- il y a 3 ans
Avec Patrice Magneron, responsable Place d'armes Ile de France, Nicolas Meilhan, Ingénieur sur les sujets du transport et de l'énergie, Conférencier et Charles de Meyer, Président de SOS chrétiens d'Orient auteur de “Pourquoi me persécutes-tu ? Chroniques d’un Orient martyr” éd. nouvelle librairie
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00:00:00 - Sud Radio Bercov, dans tous ses états, le fait du jour.
00:00:05 - Je suis avec Patrice Manuron, qui est un trésorier national de place d'armes,
00:00:10 et représentant du mouvement pour l'île de France.
00:00:14 Vous voyez, chose qui me frappe quand même, Patrice Manuron,
00:00:17 avant de parler de ce qui se passe aujourd'hui,
00:00:20 et des commentaires, des lettres que vous et votre mouvement a écrits,
00:00:24 c'est que quand on écoute la marseillaise,
00:00:27 comme quand on écoute le chant des partisans,
00:00:31 ce n'est pas des chants particulièrement pacifistes.
00:00:34 Ce ne sont pas des chants qui appellent à la concorde, aux petites fleurs,
00:00:39 aux bougies, et à tout cela.
00:00:44 Mais on a l'impression aujourd'hui qu'il ne faut pas en parler,
00:00:48 en tout cas il ne faut pas répliquer.
00:00:50 Et pourquoi je vous dis ça ? Parce que j'ai lu ce que vous avez dit,
00:00:54 vous avez parlé par rapport à ce qui s'est passé un peu partout,
00:00:57 ce week-end en France,
00:01:00 et l'impression que j'ai eue, je vous le dis d'emblée,
00:01:04 c'est que vous rappelez des choses que vous aviez déjà rappelées
00:01:07 dans la fameuse lettre au Généraux,
00:01:09 et on avait reçu notamment Jean-Pierre Favre-Bernadac à deux reprises.
00:01:13 Voilà, on voit la démission des uns, la lâcheté des autres,
00:01:17 le fait qu'effectivement il y a plusieurs France,
00:01:20 deux France, ou trois France,
00:01:22 je ne vais pas reprendre les termes de Fourquet et compagnie sur l'archipélisation,
00:01:26 le côte à côte et le face à face de Gérard Collomb, etc.
00:01:30 Et vous, vous faites le même constat,
00:01:33 mais l'impression que j'ai quand je vous ai lu là,
00:01:36 c'est bien, vous dénoncez, mais on a l'impression,
00:01:38 et vous représentez quand même en tout cas un certain nombre de militaires,
00:01:41 on ne va pas généraliser,
00:01:42 ça s'arrête là, et on a l'impression que concrètement,
00:01:46 on a ça, voilà, il y a des émeutes, on réagit, ce n'est pas possible,
00:01:50 ça ne peut pas continuer comme ça,
00:01:52 la France est en danger de mort,
00:01:54 et puis ça s'arrête là. Pourquoi ?
00:01:56 Pourquoi vous n'allez pas, quand vous vous demandez ça comme ça,
00:01:59 puisque vous êtes effectivement...
00:02:01 Pourquoi vous n'allez pas, quand je dis plus loin,
00:02:03 avec, je ne sais pas, des mesures concrètes,
00:02:05 des demandes de mesures concrètes ?
00:02:07 - Merci tout d'abord pour votre invitation.
00:02:09 - Mais je vous en prie.
00:02:10 - Tout simplement parce que, bon d'abord on est un jeune mouvement,
00:02:14 cette tribune avait pour objectif de dénoncer le délitement de la France,
00:02:19 et c'était un petit peu, je ne vais pas dire un rappel à l'ordre,
00:02:23 mais on s'adresse avant tout aux autorités pour leur dire
00:02:25 "Attention, si vous ne faites rien, ne soyez pas surpris
00:02:28 si demain l'armée soit obligée d'intervenir dans les rues".
00:02:32 De là, donc, a été créée Place d'Armes,
00:02:35 et comme tout mouvement, au début on se cherche un peu,
00:02:39 donc il a fallu bien évidemment créer des actions.
00:02:42 Aujourd'hui, on a quand même un petit éventail d'actions,
00:02:46 que je qualifierais d'éducatives,
00:02:49 puisqu'on organise des conférences débat mensuelles,
00:02:52 on en a eu une d'ailleurs hier soir avec l'ancien ministre de la Défense,
00:02:55 M. Charminion, qui est venu nous donner son point de vue
00:02:58 sur justement toutes ces questions d'actualité,
00:03:00 nous présenter son projet d'école de cadre,
00:03:03 qui débutera donc en janvier prochain.
00:03:06 Donc on a ce système de conférences débat,
00:03:09 on a aussi des actions plus de terrain de formation,
00:03:12 on a créé des modules de formation en topographie,
00:03:15 transmission, secourisme,
00:03:17 l'idée étant de créer une cohésion avec toutes les personnes qui nous rejoindraient,
00:03:21 donc ça peut paraître un petit peu bon enfant,
00:03:23 mais mine de rien on a besoin quand même de faire venir
00:03:26 toutes ces personnes et de les intéresser à un objectif commun,
00:03:29 parce que depuis la période Covid, vous l'aurez remarqué,
00:03:32 mais chacun tire un petit peu la couverture à soi,
00:03:35 il y a eu une explosion, on va dire, du tissu social,
00:03:40 du societal en France.
00:03:42 Et puis bon, dès qu'on a l'occasion de le faire...
00:03:46 - On est retrouvé collectif un peu à un certain bien commun.
00:03:49 - Exactement, et les gens sont très demandeurs,
00:03:51 c'est ça qui est intéressant.
00:03:53 À côté de ça, on essaie d'organiser aussi des petites actions de terrain,
00:03:56 ce qu'on pourrait vulgairement appeler de l'agite propre.
00:03:59 La dernière action qu'on a voulu mener,
00:04:02 c'était notre manifestation du 13 mai dernier,
00:04:05 et on ne peut pas dire qu'on nous ait laissé l'occasion de nous exprimer,
00:04:08 puisqu'elle a tout simplement été interdite,
00:04:10 pour d'ailleurs des motifs complètement fallacieux.
00:04:12 Bon, il y a une action en justice en cours,
00:04:15 mais ça montre quoi ?
00:04:17 Ça montre que c'est toujours un petit peu compliqué,
00:04:19 déjà un, d'attirer du monde,
00:04:21 quand bien même on a une organisation.
00:04:24 Alors, merci encore pour cette invitation,
00:04:26 parce que ça va nous permettre, j'espère en tout cas,
00:04:28 d'attirer davantage de monde.
00:04:30 - En tout cas, vous serez écouté.
00:04:32 - Voilà, seul, on ne peut pas agir.
00:04:34 Et bien évidemment, l'idée c'est d'aller plus loin,
00:04:39 justement dans ces actions de terrain.
00:04:41 - Alors justement, Patrice Manon,
00:04:43 je voudrais, aux citoyens que vous êtes,
00:04:45 aux citoyens français que vous êtes,
00:04:46 à l'homme que vous êtes,
00:04:47 mais effectivement, place d'armes,
00:04:49 ça veut bien dire qu'effectivement,
00:04:51 il y a un certain nombre d'ailleurs de généraux,
00:04:53 alors la fameuse lettre aux généraux,
00:04:55 et puis beaucoup d'autres avaient signé.
00:04:57 Quel est, à votre sens,
00:05:00 il y a eu deux faits qui se sont passés.
00:05:05 D'abord, je voudrais savoir comment vous réagissez,
00:05:07 vous savez, par rapport à ce qu'il y a eu à Lorient,
00:05:10 où un certain nombre de commandos de fusiliers marins,
00:05:13 on l'a dit, ont aidé,
00:05:15 et sont allés vers les émeutiers,
00:05:17 les ont, non pas mis en détour du noir,
00:05:20 mais les ont ramenés à la police,
00:05:22 et vous le savez, enfin vous avez vu,
00:05:23 ils ont été, non pas condamnés,
00:05:25 mais enfin on les a rappelés à l'ordre,
00:05:27 et le reste suit.
00:05:29 Donc, qu'est-ce qui se passe de ce point de vue-là ?
00:05:32 Je veux dire, par là, qu'il y a ça,
00:05:34 et puis vous avez vu aussi la loi de programmation militaire,
00:05:36 où, je ne sais pas si vous avez suivi ça.
00:05:38 - Oui, tout à fait, ce sont deux choses différentes.
00:05:40 Le premier fait, à Lorient,
00:05:43 qu'est-ce qui est choquant ?
00:05:45 Est-ce qu'il est choquant de voir,
00:05:48 tout simplement, des citoyens
00:05:50 s'interposer lorsqu'ils voient un délit ou un crime ?
00:05:54 - Oui.
00:05:55 - Ou est-ce que, tout simplement,
00:05:57 ce qui est choquant, ce qui choque peut-être une partie de l'opinion publique,
00:06:00 j'en sais rien,
00:06:01 est-ce que c'est le fait que ce soit des militaires ?
00:06:04 Bon, déjà, alors, ils étaient cagoulés,
00:06:06 donc, il y a une enquête en cours,
00:06:08 on verra comment les circonstances, etc.
00:06:11 Mais en admettant que ce soit le cas,
00:06:13 moi, je pense que, justement,
00:06:15 on touche du doigt un vrai problème aujourd'hui dans notre société,
00:06:18 c'est qu'on a trop laissé faire,
00:06:21 on a trop détourné les yeux.
00:06:23 Vous vous souvenez de la phrase de Jacques Chirac
00:06:25 par rapport à la situation du climat,
00:06:28 la maison brûle en nous regardant ailleurs,
00:06:30 c'est la même chose pour tout ce qui est délinquance,
00:06:32 pour tout ce qui est fait.
00:06:33 Bon, je peux comprendre qu'il y ait la peur,
00:06:37 effectivement, de s'interposer,
00:06:39 de prendre un mauvais coup, etc.
00:06:41 Mais, dans les actes de tous les jours,
00:06:43 ce que l'on constate, c'est avant tout l'égoïsme.
00:06:46 - Oui, mais alors, justement,
00:06:48 parce qu'on peut dire ça, mais vous savez,
00:06:50 même pas chez les militaires,
00:06:51 vous savez très bien qu'il y a eu récemment,
00:06:53 trois cambrioleurs sont entrés chez lui,
00:06:56 deux ont fui, il a arrêté l'autre pour attendre la police,
00:07:00 et il a été accusé de séquestrer le cambrioleur.
00:07:03 C'est-à-dire qu'il est poursuivi,
00:07:04 je ne sais pas s'il va être condamné,
00:07:06 et ce qu'il remet au contraire,
00:07:07 je rappelle ce que vous avez dit dans la première lettre,
00:07:10 enfin, la lettre des généraux, je dirais,
00:07:13 vous avez dit, vous l'avez répété là, au fond,
00:07:15 est-ce que beaucoup de gens n'attendent pas
00:07:18 que l'armée intervienne ?
00:07:19 - Si, bien sûr, à toutes les manifestations
00:07:22 où j'ai participé, dès lors qu'on sort le drapeau,
00:07:24 on a une grande mandrole avec notre drapeau,
00:07:27 et les gens sont enthousiastes,
00:07:29 ils se prennent en photo,
00:07:30 et ils attendent effectivement que l'armée bouge,
00:07:32 mais ça ne marche pas comme ça.
00:07:33 Vous doutez bien qu'une armée digne de ce nom
00:07:36 ne va pas créer un putsch,
00:07:39 on n'est pas dans l'illégalité.
00:07:42 Donc on ne peut pas demander ça à des militaires
00:07:45 qui justement sont très respectueux de l'ordre
00:07:47 et de la loi.
00:07:48 Ce que nous on peut faire en tant que plaza,
00:07:51 en tant qu'association qui privilégie ce lien armée-nation,
00:07:54 c'est déjà d'être à l'écoute de nos concitoyens
00:07:57 et de retranscrire ça auprès de nos militaires,
00:08:00 parce qu'on a des contacts avec ces gens d'actifs,
00:08:02 et de la même façon,
00:08:03 puisque on appelle ça la grande muette,
00:08:05 d'être un petit peu leur porte-parole.
00:08:07 Ça a été le cas notamment, par exemple,
00:08:09 lorsque les canons César ont été livrés en Ukraine,
00:08:13 bien évidemment ça fait grincer des dents dans les rangs.
00:08:15 On a été un petit peu le porte-parole de ça,
00:08:17 en expliquant à la population que,
00:08:19 évidemment, ça posait problème,
00:08:21 ils n'étaient pas satisfaits de cette situation.
00:08:23 Donc, on est un peu cette courroie de transmission.
00:08:26 - Surtout que ça a été décidé sans l'aval du Parlement,
00:08:28 il faut le rappeler.
00:08:29 - Oui, mais ça, on en reviendra dessus justement avec l'article 23,
00:08:33 mais on est très coutumiers du fait aujourd'hui.
