales
00:54:21et co-auteur
00:54:22avec le député LFI
00:54:24Arnaud Saint-Martin
00:54:25que nous avons vu également
00:54:27témoigner dans ce film
00:54:29de cet ouvrage
00:54:30Une histoire
00:54:30de la conquête spatiale
00:54:32des fusées nazis
00:54:33aux astro-capitalistes
00:54:35du New Space.
00:54:36Encore lui,
00:54:36ce New Space
00:54:37publié
00:54:38chez La Fabrique Édition.
00:54:39On en reparle évidemment
00:54:40également avec vous
00:54:41durant cette émission.
00:54:44Le New Space,
00:54:45on va commencer par là
00:54:45parce que peut-être
00:54:46qu'un certain nombre
00:54:47d'entre nous,
00:54:48un certain nombre
00:54:49de téléspectateurs
00:54:50qui ont gardé ce film
00:54:52en étaient peut-être
00:54:53restés aux missions Apollo,
00:54:54la Station Spatiale Internationale.
00:54:56Mais enfin,
00:54:57l'enjeu de la conquête spatiale,
00:54:59il n'est plus du tout
00:55:00à ce niveau aujourd'hui.
00:55:01Il est dans ce fameux
00:55:01New Space.
00:55:03Alors,
00:55:03cet intitulé
00:55:04a été vraiment popularisé
00:55:07à la fin des années 2010.
00:55:09C'est la privatisation
00:55:10du spatial en réalité.
00:55:12Voilà ce que ça veut dire.
00:55:14Et dans cette privatisation
00:55:15du spatial,
00:55:16on a découvert
00:55:17qu'il y a un acteur majeur,
00:55:18un certain Elon Musk,
00:55:20qui pèse aujourd'hui
00:55:20deux tiers des satellites actifs
00:55:22qui sont au-dessus
00:55:23de nos têtes,
00:55:24notamment.
00:55:26C'est ça,
00:55:27la nouvelle guerre
00:55:28de l'espace
00:55:28que vous décrivez
00:55:29dans votre ouvrage.
00:55:30C'est la guerre
00:55:30des privés
00:55:32qui ont pris
00:55:33l'espace
00:55:34entre leurs mains ?
00:55:36Alors,
00:55:37c'est en tout cas,
00:55:37oui,
00:55:38un phénomène
00:55:38qui est apparu,
00:55:39vous l'avez dit,
00:55:40dans les années 2000,
00:55:41avec comme caractéristique
00:55:42principale,
00:55:43quand même,
00:55:43je dirais,
00:55:44d'abord que c'est
00:55:45un phénomène américain
00:55:46à la base,
00:55:47ça se passe quand même
00:55:48aux Etats-Unis
00:55:48et ça se passe aux Etats-Unis
00:55:50parce que ce à quoi
00:55:51on assiste là-bas,
00:55:52c'est un rapprochement,
00:55:53ce à quoi on a assisté,
00:55:54on y assiste encore,
00:55:55un rapprochement
00:55:55entre les technologies spatiales
00:55:57et les technologies
00:55:57de l'information.
00:55:58et ça,
00:55:59c'est vraiment,
00:55:59je dirais,
00:55:59le trait marquant
00:56:00de ces acteurs,
00:56:01alors qu'on va dire
00:56:02du New Space
00:56:03parce que c'est quelque chose
00:56:04qui était assez inédit
00:56:05d'avoir finalement
00:56:06une communauté extérieure
00:56:07à l'espace
00:56:08qui commence à s'intéresser
00:56:09aux questions spatiales
00:56:10et en fait,
00:56:11on a pris effectivement
00:56:12ce vocable
00:56:12pour le distinguer
00:56:13d'une histoire
00:56:14qu'on connaît tous,
00:56:16celle d'Apollo,
00:56:16celle des grands programmes
00:56:18gouvernementaux,
00:56:18de la NASA,
00:56:19des géants spatiales,
00:56:20de l'ESA,
00:56:20voilà,
00:56:21de la science
00:56:21et là,
00:56:22on a tout d'un coup
00:56:23une activité tout à fait nouvelle,
00:56:24économique,
00:56:24qui a l'air de se mettre en place.
00:56:26Alors après,
00:56:26moi je suis plus prudent
00:56:28sur le thème
00:56:28de la privatisation de l'espace,
00:56:30j'ai plutôt l'impression
00:56:30d'une reconfiguration,
00:56:31on va dire,
00:56:32des rapports entre le gouvernement
00:56:33et ce nouveau type d'acteur.
00:56:34Avec un enjeu malheur,
00:56:36en tout cas,
00:56:36il est défini comme tel
00:56:38dans ce film,
00:56:39c'est la souveraineté numérique,
00:56:41notamment avec
00:56:41ces fameuses constellations
00:56:43satellitaires
00:56:44en basse orbite.
00:56:46C'est ce qu'on a compris
00:56:46dans ce film en tout cas.
00:56:47Oui, oui, absolument,
00:56:48mais là encore,
00:56:49ça marche en symbiose,
00:56:51j'allais dire,
00:56:51avec l'évolution de la société
00:56:52et du numérique dans la société,
00:56:53peut-être Iréné,
00:56:54là sera plus qualifié que moi
00:56:55pour le dire,
00:56:56mais on ne parle plus
00:56:56de sa titre de télécommunication,
00:56:58on parle désormais
00:56:58de sa titre de connectivité.
00:56:59Parce que ce qui s'est passé
00:57:00depuis 30 ans,
00:57:01c'est la montée considérable
00:57:02de l'Internet
00:57:03et des usages de l'Internet.
00:57:04Et là,
00:57:05ça a créé d'une certaine manière
00:57:06dans l'esprit de certains
00:57:06l'idée que l'espace
00:57:08allait aider à développer
00:57:09ces activités-là
00:57:10et donc in fine
00:57:10à développer les affaires
00:57:11avec ça.
00:57:12En même temps,
00:57:13les gouvernements eux-mêmes
00:57:15se sont adaptés à ça
00:57:16et l'ont même suscité,
00:57:18et l'ont stimulé.
