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  • il y a 3 ans
Transcription
00:00 Bonjour à toutes et à tous, bienvenue à ce sommet consacré à l'eau.
00:04 Aujourd'hui, j'accueille Jean-Philippe Sieselag pour parler de l'aménagement du terrain en hydrologie régénérative.
00:10 Bonjour Jean-Philippe.
00:11 Bonjour.
00:12 Jean-Philippe, vous êtes co-fondateur de l'île aux décombres et vous êtes membre du réseau des compagnons Oasis de Colibri.
00:20 Vous intervenez en tant que facilitateur au sein de la coopérative Oasis et vous dispensez des formations dans le design en permaculture,
00:28 en France et à l'étranger, notamment en Afrique.
00:31 Vous travaillez sur les stratégies d'économie d'eau, de stockage et réutilisation des eaux usées,
00:37 comme les couvertures de sol, le choix des plantes adaptées, la clémentation des plantes, la création de microclimats et la gestion des vents notamment.
00:44 La première question que j'ai envie de vous poser, elle est toute simple pour ceux qui ne connaissent pas cette notion qui est assez récente d'hydrologie régénérative.
00:53 En quoi ça consiste ?
00:56 On pourrait définir ça simplement en disant qu'hydrologie régénérative consiste à aménager le paysage afin de régénérer les cycles de l'eau douce.
01:05 Finalement, on a trois stratégies qu'on va utiliser.
01:09 La première stratégie, c'est de ralentir l'eau.
01:11 La deuxième stratégie, ça va être de la disperser sur le terrain.
01:15 Et la troisième stratégie, ça va être de l'infiltrer.
01:18 Finalement, c'est une réponse à nos aménagements actuels du territoire où on a beaucoup de déboisements,
01:24 beaucoup d'imperméabilisation des sols qui fait que l'eau qui tombe du ciel va directement repartir dans les cours d'eau et dans l'océan
01:31 sans passer par le cycle des écosystèmes.
01:34 Donc, l'hydrologie régénérative va nous aider à reconstituer ces cycles naturels de l'eau douce.
01:40 Pourquoi c'est si important de laisser filtrer l'eau dans les sols ?
01:45 Pourquoi c'est si important de la laisser circuler par rapport à ces économies d'eau ?
01:50 Quand on a l'eau qui tombe sur un sol et que cette eau n'est pas infiltrée,
01:55 elle va ruisseler, c'est-à-dire qu'elle va couler à la surface du sol.
01:59 Et faisant ça, elle va emmener avec elle une partie de la fertilité du sol.
02:04 Et donc, plus on a ce ruissellement et plus on va avoir un appauvrissement du sol.
02:10 Et c'est ce qui va conduire, au bout de quelques décennies, à la formation d'un désert.
02:15 À force d'emmener la terre fertile dans la rivière puis dans l'océan,
02:19 on se retrouve avec des sols nus.
02:21 Justement, à l'île aux décombres, vous avez conçu un aménagement.
02:30 On va essayer de partager une petite vidéo.
02:33 Il y a eu un déboisement trop important.
02:38 Et en quelques décennies, cette vallée fertile est devenue un désert.
02:43 Jusqu'à récemment, la végétation n'avait toujours pas repoussé.
02:47 C'est vraiment une réponse à ces erreurs que fait l'humanité aujourd'hui
02:53 en coupant trop d'arbres, en aménageant le territoire sans prendre en compte les cycles de l'eau.
02:57 Et donc, pour éviter que nos terres fertiles deviennent des déserts.
03:03 Justement, on va partager une vidéo que vous avez faite sur le terrain.
03:07 Vous pouvez commenter.
03:09 À l'île aux décombres, on est sur un terrain qui est pas mal en pente.
03:17 On a sur ce terrain du relief, un endroit qu'on appelle la ligne d'écoulement d'eau.
03:22 C'est l'endroit où les eaux vont se retrouver.
03:24 C'est le point le plus bas.
03:26 Sur cet écoulement d'eau, on a creusé un gros barrage.
03:32 Il doit être autour de 40 m3.
03:34 Ce barrage va donc stocker toutes ces eaux qui descendent du relief.
03:38 Lorsque ce barrage est plein, il va déborder dans des fossés que vous voyez là sur l'image.
03:44 Ce sont des fossés qui sont creusés sur les courbes de niveau.
03:48 On trouve souvent le terme de baissière dans les ouvrages de permaculture
03:51 ou bien des noues d'infiltration.
03:54 Une fois que l'eau s'engouffre dans ces fossés,
03:58 qui sont encore une fois creusés sur les courbes de niveau,
04:01 l'eau va se stabiliser, elle va être ralentie.
04:04 C'est la première stratégie que j'avais évoquée tout à l'heure.
04:08 L'eau va se stabiliser dans le sol puisqu'elle est à l'arrêt.
04:13 En même temps, ces fossés vont suivre les courbes de niveau jusqu'à rejoindre la ligne de crête.
04:20 L'eau qui descend du relief vers les lignes d'écoulement d'eau,
04:25 grâce à ce système, va pouvoir la remettre vers les espaces les plus secs,
04:31 qui sont les lignes de crête.
04:34 Cette troisième stratégie que j'avais citée tout à l'heure,
04:37 de disperser cette eau qui a tendance à se concentrer dans les points les plus bas,
04:42 on va essayer de la redisperser dans le paysage.
04:46 Là, on ne voit pas bien.
04:53 On voit bien la vidéo qui va permettre de récupérer cette eau indéfiniment.
