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  • il y a 15 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00C'est un livre dont tout le monde parle, il sort aujourd'hui, il est signé de notre consoeur Françoise
00:04Degoy.
00:05Vous êtes trop dur avec moi. En fait, de quoi s'agit-il de conversation libre avec le président de
00:09la République ?
00:09Ça c'est le sous-texte et c'est aux éditions Robert Laffont.
00:12Pour être précis, pendant deux ans, le président de la République a échangé des SMS avec Françoise Degoy.
00:19Et elle a décidé, sans l'autorisation du chef de l'État, de les publier et de, à travers ses
00:25SMS,
00:25de contextualiser et de revenir sur les années Macron.
00:28Mais avant peut-être de regarder le fond des choses, le contenu de ces SMS,
00:33la méthode employée par Françoise Degoy, publier finalement des échanges privés,
00:40sans le consentement de la personne qui était dans ces échanges, vous en pensez quoi, Maurice Safran par exemple ?
00:45C'est compliqué pour moi de condamner...
00:48Vous avez eu beaucoup de textos d'Emmanuel Macron ?
00:49Pas du tout, parce que j'ai fait avec Nicolas Domnac un peu le même livre que Françoise Degoy,
00:53puisqu'on a publié off ce que Nicolas Sarkozy n'aurait jamais dû nous dire.
00:57Alors c'était des conversations privées, alors c'était pas sous forme de SMS, c'était des conversations.
01:00Mais on a effectivement rompu le off.
01:02Alors la question c'est, est-ce qu'on a bien fait...
01:04Vous l'aviez prévenu ou pas ?
01:05Non.
01:06Non.
01:06Alors, ce qui est d'autorité intéressant, c'est qu'on est comme Bruno...
01:10On peut vraiment pas faire confiance à des journalistes.
01:11Vieux journalistes politiques, et qu'on a défendu, mordicus, le off pendant très longtemps.
01:16Et on a été les premiers à le briser réellement.
01:19Pourquoi ? Parce qu'on a considéré à un moment que pour le lecteur, il fallait essayer de mieux comprendre
01:24et de mieux expliquer Nicolas Sarkozy,
01:26et que dans les off, ce qu'il nous racontait dans les off était beaucoup, beaucoup, beaucoup plus intéressant que
01:31tout le reste.
01:32Et c'est à travers les off qu'on a essayé de faire comprendre qui était Nicolas Sarkozy.
01:35Mais ça n'a pas été simple.
01:37On nous a beaucoup reproché à cette époque, comme on reproche à Françoise aujourd'hui, de ne pas avoir respecté
01:42cette tradition du off.
01:43Donc on ne peut pas faire confiance à des journalistes, Bruno Jeudy.
01:46Vous l'auriez fait, vous, ou pas ?
01:48Bon, c'est la liberté de Françoise de...
01:50Bien sûr. Mais vous, est-ce que vous l'auriez fait ?
01:52Moi, je n'aurais pas publié sans doute les SMS échangés avec Emmanuel Macron.
01:57Il y a quelques années, j'en ai moins maintenant.
01:59Et puis les conversations que j'ai pu avoir avec Nicolas Sarkozy, je l'ai fait différemment.
02:03Moi, je travaillais en quotidien, je le faisais régulièrement.
02:05Dans le journal qui m'employait, plutôt qu'en faire un livre.
02:08Après, ça, c'est vraiment le choix de chacun, de vouloir mettre tout ça dans un livre avant une campagne
02:13présidentielle.
02:14Ça a été fait cent fois.
02:15Maurice l'a fait.
02:16François-Olivier Gisbert l'a fait.
02:17Et d'autres.
02:18Mais vous, vous avez textoté.
02:19Ça vous est arrivé de textoter avec le président de la République ?
02:21Oui, oui, ça m'est arrivé, évidemment, de textoter avec un président de la République.
02:24Je n'ai pas publié.
02:25Mais je veux dire, encore une fois, moi, je ne me mets jamais dans la position de dire, il faut
02:28le faire, pas le faire.
02:29Voilà.
02:29C'est chacun décide de le faire.
02:30François décide de le faire.
02:31Sans doute que ça doit donner un récit et une conversation.
