Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 43 minutes
Judith Beller reçoit Francis Huster et Souleymane Diamanka

---

🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
☀️ Et pour plus de vidéo du Grand Matin Sud Radio : https://youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDRJgbMndsvDtzg5_BXFM7X_

##C_EST_EXCELLENT-2026-10-25##

Catégorie

✨
Personnes
Transcription
00:01Sud Radio, c'est excellent, Judith Bélaire.
00:04Bienvenue les amis, c'est excellent votre rendez-vous du dimanche à 19h avec l'Excellence Française sur Sud Radio.
00:09Il est acteur, metteur en scène, réalisateur, scénariste, auteur et surtout nous l'avons vu dans tant de rôles
00:15que c'est presque comme si on le connaissait un petit peu.
00:17Bienvenue Francis Huster.
00:18Bienvenue, merci beaucoup.
00:20Ça vous va comme présentation ?
00:21Merci de nous recevoir.
00:22Merci.
00:22Merci.
00:22Francis, vous nous venez ce soir avec votre ouvrage, Un cancre au paradis, c'est sorti chez Albain Michel.
00:26C'est une ode à Sacha Guitry, adaptée de votre seul en scène que vous avez fait, si je ne
00:32me trompe pas, à Avignon cet été.
00:33Oui.
00:33C'est bien ça.
00:34Et puis vous brûlez aussi les planches en ce moment au théâtre du gymnase Marie-Belle dans le discours d
00:38'un roi.
00:38C'est mis en scène par Jérémy Lippmann.
00:39Vous êtes aux côtés de Philippe Toréton notamment et c'est jusqu'au 3 janvier du mercredi au samedi à
00:4421h.
00:45Le samedi à 16h, le dimanche à 16h30, on va en parler aussi évidemment.
00:48Moi je me suis éclatée.
00:50Merci beaucoup.
00:51Avec plaisir.
00:51Merci nous aussi sur scène.
00:52Ça se voit.
00:53On est trop heureux.
00:53Ça se voit.
00:54Ces mots sont endorythmiques qui éveillent nos esprits.
00:57Il est poète et slammeur et vous avez déjà dû l'apercevoir.
01:00Bonsoir Souleymane Diamanka.
01:01Bonsoir.
01:02Alors votre One Poet Show va officier au théâtre, officier d'ailleurs, au théâtre Le Petit Républic à Paris.
01:07Alors il y a des dates, notamment la prochaine c'est le 31 octobre à 17h30.
01:11D'ailleurs chers auditrices, chers auditeurs, Souleymane Diamanka vous offre 10 places à gagner, donc 5 fois 2 pour que
01:16vous soyez accompagnés.
01:17Ça sera retrouvé sur les réseaux sociaux dans la petite vidéo que je vais vous faire.
01:20Et puis Souleymane, il y a aussi votre nouveau recueil de poèmes qui va sortir en février.
01:23Une école portera ton nom, c'est chez Multiculti Édition.
01:27Exactement.
01:28C'est excellent sur Sud Radio, bienvenue chez vous.
01:33Francis Huster, un cancro paradis.
01:35Donc, je fais un petit pitch, c'est le 27 juillet 1957, le jour des obsèques du maître qui n
01:42'est autre que Sacha Guitry, qui repose dans son cercueil.
01:46Je cite, tenue de smoking oblige, médaille au revers, main croisée, célébrée par une foule frémissante.
01:52Son double le cancre, est-ce vous dans ce cas ?
01:55Je pense que pour tous ceux et toutes celles qui nous écoutent, il faut vraiment avoir la franchise de reconnaître
02:02que, quel que soit ton métier, tu es double.
02:06C'est-à-dire qu'il y a la personne que les gens, que ce soit tes amis, ta famille,
02:12tes proches, croient connaître, celle-là, qui est en fait une personne en réaction tout le temps par rapport aux
02:19autres.
02:19Et puis, il y a la véritable personne intérieure, celle que tu n'oses pas montrer.
02:24Et quand tu tombes, par exemple, amoureux de quelqu'un, que ce soit un amour d'amitié ou que ce
02:30soit un amour sexuel avec quelqu'un avec qui tu vas peut-être fonder une famille et des enfants,
02:36en fait, c'est parce que cette personne, tu as l'impression qu'elle sait vraiment qui tu es.
02:39Oui, c'est vrai.
02:39Et c'est exactement ce qui s'est passé dans la vie des plus grandes légendes du théâtre, et notamment
02:48pour Sacha Guitry.
02:49Et le problème, c'est que cette double personnalité, il a révélé celle que le public connaît en tant que
02:57maître, que grande légende, sûre de lui,
03:02acclamée dans le monde entier, pas seulement pour son théâtre, mais pour son cinéma.
03:06Et puis l'autre, l'autre personnalité, il faut bien comprendre que justement, ce jour-là, le jour de son
03:12enterrement,
03:14le maître, il est dans le cercueil et hop, il ira en squelette au cimetière de Montmartre pour rejoindre son
03:20père et sa famille.
03:21Mais son âme, elle n'est pas dans le cercueil.
03:23Et son âme, c'est l'âme du cancre.
03:25Et lui, le cancre, il se retrouve dans un théâtre.
03:27Le paradis des acteurs, là où Molière, Marivaud, Beaumarchais, Pagnol, ils sont toujours vivants.
03:32Et les acteurs aussi qui ont interprété sont là, leurs fantômes errent dans le théâtre.
03:36Et il se retrouve là et il va falloir qu'ils justifient aux yeux de toutes les légendes qui sont
03:42déjà là en tant que fantômes,
03:43qu'ils méritent d'y être.
03:45Que vraiment, le cancre, c'est lui qui finalement a fondé, a écrit cette œuvre avec une insolence incroyable par
03:54rapport à son époque.
03:55Cette fripouille qui s'est échappée de la dépouille bénie des dieux, c'est ainsi que vous en parlez.
04:00Oui, et lui, il espère ce cancre être béni des lieux.
04:05Et va-t-il réussir au bout du livre à convaincre, surtout les lecteurs aussi, donc le public,
04:13que vraiment le cancre mérite d'être éternel ?
04:18C'est un peu ce qui s'est passé entre Jean-Baptiste Poclin, qui était avocat, l'oublions pas, qui
04:23a eu sa thèse,
04:24et qui tout d'un coup, par un destin incroyable de tomber amoureux d'une actrice qui est merveilleuse à
04:31cette époque-là,
04:32Madeleine Béjard, dans la troupe, dans la famille des Béjard,
04:35et elle l'entraîne dans le théâtre, mais alors de l'autre côté, c'est-à-dire qu'il va
04:41devenir tout d'un coup,
04:42et il va inventer comme Chaplin a inventé Charlot, Molière, qui était son Charlot à lui.
04:47Alors, pour Sacha Guitry, vous convoquez ces sept prêcheurs capitaux, ces figures, qui ont façonné sa vie.
04:53C'était aussi le maître des jeux du langage, Sacha Guitry.
04:56Donc c'est ces sept prêcheurs, mais c'est ces sept péchés aussi,
04:59puisque ce sont les personnes qui l'ont accompagné, qui l'ont fait, c'est ce que vous dites.
05:02Exactement, qui ont fait toute sa vie.
05:04Les femmes qu'il a épousées.
05:06Et son père aussi, Lucien Guitry.
05:07Son père, Lucien Guitry, qui était vraiment...
05:10C'est le tyran, quoi.
05:12C'est vraiment le Christ par rapport à Dieu, qui dit au Christ, le Christ dit à Dieu au moment
05:17où il est crucifié,
05:18pourquoi m'as-tu abandonné ?
05:21Et en fait, c'est exactement ce qui va se passer entre lui, le petit Jésus, c'est-à-dire
05:25Sacha,
05:26et son père, qui est le dieu du théâtre.
05:30Et ce qui est extraordinaire, c'est qu'on a l'impression, ne l'oublions pas,
05:33que lorsque le Christ réapparaît, c'est une femme qui le voit apparaître.
05:39Qui en plus a été sa femme presque mystérieuse, et qui le voit réapparaître.
05:45C'est pareil pour Sacha.
05:47C'est-à-dire qu'en fait, il va s'engueuler avec son père pendant 15 ans, ils ne se
05:50parleront plus, ils ne se verront plus.
05:51Ce qui est absolument hallucinant, de tenir 15 ans sans se pardonner l'un l'autre,
05:55puisque Sacha lui aura piqué sa dernière maîtresse, Charlotte Lisette, une actrice,
05:59qui jouait avec Lucien, et Sacha qui débutait comme une nullité sur la scène.
06:04Et c'est vrai que, tout d'un coup, on s'aperçoit que ce que peuvent faire les acteurs, les
06:12actrices, sur scène,
06:15il y a vraiment une dualité.
