- il y a 3 ans
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00:00 Bonjour à tous, bonjour Jean-Jacques Herrin, merci d'avoir accepté notre invitation pour
00:07 ce sommet sur l'eau.
00:08 Vous êtes le président de l'Adopta, l'association pour le développement opérationnel de la
00:12 promotion des techniques alternatives en matière d'eau pluviale.
00:15 Une association qui accompagne de façon pragmatique et opérationnelle le changement de pratiques
00:21 en matière de gestion des eaux pluviales.
00:23 Pendant 35 ans, vous avez dirigé le service d'eau et d'assainissement de la communauté
00:28 d'agglomération de Douai, une agglomération exemplaire en termes de la gestion des eaux
00:33 pluviales notamment.
00:34 Et donc avec vous, nous allons aborder la question des revêtements perméables, un
00:37 sujet pour les particuliers et les communes.
00:40 Donc on fera en deux temps, on va commencer par les particuliers, puis un peu plus tard
00:44 par les communes.
00:45 Donc merci d'avoir accepté notre invitation.
00:48 Je commence par une question très simple Jean-Jacques, quel est l'intérêt de poser
00:52 des revêtements perméables aujourd'hui, en 2023 ?
00:55 Ah, très bonne question.
00:58 Le pourquoi est toujours très important.
01:01 Eh bien, je commencerai d'abord par une problématique d'urbanisme pour dire que globalement, en
01:14 urbanisation existante, qu'on soit en ville ou à la campagne, globalement, les surfaces
01:21 au sol, c'est-à-dire tout ce qui n'est pas des toitures, représentent en gros 70% du
01:27 territoire.
01:28 Or, on sait aujourd'hui très clairement qu'on est face à deux problèmes.
01:36 On est face à un problème d'inondation quand il pleut très fort et à un problème de manque
01:43 d'eau quand il ne pleut pas ou pas suffisamment.
01:45 Et donc la problématique de la gestion de l'eau de pluie qui est la seule origine de
01:50 notre eau potable, il faut quand même le rappeler, eh bien, elle est essentielle et
01:55 donc il nous faut aujourd'hui être performant dans la gestion de cette eau de pluie et ne
02:01 plus l'envoyer dans des tuyaux qui l'amènent à la mer très rapidement.
02:06 C'est cette révolution culturelle qu'il nous faut faire et organisationnelle.
02:10 Et pour y arriver, il y a un point très important, c'est qu'effectivement, on bénéficie finalement
02:17 de beaucoup de surfaces qu'on n'utilise pas aujourd'hui et qu'on peut utiliser pour remettre
02:23 l'eau dans le sol plutôt que de la concentrer et de l'envoyer dans des tuyaux.
02:27 Et cela, ça passe notamment par des revêtements perméables.
02:31 Ça veut dire, si je comprends bien, qu'on a trop imperméabilisé les sols pour emmener
02:36 directement l'eau dans des tuyaux de manière très triviale ?
02:39 Absolument, voilà.
02:41 Mais on l'a fait pour des raisons qui étaient de bonnes raisons.
02:48 Il faut revenir un petit peu et faire de l'histoire.
02:50 Quand on doit changer ses habitudes, il faut comprendre pourquoi on a fait ce qu'on a fait
02:56 précédemment.
02:56 On ne l'a pas fait parce qu'on a mal fait.
02:58 Pourquoi on l'a fait ?
03:00 Eh bien, on l'a fait parce qu'au milieu du 19e siècle, avant le milieu du 19e siècle,
03:05 on meurt de maladies liées à l'eau.
03:08 D'accord.
03:09 Le choléra, la pesque, etc. et notamment le choléra.
03:11 Et donc, au milieu du 19e siècle, tout le monde connaît Haussmann qui fait des grands
03:17 boulevards à Paris.
03:18 Mais beaucoup, beaucoup peu de personnes connaissent Eugène Belgrand qui fait les réseaux de la
03:24 ville de Paris.
03:24 D'accord.
03:25 Réseau d'égout.
03:25 Donc, le tout à l'égout.
03:27 On est passé du tout à la rue au tout à l'égout.
03:29 Tout à l'égout et les réseaux de distribution d'eau potable pour avoir de l'eau claire,
03:35 propre, saine pour s'alimenter.
03:38 Et en même temps, on imperméabilise la ville.
03:43 Donc, il y a une volonté d'imperméabiliser pour éviter les infiltrations de mélanges
03:49 d'eau, pluviales, d'eau usée et des ordures ménagères qu'on jette par la fenêtre.
03:53 Le tout à la rue.
03:54 D'accord.
03:55 Donc, il y a eu une bonne raison à ça.
03:58 Sauf qu'aujourd'hui, on n'a plus besoin d'évacuer ces eaux pluviales puisqu'on gère bien les
04:04 eaux usées, on gère bien les ordures ménagères.
04:07 Voilà, c'est collecté, etc.
04:09 Et donc, ces eaux pluviales qu'on avait considérées comme un déchet, comme un danger, et on a eu
04:16 raison de le faire puisqu'on ne meurt plus de maladies liées à l'eau aujourd'hui, mais
04:19 aujourd'hui, on est face à d'autres problématiques qui est que cette eau de pluie qu'on envoie
04:25 à la mer, en quantité d'autant plus importante, que la ville s'est agrandie très fortement.