02:36Parce qu'Emmanuel Macron, tous les présidents, ils ont besoin un peu aussi de challenger avec des journalistes, de les
02:41recevoir, aussi de lâcher un peu de pression.
02:43Ça peut donner lieu à des papiers ou pas.
02:47Et encore une fois, parfois, je pense que ce n'est pas très intéressant.
02:51Il faut le dire.
02:51Parfois, c'est intéressant.
02:53Alors, on va regarder les SMS, justement, parce qu'on a l'a sélectionné quelques-uns.
02:56On a bougé en 8 ans.
02:58On va le remettre, parce que si vous l'enlevez, vous m'en parlez.
02:59On a bougé en 8 ans.
03:00On a fait beaucoup de choses contre le séparatisme pour le pouvoir d'achat.
03:03Souvent, vous et les vôtres, vous êtes trop durs avec moi.
03:05Ce qui a donné, d'ailleurs, le titre du livre.
03:07C'est un bon titre, d'ailleurs.
03:08Vous voyez, sur la dissolution, qui a beaucoup fait parler sur les plateaux.
03:12Et puis après, il y a dans l'échange.
03:13Cette dissolution qui m'a coûté à tous égards a quand même bloqué le RN.
03:16Là, j'en suis sûr, il était prêt pour l'automne, mais pas pour juin.
03:19C'est une des raisons de mon choix.
03:21Donc là, il explique sa tactique.
03:22Et sur le RN, voilà ce qu'il dit, le chef de l'État, par texto, avec Françoise de Gois.
03:27La machine veut du sang, elle veut le RN, elle veut du sang.
03:30Il faut être fou pour ne pas le comprendre.
03:31Ces gens qui sont dingues sont dangereux.
03:34Patricia Chaplot, ça dit quoi du président de la République, ces échanges ?
03:39Alors, moi déjà, quand je suis président de la République et je discute avec Françoise de Gois,
03:44qui est quand même une journaliste expérimentée et qui n'est pas tellement macroniste,
03:47je n'imagine pas un quart de seconde ou alors c'est très inquiétant que ce qu'elle conserve, le
03:54off, ça n'existe pas.
03:55Au vu de tout ce que vous racontez les uns et les autres, le off n'existe pas par définition,
04:01on n'existe plus en tout cas ou alors il faut vraiment être très très ami.
04:04Donc comment il a pu imaginer que ça restait off ?
04:07C'est impossible, elle a de la nitroglycérine dans les mains et elle va le garder pour elle et pas
04:12le diffuser.
04:13Donc il fait passer un message ? Il fait passer des messages ?
04:15Moi je pense que soit c'est un acte manqué, mais il a tellement besoin de défendre son bilan,
04:21il trouve tellement injuste, vous êtes trop dur avec moi,
04:23il trouve tellement injuste qu'on critique, que les journalistes critiquent son bilan,
04:27qu'au moins il a une nana qui lui renvoie la balle en fond de cour,
04:32qui n'est pas une courtisane et avec qui il peut essayer de justifier tout ce qu'il a fait
04:37de bien
04:37en disant, attendez ça machin, si j'ai fait la dissolution c'est parce que je ne voulais pas le
04:41renne.
04:41Vous êtes trop dur avec moi, c'est pas de la nitroglycérine quand même.
04:43Non mais pas ça, mais ce que je veux dire c'est qu'elle, elle avait...
04:46Et donc il sait que ça va se savoir.
04:48Il sait que ça va se savoir.
04:50Non mais Patricia, il joue avec Françoise de Gouard très intelligemment.
04:54Il sait que Françoise, sur les plateaux de télé pendant les neuf dernières années,
04:59a été d'une dureté extrême contre lui.
05:01Elle était une des éditorialistes qui le condamnait le plus.
05:05Et il a compris que c'était beaucoup plus intelligent pour lui d'avoir affaire à une opposante,
05:10une journaliste qui se déclare de gauche, proche de Ségolène, proche de Françoise, etc.
05:14Oui, rappelons qu'elle avait été dans la campagne de Ségolène Royal aussi, Françoise de Gouard.
05:17C'était beaucoup plus amusant.
