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00:03Europe 1, il est 22h.
00:08Europe 1 Soir.
00:11Hélène Roué.
00:13Soyez les bienvenus sur Europe 1, il est 22h, sans plus attendre le journal avec Frédéric Joncheret.
00:18Bonsoir Frédéric.
00:18Bonsoir Hélène, bonsoir à tous.
00:21Manifestations dans le calme et débordement en marge des défilés.
00:24410 000 manifestants étaient dans la rue selon le ministère de l'Intérieur et près de 1000 interpellations ont été
00:30réalisées.
00:31Vous entendrez Laurent Nunez.
00:35Vandalisme et pillage dans plusieurs commerces, c'est le cas à Marseille où deux bijouteries ont été visées.
00:40Le récit à venir de Stéphane Burgatte.
00:42Jeu du chat et de la souris ce soir entre les forces de l'ordre et les casseurs à Paris.
00:46Le pire semble avoir été évité, nous ferons le point avec Wilfried de Villers.
00:50Et réélection dans un fauteuil pour Jordan Bardella, la tête du Rassemblement national.
00:55Lors du congrès du parti à Orléans, le président sortant a recueilli près de 99% des voix.
01:02Europe 1
01:06Maintien du dispositif de sécurité, vigilance toute la soirée.
01:10Ce sont les mots du ministre de l'Intérieur.
01:12Laurent Nunez s'est exprimé après cette nouvelle journée de mobilisation sociale dans tout le pays.
01:16Selon Beauvau, 410 000 manifestants étaient dans la rue, près de 800 000 selon la CGT.
01:2370 000 forces de l'ordre étaient déployées pour éviter un nouveau samedi noir pour les commerces et les institutions.
01:29Le bilan sécurité de Laurent Nunez.
01:32Comme nous l'avions anticipé, nous avons eu plusieurs constitutions de groupes à risque.
01:38La plupart vêtus de noirs, militants de l'extrême gauche radicale, de l'ultra gauche et qui ont parfois fédéré
01:45autour d'eux des éléments ultra radicaux.
01:49Conformément aux instructions passées, les forces de l'ordre sont intervenues systématiquement sur ces exactions qui, encore une fois, ont
01:55été très nombreuses.
01:56Les forces de sécurité intérieure ont été, aujourd'hui encore, confrontées à un niveau de violence extrêmement élevé, avec des
02:01jets de projectiles en permanence, des tirs de mortiers.
02:03Et au moment où je vous parle, on est presque à 1000 interpellations.
02:07Évidemment, ce chiffre va augmenter quand on consolidera les données.
02:09On déplore néanmoins, dans certaines villes, quelques dégradations ou pillages de commerce, dans certaines villes, en nombre très limité, qui
02:17n'a rien à voir avec la semaine dernière.
02:19Laurent Nunez, qui a salué le bon déroulement des cortèges officiels et les contrôles menés en amont des manifestations qui
02:26ont permis la saisie de beaucoup d'armes par destination.
02:29Direction la cité Fosséenne, Marseille, où la situation n'a pas été totalement maîtrisée.
02:35Bonsoir Stéphane Burgatte.
02:36Bonsoir, bonsoir à tous.
02:37Les tensions de l'après-midi en fin de cortège ont laissé place en soirée à des scènes de vandalisme
02:43et plusieurs commerces ont été ciblés.
02:45Il y a en effet des tentatives de pillage sur une bijouterie du quartier des 5 avenues.
02:49Et puis aussi une supérette vers la gare Saint-Charles.
02:52Bilan bien plus maîtrisé que la semaine dernière avec ces 500 commerces qui avaient été pillés sur l'ensemble de
02:57la métropole.
02:58Les casseurs qui sont repoussés depuis 16 heures.
03:02Ils étaient regroupés sur la porte d'Aix par les factions de CRS qui sont en nombre cette semaine.
03:07Des affrontements avec les forces de l'ordre qui ont lieu maintenant du côté du quartier de la Plaine.
03:11Une voiture de là-bas qui a été prise pour cible avec des jets de projectiles.
03:15Évolution suivie par le maire Benoît Payan depuis le centre de vidéosurveillance.
03:20Et si la tension est forte entre casseurs et CRS, la situation est nettement plus contrôlée que la semaine dernière.
03:26Avec le déploiement des camions centaures, d'un camion à jet d'eau également des CRS et d'un hélicoptère
03:31qui survole en ce moment même le centre-ville pour repérer les déplacements des groupes violents.
