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  • il y a 3 ans
Transcription
00:00 - Bonjour à toutes et à tous. Bonjour Marion-Julio.
00:05 - Bonjour.
00:07 - Bonjour Laura.
00:09 - Bonjour.
00:11 - Donc c'est assez rare qu'on fasse une vidéo avec deux intervenants.
00:16 Mais voilà, on trouve que vos expériences se complétaient bien
00:19 pour discuter justement des toilettes sèches en milieu urbain.
00:22 Je vais commencer par vous présenter rapidement vous Laura.
00:26 Vous êtes chargée de programme à la Maison de la matière organique au Boulier, la MAMO.
00:30 C'est une association qui travaille à la démocratisation
00:34 de filières de gestion de la matière organique à l'échelle de collectivité.
00:39 Cette association réunit diverses structures dont la Fuménerie,
00:43 un collectif qui a développé, expérimenté pendant deux ans
00:47 le premier réseau de toilettes sèches en milieu urbain dans la métropole de Bordeaux.
00:52 Et vous du coup Marion-Julio, vous avez participé à cette expérimentation de 2020 à 2022
00:58 par sensibilité écologique notamment.
01:00 Et vous avez décidé à la suite de cette expérimentation
01:04 de garder des toilettes sèches dans votre logement à Bègles,
01:07 du commune de Bicrof de Bordeaux.
01:09 Donc j'avais une première question pour vous Laura.
01:12 En fait c'était pour savoir comment est née l'expérimentation de la Fuménerie exactement.
01:18 Alors l'expérimentation de la Fuménerie, elle est née principalement de rencontres,
01:24 notamment d'une rencontre entre la porteuse de projet
01:29 qui a mis en place cette expérimentation,
01:32 avec un groupe de citoyens de la métropole de Bordeaux
01:36 qui s'était formé déjà en 2015
01:39 et réunit sous le nom du collectif CAC à Couloir.
01:43 Et donc du coup la porteuse de projet Ambre a rencontré ce collectif
01:49 et certains de ses membres dans le but de justement résoudre l'interrogation
01:56 de comment on fait, comment on procède dans le milieu urbain
02:00 lorsqu'on ne veut plus participer à l'assainissement conventionnel,
02:06 lorsqu'on se fait des alternatives.
02:08 Et donc ce collectif CAC à Couloir en 2015 s'était formé,
02:13 l'association, elle, émerge en 2019
02:16 suite à des échanges qui ont repris entre tous ses membres
02:21 et donc du coup la porteuse de projet.
02:23 Et voilà, et donc du coup née l'association La Fuménerie.
02:29 Pourquoi La Fuménerie ?
02:31 Tout simplement puisqu'il a été fait un mix entre humain et fumier.
02:38 Le fumier c'est les excréta d'animaux mélangés à des déchets verts
02:43 pour faire de l'engrais ou de l'amendement pour les sols.
02:46 Et bien là c'était un peu le même raisonnement avec les excréta humains
02:50 mélangés avec des déchets verts pour faire des engrais pour le sol.
02:53 Donc voilà, et donc l'ambition de cette expérimentation
02:59 qui du coup démarre en 2019 pour deux ans,
03:02 c'est de voir si un service est mis en place
03:05 de gestion des excréta alternatifs au système conventionnel,
03:09 si un tel service est mis en place,
03:12 est-ce que ça peut permettre à certains foyers
03:15 qui seraient intéressés d'avoir une solution pérenne
03:17 d'assainissement alternatif.
03:20 D'accord, et juste pour bien comprendre,
03:22 le collectif Kaka Power c'était des habitants et des habitantes
03:25 qui souhaitaient en fait développer des toilettes sèches,
03:27 mettre en place des toilettes sèches ?
03:29 Alors oui, c'était un collectif d'environ une trentaine de personnes
03:33 qui depuis 2015 se questionnaient un petit peu sur comment mettre en place,
03:38 sur qui serait intéressé à l'échelle d'une ville,
03:42 est-ce que les gens étaient prêts à changer de pratique ?
03:45 Voilà, c'était un groupe qui a enclenché des réflexions
03:49 et qui voulait être un petit peu l'accompagnateur
03:52 de la mise en place de toilettes sèches dans des foyers sur la métropole.
03:57 Mais en fait, mine de rien, de 2015 à 2019,
04:01 peu d'entre eux ont passé le cap officiellement
04:04 d'installer des toilettes sèches chez eux,
04:06 et notamment au vu des contraintes logistiques, de compostage, etc.
04:10 On reviendra justement sur ce sujet-là.
04:13 Et du coup, qu'est-ce qui vous a motivé, vous Marion,
04:17 de participer à cette expérimentation ?
04:20 Comment vous avez entendu parler ?
04:23 Alors moi, je connaissais certains membres du collectif
04:30 et puis j'ai croisé la porteuse de projet à un moment donné.
04:35 Donc ça m'a intéressée parce que c'était une manière
04:39 de concrétiser certains engagements pour un mode de vie plus écolo.
04:46 Pour autant, je n'avais pas franchi le cap.
04:50 Et puis au moment où l'expérimentation s'est lancée,
04:55 enfin quelques mois avant,
04:57 j'ai été inondée par les égouts chez moi.
05:01 Et donc là, c'était une prise de conscience
05:05 moins sur l'aspect consommation d'eau
05:08 et plutôt sur l'assainissement
05:10 et sur des réseaux qui en ville sont très anciens,
05:14 ne sont pas toujours bien entretenus,
05:16 et où on a une explosion de la population
05:18 qui fait que les réseaux ne sont pas forcément adaptés.
05:22 Et quand on voit ça dans son salon,
05:24 c'est assez marquant et on se rend compte
05:27 de la complexité du système qui est derrière
05:30 et de l'intérêt à développer par endroit
05:33 sur des points noirs comme là où on est dans mon quartier,
05:37 à développer des modes d'assainissement alternatifs.
05:40 - Vous aviez déjà employé des toilettes sèches
05:43 avant cette expérimentation ?
05:45 - Pas chez moi, après j'ai des copains qui ont des toilettes sèches,
05:48 mais qui sont plutôt en milieu rural et pas en milieu urbain.
05:52 Et là, le fait que ce soit des toilettes séparées,
05:56 ça a aussi favorisé l'engagement là-dedans.
06:01 C'était plus facile là où j'étais d'avoir du séparatif.
06:05 - Justement sur les toilettes sèches séparées,
06:09 c'est le modèle qui a servi à l'expérimentation.
06:12 Laura, je me demandais pourquoi ce modèle
06:15 avait été sélectionné pour l'expérimentation ?
06:18 - Ce modèle a été confectionné en partenariat
06:24 avec un partenariat qui fait également partie de la MAMAN aujourd'hui,
06:28 une structure qui s'appelle Un Petit Coin de Paradis.
06:31 Leur corps de métier initial, c'était d'installer des toilettes sèches
06:35 en événementiel, mais ils ont été un gros soutien
06:41 pendant cette expérimentation, et donc ils ont un atelier de menuiserie,
06:45 et ils ont du coup confectionné le modèle de toilettes
06:49 qui a été expérimenté.
06:51 Peut-être ici, je peux le projeter ?
06:54 - Oui, bien sûr.
06:56 Je vais regarder, je crois que j'ai la possibilité après de la changer à la définition.
07:03 C'est une structure qui se trouve dans la métropole de Bordeaux, c'est bien ça ?
07:11 - Oui, la structure qui nous a aidé à faire ces toilettes,
07:17 c'est Un Petit Coin de Paradis, à Eysines,
07:20 à côté de la ville de Bordeaux, au sein de la métropole.
07:24 Ils ont confectionné un toilette qui, comme le disait Marion,
07:29 fait la séparation, avec récupération des urnes et des matières fécales distinctes,
07:35 pour des questions logistiques déjà, pour des questions d'odeur
07:39 en appartement, pour des questions de valorisation derrière.
07:44 Et l'intérêt de ce toilette qui a été créé,
07:47 c'était aussi de, au mieux, faire la même taille qu'un toilette conventionnel,
07:51 pour justement pouvoir ne pas avoir de contraintes
07:55 quand on installe ce matériel à la place des toilettes conventionnelles.