05:18Mais il est évident, ce qui est troublant dans le peu que j'en ai lu, parce que je n
05:25'ai pas encore lu,
05:26c'est qu'il ne dit jamais qu'il a eu tort.
05:29Or, le vrai choc aurait été de dire, sur la dissolution, je me suis planté.
05:34Or, il reprend avec Françoise tout ce qu'il nous explique depuis deux ans maintenant sur la dissolution.
05:40Il l'utilise pour communiquer, en fait.
05:43Il utilise Françoise de Gouard pour communiquer.
05:44C'est lui qui va la chercher dans des échanges Télégram.
05:47Elle a soutenu Brigitte Macron.
05:49Le premier message envoyé, c'est lui qui l'envoie pour remercier Françoise de Gouard d'avoir soutenu sa femme.
05:54Vous dites quelque chose d'important, Philippe Moreau-Chevrolet.
05:55C'est-à-dire que ce ne sont pas des SMS textos de téléphone à téléphone ou de numéro à
06:01numéro.
06:01Non, c'est une messagerie sécurisée.
06:02C'est sur une messagerie sécurisée, sur Télégram, que bon nombre de responsables politiques utilisent.
06:06Que les macronistes utilisent beaucoup.
06:07Voilà.
06:08Mais ça ne change rien.
06:09Il prend un canal qui n'est pas habituel.
06:11Comme le dit Maurice, il a raison.
06:13Il est allé chercher Françoise de Gouard parce que c'est une opposante.
06:16Elle a été collaboratrice de Ségolène Royal.
06:19Elle a été aussi collaboratrice ministérielle sous Hollande.
06:21Elle est plutôt aujourd'hui proche d'Olivier Faure.
06:24Elle fait partie des indépendantistes du PS.
06:26Ceux qui veulent un PS indépendant contre toute forme d'acteur extérieur.
06:31Elle est engagée.
06:32Donc, il va la chercher pour discuter avec une opposante, finalement.
06:35Et pour essayer de faire passer des messages.
06:37Et moi, ce que j'adore, c'est que le titre du livre, c'est « Vous êtes trop dur
06:40avec moi »,
06:40qui est un message que lui, il cherche à faire passer.
06:43Et dans les échanges dont on a eu, communication, il fait passer des messages.
06:46Il se défend.
06:47En fait, il fait de la com' avec ce livre.
06:49Enfin, il n'avait pas anticipé que ce serait un livre.
06:51Mais il fait de la com' avec ces messages.
06:52Et il utilise effectivement Françoise de Gouard.
06:54Mais c'est du vrai jeu.
06:56Quand est-ce que Attal a été nommé Premier ministre ?
07:00Janvier.
07:01Janvier 2024.
07:02En avril.
07:03En avril.
07:04J'ai eu une réception à l'Élysée pour une Légion d'honneur.
07:07En avril.
07:08Emmanuel Macron me prend dans un coin et me scotche contre le mur en me disant
07:13« Attal est complètement nul ».
07:15Je me suis gouré complètement.
07:17Il savait à qui il le disait.
07:18Forcément.
07:20Et vous l'avez écrit, vous l'avez publié ou pas ?
07:23Sous une forme déguisée, oui.
07:24Mais il savait parfaitement ce qu'il allait faire.
07:26On regardait justement le message qu'il envoie à Françoise de Gouard concernant Gabriel Attal.
07:31On lui a trop tout donné, tout le temps trop.
07:37Ça veut dire quoi ?
07:38C'est que Gabriel Attal est ingrat par rapport à tout ce qu'il a reçu ?
07:40En gros, c'est ça.
07:42Maintenant, on commence un peu à connaître l'histoire.
07:44Il a rapidement regretté son choix.
07:46Avril déjà.
07:47Mais même un peu avant, ça s'est tendu très vite au bout d'un mois ou deux avec le
07:51salon de l'agriculture
07:52où il estime que l'entourage de Gabriel Attal en fait trop autour des difficultés du chef de l'État.
07:58Et donc, rapidement, ça se dégrade entre eux et Emmanuel Macron regrettera son choix.
08:04Oui, enfin, il était bien content de le trouver quand il a fallu aller sur les plateaux face à Bardella.