04:31 D'accord.
04:32 D'ailleurs, pour cela, il y a le zéro artificialisation net qui fait beaucoup débat, etc.
04:38 Et donc, il nous faut aujourd'hui véritablement changer la politique et on peut le faire puisqu'on
04:44 gère bien les eaux usées, on gère bien les ordures ménagères, on n'a plus besoin
04:47 d'évacuer les eaux pluviales.
04:48 Au contraire, on doit les remettre dans le sol et retrouver ce cycle naturel de l'eau
04:54 qu'on a perdu à cause de cette politique du milieu du 19e siècle.
04:59 D'accord.
05:00 Pour cela, on va utiliser effectivement aujourd'hui une gamme de solutions de revêtement perméable
05:06 qui s'est très fortement développée ces quelques dernières années.
05:09 Alors, vous avez eu complètement raison de remettre en perspective historique.
05:13 Donc, les dalles perméables sont une des solutions pour garder l'eau de pluie sur
05:17 place, en tout cas l'infiltrer plus rapidement.
05:19 Comment aujourd'hui, quand on est un particulier, quelles sont les questions à se poser pour
05:24 installer ce type de surface chez soi, notamment quand on a un pavillon ou une maison ?
05:28 Alors, la première des choses, c'est de prendre conscience, contrairement à ce qu'on
05:36 a fait jusqu'à présent et depuis plus de 150 ans, on n'a plus besoin, on ne doit
05:41 plus évacuer ces eaux pluviales.
05:43 C'était tellement normal, voilà, on ne pensait pas à faire autre chose puisque c'était
05:49 dans la règle, c'est comme ça, on renvoyait les eaux pluviales vers le domaine public,
05:55 sur la rue et puis la collectivité en faisait son affaire.
05:58 Ça, c'est le premier point.
06:00 Donc, c'est déjà d'avoir l'idée, de penser qu'on n'est plus obligé d'évacuer
06:07 les eaux pluviales, au contraire, on doit les garder.
06:09 Et donc, du coup, ça veut dire que dans la conception de tout projet, quel qu'il
06:15 soit, petit projet de construction d'une habitation individuelle ou un immeuble collectif
06:21 ou un parc d'activités industrielles, commerciales, etc., eh bien, chacun doit gérer ses eaux
06:29 pluviales aujourd'hui sur sa propriété.
06:31 C'est d'ailleurs quelque chose qui a toujours existé depuis très très longtemps, puisque
06:38 le Code civil qui a été écrit sous la période de Napoléon en 1804, ce Code civil comporte
06:46 deux articles très importants, qui sont toujours d'actualité, qui n'ont jamais été modifiés
06:52 par toute la réglementation et les lois qui ont pu se développer depuis lors.
06:57 Ces deux articles disent quoi ? On ne peut pas empêcher les écoulements naturels, l'écoulement
07:05 naturel, le fonctionnement des rivières, etc., etc., ça, on ne peut pas le modifier,
07:09 mais on n'a pas le droit de les aggraver.
07:12 Or, quand j'imperméabilise, j'aggrave un ruissellement et donc il revient à celui
07:18 qui va imperméabiliser de compenser le fait qu'il imperméabilise.
07:23 Et le deuxième article, le 641, dit "tout propriétaire de sol est propriétaire de
07:30 l'eau qui tombe sur son sol, tant qu'il en a la responsabilité".
07:35 Donc, ces deux articles-là sont toujours d'application et ça, on ne le sait plus
07:41 puisque l'objectif, c'était on pose du tuyau.
07:45 C'était devenu tellement courant, voilà, c'était la norme.
07:50 Donc, on est formaté avec cet objectif d'évacuer, de devoir évacuer les eaux pluviales.
07:58 D'accord.
07:59 Et donc, c'est tout cela qu'il faut aujourd'hui modifier, c'est ça qui est compliqué puisque
08:04 c'est des habitudes qu'il nous faut aujourd'hui changer et tout le monde a le devoir de devoir
08:13 changer, ce qui fait que ça fait énormément de personnes à convaincre à chaque fois
08:19 que quelqu'un fait quelque chose.
08:21 Donc, comme je te disais, on va le faire en deux temps, d'abord les particuliers.
08:25 Comment un particulier peut trouver les dalles ou les sols qui soient plus perméables aujourd'hui ?
08:30 Est-ce que c'est compliqué ? Est-ce que c'est facile d'accès ?
08:33 Et quelles sont les contraintes techniques ?
08:35 Alors, les contraintes techniques ne sont pas très compliquées, pas très nombreuses.
08:44 C'est surtout beaucoup de bon sens.
08:47 La première des choses, ce n'est pas parce qu'on utilise un revêtement perméable,
08:52 que ce soit les dalles que vous évoquez, que ce soit des bétons poreux, que ce soit
08:58 des enrobés poreux, du bitume poreux, que ce soit des solutions qui sont aujourd'hui
09:05 ce qu'on appelle des résines drainantes, ce sont des petits cailloux qu'on agrège
09:10 avec des résines, soit avec des polymères, soit avec des liants organominérales, donc
09:23 des liants qui n'utilisent pas de pétrole.
09:26 Ce n'est pas parce que c'est perméable qu'on le pose directement sur le sol.