07:59 - D'accord.
08:01 Et est-ce que, justement, je vais vous demander
08:03 comment ça se passait concrètement...
08:05 - Je vais regarder la couleur.
08:07 - Comment ça se passait concrètement pour les personnes
08:09 qui souhaitaient suivre l'expérimentation ?
08:12 Est-ce qu'il y avait un diagnostic chez eux ?
08:14 Comment, en amont, vous prépariez un peu l'installation ?
08:19 - Alors, du coup, quand l'idée de l'expérimentation s'est officiellement lancée,
08:25 il y a eu des questionnaires qui ont été partagés,
08:30 notamment via toute la mailing list et l'entourage de ce collectif Kaka Power.
08:36 Donc, c'est notamment comme ça que Marion a connu l'expérimentation.
08:42 Et via des réseaux de jardins partagés en ville, etc.
08:47 À ce questionnaire, une fois que suffisamment de personnes avaient répondu,
08:53 on a mené des entretiens téléphoniques
08:58 avec ceux qui avaient indiqué dans le questionnaire qu'ils pouvaient être intéressés.
09:03 Et après ces entretiens téléphoniques, on a pris en compte certains critères,
09:11 notamment, principalement, la localisation des foyers qui étaient intéressés.
09:16 Pour gagner en efficacité et pour ne pas perdre trop de temps,
09:20 pour gagner en logistique, il a été décidé que le périmètre intra-muros,
09:26 enfin, intra-boulevard de Bordeaux serait gardé
09:31 et que dans l'idéal, on ne dépasserait pas ce périmètre,
09:35 puisque c'est quand même déjà un périmètre qui est assez étalé,
09:39 Bordeaux intra-boulevard.
09:41 Donc, c'est ce qui a été fait.
09:44 Suite à ces entretiens téléphoniques, et l'application de certains critères,
09:51 donc la localisation, mais dans l'idéal aussi, ce qui a été recherché,
09:54 c'était des foyers qui étaient propriétaires si possible,
09:58 idéalement en rez-de-chaussée, idéalement avec une ventilation
10:03 dans la salle d'eau ou dans le toilette, mais ça c'était idéalement,
10:06 puisque en réalité, il y a eu quelques petites dérogations pratiques.
10:11 Et ça, ça s'est constaté, notamment, dans la dernière étape,
10:15 où il y avait effectivement une visite chez les foyers.
10:18 Déjà, de un, pour vérifier la faisabilité pratique de l'installation,
10:22 et donc vérifier s'il y avait effectivement de l'aération,
10:25 s'il y avait une accessibilité pas trop contraignante
10:28 pour les valorisateurs qui viennent de récolter les matières, etc.
10:31 Et pour aussi s'assurer que tous les membres du foyer étaient d'accord
10:35 pour se lancer dans cette expérimentation.
10:37 Et c'était pas une expérimentation seulement portée par une personne du foyer.
10:41 Et au cas le cas contraire, il était préférable
10:46 qu'il y ait un autre toilette conventionnelle qui reste au sein du foyer
10:50 si tout le monde n'était pas d'accord pour utiliser le toilettage.
10:53 Voilà, c'est un peu comme ça que ça s'est passé pour choisir les produits.
10:58 - Je reviens sur ce que vous disiez.
11:01 Vous disiez que c'était plus simple chez les propriétaires de leur logement.
11:06 C'est d'ailleurs que pour les locataires,
11:08 est-ce qu'il y avait une demande d'autorisation ?
11:11 Comment ça se passe exactement pour ces locataires ?
11:15 - Alors, pour les locataires, il y en avait quand même.
11:20 Donc, ce qui était convenu, c'était qu'il y ait toujours une réversibilité
11:25 qui puisse être mise en place assez rapidement.
11:28 Et que le locataire s'engage à se porter responsable
11:33 s'il y avait le moindre souci avec son propriétaire.
11:36 Mais ça n'a pas eu lieu.
11:39 Mais en tous les cas, ce qui était prévu, c'était la réversibilité du matériel.
11:44 Donc, voilà.
11:47 - Donc, Marion, comment ça s'est passé ?
11:51 Contrairement à vous, si vous pouvez nous expliquer un peu
11:54 ces deux ans d'expérimentation avec à la fois la collecte,
11:59 comment ça s'est passé exactement ?
12:02 - Pour la partie collecte ?
12:04 - Oui, vous, comment ça s'est passé de manière générale ?
12:08 - Déjà, j'ai suivi le parcours que Laura vient d'écrire.
12:15 Après, chez moi, j'ai choisi d'installer les toilettes sèches
12:19 dans un endroit dédié, dans un garage,
12:21 ce qui fait que j'ai gardé les toilettes à eau.
12:24 Et que je n'ai pas de contraintes particulières d'espace.
12:28 Donc, voilà, c'était assez facile de mon côté.
12:33 Et ensuite, pour la collecte, peut-être que Laura reviendra en détail
12:37 sur comment ça se passait.
12:41 - Au début, on avait une collecte hebdomadaire à date fixe.
12:48 Et puis après, ça s'est transformé en rendez-vous,
12:52 ce qui pour moi était encore plus facile,
12:55 parce que comme je suis seule et que je suis souvent en déplacement,
13:01 je n'avais pas forcément besoin d'une collecte toutes les semaines.
13:05 Donc, voilà, je prenais rendez-vous sur la plateforme.
13:10 Les collecteurs avaient les clés.
13:13 Et puis, moi, je préparais juste les caisses.
13:16 Et après, ils passaient de manière autonome
13:19 quand ils pouvaient passer sur le créneau qu'on avait identifié.
13:23 - D'accord.
13:25 Laura, si vous voulez compléter, justement, pour la collecte,
13:29 vous êtes à près pour le stockage.
13:32 - Oui, effectivement, en cours d'aventure,
13:35 le mode de fonctionnement a un petit peu changé.
13:38 Et ça, c'est notamment dû au fait d'avoir mutualisé les collectes
13:42 avec une autre structure qui faisait de la collecte
13:46 en porte-à-porte également de Bokashi.
13:49 Et donc, du coup, une plateforme a été déployée,
13:52 donc une plateforme Internet en ligne,
13:55 sur laquelle les coproducteurs pouvaient du coup choisir,
13:58 effectivement, un créneau, donc du lundi au jeudi,
14:01 sur lequel ils voulaient que les collecteurs passent,
14:04 ce qui, du coup, je pense, effectivement,
14:07 modifiait la logistique pour certains foyers.
14:10 Et donc, du coup, à ce créneau choisi,
14:13 soit la personne était présente et donc, du coup,
14:16 un échange de contenants vides contre contenants pleins se faisait,
14:19 soit la personne n'était pas à domicile, mais avait préparé
14:22 et sorti ses caisses pour que quand les collecteurs passaient,
14:25 ce soit simple, ils aient juste à récupérer le matériel plein
14:28 et le matériel vide. Et là, ici encore, je peux partager mon écran
14:31 pour qu'on se fasse peut-être une idée.
14:34 - Oui, bien sûr.
14:36 - Vous disiez Bokashi, pardon, je n'ai pas bien compris.
14:39 - Alors, c'était une association qui faisait de la collecte de Bokashi.
14:42 Les Bokashi, c'est des petits composteurs maison,
14:45 des sauces de compost, mais avec des E.M. dedans
14:48 qui font que le compost se dégrade d'une autre façon.
14:51 C'est pour les déchets alimentaires.
14:54 Et donc là, du coup, on peut voir la collecte,
14:57 donc du coup, avec une caisse à l'avant et une caisse à l'arrière.
15:02 Mais il n'y avait pas forcément toujours la caisse à l'arrière.
15:05 Et ensuite, ici, on a l'intérieur d'une remorque type,
15:11 donc avec des contenants pleins d'urine.
15:14 Le sceau gris que vous voyez ici, c'est justement un sceau de Bokashi.
15:17 - D'accord.
15:19 - Et ici, les caisses bleues, il y a également des vides et des pleines
15:22 pour procéder à l'échange.
15:24 Et ce qui avait été mis en place également, c'était des points logistiques.