08:08L'arme anti-Bardella, c'était Gabriel Attal.
08:11Il l'a vu quand même en lui.
08:13Enfin, il a été nommé cinq fois ministre, toujours plus jeune ministre de la Ve République.
08:18Attal, il n'a rien demandé.
08:19Il a cassé son jouet.
08:20Et quand il était à l'éducation nationale, Attal, il ne voulait pas bouger.
08:23Il ne voulait pas aller à Matignon.
08:24Donc, c'est lui quand même qui l'a envoyé là-bas.
08:26J'ai lu le livre rapidement.
08:29On voit quand même que c'est un Emmanuel Macron qui est assez seul en fait.
08:33Je trouve qu'il apparaît assez seul dans ses messages.
08:35Et qu'il se défend d'avoir des amis milliardaires, d'être dépendant.
08:38Il dit à un moment donné, arrêtez avec mes amis milliardaires.
08:41D'abord, je n'ai pas d'amis milliardaires.
08:42Et ensuite, je suis un mec libre.
08:44Vous n'imaginez pas à quel point.
08:45En fait, il veut apparaître assez seul, assez libre, lié par rien.
08:49D'ailleurs, il dit, après coup, après, vous verrez, je ne travaillerai pas pour une personne.
08:54– Mais objectivement, quand on retrace les dix dernières années, Emmanuel Macron est un type assez seul.
09:01C'est vrai.
09:02Et nombre de ses erreurs, sans doute, s'expliquent notamment par le fait qu'il est seul.
09:07Jacques Chirac, Giscard d'Estaing, Mitterrand, Sarkozy, ils avaient des entourages, des copains, des amis, beaucoup plus.
09:14– C'est des erreurs non plus.
09:15– Bon, ça ne les a pas empêchés, mais…
09:16– Ils se sont isolés, quand même.
09:18– Ils se sont isolés par la fonction.
09:19– Non, mais c'est l'Élysée qui coupe.
09:20– Mais c'est des gens qui avaient des entourages.
09:22Lui, il est sans entourage.
09:23– Oui, bien sûr.
09:23– C'est ça qui est frappant.
09:24– Ce que disait Mitterrand de Jacques Attali…
09:25– Il en avait un, mais il s'est rétréci énormément.
09:27– Ce que disait Mitterrand de son conseiller Jacques Attali, c'était « Jacques, il a 50 idées par jour,
09:31il n'y en a qu'une de bonne, mais je sais laquelle. »
09:33– Donc il écoutait quand même beaucoup Mitterrand.
09:35Et c'est vrai que Macron prend beaucoup de décisions seul.
09:37– Mais on est dans l'ère de la communication, Patricia Chapeau.
09:40Un président de la République, il a les affaires du pays à gérer.
09:43À un moment, on ne peut pas lui dire « Écoutez, M. le Président, les télégrammes, enfin pardon, le réseau
09:51télégramme, les SMS, c'est avec les ministres, les journalistes, on s'en occupe.
09:55Si vous voulez les rencontrer de temps en temps, le soir, on fait. »
09:58Parce qu'il ne va pas passer tout son temps à textoter quand même.
10:00– Non, là, on a le sentiment qu'il est tout seul, que l'exercice du pouvoir, la fin de
10:05règne…
10:05– Vous, je rappelle, vous avez été conseillère spéciale de Gabriel Attal notamment, donc vous connaissez bien ce milieu.
10:09– Ça, c'est vrai que le jeu de télégramme, tout le monde est sur télégramme, il y a des
10:12boucles dans tous les sens.
10:13Tu te couches le soir, tu en as pour une demi-heure à lire toutes les boucles parce que tu
10:16ne sais plus où on est.
10:16– Voilà, il y a un moment, il faut mieux.
10:18– Et je pense que le Président aussi est pareil sur des boucles parce qu'il adore ça.
10:22Mais moi, je trouve qu'il sait un peu…
10:24Pour moi, je trouve qu'il donne une image inquiétante aux Français parce que c'est un peu l'ado
10:28en crise quand même.
10:29Tout seul à l'Elysée, il se comporte comme un ado.