06:16Il y en a certains, ils incarnent un rôle, qui a déjà peut-être été joué en référence par d
06:22'autres acteurs,
06:22et donc, le public vient voir le rôle. Interprétez pas cet acteur, mais il vient voir le rôle.
06:27Et si c'est pas Cyrano, si c'est pas Hamlet qui voit, si c'est pas...
06:29Ah, ils sont pas contents, les gens.
06:31Donc, il y a cette catégorie-là d'acteurs, dont on ne connaît absolument pas leur véritable fond,
06:38leur vraie personnalité.
06:39Je peux citer 10 acteurs merveilleux, sublimes.
06:42C'est pas le problème, on sait pas qui ils sont vraiment.
06:44Et puis, il y a une autre catégorie d'acteurs et d'actrices, ce sont les acteurs et les actrices
06:50qui,
06:51peut-être par une personnalité tellement débordante, se mettent en avant.
06:57C'est pas le rôle.
06:58On va voir l'acteur ou l'actrice interpréter ce rôle.
07:01Mais c'est l'acteur ou l'actrice qui compte.
07:04Et là, vous, vous êtes dans cette catégorie-là, évidemment, Français Suster.
07:10C'est un peu la différence avec André, avec André Dussolier.
07:14André, personne ne sait qui il est vraiment.
07:16C'est un merveilleux acteur.
07:18Je l'adore, je l'aime.
07:19On a débuté ensemble et on a une vie totalement parallèle.
07:22Mais André, lui, il sait absolument, avec énormément d'humilité,
07:26toute sa vie, c'est le rôle qu'il met en avant.
07:29Et moi, je fais partie de ceux qui se mettent en avant.
07:33Alors, en tout cas, dans ce cadre-là, ce qui est intéressant, c'est que cette mort du grand maître,
07:37elle permet de donner vie, en fait, au double, de prendre vie.
07:41Tandis que le corps du maître, il est immobile,
07:43le cancré, il peut enfin monter sur scène,
07:45enfin se libérer et enfin échapper aux conventions.
07:49Oui, et puis surtout, il ne faut pas oublier la clé.
07:55On peut se dire qu'on est tous, on a un coffre-fort,
08:01on a une clé qui ouvre ce coffre-fort de ton âme qui, tout d'un coup, elle sort
08:05parce que tu es en train d'être émotionné par un lieu, par une musique, par un livre, par une
08:10personne.
08:11Et la clé, en fait, il y en a de plusieurs sortes.
08:15Il y en a, pour certains, c'est l'argent, c'est la gloire, c'est le pouvoir.
08:18Allez, maintenant, je suis moi-même.
08:20Il y en a d'autres, au contraire, c'est de se sacrifier pour les autres, de tendre la main.
08:24Et puis, il y a aussi une clé par rapport à, soit ses parents qui peuvent peut-être,
08:28un père formidable, ou une mère formidable, ou une soeur ou un frère,
08:32un ami peut-être, une amie.
08:33Et puis, il y a une clé, c'est la femme.
08:36Et pour Sacha...
08:37C'était les femmes.
08:38Oui, exactement.
08:39Mais pourquoi les femmes ? Parce que c'était à chaque fois la même, en fait.
08:42C'est-à-dire qu'il faut partir du principe qu'il est devenu orphelin.
08:47Il adorait sa mère, son père avait plein de maîtresses déjà et tout,
08:51et sa mère tragiquement meurt, comme son frère aîné.
08:53Donc, pour lui, il n'a pas eu cette adolescence en compagnie d'une mère.
08:58Et il a donc retrouvé chez les femmes de sa vie une mère, une autre mère.
09:04Parfois, c'était, comme Charlotte, quelqu'un sur laquelle on pouvait compter.
09:09Comme Yvonne Printemps, quelqu'un qui comptait pour lui.
09:13Comme Geneviève de Sereville, elle, je pense qu'elle n'a jamais su compter.
09:18Et puis, Lana Marconi, qui ne comptait que sur elle.
09:21Et Arletti, Arletti.
09:22Ah bah, Arletti, elle comptait pour tout.
09:25Sa lumière du cœur.
09:26Oui, sa lumière du cœur, parce qu'on peut avoir un rapport sexuel, sensuel,
09:34ou amical avec une femme ou avec un homme.
09:37Peu importe son union personnelle du corps, mais l'union de l'âme, c'est tout à fait autre chose.
09:44C'est-à-dire que, ou bien tu es entraîné à imiter l'âme qui t'accueille,
09:49et ça devient, comme on voit des fois au restaurant, deux personnes...
09:52Tu as l'impression que c'est la même personne.
09:54Ils sont face à face en train de manger.
09:55Tu dis ça, ils sont tous les deux pareils.
09:56Et puis, il y a une autre chose, c'est au contraire,
09:59quand les deux âmes sont tellement à l'opposé,
10:02comme un jeu d'échec avec les blancs et les noirs,
10:04que là, tu peux créer, construire, te battre.
10:09Alors tu as tout d'un coup la déception,
10:12tu es battu, tu as loupé, c'est fini.
10:15Mais c'est comme ça qu'on vit.
10:16Et c'est comme ça qu'il a construit sa vie.
10:18Francis Huster, c'est quoi votre clé à vous ?
10:22Ma clé, à moi, c'est le portrait de Dorian Gray.
10:25Oh !
10:26C'est-à-dire que c'est horrible à dire.
10:28Enfin, je ne sais pas, on va voir ce que vous allez dire tout à l'heure.
10:32Justement, ce qu'un poète qui a toute la liberté...
10:34Il faut expliquer aux auditeurs ce que c'est le portrait de Dorian Gray.
10:36C'est tout simplement, Dorian Gray ne vieillit pas.
10:39Il a son portrait, le véritable portrait.
10:41C'est le portrait qui vieillit.
10:42Il est jeune, il est jeune.
10:43Tout le monde vieillit autour de lui et pas lui.
10:45Et en fait, moi, il m'est arrivé une chose terrible dans ma vie.
10:51Et je n'ai plus, à partir de ce moment-là,
10:54je n'ai plus voulu vivre la vraie vie.
10:56J'ai voulu vivre la vie de tous ces héros à interpréter,
11:00de tous ces gens dans l'imaginaire.
11:03Et les rendre réels, justement.
11:05Et je vous assure, j'ai l'impression d'avoir toujours 20 ans.
11:11Ça se voit sur scène, vous savez.
11:13Ça se voit sur scène, Francis Huster.
11:15Souleymane Diamanka, c'est quoi votre clé à vous ?
11:17Ma clé, je dirais que c'est le langage.
11:19On m'a toujours dit dans mon éducation que les mots étaient une clé qui ouvrait toutes les portes.
11:24Et j'en suis persuadé.
11:26Que c'est beau.
11:27Est-ce qu'elle ouvre votre porte à vous-même ?
11:29Est-ce que vous vous parlez souvent ?
11:31Je me parle souvent et j'écoute beaucoup les personnes passionnées parler.
11:36Pour moi, c'est la meilleure des éducations.
11:38Et je suis vraiment honoré et impressionné d'être face à vous.
11:41Parce que votre voix porte en elle toutes les œuvres que vous avez parcourues.
11:46Il y a une manière de dire l'oralité chez vous qui est vraiment fascinante.
11:52Et l'oralité, ça a toujours été mon école.
11:54Et les gens du théâtre comme vous, qui sont et comédiens et acteurs,
11:58je trouve qu'ils subliment les mots et qu'ils créent des passerelles entre les âmes.
12:02Parce qu'il y a des choses qu'on ne peut pas mettre dans une conversation,
12:05mais qu'on peut voir dans une salle de théâtre
12:07et ressentir des émotions qui ne sont pas les nôtres,
12:10comme si c'était les nôtres qu'elles sont portées par des voix comme la vôtre.
12:14Donc je remercie l'avis de votre enfant.
12:17Je vous remercie infiniment.
12:19Et je dois vous dire qu'avant de venir à l'émission,
12:21je me suis plongé un peu dans votre vie et dans votre œuvre.
12:24Et j'ai une question qui me brûle les lèvres.
12:27Alors gardez-la, gardez-la.
12:28Gardez votre question.
12:29Sud Radio, c'est excellent.
12:31Et ce soir, on se fait plaisir, vous l'aurez compris,
12:32on est sur Sud Radio avec deux artistes qui ont l'amour des mots, clairement, en commun.
12:36L'acteur, metteur en scène, réalisateur, scénariste et auteur Francis Huster
12:39et le poète-slammeur Suleymane Diamanka.
12:41A tout de suite.
12:44Sud Radio, c'est excellent.
12:45Judith Bélair.
12:46C'est excellent sur Sud Radio.
12:47Ce soir, pour vous, Francis Huster, acteur, metteur en scène, réalisateur, auteur
12:51et son ouvrage Un cancro au paradis est publié chez Albain Michel.