09:30 Cela veut dire qu'il faut mettre en place une structure porteuse puisque si on met du
09:35 revêtement, c'est pour que dessus on puisse faire rouler des voitures, qu'on puisse marcher
09:40 déjà des voitures et cas échéants, quelques charges plus ou moins lourdes, etc.
09:45 Et donc, comme on fait un trottoir et une voirie classique, on va utiliser une structure
09:52 en dessous de ce revêtement perméable, sauf que cette structure, il faut qu'elle soit
09:59 compatible avec le fait qu'on va lui faire passer de l'eau à travers.
10:03 Et elle va nous servir de réservoir tampon puisque l'intensité de la pluie est plus
10:13 forte que la capacité du sol à infiltrer cette pluie.
10:16 Donc, ça va nous faire un bassin tampon, c'est-à-dire qu'on va faire deux choses
10:20 en même temps, la structure porteuse de mon revêtement et le transformer en bassin tampon.
10:27 Et pour cela, je ne vais pas rentrer dans les dimensionnements, ce n'est pas l'objet,
10:34 mais on montre assez facilement, on n'a pas besoin de stocker, même y compris des très
10:43 grosses pluies.
10:45 Et du coup, après, contrairement au tuyau qui, lui, ne peut évacuer les eaux pluviales
10:50 que pendant le temps de la pluie et la durée de la pluie, sinon ça s'appelle l'inondation,
10:56 eh bien là, on va utiliser le temps pendant la pluie, mais aussi après la pluie jusqu'à
11:01 la pluie suivante.
11:02 Donc, ça a géré les eaux sans qu'il y ait de ruissellement et en faire profiter
11:09 le sol et le sous-sol.
11:10 D'accord.
11:11 Et aujourd'hui, il existe, comme vous l'avez dit en introduction, un panel de produits
11:16 différents.
11:17 Comment on s'y retrouve quand on est particulier ? On passera dans un deuxième temps sur les
11:20 communes, mais quand on a une descente de garage, une entrée de parking, comment on
11:25 s'y retrouve ? Comment on fait un choix approprié au terrain qu'on a ? Est-ce que c'est en
11:28 fonction du territoire, de l'eau qui tombe, de la voiture qu'on doit poser ? Comment
11:32 on fait son choix aujourd'hui ?
11:33 Alors, la première chose à dire, c'est que justement, pour répondre aux attentes
11:39 et besoins des particuliers qui, désormais, doivent tous appliquer ce principe de gestion
11:47 de ces eaux pluviales chez soi, et comme il n'y avait strictement rien à leur disposition,
11:52 nous avons, nous, à DOCTA, réalisé des vidéos.
11:57 Attention.
11:58 Ces vidéos, gracieusement, et ces vidéos, il y en a neuf, qui démontrent qu'on a plusieurs
12:08 possibilités pour gérer ces eaux pluviales avec des solutions différentes, dont les
12:12 revêtements perméables.
12:13 D'accord.
12:14 Donc, c'est une première chose.
12:17 La deuxième chose, c'est que comme on évacue plus les eaux pluviales, on les gère sur
12:24 place, eh bien, je vais trouver une solution pour mes eaux de pluie, pour indépendamment
12:31 de mes...
12:33 Indépendamment pour mon aller, pour rentrer dans mon habitation.
12:38 Donc, ça veut dire que je ne concentre pas la totalité des eaux en un seul point.
12:43 Et donc, je vais pouvoir faire appel à plusieurs solutions complémentaires pour gérer tout
12:48 cela.
12:49 Et donc, ces solutions complémentaires vont répondre à l'aménagement même de ma parcelle.
12:56 Quand je fais mon aller de trottoir pour rentrer à mon habitation, eh bien, en même temps,
13:03 je vais gérer les eaux pluviales de cette partie-là.
13:05 D'accord.
13:06 Etc.
13:07 Etc.
13:08 Voilà.
13:09 Et donc, ce qui manque, il y a vraiment un panel très large de possibilités, de solutions,
13:14 dont les revêtements perméables font partie.
13:16 Donc, c'est vraiment avoir une vision globale de sa parcelle quand on réfléchit à ce choix
13:22 de dalles ou de revêtements, en fait.
13:25 Exactement.
13:26 Et aussi, en fonction du résultat paysager, de l'intégration paysagère qu'on veut pour
13:32 sa parcelle.
13:33 Imaginons qu'on ait envie d'avoir un plan d'eau parce qu'on veut mettre, pas forcément
13:39 des poissons rouges, mais une végétation plus aquatique pour avoir de la diversité
13:44 et participer au développement de la biodiversité.
13:48 Eh bien, on peut très bien reprendre les eaux pluviales pour faire une pluie, une
13:53 petite pluie, etc.
13:54 Et ça, ça ne coûte pas cher du tout.
13:56 Beaucoup moins cher que de se raccorder au réseau public d'assainissement.
14:00 Le tout, c'est qu'effectivement, on ait la conscience, un, qu'on n'est plus du tout obligé,
14:08 au contraire, de renvoyer ses eaux pluviales sur le domaine public et sur la collectivité
14:13 qui en fait son affaire, mais que, un, c'est d'abord et avant tout notre propriété de
14:17 propriétaire privé.