03:36Stéphane Burgat, correspondant d'Europe 1 à Marseille.
03:39Précisons que 100 000 personnes ont défilé dans le calme selon la CGT, 17 000 selon la préfecture de police.
03:45Et que le maire Benoît Payan a salué une manifestation dans le calme.
03:49Un dispositif à hauteur de l'enjeu, 160 policiers municipaux étaient notamment aux côtés des forces de l'ordre.
03:55Voyons à présent la situation dans la capitale.
03:58110 000 personnes en préparent au cortège dans le calme entre les portes d'Italie et de Vincennes selon la
04:03préfecture de police de Paris.
04:05250 000 selon la CGT.
04:08Il y a eu ensuite le jeu du chat et de la souris entre quelques groupes et les forces de
04:12l'ordre.
04:12Mais depuis 20 heures, la préfecture de police a annoncé que la mobilisation a été dispersée.
04:17Et c'est un retour au calme, Wilfried de Villers.
04:20Oui, retour au calme, même si la vigilance reste de mise pour les forces de l'ordre qui sont toujours
04:25largement mobilisées dans le secteur de la porte de Vincennes.
04:28Point d'arrivée de la manifestation où il ne reste plus grand monde à présent.
04:32Quelques groupes de casseurs seulement poursuivent leurs affrontements avec les CRS, jettent des pierres, des mortiers d'artifices malgré la
04:39pluie.
04:39Des incidents éparses, ce qui rend la tâche compliquée pour les forces de l'ordre.
04:44Eh bien, c'est que ces manifestants sont très largement dispersés dans le quartier.
04:47L'un d'entre eux jetait tout à l'heure une bouteille dans leur direction avant de prendre la fuite
04:52dans une cour d'immeubles.
04:53Et c'est très compliqué justement d'arrêter ces manifestants qui courent dans toutes les directions en petits groupes.
04:59Mais voilà, situation très largement sous contrôle et quasiment de retour à la normale
05:03avec une reprise de la circulation des véhicules depuis un peu plus d'une heure dans les rues, bloqués depuis
05:08le début de l'après-midi.
05:09Merci Wilfried de Villers.
05:11Et après la capitale, la capitale des Gaules à Lyon.
05:15Ils étaient près de 10 000 à défiler malgré un arrêté interdisant les manifestations dans un large périmètre de la
05:21ville.
05:21Bonsoir Nomi Loisel.
05:23Bonsoir, bonsoir à tous.
05:24Dès le début du rassemblement, les forces de l'ordre ont dispersé les manifestants à coups de gaz lacrymogènes et
05:30vous étiez sur place.
05:31Oui, des lycéens, des étudiants, des syndicalistes, des salariés s'étaient rassemblés dans le calme à 14h,
05:36plage ambassée dans le 7e arrondissement de Lyon, en dehors du périmètre d'interdiction préfectorale.
05:41Mais quelques minutes après le début du rassemblement, les forces de l'ordre ont dispersé la foule à coups de
05:45gaz lacrymogènes.
05:46Selon la préfecture, des préparatifs d'actions violentes avaient été détectés au sein de ce rassemblement non déclaré.
05:52Les manifestants se dispersent alors avant de se regrouper un peu plus loin.
05:56Un scénario qui se répète tout l'après-midi, les forces de l'ordre font à plusieurs reprises usage de
06:01gaz lacrymogènes
06:02pour disperser les cortèges qui se reforment, y compris des manifestants pacifiques.
06:06Fin d'après-midi, les charges policières se durcissent parmi les manifestants.
06:10Des individus masqués s'en prennent aux forces de l'ordre.
06:13Des affrontements éclatent, des barricades sont érigées, des conteneurs à verre sont incendiés
06:17et des jets de projectiles sont lancés en direction des policiers.
06:20Morty d'artifice, bouteilles en verre.
06:22De l'autre côté du Rhône, la presqu'île théâtre de violents pillages le samedi dernier
06:26est restée quasiment déserte à l'exception des agents de sécurité qui étaient sur place.
06:30Aucun nouveau pillage n'y a été signalé.
06:33Tous les ponts permettant d'y accéder étaient verrouillés par les forces de l'ordre.
06:38A cette heure, le calme est revenu.
06:39Merci beaucoup Nomi Loisel, vous êtes notre correspondante à Lyon.
06:45Et puis notez qu'environ 10 000 personnes ont manifesté à Grenoble, hors du centre-ville.