05:03 À chaque fois qu'on a un espace qui est rempli,
05:06 on peut prévoir un trop-plein vers un espace en aval.
05:12 Si on voit que ce fossé suit une courbe, c'est tout simplement parce qu'il suit les courbes de niveau.
05:20 On voit bien dans quelle région l'île des combes.
05:36 En amont, ce sont des plantations.
05:49 Ce sont des images qui ont maintenant 4 ans.
05:51 Aujourd'hui, c'est très touffu, très dense en végétation.
05:55 En dessous de ces fossés, on a planté des haies d'arbres,
06:00 d'arbres fruitiers, de fruits rouges, d'arbres qui sont aussi là pour enrichir le sol.
06:04 Cela contribue à augmenter la capacité d'infiltration du sol.
06:11 Ce système-là peut être mis en place dans une prairie, comme c'était le cas chez nous.
06:17 La prairie est un espace où il n'y a plus d'arbres,
06:21 où l'eau ne peut pas s'infiltrer en totalité la plupart du temps.
06:25 Ce système, qui est un peu un système de réparation du paysage,
06:29 va permettre pendant quelques décennies d'infiltrer l'eau,
06:32 jusqu'à ce que les arbres reprennent leur place,
06:35 et puis à nouveau remplir l'eau dans la gestion de l'eau.
06:38 Je vous propose, après avoir vu cette vidéo, Jean-Philippe,
06:44 de regarder une photo du terrain de l'île aux décombres que vous avez aménagé.
06:53 Est-ce qu'il n'y a pas eu des aménagements particuliers sur le fait d'avoir un terrain en pente ?
07:01 Quand le terrain est en pente, on a cette problématique de l'eau qui descend rapidement,
07:12 surtout sur des sols qui ont été déboisés.
07:15 On va mettre toutes les stratégies en œuvre qui permettent de ralentir l'eau.
07:19 On en a vu une tout à l'heure avec la construction d'un barrage, le creusement fossé.
07:24 Ça peut aussi être la réalisation de terrasses, par exemple,
07:27 qui vont permettre de remettre le terrain à plat.
07:31 Après, c'est tout ce qui peut, des petits murets, des troncs d'arbres qui sont mis en travers du relief.
07:37 Donc n'importe quel élément, j'allais dire,
07:40 qui va faire en sorte que l'eau soit ralentie pourra être utilisé.
07:45 Ce qu'on utilise beaucoup, bien sûr, c'est les plantes, les arbres.
07:49 Et là, en l'occurrence, et c'est pour ça qu'on voit sur cette photo
07:54 que vous venez de passer l'aménagement qui a l'air de suivre les courbes du paysage.
07:59 C'est parce que tous les arbres sont plantés sur les courbes de niveau.
08:02 Et entre les arbres, on va planter des arbustes, on va planter des vivaces.
08:06 On va faire en sorte de faire comme une sorte de barrière végétale perpendiculaire à la pente.
08:11 Et à chaque fois que l'eau va rencontrer cette barrière,
08:14 elle va se retrouver face à un système qui est très infiltrant.
08:17 Elle va donc pouvoir s'infiltrer.
08:19 Et tous les 4, 5, 6 mètres, on va avoir une haie comme ça qui va suivre les courbes de niveau.
08:23 Et c'est comme ça qu'on va aménager le paysage pour, encore une fois,
08:27 maximiser l'infiltration de l'eau.
08:30 Et est-ce que c'est des aménagements différents en fonction de la taille du terrain ?
08:36 A partir de quelle surface on peut essayer d'aménager son terrain en hydrologie régénérative ?
08:43 Tu peux avoir le début de la question ?
08:46 Je dis à partir de quelle surface on peut aménager son terrain en hydrologie régénérative ?
08:53 Je ne sais pas si le terme sera approprié d'hydrogénératif,
08:57 puisque ça fait référence à l'aménagement du territoire.
09:01 Mais en tout cas, cette stratégie de ralentir l'eau, de la disperser, de l'infiltrer,
09:05 elle peut se faire à toutes les échelles.
09:07 Donc là, le terrain que vous avez vu, c'est un terrain qui fait un hectare et quelques poussières,
09:11 un hectare 2 ou un hectare 3, je crois.
09:14 Mais je veux dire à beaucoup plus petite échelle.
09:17 Et on le fait également, on peut très bien, par exemple, en amont d'une planche potagère,
09:22 avoir un petit fossé qui va infiltrer les eaux,
09:25 ou bien aménager nos potagers sur des petites terrasses.
09:30 L'idée, comme je l'ai dit, c'est de ralentir l'eau.
09:33 Comment on fait ? C'est que lorsqu'on a une phase d'observation en amont,
09:37 et particulièrement lors des gros orages, c'est d'aller à l'extérieur,
09:40 de voir où est-ce que l'eau s'écoule, où est-ce que l'eau ne s'infiltre pas.
09:43 Et là, on essaie de trouver des solutions locales.
09:46 Il y a une réflexion à grande échelle, à l'échelle du territoire, à l'échelle de ma parcelle,
09:52 qui permet donc d'avoir des grandes réflexions.
09:56 Et après, il y a la réflexion, le travail qui se fait vraiment à l'échelle de notre terrain.
10:01 On a observé de l'eau qui s'écoule à un endroit donné,
10:04 on va mettre en place un petit ouvrage, ou creuser un petit fossé,
10:07 ou mettre un objet sur le chemin de cette eau pour la ralentir et l'infiltrer.
10:12 Ce qu'on voit, c'est différent, c'est juste une baissière en termes de...