14:19 Je peux en faire ce que je veux et je peux les valoriser.
14:21 Comme je peux aussi avoir une cuve de stockage pour réutiliser le jardin, etc.
14:27 Beaucoup de solutions aujourd'hui qui sont à disposition.
14:30 Vous avez évoqué la question du prix, de l'économie de ce type d'infrastructure.
14:35 Est-ce que c'est forcément moins cher, comme vous venez de l'évoquer, ou est-ce qu'en
14:38 fonction des produits qu'on installe, il y a une différence de coût qui n'est pas
14:41 en faveur de ce type de revêtement ?
14:43 Quand on doit évacuer les eaux pluviales, il y a une dépense à réaliser puisqu'il
14:50 faut éliminer et ramener les eaux pluviales jusque la limite du domaine public pour ce
14:57 qui concerne le domaine privé.
14:58 Si vous faites un calcul économique, ça coûte, ramené au mètre carré imperméabilisé,
15:07 ça coûte en moyenne 50-60 euros par mètre carré.
15:10 On oublie cette dépense-là.
15:13 Et quand j'utilise des revêtements perméables, je n'ai plus besoin d'évacuer les eaux
15:21 pluviales, donc je n'ai plus besoin de tuyaux, je n'ai plus besoin de tout ça.
15:26 Et le prix des matériaux perméables, généralement, ne sont pas forcément plus coûteux que des
15:33 matériaux classiques.
15:34 Et la structure qu'on doit mettre en dessous, elle coûte à peu près le même prix.
15:39 Mais en tout cas, même si ça coûte un tout petit peu plus cher, la plus-value sur l'acquisition
15:47 des matériaux perméables et éventuellement de la structure, ce surcoût, il est très
15:54 très largement compensé par l'économie qu'on a à faire sur le fait qu'on n'évacue
15:59 plus les eaux pluviales.
16:00 Donc ça, c'est vraiment très important.
16:04 Et je ne parle même pas du coût du branchement qu'il faudra payer à la collectivité pour
16:11 bénéficier d'un branchement sur le réseau d'assainissement public.
16:16 Alors, selon les collectivités, vous avez des coûts de branchement qui sont variables.
16:23 Ça peut varier entre 1000 jusqu'à presque 5000 euros pour uniquement la partie en domaine
16:30 public.
16:31 Donc, il est très facile de démontrer qu'il y a plein de solutions avec des revêtements
16:39 perméables notamment, qui permettent de gérer les eaux pluviales d'un particulier pour
16:44 un coût bien moins élevé que ce simple coût du raccordement en domaine public.
16:48 D'accord.
16:49 Donc, c'est économique.
16:52 D'accord.
16:53 C'est économique.
16:54 Le tout, il faut savoir qu'il y a un panel de solutions, etc.
17:00 Très bien.
17:01 Et est-ce qu'il y a une réversibilité de la pose de ce type de structure, de matériaux
17:06 ou est-ce que c'est définitif quand on installe ce type de dalles ou d'autres revêtements?
17:12 Absolument, c'est définitif.
17:15 Alors, d'autant plus, je vais permettre de faire juste un petit parallèle.
17:20 Lorsqu'on utilise des revêtements perméables, quels qu'ils soient, en fait, on ne fait aucune
17:26 concentration d'eau, de pluie et il ne peut pas plus que sur la pelouse habituelle derrière
17:33 la réhabilitation.
17:34 Or, sur la pelouse, il n'y a jamais de renouvellement.
17:40 Ça fonctionne tout seul parce que le sol a une capacité à gérer de la pluie et alors
17:48 qu'on ne le sature pas et que finalement, voilà.
17:51 Et donc, si on ne concentre pas l'eau en un seul point, le sol va y faire face sans
17:57 aucune difficulté.
17:59 On est sur le cycle naturel de l'eau et ça marche très bien.
18:03 D'accord.
18:04 Alors, vous avez parlé des aspects légaux en début, mais est-ce que lorsqu'on pose
18:09 ce type de revêtement chez soi, il y a des obligations légales à respecter, des déclarations
18:13 ou comme vous l'avez dit, comme on est propriétaire de l'eau qui tombe chez soi, on fait ce qu'on
18:17 veut?
18:18 Alors, on fait ce qu'on veut.
18:22 On a bien évidemment quelques réglementations à respecter puisque la réglementation, d'une
18:28 façon générale, sans rentrer trop dans le détail, précise bien qu'on ne doit faire
18:33 aucune atteinte à la qualité de l'environnement.
18:37 C'est le simple principe qui démontre qu'il faut faire attention quand même à ce qu'on
18:44 fait.
18:45 Donc, on utilise des revêtements perméables.
18:46 Bien, un, il n'y a pas de déclaration particulière hormis de préciser les choses dans le permis
18:55 de construire.
18:56 C'est par ce biais-là que les autorisations sont obtenues.
19:00 Il n'y a pas d'autre spécifique.
19:03 Et après, bien sûr, c'est à l'usage de ne pas avoir des usages qui vont créer un
19:11 risque de pollution du sous-sol.
19:13 D'accord.
19:14 On ne fait pas sa vidange de voiture au-dessus de son revêtement perméable.
19:19 Voilà pour un peu schématiser, stigmatiser un petit peu la question.
19:24 D'accord.