12:54Aussi, elle affiche du discours d'un roi au théâtre du gymnase Marie-Belle
12:56dans une mise en scène de Jérémy Lipman.
12:58À ses côtés, le poète-slammeur Suleymane Diamanka.
13:01Pour son One Poet Show, c'est au Petit République à Paris et son recueil
13:04Une école portera ton nom, c'est apparaître en février prochain
13:06chez Multiculti Édition.
13:08Francis Huster, vous aviez une question pour Suleymane ?
13:11Oui, oui. C'est une question qui me brûle depuis longtemps.
13:16Je voulais la poser, mais je n'ai pas pu la lui poser, évidemment, à Guillaume Apollinaire.
13:20Sous le pont Mirabeau coule la Seine et nos amours, faut-il qu'il m'en souvienne ?
13:24Vienne à la nuit, sonne l'heure, les jours s'en vont, je demeure.
13:28Et je voulais poser à Apollinaire, et je vous la pose à vous, puisque vous êtes un poète,
13:34je ne sais pas comment vous définir, sinon un poète-fleur.
13:37Quelqu'un qui a à la fois, dans sa poésie, n'oublie pas ses racines
13:41et qui, avec une certaine jouissance, je trouve, nous fait voir ses épines.
13:48C'est ça qui m'a beaucoup touché dans votre oeuvre.
13:52Vraiment, je brûlais de vous poser cette question.
13:58Quand j'écris, dès qu'il y a une rature sur la page,
14:01puisque j'écris toujours en écrivant, avec de l'encre et tout,
14:06dès que je rate, je déchire la page, même si je suis à trois lignes de la fin,
14:10je ne supporte pas ça, c'est qu'il y a quelque chose qui n'est pas clair dans ce
14:13que je veux faire.
14:14Est-ce que vous, par rapport à votre poésie, vous la sortez de vous-même sans réfléchir,
14:22ou est-ce qu'au contraire, elle se mûrit à l'intérieur de vous,
14:25et tout d'un coup, elle sort, elle sort comme ça, et vous ne pouvez pas la retenir ?
14:28C'est un peu ça, en fait, elle mûrit dans mon esprit et dans mon cœur longtemps.
14:33Comme mes parents ne savaient pas lire et écrire, j'ai un rapport au mot parlé très très très fort,
14:39et c'est une fois que ça déborde de mon esprit et de mon cœur que je me penche sur
14:43le papier.
14:44Comme ça, il n'y a jamais la peur de la page blanche.
14:46Vraiment, quand je lui fais face, c'est que j'ai quelque chose à lui dire.
14:49Et j'écris pas souvent, mais quand j'écris, c'est de longues périodes d'écriture.
14:55Là, je me suis enfermé tout l'été pour ce nouveau recueil,
14:57Une école portera ton nom, et je ne déchire jamais.
15:01Je rature, mais lisible.
15:03Je rature lisible parce qu'il y a souvent des trésors sous les ratures,
15:07et souvent, on n'est pas très indulgent envers nous-mêmes quand on est en phase d'écriture.
15:13On n'est pas dans le même état que quand on est lecteur de sa propre œuvre.
15:16Et des fois, notre côté lecteur est un peu dur.
15:19Donc, quand je suis en phase d'écriture, je rature lisible.
15:22Et quand je relis, je fais bien attention à ce qu'il y a sous les ratures,
15:25parce que souvent, des trésors sont là.
15:28Que c'est beau. C'est excellent, cette émission.
15:30Non, mais on devrait l'arrêter là.
15:33Mais bon, on va continuer.
15:35Souleymane, je vais vous citer.
15:37Je vais citer votre saut nettroit.
15:39Si vous avez envie de le continuer, vous m'arrêtez.
15:41Cette nuit, la pluie au-dessus des nuages,
15:43la plus humble des pluies,
15:44dans le ciel oscillant, entre rivières et puits,
15:47fontaines et océans.
15:48Quand le vieux soleil jeûne, il fait plus que son âge.
15:51Un vœu des nuits engendre un feu réduit en cendres.
15:54Sa peau aimait la pluie,
15:56ce poème, il m'a plu.
15:57Cette nuit, il a plu.
15:58Je parle de la plus humble des pluies.
16:01En prendre un peu, et puis en vendre.
16:04Que c'est beau.
16:05Merci beaucoup.
16:05C'est dans vos 50 sonnets pour mes 50 printemps.
16:08Oui, c'est mon recueil précédent.
16:09Racontez-nous l'histoire de ce recueil.
16:11Et en fait, pour moi, le sonnet, ça m'a toujours fasciné.
16:13J'ai eu la chance d'avoir un instituteur qui était poète,
16:16Dominique Boudou.
16:18On lui passe le bonsoir, d'ailleurs.
16:19Oui, on lui passe le bonsoir en classe de CE2.
16:21Et j'ai vu l'amour qu'il avait pour les mots écrits.
16:24Et ça ressemblait beaucoup à l'amour qu'on est parents pour les mots parlés.
16:29Et une des premières rencontres avec la poésie,
16:33ça a été le sonnet.
16:35Et en grandissant, je me suis dit que c'était un peu la Roll Royce de l'écriture.
16:38Que c'était le plus beau des véhicules pour la poésie musicale,
16:43cette poésie rimée.
16:44Et je m'étais promis que quand je serais vieux comme Victor Hugo,
16:48moi aussi, j'écrirais des sonnets.
16:50Vous l'avez fait avant.
16:52Vous n'êtes pas encore vieux comme Victor Hugo.
16:54Non, mais sur les photos qu'on avait, les illustrations,
16:57je voyais cet homme avec les cheveux grisonnants.
17:00Et je trouvais ça magique qu'il puisse créer des univers entiers avec les mots.
17:05Et pour mon recueil précédent, je me suis dit,
17:07je m'en vais dans ce voyage.
17:1050 sonnets pour mes 50 printemps.
17:12Et je les ai numérotés de 1 à 50.
17:14C'est un clin d'œil à Shakespeare qui numérotait ses sonnets aussi.
17:18Et je suis très heureux de ce livre.
17:21Et je l'ai écrit pour qu'il soit lu.
17:23Ce sont les seuls poèmes que je n'ai pas appris par cœur.
17:26Parce que ça les fige dans une certaine forme.
17:28Là, je les redécouvre à chaque fois que je lis.
17:30Et c'est un conseil que j'ai reçu d'un poète belge,
17:34Karl Norak,
17:35qui me disait,
17:36quand tu n'apprends pas par cœur,
17:37tu es à la fois l'auteur et le lecteur.
17:39Tu redécouvres tes poèmes à chaque fois.
17:42J'ai eu du mal,
17:43mais je me suis forcé à ne pas les apprendre par cœur.
17:46Et c'est super beau de l'entendre là avec votre voix.
17:48Merci beaucoup.
17:49C'est avec plaisir.
17:50C'est très beau à lire, surtout.
17:51Vous avez cette tradition de l'oralité
17:53qui vous vient de vos parents,
17:54qui vous vient du Sénégal.
17:55C'est l'art du griot là-bas.
17:57C'est ça, on raconte des histoires ?
17:58Exactement.
17:59Mes parents n'étaient pas griots,
18:00mais chez l'Eppel,
18:01toute l'éducation des enfants
18:03se fait avec des dictons,
18:04des aphorismes.
18:05Et la rime est incorporée
18:07dans cette langue,
18:08dans la conjugaison.
18:09Par exemple, si je dis ce monsieur,
18:11je dis O, net O.
18:12Il y a la sonorité O qui revient.
18:14Si je dis cette O,
18:15je dis d'âme,
18:16d'âme,
18:17âme, âme.
18:18Et quand j'ai appris la poésie,
18:20j'ai vu que les règles de versification
18:23étaient les mêmes que dans celles
18:26de ma langue maternelle.
18:27Et tout de suite,
18:28j'ai voulu devenir ça.
18:30Je trouvais que c'était la seule matière au monde
18:32où mon père,
18:33il pouvait m'offrir
18:34tous les mots qu'il connaissait
18:35sans s'appauvrir.
18:37Il m'enrichissait sans s'appauvrir.
18:39Et il n'y a pas beaucoup de matière comme ça.
18:41Pour moi,
18:41les mots,
18:42c'est la matière la plus abondante sur Terre.
18:44Et c'est une matière gratuite.
18:47Et on peut créer des univers,
18:49des mondes.
18:49Et c'est le lien entre vos deux héritages aussi.
18:52Exactement.
18:52L'écriture à l'école
18:53et l'oralité à la maison.
18:55Et quand j'ai rencontré le slam
18:57dans les années 2000,
18:59en fait,
18:59je faisais déjà ça
19:00depuis l'école primaire.
19:01Écrire dans mon bloc-notes,
19:03apprendre par cœur.