00:57:19Donc on est dans une dynamique
00:57:20un peu nouvelle
00:57:21qui reste encore à stabiliser.
00:57:23Alors allez-y,
00:57:24peut-être compléter
00:57:24ce qu'il vient de dire.
00:57:25Il y a des dits
00:57:26sur cette fameuse question
00:57:27de la souveraineté numérique
00:57:28qui est définie
00:57:29comme un enjeu majeur
00:57:30dans ce film.
00:57:31C'est effectivement
00:57:32un enjeu majeur.
00:57:33Après,
00:57:33il faut garder en tête
00:57:34que la connectivité mondiale
00:57:36à Internet
00:57:37se fait d'abord
00:57:37par des réseaux au sol,
00:57:39par des réseaux filaires,
00:57:40par des antennes
00:57:41et par évidemment
00:57:41des câbles transocéaniques.
00:57:43Donc les nœuds
00:57:44de connectivité
00:57:45et les vraies questions.
00:57:46Les câbles sous-marins.
00:57:48Quand on voit aujourd'hui
00:57:50ce new space
00:57:51qui arrive,
00:57:52qui se construit aussi
00:57:53par rapport au old space,
00:57:55c'est-à-dire l'ancien spatial
00:57:56et je rejoins Xavier Pascot,
00:57:58effectivement,
00:57:58c'est une industrie
00:57:59qui est encore largement publique
00:58:01dans le sens
00:58:01où les affaires de SpaceX
00:58:03qui est quasiment
00:58:04la seule entreprise
00:58:05vraiment massive
00:58:06du new space aujourd'hui,
00:58:07elle est largement biberonnée
00:58:08au fond public
00:58:09à hauteur de 23,
00:58:1124 milliards de dollars
00:58:12depuis 2002,
00:58:13quelque chose comme ça.
00:58:14Donc je dirais
00:58:15qu'au-delà
00:58:16aujourd'hui
00:58:17de la souveraineté,
00:58:17c'est plutôt
00:58:18quelque chose
00:58:19qui est de l'ordre
00:58:20quasi de l'impérialisme
00:58:22en fait.
00:58:23On remet des constellations
00:58:24de satellites
00:58:24qui vont aller toucher
00:58:25de nouveaux endroits
00:58:27sur Terre
00:58:27où la connectivité
00:58:28n'est pas encore là,
00:58:29notamment des pays d'Afrique,
00:58:30notamment d'autres pays
00:58:31où potentiellement
00:58:31la connectivité au sol
00:58:33est plus faible.
00:58:34L'Ukraine,
00:58:35comme on l'a vu,
00:58:35donc là on a quand même
00:58:36une emprise
00:58:36sur un théâtre d'opérations
00:58:38militaire
00:58:39qui est impressionnante.
00:58:40Et sans le réseau Starling,
00:58:42eh bien...
00:58:43Eh bien c'est compliqué.
00:58:44C'était compliqué pour l'Ukraine
00:58:45sur le plan militaire.
00:58:46C'est très compliqué.
00:58:47Dont une forte dépendance.
00:58:49Une dépendance quasi complète,
00:58:50notamment pour des drones
00:58:51de guerre
00:58:52qui sont utiles
00:58:53pour l'effort de guerre.
00:58:54Je crois qu'il y a 90 pays
00:58:55qui ont des satellites
00:58:56au-dessus de nos têtes
00:58:57aujourd'hui,
00:58:58mais c'est pas pour autant
00:58:58que 90 pays
00:58:59sont en capacité
00:59:00de lancer eux-mêmes
00:59:01ces satellites.
00:59:02Et donc ils dépendent...
00:59:03Les puissances spatiales
00:59:05qui sont les pays
00:59:06qui opèrent des lanceurs
00:59:07qui sont capables
00:59:08de les lancer
00:59:08depuis leur base
00:59:09se comptent en gros
00:59:10sur les doigts d'une main.
00:59:11Mais pour reboucler
00:59:12sur Starling,
00:59:13on peut faire des parallèles
00:59:15avec la longue histoire
00:59:17du spatial,
00:59:17notamment le début
00:59:18des années 60
00:59:19où on commence à lancer
00:59:20des satellites
00:59:20de télécommunications
00:59:21qui vont être...
00:59:22Ce qui va exister
00:59:23est prépondérant
00:59:24économiquement dans l'espace.
00:59:25Et on a déjà
00:59:26dans les années 60
00:59:27un effort quelque part
00:59:28impérialiste de connectivité.
00:59:30Il se rejoue aujourd'hui
00:59:31avec de nouvelles infrastructures.
00:59:32Bon, mais on retiendra
00:59:33qu'il n'y a pas
00:59:34que des capitaux privés
00:59:35qui dynamisent
00:59:38cette fameuse conquête
00:59:39du New Space.
00:59:41Alors j'ai regardé
00:59:41les chiffres pour l'Europe
00:59:43avec un retard européen
00:59:47qui peut préoccuper
00:59:48très sincèrement
00:59:48aux yeux des chiffres
00:59:49que j'ai sous les yeux.
00:59:50En 2024,
00:59:51ça a été une année record.
00:59:52Dans le spatial,
00:59:53253 lancements,
00:59:54156 pour les Etats-Unis,
00:59:5668 pour la Chine,
00:59:5717 pour la Russie,
00:59:583 seulement pour les Européens.
01:00:00L'Europe reste à la traîne
01:00:01aussi sur les satellites militaires
01:00:03en 2024.
01:00:04Et aujourd'hui,
01:00:05nous avons uniquement
01:00:0741 satellites pour l'Europe
01:00:09contre 267 pour les Chinois,
01:00:12263 pour les Américains,
01:00:15101 pour les Russes.
01:00:16À la vue de ces chiffres,
01:00:17je me suis dit
01:00:17qu'on avait un retard considérable.
01:00:19Rassurez-nous.
01:00:20Rassurez-nous.
01:00:21Est-ce qu'on est encore
01:00:22dans cette course
01:00:22qui a été décrite
01:00:23dans ce film ?
01:00:24Je vous rassure bien volontiers,
01:00:25on est totalement dans la course
01:00:27et on est même
01:00:27en tête de la course
01:00:28dans certains domaines.