10:16 au moment de la réalisation, pour vous rendre un petit peu compte de la taille et de la forme que ça peut prendre.
10:22 Vous voyez, ce n'est pas quelque chose de très compliqué à faire.
10:25 Mais ça, on peut le faire à toute petite échelle, juste avec une simple eau,
10:29 creuser des petits fossés pour emmener l'eau là où on a envie de l'emmener,
10:33 et puis essayer de la ralentir justement en suivant les courbes de niveau au maximum.
10:39 Ça permet d'économiser beaucoup d'eau au niveau de l'arrosage, le fait de concevoir ce système.
10:54 Oui, l'objectif de cette stratégie, c'est d'infiltrer les eaux qui tombent du ciel dans le sol.
11:02 Et on sait que le sol a une énorme capacité de stockage,
11:06 puisque le sol, un vrai sol, un sol vivant, va être poreux.
11:11 Et lorsque l'eau va s'infiltrer, en fait, ce sol va être en mesure de capter une grosse quantité d'eau.
11:19 Et si durant tous les moments où il pleut, et notamment durant l'hiver et l'automne et le printemps,
11:25 on arrive à faire en sorte que toute l'eau qui tombe du ciel puisse s'infiltrer dans notre sol,
11:29 eh bien on a une meilleure résilience par la suite.
11:32 Lorsqu'on aura des moments de sécheresse, on aura cette réserve dans le sol et dans le sous-sol
11:36 qui va faciliter la croissance de l'eau.
11:39 On le voit dans certaines expériences qui sont particulièrement réussies,
11:42 on a des espaces où on n'arrose plus du tout, et dans lesquels on peut maintenant installer des courbes,
11:46 par exemple, ou des tomates, sans avoir besoin de les arroser,
11:49 parce qu'on a tout un environnement, tout un écosystème autour d'arbres, de plantes,
11:53 qui vont faire de l'ombre, qui ont entretenu aussi un sol vivant.
11:57 On a des systèmes qui ont été mis en place aussi pour infiltrer l'eau,
12:00 notamment lors des fortes pluies,
12:03 ce qui fait qu'à un moment donné, nos plantes n'ont plus besoin d'eau.
12:07 Je ne dis pas que ça marche partout, mais en tout cas, on a des endroits où ça fonctionne.
12:12 - Alors du coup, même durant la sécheresse dernière, vous n'avez pas du tout arrosé certaines plantes ?
12:19 - Oui, dans certains systèmes, l'année dernière, on a eu des courges avec zéro goutte d'eau.
12:23 Vraiment pas du tout d'eau en fait, et ça a fonctionné,
12:26 on a eu des grosses courges.
12:29 C'était un système où on avait pu stocker de l'eau en dessous du sol.
12:35 C'est un système qu'on appelle des "wicking beds",
12:38 je ne sais pas comment ça se traduit,
12:41 mais en tout cas, c'est une stratégie, on va dire de manière générale,
12:45 qui consiste à stocker l'eau sous le sol, comme dans la nature,
12:48 où on a des mers phréatiques, en mettant par exemple des graviers,
12:53 ou des tuyaux perforés, en fait il y a plein de manières de faire.
12:57 Donc oui, on a des endroits où ça marche.
13:00 - Ça veut dire que le terrain a emmagasiné l'eau pendant les périodes de pluie,
13:09 et qu'il le restitue pendant la période de sécheresse pour alimenter les plantes ?
13:15 - Là, sur cette photo, ça permet d'économiser beaucoup d'eau,
13:27 vous n'avez pas eu besoin d'arroser ?
13:30 - Là, on n'a pas encore le retour, parce que c'est une planche qu'on a faite cette année,
13:35 mais vous voyez, le système, je vous ai posé tout à l'heure la question,
13:38 c'est des choses qui se font à toutes les échelles.
13:41 Là, on est sur une planche qui fait 12-13 mètres de long et 1,20 mètre de large,
13:46 et vous voyez, en amont de cette planche, on a creusé un fossé sur la courbe de niveau,
13:50 et d'ailleurs la terre végétale qu'on a récupérée, on l'a rajoutée sur cette planche,
13:54 qui a permis finalement de faire une terrasse, de la mettre à plat,
13:56 parce que c'est un terrain qui est en panne.
13:58 Et lorsqu'il y a de la pluie, on arrive à dévier l'eau qui coule du relief
14:06 pour la ramener dans ce fossé, et ce qui fait qu'elle vient s'infiltrer dans le sol,
14:10 elle vient encore augmenter la quantité d'eau qui va dans ce sol.
14:14 Et le tuyau qu'on voit sur le bas de la photo, c'est simplement un trop-plein
14:17 qui permet d'emmener l'eau dans un fossé qui se trouve juste en dessous.
14:21 Donc ce n'est pas fini, c'est-à-dire que quand cette planche est installée,
14:24 vous voyez, on voit des petites pousses vertes, en fait, c'est des engrais verts
14:27 qui sont installés et qui vont se développer.
14:29 Donc là, maintenant, ils sont grands, ils font 1 mètre, 1,20 mètre,
14:32 et au milieu de ces engrais verts, en fait, on est venu mettre nos plants de courge,
14:36 nos plants de tomates, nos plants d'oignons, de petits pois, etc.,
14:40 sans enlever les engrais verts.
14:43 C'est-à-dire qu'on garde ces plants pour justement faire de l'ombre
14:46 et faire en sorte que nos légumes ne soient pas trop affectés par la sécheresse.