15:29 La ville avait mis à notre disposition des points logistiques en centre
15:35 pour que les collecteurs puissent aussi faire une seule collecte,
15:39 mais avoir des points où ils pouvaient déposer leur caisse pleine,
15:43 reprendre des vides et finir leur collecte,
15:46 puisque rien dans une remorque comme ça,
15:52 une seule collecte ne passait pas.
15:54 Donc, il fallait avoir des points de dépôt pour pouvoir échanger de matières.
15:58 - D'accord.
16:00 Et donc après, le stockage et la valorisation,
16:03 parce que du coup, la communauté organisait ça aussi,
16:05 comment ça se passait ? Vous êtes comment ?
16:07 - Alors, ici encore, il y a eu plusieurs organisations.
16:13 Dans un premier temps, on avait un point sur une plateforme à Mérignac,
16:19 donc une ville qui est voisine de Pordo,
16:21 où on pouvait composter nous-mêmes les matières
16:26 en mutualisant avec les Bokashi qui étaient récupérés
16:31 et en amenant une partie de déchets verts,
16:33 en faisant venir une partie des déchets verts,
16:35 bourroya, etc.
16:37 Et vu qu'on pratiquait la séparation,
16:39 donc les urines étaient récupérées dans des bidons,
16:42 ces urines, pendant une partie de l'expérimentation,
16:45 ont été valorisées chez une structure qui s'appelle Toupie,
16:49 qui est pareil en Gironde,
16:51 et qui, eux, développait à ce moment aussi
16:54 leur activité de valorisation des urines,
16:56 avec lesquelles ils créaient des biostimulants
17:00 qui sont joués à l'utilisation de l'agriculture.
17:04 Donc, pendant une période,
17:07 on a valorisé les cuves d'urine avec eux.
17:10 Par la suite, on a arrêté la valorisation avec eux,
17:15 puisque le processus de stabilisation des urines
17:19 était un petit peu complexe et contraignant pour nous.
17:22 Donc, on a, pendant une période,
17:25 faute d'exutoires, envoyé les urines
17:28 dans le système de tout allégout.
17:30 Et ensuite, en fin d'expérimentation,
17:33 on est revenu à du compostage unitaire,
17:36 c'est-à-dire qu'on ne séparait plus les matières,
17:39 et on compostait le tout, donc du coup,
17:41 chez notre deuxième partenaire,
17:44 qui était une plateforme de compostage industriel,
17:46 à qui on stockait les matières
17:48 dans nos points de stockage ou amérignac,
17:50 dans des composteurs,
17:52 où se procédait un pré-compostage.
17:55 Et une fois ces contenants pleins,
17:57 ces composteurs pleins,
17:59 on sollicitait nos partenaires,
18:01 donc cette plateforme de compostage,
18:03 pour qu'ils viennent récupérer les bacs
18:07 et envoyer ces matières au compostage industriel.
18:10 Et à l'issue du compostage industriel,
18:12 la plateforme produisait un compost normé,
18:15 qui pouvait être revanqué.
18:17 D'accord.
18:18 Et je reviens juste sur l'installation des plateaux.
18:21 Est-ce que ça a été fait en entreprise également,
18:23 ou c'était que chez deux parties de groupe ?
18:25 Alors, il y avait quelques ERP,
18:27 établissements qui accueillent du public,
18:29 qui ont été équipés.
18:31 Un atelier de bois,
18:35 de travail de bois.
18:37 Eux, pour une première contrainte,
18:39 c'est que dans cet atelier-là,
18:41 bien qu'ils soient en milieu urbain,
18:44 il n'y avait pas de raccord au tout-allégout,
18:46 donc en fait, ils fonctionnaient déjà en toilettes sèches.
18:49 Mais ils n'avaient pas de système de collecte,
18:52 donc c'était contre-compréhension.
18:54 Il y avait aussi un atelier d'art qui a été équipé,
18:57 ainsi que des crèches partenaires,
18:59 qui ont été équipées et qui sont toujours équipées aujourd'hui.
19:02 Ah, super. D'accord.
19:04 Justement, on reviendra sur le fait
19:06 de comment l'expérimentation a pu se pérenniser
19:09 chez certaines personnes, dans certaines cultures.
19:13 Et Marie-Louise, je me demandais également
19:16 comment ça s'était passé par vous,
19:18 comment vous aviez vécu l'expérience.
19:20 Par rapport aux toilettes sèches,
19:22 il y a souvent un cliché qui est celui de l'odeur.
19:24 Donc, tout simplement, je me demandais, vous,
19:27 si vous aviez eu des contraintes ou pas,
19:29 par rapport à cette expérimentation.
19:31 Et puis, aujourd'hui, vous avez toujours les toilettes sèches.
19:34 Non, il n'y a pas eu de contrainte particulière,
19:37 comme je le disais tout à l'heure,
19:39 notamment parce que c'est du séparatif.
19:41 Donc, il y a peu de problèmes d'odeur.
19:45 Après, à la fin de l'expérimentation,
19:47 quand on est revenu à tout mélanger,
19:51 ça a été un peu plus compliqué
19:54 par rapport aux odeurs
19:56 et par rapport aussi à la lourdeur des caisses.
19:58 C'est pas le même poids.
20:00 Mais bon, ça a resté quand même facile
20:04 pour le coproducteur,
20:06 c'est vraiment beaucoup moins facile
20:08 pour celui qui ramène.
20:10 Donc, pas de contrainte particulière.
20:13 Après, sur les milliers d'autres questions
20:19 par la liste,
20:21 sur la partie comment ça a été pris
20:23 par d'autres personnes de mon entourage,
20:26 ça n'a pas permis de lever particulièrement les craintes.
20:31 Juste comme pour conserver les toilettes à eau,
20:35 il y en a qui avaient toujours eu une bonne excuse
20:37 pour aller aux toilettes à eau.
20:39 On trouve plein plein d'excuses pour ça.
20:42 Ça a quand même permis à certains
20:45 de se dire que c'était possible.
20:47 Il y en a qui m'ont demandé
20:49 comment rejoindre l'expérimentation.
20:51 Alors, l'expérimentation, elle n'a pas accueilli
20:53 tout le monde tout au long du processus.
20:57 Mais en tout cas, il y en a qui se sont posé la question
20:59 de combien ça coûtait,
21:01 comment ils pouvaient l'installer chez eux, etc.
21:03 Je ne pense pas qu'il y ait franchi le cap
21:06 pour l'instant, en tout cas ceux qui sont en milieu urbain.
21:09 Mais ça a permis de montrer que ce n'était pas sale,
21:14 que ce n'était pas odorant.
21:16 On ne voyait pas forcément que c'était des toilettes sèches.
21:20 Au sein de votre entourage,
21:22 il n'y a pas de personnes qui n'ont franchi le pas
21:24 particulièrement en milieu urbain, notamment ?
21:27 Pas à ma connaissance.
21:30 Oui.
21:32 À qui ?
21:35 Est-ce que vous avez fait des calculs sur les économies d'eau ?
21:40 Vous aviez toujours des toilettes à eau en complément,
21:43 mais est-ce que vous avez calculé
21:45 s'il y avait eu des économies sur les maisons,
21:47 pas particulièrement ?
21:49 Non, je n'ai pas fait de calcul.
21:51 Et Laura, est-ce qu'il y a eu des calculs
21:54 suite à l'expérimentation chez certains particuliers
21:57 ou dans certaines structures ?
21:59 À la base, il était prévu le séminaire
22:03 d'installer des compteurs d'eau spécifiques
22:07 chez certains foyers,
22:09 mais le suivi n'a pas été très respecté.
22:13 Mais néanmoins, on est tous capables
22:15 de faire les calculs nous-mêmes.
22:17 Notre consommation d'eau dans les chalices d'eau,
22:20 ça représente 20 à 30 % de d'eau à la maison.
22:24 Et approximativement, à chaque fois qu'on tire la chalice d'eau,
22:28 on utilise entre 6 et 10 litres d'eau.
22:31 Donc, sur une journée, c'est très facile
22:33 pour tout un chacun de faire le calcul,
22:35 de se dire qu'aujourd'hui, j'ai tiré la chalice 8 fois.
22:39 Au minimum, ça fait 6 litres à chaque fois.