01:00:30La science spatiale,
01:00:32la science de la Terre,
01:00:33la surveillance de l'environnement,
01:00:35la navigation.
01:00:36Le système européen Galileo
01:00:38est beaucoup plus précis
01:00:39que le GPS.
01:00:40C'est vrai que sur les lanceurs,
01:00:42on s'est trouvé
01:00:42dans une configuration
01:00:43où on n'avait plus
01:00:45d'Ariane 5
01:00:46et pas encore d'Ariane 6,
01:00:47qui est la nouvelle génération.
01:00:49Et aussi,
01:00:49notre petit lanceur Vega
01:00:50avait des problèmes techniques.
01:00:51Ça, c'était jusqu'à
01:00:53l'année dernière.
01:00:54Là, cette année, 2025,
01:00:56on a déjà fait,
01:00:56enfin, on va faire
01:00:57quatre lancements d'Ariane 6.
01:00:59On a aussi
01:01:00deux à trois lancements de Vega.
01:01:02C'est-à-dire qu'on est
01:01:02en train de monter en cadence.
01:01:04On ne va pas arriver
01:01:05aux cadences de SpaceX,
01:01:06mais on va arriver
01:01:07aux cadences nécessaires
01:01:09pour lancer
01:01:09nos propres satellites
01:01:10et ne pas avoir recours
01:01:12à d'autres lanceurs.
01:01:14Ça, c'est un premier point.
01:01:16Deuxième point,
01:01:17il y a juste dix jours
01:01:18à Brem,
01:01:20les ministres européens
01:01:21du spatial
01:01:22se sont réunis
01:01:23et ils ont décidé
01:01:25d'une souscription record
01:01:27au programme spatio-européen.
01:01:2923 milliards d'euros,
01:01:31un peu plus.
01:01:32Et c'était du jamais vu.
01:01:35Alors,
01:01:35on n'est pas dans les budgets
01:01:36de la NASA,
01:01:37c'est vrai,
01:01:38mais d'abord,
01:01:38nos budgets
01:01:39sont en forte augmentation.
01:01:41Deuxièmement,
01:01:42le retard qu'on avait,
01:01:44ce n'était pas tant
01:01:44par rapport à la NASA.
01:01:46C'est surtout qu'effectivement,
01:01:47comme vous l'avez dit,
01:01:47en Europe,
01:01:48on a très peu
01:01:49de spatial militaire.
01:01:51Or,
01:01:51le contexte,
01:01:52il a changé.
01:01:54C'est vrai qu'il y a
01:01:5420 ans,
01:01:55ou 15 ans,
01:01:56le New Space,
01:01:58Elon Musk,
01:01:58Jeff Bezos,
01:02:00là,
01:02:00quel est le contexte
01:02:01actuel ?
01:02:02C'est la guerre en Ukraine.
01:02:04Et la guerre en Ukraine
01:02:05fait que
01:02:06tous les pays européens,
01:02:07et en particulier
01:02:08les pays baltes
01:02:09ou les pays proches
01:02:10de la frontière russe,
01:02:11se rendent compte
01:02:12qu'une guerre est possible.
01:02:13et donc,
01:02:14on ne peut plus,
01:02:15à l'heure actuelle,
01:02:16avoir de guerre
01:02:17ou de problèmes militaires
01:02:19sans l'outil spatial.
01:02:20Donc,
01:02:20changement d'approche stratégique.
01:02:22Changement d'approche,
01:02:23disons qu'on met plus
01:02:25l'accent sur l'autonomie
01:02:27et la souveraineté
01:02:28que sur le commerce.
01:02:29Et pour bien comprendre,
01:02:30qui finance aujourd'hui
01:02:32ce fameux programme européen ?
01:02:34L'espace,
01:02:35le spatial,
01:02:35est un domaine européen
01:02:36depuis 2009.
01:02:38C'est important de le savoir.
01:02:39Mais aujourd'hui...
01:02:40Si je peux me permettre...
01:02:41Qui finance ce programme ?
01:02:43L'ESA a 50 ans d'existence.
01:02:45Oui, 50 ans, oui.
01:02:46Oui.
01:02:46Le programme européen,
01:02:4860% du programme spatial européen
01:02:50est financé par l'ESA,
01:02:51les États membres de l'ESA,
01:02:53qui est une agence intergouvernementale,
01:02:5423 États membres,
01:02:56presque les mêmes,
01:02:57mais pas tout à fait,
01:02:58que ceux de l'Union européenne.
01:02:59Nous, on a encore
01:02:59le Royaume-Uni,
01:03:00la Norvège, la Suisse,
01:03:02mais sinon,
01:03:03on est très proches
01:03:03et on travaille très étroitement
01:03:05avec l'Union européenne.
01:03:06Les 40% restants,
01:03:07c'est essentiellement
01:03:08du programme national,
01:03:10France,
01:03:11Allemagne,
01:03:12Italie,
01:03:12un peu Royaume-Uni,
01:03:14et du financement complémentaire
01:03:16de l'Union européenne,
01:03:17sachant qu'une large partie
01:03:20du financement
01:03:20de l'Union européenne
01:03:21dans le spatial
01:03:22va à l'agence spatiale,
01:03:25qui va être l'agence technique
01:03:27de mise en œuvre
01:03:28du programme spatial européen.
01:03:30Et puis,
01:03:30un dernier point,
01:03:31peut-être,
01:03:32n'oublions pas
01:03:33que,
01:03:34dans le monde,
01:03:34le spatial reste un domaine
01:03:37de financement public.
01:03:39Sur l'ensemble du financement
01:03:40des activités spatiales,
01:03:4190% secteur public,
01:03:4310% secteur privé.
01:03:44C'était bien de le rappeler
01:03:46après avoir vu ce film,
01:03:47parce que c'est peut-être
01:03:47l'impression inverse
01:03:48que donnait ce film.
01:03:50Votre vision du développement
01:03:51européen
01:03:52comparée à nos principaux
01:03:54concurrents,
01:03:55les Américains,
01:03:56les Chinois,
01:03:56les Russes aussi,
01:03:57Oui, absolument.