10:33On est en train de critiquer les ados qui sont sur les réseaux sociaux.
10:36– C'est Patricien, mais les autres, je trouve…
10:38– Attendez, attendez, laissez finir.
10:39– Oui, oui.
10:40– Messieurs, s'il vous plaît.
10:41– Messieurs, s'il vous plaît quand même.
10:43Oui, non mais voilà, c'est une addiction, on l'a tous, cette addiction des réseaux sociaux, etc.
10:49– Oui, mais un Président doit être au-dessus de toute cette…
10:52– Je trouve que, franchement, je suis comme Maurice, il y a quelques-uns passés à l'Elysée,
10:56je trouve que ce Président-là a plutôt moins vu les journalistes que, je dirais, plutôt le contraire.
11:02Évidemment, François Hollande, qui les voyait tout le temps, est trop.
11:05Que Nicolas Sarkozy, qui en a vu au début, beaucoup moins à la fin.
11:09Jacques Chirac en voyait au début, mais après beaucoup moins.
11:12– Moins en moins.
11:13– La dissolution et puis la maladie à la fin, c'était différent.
11:15Honnêtement, Emmanuel Macron ne peut pas dire qu'il est vu énormément les journalistes.
11:18– Et je ne sais pas que Maurice, enfin Maurice, on sera plutôt d'accord avec moi.
11:21– Parce que là, nous avons été rejoints sur ce plateau par Léopold Odebert,
11:25bonsoir du service politique de BFMTV, parce que vous avez réussi à glaner
11:28quelques petites indiscrétions venant de l'Elysée, justement, au tour de ce livre.
11:32– Je vous écoutais parler, donc j'ai profité pour essayer de demander un petit peu
11:35comment c'était vécu aussi du côté de certains proches d'Emmanuel Macron,
11:39cette espèce de déballage auquel on assiste avec ses propos.
11:43et effectivement, ceux qui sont dans le viseur précisément,
11:48notamment d'Emmanuel Macron et de ses proches,
11:50d'abord ce sont ses prédécesseurs.
11:52Et vous avez parlé de François Hollande, je cite un proche d'Emmanuel Macron,
11:55ceux qui comparent ce qui se passe là avec Dave et l'homme,
11:59donc ces journalistes qui avaient échangé avec François Hollande,
12:01évidemment, on s'en souvient, dans ce livre qui avait fait parler,
12:03sont amnésiques, je cite, malveillants, où les deux,
12:06Hollande avait vu ce que disait Bruno, 60 fois ces journalistes,
12:09et le pacte était de sortir ce livre.
12:13Après 2017, là où le président de la République, je cite toujours,
12:17n'a jamais vu, je cite, cette conseillère de gauche.
12:20Voilà ce qui est dit aujourd'hui de la part de ce proche qui continue.
12:24Hollande, dans ce livre, avait parlé d'assassinat cible,
12:26de la justice dont il était, je cite toujours,
12:28le garant comme une institution de lâcheté,
12:30du quatrième personnage de l'État, comme pas à la mesure.
12:33Le président ne fait que dire en privé ce qu'il a dit en public.
12:37Donc rien neuf sur le soleil avec ses SMS.
12:39C'est exactement ce qui est justifié de la part des proches d'Emmanuel Macron aujourd'hui.
12:42– Alors c'est pas complètement faux, il se trouve que j'ai pas encore lu le livre,
12:44mais les quelques pas, les quelques extraits que j'ai lus dans le Figaro,
12:48et cet après-midi, montrent relativement bien ça.
12:51C'est ce qui, sur la dissolution par exemple,
12:54il ne dit absolument rien de nouveau, il dit qu'il a eu raison, point.
12:56– Il fait preuve de lucidité, c'est d'ailleurs Françoise Degoy qui le dit lui-même,
13:01qui le reconnaît, il est lucide.
13:03Par exemple, il est quand même assez, il voit la montée du RN,
13:08il pense que c'est quand même Marine Le Pen qui est la grande favorite,
13:10il dit la machine veut du sang, elle veut le RN, elle veut du sang,
13:14il faut être fou pour ne pas le comprendre.