19:04Et partager devant les gens
19:06qui aiment les mots.
19:08Je voudrais aussi qu'on parle
19:09de la plume et de l'épée.
19:10C'est un de vos ouvrages
19:11qui a été préfacé
19:12notamment par Grand Corps Malade,
19:13qui porte aux éditions Point.
19:16Lui, il dit que vous associez,
19:18en fait,
19:18déjà ce titre,
19:19de la plume et de l'épée,
19:20c'est l'écriture,
19:21vous associez l'écriture au combat,
19:22quand même.
19:24Au sens où la plume
19:25permet de raconter,
19:25de transmettre,
19:26mais aussi de répondre
19:26et de défendre.
19:27Oui, parce que
19:28c'est la plume du poète
19:30contre l'épée et du guerrier.
19:32C'est de l'art
19:33et de l'amour réel
19:34contre la horde
19:34d'armurier.
19:35C'est la plume du poète
19:37contre l'épée et du guerrier.
19:39C'est le poids du beau texte
19:40contre la poudre du barillet.
19:42C'est l'encre et la feuille
19:44contre le temps
19:44qu'est le feu.
19:45C'est le chant et la fleur
19:47contre le sang et la peur.
19:48C'est l'amour et la paix
19:50contre les morts à l'appel.
19:51C'est la belle échappée
19:53contre la défaite
19:53sans appel.
19:54Et je me disais
19:55depuis que le monde est monde,
19:57il y a des gens
19:57qui sont avec une plume
19:59dans la main
19:59et d'autres qui sont
20:00avec une épée dans la main,
20:01même si ces instruments
20:02ont changé de forme.
20:04Et je serai toujours
20:05du côté de la poésie.
20:06Et je pense qu'on est
20:07nombreuses et nombreux
20:08de ce côté-là.
20:10Et Fabien,
20:11encore malade,
20:12m'a fait une super jolie préface.
20:14Il vous a dit notamment,
20:15il dit dame,
20:16notamment j'ai découvert
20:16sa poésie formidable,
20:18son écriture unique
20:19d'une précision d'orfèvrerie
20:20où les sonorités
20:21te caressent les tympans,
20:22où le sens bouscule
20:23ton esprit.
20:24C'est ça qui est intéressant,
20:26c'est qu'il existe vraiment
20:26deux dimensions de votre écriture
20:27sous les Madiamankas,
20:28le travail des sonorités
20:29et le travail du sens.
20:31Oui,
20:32et comme disait Paul Valéry,
20:33il faut que le sens
20:34et le son
20:34soient à égalité en fait.
20:36Pour moi,
20:37c'est super important
20:38de m'adresser aux personnes
20:40qui parlent ma langue,
20:41mais aussi aux personnes
20:42qui ne comprennent pas
20:43et qui vont recevoir
20:44juste la musique des mots.
20:45J'ai réussi à apprendre
20:47par cœur des poèmes
20:48en polonais,
20:49en italien,
20:49en espagnol
20:50et c'est parce que
20:52les autrices et les auteurs
20:53ont fait un travail extraordinaire
20:55sur la musique des mots
20:56que ça me devient accessible.
20:58Par exemple,
20:58une dédicace pour John,
21:00je dirais
21:05C'est du polonais,
21:06ça a l'air d'être
21:07une langue lointaine
21:08par rapport à moi,
21:09mais on a même inventé
21:12une langue avec John,
21:13c'est le polonais.
21:14Et le pays,
21:15c'est la Pologne.
21:16Je lui ai appris
21:16des poèmes en polonais
21:18et on s'est retrouvés
21:21sur la musique des mots.
21:22La musique des mots
21:23est universelle.
21:25Exactement.
21:25Et aussi pour les mots.
21:27Et les mots aussi.
21:28Justement,
21:28le sens et le son,
21:30cette égalité
21:30dont nous parle
21:31Suleymane Diamanka,
21:32c'est quelque chose
21:33qui est très présent aussi
21:34dans votre travail,
21:35Francis Huster.
21:36Oui,
21:36c'est absolument,
21:38moi j'appelle ça
21:39le parfum d'âme.
21:41C'est-à-dire de respirer
21:43tout d'un coup
21:44au même rythme
21:46et dans le même arc-en-ciel
21:47d'âme
21:48parce que l'âme
21:48n'a que des couleurs.
21:50On est rouge de colère,
21:51on est vert de peur.
21:53C'est vrai ça.
21:53On peut en dire beaucoup,
21:54toutes les couleurs
21:56correspondent à une partie
21:57de notre caractère.
21:58Mais je voudrais
22:01piquer un peu
22:02Suleymane,
22:03comme si on était
22:04dans une partie
22:05d'échec justement.
22:07Je rock
22:07avec Mathur
22:08et le roi
22:10pour lui dire ceci.
22:12Suleymane,
22:13la musique peut aussi
22:15porter un masque
22:16et quelquefois
22:18elle peut se mettre
22:18au service
22:19de la tyrannie
22:20et de ceux
22:21qui justement
22:22veulent la mort
22:23des autres.
22:24Et je vous pose
22:25la question,
22:26il y a des poèmes
22:28aussi
22:29qui sont monstrueux,
22:31qui font froid
22:33dans le dos.
22:34Et est-ce que vous pensez
22:36qu'il peut y avoir
22:39chez les poètes
22:40l'ombre
22:41et la lumière ?
22:42Est-ce que par exemple
22:42un jour
22:43où il vous est arrivé
22:44quelque chose
22:45que vous ne pouviez
22:46pas supporter ?
22:47Est-ce que vous vous êtes
22:48mis à écrire
22:48un poème
22:50de ce style
22:51et finalement
22:52vous avez préféré
22:54le déchirer
22:56ou le brûler
22:57ou est-ce que
22:57vous l'avez rangé
22:59dans un terroir
23:00pour justement
23:00les autres jours
23:02où tout d'un coup
23:02il vous prend
23:03dans votre vie
23:03puisque vous n'en êtes
23:05qu'à la moitié
23:06d'être fou de rage
23:07de le ressortir
23:08de le regarder
23:08je fais bien
23:09de le mettre
23:09dans mon tiroir
23:10parce qu'on n'imagine
23:11jamais que
23:12les plus grands poètes
23:14puissent
23:15à un moment
23:16de leur vie
23:16avoir basculé
23:17et se dire
23:18mais oui
23:18puisque la poésie
23:19c'est la vérité
23:20de l'âme
23:20je vais y aller
23:21et je vais dire
23:22ce que je pense
23:23ça vous est arrivé ?
23:24Ça m'est déjà arrivé
23:25je trouve ça super intéressant
23:26et le truc
23:28c'est que
23:28le poète
23:29et la poétesse
23:30sont comme mission
23:31de bouleverser
23:32et ça m'est arrivé
23:33d'écrire un poème
23:34qui s'appelle
23:35Les voix dans ma tête
23:36que j'avais écrit
23:37pour bouleverser l'auditoire
23:38et qui le bouleversait trop
23:41et du coup
23:41je l'ai enlevé
23:42de mon répertoire
23:43je ne le dis pas sur scène
23:45je ne l'ai pas mis
23:45dans mes recueils de poèmes
23:47parce que
23:48justement
23:48je ne voulais pas
23:49que ce parfum d'âme
23:50soit quelque chose
23:52de corrosif
23:52et il faut toujours
23:54que les mots
23:54fassent du bien
23:55mon père ne parlait pas
23:57très bien français
23:57quand il a entendu ce poème
23:59mais il a ressenti
24:00dans les vibrations
24:01des mots
24:01que c'était quelque chose
24:03de trop dur
24:04et il m'en a parlé
24:05et du coup
24:06c'est le seul poème
24:07que j'ai enlevé
24:08de mon répertoire
24:09parce qu'il bouleversait trop
24:11franchement
24:12là c'est
24:12chac et mat
24:17j'adore cette émission
24:18Sud Radio
24:19c'est excellent
24:20et vous avez compris
24:21vous êtes avec deux artistes
24:22vraiment incroyables
24:23ce soir
24:24vous êtes avec l'acteur
24:25metteur en scène
24:25réalisateur
24:26scénariste
24:26auteur
24:26Francis Huster
24:27le poète slammer
24:28Souleymane Diamanka
24:29surtout restez là
24:30on revient dans un instant
24:31à tout de suite
24:33Sud Radio
24:34c'est excellent
24:35Judith Belair
24:36on parle vrai
24:37sur Sud Radio
24:37de littérature
24:38de théâtre
24:38de poésie
24:39ce soir
24:40c'est normal
24:40c'est excellent
24:41vous l'aurez compris
24:42vous êtes avec
24:42Francis Huster
24:43acteur
24:43metteur en scène
24:44réalisateur
24:44auteur
24:45avec son ouvrage
24:46Un cancre au paradis
24:47c'est publié
24:48chez Albain Michel
24:48également à l'affiche
24:49du théâtre
24:50au théâtre du
24:51pardon
24:52au théâtre du gymnase
24:53Marie Belle
24:53dans le discours d'un roi
24:54dans une mise en scène
24:56de Jérémy Lippmann
24:56c'est assez exceptionnel
24:57je vous le recommande
24:58et puis à ses côtés
24:59de la poésie du slam
25:00avec Suleymane Diamanka
25:01que je vous recommande
25:02aussi d'ailleurs
25:02son One Poet Show
25:03Petit République à Paris
25:04son nouveau recueil aussi
25:05Une école portera ton nom
25:07c'est annoncé
25:07chez Multiculti Édition
25:08en février prochain
25:09n'oubliez pas aussi
25:10que vous avez des places
25:11à gagner pour le
25:12One Poet Show
25:13le 31 octobre
25:14vous allez pouvoir
25:15retrouver une petite vidéo
25:15sur les réseaux sociaux
25:16justement
25:17et vous pourrez cliquer
25:18sur le lien
25:18et ce seront les premiers
25:19qui seront servis
25:21allez Francis Huster
25:22on va écouter un petit peu
25:23un extrait
25:24enfin un petit medley
25:25discours du roi
25:26c'est parti
25:26Mesdames et Messieurs
25:28je n'ai pas encore
25:30accepté
25:31de me soigner
25:32je suis
25:33achetez-le
25:34mon garçon
25:35vous allez me soigner
25:38je vous fais payer
25:40pour ça
25:41portez-le
25:44nous faisons face
25:45d'un conflit mondial
25:47et qui
25:48se cherchera
25:49de clé ?