01:03:58Mais précisément,
01:03:59comme il vient d'être dit,
01:04:00je pense que...
01:04:01On a du retard,
01:04:01beaucoup de retard,
01:04:02on peut combler ce retard.
01:04:03Vous savez,
01:04:04le retard,
01:04:04on est sur les bonnes stratégies.
01:04:05On est sur les bonnes stratégies.
01:04:06Effectivement,
01:04:06on a du retard sur certains.
01:04:08On a eu cet accident,
01:04:09j'allais dire,
01:04:09un petit peu industriel
01:04:10dans le domaine des lanceurs
01:04:11avec un problème.
01:04:12Je veux dire,
01:04:12la filière spatiale européenne,
01:04:14elle n'est pas en cause.
01:04:15On sait faire des lanceurs
01:04:17qui sont performants,
01:04:18on saura faire du réutilisable,
01:04:19on sait faire des satellites
01:04:20et on saura faire des satellites
01:04:21un peu plus de manière industrielle
01:04:23si on a besoin de le faire.
01:04:25Mais je crois qu'aujourd'hui,
01:04:25effectivement,
01:04:26ce qu'on voit apparaître,
01:04:27et c'est le mot
01:04:28qu'on entend un peu partout,
01:04:29c'est le besoin de souveraineté surtout.
01:04:31C'est-à-dire qu'à mesure
01:04:31que se développent
01:04:32ces infrastructures dans l'espace
01:04:33qui sont finalement
01:04:34assez faciles d'accès,
01:04:36il suffit d'acheter
01:04:37une antenne Starlink,
01:04:38très vite,
01:04:38elle s'installe,
01:04:39puis on a Internet.
01:04:40Les gouvernements se disent,
01:04:41oui, mais si je dépends de ça
01:04:42et que moi,
01:04:43je baisse la garde sur mes moyens,
01:04:45je risque d'être otage
01:04:46d'une certaine manière
01:04:47du bon vouloir
01:04:48d'un milliardaire
01:04:50ou d'une société.
01:04:51Et donc, par exemple,
01:04:52moi, je donnerais l'exemple
01:04:52d'Iris Carré, par exemple,
01:04:54donc ça, c'est le nouveau
01:04:54programme européen
01:04:55de télécommunication,
01:04:57pour le coup,
01:04:57et de connectivité,
01:04:58on va dire.
01:04:59Bon, ça, c'est un programme européen.
01:05:00Alors, ce n'est pas
01:05:00des dizaines de milliers
01:05:02de satellites en orbite,
01:05:02c'est plutôt des centaines.
01:05:04C'est quelque chose
01:05:04qui va se faire,
01:05:05alors sans doute pas assez vite,
01:05:06on a besoin d'accélérer
01:05:07le tempo, etc.,
01:05:07parce qu'on voit bien
01:05:08qu'il faut être...
01:05:09En revanche,
01:05:09il faut être dans le rythme,
01:05:10ça, c'est sûr.
01:05:11Mais surtout,
01:05:11on a besoin,
01:05:12une fois que c'est fait,
01:05:13de contrôler tout ça.
01:05:14Les technologies sont au top,
01:05:15on aura des choses
01:05:18très sécurisées
01:05:18en utilisant le quantique,
01:05:20etc.
01:05:20Donc là, on est au top.
01:05:22Par contre,
01:05:22il faut savoir
01:05:22pourquoi on le fait.
01:05:23Et là, je crois qu'aujourd'hui,
01:05:24ce qui met d'accord
01:05:25un peu les pays européens,
01:05:26y compris dans le domaine
01:05:27de l'Agence spatiale européenne,
01:05:29avec ses différences d'États membres,
01:05:30mais très, très proches
01:05:30les uns des autres,
01:05:31c'est le besoin de souveraineté,
01:05:32quand même.
01:05:32Et c'est le besoin
01:05:33de contrôler son avenir
01:05:34sur les points clés.
01:05:35Un point central,
01:05:38c'est l'accès à l'espace,
01:05:38par exemple.
01:05:39Oui, on n'a fait
01:05:40que trois lancements en 2024,
01:05:41mais en réalité,
01:05:44ce qu'on veut,
01:05:44c'est quand même garder
01:05:45ce lien-là.
01:05:46Parce que si on n'a plus
01:05:47de lanceurs,
01:05:48alors parler de souveraineté
01:05:48dans le spatial,
01:05:49c'est terminé.
01:05:50Alors, ce qu'on découvre aussi
01:05:51dans ce film,
01:05:52pour le non-initié,
01:05:54c'est que c'est le Far West.
01:05:55C'est le Far West.
01:05:56Le droit international
01:05:57remonte à la fin
01:05:58des années 60, 70.
01:06:00Il a très peu évolué.
01:06:02Et ce que nous dit ce film,
01:06:03c'est qu'il est grand temps
01:06:03que les choses évoluent,
01:06:05qu'on régularise,
01:06:08notamment parce qu'on risque
01:06:09des collisions,
01:06:10risque de déchets.
01:06:11Vous le décrivez assez bien
01:06:12dans votre livre,
01:06:13ce phénomène,
01:06:14et cette nécessité
01:06:15de réglementer les choses.
01:06:16Comment fait-on ?
01:06:17Alors, déjà,
01:06:18ce n'est pas fondamentalement
01:06:19le Far West.
01:06:20On a une série de traités
01:06:21qui sont signés
01:06:22pendant la guerre froide.
01:06:23Et d'ailleurs,
01:06:24c'est intéressant de savoir
01:06:24qu'ils sont signés
01:06:25dans les moments
01:06:26les plus tendus
01:06:27de la guerre froide.
01:06:28Donc, quelque part,
01:06:28c'est aussi peut-être
01:06:29encourageant
01:06:30dans la période
01:06:30qu'on vit en ce moment.
01:06:31Traité de référence, 67.
01:06:3367, le traité
01:06:34dit traité de l'espace
01:06:35qui promue
01:06:37qu'il y a plusieurs articles
01:06:38qui sont souvent cités
01:06:39sur la question
01:06:41de l'accaparement
01:06:41de ressources
01:06:43dans l'espace
01:06:44ou la question
01:06:45de l'arsenalisation,
01:06:46de l'armement
01:06:47dans l'espace.