14:51 Et vous alternez ? Comment vous estimez la quantité de petits fossés
14:59 à mettre en place, à aménager ?
15:02 Comment on estime quoi, pardon ?
15:05 Comment vous estimez la quantité et la taille des fossés à mettre
15:09 en fonction de ce que vous cultivez ?
15:12 C'est des calculs qu'on va faire en fonction du terrain,
15:15 en fonction du taux de ruissellement.
15:18 Ce serait compliqué de rentrer dans le détail.
15:20 Après, il ne faut pas non plus trop se prendre la tête.
15:22 Vous voyez, là, on l'a fait de manière assez intuitive.
15:25 C'est-à-dire qu'on a pris une eau, on a creusé, puis on a essayé de mettre ça à niveau.
15:29 Et je vois ce que vous voyez là sous vos yeux.
15:32 En fait, ça nous a pris une petite matinée à deux pour installer toute cette planche.
15:37 Donc, il ne faut pas trop s'embêter.
15:39 Vous savez, quand on est petit et enfant, quand on va à la mer,
15:43 on a besoin de faire des études d'ingénieur pour faire des barrages,
15:47 des fossés, des baissières.
15:48 On fait déjà de la permaculture en réalité.
15:50 C'est-à-dire que naturellement, on est programmé.
15:52 Je ne sais pas si on est programmé, en tout cas.
15:54 On a l'impression que les êtres humains, ils ont ça un peu en eux-mêmes,
15:58 d'arriver à jouer avec l'eau.
16:00 D'ailleurs, c'est un plaisir de faire ça.
16:02 Ce n'est pas les chantiers les plus fatigants.
16:05 C'est un plaisir de jouer avec l'eau, de s'amuser à emmener l'eau à droite, à gauche,
16:09 de l'arrêter, de la filtrer.
16:11 Et donc, c'est un peu pareil en fait.
16:13 Quand on est sur nos terrains, c'est comme lorsqu'on est au bord de la mer,
16:16 on essaye d'imaginer comment on pourrait emmener l'eau partout, l'infiltrer partout.
16:20 Oui.
16:23 On peut appliquer, si j'imagine, cette technique dans toutes les régions de France,
16:30 aussi bien vers l'île qu'en Méditerranée, que dans la région centre ?
16:34 Comment dire ?
16:35 La contrainte, en fait, plus on a des zones de sécheresse,
16:38 et plus il va falloir mettre en place des systèmes pour répondre à cette sécheresse.
16:42 Donc, l'aménagement va dépendre du climat, oui.
16:45 Et plus on va en zone aride, et plus on aura cette gestion de l'eau qui va être prépondérante.
16:52 Alors, justement, je voulais partager des photos que vous m'avez envoyées
16:56 qui sont assez révélatrices, puisque l'aménagement du terrain avant et après
17:06 est quand même assez significatif.
17:09 C'est assez impressionnant.
17:11 Je trouve que, voilà, là c'est la photo avant, c'est ça.
17:15 Et après, je vais montrer la photo.
17:18 C'est ce qu'on voit un peu partout en ce moment.
17:20 C'est-à-dire que le gazon supporte les sécheresses, ça vit de la terre à nu, etc.
17:24 C'est pour montrer aussi en termes d'échelle, ça c'est un jardin qui fait 200 m².
17:28 C'est dans un petit lotissement en ville.
17:31 Et ça, c'était au mois de septembre de cette année.
17:33 Et donc, qu'est-ce qui a été fait ?
17:35 Il a été fait tout un travail d'infiltration des eaux,
17:38 avec le creusement d'une baissière qui a été branchée, d'ailleurs, sur la gouttière.
17:42 Donc, quand il pleut, la gouttière va remplir des stockages.
17:48 Mais quand ces stockages sont pleins, il faut bien les faire déborder quelque part.
17:51 Et bien, on les fait déborder, toujours pareil, dans ces fossés,
17:54 qui suivent les courbes de niveau et qui permettent d'infiltrer les eaux.
17:58 En parallèle, il y a eu une plantation d'engrais verts,
18:01 pour tout de suite ramener de la matière organique et ramener de l'ombre.
18:04 Et puis aussi, faciliter la mise en place d'un sol vivant.
18:07 Donc, plus le sol est riche en matière organique, plus il est vivant,
18:10 et plus il va avoir également cette capacité à stocker l'eau.
18:14 Et quelques mois plus tard, je ne sais pas si on peut mettre la photo suivante ?
18:18 Oui, je suis en train de la mettre.
18:20 D'accord. Et quelques mois plus tard, en fait, quand on a tous ces engrais verts qui ont poussé,
18:25 il y a aussi une petite mare qui a été creusée au milieu du jardin,
18:29 pour amener de la biodiversité.
18:33 Et donc, tous les engrais verts ont développé.
18:36 Et à partir du mois de mars, en fait, au milieu des engrais verts,
18:41 c'est pas cette photo.
18:44 Et celle-là, parce qu'il y avait la mare aussi ?
18:47 Oui, c'est un terrain qui se trouve à l'île Aude.
18:50 Je pourrais vous en parler tout à l'heure de cette photo.
18:53 Donc, je disais en fait que tous les engrais verts se sont rapidement développés.
18:58 En fait, ils ont été plantés au mois de septembre.
19:00 Et arrivé au printemps, en fait, on avait vraiment une forêt de plantes,
19:05 une forêt de fleurs avec tout un tas d'insectes,
19:08 des libellules qui sont arrivées, beaucoup d'oiseaux également.