22:42 Et encore, je suis vraiment sur le minimum
22:44 parce que les nouvelles chalices d'eau,
22:46 elles sont de moins en moins conséquentes.
22:48 Mais si on a un vieux toilette,
22:50 on est plutôt sur des chalices d'eau de 9 à 10 litres.
22:54 Et donc, de multiplier ça par le nombre de jours
22:57 qu'il y a l'année,
22:59 c'est assez affligeant de voir la quantité d'eau
23:02 qu'on consomme à l'année.
23:05 Grosso modo, à l'année,
23:09 c'est à peu près 10 mètres cubes qu'on consomme d'eau par personne.
23:14 10 mètres cubes, c'est ce qu'on boit en 10 ans.
23:17 Donc, voilà, ça donne des petites images comme ça.
23:21 Après, à proprement parler,
23:25 on n'a pas fait du suivi dans les foyers de l'expérimentation.
23:30 Mais en plus, il y a eu plusieurs périodes.
23:33 Il y a eu une période de collecte pendant le Covid,
23:35 où là, les gens étaient beaucoup plus chez eux,
23:37 donc les économies d'eau étaient plus conséquentes.
23:40 Tandis que dans une période, on va dire classique,
23:43 les gens sont à trois quarts du temps au boulot ou à l'extérieur.
23:47 Donc, moins d'économies faites à l'année.
23:50 Enfin, voilà, ça se calcule différemment.
23:53 Si on veut vraiment connaître l'impact que nous, on consomme,
23:56 à titre personnel, sur une journée, peu importe où nous sommes,
23:59 en eau, le calcul est assez simple à faire.
24:02 D'accord. Si ce n'est pas l'inverse,
24:04 parce que je pensais que si on n'était pas chez nous,
24:06 on pourrait prendre des économies...
24:09 Si on n'est pas chez nous, effectivement, on ne consomme pas notre liste d'eau.
24:14 Mais quand on y est, on n'utilise pas d'eau du tout.
24:19 Donc oui, on ne consomme pas l'eau dans tous les cas.
24:23 Ok.
24:24 Et pourquoi, tout à l'heure, vous parliez de coproducteurs, de coproductrices,
24:30 pour nommer les personnes qui ont suivi l'expérimentation.
24:34 Pourquoi employer ce nom-là exactement ?
24:38 Alors, au lancement de l'expérimentation et tout au long de l'expérimentation,
24:44 on s'est rapproché d'un laboratoire qui s'appelle le LESU,
24:47 qui est très engagé sur le sujet, dont c'est l'expertise.
24:56 C'est le Laboratoire pour l'environnement des systèmes urbains.
24:59 Il est basé à Paris.
25:01 Et on a notamment beaucoup échangé avec eux tout au long de l'expérimentation,
25:04 et notamment avec une de leurs sociologues,
25:06 qui nous a beaucoup ouvert les yeux sur le fait d'utiliser les bons mots
25:14 quand on veut mettre en place des changements systémiques
25:18 ou des changements de rupture, et de faire attention aux mots.
25:22 Donc, par exemple, de ne pas parler de déchets,
25:24 mais plutôt de matière ou alors de produits.
25:27 Et donc, du coup, il y avait aussi cet enjeu de comment on appelle
25:31 nos participants à l'expérimentation,
25:33 parce que sans leur participation, il n'y a pas d'expérimentation.
25:37 Donc, on voulait que leur soit donnée une qualité de plus que de participants.
25:44 Leur rôle est aussi important que celui des valorisateurs, que des collecteurs.
25:48 Et donc, du coup, c'est dans ce cadre-là que on est venu à se dire
25:53 que ça pouvait être des co-producteurs,
25:55 pour leur donner la même place que celle des valorisateurs.
26:00 D'accord.
26:02 Et donc, cette expérimentation, si j'ai bien compris,
26:05 elle a été subventionnée par la métropole de Bordeaux.
26:09 Comment vous avez convaincu la collectivité de vous suivre sur ce projet ?
26:14 Alors, la collectivité nous a soutenus, effectivement,
26:18 mais ça n'a pas été la seule.
26:20 Cette expérimentation, elle a été soutenue par le département,
26:23 par la région, par la ville de Bordeaux, par d'autres villes,
26:27 par la métropole, par quelques fondations privées également.
26:32 Et comment on a allé les chercher ?
26:36 Alors, ce n'était pas moi qui étais en charge à ce moment-là,
26:39 c'était la porteuse de projet.
26:41 Mais je pense que, dans un premier temps,
26:44 le fait qu'il y ait ce collectif Kaka Power qui a déjà fait tout un travail
26:49 pendant quelques années sur est-ce que certaines personnes
26:53 sont prêtes à passer le cap si quelque chose émerge,
26:57 est-ce qu'il existerait vraiment un besoin au sein du milieu urbain ?
27:00 Ils avaient déjà fait ressortir plusieurs de ces informations-là,
27:04 ce qui donnait déjà une légitimité à la demande.
27:08 Par ailleurs, il y avait le lien avec ce laboratoire
27:11 dont je parlais juste avant, qui donnait aussi une crédibilité
27:14 à cette expérimentation puisque le laboratoire s'est engagé
27:17 à suivre et à accompagner un petit peu ce projet.
27:21 Au sein de ce laboratoire, il y a justement la même année
27:25 aussi une thèse de Fabien Escuy qui est sortie.
27:29 Et qui crédibilisait totalement l'envie de démontrer
27:33 que des alternatives sont possibles.
27:36 Donc voilà, ça a été un concours de circonstances
27:39 qui ont fait que ça a été possible.
27:42 Il y avait aussi cette structure Tupi qui commençait à développer
27:45 des choses intéressantes.
27:47 Donc voilà, et puis une fois qu'une collectivité
27:51 était dans la boucle, c'était plus facile d'aller en chercher d'autres.
27:55 Et il y a aussi eu, je pense, ce qui a pu jouer,
27:58 c'est le profil des membres de la collégiale à ce moment-là.
28:03 Ils étaient tous de profil d'ingénieurs, d'agronomes
28:07 ou compétents en écologie de l'environnement, par exemple.
28:12 Et je pense aussi que ça peut rassurer.
28:15 Et potentiellement, une dernière chose qui nous a permis
28:21 d'être incubée par ATIS et d'être accompagnée aussi par ELIX,
28:31 ces deux structures qui font de l'accompagnement
28:33 sur l'innovation sociale notamment.
28:36 Donc qui ont aidé aussi l'association à bien structurer
28:39 sa feuille de route, ses ambitions, etc.
28:42 Et donc le but de cette expérimentation,
28:45 c'était vraiment mesurer la préservabilité technique,
28:48 la pertinence, la viabilité de cette solution
28:51 d'assainissement en milieu urbain.
28:53 Donc je cite un peu l'idée de l'association.
28:56 Quelles ont été les conclusions tirées de cette expérimentation ?
29:02 Quels sont les obstacles selon vous à ce passage à l'échelle ?
29:07 Quels sont les leviers possibles ?
29:10 Eh bien, vaste question sur laquelle on est encore en train de...
29:18 On va faire un rapport de conclusion, toujours pas fait.
29:24 Mais globalement, il y a énormément de choses.
29:27 Il y a les freins dans un premier temps économiques.
29:33 Là, l'expérimentation, elle a été financée complètement
29:37 par les pouvoirs publics et les institutions.
29:40 Néanmoins, si elle n'avait pas été subventionnée,
29:43 si on voulait continuer l'expérimentation au coût du producteur,
29:49 le coût était très imposant et revenait beaucoup plus cher
29:56 que le fait d'avoir l'assainissement conventionnel à la maison.
29:59 Donc ça, c'est un modèle économique qui ne fonctionne pas.
30:04 Il y avait des constraintes logistiques,
30:08 dans le sens où là, il a fallu mutualiser les collectes
30:13 avec notre structure pour gagner en efficacité
30:19 et en moyens humains.
30:24 Là, on avait beaucoup de moyens humains sollicités
30:28 pour seulement 300 foyers.
30:30 Donc pour un passage à l'échelle avec cette organisation-là,
30:33 il aurait fallu soit restreindre la zone de collecte,
30:37 donc avoir un territoire plus petit avec le même nombre de personnes,
30:40 mais être beaucoup plus efficace avec plus de personnes
30:43 dans une zone plus petite.