00:08:35 Le gouvernement du président Macron,
00:08:37 enfin les gouvernements du président Macron,
00:08:39 depuis maintenant 2017,
00:08:41 ont décidé d'éliminer tous les corps intermédiaires.
00:08:43 Donc, je pense d'ailleurs qu'un des problèmes
00:08:46 qu'on a rencontrés ces derniers temps,
00:08:48 et que les maires notamment rencontrent,
00:08:50 c'est que justement, il n'y a plus cette courroie de transmission
00:08:53 entre les ordres de l'exécutif et le terrain.
00:08:55 Donc, ça, forcément, ça pose un vrai problème.
00:08:58 On reviendra certainement dessus,
00:09:00 mais je suis très amusé d'entendre
00:09:02 le ministre de la Justice, M. Dupond-Moretti,
00:09:04 nous parler d'un flyer pour remettre les parents
00:09:07 dans le droit chemin.
00:09:09 C'est complètement disproportionné
00:09:11 par rapport à la situation d'aujourd'hui.
00:09:13 - Le flyer, si vous voulez,
00:09:15 on ne fait plus les bougies et les fleurs,
00:09:17 on met les flyers.
00:09:19 - Peut-être bientôt, ils en seront aux incantations.
00:09:21 - C'est pas impossible.
00:09:23 Justement, parlons de cet article 23,
00:09:25 de la loi de programmation militaire,
00:09:27 qui a fait quand même réagir énormément,
00:09:29 un peu partout, je suppose aussi,
00:09:31 dans les gens que vous connaissez,
00:09:33 c'est cet article 23 qui dit
00:09:35 "Attention, attention, on peut"
00:09:37 je rappelle très exactement,
00:09:39 juste en quelques mots,
00:09:41 donc, ce nouveau,
00:09:43 l'article 221,
00:09:45 le nouveau code de la défense permettra,
00:09:49 s'il est définitivement adopté,
00:09:51 ce serait le 14 juillet, ou aux alentours,
00:09:53 au président de la République,
00:09:55 via un décret en conseil des ministres,
00:09:57 d'ordonner la réquisition de toute personne physique
00:09:59 ou morale, et de tous les biens et les services
00:10:01 nécessaires pour parer à cette menace,
00:10:03 ou d'habiliter l'autorité administrative
00:10:05 ou militaire à procéder à ces mesures.
00:10:07 Sinon, sanction d'un an d'emprisonnement
00:10:09 et 15 000 euros d'amende.
00:10:11 Qu'est-ce que vous en...
00:10:13 Comment réagissez-vous ?
00:10:15 - J'ai plusieurs réactions par rapport à ça.
00:10:17 La première, déjà, c'est que, bon,
00:10:19 là on parle d'un vote définitif.
00:10:21 - Absolument.
00:10:23 - Le premier remarque, ce serait aux alentours du 14 juillet,
00:10:25 donc on sent bien un petit peu la patte provocatrice
00:10:27 de notre président.
00:10:29 Il en est assez coutumier.
00:10:31 Ensuite,
00:10:33 cet article 23
00:10:35 parle donc de réquisitions
00:10:37 qui sont déjà, en fait,
00:10:39 légiférées,
00:10:41 qui sont déjà dans les textes.
00:10:43 C'est vrai que c'est un petit peu compliqué,
00:10:45 donc j'ai lu, j'ai exposé des motifs.
00:10:47 Là, on est sur un vote définitif, le texte date quand même d'il y a 6 mois.
00:10:49 Pourquoi on n'en parle que maintenant ?
00:10:51 Il n'a pas changé, cet article n'a pas changé.
00:10:53 Il n'a pas été amendé par le Sénat.
00:10:55 Donc ça aurait été bien d'avoir un vrai débat
00:10:57 il y a 6 mois.
00:10:59 On est encore au pied du mur.
00:11:01 Alors, à la faute à qui ?
00:11:03 Je ne sais pas, aux médias, aux spécialistes de la chose...
00:11:05 - Mais sur le fond, Patrice Evallorant.
00:11:07 - Oui, mais c'est quand même important
00:11:09 parce que c'est quand même pas normal
00:11:11 qu'à chaque fois qu'il y a un texte, on l'aperçoive presque
00:11:13 une fois qu'il est signé.
00:11:15 Ensuite, sur le fond,
00:11:17 il est très flou, cet article.
00:11:19 - Oui.
00:11:21 - On parle de...
00:11:23 - Je l'ai pris aussi un autre.
00:11:25 - On parle de menaces qui ne seraient pas immédiates, mais seulement prévisibles.
00:11:27 Ça veut dire quoi prévisible ?
00:11:29 Quelle est la teneur de la menace ?
00:11:31 Est-ce que demain, comme j'ai pu le dire dans un article,
00:11:33 ce ne serait pas excessif ?
00:11:35 Le changement climatique ?
00:11:37 Il y a un intérêt à la nation ?
00:11:39 La nation serait en danger ?
00:11:41 Est-ce qu'on en serait amené à, pourquoi pas, réquisitionner
00:11:43 des logements qui seraient énergivores ?
00:11:45 On ne comprend pas bien, en fait,
00:11:47 la façon dont c'est fait.
00:11:49 - C'est flou.
00:11:51 - Voilà, c'est flou.
00:11:53 Et c'est d'autant plus dangereux, du coup.
00:11:55 C'est qu'on se retrouve avec
00:11:57 une intervention par décret du président de la République
00:11:59 dans un cas de réquisition
00:12:01 et dans un autre cas de réquisition,
00:12:03 ce serait le Premier ministre.
00:12:05 Donc, ce n'est pas un texte
00:12:07 qui est satisfaisant.
00:12:09 Je renvoie à mon point numéro 2.
00:12:11 Je ne comprends pas que,
00:12:13 six mois après,
00:12:15 ce texte est rédigé de la même façon.
00:12:17 Même le Sénat, je ne comprends même pas
00:12:19 qu'ils aient pu accepter ce texte,
00:12:21 qu'ils n'aient pas demandé des précisions davantage.
00:12:23 Alors, par rapport à ce que j'ai pu lire
00:12:25 ici ou là, dans les réseaux sociaux,
00:12:27 il faut quand même s'entendre aussi
00:12:29 sur le danger
00:12:31 qui pourrait survenir.
00:12:33 - Il y a un curseur par rapport au danger.
00:12:35 - Il ne faut pas perdre de vue
00:12:37 que la nation est en danger, on la défend.
00:12:39 Donc, les réquisitions, c'est normal.
00:12:41 Les réquisitions, c'est normal,
00:12:43 mais le texte, il faut y avoir un dosage
00:12:45 et puis il faut être un peu plus précis.
00:12:47 Du coup, comme ce texte
00:12:49 n'est pas précis, les gens s'imaginent,
00:12:51 ils se font des films, ils disent "Ah, bah oui, mais on va peut-être intervenir
00:12:53 en Ukraine". Bon, aujourd'hui, on n'a pas de mandat
00:12:55 pour ça. Aujourd'hui,
00:12:57 on intervient dans le cadre... - La France, que je sache,
00:12:59 n'a pas déclaré la guerre à l'Ukraine.
00:13:01 - La France et l'Ukraine, enfin, la France
00:13:03 et la Russie, pardon, ne sont pas en guerre.
00:13:05 - Complètement. - Voilà.
00:13:07 Donc, effectivement, à quel niveau ça se passe ?
00:13:09 Et juste, je ne vais pas vous demander des nids, des noms
00:13:11 et encore moins des...
00:13:13 autour de vous, que ce soit
00:13:15 côté population ou côté militaire,
00:13:17 d'actives,
00:13:19 qu'est-ce que vous sentez ? La tendance est à quoi,
00:13:21 franchement ? - L'inquiétude,
00:13:23 des deux côtés. L'inquiétude
00:13:25 dans la population civile parce que
00:13:27 les émeutes
00:13:29 qui se sont déroulées il y a
00:13:31 une semaine, je pense à toutes les victimes
00:13:33 de ces émeutes, des gens qui ont retrouvé leurs véhicules
00:13:35 brûlés, leurs commerces saccagés,
00:13:37 la situation économique,
00:13:39 elle est déjà extrêmement tendue et du jour au lendemain
00:13:41 vous vous retrouvez nus.
00:13:43 Donc, ce n'est pas normal. Ce n'est pas normal
00:13:45 d'entendre, dès le premier jour,
00:13:47 notre Premier ministre juger.
00:13:49 - Le Président de la République aussi.
00:13:51 - Le Président de la République, oui,
00:13:53 puis entre deux concerts auprès d'Elton John,
00:13:55 s'enquière de ce
00:13:57 qui se passe dans son pays.
00:13:59 Ce n'est pas normal d'entendre
00:14:01 dernièrement notre ministre de l'Intérieur
00:14:03 M. Darmanin dire
00:14:05 "Oui, mais il y avait beaucoup de...
00:14:07 - De Matteo. - De Matteo
00:14:09 et Kevin. Bon, sous-entendu,
00:14:11 vous voyez bien, ce n'est pas des Mohamed et...
00:14:13 La question n'est pas là.
00:14:15 La question, on a affaire
00:14:17 à un choc civilisationnel
00:14:19 matiné d'une
00:14:21 délinquance juvénile,
00:14:23 mais qui est extrêmement manipulée,
00:14:25 ça on le sait, des études
00:14:27 ressortiront, ça existe déjà,
00:14:29 il y a les dealers, il y a les imams de l'autre côté,
00:14:31 donc on a un vrai, vrai souci
00:14:33 dans ces endroits-là. Et comme l'autorité,
00:14:35 qu'elle soit
00:14:37 judiciaire,
00:14:39 l'autorité de l'État, et donc aussi
00:14:41 après l'autorité parentale, comme cette autorité
00:14:43 ne s'exerce plus, ça devient
00:14:45 dangereux pour des gens qui ont
00:14:47 juste demandé à vivre dans ces endroits-là, c'est tout.
00:14:49 - Et dernière question, que pense
00:14:51 une partie, en tout cas, de l'active
00:14:53 que vous avez? - Elle est inquiète
00:14:55 parce que si on commence à lui retirer des moyens
00:14:57 pour intervenir, ça va être quand même très compliqué.
00:14:59 Alors c'est vrai que dans la loi de
00:15:01 programmation militaire, il y a un budget
00:15:03 qui a été voté,
00:15:05 de 400 milliards, et qui est censé rattraper
00:15:07 ce retard, mais
00:15:09 quand on regarde la façon
00:15:11 dont son budget a été constitué,
00:15:13 c'est un budget technique, c'est un budget
00:15:15 où on va investir dans des drones,
00:15:17 on va investir dans de la technologie.
00:15:19 Aujourd'hui, on voit bien que ce qui manque
00:15:21 dans ces endroits-là, c'est de la proximité.
00:15:23 La nature horreur du vide.
00:15:27 Quand il n'y a pas d'autorité,
00:15:29 les gens vont la chercher ailleurs.
00:15:31 Ils sont allés la chercher malheureusement
00:15:33 du mauvais côté, donc on a un vrai
00:15:35 sujet. Mais il ne faut
00:15:37 plus le mettre sous le tapis, il faut
00:15:39 l'affronter. - Justement, c'est ce que vous êtes
00:15:41 en train de faire, c'est ce que nous sommes en train de faire aussi.
00:15:43 Écoutez, on suivra ça avec vous, Patrice
00:15:45 Maniron, de Place d'Armes.
00:15:47 - Merci encore.
00:15:49 - C'est le moment de rencontrer Andri Berkov.
00:15:51 Berkov, dans tous
00:15:53 ses états, ça balance pas mal sur Sud Radio.
00:15:55 - Greta, Greta, Greta,
00:16:09 garde ton calme, parce que sinon,
00:16:11 même tu es jeune, mais enfin, ça ne peut pas passer
00:16:13 comme ça. "How dare you, how dare you."
00:16:15 Alors, Nicolas Meillon,
00:16:17 toujours content de vous recevoir. Nicolas Meillon, vous êtes
00:16:19 ingénieur, vous êtes spécialiste des
00:16:21 sujets du transport et de l'énergie.
00:16:23 Alors, on va parler de ça, dont
00:16:25 c'est sorti dans
00:16:27 les colonnes du Canada enchaînée,
00:16:29 il y a une semaine à peu près.
00:16:31 Alors, c'est intéressant,
00:16:33 parce qu'à partir de
00:16:35 2027, donc,
00:16:37 le fameux, la taxe,
00:16:39 la taxe effectivement, qui frappe
00:16:41 sur le quota d'émissions de CO2,
00:16:43 qui frappe depuis 2005
00:16:45 sur les grosses industries européennes,
00:16:47 les entreprises les plus consommatrices de
00:16:49 combustibles fossiles, caché ce
00:16:51 mal qui répand la terreur,
00:16:53 et bien là, ça va passer,
00:16:55 en principe, à partir de 2027,
00:16:57 au particulier, oui,
00:16:59 à vous, à moi, aux élites en Sud Radio,
00:17:01 à tout le monde, c'est-à-dire
00:17:03 que les carburants, essence, diesel,
00:17:05 les énergies de chauffage,
00:17:07 le fiou, les gaz, la voiture,
00:17:09 l'appartement, etc., et bien, seront
00:17:11 également soumis à un quota
00:17:13 de carbone. Nicolas Méhan, de quoi s'agit-il ?