19:11 On a vu un hérisson aussi récemment.
19:13 Et au milieu de ces engrais verts, on est venu installer tous les arbres,
19:16 les arbustes, les vivaces et maintenant les légumes.
19:19 Et puis, effectivement, le terrain s'est complètement transformé.
19:23 En fait, on est passé de cette zone complètement tassée,
19:25 complètement aride avec de la terre à nu.
19:29 Et en l'espace de quelques mois, on a une forêt de plantes avec des...
19:33 Là aussi, des plantes qui, pour l'instant, ne subissent pas trop la sécheresse.
19:37 Pour l'instant, j'ai très peu arrosé sur ce terrain.
19:40 J'ai arrosé ponctuellement quelques arbustes qui avaient l'air de manquer d'eau.
19:44 Mais la plupart des plantes, elles n'ont pas été arrosées.
19:47 Et là, à ce jour, on n'a toujours pas arrosé les courges, les tomates.
19:51 En fait, tous les légumes qui ont été installés,
19:53 ils n'ont toujours pas été arrosés.
19:54 Pour l'instant, ils se portent très bien.
19:57 Mais voilà, de toute façon, on aura l'occasion de voir la photo.
20:01 Oui, c'est bien.
20:03 Du coup, finalement, c'est assez rapide.
20:07 Oui, les changements peuvent être rapides à partir du moment où on met les bons outils en place.
20:14 Parce que la nature, sous nos climats en tout cas,
20:17 elle est programmée pour reconstituer la forêt.
20:20 Et c'est un bien pour les êtres humains d'ailleurs,
20:22 puisque c'est cette forêt qui va assurer notre pérennité.
20:26 C'est cette forêt qui va permettre de conserver intacte les sites de l'eau douce
20:30 et d'éviter les catastrophes qu'on voit aujourd'hui.
20:32 Et donc, la nature est déjà là pour ça.
20:35 Et si en plus de ça, on vient ajouter notre grain de sel,
20:38 en rajoutant des systèmes qui vont infiltrer l'eau, en ajoutant des plantes, etc.
20:42 Très rapidement, le système va commencer à s'orienter vers un système forestier.
20:48 Là, ce qu'on voit au milieu, c'est la mare.
20:51 C'est le même jardin que tout à l'heure.
20:52 Et vous voyez, c'est plein de fleurs, plein de plantes.
20:55 Au niveau des engrais verts, on a mis de la phacélie, de la moutarde,
20:58 du radis chinois, du pois protéagineux.
21:02 Qu'est-ce qu'il y a encore ? Il y a du trèfle, du sarrasin.
21:06 Donc là, tous ces engrais verts ont mis une couverture végétale complète sur le sol.
21:13 Et au milieu de ces engrais verts, comme je l'ai dit tout à l'heure,
21:17 ont été installés des arbres, des plantes vivaces et également des légumes
21:21 qui forment un peu ce qu'on appelle aujourd'hui les jardins forêts.
21:24 C'est-à-dire que c'est de l'étagement.
21:27 On a des arbres en étage inférieur des fruits rouges
21:31 et puis en étage inférieur des plantes vivaces et des fleurs.
21:34 Et puis, une fois que tout est installé, on vient planter des lianes
21:39 qui peuvent être des vignes ou des kiwis.
21:41 J'ai également installé dans ce terrain pas mal de lierre aussi au pied des arbres.
21:45 Je pourrais expliquer tout à l'heure la raison.
21:47 Pourquoi ?
21:48 Et puis des légumes, quoi qu'ils viennent compléter le système.
21:52 Les légumes profitent de cette ombre, profitent de toutes ces racines
21:55 qui ont fait des ports et qui ont permis d'infiltrer l'eau.
21:58 Ils profitent de cette terre qui s'est vite améliorée par les engrais verts.
22:03 On a aussi amené du compost au démarrage pour booster un petit peu plus face.
22:08 Et voilà, là le terrain commence déjà à être en autonomie.
22:12 Pourquoi du lierre ?
22:13 C'est un phénomène dont on n'a pas encore parlé,
22:15 mais qui est important dans notre souci de ramener de l'eau douce dans le paysage.
22:20 Je vais prendre l'exemple du lierre.
22:24 C'est une expérience qu'Hervé Covest nous avait racontée lors d'une conférence.
22:28 Le lierre qui entoure les troncs d'arbre va créer des zones d'ombre.
22:33 Entre le lierre et le tronc d'arbre, on va être à l'ombre.
22:36 Par rapport à un air qui peut être beaucoup plus chaud à l'extérieur de l'arbre,
22:39 et donc cet air chaud qui va arriver dans cette zone ombragée,
22:42 cette différence de température va pouvoir provoquer, avec le point de rosée,
22:48 l'apparition d'eau liquide.
22:50 Hervé Covest, sur son terrain, a fait une mesure précise.
22:54 Sur une période de trois semaines de sécheresse,
22:59 il a pu mesurer que 40 mm d'eau liquide s'étaient retrouvées sur le sol
23:04 par ce phénomène de condensation.
23:07 Finalement, ça veut dire quoi ?
23:09 Si on arrive à faire des paysages dans lesquels on a...
23:12 Déjà, le fait que les paysages soient irréguliers,
23:15 et c'est le cas ici, puisqu'on a des grands arbres,
23:18 on a planté des arbustes, on a des plantes vivaces.
23:22 Lorsque l'air arrive dans un paysage comme ça,
23:25 il ne va pas passer au-dessus, comme si c'était un champ de maïs,
23:27 mais il va s'engouffrer dans le paysage.