30:44 Ou alors, si on pense toujours à la même superficie de territoire de collecte,
30:48 encore un fait, il fallait intensifier le nombre de coproducteurs,
30:52 mais il fallait aussi plus de monde pour effectuer ces collectes-là.
30:57 Et ça coûte d'embaucher des personnes.
31:02 Donc voilà, il y a encore toutes ces questions de logistique.
31:05 Quoi d'autre ?
31:10 Nous, mine de rien, je ne dirais pas qu'on a eu de contraintes territoriales,
31:14 au contraire, on a eu plutôt la chance d'être dans un département
31:18 où, comme je disais, il y a eu un cocon fertile à ce moment-là,
31:21 qui a fait qu'on avait des alternatives pour la valorisation,
31:24 on avait des possibilités de compostage, etc.
31:30 On était dans une ville qui est relativement plate,
31:33 pour faire de la collecte en vélo, ça a été.
31:36 Donc on a eu plutôt des aides sur l'aspect territorial
31:40 et pas trop de contraintes.
31:41 On avait aussi une ville qui était relativement engagée
31:45 pour nous soutenir.
31:48 Et vous disiez, je rebondis juste sur le coût financier,
31:53 le modèle économique qui n'est pas encore viable.
31:56 Est-ce que du coup, ça veut dire que si par exemple des collectivités
31:59 voudraient mettre en place des dispositifs en accumulé,
32:03 ça serait une impulsion,
32:05 il y aurait vraiment une volonté collective derrière,
32:07 mais économiquement, ce n'est pas encore forcément efficient
32:13 pour les collectivités ?
32:15 Effectivement, ça représente un coût.
32:17 Après, le coût a été conséquent parce que les pouvoirs publics,
32:23 s'ils se lancent dans la mise en place de cette prestation,
32:27 ils ont des moyens déjà que nous, nous n'avions pas,
32:32 ce qui expliquait aussi le coût assez conséquent.
32:37 Et le post-expérimentation nous fait aussi dire
32:44 que bien qu'il y ait une volonté citoyenne qui puisse impulser,
32:50 là, c'est totalement une volonté citoyenne qui a impulsé
32:53 cette expérimentation, mais pour un passage à l'échelle,
32:56 la volonté citoyenne ne suffira pas et une propulsion
33:01 et une impulsion des pouvoirs publics sera nécessaires
33:04 pour justement ce passage à l'échelle.
33:07 Avec aussi d'autres choses, il y a aussi un cadre réglementaire
33:11 qui n'est pas propice à développer ce genre de service,
33:16 il y a encore de la recherche qui est nécessaire sur ces aspects-là,
33:22 il y a encore quelques freins à lever au-delà du coût,
33:26 le coût n'est pas le seul premier frein.
33:30 Il y a aussi des freins écologiques à lever pour un passage à l'échelle,
33:37 là on était majoritairement sur des coproducteurs
33:40 qui étaient des fois convaincus ou alors qui étaient déjà
33:44 dans des démarches de réduire leur impact écologique.
33:49 Justement, je voulais vous demander à toutes les deux,
33:52 en parlant justement de ces freins psychologiques, culturels,
33:57 par rapport à la vie de la matière organique, à sa valorisation,
34:04 pour vous, comment on pourrait lever un peu ces obstacles
34:09 à la fois au sein de son entourage, je ne sais pas si Marion,
34:13 vous avez déjà été convaincre, c'était personne autour de vous,
34:16 ou convaincre plus des structures publiques,
34:19 Laura, pour vous, qu'est-ce qui permettrait de lever ces obstacles,
34:25 ces barrières un peu psychologiques par rapport au toilet sèche ?
34:31 À l'échelle individuelle, je pense qu'il y a un enjeu à sensibiliser
34:38 sur ces questions, le jour où on parlera de l'assainissement,
34:42 on parle du tri sélectif, on aura déjà gagné une partie de la lutte,
34:48 faire exister ce sujet, faire exister à la fois la consommation d'eau
34:52 et à la fois la question de l'assainissement,
34:55 ce serait une première étape.
34:58 Je pense qu'il y a aujourd'hui beaucoup d'inquiétudes,
35:03 enfin en tout cas, c'est ce qu'on voit dans ma pratique professionnelle,
35:07 il y a beaucoup d'inquiétudes sur l'approvisionnement en eau.
35:11 Il y a des gens qui parlent beaucoup de petits gestes,
35:14 mais la solution des toilettes sèches, elle est souvent peu connue,
35:20 et si elle est connue, elle souffre encore de pas mal de représentations
35:27 d'inquiétudes.
35:30 Le schéma aujourd'hui où on n'a pas d'air de compostage,
35:35 à Bordeaux, on a par exemple des airs de compostage
35:39 pour les déchets verts qui sont déjà saturés,
35:43 donc on a cette difficulté pour la matière organique,
35:47 donc il faudrait aussi développer ça pour les toilettes sèches,
35:53 les airs de compostage, et puis je pense aussi des aides financières,
35:57 parce que là, moi pour ma part, j'ai gardé le modèle
36:02 qui a été développé par Un Petit Coin de Paradis,
36:06 qui a des avantages, mais il y en a d'autres
36:10 qui auraient des avantages, mais qui sont beaucoup plus coûteux,
36:13 qui seraient plus faciles à utiliser, plus hermétiques,
36:16 où il y aurait un système de compostage derrière,
36:20 puisqu'encore une fois, il y en a qui ont de la place
36:22 et qui pourraient aussi composter directement.
36:24 Ça, c'est des coûts qui sont très importants,
36:26 et tant qu'il n'y a pas d'aide financière derrière,
36:28 ça ne fonctionnera pas.
36:30 Après, sur la question financière, l'usager ne voit que le coût
36:33 qu'il paye en termes d'assainissement et d'eau potable,
36:38 alors que ça n'a rien à voir avec le prix réel du service.
36:42 Donc, il faudrait aussi rétablir ça,
36:45 et je pense que ça marquerait les esprits
36:47 comme une grande campagne de sensibilisation sur ces questions.
36:51 - Est-ce que je rejoins Mélora ?
36:55 - Je rejoins tout à fait Marion.
36:57 Je pense que le premier levier, c'est d'en parler.
36:59 L'assainissement, c'est un sujet qui est connu que d'un très petit nombre,
37:04 auquel très peu de personnes s'intéressent parce qu'on n'en parle pas.
37:08 Et peu de personnes ont conscience de la complexité
37:14 d'un système d'assainissement dans une métropole,
37:17 de toutes les complexités que ça engendre,
37:21 la qualité des tuyaux.
37:23 Marion a au début parlé des canalisations vétustes.
37:26 Dans toutes les villes, les canalisations commencent à être vétustes.
37:30 De toute la consommation énergétique qu'engendre une station d'épuration,
37:35 de toutes les complexités réglementaires qui s'imposent
37:38 dans les stations pour renvoyer des eaux de bonne qualité,
37:41 dans la Garonne par exemple, pour nous c'est dans la Garonne.
37:45 Il y a plein de complexités, mais tous ces enjeux,
37:47 on en parle très peu.
37:49 Donc, la première chose, ça serait d'en parler beaucoup plus fortement.
37:54 Et je pense qu'une des choses qui pourrait aller dans ce sens,
38:00 ou en tout cas qui pourrait faire que ces solutions existent de plus en plus,
38:04 c'est mine de rien effectivement la peur des gens de manquer d'eau.
38:10 À titre d'exemple, on a eu beaucoup de sollicitations
38:15 ces derniers mois et ces dernières années de citoyens qui étaient en Bretagne
38:20 et qui ont fait face aussi à la multiplication des algues sur les plages.
38:27 La multiplication des algues sur les plages,
38:29 c'est en partie dû au fait qu'il y a trop d'azote dans les eaux.
38:32 Donc, eux notamment, parce qu'il y a beaucoup d'alpages porcins,
38:35 mais l'azote dans les eaux, il est aussi dû à nous,
38:39 à notre urine qui va dans les eaux.