01:06:48Pas de nucléaire en espace,
01:06:49par exemple.
01:06:50C'est ce qui spécifiait
01:06:51de traité.
01:06:51Mais là, aujourd'hui...
01:06:53En fait,
01:06:54ces principes
01:06:54sont censés toujours valoir.
01:06:56Alors, ça se discute.
01:06:57Il y a des rumeurs
01:06:58comme quoi, par exemple,
01:06:59la Russie mettrait
01:07:00des bombes atomiques
01:07:01dans l'espace.
01:07:01Sébastien Lecornu,
01:07:02ministre,
01:07:03a pu le dire publiquement.
01:07:05Mais surtout,
01:07:05il y a quelque chose
01:07:06qui n'est pas envisagée.
01:07:07Il faut se remettre
01:07:07dans une perspective historique
01:07:09où on ne se serait pas imaginé
01:07:10fondamentalement
01:07:11mettre des milliers
01:07:12ou des dizaines
01:07:13de milliers
01:07:14de satellites en orbite
01:07:14puisque l'intérêt,
01:07:16finalement,
01:07:16d'aller dans l'espace,
01:07:17c'est le point haut,
01:07:18si vous voulez.
01:07:18C'est que vous êtes très loin.
01:07:20Par exemple,
01:07:20l'orbite géostationnaire,
01:07:21donc 36 000 kilomètres,
01:07:22ça tourne au même endroit
01:07:23autour de la Terre.
01:07:24Et vous pouvez,
01:07:25avec quelques satellites,
01:07:264 ou 5 ou 6,
01:07:27une vingtaine,
01:07:28si vous voulez vraiment bien le faire,
01:07:29vous avez un GPS.
01:07:30Ça sert à toute l'humanité.
01:07:31Et donc ça,
01:07:31quelque part,
01:07:32c'est très frugal.
01:07:33À l'inverse,
01:07:34l'utilisation qui est faite
01:07:35actuellement
01:07:36des satellites en basse orbite,
01:07:37on l'a bien vu dans le documentaire,
01:07:38c'est l'inverse.
01:07:39Il faut en mettre plein,
01:07:40plein, plein,
01:07:40donc on perd l'intérêt de l'espace
01:07:41et puis on en arrive
01:07:42à des limites
01:07:43qu'avec Arnaud Saint-Martin,
01:07:45on appelle astrocapitalistes
01:07:47puisque c'est aussi un système
01:07:48qui est celui-là
01:07:49et qu'on essaye de caractériser
01:07:51qui sont des limites économiques,
01:07:53on ne sait pas encore
01:07:54si ça rapporte,
01:07:55qui sont des limites environnementales
01:07:56puisque ces satellites,
01:07:58il faut bien comprendre
01:07:58que 10 à 12 %
01:08:00ne marchent pas.
01:08:01D'accord ?
01:08:028 000 aujourd'hui,
01:08:03on est quelques temps
01:08:04après la réalisation
01:08:05du documentaire,
01:08:05donc vous imaginez
01:08:06le nombre de satellites
01:08:07qui aujourd'hui sont en orbite
01:08:09ne fonctionnent pas,
01:08:10retombent dans l'atmosphère,
01:08:11brûlent dans l'atmosphère,
01:08:13génèrent des effets
01:08:14d'albédo compliqués,
01:08:15etc.,
01:08:15et modifient potentiellement
01:08:17la chimie
01:08:18des différentes couches
01:08:19de l'atmosphère.
01:08:19La réglementation relève
01:08:21des nations,
01:08:22des États,
01:08:23aujourd'hui.
01:08:23Absolument.
01:08:24Donc elle doit réglementer
01:08:25les acteurs privés
01:08:27dont il est question
01:08:29dans ce film
01:08:29et dans cette conquête spatiale.
01:08:31Au niveau européen,
01:08:32en juin dernier,
01:08:33l'Union européenne
01:08:34s'est mise d'accord
01:08:36sur ce qu'elle appelle
01:08:37le Space Act,
01:08:38qui est
01:08:39une harmonisation,
01:08:41disons,
01:08:41des réglementations
01:08:42nationales
01:08:44qui existent déjà.
01:08:45La France a sa loi
01:08:46des opérations spatiales,
01:08:47par exemple,
01:08:48et plusieurs pays européens
01:08:49veulent se doter
01:08:50d'outils similaires,
01:08:51mais l'idée,
01:08:52c'est aussi
01:08:52qu'il y ait,
01:08:53au niveau européen,
01:08:54une harmonisation
01:08:55de réglementations.
01:08:58Alors,
01:08:58on peut faire le parallèle,
01:09:00il y a bien sûr
01:09:01le contrôle aérien,
01:09:02comme il est dit
01:09:03dans le documentaire,
01:09:03mais il y a aussi,
01:09:04tout simplement,
01:09:05le code de la route.
01:09:07Pourquoi est-ce qu'on a mis
01:09:08en place un code de la route
01:09:09et des feux rouges ?
01:09:10Dans des places à certains,
01:09:12c'est qu'il y avait
01:09:12beaucoup d'acticides
01:09:13et qu'on s'est rendu compte
01:09:14qu'il fallait
01:09:15un petit peu réguler tout ça.
01:09:15Et c'est ce qui risque
01:09:15de se passer en basse orbite,
01:09:18à l'année où ça va, non ?
01:09:19Alors, je pense que,
01:09:20déjà, Elon Musk,
01:09:21particulièrement,
01:09:23a eu, effectivement,
01:09:24s'est rendu compte
01:09:25qu'il était peut-être
01:09:26la première victime
01:09:27du nombre de satellites
01:09:28en orbite,
01:09:29donc il a fait brûler
01:09:30ceux qui ne fonctionnaient pas
01:09:33pour éviter
01:09:34des collisions incontrôlées.
01:09:38Donc, moi,
01:09:38je crois que ça,
01:09:39d'abord,
01:09:40il y a l'intérêt de chacun
01:09:41d'avoir une forme
01:09:42de réglementation commune
01:09:44et puis,
01:09:45malheureusement,
01:09:48ce que ne prévoyait pas
01:09:50non plus le traité de l'espace,
01:09:51c'est des acteurs privés.