00:17:15 On va encore être tondus,
00:17:17 et à quel niveau ? - Alors,
00:17:19 en fait, effectivement,
00:17:21 quand on lit ça, ça fait un petit peu peur,
00:17:23 mais il faut savoir que la France, nous avions un peu
00:17:25 d'avance sur les autres, sur ce sujet.
00:17:27 C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, quand vous allez
00:17:29 à la station essence, vous payez d'abord
00:17:31 des impôts, et puis après, vous prenez de l'essence, puisque
00:17:33 les taxes représentent plus de la moitié
00:17:35 de ce que vous achetez. - Plus de la moitié ?
00:17:37 - Plus de la moitié, c'est 1 litre,
00:17:39 1,90€, vous payez 1€ de taxes,
00:17:41 1,10 d'essence, et
00:17:43 même, on a inventé une taxe sur la taxe.
00:17:45 Donc, on a une TICPE,
00:17:47 on a une TVA sur la TICPE.
00:17:49 Donc, en fait, nous, ce qui a été annoncé
00:17:51 au niveau européen, donc c'est pour les 27 pays,
00:17:53 en fait, nous, on l'a déjà chez nous.
00:17:55 On le paye déjà chaque jour, parce qu'on
00:17:57 aime bien être les plus beaux et les plus
00:17:59 forts, et donc on a déjà cette taxe carbone
00:18:01 qui s'appelle "contribution carbone",
00:18:03 je crois, avec une équivalence
00:18:05 de 45€ la tonne,
00:18:07 qui est incorporée. - Pourtant, nous sommes
00:18:09 le maillot jaune en matière de CO2.
00:18:11 - Voilà, on est le maillot jaune,
00:18:13 et c'est peut-être aussi d'ailleurs pour ça qu'on a
00:18:15 les gilets jaunes, et
00:18:17 en fait, ce que veut faire l'Union Européenne,
00:18:19 c'est d'essayer de répandre cette tâche
00:18:21 des gilets jaunes dans les 27 pays européens,
00:18:23 au cas où elle n'aurait pas réussi
00:18:25 à imploser avant. Bon, moi,
00:18:27 je pense qu'elle met toutes les chances de son côté
00:18:29 pour y arriver.
00:18:31 Donc, moi, ce que
00:18:33 je voudrais dire là-dessus, c'est qu'au-delà
00:18:35 d'aller continuer à mettre des taxes,
00:18:37 il s'agit juste de voir
00:18:39 les pays européens dans la même situation.
00:18:41 Il y a quand même un sujet dont on ne parle pas
00:18:43 sur le CO2, et je vais rappeler quelques chiffres qui ne vont pas
00:18:45 plaire à Greta, c'est qu'en 2022,
00:18:47 nous n'avons jamais autant émis de CO2
00:18:49 de toute l'histoire de l'humanité. Nous n'avons
00:18:51 d'ailleurs jamais consommé autant de charbon
00:18:53 de toute l'histoire de l'humanité, que
00:18:55 depuis que nous avons fait 26 COP,
00:18:57 les émissions de CO2 n'ont jamais autant
00:18:59 augmenté, et pour la simple et bonne raison
00:19:01 qu'au même moment qu'on faisait une COP,
00:19:03 à côté se tenait à l'OMC une réunion
00:19:05 où nous avons fait venir la Chine.
00:19:07 Et donc,
00:19:09 ce dont on ne parle jamais en France,
00:19:11 c'est que plus de la moitié de notre empreinte
00:19:13 carbone, notre impact sur le climat,
00:19:15 ce sont nos importations.
00:19:17 Donc si l'Union Européenne,
00:19:19 et si nos dirigeants veulent être intelligents,
00:19:21 comme on sait bien que le futur,
00:19:23 notamment pour donner du boulot
00:19:25 aux gens qui sont dans les banlieues par exemple,
00:19:27 c'est de faire des circuits courts, c'est de
00:19:29 réindustrialiser, c'est de moins
00:19:31 importer et de plus produire, mettons
00:19:33 une taxe carbone sur nos importations.
00:19:35 Et là ça va être pertinent, parce que
00:19:37 qu'est-ce qu'on a fait depuis 20 ans ? On a déplacé
00:19:39 20% de la production des usines qui étaient dans
00:19:41 les pays de l'OCDE, on les a mis dans les pays
00:19:43 où on produisait au charbon, donc on a fermé une usine qui marchait
00:19:45 avec l'électricité nucléaire pour la mettre au charbon.
00:19:47 Donc à un moment donné, si on veut vraiment
00:19:49 faire baisser les émissions de CO2, et si
00:19:51 nos dirigeants sont sincères, ceux
00:19:53 dont je ne les soupçonne pas à date,
00:19:55 puisqu'elles n'ont que fait
00:19:57 qu'augmenter, on s'attaque au problème, ou en tout cas
00:19:59 au moins à plus de la moitié du problème.
00:20:01 On continue à en parler Nicolas Méliand, après les informations,
00:20:03 parce qu'on va voir comment on peut sortir
00:20:05 de cette espèce de, je dirais,
00:20:07 de danse assez folle quand même, qu'on mène
00:20:09 depuis 20 ans et plus.
00:20:11 A tout de suite.
00:20:13 Les carottes sont cuites.
00:20:15 Sud Radio Bercov, dans tous ses états.
00:20:17 Nicolas Méliand,
00:20:19 nous sommes toujours avec Nicolas Méliand, ingénieur sur
00:20:21 les sujets du transport et de l'énergie,
00:20:23 qui est conférencier, et on a parlé effectivement
00:20:25 de cette taxe carbone,
00:20:27 et Nicolas Méliand nous expliquait que, attendez,
00:20:29 la taxe, il n'y a pas de nouvelle taxe,
00:20:31 il n'y a pas de nouvelle taxe, je veux dire, on va augmenter
00:20:33 les taxes existantes, c'est ça qui est beau.
00:20:35 En fait, c'est un peu le supplice chinois,
00:20:37 sans parler du paracétamol,
00:20:39 on y va, et on continue
00:20:41 d'y aller, et puis...
00:20:43 J'ai bien aimé, à Bercy, un fonctionnaire de Bercy
00:20:45 qui disait au cas d'enchaîner,
00:20:47 il faut quand même penser au coup d'après, le prix du carbone
00:20:49 doit augmenter, mais pas trop vite,
00:20:51 pour ne pas mettre
00:20:53 en péril notre économie.
00:20:55 D'ailleurs, notre économie n'est pas du tout en péril.
00:20:57 - Je ne sais pas
00:20:59 où est notre économie, mais
00:21:01 non, le vrai problème, c'est
00:21:03 pour les Gilets jaunes,
00:21:05 ils ne sont pas allés dans la rue en 2018
00:21:07 parce qu'il y avait trop d'émissions de CO2,
00:21:09 ils sont allés dans la rue parce qu'ils ne pouvaient plus aller à leur
00:21:11 boulot. Donc, on est
00:21:13 le pays, je le rappelle, champion d'Europe
00:21:15 de la fiscalité sur les carburants,
00:21:17 on a le carburant le plus
00:21:19 cher d'Europe, ça a
00:21:21 d'ailleurs un impact sur l'inflation,
00:21:23 quand le prix augmente, etc.
00:21:25 Donc, je pense que ce qu'on peut
00:21:27 vraiment commencer à faire, et il faudrait que nos
00:21:29 dirigeants, qui ne manquent
00:21:31 jamais d'inventivité
00:21:33 pour ces nouvelles taxes, regardent plutôt
00:21:35 ce qui se passe sur nos importations, parce qu'aujourd'hui,
00:21:37 qu'est-ce qui s'est passé l'an dernier ? Nous avons
00:21:39 nous subventionnons nos
00:21:41 importations, nous subventionnons le carbone,
00:21:43 comme par exemple, sur les voitures
00:21:45 électriques, nous avons envoyé 500
00:21:47 millions d'euros à la Chine,
00:21:49 pour leur acheter des batteries
00:21:51 de voitures électriques. Quand vous
00:21:53 subventionnez à hauteur de 6 000 euros
00:21:55 200 000 voitures, dont 80%
00:21:57 des batteries sont fabriquées en Chine,
00:21:59 avec un coût des cellules qui fait la moitié,
00:22:01 je vous fais le calcul en deux,
00:22:03 ça fait 500 000 en euros. Donc, on
00:22:05 arrête de les subventionner, et on
00:22:07 va s'inspirer de notre inspirateur
00:22:09 de toujours, les Etats-Unis,
00:22:11 Joe Biden, qu'est-ce que fait Joe Biden ?
00:22:13 Il met des incitations, des aides
00:22:15 à l'achat pour le "Made in USA",
00:22:17 tout ce qui est complètement contraire
00:22:19 aux règles de l'OMC. Quelle était la réaction
00:22:21 de l'Europe face à ça ? "Oui,
00:22:23 alors normalement, il n'a pas le droit, mais..."
00:22:25 Hop, elle s'est couchée. - Et on laisse faire.
00:22:27 - Donc on fait pareil, en France, on
00:22:29 met des taxes et des incitations pour
00:22:31 le fabriquer en France,
00:22:33 on augmente notre production, on réduit
00:22:35 nos importations, on a un déficit quand même l'an dernier,
00:22:37 180 milliards
00:22:39 d'euros, c'est du jamais vu... - La balance
00:22:41 commerciale, vous voulez dire. - La balance commerciale,
00:22:43 on ne peut pas tenir à ces niveaux-là.
00:22:45 Donc, moi je trouve ça, on a déjà
00:22:47 beaucoup de fiscalité carbone en France,
00:22:49 on est les meilleurs d'Europe, très bien,
00:22:51 on commence à regarder la cause des problèmes,
00:22:53 et la cause des problèmes, c'est que nous vivons dans un monde
00:22:55 "Made in Charbon", parce que depuis
00:22:57 20 ans, nous achetons de la déflation,
00:22:59 nous importons de la déflation,
00:23:01 pour avoir l'impression
00:23:03 que notre pouvoir d'achat
00:23:05 se maintient. - Oui, ça se maintient. - En fait, c'est notre pouvoir
00:23:07 d'acheter, entre guillemets, de la merde,
00:23:09 qui se maintient, mais il faut revenir avec des produits de qualité,
00:23:11 fabriquer chez nous, et réduire
00:23:13 ces importations, avec là, une taxe carbone
00:23:15 s'y vole, sur les importations.
00:23:17 - C'est pour rêver, Nicolas Meyran, c'est un peu pieux, ça.
00:23:19 Il se dirige pas du tout vers ça.
00:23:21 - Vous savez, quand j'en parlais
00:23:23 il y a 10 ans, et je disais, il faut mettre
00:23:25 une taxe carbone aux frontières de la France,
00:23:27 en fonction du
00:23:29 mix électrique, les gens me regardaient
00:23:31 comme un ovni, bon bah depuis,
00:23:33 la Commission européenne, alors c'est de la
00:23:35 communication, va mettre en place cette
00:23:37 taxe carbone aux frontières de l'Europe, alors,
00:23:39 ça n'aura quasiment aucun impact, voire
00:23:41 au contraire, puisque ça va
00:23:43 accélérer les délocalisations,
00:23:45 mais ça prend du temps, il faut juste que ça prend
00:23:47 entre 5 et 10 ans, pour arriver
00:23:49 et monter au cerveau. - Et bah on va voir ça.
00:23:51 Merci Nicolas Meyran, merci pour vos
00:23:53 éclaircissements. Voilà, demain,
00:23:55 l'impôt sur les eaux.
00:23:57 Oui, oui, Guy Béat, le premier
00:23:59 qui dit la vérité, mais qui dit la vérité aujourd'hui ?
00:24:01 Qui dit la vérité ? Qui a la prétention
00:24:03 de dire la vérité ? Écoutez, il y a eu
00:24:05 deux témoignages, pratiquement
00:24:07 simultanés. Le premier
00:24:09 de Delphine Ernotte,
00:24:11 Delphine Ernotte, la présidente de France
00:24:13 Télévisions, devant la commission
00:24:15 des finances, le 5 juillet,
00:24:17 là, donc, hier.
00:24:19 Écoutez ce qu'a dit
00:24:21 Delphine Ernotte.
00:24:23 - Alors tout d'abord, je tiens à dire qu'on ne représente
00:24:25 pas la France telle qu'elle est, parce que si on représentait
00:24:27 la France telle qu'elle est, on aurait toujours
00:24:29 5% de femmes dans les...
00:24:31 dans les... dans les
00:24:33 expertes, pardon de dire ça
00:24:35 comme ça, mais on essaie de représenter la France
00:24:37 telle qu'on voudrait qu'elle soit. - Voilà.