38:41 Et donc, il y avait beaucoup de citoyens qui venaient de Bretagne
38:44 qui, ayant vu des phénomènes de leurs propres yeux,
38:49 là, ont eu un déclic et se sont dit
38:52 "Moi aussi, je peux jouer un rôle et les toilettes sèches, ça peut être une solution".
38:56 Donc, potentiellement, les événements climatiques à venir
39:02 engendreront une conscientisation des citoyens.
39:06 Mais avant tout ça, je pense qu'effectivement, la première solution
39:11 c'est de faire de ce sujet un vrai sujet placé au cœur du débat public.
39:15 - Sur l'expérimentation, donc, elle s'est achevée en 2022,
39:19 est-ce que vous espériez au début des suites peut-être
39:24 à plus large échelle de cette expérimentation ?
39:27 Est-ce que des personnes comme Marion, par exemple,
39:30 ont poursuivi d'une certaine manière en gardant des toilettes sèches chez eux ?
39:36 - Dès le départ, l'association avait bien pour objectif
39:45 de mettre en place une expérimentation.
39:47 Donc, elle était définie dans le temps, cette expérimentation, c'était deux ans.
39:51 L'objectif, c'était justement de voir quelle était la faisabilité, etc.
39:55 Et l'ambition, ce n'était pas de faire un passage à l'échelle,
40:00 c'était à minima soit de pouvoir proposer aux coproducteurs
40:04 de pouvoir garder les toilettes sèches chez eux,
40:08 et du coup, de trouver des solutions,
40:10 de pouvoir au moins à minima mettre des solutions en place pour eux.
40:13 Et il y avait aussi au lancement la potentialité
40:17 que cette expérimentation, elle n'aboutisse pas du tout comme on souhaitait,
40:21 et que du coup, elle servirait juste à avoir des données,
40:24 à faire un retour d'expérience,
40:26 et potentiellement à impulser de nouvelles initiatives ailleurs ou ici.
40:32 Mais l'ambition première, c'était vraiment d'expérimenter pendant deux ans.
40:35 Et donc du coup, aujourd'hui, à l'issue de cette expérimentation,
40:39 au maximum qu'on a pu être, on était 30 sans foyer,
40:43 ce qui faisait à peu près une bonne centaine de personnes
40:46 qui utilisaient des toilettes sèches.
40:48 Sur ces 30 sans foyer, il en reste 7 qui sont équipées,
40:54 soit parce qu'ils étaient déjà équipés avant,
40:58 certains d'entre eux étaient déjà équipés avant,
41:01 et donc, ils avaient juste opté pour la prestation de collecte,
41:05 mais avaient leur propre système de toilettes.
41:08 Les autres n'avaient pas d'autre choix,
41:10 c'est notamment le cas de l'atelier dont je vous parlais au départ.
41:14 Dans tous les cas, ils n'ont pas d'autre choix que d'avoir des toilettes sèches,
41:17 donc ils en ont encore.
41:19 Et d'autres foyers ont pu mettre en place un composteur dans leur jardin,
41:23 et du coup, maintenant, ils autogèrent leurs excréta.
41:30 Mais c'est le cas seulement d'un nombre limité,
41:34 et pour ceux qui auraient voulu le garder mais qui n'ont pas pu,
41:37 généralement, ça s'explique par le fait qu'ils vivent en appartement,
41:40 et qu'ils n'ont aucun moyen de valorisation,
41:42 même si, si vous voulez le faire, ils n'ont aucun espace à disposition,
41:46 et c'est le cas d'une majorité.
41:50 - Juste pour rappeler, c'était gratuit pour les personnes qui faisaient cette expérimentation,
41:56 c'était gratuit de suivre cette expérimentation ?
42:00 Oui, et donc, pour les personnes qui ont souhaité garder les toilettes,
42:04 est-ce qu'ils ont dû racheter ces toilettes-là à un petit camp de paradis ?
42:09 Comment ça s'est passé concrètement ?
42:12 Marion, si...
42:14 - Oui, je dois les racheter.
42:18 - D'accord.
42:20 - Effectivement, on a dû racheter le matériel,
42:22 qui a un coût totalement raisonnable, si on le compare à...
42:27 - C'est combien environ, peut-être ?
42:30 - Ils ont racheté les occasions, et du coup, c'est quoi ?
42:34 C'est 100 euros, c'est ça ?
42:36 - D'accord.
42:38 - Par rapport à un quipondémat, enfin, en porcelaine.
42:42 - Ah, bah oui.
42:44 - Voilà.
42:46 - Et Marion, pourquoi vous avez souhaité garder ces toilettes sèches
42:51 suite à l'expérimentation ?
42:53 - Moi, je les ai fermées d'abord,
42:56 parce que je n'avais vraiment aucune solution pour faire partir la matière.
43:02 Après, j'ai eu un problème sur mes toilettes à eau,
43:05 donc je les ai rouvertes,
43:07 et j'ai eu la possibilité de faire partir la matière à la campagne.
43:11 Donc l'air de rien, ça me sauve,
43:16 parce que je ne peux pas composter dans mon jardin.
43:18 Enfin, je n'ai pas de jardin, donc je ne peux pas composter dans mon jardin.
43:22 J'ai bien un compost,
43:24 mais je pense que j'aurais trop de problèmes à réussir le compostage,
43:28 et puis j'ai des voisins très, très proches,
43:30 donc ce serait quand même relativement compliqué.
43:33 Donc voilà, on a fait le choix de les rouvrir
43:37 avec une logistique qui n'est pas forcément évidente,
43:41 qui se fait, mais sur la période estivale,
43:44 c'est quand même plus compliqué,
43:46 parce qu'en hiver, c'est en toilette qui est dehors,
43:49 donc voilà, il n'y a pas d'odeur, il n'y a pas de mouche, il n'y a rien.
43:53 En été, c'est un petit peu plus difficile,
43:57 et puis surtout, à Balard-Rouen,
43:59 quand on commence à le faire tout seul chez soi,
44:01 on se rend compte que toute la chaîne...
44:03 Alors moi, je fais repartir les urines dans le réseau,
44:09 ce qui, du coup, n'est pas idéal.
44:13 Je ne consomme pas d'eau,
44:15 mais je fais quand même repartir dans le réseau d'assainissement.
44:18 Et puis voilà, on se rend compte que...
44:20 Enfin, on le savait, mais on ne le faisait pas.
44:23 Voilà, il faut tout nettoyer,
44:26 il y a une logistique particulière pour les bidons et les caisses
44:30 qui sautent aux yeux quand on doit le faire toutes les semaines.
44:34 Et on se dit, ils doivent faire un sacré boulot, les mecs,
44:37 quand ils...
44:39 À la fin de la semaine, ils devaient tout nettoyer.
44:42 - Ça vous prend combien de temps ?
44:44 Je ne sais pas si vous avez calculé,
44:46 mais à la louche, en termes de logistique par semaine,
44:49 est-ce que vous savez à peu près combien de temps ça vous prend ?
44:52 - Ça prend pas longtemps, si on ne compte pas le trajet, bien sûr,
44:55 mais ça ne prend pas beaucoup de temps,
44:57 mais c'est quand même une logistique,
44:59 parce que c'est de la matière organique
45:02 et qu'on ne peut pas se faire passer en habit de ville,
45:06 on peut s'habiller, il faut se mettre à un autre endroit
45:09 où ça ne risque rien.
45:11 Et donc, bon, après, on est à la campagne,
45:14 après, ça va, mais c'est quand même une logistique.
45:17 Et puis voilà, on ne peut pas toujours prendre la caisse
45:20 avec nous dans la voiture, parce qu'on va à droite, à gauche,
45:23 et on se retrouve avec cette logistique-là.
45:25 Après, on se questionne, comme on a de l'espace,
45:28 on se questionne sur un compostage directement sur place,
45:32 sur une cuve étanche.
45:34 - C'est dans votre garage, les toilettes, c'est ça ?
45:37 C'est une vie de maison et c'est dans votre garage,
45:40 et vous avez un petit jardin ou pas ?
45:42 - J'ai une cour, mais...
45:44 - Une cour, d'accord.
45:46 - Si on arrive à composter dans une cuve étanche,
45:50 il se posera aussi la question de la sortie de la matière,
45:53 si ça, forcément, ça réduira, si la sachette séchera.