01:09:53Ça, c'est vrai.
01:09:53Et donc,
01:09:54dans les traités sur l'espace,
01:09:56on ne parle que des États.
01:09:57– Eh oui.
01:09:58Vous dites, quelque part,
01:09:59dans ce film,
01:09:59tout ça peut-être
01:10:00fait moins rêver qu'avant.
01:10:02C'est peut-être pas le terme
01:10:03que vous utilisez
01:10:04totalement exact,
01:10:05mais c'est ce que
01:10:05vous laissez entendre.
01:10:07Voilà, on est dans du business,
01:10:09on est avec des enjeux
01:10:11économiques considérables.
01:10:12On parle même d'une bulle,
01:10:13peut-être, à venir.
01:10:14Bon, on verra
01:10:15ce qu'il en est exactement,
01:10:16parce que, évidemment,
01:10:18le retour sur investissement
01:10:19ne semble absolument pas garantie
01:10:21dans la course à l'espace
01:10:22dont on vient de parler ensemble.
01:10:23Mais faites-nous rêver un peu,
01:10:25Xavier Pascot.
01:10:26L'agenda martien
01:10:27d'Elon Musk,
01:10:28par exemple.
01:10:29– Je ne sais pas si ça peut faire réel.
01:10:30– L'agenda martien
01:10:31de la NASA aujourd'hui.
01:10:32– Oui, oui, oui.
01:10:32– Elle a encore une réalité ?
01:10:36– Alors, il y a...
01:10:37J'allais dire,
01:10:39tous les 10 ans,
01:10:41on dit qu'on sera sur Mars
01:10:41dans 30 ans.
01:10:42Et ça, c'est depuis l'année 60.
01:10:44Il faut se rappeler
01:10:44que la NASA, en 69,
01:10:46avait un programme
01:10:47pour faire poser
01:10:48le premier homme.
01:10:50À l'époque, c'était l'homme.
01:10:51On parle aujourd'hui
01:10:51de la femme sur Mars.
01:10:53Mais pour 1986.
01:10:54Sur la NASA,
01:10:55on aurait déjà dû être
01:10:56en 1986.
01:10:57Alors, il y a cet agenda
01:10:58martien, effectivement.
01:11:00Alors, ce qui se passe
01:11:01quand même,
01:11:01c'est que...
01:11:02Alors, on n'ira,
01:11:03on n'ira pas.
01:11:03Pour l'instant,
01:11:04c'est très compliqué
01:11:04parce que, disons,
01:11:06l'être humain
01:11:06n'est pas tout à fait prêt
01:11:07pour tout un tas de raisons
01:11:08à aller sur Mars aujourd'hui.
01:11:10Et vivre sur Mars,
01:11:11ce serait sans doute
01:11:12vivre sur le pire endroit
01:11:13que le pire endroit sur Terre.
01:11:14C'est vraiment extrêmement
01:11:15contraignant, etc.
01:11:17Mais indépendamment de cela,
01:11:18on se projette,
01:11:19on rêve, effectivement,
01:11:20on va dire, allez,
01:11:21voilà, on sort de la Terre.
01:11:22C'est un peu ce que dit
01:11:23Elon Musk, etc.
01:11:24En même temps,
01:11:25il y a différentes manières
01:11:26de voir les choses.
01:11:27La NASA, depuis longtemps,
01:11:28a cette idée-là
01:11:29de, on va dire,
01:11:31de conquérir.
01:11:31Il y a toujours
01:11:32les trois étapes.
01:11:34D'abord, on explore.
01:11:35Alors ça, c'est les années,
01:11:36j'allais dire, 50-60.
01:11:38Et puis après,
01:11:39on conquiert,
01:11:39c'est la conquête.
01:11:40Et là, c'est vraiment,
01:11:41on se projette,
01:11:41on va aller découvrir
01:11:43et s'installer.
01:11:44Et après, on colonise.
01:11:45C'est un peu les trois étapes
01:11:46classiques de l'expansion humaine,
01:11:48on va dire.
01:11:49Et on retrouve ça
01:11:50un petit peu pour le spatial.
01:11:51Et donc, Musk, aujourd'hui,
01:11:52parle de coloniser Mars.
01:11:54Lui a annoncé en 2016.
01:11:56Alors, tout ça,
01:11:56c'est du narratif,
01:11:58comme on dirait aujourd'hui.
01:11:59C'est du récit.
01:11:59Mais voilà, je vais envoyer
01:12:0010 000 fusées de 100 personnes
01:12:04là-bas, etc.
01:12:05Ça, c'est vraiment,
01:12:06c'est une histoire
01:12:09qui va avec son,
01:12:10on va dire,
01:12:11son besoin de mettre la main
01:12:13et d'industrialiser.
01:12:14Parce que ce qui se passe,
01:12:15y compris dans cette vision-là,
01:12:16c'est que l'industrialisation
01:12:17de l'espace,
01:12:18et je vais quand même reparler
01:12:19de cette orbite basse,
01:12:21c'est de la banalisation
01:12:23de l'espace.
01:12:23On désacralise un peu tout ça.
01:12:25Les agences spatiales,
01:12:26elles ont la science.
01:12:27Et la science,
01:12:27ça reste de l'exploration
01:12:28et ça reste, voilà,
01:12:30la découverte au sens
01:12:30le plus plein du terme.
01:12:31Alors, restons sur l'exploration.
01:12:34Il y a un agenda martien,
01:12:35vous vouliez réagir,
01:12:37d'Ellen Mudd,
01:12:38de la NASA.
01:12:38Il y a aussi un agenda lunaire
01:12:40du côté chinois
01:12:41et aussi du côté américain.
01:12:43Où est-ce qu'on en est
01:12:44sur ces agendas respectifs ?
01:12:46On est tout à fait
01:12:46dans ces agendas.
01:12:48Sur la Lune,
01:12:49on est des partenaires
01:12:50du projet américain,
01:12:52mais en coopération internationale,
01:12:53le Gateway.