19:25 Donc, dès lors qu'on a un usage normal, ça ne pose aucune difficulté.
19:30 D'accord.
19:31 On va passer sur l'aspect des communes.
19:35 Comme je le disais en introduction, vous avez géré pendant 35 ans le service d'eau
19:38 et d'assainissement de la communauté d'agglomération de Douai, une commune exemplaire en matière
19:43 de gestion pluviale.
19:44 S'il y a des élus qui nous écoutent, mais les particuliers peuvent écouter parce qu'ils
19:49 peuvent être force de proposition auprès de leurs élus, et on sait que dans le domaine
19:53 public, c'est là où il y a le plus de revêtements imperméables.
19:56 Quelles sont les premières bonnes questions à se poser quand on a envie d'aborder la
20:02 question de la pose de revêtements perméables dans une commune ?
20:06 Alors, la première des questions la plus importante, c'est quel est l'usage de la
20:20 surface publique qui va avoir lieu de cette surface ?
20:27 On ne va pas gérer de la même façon les eaux pluviales sur une place publique où
20:33 il y aura le marché aux légumes et le vendeur de poissons, le poissonnier installé, alors
20:41 que sur un autre endroit, on sera sur simplement un trottoir ou un parc tout simple ou une
20:48 voirie et la voirie, tout dépendra du trafic de la voirie.
20:52 Tout ça, donc pour dire une chose, c'est qu'en fait, les eaux pluviales, dès lors
20:59 qu'elles ne ruissellent pas, elles ont très peu de pollution contenue dans les volumes
21:08 d'eau.
21:09 Quand il pleut sur un sol agricole, une forêt et que l'eau n'est pas concentrée et qu'elle
21:18 n'a pas ruissellé, vous avez très peu de charge de pollution, vous n'avez que la pollution
21:23 issue du lessivage de l'atmosphère lors de la pluie.
21:26 La goutte d'eau, quand vous l'infiltrez sur une surface en ville, on a tout à fait le
21:33 même comportement.
21:34 Là où les choses changent, c'est qu'en ville, on va avoir des activités qui peuvent générer
21:43 de la pollution en tant que telle.
21:45 Et là, il faut regarder donc en fonction de ces risques-là et on ne pourra utiliser
21:52 les revêtements perméables qu'à partir du moment où on n'a pas de risque de pollution,
21:56 notamment accidentelle.
21:58 Je reviendrai sur la pollution un petit peu chronique.
22:01 Mais si on a des pollutions accidentelles, on ne peut pas utiliser les revêtements perméables
22:07 parce que dans ce cas-là, l'eau et la pollution rentrent dans la structure, dans le sol et
22:11 on ne peut agir sinon que de démonter la voirie.
22:15 Donc, on n'utilisera pas ces solutions-là.
22:19 Mais par contre, il y a d'autres possibilités.
22:22 On peut réinstaller le sol, mais on utilisera un passage, un passage de l'eau qui permettra
22:29 d'agir sur le risque de la pollution.
22:31 On utilise par exemple quand on fait une chaussée à structure réservoir, on peut utiliser
22:37 des revêtements imperméables et dans ces cas-là, on utilise un système qu'on appelle
22:42 la bouche d'injection, c'est-à-dire qu'on recueille l'eau, elle sera prétraitée dans
22:46 cette bouche d'injection et ensuite, on l'injecte dans le corps de la chaussée pour permettre
22:50 son stockage et son infiltration.
22:52 D'accord.
22:53 Donc, il faut regarder à l'utilisation de la surface par les activités de la ville.
23:00 Ça veut dire si je comprends votre mot.
23:02 Généralement, pour beaucoup d'usages, le risque de pollution est très faible, voire
23:07 inexistant.
23:08 C'est le cas par exemple des trottoirs et de beaucoup de parking et notamment beaucoup
23:13 de parking pour les véhicules légers.
23:15 D'accord.
23:16 Pour les voitures individuelles.
23:18 Là, on peut…
23:20 Oui ?
23:21 Non, allez-y.
23:22 Oui, je vous écoute.
23:25 Non, allez-y, allez-y.
23:26 Oui, voilà.
23:27 Donc là, on peut tout à fait infiltrer directement les eaux et donc utiliser les revêtements
23:32 perméables.
23:33 Et le revêtement perméable, comme pour le cas des particuliers, donc il sera posé sur
23:43 la structure porteuse de ce revêtement perméable qui est… dont la composition en épaisseur
23:50 correspond aux attentes de la portance, donc des charges roulantes qui seront au-dessus.
23:57 Donc, il y a un dimensionnement classique à réaliser.
23:59 La seule chose qui change, c'est qu'au lieu d'utiliser des matériaux avec une courbe
24:05 granulométrique complète, on utilise comme pour par exemple les voies ferrées de la
24:11 SACF, un matériau style ballast qui va présenter du vide entre les cailloux, de façon à pouvoir
24:18 stocker l'eau.
24:19 Et après.
24:20 D'accord.
24:21 Et ça veut dire que…
24:25 Donc, vous avez parlé de trottoirs, de parties.
24:27 Des charges roulantes sur la…
24:32 Et de voiries potentiellement, bien sûr.