45:56 J'aurai toujours pas assez de bacs à fleurs
46:00 pour sortir la matière.
46:04 Mais bon, déjà, ce qu'on aimerait, c'est essayer, quoi.
46:07 Essayer de voir si on peut composter sur place,
46:10 ça permettrait d'avoir un espace sans pompe
46:12 pour après faire partir plus tard la matière.
46:16 Voilà, on va voir ce que ça donne, on va le découvrir.
46:21 - Comment vous procurez de la sueur, du coup ?
46:25 - Eh bien, on a un lien avec la campagne,
46:29 donc on a arrivé à trouver de la sueur,
46:32 et puis Laura aussi a ses filons de sueur.
46:36 Finalement, effectivement, moi, c'est ça qui m'inquiétait aussi,
46:40 avoir un système qui...
46:44 Il y a une aération dedans, dans la pièce,
46:46 mais il n'y a pas d'aération dans le toilette en lui-même,
46:48 ce qui fait que ça ne sèche pas,
46:50 donc il faut forcément de la sueur.
46:53 Enfin, je veux dire, un peu de l'essence.
46:55 Donc ça, ça m'inquiétait.
46:57 Bon, en fait, c'est franchement pas là
46:59 où réside la plus grande complexité, quoi.
47:01 - D'accord.
47:02 - Et en hiver, il n'y a quasiment pas besoin de sueur, en fait.
47:06 C'est assez froid pour qu'il n'y ait pas de développement d'odeur.
47:11 Ou de mouche.
47:13 - En fait, je me permets de faire une petite précision,
47:16 peut-être pour les gens qui aimeraient se lancer
47:19 et qui ne savent pas trop, au niveau logistique,
47:21 ce que ça représente.
47:22 Mais on met de la sueur aussi beaucoup
47:24 quand on a de l'unitaire, quand on mélange les matières.
47:29 On a besoin de beaucoup moins de sueur
47:31 quand on n'a pas les urines dans le bac,
47:33 puisqu'il n'y a pas besoin d'absorber tous les liquides.
47:35 Et effectivement, comme dit Marion,
47:37 en hiver, ça sèche et les microbes sont...
47:40 Enfin, les odeurs sont tuées très vite.
47:42 En été, c'est bien, puisque du coup,
47:44 ça recouvre la matière et voilà.
47:48 Mais en tout cas, quand on a du séparatif,
47:50 c'est aussi l'intérêt.
47:52 Du séparatif, c'est quand on est dans un milieu
47:54 où on est soit en milieu urbain
47:56 et qu'on n'a pas envie qu'il y ait des odeurs, etc.
47:58 C'est plus pratique de mettre en place de la séparation
48:02 quitte à, effectivement, renvoyer les urines dans le réseau
48:05 à un moment parce qu'on n'a pas trouvé d'alternative.
48:09 Et pour se procurer de la sueur,
48:12 en milieu urbain, notamment, nous,
48:15 il y a l'atelier de bois, mais il y a aussi plusieurs ciries.
48:17 Pour qui, eux, la sueur, c'est un déchet.
48:21 Donc, généralement, c'est possible d'aller frapper à leur porte
48:26 pour voir dans quelle mesure il est possible
48:28 de venir se procurer de la sueur,
48:30 soit à faible coût, soit gratuitement,
48:33 pour les toilettes sèches.
48:35 - D'accord. Et je reviens un peu sur la réglementation.
48:39 Marion, tu parlais du compost.
48:41 Est-ce que, du coup, dans notre jardin en ville,
48:45 qu'il soit partagé ou pas,
48:47 est-ce qu'on a le droit de mettre nos déchets dans le compost
48:50 ou dans un compost municipal ?
48:52 Des fois, il y en a des composts municipaux.
48:55 Et également, lors de la collecte des déchets organiques,
48:58 est-ce que c'est possible ?
49:00 - Alors, à l'échelle de chez soi,
49:04 j'ai envie de dire, chacun fait comme il le veut.
49:08 Et en fait, la réglementation autour des toilettes sèches,
49:14 elle est très restreinte.
49:16 Il n'y a vraiment pas grand-chose,
49:18 notamment parce que des toilettes sèches en milieu urbain,
49:21 déjà, c'est très peu pratiqué.
49:23 Et la réglementation, généralement, n'intervient que quand il y a
49:26 un développement de cas pratiques qui sont déjà en place.
49:29 Donc, pour l'instant, la réglementation est très restreinte.
49:32 Elle se réduit à un article qui encadre l'installation
49:37 de toilettes sèches, mais dans les zones
49:41 qui sont non reliées au réseau d'assainissement collectif,
49:45 qui s'appliquent quand même dans les zones d'assainissement collectif.
49:49 Donc, en milieu urbain, généralement, souvent,
49:51 on est en zone d'assainissement collectif.
49:53 En milieu rural, dans certaines zones,
49:55 on est en assainissement non collectif.
49:57 Et donc, du coup, il y a certaines habitations
49:59 qui sont reliées à des fosses sceptiques, par exemple,
50:01 et qui ne sont pas forcément reliées au réseau tout à l'époux.
50:04 Donc, dans ce cadre-là, il y a un article qui prévoit
50:07 et qui encadre l'installation de toilettes sèches.
50:10 Il y a plusieurs règles à respecter,
50:12 et notamment le fait de gérer les matières à la parcelle.
50:16 C'est-à-dire que si on décide de composter nous-mêmes nos matières,
50:20 grosso modo, elles ne sont pas censées sortir de chez nous.
50:23 C'est un peu comme, actuellement, ce qui se fait pour le compostage
50:27 des biodéchets.
50:29 Actuellement, c'est à la parcelle.
50:31 Sauf que la distinction, c'est que les biodéchets,
50:34 effectivement, on peut avoir des jardins partagés,
50:36 où chacun amène sa matière,
50:38 ses matières issues des restes alimentaires.
50:41 Et donc, du coup, la matière peut être redistribuée
50:43 à ceux qui apportent leur matière sur l'espace partagé.
50:47 Là, pour les matières issues des toilettes sèches,
50:50 il n'y a pas de réglementation,
50:52 mais on reste quand même à la parcelle individuelle.
50:55 Donc, on se voit mal apporter des matières issues des toilettes sèches
50:59 dans des jardins partagés,
51:01 les mélanger avec les résidus alimentaires de d'autres personnes
51:04 qui n'auraient pas forcément donné leur accord pour ces pratiques-là.
51:07 Enfin, voilà.
51:08 Après, il y a aussi des choses qui sont potentiellement
51:11 en train de se mettre en place,
51:12 où des citoyens qui, en étant volontaires,
51:15 demandent à leur mairie de mettre en place des composteurs
51:20 partagés seulement pour les matières issues des toilettes sèches.
51:24 Et là encore, il faut avoir des interlocuteurs
51:27 qui soient réceptifs à cette démarche,
51:29 qui sont moteurs.
51:31 Il faut trouver l'emplacement,
51:33 il faut que tout le voisinage soit d'accord,
51:35 en milieu urbain, donc il y a forcément des points de compétence.
51:38 Donc voilà.
51:39 Mais niveau réglementation, en tout cas,
51:41 il y a encore beaucoup de chemin à faire.
51:43 - Et est-ce que Marion, vous souhaitez compléter sur cette partie-là,
51:46 sur la partie compostage ?
51:47 Est-ce que, pour vous, il y a des choses
51:49 qui pourraient être mises en place
51:51 pour faciliter un peu, justement,
51:53 la sortie de la matière organique ?
51:55 - Ce dont parlait Laura,
51:59 il y a une initiative à Bordeaux
52:02 pour installer une aire de compostage.
52:05 C'est des citoyens qui ont demandé à leur mairie de quartier
52:08 de dédier un lieu à ça.
52:10 Et du coup, c'est une forme aussi d'expérimentation,
52:13 de voir comment ça se prend au niveau du voisinage,
52:16 quelles sont les barrières.
52:18 Il y a dix ans, ils ont fait exactement le même exercice
52:21 avec des compostaires de biodéchets.
52:23 Et on voit qu'ils ont été précurseurs
52:25 et qu'aujourd'hui, il y en a partout,
52:27 malgré les freins qui avaient été identifiés à l'époque.