23:30 Comme ça, on va avoir des courants d'air et des mouvements d'air réguliers.
23:33 À chaque fois que de l'air neuf arrive, cet air arrive avec de l'eau,
23:36 sous forme de vapeur.
23:38 Lorsque cet air va rencontrer des zones de soleil où il fait très chaud
23:42 et des zones d'ombre où il va faire un peu plus frais,
23:44 on va avoir des phénomènes de condensation,
23:46 et tout ça va pouvoir amener de l'eau liquide au sol.
23:49 Certaines études disent qu'en gros, par un aménagement du territoire
23:56 qui est fait de cette manière-là, on pourrait doubler la quantité d'eau
23:59 qui arrive au sol par rapport à l'eau pluviale.
24:02 Donc là où il pleut 600 mm, ou 700 comme c'est le cas chez nous,
24:05 on pourrait monter à 1300, 1400 par des aménagements comme ça
24:09 qui prennent en compte ces phénomènes physiques.
24:13 - Donc là on est vraiment aussi, non seulement dans l'hydrologie régénérative,
24:17 mais au cœur de la permaculture.
24:19 Vous avez cité beaucoup de plans tout à l'heure, les engrais verts.
24:22 Comment, évidemment c'est en fonction aussi du terre,
24:26 la qualité de la terre, est-ce que c'est sableux, argileux ?
24:33 Vous faites une observation avant de faire ces tranchées
24:38 ou vous plantez d'abord ? Comment ça se passe pour aménager son terrain ?
24:45 - Pour aménager le terrain, c'est vraiment ça le fond de la permaculture,
24:49 c'est l'aménagement, la conception de notre site.
24:53 Et ça, ça se passe en deux grandes parties.
24:57 La première c'est qu'on va, comme vous l'avez dit, observer le terrain,
25:00 observer les reliefs, le climat, les microclimats,
25:03 observer déjà les plants qui sont sur le site, ainsi que les animaux,
25:07 prendre en compte aussi tous les aménagements humains.
25:09 Donc ça, ça va nous donner une cartographie vraiment de l'état du site
25:14 et ça va nous apprendre aussi, nous faire découvrir les contraintes
25:17 et les avantages de ce terrain.
25:19 Et en parallèle, on va aussi faire un travail sur nos besoins à nous en tant qu'humains.
25:22 Donc pour s'installer sur ce terrain, de quoi on va avoir besoin,
25:25 et donc de pouvoir quantifier aussi ces besoins
25:29 et de pouvoir aussi essayer de faire des liens.
25:31 Mais c'est tout bête, les extréments du poulailler vont pouvoir aller au jardin,
25:36 les productions du jardin vont à la cuisine, les déchets de la cuisine vont au poulailler.
25:40 Donc dans le système humain, on va essayer de mettre en place aussi des cycles
25:44 pour qu'on ait le maximum d'autonomie sur nos terrains.
25:49 Et donc c'est par ce travail en fait à double entrée, j'allais dire,
25:53 un travail sur l'observation du terrain et un travail sur la définition précise
25:58 de nos besoins et des systèmes qui pourront répondre à ces besoins
26:01 qu'on va arriver à faire une conception du projet pertinent.
26:05 Et ce que va ajouter la permaculture, et c'est ce qui fait sa différence
26:08 avec on va dire une agriculture conventionnelle,
26:12 c'est que les fondateurs de la permaculture ont commencé leurs ouvrages
26:17 en parlant des principes de la permaculture.
26:19 Qu'est-ce qu'ils mettent derrière ce mot principe ?
26:21 Finalement ce sont les lois de la nature.
26:23 C'est-à-dire que la première chose que fait l'être humain,
26:25 c'est d'observer la nature pour en tirer des lois.
26:28 Et ces lois, il va devoir les appliquer dans son projet.
26:31 Parce que s'il n'applique pas les lois, il va devenir un hors-la-loi
26:35 et puis il va faire des catastrophes, et c'est ce qu'on voit aujourd'hui.
26:38 Et donc tout ce que je viens de dire, en fait, a du sens à condition
26:41 de respecter les lois de la nature.
26:44 Alors je peux donner un exemple, tiens la photo arrive à PIC.
26:47 On a une loi dans la nature qui nous montre que lorsqu'on abandonne
26:51 un terrain sous nos climats, une prairie par exemple,
26:54 on va avoir une succession de plantes et d'animaux et de champignons,
26:58 de bactéries, etc., qui vont emmener l'écosystème à différents états.
27:03 Une sorte de progression.
27:05 Donc par exemple là, on voit sur la photo, à droite, on a un bosquet de ronces.
27:09 Et donc voilà, c'est comme ça, l'herbe va voir arriver les ronces.
27:14 Au lieu des ronces, on va voir des petits arbres pionniers
27:17 qui vont commencer à s'installer, etc., jusqu'à arriver à une forêt.
27:21 Et quand on a compris ça, on va se dire, tiens, les ronces,
27:24 elles sont intéressantes dans la dynamique de la nature,
27:27 je ne vais pas forcément les enlever.
27:29 Je vais voir si je ne peux pas composer avec.
27:31 Et donc là, vous voyez, on entretient des chemins au milieu des ronces,
27:35 mais dans ces ronciers, on va venir, on va rentrer avec,
27:39 en faisant un petit peu de place, un petit chemin,
27:41 et au milieu du roncier, on va venir installer un pommier par exemple.