24:35 Sur le territoire de l'agglomération d'Ouéziennes, on a même réalisé des voiries très lourdes
24:44 pour des trafics lourds très importants, 500 poids lourd jour par sens de circulation.
24:51 On a fait des chaussées à structure réservoir.
24:54 Sauf que là, on avait potentiellement un risque de pollution accidentelle qui n'était
25:00 pas nul et donc on n'a pas utilisé des revêtements perméables.
25:04 Pour autant, on peut faire en dessous une structure perméable.
25:08 D'accord.
25:09 Vous avez répondu à ma question.
25:11 J'allais vous demander, on peut le faire sur tout type de surface, donc parking, trottoir
25:16 et sur les routes extrêmement passantes en fait.
25:18 Tout à fait.
25:21 Voilà.
25:22 Les pistes cyclables, etc.
25:23 Donc, ça veut dire que, comme je le disais tout à l'heure en préambule, sur les 70%
25:29 des surfaces au sol de la ville, on pourrait aujourd'hui faire en sorte que la ville soit
25:35 complètement perméable, hormis les toitures.
25:38 D'accord.
25:39 Bien sûr, puisque les toitures, il faut bien qu'elles restent imperméables, mais on peut
25:43 les végétaliser.
25:44 Et là, ça sera l'objet d'une autre vidéo sur les toitures végétalisées, mais sans
25:49 entrer trop dans les détails techniques, est-ce qu'il y a des obligations légales
25:53 pour les communes qui opéreraient ce choix de revêtement perméable ?
25:57 Alors, oui, puisque dès lors qu'on projette dans une opération de rejeter les eaux pluviales
26:08 dans le milieu naturel, et le sol fait partie du milieu naturel, il y a des obligations
26:14 de déclaration ou de demande d'autorisation dès lors que la surface en cause dépasse
26:22 une certaine surface, 1 hectare, donc 10 000 m2, en dessous de 10 000 m2, il n'y a pas
26:31 d'autorisation particulière.
26:33 Au-dessus, il y a un dossier de déclaration à réaliser, et au-dessus de 20 hectares,
26:41 pour vraiment les très gros projets, là, il y a une autorisation préalable à obtenir.
26:44 D'accord.
26:45 Ça veut dire que lorsqu'un centre commercial s'installe, il y a nécessité d'avoir cette
26:52 autorisation, c'est ça ?
26:53 Absolument, tout à fait.
26:56 Alors, il faut savoir qu'aujourd'hui, par exemple, un centre commercial, mais aussi
27:01 une activité économique, ne peut plus aujourd'hui s'implanter sans gérer sur son espace ses
27:09 propres eaux pluviales.
27:10 D'accord.
27:11 Et on peut citer juste la loi climat résilience de 2021, qui demande, il y a un décret d'application
27:25 qui va sortir, normalement, d'ici le 1er juillet, qui prévoit que pour toute implantation
27:33 commerciale supérieure à 500 m2, et sur toute implantation commerciale, industrielle,
27:40 artisanale et autres, et sur tout immeuble de bureaux et d'habitation de plus de 1000
27:46 m2, il faudra, un, végétaliser la toiture, au moins pour 30%, et d'avoir de la production
27:55 photovoltaïque, d'énergie renouvelable sur aussi 30% de ces surfaces.
27:59 Et sur les parkings, associés ou pas, etc., de plus de 500 m2, l'obligation de, par exemple,
28:10 d'avoir des revêtements perméables ou végétalisés pour 50% des surfaces, minimum, et 50% d'ombrières
28:19 ou de production d'énergie renouvelable par des photovoltaïques.
28:22 D'accord.
28:23 On voit bien que la réglementation va dans un sens très clair de sévérisation vis-à-vis
28:35 d'une infiltration des eaux pluviales et de production d'énergie renouvelable en plus.
28:41 D'accord.
28:42 Je n'avais pas prévu, mais on peut peut-être faire une digression parce que j'ai trouvé
28:46 intéressant l'exemple de Douai quand vous avez mis en place la politique des gestions
28:50 de pluviales différentes.
28:51 Vous pouvez peut-être nous raconter comment ça s'est passé, pourquoi vous l'avez fait,
28:55 quels ont été les résultats, en fait, pour inciter les élus qui nous regardent actuellement
29:01 à faire la même chose qu'à Douai ?
29:03 Alors très clairement, le changement de politique qui a été mené sur la région de Douai date
29:09 de 1992, ça fait 30 ans.
29:12 Et le fait générateur de ce changement de politique, c'était le fait que, eh bien,
29:20 avec des orages importants, on avait des inondations en ville et on n'arrivait pas à les juguler.
29:26 Il se trouve que nous avons eu à vivre sur un même quartier pendant cinq années consécutives,
29:33 beaucoup diront on n'a pas eu de chance.
29:38 Moi, je considère que finalement, si ça a été une chance, ça nous a amené à changer
29:42 de politique.
29:43 Sur cinq années consécutives, sur le même quartier, cinq inondations liées à cinq
29:49 orages décennaux.
29:50 Donc, l'orage qui, statistiquement, normalement n'arrive qu'une fois tous les dix ans.
29:55 Et on voit bien que le changement climatique, peut-être a-t-il sévi un peu plus rapidement
30:00 sur la région de Douai qu'ailleurs, mais on a eu cinq orages qui, normalement, n'arrivent
30:04 qu'une fois tous les dix ans.