00:24:39 Corneille, corneille, vous savez,
00:24:41 corneille racine, ben, les hommes
00:24:43 tels qu'ils sont et corneille tels qu'ils voudraient
00:24:45 être. Voilà, voilà. C'est Corneille
00:24:47 Ernotte qui vient de parler.
00:24:49 Et, écoutons maintenant Gérald Darmanin,
00:24:51 le ministre de l'Intérieur.
00:24:53 Hier encore, il était, lui, à la commission
00:24:55 des lois du Sénat. Écoutez.
00:24:57 - J'ai fait une quinzaine de commissariats en
00:24:59 4 jours. J'ai regardé, et faites-le dans vos
00:25:01 commissariats, dans vos brigades de gendarmerie, qui sont ces gens ?
00:25:03 Oui, il y a des gens qui, apparemment,
00:25:05 pourraient être issus d'immigration.
00:25:07 Mais il y a eu beaucoup de Kevin et de Matteo,
00:25:09 si je peux me permettre. - Ah !
00:25:11 Alors là, c'est intéressant. L'apparition
00:25:13 de Kevin et Matteo
00:25:15 dans les émeutes du week-end dernier.
00:25:17 Alors, les Kevin et la Marie-Josée Caca,
00:25:19 qui avaient des brigades de Kevin et
00:25:21 des commandos de Matteo, qui étaient en train
00:25:23 de piller Lidl, qui étaient en train
00:25:25 de dévaster Auchan, qui étaient
00:25:27 en train de brûler les voitures. Peut-être, peut-être,
00:25:29 peut-être. Mais alors, ce que je ne comprends pas
00:25:31 par rapport à la vérité, Delphine Ernotte,
00:25:33 madame Delphine Ernotte, brillante
00:25:35 effectivement, puisqu'elle est à la tête de France Télévisions,
00:25:37 elle ne peut être que brillante. Et elle dit
00:25:39 "Oui, oui, nous, on ne parle pas de la France
00:25:41 telle qu'elle est, on parle de la France telle qu'elle
00:25:43 doit être". Alors, c'est intéressant
00:25:45 qu'elle doit être. Et elle dit "Oui, oui, à 5%,
00:25:47 5% simplement d'expertes
00:25:49 femmes, sinon, alors, on ne va pas faire ça, on va amener".
00:25:51 Qu'est-ce que ça veut dire ? Attendez,
00:25:53 vous parlez de la réalité ou vous parlez de votre
00:25:55 perception de la réalité ? Et d'ailleurs,
00:25:57 la réalité est-elle celle que vous dites ?
00:25:59 Deuxièmement, Gérald Darmanin.
00:26:01 Vous dites "Non, non, moi, je suis dans les commissariats,
00:26:03 j'ai vu beaucoup de Kevin et de Matteo".
00:26:05 Pourquoi pas ? Mais alors, à ce moment-là, pourquoi
00:26:07 continuez-vous d'interdire les statistiques
00:26:09 ethniques comme elles existent
00:26:11 dans énormément de pays,
00:26:13 États-Unis et ailleurs ? Alors, c'est très bien
00:26:15 qu'on sache comme ça au moins. Tout le monde
00:26:17 est fixé. On saura un peu
00:26:19 qui est qui, etc. Non, non, non,
00:26:21 écoutez-moi, je suis
00:26:23 Gérald Darmanin, je suis
00:26:25 Delphine Arnot, je sais quelle est la vérité,
00:26:27 je sais que elle doit être
00:26:29 votre perception de la réalité. Qui doit être
00:26:31 la mienne ? Et sinon, eh ben,
00:26:33 ça ira pas. Pan, pan, cucu.
00:26:35 - Sud Radio
00:26:37 Bercoff, dans tous ses états,
00:26:39 le face-à-face.
00:26:41 - Le face-à-face d'André Bercoff
00:26:43 avec Charles De Meyer, président de SOS
00:26:45 Chrétien d'Orient, auteur de
00:26:47 "Pourquoi me persécutes-tu ?"
00:26:49 chronique d'un Orient martyr aux éditions
00:26:51 Nouvelles Libreilles. Bonjour Charles De Meyer.
00:26:53 - Bonjour Léon, bonjour André Bercoff. Alors,
00:26:55 Charles De Meyer, effectivement,
00:26:57 vous, dans l'Orient compliqué,
00:26:59 vous, on comprend
00:27:01 qu'on ne peut pas y aller avec des idées simples.
00:27:03 C'est assez compliqué.
00:27:05 C'est le cas de le dire.
00:27:07 D'abord, je me demandais, vous êtes co-fondateur
00:27:09 et président de SOS Chrétien
00:27:11 d'Orient.
00:27:13 Au fond, il faudrait me rappeler ça.
00:27:15 Vous fêtez vos 10 ans, c'est bien ça.
00:27:17 Qu'est-ce qui a fait
00:27:19 que vous êtes intéressé à
00:27:21 la situation des Chrétiens d'Orient qui, on le sait,
00:27:23 dont les difficultés,
00:27:25 en tout cas, ne datent pas d'hier, ni d'il y a 10 ans,
00:27:27 mais de plein plus longtemps.
00:27:29 Qu'est-ce qui vous a amené à cela ?
00:27:31 - Il faut se projeter en 2013, André Bercoff.
00:27:33 Vous savez, en 2013, la France est très tendue.
00:27:35 Le gouvernement de François Hollande
00:27:37 a participé à aviver des tensions qu'on retrouve
00:27:39 aujourd'hui dans notre pays.
00:27:41 Et le gouvernement a la bonne idée de se dire
00:27:43 qu'il est important de soutenir la rébellion
00:27:45 syrienne.
00:27:47 Dans cette rébellion, il y a le kaleidoscope
00:27:49 des islamismes et des intentions.
00:27:51 Certainement, il y a des gens qui voulaient la démocratie.
00:27:53 Il y a d'autres personnes qui ne la voulaient pas,
00:27:55 qui voulaient immédiatement une théocratie.
00:27:57 Et on entend que la France pourrait envoyer
00:27:59 le porte-avion Charles de Gaulle pour appuyer
00:28:01 cette rébellion. On entendra,
00:28:03 quelques mois plus tard, Laurent Fabius dire
00:28:05 l'équivalent d'Al-Qaïda en Syrie
00:28:07 fait du bon boulot.
00:28:09 - Al-Nosra. - Al-Nosra. Tout ça nous est insupportable.
00:28:11 Et ce qui nous est encore plus insupportable,
00:28:13 André Bercoff, c'est qu'on voit
00:28:15 des centaines de Français,
00:28:17 des centaines de Français qu'on a peut-être retrouvés dans les émeutes
00:28:19 récemment, qui partent
00:28:21 faire le djihad en Syrie avec cette rébellion.
00:28:23 Et pour nous, l'image de la France,
00:28:25 ça ne peut pas être ces Français qui rejoignent
00:28:27 et qui partent semer la terreur en Syrie.
00:28:29 Que fait-on ? Avec Benjamin Blanchard,
00:28:31 nous décidons d'amener 4 tonnes de jouets,
00:28:33 de cadeaux et de vêtements à Damas.
00:28:35 À l'époque, André Bercoff, c'est pas la mode d'aller à Damas.
00:28:37 On est très critiqués, on a des
00:28:39 appels, des pressions, amicales
00:28:41 ou plutôt inamicales,
00:28:43 qui nous disent "N'y allez pas !
00:28:45 Vous verrez un régime sanguinaire
00:28:47 ou vous mourrez." Mais ce que nous avons vu,
00:28:49 c'est des chrétiens qui étaient abandonnés,
00:28:51 isolés, méprisés,
00:28:53 parfois même par des évêques en France,
00:28:55 qui ne voulaient pas entendre leurs paroles,
00:28:57 qui ne voulaient pas entendre leurs témoignages.
00:28:59 Alors André Bercoff, je ne suis pas
00:29:01 expert en géopolitique, je ne peux pas vous dire
00:29:03 ce qui s'est passé en Syrie et ce qui se passera en Syrie,
00:29:05 mais ce que je sais, c'est que pendant 10 ans,
00:29:07 nous avons été fidèles à cet engagement
00:29:09 initial. Partout, les chrétiens souffrent,
00:29:11 quels que soient les coups à prendre,
00:29:13 et si cela plaît ou pas au
00:29:15 politiquement correct, SOS Chrétien d'Orient était là.
00:29:17 - Alors Charles de Maillard,
00:29:19 dans quel pays êtes-vous aujourd'hui ?
00:29:21 Dans quel pays vous exercez,
00:29:23 vous allez protéger, enfin à votre manière,
00:29:25 mais on va en parler évidemment en détail,
00:29:27 les chrétiens d'Orient, puisque c'est un peu les chroniques
00:29:29 dont vous parlez, les articles
00:29:31 et les chroniques que vous avez traitées.
00:29:33 Vous êtes, je crois, dans plusieurs
00:29:35 pays, enfin dans une dizaine de pays aujourd'hui.
00:29:37 - Oui, presque une dizaine. Nous sommes au Liban,
00:29:39 en Syrie, en Jordanie,
00:29:41 en Égypte, en Arménie,
00:29:43 en Éthiopie. Nous intervenons
00:29:45 de manière
00:29:47 moins directe, mais tout de même au
00:29:49 Pakistan, et nous sommes en train de développer
00:29:51 d'autres pays de présence.
00:29:53 Nous pouvons aussi mener des opérations
00:29:55 d'urgence, on l'a fait en Ukraine au moment
00:29:57 du déclenchement du conflit.
00:29:59 SOS Chrétien d'Orient est présent dans tous
00:30:01 ces pays, et ce qui importe, c'est que nous ne sommes
00:30:03 pas simplement présents dans la capitale.
00:30:05 - Dans les petits villages
00:30:07 un peu ailleurs, oui. - C'est ça, on n'est pas des universitaires
00:30:09 sous LSD au milieu du Hilton,
00:30:11 nous. - Alors, qu'avez-vous
00:30:13 contre le LSD ?
00:30:15 Charles de Maillard, on va
00:30:17 continuer à en parler après cette petite pause,
00:30:19 et justement, comment vous organisez,
00:30:21 c'est important, comment ça se passe sur place,
00:30:23 qu'est-ce que vous amenez,
00:30:25 et la situation, effectivement,
00:30:27 dans ces pays du Proche-Orient qui nous sont quand même
00:30:29 si proches, c'est le cas de le dire.
00:30:31 - Et vous avez la parole sur Sud Radio
00:30:33 0 826
00:30:35 300 300 pour interpeller Charles
00:30:37 de Maillard pour son livre "Pourquoi me
00:30:39 persécutes-tu ? Chronique d'un Orient
00:30:41 martyr". A tout de suite sur Sud Radio.
00:30:43 [Musique]
00:30:45 - Les Français parlent
00:30:47 au français.
00:30:49 Je n'aime pas la blanquette
00:30:51 de vos... Je n'aime pas
00:30:53 la blanquette de vos...
00:30:55 - Sud Radio Bercov dans tous ses états.
00:30:57 - Et en l'occurrence, ce sont les chrétiens d'Orient
00:30:59 qui parlent au français par l'interim indien
00:31:01 du fondateur du président de SOS
00:31:03 chrétien d'Orient, Charles de
00:31:05 Maillard. Effectivement,
00:31:07 vos chroniques couvrent
00:31:09 un très large...
00:31:11 un des très larges pans de l'histoire,
00:31:13 humaine, dans divers pays,
00:31:15 des histoires de rencontres, des cultures, de chocs
00:31:17 des cultures, des civilisations, des religions,
00:31:19 etc. Et à chaque fois,
00:31:21 en fait, vous parlez de cette
00:31:23 minorité
00:31:25 mais qui était, je le rappelle, au Proche-Orient,
00:31:27 une majorité. C'est pas par hasard
00:31:29 car certains Jésus-Christ, il n'est pas
00:31:31 né au Tirole.
00:31:33 Il n'est pas né en...
00:31:35 Il n'est pas né en Thaïlande non plus.
00:31:37 Il est né où ? Au cœur,
00:31:39 du cœur du Proche-Orient.
00:31:41 Donc, effectivement,
00:31:43 on se dit "bon, la chrétienté était
00:31:45 là, effectivement,
00:31:47 les juifs aussi étaient là,
00:31:49 les musulmans n'étaient pas
00:31:51 loin, plus tard..." Enfin,
00:31:53 cette espèce d'extraordinaire
00:31:55 je vais dire polysémie
00:31:57 de culture, de civilisation,
00:31:59 de religion, se sont retrouvés dans ces
00:32:01 conflits formidables, terribles, je dis
00:32:03 au sens terrible du terme,
00:32:05 et au fond, aujourd'hui,
00:32:07 donc, SOS
00:32:09 Chrétien d'Orient est dans les
00:32:11 villes et pays. Et comment ça se passe concrètement
00:32:13 pour vos volontaires ? - Un volontaire,
00:32:15 André Bercoff, ça épouse
00:32:17 le quotidien des gens qu'il vient aider.