25:50j'ai le droit
25:52Francis Huster
25:53c'est un extrait
25:55du discours du roi
25:56enfin plutôt d'ailleurs
25:56une bande annonce
25:57c'est au théâtre
25:58du gymnase Marie Belle
25:59c'est mis en scène
25:59par Jérémy Lipman
26:00vous y êtes sur scène
26:01notamment avec
26:02Philippe Toretton
26:03et c'est jusqu'au 3 janvier
26:04alors pour les auditeurs
26:05c'est du mercredi
26:06au samedi à 21h
26:07le samedi à 16h
26:08le dimanche à 16h30
26:09alors c'est magistral
26:10j'ai envie de vous le lire
26:11parce que je l'ai découvert
26:12cette semaine
26:12j'ai eu le grand plaisir
26:14de voir cette pièce
26:15et qui est dramatique
26:16et drôle à la fois
26:17mais vraiment
26:18c'est vraiment les deux
26:18on est saisis
26:19on rigole en pleurant presque
26:20mais là je tire
26:21un grand coup de chapeau
26:22à Jérémy Lipman
26:23qui a vraiment voulu
26:26créer la pièce
26:27puisque c'est la création
26:28en France de cette pièce
26:29et c'est à partir de la pièce
26:30que le film avait été tiré
26:32un film qui a été oscarisé
26:34qui a été couvert d'Oscar
26:35et je dois dire
26:37que Lipman a été formidable
26:40parce qu'il a compris
26:41qu'il y avait plusieurs duos
26:43dans cette pièce
26:44comme le duo par exemple
26:45entre Winston Churchill
26:46et l'archevêque Cosmo
26:48comme le duo
26:49entre Gretel Delattre
26:51qui joue Myrtle
26:52la femme de Lionel Log
26:54l'orthophoniste
26:55et puis Delphine Depardieu
26:56qui joue la reine
26:57et un quatrième duo
27:00entre Clément Coche
27:01qui est ce
27:03j'allais dire
27:04cette ordure
27:07on n'en est pas loin
27:08non mais on n'en est pas loin
27:09c'est affreux
27:10quel mauvais parcours il a fait
27:12il était pro-nazi
27:13pro-Hitler
27:14c'est expliqué aux auditeurs
27:16de qui on parle peut-être
27:16oui du frère aîné
27:18quand le roi Georges Saint
27:19décède son fils aîné
27:20c'est Édouard
27:21qui va devenir
27:22qui va se marier
27:24avec Wallis Simpson
27:25qui elle
27:26est presque
27:28d'après tous les
27:29tous les documents
27:30de Scotland Yard
27:31qui est nazifiée
27:32oui
27:32elle est vraiment
27:34elle est la maîtresse
27:35de von Ribbentrop
27:36qui est le numéro
27:37de trois
27:37du régime nazi
27:38à côté d'Hitler
27:40et elle va d'ailleurs
27:41amener Édouard
27:42quand il est allé jusqu'à Hitler
27:45enfin si jamais Churchill
27:47n'avait pas réussi
27:48à faire abdiquer
27:49soi-disant par amour
27:51Édouard
27:51la face du monde
27:52aurait été très différente
27:53complètement différente
27:54c'était foutu
27:56et donc la pièce raconte
27:58comment ce cadet
28:01ce deuxième fils
28:03qui est merveilleusement
28:06incarné par Philippe Toretto
28:07avec une émotion rare
28:09comme tous les autres acteurs
28:11qui sont merveilleux
28:11quand ce lié
28:13d'ailleurs triomphe
28:13les gens se lèvent à la fin
28:14ah oui
28:15c'est la son innovation
28:16tout de suite
28:16parce que je crois
28:17qu'en plus
28:18c'est ça vraiment
28:19pourquoi je tire mon chapeau
28:21pour Jérémy
28:22c'est les décors
28:23les costumes
28:23c'est fabuleux
28:24la musique et tout
28:25mais c'est qu'il n'a pas du tout
28:26imité le film
28:27c'est-à-dire que lui
28:28il a voulu vraiment
28:31hameçonner le public
28:32dans l'émotion continuelle
28:33par le rire
28:34tout d'un coup
28:34on se dit
28:35ils vont s'en sortir
28:36et puis tout d'un coup
28:37c'est la guerre
28:38c'est l'horreur
28:39et c'est merveilleux
28:40parce qu'il y a
28:42une cabine téléphonique
28:43à l'anglaise
28:43toute rouge
28:44dans le hall
28:45et les spectateurs
28:46les spectatrices
28:47laissent des messages
28:48bon alors voilà
28:49moi j'ai pensé que
28:50et ce qui est terrifiant
28:51c'est qu'on s'aperçoit
28:52que vraiment
28:549 messages sur 10
28:55c'est
28:56sur la pièce
28:57vous pouvez dire
28:57beaucoup d'aimer
28:58etc
28:58et c'est tout d'un coup
28:59vous savez
29:00ça me fait penser
29:01à ce qu'on est en train
29:01de vivre aujourd'hui
29:05et ça
29:06c'est la raison peut-être
29:07de ce triomphe
29:08c'est que les gens
29:09se disent
29:09bah non je l'ai vu
29:10va le voir
29:11et puis tu me diras
29:12ce que t'en penses
29:12les gens ils ont besoin
29:13d'air aussi
29:14je crois qu'ils ont besoin
29:16de héros
29:16ils ont besoin de héros
29:17et là ça rejoint
29:18Suleyman
29:18c'est à dire
29:19j'allais y venir
29:20oui
29:20c'est à dire que Suleyman
29:21il se présente
29:23comme un héros
29:24sans poche
29:25c'est à dire que
29:26tout lui vient
29:27non pas
29:27d'une
29:29d'une
29:29d'une inspiration
29:32soudaine
29:32je crois que cet homme
29:34aspire la vie
29:36il aspire
29:37et il attend
29:37l'heure
29:38pile
29:38où il va pouvoir
29:39se livrer
29:40moi j'ai eu l'impression
29:41en lisant
29:42une partie de son oeuvre
29:44je sais que c'est à 2h du matin
29:45merci Suleyman
29:46mais j'ai eu l'impression
29:47qu'il avait
29:49aspiré les choses
29:51et qu'il les laissait en lui
29:53et que tout d'un coup
29:53il ouvrait le tiroir
29:55alors je ne sais pas
29:56si c'est vrai
29:56vous allez y répondre
29:57attention
29:57ça va être un deuxième échec et mat
29:58ça me touche
30:00c'est exactement ça
30:02je m'entoure de personnes passionnées
30:04j'ai lu très peu d'ouvrages
30:06dans ma vie
30:06mais les ouvrages que j'ai lus
30:08m'ont marqué
30:08mais je me suis attaché
30:10à écouter les gens parler
30:11mon père il me disait
30:13même si quelqu'un te dit
30:14quelque chose que tu sais déjà
30:16cette personne ne passera jamais
30:17par le même chemin
30:18pour te l'expliquer
30:19elle va te donner
30:20de son savoir
30:21et j'ai passé mon temps
30:22à m'asseoir
30:23et à écouter les gens parler
30:24les gens passionnés
30:25et c'est qu'après que
30:26j'ouvre le robinet
30:28que la poésie naît
30:29mais c'est une poésie
30:31commune
30:32il y a souvent
30:32je dis que je ramasse des phrases
30:34par terre
30:34parce que les gens
30:35quand ils s'expriment
30:36et qu'ils sont dans une émotion juste
30:38ils disent des choses magnifiques
30:39et qui ensuite
30:41peuvent se retrouver
30:42dans des recueils de poèmes
30:43les personnes qui m'inspirent le plus
30:45elles n'ont jamais publié
30:46parfois elles ne se disent
30:47même pas poétesse
30:48ou poète
30:49mais encore une fois
30:50ayant des parents
30:51qui ne savaient pas lire et écrire
30:52mais qui s'exprimaient
30:54d'une super belle manière
30:55j'ai vu que dans l'oralité
30:56il y a tous les ouvrages
30:57en fait
30:58je pars du principe
30:59que vu que tous les mots
31:00existent déjà
31:01et que toutes nos personnalités
31:03existent déjà
31:04les poèmes qu'on n'a pas écrits
31:05mais qu'on a le coeur à écrire
31:07quelque part
31:08ils existent déjà
31:09et c'est juste des rencontres
31:10quand je m'assois
31:11sur mon bureau
31:12pour écrire
31:13je me dis
31:14quel poème je vais rencontrer