01:12:55Et d'ailleurs,
01:12:55la semaine dernière,
01:12:56enfin, il y a 10 jours,
01:12:57ont été annoncés
01:12:58les trois premiers astronautes
01:13:00qui iront sur la Lune européenne.
01:13:02Et qu'est-ce qu'on va y refaire
01:13:03sur la Lune,
01:13:03alors finalement,
01:13:04après le fameux programme Apollo ?
01:13:05Sur la Lune, il y a plein de choses
01:13:06à faire.
01:13:06Il y a la science.
01:13:07Il y a eu une seule mission Apollo
01:13:09où on a envoyé un scientifique
01:13:10et c'est lui
01:13:11qui a su récupérer
01:13:12les roches lunaires.
01:13:13Il était géologiste
01:13:14pour les étudier
01:13:15parce que lui,
01:13:16il voyait lesquelles
01:13:17étaient intéressantes
01:13:18et c'est grâce à lui
01:13:18qu'on a pu énormément avancer
01:13:20sur la science.
01:13:22Donc, il y a encore
01:13:22des choses à apprendre
01:13:23concernant la Lune.
01:13:25Vous voulez rêver
01:13:26mais moi, je vous offre
01:13:27d'aller dans les lunes glacées
01:13:28de Saturne
01:13:29qui sont des lunes
01:13:30avec une croûte de glace
01:13:33mais avec de l'eau liquide
01:13:35sous la croûte de glace
01:13:36où il y a peut-être de la vie
01:13:38ou en tout cas
01:13:39une forme primordiale de vie.
01:13:40Donc, tout ce qui est
01:13:41la science spatiale,
01:13:42ça fait énormément rêver.
01:13:43Il n'y a pas forcément besoin
01:13:45de l'être humain
01:13:45pour faire rêver
01:13:46parce que moi,
01:13:47l'industrialisation,
01:13:48ça ne me fait pas trop rêver en fait.
01:13:50Mais c'est ça la question,
01:13:51effectivement.
01:13:52C'est que quand on parle
01:13:52du programme lunaire,
01:13:53on parle principalement
01:13:55du programme Artemis
01:13:55qui est un programme américain
01:13:57dans lequel l'Europe
01:13:58a des participations,
01:14:00on troque finalement
01:14:01des objets techniques
01:14:02contre des astronautes
01:14:04potentiellement autour de la Lune,
01:14:05potentiellement sur la Lune
01:14:06dans un schéma
01:14:08qui est aussi conforme
01:14:09à l'idée
01:14:10de s'accaparer l'espace.
01:14:11Il y a des accords aussi Artemis
01:14:13qui philosophiquement
01:14:14sont assez conformes aussi
01:14:16à ce que font les Etats-Unis
01:14:17en orbite basse.
01:14:18On ne peut pas décorréler les deux.
01:14:19C'est un peu cet effort
01:14:20d'exploration,
01:14:21de colonisation commerciale,
01:14:22etc.
01:14:22Ensuite,
01:14:24on a l'exploration,
01:14:25comme ce qui vient d'être dit,
01:14:26potentiellement robotique,
01:14:27scientifique.
01:14:28Moi,
01:14:28je ferais quand même
01:14:29une grande différence.
01:14:30L'apport scientifique
01:14:31de la Lune existe,
01:14:32effectivement.
01:14:33Comparativement à son coût,
01:14:34si on envoie des bonhommes
01:14:35sur place,
01:14:36c'est très très relatif.
01:14:37Et là-dessus,
01:14:37ce qui est intéressant,
01:14:38c'est qu'il y a un invariant
01:14:40dans l'histoire du spatial
01:14:40depuis les années 60,
01:14:42c'est qu'il n'y a pas
01:14:42de rêve fondamentalement populaire,
01:14:45il n'y a pas d'unanimisme
01:14:46à la conquête humaine
01:14:47de l'espace.
01:14:48Ça n'existe pas.
01:14:48Par exemple,
01:14:49dans les sondages
01:14:49dès les années 60
01:14:50qui sont faits
01:14:51année après année,
01:14:52année après année,
01:14:53qui sont encore faits aujourd'hui.
01:14:54On découvre ça
01:14:54dans votre livre,
01:14:55effectivement.
01:14:55Mais bien sûr,
01:14:56en fait,
01:14:56mais parce que dès lors
01:14:57qu'on se dit
01:14:57qu'on va mettre 3, 4, 5%
01:14:59du PIB dans cette entreprise,
01:15:01et surtout au détriment
01:15:01de la science,
01:15:02parce que historiquement,
01:15:03quand on met beaucoup d'argent
01:15:04dans le vol habité,
01:15:05et on l'a vu toute cette année
01:15:062025 avec Donald Trump
01:15:08et cette alliance
01:15:09avec Elon Musk,
01:15:10on regain du projet martien,
01:15:12on regain du projet lunaire,
01:15:13les deux entrent en concurrence
01:15:14en réalité,
01:15:15parce que ce sont potentiellement
01:15:16les mêmes ressources.
01:15:16Musk a intérêt à dire
01:15:17qu'il faut aller plus loin
01:15:18parce que sa fusée
01:15:19ne marche pas trop,
01:15:20quand même.
01:15:21Et qu'est-ce qui se passe
01:15:22à côté de ça ?
01:15:23Trump vire clairement
01:15:25la scientifique en chef
01:15:27de la NASA.
01:15:27Donc on a des vases communicants
01:15:29entre des projets
01:15:30qui ne sont pas les mêmes,
01:15:31quand même.
01:15:31La deuxième partie du siècle
01:15:33s'annonce comme un bras de fer
01:15:35sur bien des domaines
01:15:36entre la Chine et les Etats-Unis.
01:15:38En tout cas,
01:15:38les deux grandes puissances
01:15:39s'annoncent être celles-là.
01:15:43Sur le plan spatial,
01:15:44il y a un enjeu géopolitique
01:15:46très fort entre ces deux
01:15:48grandes puissances aujourd'hui
01:15:49et dans les années à venir ?