00:32:19 Je crois que c'est ça le secret
00:32:21 d'SOS Chrétien d'Orient, c'est que
00:32:23 vous avez des jeunes gens de 20 ans, des retraités
00:32:25 qui viennent de quitter leur travail, des gens qui sont
00:32:27 parfois entre deux emplois,
00:32:29 beaucoup de jeunes, mais de tout âge,
00:32:31 qui viennent et qui vont épouser une situation.
00:32:33 Et c'est quelque chose d'épouser une situation,
00:32:35 vous le savez, vous avez été reporter. On ne dit pas
00:32:37 la même chose quand on est bien au chaud
00:32:39 dans une capitale, ou quand on subit
00:32:41 les manques, quand on subit
00:32:43 les privations. - Ils sont avec eux,
00:32:45 vos volontaires ? - Voilà, alors on a des maisons communautaires
00:32:47 dans lesquelles on vit, au milieu de ces villages,
00:32:49 et ils sont envoyés aux
00:32:51 confins du Liban, de l'Irak, de la Syrie.
00:32:53 Ils vont s'inscrire dans ce village
00:32:55 pour en découvrir le sel, le sucre,
00:32:57 la profondeur, la fécondité.
00:32:59 Vous savez, le réel est très fécond, André Bercoff,
00:33:01 d'histoire et de complexité.
00:33:03 Et je crois que c'est pour ça que SOS Chrétien d'Orient
00:33:05 réussit à avoir une action aussi
00:33:07 efficace et autant d'amour
00:33:09 auprès des populations qu'on aide. Parce que
00:33:11 nous sommes au milieu d'eux, nous partageons
00:33:13 le petit déjeuner, s'il y a une coupure d'électricité
00:33:15 ou s'il n'y a pas d'eau pour se laver,
00:33:17 nos volontaires ne se lavent pas non plus. Et donc ça fait
00:33:19 une sorte de fraternité,
00:33:21 presque un bivouac, que les volontaires partagent.
00:33:23 - Alors que le rôle de travail, parce qu'on peut parler de travail,
00:33:25 consiste en quoi ? Alors, aider
00:33:27 ces populations ? - Trois grands motifs d'aide.
00:33:29 D'abord, l'humanitaire classique. J'allais dire
00:33:31 l'humanitaire presque sac de riz,
00:33:33 pour porter les denrées de première
00:33:35 nécessité, quand il y en a
00:33:37 un besoin. Exemple très récent,
00:33:39 quand il y a eu le tremblement de terre en
00:33:41 Turquie et à Alep,
00:33:43 dans le nord de la Syrie,
00:33:45 nous sommes intervenus, par exemple, pour
00:33:47 donner des produits d'hygiène pour les personnes âgées
00:33:49 qui n'avaient plus du tout
00:33:51 les moyens de se laver, d'entretenir
00:33:53 ce semblant de dignité. Bon voilà, ça c'est une part
00:33:55 de l'humanitaire. Le deuxième,
00:33:57 c'est le développement économique. Parce que si on veut dire
00:33:59 aux Chrétiens d'Orient "Restez sur la terre de vos
00:34:01 pères, prospérez", il faut leur donner
00:34:03 un avenir économique. Un exemple au
00:34:05 Liban, où nous faisons une plantation
00:34:07 de thym qui fonctionne très bien,
00:34:09 aux confins de Sidon.
00:34:11 Tout ça nous permet de leur
00:34:13 donner un espoir. Et puis,
00:34:15 les projets symboliques. Il y a des projets extrêmement
00:34:17 forts qu'SOS Chrétien d'Orient
00:34:19 a accompli. Nous avons par exemple
00:34:21 réhabilité le complexe scolaire
00:34:23 au sein de Bagdad,
00:34:25 d'un archévêché.
00:34:27 Nous participons à la réfection de
00:34:29 la maison après la terrible explosion
00:34:31 du 4 août 2020 à Beyrouth. Tout ça, ça
00:34:33 demande des métiers particuliers.
00:34:35 Faire la comptabilité, le lien,
00:34:37 la maîtrise d'œuvres. Tout ça, nos volontaires vont y être
00:34:39 associés. Il y a une chose
00:34:41 qu'ils font aussi, et qu'on a oublié au
00:34:43 21ème siècle, c'est qu'ils prient.
00:34:45 Et en priant, ils agissent.
00:34:47 Et c'est très important pour nous également. - Vous voulez dire, ce sont
00:34:49 tous, ils sont chrétiens, ils sont croyants,
00:34:51 ils vivent leur foi. - Je ne suis
00:34:53 pas en train d'explorer leur fort interne, mais en tout cas,
00:34:55 l'association veut vivre sa foi
00:34:57 et veut la proposer aussi à ceux qui ont
00:34:59 des difficultés ou que ça n'intéresse pas, en leur montrant que
00:35:01 vivre en chrétien, c'est d'abord vivre en
00:35:03 frère, et en vivant en frère,
00:35:05 on arrive à faire de belles et nobles choses.
00:35:07 - Alors Charles de Meyer, quand vous dites
00:35:09 par exemple "réfection", etc.,
00:35:11 ça veut dire que vous amenez aussi des corps de métier,
00:35:13 vous faites travailler des corps de métier
00:35:15 sur place ? - Alors, on essaye de faire
00:35:17 travailler au maximum les corps de métier sur place
00:35:19 pour une raison évidente, c'est que c'est participer à la vie
00:35:21 économique locale, et donc, ça permet
00:35:23 d'aider. Toutefois, chaque
00:35:25 volontaire peut apporter tout ce qu'il est.
00:35:27 Vous êtes infirmière, bien évidemment, ça peut être
00:35:29 utile. Vous avez des facilités
00:35:31 pour l'éducation, l'instruction,
00:35:33 et bien évidemment, ça va nous aider pour les enfants.
00:35:35 Mais un volontaire, on lui promet surtout
00:35:37 une chose, c'est de se mettre au service.
00:35:39 Les volontaires sont là pour
00:35:41 se mettre au service des gens qu'ils vont
00:35:43 aider. Ils vont voir parfois
00:35:45 des personnes âgées, complètement
00:35:47 isolées, ce qu'on appelle les enfants
00:35:49 extraordinaires au Proche-Orient, c'est-à-dire les enfants
00:35:51 qui souffrent de troubles moteurs,
00:35:53 qu'ils soient physiques
00:35:55 ou psychologiques. - Et puis la guerre,
00:35:57 et tout ce qu'il y a eu, le cortège de massacres,
00:35:59 etc. - Bien sûr, bien sûr.
00:36:01 Je me souviens, quand on a accueilli
00:36:03 les réfugiés de la plaine de Ninive, les déplacés
00:36:05 de la plaine de Ninive, après que leur terre
00:36:07 a été prise par l'Organisation
00:36:09 Etat Islamique, on était là, en train de
00:36:11 pleurer avec les familles.
00:36:13 C'est un souvenir extraordinaire, André
00:36:15 Bercoff. Une semaine avant
00:36:17 que l'Organisation Etat Islamique
00:36:19 prenne la plaine de Ninive, je mangeais
00:36:21 des glaces avec une journaliste
00:36:23 qui est devenue célèbre aujourd'hui
00:36:25 à Caracoche, à Querelle-Menaës,
00:36:27 dans ces villages-là. Une semaine après,
00:36:29 les endroits où vous passiez des soirées
00:36:31 magnifiques sont pris par la barbarie
00:36:33 islamiste. Eh bien ça, ça vous montre à la fois
00:36:35 la fragilité de votre monde et le fait
00:36:37 que vous pouvez vous engager, rester fidèle aux gens
00:36:39 que vous avez croisés là-bas. - Et choisir
00:36:41 la vie, toujours, choisir
00:36:43 la vie, effectivement. Et dites-moi,
00:36:45 alors, tout ça quand même demande des moyens,
00:36:47 quand je parle de moyens, pas seulement des moyens humains,
00:36:49 mais bien sûr, je parle en moyenne des moyens financiers.
00:36:51 Alors, vous êtes transparent
00:36:53 ou pas ? Comment vous fonctionnez ? - C'est très
00:36:55 simple, vous pouvez donner un maximum
00:36:57 sur soschr.fr,
00:36:59 comment est-ce qu'on fait pour donner ?
00:37:01 Soit par courrier, soit
00:37:03 sur Internet, sur ce site,
00:37:05 et c'est tout à fait accessible.
00:37:07 Aujourd'hui, pour être transparent,
00:37:09 soschr a, en gros,
00:37:11 trois grands postes de dépense.
00:37:13 Premier grand poste de dépense, les projets,
00:37:15 le maximum de ce qu'on fait. Le deuxième grand poste,
00:37:17 c'est l'incarnation par l'envoi de volontaires.
00:37:19 Nous ne voulons pas être simplement des gens qui envoyons des
00:37:21 chèques de l'extérieur, nous voulons apporter
00:37:23 une présence humaine. - Vous envoyez des personnes,
00:37:25 des hommes, des femmes... - Des personnes.
00:37:27 Pierre Boutang avait une très belle expression, vous savez,
00:37:29 c'est le souci. Nous noterons que nous avons
00:37:31 un souci des personnes, et ça
00:37:33 me paraît très important. Et le troisième point,
00:37:35 c'est de rechercher des fonds.
00:37:37 Pourquoi André Bercoff ? Parce que vous savez,
00:37:39 moi j'avais 20 ans, quand j'ai
00:37:41 monté SOS Chrétien d'Orient. Aujourd'hui, j'ai
00:37:43 30 ans, moins de cheveux, mais un peu
00:37:45 plus d'expérience. On a envoyé plus de 3000
00:37:47 volontaires. On réunit 6 à
00:37:49 7 millions d'euros par an. Et tout
00:37:51 ça, formidablement, grâce
00:37:53 à la pure générosité des Français.
00:37:55 Il n'y a pas un centime de l'État
00:37:57 qui vient abonder toutes ces choses. - Beaucoup de subventions.
00:37:59 - Parfois, quelques subventions de mairies,
00:38:01 de municipalités, ou
00:38:03 d'élus qui sont très généreux, mais c'est
00:38:05 infinitésimale dans notre budget. - Par rapport aux dons
00:38:07 que vous recevez ? - Par rapport
00:38:09 aux dons que nous recevons, c'est même pas 1%
00:38:11 de notre budget. Ça montre que les Français sont
00:38:13 les militants de la cause des Chrétiens d'Orient, qu'ils ne veulent
00:38:15 pas les abandonner, et qu'ils sont
00:38:17 toujours fidèles à notre association.
00:38:19 Sur la transparence, il y a aussi une chose,
00:38:21 et pour les auditeurs de Sud Radio
00:38:23 qui connaissent pas l'association,
00:38:25 les fils Twitter, Facebook,
00:38:27 TikTok de SOS Chrétien d'Orient
00:38:29 sont pléthore d'images, d'informations,
00:38:31 d'histoires, et pas simplement pour
00:38:33 donner, aussi pour découvrir.
00:38:35 Et pour ceux qui sont intéressés par cette région-là,
00:38:37 c'est aussi une bonne porte d'entrée, je crois.
00:38:39 - Très bien, on va continuer, évidemment,
00:38:41 à parler de ça, à parler de ce qui se passe
00:38:43 là, justement, avec les Chrétiens d'Orient
00:38:45 au travers de votre prisme,
00:38:47 puisque, encore une fois, vous êtes là-bas,
00:38:49 vous êtes témoin, témoin et acteur,
00:38:51 bien sûr. On en parle tout de suite après
00:38:53 une petite pause. - Et vous souhaitez
00:38:55 interpeller Charles Demeyeur, président de SOS
00:38:57 Chrétien d'Orient ? Vous le pouvez, sur Sud Radio
00:38:59 0 826 300 300.
00:39:01 On attend vos appels 0 826 300 300.
00:39:03 A tout de suite sur Sud Radio.
00:39:05 - Sud Radio.
00:39:07 Les Français
00:39:09 parlent au français.
00:39:11 Les carottes sont cuites.
00:39:13 Les carottes sont cuites.
00:39:15 - Sud Radio
00:39:17 Bercov, dans tous ses états.
00:39:19 - Charles Demeyer,
00:39:21 pourquoi me persécutes-tu,
00:39:23 chronique d'un Orient martyre, aux éditions
00:39:25 de la Nouvelle Librairie ?
00:39:27 Charles Demeyer, que
00:39:29 répondriez-vous à ceux qui vous disent "oui, d'accord,
00:39:31 SOS Chrétien d'Orient, très bien, mais enfin,
00:39:33 franchement, un homme est un homme,
00:39:35 une femme est une femme, une victime est une victime",
00:39:37 quand vous êtes inséré ailleurs,
00:39:39 vous ne pouvez pas aider aussi
00:39:41 d'autres personnes ? Bon, d'accord,
00:39:43 vous vous appelez SOS Chrétien d'Orient,
00:39:45 mais est-ce qu'on ne peut pas, justement, vous reprocher
00:39:47 peut-être un certain communautarisme ?