31:15aujourd'hui
31:16et je pars du principe
31:17que ça ne vient pas de moi
31:18c'est juste
31:19j'ai un jardin
31:20et voilà ce qui pousse
31:21dans mon jardin
31:22et je le partage
31:23avec grand plaisir
31:24et je n'ai pas l'impression
31:26d'essayer de créer du beau
31:27je me dis
31:28on est entouré par ça
31:29et juste
31:29je cultive mon jardin
31:31c'est incroyable
31:32parce que c'est exactement
31:33ce que faisait
31:34Sacha Guitry
31:34il sortait
31:36il allait dans les cafés
31:37il allait dans les rues
31:38et dès qu'il entendait
31:39quelque chose
31:41il écrivait
31:42sur un petit carnet
31:43c'est bon
31:45alors voilà
31:46bonjour
31:46bonjour le cancre
31:48bonjour
31:48sache
31:49quelle honneur
31:49voilà cette émission
31:51était faite pour exister
31:53vous avez aussi
31:54dans l'ouverture
31:55de votre ouvrage
31:57La Plume et l'Épée
31:58Impose ta chance
31:59serre ton bonheur
32:00et va vers ton risque
32:01à te regarder
32:01ils s'habitueront
32:02c'est René Char
32:03on la connait tous
32:03pourquoi est-ce que vous avez choisi
32:05ce passage-là ?
32:07parce que pour moi
32:07c'est un chef-d'oeuvre
32:08de quelques lignes
32:09c'est à partir de là
32:10que je me suis intéressé
32:11à la poésie de cet homme
32:13et à sa vie
32:15Impose ta chance
32:16serre ton bonheur
32:17et va vers ton risque
32:18à te regarder
32:19ils s'habitueront
32:20on dirait une incantation
32:21on dirait un démo
32:22porte bonheur
32:23et je la partage
32:25même dans mon spectacle
32:26à la fin
32:27je fais un genre
32:27de blind test
32:28et je demande toujours
32:29au public
32:30qui a écrit
32:31Impose ta chance
32:31et ils trouvent toujours
32:33je pense que c'est une phrase
32:34qui fait du bien
32:35à énormément de monde
32:36et il y a une puissance
32:38dans ces mots
32:39et vraiment
32:40le mot chef-d'oeuvre
32:40je l'utilise
32:41pour ces quelques vers
32:43où il n'y a pas de rime
32:44tout ça
32:45mais il y a une grande musicalité
32:46et on peut faire des choses
32:48comme ça
32:48avec les mots
32:49et ça, ça me fascine
32:50Alors on parlait
32:50de la standing ovation
32:51pour le discours d'un roi
32:53vraiment les gens
32:54se sont levés
32:55en criant
32:56vraiment
32:56ils étaient heureux
32:57d'être là
32:57clairement
32:58Francis Suster
32:58c'est un grand plaisir
32:59de partager
33:00ces 7h30 avec vous
33:02Souleymane
33:02vous avez vécu
33:03un peu la même chose
33:03à Lille
33:04j'ai l'impression
33:04oui
33:05vous avez eu un triomphe
33:07absolu aussi
33:07trois soirs d'affilée
33:09trois soirs d'affilée
33:10le public a été extraordinaire
33:12et à la fin
33:13j'aime bien faire une impro
33:14avec les mots des gens
33:15c'est une technique
33:16qu'on apprend
33:17dans mon oralité
33:18depuis toujours
33:19et ça surprend toujours
33:20le public
33:21et là ils se sont levés
33:22ils ont applaudi
33:23à tout rompre
33:24et Yvon Lemaine
33:25qui m'a inspiré
33:26ce recueil
33:27Une école portera ton nom
33:29quand il a vu la vidéo
33:30il m'a dit
33:30les gens crient
33:31comme dans un stade de foot
33:32et ça l'a surpris
33:34pour de la poésie
33:35je suis très heureux de ça
33:36incroyable
33:37de bien parler de ça
33:38alors que le Sénégal
33:38avait battu la France
33:39en coupe du monde
33:41j'étais dans les deux corps
33:43j'étais dans les deux corps
33:45vous avez dû avoir
33:46le coeur brisé
33:46une moitié de coeur brisé
33:49j'aurais une larme
33:50et j'aurais un sourire
33:51il y a vraiment
33:52une histoire de transmission
33:53tous les deux
33:54vous Francis Huster
33:55je rappelle quand même
33:55que vous avez créé
33:56la classe libre
33:57du cours Florent
33:58et puis vous avez participé
34:00à la formation
34:00de grands comédiens
34:01dont certains sont partout
34:03aujourd'hui
34:03qu'on connait tous
34:05Suleymane vous
34:05vous intervenez aussi
34:06auprès d'adolescents
34:08vous partez
34:08notamment de leur connaissance
34:10du rap
34:10pour les amener
34:11justement à la lecture
34:12à l'écriture
34:13bon dans un cas
34:14comme dans l'autre
34:14j'ai envie de dire
34:15on parle de transmission
34:15avant tout
34:16Francis Huster
34:17oui alors justement
34:18je voudrais poser la question
34:19allez-y
34:20là on fait
34:22une fois elle a gagné
34:24une fois j'ai gagné
34:25allez-y
34:27comment Suleymane
34:27vous pouvez définir
34:29pour toutes celles
34:30tous ceux qui nous écoutent
34:31le mot transmission
34:32transmission
34:33c'est
34:35quelqu'un qui a un savoir
34:36dont il est passionné
34:37et qui transmet sa passion
34:40transmettre juste le savoir
34:41ça n'atteint
34:43pas toujours la cible
34:45mais quand c'est un passionné
34:46qui transmet sa passion
34:48quelle que soit la personne en face
34:49elle va le recevoir
34:50et ça c'est
34:51je l'ai vu
34:52à l'école de la république
34:54tous mes profs passionnés
34:56ils avaient un silence
34:57de cathédrale dans leur salle
34:59parce que la passion
35:01c'est
35:01on en a besoin
35:02quelle qu'elle soit
35:03que ce soit
35:03une passion sportive
35:05musicale
35:06littéraire
35:06si la personne en face de nous
35:08on voit
35:09on ressent
35:10la vibration
35:10de sa passion
35:11très très fort
35:12on s'ouvre
35:13et on reçoit
35:14alors la transmission
35:15à votre tour
35:16ce que je viens d'entendre
35:18c'est donc quelqu'un
35:19de magique
35:20de magnifique
35:21qui passe le relais
35:22de quelqu'un d'autre
35:23pour moi
35:24la transmission
35:25pour les acteurs
35:26c'est exactement
35:27l'opposé
35:28c'est à dire
35:29de faire en sorte
35:29que eux
35:30soient capables
35:31de transmettre
35:33ce que eux
35:34vont recevoir
35:35de la vie
35:36c'est à dire
35:37qu'en fait
35:38c'est presque
35:38vole-moi
35:39le témoin
35:40et part avec
35:41et c'est là
35:43où justement
35:43c'est la différence
35:44entre l'écriture
35:45où il y a
35:46cette vision
35:47de la lectrice
35:49ou du lecteur
35:50qui
35:51prend le relais
35:52qui est le livre
35:53et puis
35:54l'inverse
35:55c'est à dire
35:56l'acteur
35:56qui au contraire
35:58force le public
35:59à lui
36:00transmettre
36:01à lui
36:01l'acteur
36:02ses émotions
36:02quand on joue
36:03devant une salle
36:04qui tout d'un coup
36:05on le ressent
36:06que tout d'un coup
36:07il y a eu 900 personnes
36:08qui sont en train
36:09de pleurer
36:10sérieusement
36:11et ça nous parvient
36:12c'est vraiment
36:13c'est pour ça
36:13qu'on est séparés
36:14c'est vraiment
36:16deux transmissions
36:18différentes
36:19des plaisirs
36:20et des mots
36:21surtout
36:22le plaisir de transmettre
36:23cette excellence
36:24sur Soudra Diar
36:24avec l'acteur
36:25metteur en scène
36:25réalisateur
36:26scénariste
36:26auteur
36:27français sustare
36:27et le poète slamer
36:28soulemane diamantka
36:29on revient
36:30pour la fin de l'émission
36:31restez avec nous
36:31surtout