01:15:51Oui, je dirais d'ailleurs
01:15:52qu'en cela,
01:15:53ce qui va se passer
01:15:54ou ce qui se passe déjà
01:15:55entre les Etats-Unis
01:15:56et la Chine
01:15:57en tant que, voilà,
01:15:58pour se placer
01:15:59respective l'un par rapport
01:16:00à l'autre,
01:16:01ça ne change pas beaucoup
01:16:02de ce qui s'est passé
01:16:03dans les années 60,
01:16:05même si c'est un peu différent.
01:16:06Dans les années 60,
01:16:07on avait vraiment
01:16:07des affrontements de modèles
01:16:08et l'espace était une vitrine
01:16:10en fait pour aller bien au-delà
01:16:11de la simple confrontation spatiale.
01:16:12On faisait se confronter
01:16:13des modèles, voilà,
01:16:14l'homme nouveau côté soviétique
01:16:16et, voilà,
01:16:17le capitalisme côté américain.
01:16:20Aujourd'hui,
01:16:20on n'est pas trop
01:16:21dans cet affrontement de modèles
01:16:22mais on est en revanche
01:16:23dans un marqueur de puissance.
01:16:24C'est-à-dire que la Chine
01:16:25considère que l'espace,
01:16:26ça fait partie
01:16:27du portefeuille,
01:16:29voilà,
01:16:29d'atouts qu'elle doit avoir
01:16:31en tant que grande puissance.
01:16:32Et c'est impressionnant
01:16:33quand on voit
01:16:33les progrès
01:16:34qui ont été,
01:16:35les progrès chinois
01:16:35depuis 30 ans.
01:16:37Ils sont très méthodiques,
01:16:38ils font ça
01:16:38à vitesse accélérée.
01:16:39Ils ne reproduisent pas seulement
01:16:42ce qu'on fait d'autre.
01:16:43Quelquefois,
01:16:43ils font des choses originales.
01:16:45On fait se cacher de la Lune,
01:16:46on fait atterrir quelque chose
01:16:47sur Mars.
01:16:47On fait un 3 en 1,
01:16:48c'est-à-dire qu'on fait un orbiteur,
01:16:49on fait un atterrisseur
01:16:50puis un rover.
01:16:51Jamais personne n'avait fait ça.
01:16:52Donc,
01:16:52on sent qu'il y a,
01:16:53en ce moment,
01:16:53effectivement,
01:16:54puis ça correspond
01:16:54à l'essor économique,
01:16:55technologique de la Chine.
01:16:57Donc,
01:16:57il y a vraiment
01:16:57cet affrontement-là.
01:16:58C'est sans doute structurant.
01:16:59Je ne suis pas sûr
01:16:59qu'on aille vers
01:17:00une véritable guerre,
01:17:01en réalité,
01:17:02mais on voit bien
01:17:02que l'espace,
01:17:03à mesure qu'on le banalise
01:17:04aussi et qu'on l'industrialise,
01:17:06on se l'approprie
01:17:07au sens où on l'habite plus
01:17:09et en l'habitant plus,
01:17:10on reproduit
01:17:11ce qu'on fait sur Terre,
01:17:11finalement,
01:17:12dans l'espace.
01:17:13Et là,
01:17:13c'est là où j'ai cette idée
01:17:14que l'espace n'est plus aussi sacré,
01:17:18cet endroit très inaccessible
01:17:19qu'on regardait de loin.
01:17:22Au passage,
01:17:22d'ailleurs,
01:17:23je remarque
01:17:23que pendant les années 60,
01:17:25le fait que seulement
01:17:25les États-Unis
01:17:26et l'Union Sovietique
01:17:27pouvaient accéder à l'espace
01:17:28faisait des sortes de messagers,
01:17:30presque des dieux
01:17:31de pouvoir accéder.
01:17:33Et d'un point de vue géopolitique,
01:17:34c'était majeur
01:17:34puisqu'en fait,
01:17:35ces deux pays-là étaient,
01:17:36ces deux grandes puissances
01:17:37qui seules pouvaient accéder
01:17:38à cet endroit-là.
01:17:40Les Européens,
01:17:41ils auront droit
01:17:41à des strapantins
01:17:42aux côtés des Américains
01:17:43pour ces explorations futures
01:17:45qu'on vient d'évoquer ensemble
01:17:47où il y aura peut-être
01:17:49un programme spécifiquement européen
01:17:51avec des objectifs exploratoires
01:17:53spécifiquement européens.
01:17:54Comment vous voyez les choses ?
01:17:55On a déjà un programme exploratoire
01:17:57l'une et mars,
01:17:59mais robotique.
01:18:00donc on va avoir une mission,
01:18:02le rover Rosaline Franklin
01:18:04qui va aller forer
01:18:05la surface de Mars,
01:18:06là encore,
01:18:06pour trouver peut-être
01:18:07des traces de vie.
01:18:09On a un programme
01:18:10d'exploration lunaire
01:18:11et surtout,
01:18:12on est dans une dynamique,
01:18:14on l'a dit,
01:18:15d'autonomie.
01:18:16Donc oui,
01:18:16on va continuer la coopération,
01:18:18c'est quand même
01:18:19un domaine de coopération,
01:18:20mais avec nos propres moyens
01:18:21aussi en parallèle.
01:18:22Ce sera le mot de la fin.
01:18:25Un grand merci vraiment
01:18:25à tous les trois
01:18:26d'être venus nous faire un peu rêver
01:18:28et nous expliquer,
01:18:29nous décrypter
01:18:30ce que sont aujourd'hui
01:18:31les nouveaux enjeux
01:18:32de cette conquête spatiale
01:18:34après ce documentaire
01:18:35« Les conquistadors de l'espace ».
01:18:37Merci à Félicité Gavalda,
01:18:41Thibaut Brosset et Kelle
01:18:42qui m'ont aidé
01:18:43comme à l'accoutumée
01:18:43à préparer cette émission.
01:18:45Vous pourrez réagir
01:18:46sur hashtag
01:18:47« Débat Docs »
01:18:47c'est notre adresse
01:18:48et je vous donne rendez-vous
01:18:49pour une prochaine émission
01:18:51« Débat Docs ».
01:18:52Ça sera bien sûr
01:18:53avec son documentaire
01:18:54et son débat.
01:18:55À très bientôt.
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