30:05 On en a eu cinq sur cinq ans.
30:07 Et donc, le constat qui a été fait à l'époque, c'est de dire, on n'arrive plus à gérer
30:12 l'eau de pluie quand elle est dans les tuyaux.
30:15 Et donc, je n'ai qu'une seule solution, c'est de faire en sorte qu'elle n'y aille plus.
30:18 Et la gérer autrement.
30:20 C'est ça l'origine.
30:23 Depuis, bien d'autres raisons font qu'il nous faut gérer les eaux pluviales autrement.
30:28 Il y a des obligations réglementaires de performance des systèmes d'assainissement, je ne vais
30:33 pas rentrer dans le détail, mais on a aussi aujourd'hui un besoin d'adaptation au changement
30:38 climatique.
30:39 On a un besoin de rafraîchir l'eau.
30:41 On a besoin de mettre de la biodiversité en ville.
30:44 On a besoin de végétaliser la ville.
30:47 Et si on n'a pas d'eau, eh bien, on ne peut pas le faire tout ça.
30:51 Et donc, cette eau, il faut qu'elle provienne de la pluie, d'autant que de plus en plus,
30:58 et on s'en rend compte enfin que l'eau n'est pas une ressource infinie et qu'on est dans
31:06 des périodes, et y compris dans le département du Nord de la France, on a des communes qui
31:12 ont parfois été ravitaillées en eau potable par camions citernes, ce qui montre qu'on
31:17 a une problématique liée à cette production d'eau potable et qu'il n'est hors de question
31:23 d'utiliser l'eau potable pour arroser la végétation pendant l'été.
31:27 Donc, on a besoin de remettre notre eau de pluie dans le sol quand on aura la chance
31:34 qu'il pleuve.
31:35 Il faut bien parler de chance quand il pleut et non pas de mauvais temps.
31:39 C'est vraiment absolument fondamental.
31:42 Alors, vous avez expliqué pourquoi vous l'avez mis en place, mais quels ont été les résultats?
31:45 J'imagine que vous avez eu d'autres orages depuis 92.
31:48 Alors oui, bien sûr.
31:50 On a même eu depuis 1992 l'orage dit centenal, qui a un risque sur 100 d'arriver chaque
31:59 année.
32:00 Et bien, tout ce qui a été réalisé avant, il est arrivé en 2005, il est tombé 90 millimètres
32:10 en quelques heures.
32:11 Et bien, tout ce qui avait été réalisé avant 2005, alors que non dimensionné, pour
32:17 prendre en compte l'orage centenal, et bien tout ce qui a été réalisé avec une gestion
32:22 locale de l'eau, par ce qu'on appelle les techniques alternatives ou la gestion intégrée,
32:27 et bien toutes ces réalisations n'ont connu aucun défaut.
32:31 Aucun défaut.
32:32 Ça veut dire que si je traduis, c'est pas inondé en fait.
32:39 Aucune inondation, aucune saturation, alors que les réseaux classiques ont continué
32:44 à déborder.
32:45 D'accord, donc vous avez démontré l'efficacité de la politique de gestion de l'eau adoué
32:51 en fait.
32:52 Complètement, tout à fait.
32:55 Et ça, bien évidemment, avec le deuxième élément fondamental, c'est sans que ça
33:01 ne coûte plus cher à la collectivité, ni même aux habitants et aux promoteurs immobiliers
33:08 qui construisent ou aux industriels, etc.
33:10 La collectivité économise, économisait parce que je n'ai plus refait le bilan aujourd'hui,
33:19 mais à minima, quand j'étais en fonction, j'ai pu chiffrer l'économie financière
33:25 que la collectivité réalisait chaque année à un million d'euros.
33:30 Voilà, parce que moins d'ouvrages, moins d'investissements, moins d'amortissement,
33:38 moins de renouvellement et moins de coûts de fonctionnement.
33:41 Donc cette politique, elle est financièrement intéressante pour les collectivités.
33:46 Donc ça, c'est vraiment du retour d'expérience plein pot avec la chance de bénéficier d'indicateurs
33:55 de performance, un, sur le fonctionnement des systèmes d'assainissement, deux, sur
34:02 l'intérêt financier aussi de la collectivité.
34:04 Et justement sur l'aspect financier, même question que pour les particuliers, est-ce
34:09 que les systèmes de gestion perméable des dalles que vous posez, enfin des revêtements
34:14 pour être plus précis, elles sont démontables dans le temps ou c'est compliqué à renouveler
34:19 contrairement à un Eurobay où on a juste à repasser la machine de manière un peu
34:23 triviale ?
34:24 Alors, très bonne question.
34:30 Les revêtements perméables, alors tout dépend du type de revêtements perméables qu'on
34:35 va utiliser.
34:36 Je vais les mettre en trois catégories.
34:40 Vous avez tout ce qui est dalle alvéolaire remplie de matériaux différents, ça peut
34:46 être du gazon, ça peut être des pavés, ça peut être du mulch, ça peut être des
34:51 gravions, etc.
34:52 Ces éléments-là sont des éléments modulaires, donc on peut les enlever et les reposer.
34:59 Ça, c'est la première catégorie.
35:02 Donc, c'est très simple.