00:39:49 Bien sûr,
00:39:51 explicable, mais qu'est-ce que vous vous dites
00:39:53 quand vous avez une victime
00:39:55 à côté ? Que répondez-vous ?
00:39:57 - D'abord, on est une association chrétienne,
00:39:59 donc quand on voit une victime, on ne lui
00:40:01 demande pas ses papiers d'identité. On l'aide,
00:40:03 on l'aime, on pleure avec
00:40:05 elle, et on travaille avec elle.
00:40:07 Deux choses là-dessus. La première,
00:40:09 c'est que c'est une question très française, et c'est très noble,
00:40:11 je crois, André Bercoff, de se poser la question, mais
00:40:13 au Proche-Orient, tout le monde est aidé en fonction
00:40:15 de sa communauté ou de ses pays parrains.
00:40:17 Quand vous êtes chiite, l'Iran vous aide,
00:40:19 quand vous êtes sunnite, la Turquie vous aide,
00:40:21 ou les Saoudiens vous aident, etc.
00:40:23 Ca ne pose de question
00:40:25 à personne. Et d'ailleurs, c'est sans doute
00:40:27 un des petits problèmes dans la manière dont
00:40:29 l'Occident aborde ces pays-là, où
00:40:31 l'identité religieuse et ethnique est complètement
00:40:33 assumée, fait partie du quotidien
00:40:35 et fait partie de la vie. Le deuxième
00:40:37 point, c'est la spécificité des
00:40:39 chrétiens d'Orient. J'ai un ami qui, au Liban,
00:40:41 disait toujours "des villages
00:40:43 mixtes, ça n'existe pas s'il n'y a
00:40:45 pas de chrétiens". Vous n'avez pas de villages mixtes
00:40:47 chiites, sunnites,
00:40:49 druzes, chiites, il faut
00:40:51 toujours qu'il y ait une communauté chrétienne
00:40:53 au milieu d'eux. Pourquoi ? - Pour faire
00:40:55 mosaïque. - Pour faire mosaïque, et surtout pour
00:40:57 permettre ce dialogue,
00:40:59 cet échange, ce savoir-faire que tout
00:41:01 le monde reconnaît aux communautés chrétiennes
00:41:03 au Proche-Orient, et vous pouvez voir, tous les
00:41:05 dirigeants de cette partie du monde,
00:41:07 ils reconnaissent tous cette spécificité aux chrétiens.
00:41:09 Quand on aide les chrétiens d'Orient,
00:41:11 on aide l'intégralité de la région.
00:41:13 Mais j'aimerais aller plus loin sur votre question.
00:41:15 Vous avez tout à fait raison de dire
00:41:17 que les chrétiens ne sont pas des êtres
00:41:19 vaporeux et nuageux.
00:41:21 Souvent, parfois, quand on a un peu bon cœur,
00:41:23 on dit "on va aider les chrétiens d'Orient,
00:41:25 et puis on les accueillera tous chez nous
00:41:27 et tout se passera bien". Mais c'est pas ça qu'il faut faire.
00:41:29 Ce qu'il faut, c'est proposer
00:41:31 des solutions claires au Proche-Orient
00:41:33 pour la stabilisation de la région,
00:41:35 pour la paix et la lisibilité
00:41:37 du futur dans la région.
00:41:39 Et ça, ce sera bon pour les chrétiens et pour les musulmans.
00:41:41 - Maintenant, rappelons quand même
00:41:43 que l'hémorragie
00:41:45 de population des chrétiens d'Orient, depuis
00:41:47 un siècle déjà, est énorme. Vous avez
00:41:49 des chiffres là-dessus ?
00:41:51 Enfin, pas le chiffre exact, mais...
00:41:53 - Quelques exemples. On dit qu'un quart
00:41:55 de l'Empire ottoman,
00:41:57 c'est dans le génocide chrétien.
00:41:59 Aujourd'hui, c'est infinitésimale
00:42:01 en Turquie, et ça a évidemment
00:42:03 fait des ravages dans le reste de la région.
00:42:05 On dit qu'avant l'invasion américaine
00:42:07 de l'Irak en 2003, il y avait plus d'un million
00:42:09 de chrétiens. Aujourd'hui, certaines
00:42:11 estimations parlent de 150 à 250 000
00:42:13 personnes. Et
00:42:15 250 000, ça me paraît
00:42:17 généreux. Il y a eu
00:42:19 des mouvements, des migrations terribles
00:42:21 en Syrie, au moment de la guerre,
00:42:23 et qui continuent à cause de l'obstination
00:42:25 de la communauté internationale, à y maintenir
00:42:27 des sanctions assassines et criminelles.
00:42:29 Et puis, il y a la situation au Liban,
00:42:31 où beaucoup de la classe moyenne chrétienne
00:42:33 s'en va à bas bruit du fait de la
00:42:35 crise économique. Tout ça, ça nous montre
00:42:37 quoi ? Ça nous montre que la
00:42:39 terre qui a fait que nous sommes la France et l'Europe
00:42:41 peut disparaître. Parce que,
00:42:43 qu'on soit croyant ou pas, qu'on soit
00:42:45 sécularisé ou pas, l'identité
00:42:47 chrétienne de notre pays, elle est fondatrice
00:42:49 de ce que nous sommes. Or,
00:42:51 comme on le dit régulièrement,
00:42:53 Jésus-Christ n'a pas poussé
00:42:55 dans les prés de Normandie.
00:42:57 Il a prêché dans une terre
00:42:59 particulière, dans un endroit particulier,
00:43:01 dans ce Proche-Orient. Si
00:43:03 les chrétiens disparaissent de l'endroit
00:43:05 où le Christ a prêché pour la première fois,
00:43:07 prophétiquement, qu'est-ce que
00:43:09 cela veut dire pour nous ? Qu'est-ce que cela veut dire
00:43:11 pour l'avenir de notre civilisation ? Pour le respect
00:43:13 qu'elle a ou pas pour ses racines ?
00:43:15 Ce sont des questions qui doivent nous tarauder, je crois.
00:43:17 La question identitaire,
00:43:19 elle taraude notre population, notre société,
00:43:21 et donc le sort des chrétiens d'Orient,
00:43:23 il est lié. - Et pas seulement la société, énormément
00:43:25 de sociétés sont taraudées
00:43:27 par cette question identitaire.
00:43:29 Mais vous, ce que vous dites,
00:43:31 parce que vous travaillez aussi, vous et beaucoup d'autres,
00:43:33 ce que vous dites, c'est que ces diversités
00:43:35 de populations demeurent.
00:43:37 Parce que même au Liban, vous voyez bien,
00:43:39 la population chrétienne a beaucoup diminué,
00:43:41 pour ne parler que d'elle. Alors que le Liban
00:43:43 est le seul pays du Moyen-Orient où
00:43:45 le président de la République doit être
00:43:47 chrétien marron. - En espérant qu'ils arrivent à s'accorder
00:43:49 pour le trouver. - Ça, vous savez,
00:43:51 comme on dit toujours, on dit ça des juifs,
00:43:53 on dit ça des Libanais, on dit ça de tout ça.
00:43:55 Il dit un Libanais, ça va encore
00:43:57 deux Libanais, c'est une discussion
00:43:59 et trois Libanais, c'est un meeting.
00:44:01 Donc, bon, vous t'admets.
00:44:03 Pour revenir à cela,
00:44:05 comment ça se passe,
00:44:07 Charles Meier,
00:44:09 est-ce que vous avez beaucoup de difficultés ?
00:44:11 Est-ce que, d'un certain, parce que j'imagine
00:44:13 qu'en dix ans, vous avez rencontré quand même
00:44:15 à la fois, effectivement,
00:44:17 des gens qui vous accueillent très bien,
00:44:19 j'imagine, et pour cause, mais des gens
00:44:21 aussi, peut-être, qui font pression sur vous
00:44:23 et que vous gênez ? - Ah ben, bien sûr.
00:44:25 Les gens qu'on gêne, d'abord, c'est ceux qui veulent
00:44:27 taire la situation des chrétiens d'Orient
00:44:29 en France et en Occident. Alors, je sais que
00:44:31 chez Sud Radio, on se penche beaucoup
00:44:33 sur cette question, mais il y a d'autres antennes
00:44:35 où, une fois qu'on est passé du verre
00:44:37 de l'amitié, qu'on donne quelques breloques
00:44:39 et qu'on fait des dons,
00:44:41 qu'on saupoudre, c'est plus du tout un sujet.
00:44:43 Non, nous, ce qu'on dit, c'est que
00:44:45 quand on fait une erreur sur le traitement
00:44:47 géopolitique du Proche-Orient, ça se répercute
00:44:49 directement sur les communautés chrétiennes
00:44:51 et que celles-ci ne doivent pas
00:44:53 être les parents pauvres de notre réflexion géopolitique.
00:44:55 Et autant vous dire, André Bercoff,
00:44:57 qu'on a fait quelques erreurs dans les années
00:44:59 récentes au Proche-Orient.
00:45:01 C'est un premier point. Le deuxième point,
00:45:03 c'est qu'il y a d'autres personnes qu'on gêne.
00:45:05 C'est ceux qui ne veulent plus que notre pays
00:45:07 tente rien. Ceux qui veulent que
00:45:09 notre pays abandonne tout ce qu'il a reçu.
00:45:11 Ceux qui ne comprennent pas pourquoi 3 000 Français
00:45:13 et des jeunes vont faire des choses
00:45:15 nobles et belles, donner un an de leur vie
00:45:17 au milieu de l'Irak, sous 50 degrés
00:45:19 en Syrie, etc.
00:45:21 Eux, on les perturbe. Et puis,
00:45:23 il y a d'autres ennemis.
00:45:25 Il y a Mediapart.
00:45:27 Il y a M. Plenel.
00:45:29 Il y a cette... Comment dire ?
00:45:31 M. Plenel, vous savez, c'était
00:45:33 celui qui était
00:45:35 plein de commissération pour les terroristes
00:45:37 palestiniens et qui, quelques
00:45:39 années plus tard, est toujours plein de commissération
00:45:41 pour les mouvements musulmans,
00:45:43 pardon, les mouvements islamistes
00:45:45 en France. Eh bien,
00:45:47 ce M. Plenel, finalement, qu'il soit
00:45:49 contre nous, ça nous va très bien. Ça nous montre
00:45:51 que nous sommes du bon côté de l'histoire, André Bercoff.
00:45:53 - Vous voulez dire que, donc, vous avez
00:45:55 un certain nombre d'opposants en France
00:45:57 qui estiment que, oui, que vous êtes
00:45:59 un mouvement réactionnaire, etc.
00:46:01 etc. etc. Bon, écoutez,
00:46:03 chacun a ses opinions,
00:46:05 ses délections et ses défis.
00:46:07 - Vous savez, un grand polémiste
00:46:09 disait "Vivre, c'est réagir".
00:46:11 Je crois que c'est important de réagir face à ce
00:46:13 qui se passe pour les chrétiens d'Orient. - C'est vrai, réagir
00:46:15 vient, effectivement, donc la réaction,
00:46:17 d'ailleurs, je le dis toujours quand on dit
00:46:19 "Qu'est-ce que c'est que réac ?" J'ai dit
00:46:21 c'est un peu vulgaire, mais
00:46:23 réac, c'est R-E-A-C,
00:46:25 réaction euphorique aux cons.
00:46:27 Ne pas l'oublier, parce que
00:46:29 moi, je ne me sens pas du tout réac.
00:46:31 Le problème n'est pas là. Le problème, c'est
00:46:33 qu'effectivement, faire quelque chose,
00:46:35 tenter quelque chose, déjà, et le faire.
00:46:37 Et aujourd'hui, par rapport à il y a 10 ans,
00:46:39 et vous en parlez, je reviens au livre
00:46:41 parce que je recommande ce livre.
00:46:43 Ce livre, vraiment, pour qui ça n'a rien
00:46:45 à voir avec ce que vous pouvez
00:46:47 penser et vos opinions
00:46:49 sur ce que fait un soixante chrétien
00:46:51 d'Orient, ce qui se passe au Proche-Orient,
00:46:53 en tout cas, pour ce qui se passe au Proche-Orient,
00:46:55 il y a une expérience humaine,
00:46:57 il y a un témoignage, il y a des analyses
00:46:59 qui méritent vraiment le détour
00:47:01 du livre de Charles Meyer.
00:47:03 Mais quand vous dites "Pourquoi
00:47:05 me persécutes-tu ?" vous posez la question.
00:47:07 En fait, vous le savez, pourquoi ou pas ?
00:47:09 - Alors, évidemment, c'est une citation
00:47:11 de la conversion
00:47:13 de Saint-Paul,
00:47:15 avec Dieu qui lui dit
00:47:17 "Pourquoi me persécutes-tu ?"
00:47:19 Et alors, ce qui est terrible,
00:47:21 c'est qu'on le sait et qu'on ne le sait pas.
00:47:23 On le sait, puisqu'il y a la
00:47:25 montée en puissance de l'islamisme.
