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  • il y a 3 ans
La question de la compétitivité est devenue le point aveugle de la conjoncture. Pour des raisons techniques d'une part : les turbulences inflationnistes créent un voile sur la déformation des prix relatifs. Pour des raisons politiques d'autre part. La problématique du soutien à la demande depuis la crise sanitaire a éclipsé par son urgence celle des politiques de l'offre aux effets trop diffus et pénalisants à court terme. La forte dégradation de la balance commerciale depuis 2020 n'a donc pas focalisé l'attention. D'abord parce que cette dégradation était commune à la plupart des pays européens. Ensuite, parce qu'elle semblait attribuable à des facteurs temporaires sans lien avec la compétitivité des entreprises : la flambée des prix des matières premières importées ; la déformation de la structure de consommation en faveur des biens manufacturés (à fort contenu importé donc), durant la période où la consommation de services était empêchée. [...]

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00:00 La question de la compétitivité est devenue le point aveugle de la conjoncture.
00:14 Pour des raisons techniques d'une part, les turbulences inflationnistes créent un voile sur la déformation des prix relatifs.
00:22 Et pour des raisons politiques d'autre part, la problématique du soutien à la demande depuis la crise sanitaire a écrasé par son urgence
00:30 celle des politiques de l'offre aux effets trop diffus et pénalisants à court terme.
00:35 La forte dégradation de la balance commerciale depuis 2020 n'a donc pas focalisé l'attention.
00:42 D'abord parce que cette dégradation était commune à la plupart des pays européens.
00:47 Ensuite parce qu'elle semblait attribuable à des facteurs temporaires sans lien avec la compétitivité des entreprises.
00:55 La flambée des prix des matières premières importées, la déformation de la structure de consommation en faveur des biens manufacturés,
01:03 à fort contenu importé donc, durant la période où la consommation de services était empêchée.
01:10 Or effectivement, maintenant que ces facteurs se normalisent partiellement, le solde commercial se réduit à vive allure depuis ses abysses de septembre 2022.
01:22 Mais que recouvre véritablement ce mieux statistique ?
01:25 Pourrions-nous sortir de cette séquence par le haut, alors même que les prix des matières premières sont loin d'être redescendus à leur niveau de 2019 ?
01:35 Car voici que depuis deux trimestres, la croissance française surpasse la moyenne européenne.
01:41 Et que cette performance est entièrement due à la contribution positive de son commerce extérieur à sa croissance.
01:49 Et cela alors même que la demande mondiale ralentit et que l'Allemagne est à la peine.
01:55 Une croissance française sortant du lot et tirée par le commerce extérieur, le tableau est suffisamment peu banal pour que l'on s'y attarde.
02:04 Et pendant que nous détournions notre regard, la France commencerait-elle à engranger les fruits de ses politiques de l'offre menées de façon constante depuis dix ans ?
02:16 Une première manière simple de se forger une opinion est de sortir l'énergie et l'agriculture du calcul de la balance commerciale
02:25 et de se centrer de la sorte sur les seuls biens manufacturiers hors pétrole raffine.
02:31 La dégradation de la balance n'est pas annulée compte tenu de la déformation de la structure de consommation évoquée précédemment, mais elle est très amortie.
02:41 Sur le noyau dur industriel, le solde commercial se rapproche maintenant, depuis juin, de ses niveaux d'avant Covid.
02:50 Et derrière les embardés spectaculaires, l'histoire semble doucement reprendre son cours.
02:56 Mais peut-on espérer mieux qu'un statu quo ? Un important juge de paix en la matière, ce sont les parts de marché à l'exportation.
03:03 La France parvient-elle enfin à grignoter des parts de marché à ses concurrents, ce qui lui permettrait d'améliorer durablement son solde au-delà des aléas des importations ?
03:16 Ce n'est pas ce que semble signaler l'indicateur certes partiel, mais aisément mesurable de la part des exportations françaises dans les exportations de l'UE.
03:25 La France n'a toujours pas récupéré ses positions déjà jugées problématiques d'avant Covid.
03:31 Et le petit mieux récent ne peut voiler le fait que 1) elle part de très bas et 2) qu'elle ne parvient pas à engranger sur les déboires de l'Allemagne.
03:42 Ce que confirme aussi l'indicateur plus complet de l'OCDE de performance à l'exportation, qui tient compte de la spécialisation géographique.
03:50 La France a bien décroché, encore d'un cran supplémentaire, depuis la crise sanitaire.
03:56 Ce champ des biens et services en volume confirme 1) que l'Allemagne décroche fortement, à en croire le dévissage de ses exports en pourcentage des exportations de l'UE.
04:08 2) que l'Espagne et l'Italie reprennent pied, bien mieux que la France.
04:13 Et 3) que l'Irlande, en cheval de 3 des plateformes numériques, détourne à son avantage un flux considérable d'exportations.
04:22 Bref, la France est maintenant moins seule dans ses problèmes à l'export.
04:26 Maigre consolation.
04:28 Mais elle ne va pas vraiment mieux ou depuis trop peu de temps pour que cela fasse tendance.
04:34 Ce n'est en tout cas pas elle qui transforme les récents déboires allemands en avantage, du moins pas encore.
04:41 [Musique]
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