13:16– En fait, il utilise cette journaliste pour faire passer des messages,
13:19mais quand on disait qu'il faudrait lui supprimer les messageries,
13:22il faudrait dire au président de ne pas communiquer avec la presse,
13:24la fabrique du pouvoir telle qu'elle est faite en France, elle n'est pas comme ça.
13:28La fabrique du pouvoir en France, c'est des présidents comme Hollande ou Sarkozy
13:31ou Emmanuel Macron qui sont proches de la presse.
13:34Pourquoi ? Parce qu'on doit en permanence communiquer avec la presse,
13:36faire passer des messages, expliquer son mandat avec le meilleur avocat,
13:40c'est devenu au fil des années le président lui-même.
13:42C'est lui qui se défend le mieux.
13:43On peut le regretter, mais c'est comme ça que ça se fait chez nous,
13:46et c'est une pratique qui est ancestrale.
13:48Moi je me souviens très bien de Sarkozy, qui était sur un cheval,
13:52souvenez-vous, avec les journalistes qui le voyaient.
13:53Mais ça c'était la campagne, c'était la campagne, c'était avant.
13:57C'est un président, ce qu'on peut reprocher à Nicolas Sarkozy
14:00et qu'on ne peut pas reprocher à Emmanuel Macron,
14:02c'est que le jeu de Nicolas Sarkozy était de nous faire rentrer dans son intimité.
14:06C'est lui qui nous faisait rentrer dans son intimité.
14:07C'est lui qui nous racontait ses histoires familiales,
14:11ses histoires de couple, etc.
14:13C'est lui qui nous faisait vivre ça.
14:14Et à un certain moment, on était presque plus gênés que lui.
14:18Ce n'est pas ce que fait Emmanuel Macron.
14:20Je ne suis pas complètement d'accord avec vous.
14:22On ne peut pas dire que c'est au président de la République
14:25d'être son propre communicant, d'avoir sa propre stratégie de com'.
14:28D'ailleurs, je ne sais pas, entre les communicants qui sont à l'Elysée,
14:32soit ils ont eu vent de ces échanges et ils devaient mal dormir
14:35en se disant quand est-ce que ça va sortir,
14:37soit ils n'étaient pas du tout au courant, ça je n'en sais rien.
14:39Je cite, on l'a appris lundi.
14:41Voilà, et c'est quand même vachement dur pour les communicants de l'Elysée
14:46d'avoir 15 heures par jour des journalistes au téléphone
14:49et découvrir que leur président discute avec François Desbois jusqu'à 2h du matin.
14:54Je voudrais qu'on accueille Raphaël Grabli,
14:56parce que Raphaël, vous savez, c'est notre vérificateur.
14:58Et dans les faits, Grabli, ce soir, bonsoir Raphaël.
15:01Bonsoir Alain.
15:02Vous avez remonté un peu le fil des fameuses confidences présidentielles
15:05et il y a une chose à retenir, c'est qu'en général, ça finit mal.
15:08Oui, et puis ça finit souvent dans des livres aussi.
15:10Et parfois, effectivement, vous parlez d'un consentement,
15:12là, il y avait un consentement total dans le livre,
15:14c'était il y a pile 10 ans, quasiment jour pour jour.
15:16Un président ne devrait pas dire ça de Gérard Davé et Fabrice Lhomme,
15:20vous le disiez, Léopold, dans une soixantaine de rencontres
15:22avec François Hollande au cours de son quinquennat,
15:24avec des confidences inattendues sur des sujets parfois très sensibles d'ailleurs.
15:29À l'époque, François Hollande estimait par exemple
15:31qu'il y avait trop d'immigration en France, il l'avait dit dans ce livre,
15:34et il évoquait même un problème avec Islam.
15:37Vous voyez la citation rapportée dans le livre,
15:38qu'il y ait un problème avec l'islam.
15:40C'est vrai, nul n'en doute.
15:42Léopold rappelait aussi que François Hollande
15:44admettait avoir ordonné quatre exécutions ciblées probablement de terroristes.
15:47En tout cas, ce livre, il fera disparaître les derniers espoirs de François Hollande
15:51pour une candidature en 2017.