00:47:27 On le sait parce qu'il y a la volonté
00:47:29 de certaines puissances géopolitiques de dire que les
00:47:31 chrétiens sont les hommes en trop, comme disait
00:47:33 Colosimo dans un très
00:47:35 bel ouvrage.
00:47:37 Il y a évidemment tous ceux qui voudraient
00:47:39 que la complexité chrétienne
00:47:41 disparaisse finalement de ses zones,
00:47:43 parfois même pour en exploiter
00:47:45 les sols. Mais en même temps,
00:47:47 "Pourquoi me persécutes-tu ?"
00:47:49 c'est un questionnement fondamental
00:47:51 que les hommes se posent
00:47:53 quand on regarde la foi chrétienne,
00:47:55 le message du Christ, qu'on soit croyant ou non.
00:47:57 La vie
00:47:59 du Christ, c'est une injustice
00:48:01 totale face à quelqu'un qui était venu
00:48:03 pour aimer les hommes et les servir.
00:48:05 Et les chrétiens d'Orient, c'est
00:48:07 exactement la même situation. C'est une passion,
00:48:09 une paque
00:48:11 permanente aujourd'hui. Ils ne sont pas
00:48:13 agressifs du tout aux proches
00:48:15 oriens. Ils ne cherchent pas à gagner la terre de leurs
00:48:17 voisins. Ils ne cherchent pas, comme
00:48:19 l'Azerbaïdjan, à envahir
00:48:21 le pays voisin. Ils ne cherchent pas à les réduire
00:48:23 en esclavage. Et pourtant, ils sont persécutés.
00:48:25 - Mais c'est vrai, mais on pourrait vous répondre,
00:48:27 alors évidemment, c'est la grande discussion.
00:48:29 Vous me l'avez
00:48:31 belle, mais enfin, les chrétiens,
00:48:33 les croisades, c'était quoi
00:48:35 les croisades ? C'était une grosse bataille
00:48:37 de conquêtes qui a mené des siècles.
00:48:39 On va libérer Jérusalem, on va refaire...
00:48:41 C'était à l'époque, évidemment, vous allez me dire
00:48:43 on change de siècle, mais c'était
00:48:45 au nom du Christ, au nom de la foi,
00:48:47 il fallait conquérir et convertir
00:48:49 à la bonne religion
00:48:51 toutes ces populations. Donc c'est pas
00:48:53 nouveau, ça.
00:48:55 - Les croisades sont en tout complexe, d'abord.
00:48:57 Rappelons-nous qu'il y a eu tous les excès
00:48:59 qu'on connaît, mais il y a aussi eu
00:49:01 une formidable épopée humaine avec
00:49:03 des centaines de milliers de personnes
00:49:05 qui allaient aider les pèlerins qui essayaient d'aller
00:49:07 à Jérusalem et qui n'en avaient pas accès.
00:49:09 Ça ne veut pas dire qu'il ne s'est pas passé
00:49:11 des drames et que les
00:49:13 latins se soient toujours bien comportés
00:49:15 même avec les chrétiens orientaux, d'ailleurs
00:49:17 à l'époque. La deuxième chose que je tiens
00:49:19 à vous dire, c'est que moi je suis
00:49:21 héritier de toute cette histoire-là.
00:49:23 Dans ce qu'elle a de glorieux et dans ce
00:49:25 qu'elle a de moins glorieux. - Comme toutes les histoires.
00:49:27 - Ce dont je me souviens,
00:49:29 c'est que de Saint Louis à Napoléon III,
00:49:31 de la Troisième République jusqu'à nos
00:49:33 rois, tout le monde a assumé
00:49:35 en France la vocation française
00:49:37 au service des chrétiens d'Orient.
00:49:39 Aujourd'hui, le fait que nous ne l'assumions plus
00:49:41 doit nous poser une question sur ce qui
00:49:43 se passe dans notre pays et dans ce
00:49:45 qu'il a de plus essentiel.
00:49:47 - Alors justement, on va voir pourquoi nous ne l'assumons
00:49:49 plus, c'est intéressant, mais auparavant
00:49:51 nous aurions peut-être, Lucien,
00:49:53 des auditeurs qui nous appellent au 0826
00:49:56 300 300 et un accueil,
00:49:58 Nour de Créteil qui a un témoignage à nous faire.
00:50:00 - Oui, bonjour Nour. - Mon meilleur
00:50:02 Bercoff, bonjour. - Bonjour.
00:50:04 - Bonjour M. Charles Meyer. - Bonjour Nour.
00:50:06 - J'adore écouter
00:50:08 l'émission de M. Bercoff. D'ailleurs,
00:50:10 M. de Radio, je l'ai connu grâce à M. Bercoff.
00:50:12 - Merci. - M. Charles Meyer,
00:50:14 moi je suis d'origine tunisienne,
00:50:16 je crois que M. Bercoff, vous croyez,
00:50:18 il ne me rappelle pas de moi, mais c'est normal.
00:50:20 Moi, j'ai vécu en Tunisie,
00:50:22 il y avait l'église,
00:50:24 il y avait les juifs,
00:50:26 il y avait tout le monde, on cohabitait très très bien.
00:50:28 Je suis né en 60, pour vous dire.
00:50:30 Moi, j'ai remarqué qu'il y a un problème
00:50:32 qui remonte à certaines guerres.
00:50:34 Ce n'est pas pour accuser quiconque, mais
00:50:36 M. Charles Meyer, malgré son jeune âge,
00:50:38 je crois qu'il a beaucoup plus de recul que vous
00:50:40 et moi.
00:50:42 Moi, je n'ai jamais eu de problème avec les chrétiens.
00:50:44 J'ai des collègues chrétiens.
00:50:46 Vous parlez du christianisme qui disparaît
00:50:48 de là-bas et disparaît à travers d'ici.
00:50:50 Je suis taxi, M. Charles Meyer.
00:50:52 Je vous jure sur mon honneur.
00:50:54 Je peux vous donner mon téléphone personnel et je peux vous appeler en personne.
00:50:56 Vous allez voir les chapelles,
00:50:58 les églises dans les 77,
00:51:00 partout en France, il n'y a plus personne.
00:51:02 Vous savez,
00:51:04 c'est un pays laïc,
00:51:06 le christianisme en l'est du côté.
00:51:08 Moi, je ne crois pas
00:51:10 qu'un musulman ou un mec modéré
00:51:12 va reçu christianisme.
00:51:14 Ce n'est pas vrai.
00:51:16 Jésus et...
00:51:18 Il y a une sourate qui parle carrément
00:51:20 de Jésus, de Myriam.
00:51:22 On n'a pas le droit de persécuter une picanque.
00:51:24 Tout ça, c'est venu avec
00:51:26 l'islam,
00:51:28 l'islam, qu'on appelle ça,
00:51:30 radical. - Radical, oui, le frérisme.
00:51:32 - Mohamed Ben Slimane,
00:51:34 que je n'apprécie pas spécialement,
00:51:36 il a tout fait pour radiquer tout ça.
00:51:38 Il a tout fait pour radiquer ça.
00:51:40 Moi, à mon avis, le problème,
00:51:42 c'est vrai que c'est
00:51:44 l'islam politique,
00:51:46 c'est un fait que je n'ai jamais connu, que je ne reconnais
00:51:48 plus jamais, même si on me coupe la tête.
00:51:50 Un chrétien,
00:51:52 pour moi, c'est un frère,
00:51:54 c'est un ami.
00:51:56 - OK, merci, Nour. Je voudrais que
00:51:58 Charles Meyer... - Allez, Charles,
00:52:00 je vous écoute, M. Charles. - Merci.
00:52:02 D'abord, Nour, merci beaucoup.
00:52:04 Ce que vous dites est aussi terrible
00:52:06 dans votre pays. On voit bien que la Tunisie
00:52:08 a aujourd'hui besoin de se relever
00:52:10 d'expériences qui ont été tentées tout récemment
00:52:12 et qui font le malheur
00:52:14 du peuple. Et on voit qu'aujourd'hui,
00:52:16 les gens essayent de reconstruire un avenir.
00:52:18 Moi, je crois tout à fait à ce que vous
00:52:20 dites, parce que c'est le témoignage que me font
00:52:22 les chrétiens d'Orient. Je n'ai pas de position
00:52:24 particulière, personnelle, sur la coexistence
00:52:26 religieuse. Je n'ai pas à en avoir. Je vis en France
00:52:28 qui est un pays chrétien depuis
00:52:30 2000 ans. Alors, malheureusement, les églises sont
00:52:32 désertées, mais finalement, on n'a pas cette
00:52:34 expérience des siècles. Au Proche-Orient,
00:52:36 les chrétiens, les musulmans et d'autres
00:52:38 minorités d'ailleurs, ont
00:52:40 cette expérience. Et le fait est qu'ils ont
00:52:42 réussi à développer tout ça.
00:52:44 Ce qu'on peut souhaiter, c'est que tous
00:52:46 les gens, qui notamment à l'occasion
00:52:48 des printemps arabes, ont essayé
00:52:50 de durcir les discours religieux, de
00:52:52 durcir les discours d'exclusion.
00:52:54 Et ceux qui leur ont été
00:52:56 un relais en France et en Europe,
00:52:58 fassent amendement d'honorable
00:53:00 et disent qu'en contemplant
00:53:02 et en étudiant ce qui avait été le cas pendant
00:53:04 des années, nous pourrions peut-être retrouver
00:53:06 ce vivre ensemble que Nour
00:53:08 appelle de ses voeux. - Merci, Nour. Je
00:53:10 dirais effectivement, je ne me rappelle
00:53:12 plus d'écrivain qui disait ça, qui disait
00:53:14 "Il y a pire que les semeurs de haine, c'est les
00:53:16 trafiquants d'excuses, ou les fabricants
00:53:18 d'excuses." Lucien ?
00:53:20 - On se retrouve tout de suite, restez bien
00:53:22 avec nous et vous continuez de nous appeler au 0826
00:53:24 300 300, vous avez la parole
00:53:26 pour interpeller Charles Demeyer, président
00:53:28 de SOS Chrétien d'Orient, auteur de
00:53:30 "Pourquoi me persécutes-tu ? Chronique d'un Orient
00:53:32 martyr". A tout de suite sur Sud Radio.
00:53:34 Ici
00:53:36 Sud Radio.
00:53:38 Les Français
00:53:40 parlent au français.
00:53:42 Je n'aime pas
00:53:44 la blanquette de vos...
00:53:46 Je n'aime pas la blanquette de vos...
00:53:48 Sud Radio Bercov,
00:53:50 dans tous ses états. - Vous êtes bien
00:53:52 sur Sud Radio et vous avez la parole au 0826
00:53:55 300 300 pour interpeller
00:53:57 Charles Demeyer, président de SOS Chrétien d'Orient.
00:53:59 Et on accueille Eric de Nîmes.
00:54:01 Bonjour Eric. - Bonjour Eric.
00:54:03 - Oui, bonjour à tous.
00:54:05 - On vous écoute Eric. - Alors,
00:54:07 bon, pour
00:54:09 commencer, je veux dire que je ne suis pas croyant.
00:54:11 Et moi, si vous voulez,
00:54:13 je passe la philosophie au-dessus
00:54:15 des croyances. - D'accord.
00:54:17 - Alors, la question philosophique que je pose, c'est
00:54:19 à mon avis, c'est ça qui explique
00:54:21 toutes les guerres, tous les conflits dans le monde.
00:54:23 C'est pourquoi on impose une religion
00:54:25 dès la naissance.
00:54:27 Quelle place pour la conviction religieuse
00:54:29 quand on vous colle une étiquette à la naissance ?
00:54:31 Je vais prendre l'exemple des
00:54:33 musulmans, en Arabie Saoudite.
00:54:35 S'ils renoncent à leur religion,
00:54:37 ou s'ils rejettent leur religion,
00:54:39 apostasie, ils sont tués.
00:54:41 Je ne sais pas si c'est encore le cas.
00:54:43 - Ils ne sont pas acides de la peine de mort. - Ça me pose un problème.
00:54:45 Alors, je pense que ce qu'il faudrait faire,
00:54:47 c'est, toute
00:54:49 naissance sur Terre,
00:54:51 c'est libre-penseur. Voilà.
00:54:53 Les gens naissent libre-penseurs. Ils sont
00:54:55 tous égaux, d'accord.
00:54:57 Et une fois atteint la majorité, on choisit
00:54:59 sa religion. On ne laisse pas une religion
00:55:01 imposée par ses parents. Voilà.
00:55:03 Moi, je pense qu'il y a des gens
00:55:05 qui vivent leur religion comme ils vivent le foot.
00:55:07 J'ai caricaturé,
00:55:09 en fait, je caricature toujours,
00:55:11 c'est pour me faire comprendre.
00:55:13 Comme le foot, pourquoi ? Parce qu'au foot,
00:55:15 il faut être le plus fort, il faut être le meilleur.
00:55:17 C'est à ceux qui vont accraser l'autre. Et j'ai l'impression
00:55:19 que dans la religion, il se passe un peu le même phénomène.