52:30 Donc, c'est des initiatives comme ça
52:33 qui vont aussi permettre de déconstruire
52:36 toutes les craintes qu'on peut avoir.
52:38 Et puis aussi, nous, de mieux gérer, en fait.
52:42 Parce qu'encore une fois,
52:44 envoyer ces matières à 100 bornes de Bordeaux en camion,
52:49 ça n'a pas de sens.
52:51 Donc, il faut aussi qu'on réfléchisse
52:53 et qu'on expérimente des solutions à plus petite échelle.
52:56 - Est-ce que vous avez connaissance, tous les deux,
53:00 d'expérimentations ou d'initiatives du même type
53:04 dans d'autres territoires en France ?
53:07 Ça pourrait parler peut-être aux internautes
53:10 qui sont proches de ces territoires-là.
53:13 - Alors, en France, à l'étranger déjà,
53:19 il faut savoir que dans certains pays d'Afrique,
53:22 la collecte à domicile, c'est la norme.
53:25 Nous, dans les pays européens et les pays développés,
53:28 tout simplement, on a la chance d'avoir des réseaux d'assainissement.
53:31 Enfin, la chance, je ne sais pas si c'est une chance,
53:33 mais en tout cas, on a l'opportunité de les avoir.
53:35 Dans d'autres pays où ce n'est pas possible,
53:37 la collecte et le compostage, c'est la norme.
53:39 C'est ce qui permet d'avoir de l'eau plus saine,
53:44 d'éviter la propagation de pleins de maladies, etc.
53:47 Donc, on n'a pas non plus cette expérimentation,
53:50 on ne le sort pas de nulle part, d'une idée, du perdu.
53:53 Et ensuite, pour parler à l'échelle nationale,
53:56 à ma connaissance, avant cette expérimentation,
54:01 en tout cas, il n'y en avait pas eu d'autres similaires.
54:04 Néanmoins, depuis cette expérimentation,
54:06 on a eu des sollicitations,
54:08 et notamment d'une structure associative
54:11 qui s'appelle Picojoule et qui est basée à Toulouse,
54:14 et à qui on a fourni une partie de nos toilettes sèches
54:18 qu'on avait récupérées chez nos coproducteurs.
54:20 Et eux ont pour objectif de les installer sur des péniches à Toulouse,
54:25 de faire une collecte des péniches,
54:28 pas en vélo-cargo, mais en bateau, du coup,
54:32 et de faire de la méthanisation.
54:34 Eux, leur processus, c'est la microméthanisation,
54:37 donc faire de la microméthanisation avec les biodéchets
54:41 produits sur les péniches et les matières des toilettes sèches.
54:44 Donc, Picojoule, il s'appelle.
54:47 Et ensuite, j'ai plus ce vent d'expérimentation
54:53 qui ont lieu dans des bâtiments à l'échelle d'un bâtiment
54:56 plutôt qu'à l'échelle d'un quartier ou d'une ville.
54:59 Il y a plusieurs bâtiments, des tiers lieux,
55:02 qui, dès le départ, dès le projet, ont prévu d'installer
55:06 des toilettes sèches dans les structures.
55:09 Et donc, du coup, dans ce cadre-là,
55:11 soit les bâtiments sont prévus justement pour qu'il n'y ait pas
55:15 de logistique trop contraignante à faire derrière,
55:17 et que les toilettes soient directement reliées à des composteurs.
55:20 Et donc, du coup, ils peuvent gérer à l'échelle du bâtiment,
55:25 puisque généralement, il y a aussi dans un tiers lieu
55:28 ou dans ces bâtiments-là, des espaces verts,
55:31 qui permettent d'avoir du compostage sur place.
55:33 Et donc là, il y a notamment un bâtiment qui s'appelle
55:36 l'Auberge qui est à Dol de Bretagne.
55:38 Il y a un bâtiment à Grenoble, mais je n'ai plus le nom tout de suite.
55:43 Peut-être que Marie-Anne, ça te dit quelque chose.
55:46 Et ensuite, il y a tout un projet à Paris, à Saint-Vincent de Paule,
55:51 dans le quartier Saint-Vincent de Paule,
55:53 qui est en cours de route, où là, c'est tout un nouveau quartier
55:58 qui va sortir de terre et sera équipé de toilettes à séparation,
56:02 où les urines seront récupérées à l'échelle du quartier.
56:06 Donc, c'est à peu près 1 000 logements.
56:08 L'ensemble des urines sera récolté et une unité de valorisation
56:12 des urines sera installée sur place.
56:15 Pour produire des engrais pour les espaces verts du quartier.
56:19 Parce qu'on n'en a pas parlé durant là tout le long,
56:22 mais l'intérêt aussi, au-delà de faire des économies d'eau
56:26 et de ne plus polluer les eaux,
56:29 c'est aussi l'intérêt agronomique de ces gisements-là.
56:32 On valorise le fumier, les déjections animales,
56:35 mais on ne valorise pas les nôtres et on les renvoie
56:38 à des milieux récepteurs, donc les milieux aquatiques,
56:40 qui n'ont pas besoin de tous ces nutriments
56:42 qui composent nos excréta.
56:44 Donc, il y a vraiment un intérêt agronomique
56:47 à revaloriser comme il se doit ces matières.
56:50 Et l'intérêt, il est pour les agriculteurs et pour les sols.
56:55 - Merci beaucoup à toutes les deux pour toutes ces explications.
57:00 Est-ce que vous auriez des derniers conseils
57:02 à donner à des particuliers qui vivent en milieu urbain
57:05 et qui souhaiteraient franchir le pas ?
57:08 Des ouvrages, des sites à consulter,
57:10 des structures qui pourraient les aider ?
57:14 - Alors, il y a des bouquins qui existent,
57:26 il y a aussi des rapports sur Internet.
57:29 Le rapport sur l'auberge à Dol de Bretagne existe,
57:33 donc vous avez tout le comment s'est fait le projet.
57:37 Il y a aussi un site Internet que vous pouvez aller visiter,
57:40 c'est le site de la coopérative l'Équilibre.
57:43 Eux, ils sont en Suisse.
57:45 C'est une coopérative justement qui met en place
57:47 différents processus de valorisation des matières et des toilettes.
57:51 Donc, on n'a pas parlé d'autres moyens,
57:53 mais il y a aussi le lombricompostage
57:55 qui peuvent être des solutions dans des appartements, etc.
57:59 Eux, ils ont des données où ils expliquent
58:02 tout le déroulé de leur projet.
58:04 À venir, il y aura le rapport de la fumainerie
58:07 que vous pourrez aller consulter.
58:10 - Ça sera sur le site de la fumainerie, du coup, directement.
58:13 - Et il y a aussi un bouquin qui est vraiment bien
58:19 si on veut se lancer à la maison,
58:21 mais je ne suis plus sûre du titre,
58:23 c'est l'urine, l'or au jardin, je crois que c'est ça.
58:28 - Oui, je crois que c'est ça.
58:30 - Et ce bouquin, il est vraiment bien
58:34 pour ceux qui veulent se lancer et qui ne savent pas trop
58:38 comment faire ou qui ne sauront pas comment gérer leur matière chez eux, etc.
58:42 Donc, voilà.
58:44 - Et puis, pour celles et ceux qui ont fini le sommet,
58:49 il y aura deux autres vidéos, enfin, une autre vidéo
58:51 notamment sur l'installation de toilettes sèches
58:53 qui a été réalisée avec Anne-Emily Ciesno
58:55 de l'association Fier et Terre
58:57 et une autre sur l'assainissement écologique
58:59 avec Christophe Neroto, le directeur de l'association Fier et Terre également.
59:03 Merci à vous, Marion et Laura,
59:05 d'avoir accepté notre invitation pour participer à ce sommet
59:09 sur l'eau et les économies que l'on peut faire à la maison et au jardin.
59:14 Je vous souhaite un bon sommet aux internautes qui nous regardent
59:19 et une bonne journée à toutes les deux.
59:21 Encore merci à vous, au revoir et à bientôt.
59:24 - Merci. - Merci.
59:26 - Au revoir.
59:28 Merci.
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