27:44 Et on va donc reproduire une loi de la nature,
27:47 mais on va aménager un petit peu malgré tout
27:49 que ce qu'on va produire correspond mieux à nos besoins.
27:53 Ça c'est un exemple.
27:54 - Les ronces cohabitent bien avec les arbres fruitiers ?
27:59 - Les ronces cohabitent avec quoi, pardon ?
28:02 - Avec les arbres fruitiers, pourquoi planter un pommier ?
28:06 - Ah, parce qu'en fait, dans la nature, on voit bien qu'au milieu des ronces,
28:09 on va avoir des petits arbustes qui vont pousser,
28:12 qui peuvent être des pruneliers, qui peuvent être des aubépines,
28:14 qui peuvent être des nefliers par exemple.
28:17 Donc c'est des arbres qui vont être proches de nos arbres fruitiers.
28:20 Et à partir de là, on va se dire, c'est le bon moment pour les planter.
28:23 En fait, quand on va dans un espace sauvage,
28:25 on ne va pas voir mon pommier arriver dans une prairie.
28:27 Avant ça, il va y avoir des étapes qui vont préparer le sol
28:31 pour amener les bons champignons, les bonnes bactéries,
28:33 les bons insectes, les bons animaux, etc.
28:36 Et ces étapes vont être faites notamment par l'arrivée des ronces
28:39 et par d'autres petits arbres pionniers.
28:41 Et à un moment donné vont arriver nos arbres
28:44 qui sont un peu les équivalents de nos arbres fruitiers,
28:46 des arbres à noyaux, des arbres à pépins.
28:48 Et donc si on suit cette logique, on va se dire,
28:51 c'est à ce moment-là qu'il faut venir planter nos arbres.
28:54 Donc par exemple, quand on a une prairie et qu'on veut planter un verger,
28:58 la bonne stratégie, ce serait peut-être d'abord d'attendre quelques années
29:01 qu'on ait une friche qui s'installe.
29:04 Et qu'une fois qu'on a cette friche, bien sûr, on entretient des chemins,
29:07 on commence à préparer des clairières dans lesquelles on va planter nos arbres.
29:10 Et quand cette friche est en place, on se dit,
29:12 tiens, là c'est le bon moment, je peux mettre mes arbres fruitiers.
29:15 Mais si on plante mes arbres fruitiers dans la prairie,
29:17 en fait, on est trop tôt.
29:18 C'est-à-dire qu'il faudra beaucoup les arroser, il faudra peut-être les soigner davantage.
29:22 Il faudra en prendre beaucoup plus soin jusqu'à ce qu'ils puissent…
29:26 Donc voilà, c'est comme ça qu'on peut essayer de,
29:29 à partir de l'observation de la nature,
29:32 faire des choses qui vont un peu dans le sens de la nature aussi.
29:35 Mais du coup, ça demande beaucoup de patience.
29:39 Il ne faut pas vous presser.
29:40 Il faut de la patience.
29:42 Si on n'a pas de patience, après on peut planter nos arbres,
29:44 mais en même temps, on va planter avec mon arbre,
29:46 ce qui va imiter la nature.
29:48 Par exemple, nous, on a fait ça à Lilo également.
29:50 C'est-à-dire que dans les zones où on va fréquemment,
29:53 on plante nos arbres fruitiers et en même temps qu'on plante l'arbre fruitier,
29:55 on va planter par exemple en dessous des framboisiers, des meurillés sans épines.
30:00 On va planter quelques arbres qui vont fixer de l'azote et qui vont enrichir le sol,
30:05 comme les héliagnus, les caraganas, les bagnoliers, les genéablés.
30:09 Et donc, c'est nous-mêmes qui allons constituer l'écosystème.
30:12 Donc là, ça va être beaucoup plus rapide.
30:13 Par contre, il va falloir beaucoup plus d'énergie.
30:15 C'est comme si on tire une corde d'un côté,
30:20 plus on veut que ça aille vite et plus il faudra qu'on mette de l'énergie dans le système.
30:27 Et importantement, plus on veut laisser la nature faire les choses toute seule,
30:32 plus il faudra prendre son temps et attendre.
30:34 Mais ça veut dire aussi qu'on mettra moins d'énergie pour mettre en place le système.
30:37 Donc là, aujourd'hui, est-ce que l'île des Combes est autonome en eau, en maraîchage ?
30:46 C'en est où ?
30:47 L'île des Combes fait très peu de maraîchage aujourd'hui.
30:50 On est vraiment plus dans le verger, le fruit rouge, les lianes.
30:53 Et on produit également, on essaie de produire en tout cas notre boîte chauffage,
30:57 parce qu'on a un poil de masse dans le bâtiment central.
31:00 Les légumes, pour l'instant, on en fait peu.
31:03 On est plus dans un système d'échange avec un maraîcher qui se trouve juste à côté de chez nous.
31:08 Et du coup, comment, par rapport à l'hydrologie régénérative,
31:13 enfin ce système de permaculture et de digestion de l'eau,
31:16 est-ce que vous avez eu besoin d'installer des récupérateurs de l'eau plus sur votre terrain ?
31:21 Oui, au pied des toits, en fait, on a installé environ 6 000 litres de récupération d'eau
31:30 qui nous permettent justement d'avoir du stockage en été.
31:33 Par exemple, on a planté des jeunes arbres, on a quand même quelques légumes sur le site, comme je vous l'ai dit.
31:38 Donc, on a cette réserve d'eau qui est présente.