36:33Sud Radio
36:34c'est excellent
36:35Judith Bélair
36:36vous êtes bien
36:37sur Sud Radio
36:37et nous on est bien
36:38avec vous
36:38c'est excellent
36:39avec sur ce plateau
36:40Francis Huster
36:41qui est acteur
36:41metteur en scène
36:42réalisateur
36:42auteur
36:42vous le savez
36:43et puis son livre
36:44un camp au paradis
36:44c'est publié
36:45chez Albain Michel
36:46il est aussi sur scène
36:47au tas du gymnase
36:48Marie Belle
36:49dans le discours d'un roi
36:50c'est mis en scène
36:50par Jérémy Lipman
36:51à ses côtés
36:52soulemane diamantka
36:53qui fait vibrer les mots
36:54en poésie sur scène
36:55pour le one poète show
36:55vous pouvez gagner des places
36:56d'ailleurs
36:56n'hésitez pas à aller regarder
36:57sur les réseaux sociaux
36:58c'est au Petit République
36:59à Paris
37:00et puis bientôt
37:01votre nouveau recueil
37:01Souleymane
37:02Une école portera ton nom
37:03apparaître le 28 février prochain
37:04chez Multiculti Édition
37:07alors
37:09Francis Huster
37:10vous avez raconté
37:11les sorties au cinéma
37:12avec votre grand-mère
37:12c'est un peu comme ça
37:14que vous avez découvert
37:15Ah oui
37:15que j'ai découvert tout d'un coup
37:16en voyant
37:18Guy Cooper
37:19en voyant John Wayne
37:21en voyant Jean Gabin
37:22Bourville
37:23Brigitte Bardot
37:24Jeanne Moreau
37:25j'ai découvert tout d'un coup
37:27que sur l'écran
37:28on pouvait traverser
37:30et que l'âme
37:32vraiment crevait l'écran
37:33et me parvenait
37:34donc
37:34j'ai eu énormément
37:36d'admiration
37:37parce que c'était pas du tout
37:38ce qui se passait
37:39dans la vie tout court
37:40Et qu'est-ce qu'elle vous a laissé
37:41comme trace
37:42votre grand-mère justement ?
37:44Peut-être
37:45la trace
37:46la plus importante
37:48la déchirure
37:50Pourquoi ?
37:50Parce que quand quelqu'un
37:52qu'on aime à ce point-là
37:52s'en va
37:53on est fissuré à vie
37:55C'est beau d'avoir
37:56cette cicatrice d'âme
37:57Elle vit en vous
37:58Elle vit toujours en moi
37:59bien sûr
38:00En plus elle s'appelait Rose
38:03Elle aussi
38:04comme Souleymane
38:05elle avait des épines
38:08Et vous
38:08Souleymane Diamancas
38:09votre père
38:10il vous transmettait
38:10des récits
38:11par des enregistrements
38:12sur cassette en fait
38:13Oui sur cassette
38:14comme il travaillait à l'usine
38:15il faisait les 3 à 8
38:17il ne pouvait pas faire des veillées
38:18comme il aurait fait
38:19si on était au village
38:20au Fouladou
38:21et du coup
38:22il s'enregistrait
38:23sur des cassettes audio
38:24et il nous confiait
38:25ces cassettes-là
38:25et dans certaines cassettes
38:27il y avait des contes
38:29dans d'autres cassettes
38:30c'était la généalogie
38:31des Diamancas
38:32comment ce nom de famille
38:34remonte à l'Egypte ancienne
38:35et aussi
38:36son point de vue
38:38sur l'amour
38:38sur l'amitié
38:39c'était
38:40c'était génial
38:41d'avoir ça
38:41comme une encyclopédie
38:43orale
38:43et là mon père est parti
38:44depuis 6 ans maintenant
38:46et il est toujours présent
38:48avec sa voix
38:49avec les cassettes
38:50et même quand
38:51il est parti pour la France
38:53avant nous
38:53avant de nous faire venir
38:55les cassettes servaient
38:56pour les correspondances
38:57mon père à Bordeaux
38:58il s'enregistrait
38:59sur une cassette
39:00qu'il donnait
39:00un voyageur digne de confiance
39:02qui allait donner la cassette
39:03à ma mère à Dakar
39:04elle s'enregistrait
39:06et comme il n'était pas là
39:07le jour de ma naissance
39:08mes pleurs de nourrissons
39:09il les a entendues
39:10dans une cassette aussi
39:12et j'ai toujours
39:13ces cassettes là
39:13j'ai une grande malle
39:14avec toutes les cassettes
39:15de mon père
39:16que j'ai faites numériser
39:18et c'est un bonheur
39:20de continuer de l'entendre
39:22avant les écoles
39:23avant la scène
39:24il y a la famille
39:24il y a l'amour
39:25il y a le lien en fait
39:26Francis Huster
39:26chez vous aussi
39:27ça a été un peu plus compliqué
39:29oui un peu plus compliqué
39:31parce que le lien
39:32peut devenir un nœud
39:33surtout quand les parents
39:35se séparent
39:36et qu'on se retrouve
39:37seul avec nous-mêmes
39:39vous êtes retrouvé
39:40dans la littérature
39:41en fait
39:41c'est ça
39:41moi je crois que
39:44j'ai retrouvé
39:45quelque chose
39:46que jamais
39:48j'aurais imaginé
39:49dans la littérature
39:50c'est que
39:52qui que
39:55peu importe
39:55qui vous êtes
39:56j'ai compris
39:58qu'on peut devenir
39:59un héros
40:00comme on peut devenir
40:01le diable
40:02j'ai cru
40:04découvrir
40:06pas en archéologue
40:07mais en arc-coeur-ologue
40:09que notre cœur
40:11pouvait basculer
40:12d'un côté
40:12je pense que ce mot
40:13va être repris
40:14c'est magnifique
40:15vous permettez que
40:16Suleymane s'en serve
40:17dans un poème ou pas ?
40:18j'ai gagné
40:19parce que j'ai gagné
40:20bien sûr
40:21j'avais gagné
40:22et de dire que les liens
40:23peuvent devenir des nœuds
40:24c'est tellement juste
40:25et tellement puissant
40:26avec des mots
40:27très très simples
40:28et j'aime cette poésie
40:29spontanée
40:30de la conversation
40:31il n'y a que
40:32à se baisser
40:33pour ramasser
40:34c'est ça
40:35on va passer
40:36au portrait chinois
40:37puisque c'est un moment
40:38sympa de cette émission
40:39je vais vous poser
40:40des questions messieurs
40:41il ne faut pas trop
40:41réfléchir avant de répondre
40:44Francis Huster
40:44si vous étiez le moment
40:45juste avant de monter
40:46sur scène
40:48je serais un oiseau
40:50je partirais par la fenêtre
40:51ah bon
40:51vous avez un trac terrible
40:52non
40:53c'est pas du tout le trac
40:54vous avez envie de vous en aller
40:55je veux respirer l'air
40:56je veux respirer la pureté
40:58et après je reviens
40:59dans la loge
40:59et puis je monte sur scène
41:00ah d'accord
41:00donc un petit tour dans le ciel
41:01un petit tour dans le ciel
41:02et je reviens
41:03d'accord
41:03j'adore
41:05Souleymane Diamanka
41:06si vous étiez votre première scène
41:08justement
41:09ma première scène
41:10ma première vraie scène
41:12après les kermesses
41:13et les concerts de quartier
41:14c'est la première partie
41:15d'NTM
41:16en 1991
41:18au théâtre Barbé
41:19à Bordeaux
41:19et j'avais 17 ans
41:21dis donc
41:21c'est la première fois
41:23des conditions professionnelles
41:24un vrai public
41:25et j'y ai goûté
41:26et j'ai adoré
41:27c'était magique
41:28j'avais l'impression
41:29que les applaudissements
41:30c'était un peu comme
41:31de l'eau qui frappait le sol
41:32comme une pluie
41:33et les jeux de lumière
41:34j'avais l'impression
41:35que le public
41:36c'était des vagues
41:37de l'océan
41:38et je me suis dit
41:39ma vie je veux qu'elle soit là
41:40c'est beau
41:42Francis Huster
41:43si vous étiez votre accessoire
41:44de scène préféré
41:47mon accessoire de scène préféré
41:48la montre
41:49pourquoi ?