35:03 La deuxième catégorie sont ce qu'on appelle les revêtements coulés en place.
35:11 Et là, vous en avez deux sortes.
35:13 Vous avez les enrobés, le bitume classique, mais qui lui est perméable.
35:19 Pas très différent, sauf qu'on utilise une granulométrie un petit peu différente
35:24 qui fait que c'est perméable.
35:26 Et ça, c'est fait par des centrales enrobées.
35:29 Des grosses centrales des entreprises de travaux publics.
35:33 Et il est clair qu'on ne peut pas mettre en place une centrale d'enrobés pour refaire
35:41 des enrobés pour eux pour 10 mètres carrés.
35:43 Donc, quand on a besoin de faire entre guillemets une rustine ou d'intervenir parce qu'il y
35:49 a un réseau d'eau potable, électrique, gaz, ou peu importe ce que l'on refait ou qu'on
35:55 doit réparer dans une rue, on ne sait pas refaire pour 10 mètres carrés d'enrobés
36:00 pour eux.
36:01 D'accord.
36:02 Ça, c'est une contrainte.
36:03 Mais dans ces cas-là, la solution, c'est on remet des enrobés classiques pour les
36:08 10 mètres carrés.
36:09 Ce n'est pas un souci s'il y a 10 mètres carrés imperméables.
36:11 Le reste à côté peut pallier à cette imperméabilité partielle.
36:18 Ensuite, on a les autres revêtements coulés qui sont généralement des revêtements qui
36:25 sont mis en œuvre sur place et le mélange est fait sur place, c'est-à-dire qu'on livre
36:30 les matériaux en big bag et on a la capacité d'intervenir même pour un mètre cube.
36:39 On est capable de faire une livraison pour un mètre cube.
36:41 Et l'avantage de ces revêtements coulés, c'est qu'on utilise des matériaux, des granulats
36:48 qui sont des granulats de couleur naturelle.
36:50 D'accord.
36:51 Donc, on retrouve la couleur 10 ans après, 20 ans après sans aucune difficulté, d'autant
36:57 que le liant est translucide et donc le liant n'apporte pas de couleur en tel.
37:07 D'accord.
37:08 Donc, c'est assez facile.
37:10 D'accord.
37:11 Je crois que je vous ai de nouveau perdu, monsieur.
37:28 Je vous entends très bien.
37:32 D'accord.
37:33 Allez-y alors.
37:34 Vous m'entendez ?
37:35 Oui, c'est bon.
37:36 Oui, je vous entends.
37:37 Moi, je vous entends.
37:38 Je vous entends très bien.
37:39 Donc, il est assez facile d'usage et on peut, lorsqu'il s'agit d'enrobés perméables,
37:46 on appelle ça des enrobés poreux, et bien de renouveler l'enrobé comme on renouvelait
37:53 un enrobé classique.
37:54 D'accord.
37:55 Pas plus compliqué.
37:56 Entendu.
37:57 Et ça se fait avec le même matériel que les enrobés classiques.
38:01 Très bien.
38:02 Même chose avec les bétons poreux.
38:04 D'accord.
38:05 Vous avez été extrêmement clair sur tous les aspects techniques et légaux.
38:12 Est-ce qu'il y a un mot qui vous semble important à partager avec les internautes qui nous
38:18 regardent pour les inciter à s'inscrire dans cette démarche de retour à la perméabilité ?
38:23 Alors, je ne dirais peut-être pas un seul mot, mais deux.
38:29 Trois, mademoiselle.
38:30 Le premier, c'est oser.
38:31 Oser.
38:32 Oser.
38:35 Changer ses habitudes.
38:39 D'accord.
38:40 Et la troisième difficulté, c'est qu'il ne faut pas travailler tout seul, il faut
38:46 travailler en universalité.
38:47 On a des publics et privés d'ailleurs.
38:54 Ce n'est pas que le public, le privé est rendu dans les mêmes conditions.
39:01 On a pris pour habitude d'avoir beaucoup de spécialistes, spécialistes chacun dans
39:06 sa branche, sauf que les différentes branches ne se parlent pas ou très insuffisamment.
39:11 On voit de plus en plus que nous sommes tous interdépendants et le fait de travailler chacun
39:19 dans son coin, désert complètement la collectivité, la collectivité dans son ensemble, dans la
39:26 nation, dans notre société.
39:28 Il faut véritablement que nous travaillions ensemble, ce qui va permettre lorsque moi
39:38 je poursuis mon objectif, en même temps que je poursuis mon objectif, je vais résoudre
39:43 une partie de l'objectif de mon voisin et inversement.
39:47 Et c'est la raison fondamentale pour laquelle sur la région de Douai, on économise un
39:53 million d'euros sur uniquement les eaux pluviales.
39:56 C'est fondamental.
39:59 Donc voilà, le message le plus fort que je peux passer, c'est celui-là.
40:05 Oser et travailler ensemble.
40:07 Je vous remercie pour cette belle conclusion Jean-Jacques Herrin.
40:11 Merci d'avoir accepté notre invitation.
40:14 Cher internaute, je vous souhaite une belle fin de sommet, une belle fin de journée et
40:18 je vous dis à bientôt.
40:19 Au revoir.
40:20 Au revoir et merci beaucoup de votre écoute.
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