15:52Mais il y a quelque chose qu'on oublie parfois,
15:55c'est que deux mois plus tôt, en août 2016,
15:57il y a déjà un livre qui avait été publié.
15:59Il s'appelait « Conversations privées avec le président »
16:01d'Antonin André et Karim Ressouli,
16:02là encore basé sur de multiples rencontres
16:04avec le même François Hollande.
16:06Et des points communs d'ailleurs avec la citation d'Emmanuel Macron.
16:09François Hollande, en novembre 2013, leur déclare
16:12« C'est dur, beaucoup plus dur que ce que j'avais imaginé à l'époque.
16:15Il vient de battre un record d'impopularité
16:17pour un président depuis 1958. »
16:21Et si on parle d'enregistrement à l'insu d'un président
16:23et de méthodes parfois critiquées,
16:25on pense forcément à ce livre « La cause du peuple »
16:28publié par Patrick Buisson fin 2016.
16:30Alors l'homme est un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy.
16:33Il avait enregistré des heures de conversation
16:35avec un dictaphone angé dans sa poche.
16:37Il accuse par exemple l'ancien président
16:39d'avoir volontairement laissé des affrontements s'installer
16:42lors des manifestations anti-CPE.
16:44On est en 2006.
16:45Nicolas Sarkozy est à l'époque ministre de l'Intérieur
16:47et selon le livre, il veut nuire à Dominique de Villepin,
16:50Premier ministre et potentiel rival dans la course à 2007.
16:54Ces livres, en tout cas, ils ont deux points communs.
16:56Déjà, c'est le timing.
16:57Ils ne sortent pas n'importe quand.
16:58En général, en fin de mandat,
17:00je ne remonte pas au livre de Pierre Péon
17:02ou même de Franck Zolizier Gisbert plus récemment.
17:04En général, le timing n'est pas anodin.
17:06Patrick Buisson, dans le cas de Nicolas Sarkozy,
17:08ce n'était pas en fin de mandat,
17:09mais c'était juste avant la primaire et son retour.
17:12Et puis en général, ils se vendent aussi plutôt bien.
17:14Plus d'ailleurs de 230 000 ventes
17:17pour le livre d'Avé et l'homme.
17:18– Mais justement, après l'affaire Hollande d'Avé et l'homme,
17:23Emmanuel Macron avait théorisé
17:24que c'était la fin de la présidence bavarde,
17:27qu'il ferait différent.
17:28Est-ce qu'il a vraiment fait différent ?
17:30– Oui, il a fait différent.
17:31Franchement, sur le premier mandat,
17:34d'abord, il rompt le off avec les journalistes,
17:37seulement avec la crise des Gilets jaunes
17:39en janvier de mémoire 19,
17:42où il reçoit pour la première fois
17:43des journalistes dans son bureau.
17:45On est 7, 6, 7,
17:48je me souviens parfaitement de ce moment-là.
17:49Ça dure d'ailleurs assez longtemps.
17:53Et non seulement il ressort dans son bureau,
17:55mais à la sortie,
17:57sa conseillère de l'époque,
17:58Sibeth Ndiaye,
17:59autorise de sortir ce qui a été 10.
18:02Et donc, voilà.
18:03Il faut quand même attendre quasiment plus d'une année
18:05pour qu'il commence à recevoir des journalistes,
18:07en dehors de ceux dont il est proche.
18:09Il y en a 2 ou 3 de journalistes économiques.
18:10– Quel est le premier mini-scandale
18:13du premier quinquennat ?
18:14C'est quand il veut faire sortir les journalistes
18:16de la cour de l'Elysée.
18:17Parce qu'ils sont installés là,
18:18à la fenêtre qu'on voit,
18:19il veut les mettre de l'autre côté de la rue.
18:21Et c'est le premier mini-scandale de l'ère Macron.
18:24– Merci, madame.
18:25Merci, messieurs, d'avoir été avec nous.
18:28Vous disiez, Raphaël,
18:29qu'en général, c'est un succès en librairie.
18:31On vérifiera.
18:32C'est celui de Françoise de Gaulle
18:33aux éditions Robert Laffont.
18:34Ce vaut bien.
18:34Vous êtes trop durs avec moi.

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