41:50je joue jamais sans avoir une montre
41:51même quand je jouais des romains
41:52et tout
41:53je la cachais
41:53ça vous rassure ?
41:55c'est pas que ça me rassure
41:56c'est un port de bonheur
41:57parce que je trouve que
42:00mon métier
42:00c'est
42:01alors on va demander à Souleymane
42:02pour lui
42:04c'est d'arrêter le temps
42:06c'est vrai
42:06c'est à dire que je poussais
42:08le petit rond de la montre
42:10pour que la montre s'arrête
42:11elle était pas en marche
42:12ça vous donne un pouvoir
42:13je l'arrêtais
42:14pour moi
42:14j'arrêtais le temps
42:15le temps de la représentation
42:16et je vous assure
42:17j'ai toujours une montre sur scène
42:19ah j'adore
42:21Souleymane
42:21si vous étiez un mot
42:23que vous utilisez trop
42:25Ndehissan
42:26c'est un mot que je prononce beaucoup
42:28et quand j'étais enfant
42:29c'est le mot que j'entendais
42:30les adultes dire
42:31quand ils étaient submergés
42:33par l'émotion
42:34et qu'ils n'avaient plus de mots
42:35ils prononçaient Ndehissan
42:36que ce soit pour quelque chose
42:38Ndehissan
42:38Ndehissan
42:39ça veut dire quoi ?
42:40il n'y a pas de définition
42:41c'est le mot au dessus des mots
42:43quand on n'a plus de mots
42:45pour dire l'émotion
42:45pour quelque chose de super beau
42:47j'entendais les adultes dire
42:49Ndehissan
42:49ou quelque chose de super triste
42:51avec des sanglots dans la voix
42:53il disait Ndehissan
42:53et du coup je le prononce beaucoup
42:55sur scène
42:56il accompagne tous mes poèmes
42:58pour moi c'est un des mots
42:59les plus puissants de la Terre
43:01Ndehissan
43:02Francis Huster
43:03si vous étiez
43:04si vous pouviez dîner
43:05avec un auteur
43:05mais pas Sacha Guitry
43:07Molière ?
43:08ouais
43:08bon
43:08ben bien sûr
43:09évidemment
43:10à quel moment ?
43:11à quel moment ?
43:12au petit déjeuner
43:13comme ça on a toute la journée
43:14devant nous
43:15pour réaliser tous nos rêves
43:16non mais lui Molière
43:17à quel âge ?
43:18oh ben Molière
43:19à tous les âges
43:19non le jour
43:20le jour où on l'a assassiné
43:21ah ouais
43:22absolument
43:23d'accord
43:23c'est pas mal
43:24j'aurais voulu être là
43:25pour lui sauver la vie
43:27voilà
43:27ça serait bien
43:28de pouvoir remonter le temps
43:30Suleymane Diamanka
43:30si vous étiez un mot
43:31peul à nous apprendre
43:32mais ça y est
43:32vous me l'avez déjà donné
43:33donnez-en un autre
43:35un autre c'est
43:35diamtan
43:36diamtan
43:37diamtan
43:37mot à mot
43:38ça veut dire
43:38seulement la paix
43:39mais c'est une manière
43:40de dire tout va bien
43:42je crois que c'est le mot
43:43que les peuls
43:44ils prononcent le plus
43:45le plus
43:46diamtan
43:46diamtan
43:47ok
43:48Francis Huster
43:49si vous étiez un adjectif
43:53toujours
43:54ouais
43:55c'est le mot
43:56pour toujours
43:56en anglais
43:57c'est pour moi
43:59c'est le mot
44:00qui guide
44:00toute notre vie
44:02toujours
44:03et celui que je hais
44:04c'est évidemment
44:05jamais
44:06alors là non
44:09Suleymane
44:09si vous étiez un endroit
44:10vous vous sentez chez vous ?
44:13à Sud Radio
44:14à Sud Radio
44:16vous vous sentez chez vous là ?
44:17je me sens complètement chez moi
44:19mon père il me disait
44:20il y a un territoire
44:21de la parole
44:21quand tu es dans une pièce
44:23c'est à ton tour de parler
44:25à ce moment là
44:26tu es chez toi
44:27et les gens qui t'écoutent
44:28sont tes invités
44:28mais votre père
44:30il était merveilleux
44:31merveilleux
44:31ma maman aussi
44:32et tous les deux
44:33avaient des phrases magiques
44:34sans se dire poétesse
44:35pour eux
44:36c'est inhérent à la nature humaine
44:37quand mon père
44:38me disait un proverbe
44:39et que je lui demandais
44:40c'est de qui ?
44:41il me disait
44:41mais l'horizon
44:42il est de qui ?
44:43le coucher de soleil
44:44il est de qui ?
44:45j'adore
44:47Francis
44:47qu'est-ce qui vous rend heureux
44:49quand vous ne jouez pas ?
44:51rien
44:51ouais
44:51c'est ça
44:53vraiment je suis insupportable
44:54quand je ne joue pas
44:55d'accord
44:56et d'ailleurs je ne prends jamais
44:56de vacances
44:57bien sûr grâce à Christiana
44:59mes deux filles
44:59chéries adorées
45:00Toscan et Elisa
45:01elles allaient en vacances
45:04et moi je venais
45:05quelques jours
45:06je n'ai pas arrêté
45:07de travailler toute ma vie
45:09ouais
45:09c'est sûr
45:10100% du temps
45:11100% vraiment
45:12c'est beau
45:14Souleymane
45:14qu'est-ce qui vous a
45:15plus transformé
45:16dans votre vie ?
45:17cette phrase
45:19oublie ce que tu es
45:21deviens ce que je suis
45:23ensuite rajoute ce que tu es
45:24par-dessus ce que je suis
45:27je ne vais pas vous demander
45:28de qui c'est
45:28parce que vous allez me parler
45:29de raison dans un instant
45:32Francis
45:33si vous étiez un conseil
45:34de François Florent
45:37ne joue pas
45:39la comédie
45:40c'est pas joué
45:40il était merveilleux
45:41François parce qu'il avait
45:42compris justement lui
45:43puisqu'il n'avait
45:44aucune jalousie
45:45vis-à-vis des autres
45:46qu'il ne fallait pas jouer
45:48il fallait être
45:49c'est tout
45:51Souleymane Diamanka
45:52pour terminer
45:53un conseil de votre père
45:59ça veut dire
46:00ta parole c'est de l'eau
46:01une fois qu'elle tombe
46:02tu ne peux plus la ramasser
46:03vous êtes parfait
46:05tous les deux
46:05ne change rien
46:06c'était excellent
46:07merci beaucoup
46:08merci Francis Huster
46:09merci Souleymane Diamanka
46:11Francis Huster
46:12je recommande votre livre
46:12Un cancro au paradis
46:13c'est vraiment une ode
46:14à Sacha Guitry
46:15on peut le dire
46:16c'est chez Albain Michel
46:17vous êtes aussi
46:17sur les planches du théâtre
46:19du gymnase Marie Belle
46:20dans le discours d'un roi
46:21c'est mis en scène
46:21par Jérémy Lippmann
46:22avec Philippe Torretton
46:23et plein d'autres acteurs
46:24merveilleux
46:25c'est jusqu'au 3 janvier
46:26et c'est du mercredi au samedi
46:27à 21h
46:28le samedi à 16h
46:29le dimanche à 16h30
46:31Souleymane Diamanka
46:31votre One Poet Show
46:32il va officier au Tête
46:33le Petit Republic
46:34il compte dégler
46:35c'est déjà le cas
46:35la prochaine date
46:36c'est le 31 octobre
46:37à 17h30
46:37d'ailleurs il y a des places
46:38à gagner
46:38n'hésitez pas à aller voir
46:39sur les réseaux sociaux
46:40et puis on a une par mois
46:41en fait une date
46:42C'est ça
46:42jusqu'au mois de mars
46:43D'accord
46:45et puis il y a aussi
46:46votre nouveau recueil de poèmes
46:47Une école portera ton nom
46:48c'est en février
46:49ça chez Multiculti Édition
46:50merci encore à tous les deux
46:52Merci à vous d'être avec nous
46:54chaque dimanche à 19h
46:55pour cet excellent
46:56sur Sud Radio
46:56revenez la semaine prochaine
46:57parce que les belles histoires
46:58continuent sans oublier
46:59Parlons Femme
46:59vous le savez
47:00le samedi à 13h30
47:01merci à Juju pour la réa
47:02et bisous bisous
47:04bye

Recommandations