31:41 Et quel conseil vous donneriez à des personnes qui ont un terrain
31:49 qu'elles voudraient aménager, transformer, en appliquant les principes de la permaculture,
31:54 du meilleur geste en eau, pour faire un peu comme vous avez fait ?
31:58 C'est quoi les choses de base pour vous qui seraient importantes avant de se lancer ?
32:04 Pour la gestion de l'eau, en fait, si on ne parle que de la gestion de l'eau,
32:08 je pense qu'il y a trois grandes stratégies à imaginer.
32:12 La première, ça va être toutes les stratégies liées à l'économie d'eau.
32:15 Et donc, comment est-ce qu'on économise l'eau dans son jardin ?
32:18 C'est déjà en choisissant des plantes qui nécessitent peu d'eau.
32:21 C'est en faisant en sorte que le sol soit couvert,
32:24 qu'il ne soit pas directement face au soleil pour éviter l'évaporation,
32:29 soit couvert par tout type de paillage, soit alors par des plantes.
32:34 L'économie d'eau, ça passe aussi par des systèmes,
32:37 ça vous le verrez dans une autre vidéo, au niveau de la maison,
32:40 que ce soit les toilettes sèches, etc., tous les systèmes qui évitent d'utiliser l'eau.
32:44 On pourra même aller ensuite vers l'amélioration génétique,
32:49 à partir d'une plante, en fait, sélectionner chaque année des plantes
32:53 les plus résistantes à l'eau, pour finalement arriver à faire des variétés
32:57 qui nécessitent moins d'eau.
32:59 Donc ça, ça va être la première grande stratégie, donc l'économie d'eau.
33:02 La deuxième, ça va être le stockage.
33:05 Et bon, le stockage, bien sûr, on a tendance à toujours le voir
33:08 au pied de la maison avec un récupérateur.
33:10 Mais comme on l'a vu dans cette vidéo, c'est avant tout le stockage dans le sol.
33:15 Et comment est-ce qu'on stocke dans le sol ?
33:17 Eh bien, tout d'abord, en ayant un sol vivant, un sol riche en matières organiques.
33:21 Et ensuite, pour que l'eau puisse s'infiltrer dans le sol,
33:23 il faut qu'elle soit ralentie.
33:25 Donc ça, on en a pas mal parlé au début.
33:28 Et puis la troisième grande partie, en fait, dans cette réflexion,
33:33 c'est la réutilisation des eaux.
33:35 C'est-à-dire que toutes ces eaux qu'on va utiliser une première fois,
33:38 typiquement l'eau qui sort de la douche,
33:40 eh bien, comment faire pour la réutiliser une deuxième fois dans mon jardin ?
33:43 Donc on va faire en sorte de travailler aussi sur cela.
33:49 Mais par rapport à la réutilisation d'eau d'admise, par exemple,
33:53 il ne faut pas utiliser des gels douche avec des produits chimiques.
33:57 Il faut avoir une eau usée de douche qui est plutôt saine,
34:02 et pas avec des produits qui pourraient pleuver.
34:07 Oui, il y a des systèmes qu'on peut installer de phytopuration, etc.,
34:12 qui peuvent être d'ailleurs assez onéreux.
34:14 Mais de manière assez simple,
34:16 souvent on aime prendre des douches chaudes ou tièdes, je ne sais pas,
34:19 et on fait couler de l'eau propre.
34:21 Ou alors on prend une douche sans savon, par exemple.
34:23 Toute cette eau qu'on récupère, on peut la mettre au jardin.
34:28 Par des systèmes très simples, vous voyez,
34:31 on peut avoir un arrosoir, par exemple, sous la douche.
34:33 Une fois qu'il est plein, au bord de la fenêtre,
34:35 on a un tuyau qui va jusqu'à la mare,
34:38 et puis on verse cet arrosoir dans la mare.
34:40 Il n'y a pas besoin de se casser trop la tête parfois.
34:43 Par des aménagements très simples,
34:45 on peut récupérer énormément d'eau potable dans nos maisons.
34:48 On peut directement la mener au jardin.
34:50 Voilà les trois stratégies qu'on applique dans ces projets.
34:57 On travaille sur les économies d'eau, sur le stockage d'eau,
35:00 également sur la récupération des eaux usées.
35:03 Et ça, ça peut se faire de manière très simple,
35:06 comme on l'a vu, simplement récupérer l'eau de vaisselle,
35:08 sans le savon, bien sûr,
35:10 mais toutes ces eaux potables qu'on fait couler à la maison,
35:13 on trouve des moyens très simples de les récupérer,
35:16 de les emmener au jardin.
35:18 Déjà ça, c'est un bon début.
35:20 Et qu'est-ce que vous diriez sur ces techniques de permaculture,
35:26 des enregistrements verratifs, pour conclure ?
35:29 Comme conclusion, c'est qu'il faut se faire confiance.
35:33 Comme dit, c'est pas...
35:35 La sélection d'eau, c'est quelque chose de relativement simple,
35:37 et assez intuitif.
35:39 On a l'habitude d'observer, notamment quand il pleut,
35:42 et puis déjà voir à son échelle ce qu'on est en mesure de faire.
35:46 Mais c'est un sujet qui est essentiel,
35:48 on arrive dans des périodes de sécheresse de plus en plus dures,
35:51 et donc si on met pas en place des bonnes stratégies,
35:53 on va faire empirer le phénomène.
35:56 Donc voilà, au travail.
35:58 Merci beaucoup Jean-Philippe, merci à tous.
36:02 À bientôt.
36:04 À bientôt, au revoir.
36:06 Au revoir.
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