00:55:21 Voilà. Autre question philosophique,
00:55:23 il est dit qu'il y a un seul Dieu.
00:55:25 Mais le Dieu, il est quoi ?
00:55:27 Il est musulman ? Il est chrétien ? Il est catholique ?
00:55:29 Il est quoi ? Ou alors,
00:55:31 il existe un Dieu pour chaque religion ?
00:55:33 Voilà. Vous voyez, c'est une question philosophique
00:55:35 que je me pose. - Oui, alors écoutez, on va un peu
00:55:37 philosopher, c'est pas mal, c'est aussi bien.
00:55:39 Je sors de mes erreurs. Alors, philosophons un peu.
00:55:41 Alors, il existe un Dieu pour chaque religion.
00:55:43 Il est à la naissance,
00:55:45 parce qu'il dit, Eric, voilà, à la naissance,
00:55:47 il ne faudrait pas donner de religion, c'est les choisir.
00:55:49 - D'abord, moi, je suis catholique romain,
00:55:51 baptisé, convaincu
00:55:53 et qui crois à tout ce que l'Église
00:55:55 dit croire sur cette
00:55:57 question. Je n'ai pas exactement l'habitude
00:55:59 de me cacher derrière mon petit doigt, donc voilà, je le dis.
00:56:01 En revanche, je pense que je vais répondre
00:56:03 un peu à côté de ce que dit Eric.
00:56:05 Le questionnement qu'il pose,
00:56:07 c'est un questionnement fondamental
00:56:09 qu'on soit croyant ou non, qu'on pense à un
00:56:11 Dieu ou non, etc. C'est, existe-t-il
00:56:13 une cause première,
00:56:15 quelqu'un qui explique
00:56:17 ce qui fait que nous soyons ici sur
00:56:19 Terre ou pas ? Et ça, c'est une question
00:56:21 qui traverse tous les hommes.
00:56:23 Et c'est une question qui s'éveille à l'adolescence,
00:56:25 pourquoi est-ce que je suis, pourquoi est-ce que je ne suis pas,
00:56:27 etc. - Qui suis-je ?
00:56:29 - Je pense que cette question,
00:56:31 plus on la médite, plus on la
00:56:33 travaille, quelle que soit la réponse qu'on donne,
00:56:35 elle doit
00:56:37 permettre de grandir dans sa réflexion
00:56:39 propre et individuelle. Le problème,
00:56:41 c'est qu'aujourd'hui, dans un monde saturé
00:56:43 d'affects, de
00:56:45 possibilités, de sensations,
00:56:47 etc., si les parents
00:56:49 n'éveillent pas à ce questionnement, on perd aussi
00:56:51 quelque chose. Donc je comprends à la fois
00:56:53 l'appel à la liberté intérieure, à la liberté
00:56:55 de l'âme que je partage avec Eric sous
00:56:57 d'autres formes, et en
00:56:59 même temps, cette nécessité
00:57:01 de se poser cette grande question, parce que sinon
00:57:03 le monde dans lequel on vit, André Bercoff,
00:57:05 ne nous attire pas vraiment à ces discussions-là.
00:57:07 - En tout cas, Charles de Meyère,
00:57:09 en disant "je vais répondre à côté", me
00:57:11 rappelle cette merveilleuse réponse
00:57:13 d'un humoriste à qui on lui disait "mais attendez,
00:57:15 là, il est en pleine discussion, il dit
00:57:17 "mais attendez, là, vous répondez
00:57:19 à côté de la question, pourquoi répondez-vous
00:57:21 à côté de la question ?" Parce qu'il y a
00:57:23 de la place.
00:57:25 Mais pour revenir
00:57:27 à cet orient,
00:57:29 à cette persécution, à tout
00:57:31 cela, au fond,
00:57:33 après dix ans de
00:57:35 travail sur le terrain, vous êtes jeune,
00:57:37 Charles de Meyère...
00:57:39 - Pour quelques années encore,
00:57:41 - Non mais il n'y a pas de problème,
00:57:43 et avec les milliers de personnes
00:57:45 qui sont allées,
00:57:47 comme ça, vous êtes, je dirais,
00:57:49 lucidement optimiste
00:57:51 ou optimiste lucide,
00:57:53 ou pessimiste, plutôt, sur
00:57:55 l'avenir des chrétiens d'Orient.
00:57:57 - Je suis inquiet.
00:57:59 Je suis inquiet parce que
00:58:01 les chrétiens d'Orient ont
00:58:03 plutôt eu de bonnes nouvelles, j'allais dire
00:58:05 politiques, tout récemment.
00:58:07 Le début de travail diplomatique
00:58:09 entre l'Iran et l'Arabie Saoudite
00:58:11 permis par la Chine,
00:58:13 est évidemment un mouvement tectonique
00:58:15 extrêmement important.
00:58:17 La réintégration de la Syrie
00:58:19 à la Ligue Arabe montre
00:58:21 une volonté de tous les Etats,
00:58:23 puisque aucun n'a mis de véto,
00:58:25 d'une coopération régionale et d'un
00:58:27 approfondissement régional important.
00:58:29 Tout ça, vous allez me dire, ne traite pas les chrétiens,
00:58:31 mais si, très directement, ça amène de la stabilité
00:58:33 dans une région où il y a encore
00:58:35 un an ou deux, on ne voyait aucune évolution
00:58:37 possible. - C'est sûr.
00:58:39 - Je suis inquiet, pour deux raisons.
00:58:41 Il y a des pays qui ne veulent pas la paix au Proche-Orient.
00:58:43 Il y a des pays qui veulent
00:58:45 que le Proche-Orient soit un lieu
00:58:47 d'affrontement permanent, soit un lieu
00:58:49 de cristallisation, de violence
00:58:51 et qui cherchent à
00:58:53 antagoniser un maximum
00:58:55 les campagnes. - Et si je peux me permettre,
00:58:57 ils adorent une guerre, pas pour
00:58:59 curation, regardez ce qu'il s'est passé au Liban.
00:59:01 C'est la guerre des autres.
00:59:03 Il y a le ventre mou,
00:59:05 quand on ne peut pas faire la guerre directement, c'est un peu coûteux,
00:59:07 on va se faire la guerre par Liban interposé,
00:59:09 ou Ukraine interposée,
00:59:11 etc.
00:59:13 - Vous savez, on parle beaucoup des ingérences
00:59:15 étrangères. Vous savez, quand c'est les Etats-Unis, c'est une influence
00:59:17 et quand c'est d'autres pays, c'est une ingérence.
00:59:19 C'est la définition
00:59:21 contemporaine.
00:59:23 Il y a une partie du monde
00:59:25 où la réduction des
00:59:27 interférences amènerait une paix extrêmement
00:59:29 rapide, c'est le Proche-Orient
00:59:31 immédiatement.
00:59:33 J'en veux trois points, si vous le voulez bien.
00:59:35 André Bercoff.
00:59:37 La levée des sanctions sur la Syrie.
00:59:39 On ne peut pas voir
00:59:41 que la Ligue arabe, c'est-à-dire les voisins,
00:59:43 les gens qui ont été les plus hostiles
00:59:45 au gouvernement syrien, ceux qui
00:59:47 ont accueilli les réfugiés, ceux qui sont
00:59:49 prétendument victimes des déstabilisations
00:59:51 de la Syrie, acceptent de
00:59:53 réintégrer la Syrie, et que nous, nous
00:59:55 en soyons encore à notre croisade
00:59:57 héritée de François Hollande
00:59:59 et de Barack Obama, contre
01:00:01 aujourd'hui un peuple. Puisque
01:00:03 le gouvernement syrien a résisté
01:00:05 à plus de 12 ans de sanctions américaines.
01:00:07 Évidemment, le maintien
01:00:09 de ces sanctions ne va pas le faire changer.
01:00:11 Ceux qui souffrent, c'est les 90% de Syriens
01:00:13 sous le seuil de pauvreté,
01:00:15 qui n'ont même pas le droit de reconstruire leur
01:00:17 maison avec l'argent qu'on envoie.
01:00:19 Premier point. Deuxième point, le Liban.
01:00:21 Vous savez que le Liban a
01:00:23 connu des moments terribles. Depuis
01:00:25 2019, une crise économique carabinée.
01:00:27 Le 4 août 2020. Après 15 ans de guerre,
01:00:29 17 ans de guerre.
01:00:31 L'explosion du port.
01:00:33 Et aujourd'hui, que demandent les Libanais ?
01:00:35 De pouvoir se mettre d'accord
01:00:37 entre eux sur leur président de la République.
01:00:39 Qu'est-ce qui se passe dans la communauté internationale ?
01:00:41 C'est la guerre entre toutes les
01:00:43 puissances d'influence de la région.
01:00:45 Emmanuel Macron en fait partie, l'Arabie
01:00:47 Saoudite en fait partie, les Turcs jouent leur partition,
01:00:49 les Etats-Unis, etc. Qui empêchent
01:00:51 au peuple libanais d'avoir ce qu'il veut.
01:00:53 C'est-à-dire un président chrétien
01:00:55 qui ait une assise chrétienne et qui ait de la force
01:00:57 dans la rue. La meilleure chose à faire
01:00:59 pour aider le Liban aujourd'hui, c'est que la France
01:01:01 fasse une conférence internationale et dise
01:01:03 "On accepte tous de laisser les chrétiens
01:01:05 décider qui sera leur président entre eux".
01:01:07 C'est peut-être irénique, mais ce serait la meilleure
01:01:09 chose à faire. Troisième point,
01:01:11 et qui est sans doute le plus
01:01:13 choquant, que nous ne détournions pas
01:01:15 le regard quand des crises
01:01:17 se passent. Est-ce qu'on a parlé
01:01:19 beaucoup, alors on en a parlé sur Sud Radio, mais
01:01:21 pas ailleurs. Est-ce qu'on a parlé de ce qui se passait
01:01:23 en Éthiopie ? Quand,
01:01:25 après avoir remis le prix Nobel de la paix
01:01:27 au Premier ministre nouvellement élu, s'est déclenché
01:01:29 un des conflits les plus terribles de l'histoire,
01:01:31 déjà terrible, de l'Éthiopie ?
01:01:33 - Est-ce qu'on a parlé à sa juste mesure
01:01:35 du Yémen ? Et des
01:01:37 300 000 morts du Yémen, est-ce qu'on a parlé ?
01:01:39 Et le Congo, on l'a reçu
01:01:41 sur les 500 000
01:01:43 femmes violées, les millions de morts, etc.
01:01:45 Vous avez raison, et ça c'est
01:01:47 partout, et c'est terrible.
01:01:49 Donc, vous êtes inquiet,
01:01:51 mais quand même
01:01:53 optimiste. Vous gardez
01:01:55 l'espoir, je dirais, Charles Lemeyer ?
01:01:57 - Je garderai l'espoir, sinon je ne présiderai pas
01:01:59 SOS Chrétien d'Orient depuis 10 ans.
01:02:01 C'est ce que j'essaye de dire dans "Pourquoi me persécutes-tu ?"
01:02:03 C'est que nous nous sommes animés
01:02:05 d'une flamme, j'espère que les auditeurs le
01:02:07 sentent, on est animés d'un sentiment
01:02:09 à la fois, d'une conviction
01:02:11 et de la certitude
01:02:13 que ce que nous faisons, c'est un héritage
01:02:15 d'une mission qui est dévolue à la France
01:02:17 depuis toujours. Et finalement,
01:02:19 si nous devons être
01:02:21 au poste alors que les Chrétiens d'Orient
01:02:23 disparaissent, au moins aurons-nous eu la satisfaction
01:02:25 de dire que nous avons maintenu ce qui devait l'être,
01:02:27 et maintenir ce qui doit l'être,
01:02:29 c'est, je crois, ce qui appartient à notre génération.
01:02:31 On a un peu une génération
01:02:33 entre fatalisme, on voit
01:02:35 la dissolution nationale, on voit
01:02:37 la déperdition de l'influence de la France
01:02:39 dans le monde. Je pense que
01:02:41 si on veut essayer de résister à ces grands équilibres
01:02:43 qui sont terribles et qui sont écrasants,
01:02:45 on peut le faire en incarnant des choses
01:02:47 très concrètement, très simplement,
01:02:49 comme le font les volontaires d'SOS Chrétien d'Orient.
01:02:51 - Et bien, ainsi la devise "Je maintiendrai".
01:02:53 Merci Charles de Meyer.
01:02:55 - Merci André Bercoff.
01:02:57 - Merci beaucoup, chers auditeurs, d'être toujours aussi
01:02:59 nombreux à nous écouter. Et merci à Charles de Meyer,
01:03:01 président de SOS Chrétien d'Orient,
01:03:03 auteur de "Pourquoi me persécutes-tu ?
01:03:05 Chronique d'un orient martyr",
01:03:07 aux éditions Nouvelle Librairie. Tout de suite,
01:03:09 après les informations à l'émission de Brigitte Lahaie,
01:03:11 à tout de suite sur Sud Radio.
01:03:13 Sud Radio, parlons vrai.
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