06:49En marge du rassemblement, des accrochages ont opposé forces de l'ordre et casseurs
06:53qui ont pris poursuit plusieurs commerces.
06:55Un magasin spa a été pillé.
06:57La préfecture de l'Isère fait état de 400 black blocks.
07:00Et une personne a été grièvement blessée à la main à la fin de la manifestation à Toulouse
07:05selon un strict médic qui a pris en charge le blessé.
07:08Il aurait eu plusieurs doigts arrachés liés à l'explosion d'un engin à proximité.
07:13Europe 1, il est 22h07.
07:16Quelques 16 000 personnes sont venues manifester à Orléans
07:20contre la tenue d'un congrès du Rassemblement National.
07:22Une manifestation calme dans la rue, puis au village anti-RN antifasciste
07:27où tous les partis de gauche se sont rassemblés, près d'un centre-ville d'Orléans.
07:31Presque sans vie toute la journée, le reportage de Charles Bouchard.
07:35Des milliers de manifestants se rassemblent dans le cloître Campo Santo
07:38à quelques pas de la cathédrale d'Orléans.
07:41Dans ce qu'ils appellent leur village antifasciste,
07:43les drapeaux de la France Insoumise flottent dans les airs
07:46pendant que de nombreux discours sont prononcés et que des concerts sont donnés.
07:50Bonsoir les doshistas, comment ça va ?
07:52La lutte étudiante, les sans-papiers, la Palestine, les revendications pleuvent
07:56tout comme les invectives envers le Rassemblement National.
07:59Un membre d'une association appelle alors à bloquer la campagne présidentielle du parti.
08:03Dans chacun de vos quartiers, de vos villes, à chaque fois que le Rassemblement National
08:09ou Reconquête va venir distribuer un tract, ils nous trouveront là pour les bloquer.
08:14De l'autre côté du cloître, c'est une toute autre ambiance.
08:16Tous les commerces sont fermés, barricadés.
08:19Les forces de l'ordre patrouillent dans les rues presque vides.
08:22Il n'y a vraiment personne, c'est un peu triste.
08:24Claire vit habitante depuis 20 ans.
08:26On arrive à une ville totalement morte comme ça,
08:28je ne sais pas ce que des antifas viennent dans la ville, c'est triste quoi.
08:32Toute la journée, 3000 membres des forces de l'ordre ont quadrillé la ville.
08:36Un dispositif qui sera le même demain pour éviter tout débordement
08:40au premier meeting de campagne de Marine Le Pen.
08:43Orléans, Charles Bouchin, Europe 1.
08:45Un congrès du Rassemblement National qui a vu la réélection haut la main de Jordan Bardella,
08:50la tête du parti.
08:51Le président du RN a recueilli 98,98% des voix.
08:56Un résultat sans surprise puisqu'il était le seul candidat en lice,
08:59mais qui conforte son statut à la tête du parti.
09:02L'occasion pour Jordan Bardella d'afficher ses ambitions pour le RN.
09:05Le cap que je veux aujourd'hui fixer devant vous
09:09est celui qui doit nous conduire de partie de gouvernement à partie au gouvernement.
09:14Il existe une différence fondamentale entre vouloir exercer le pouvoir,
09:20remporter une bataille électorale
09:21et assumer le lendemain les lourdes responsabilités qui en découlent.
09:25Cette perspective nous impose, je le crois, collectivement du sang-froid,
09:29de la constance et le sens du devoir.
09:32Une intervention de Jordan Bardella recueillie par Alexandre Chauveau pour Europe 1.
09:37Et notez que pour 78% des Français empêcher la tenue d'un congrès politique
09:41constitue une menace pour la démocratie.
09:44C'est ce qui ressort d'un sondage CSA pour Europe 1, CNews et le JDD.
09:48Un chiffre qui grimpe jusqu'à 86% pour les personnes en proximité avec les Républicains et Renaissance.
09:54Dans l'actualité internationale, les forces de sécurité ont été massivement déployées aujourd'hui en Italie
10:00pour éviter les violents affrontements du week-end dernier.
10:03Les manifestations se sont révélées modestes et en grande partie pacifiques.
10:07Et quelques milliers de personnes se sont retrouvées à Tel Aviv
10:10pour une grande manifestation contre le gouvernement.
10:13Un mouvement à trois jours d'élections législatives largement perçu comme un référendum
10:18pour ou contre le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.
10:22Et terminons avec un peu de sport.
10:24En Formule 1, les qualifications du Grand Prix des Etats-Unis viennent de débuter.
10:28Lors des essais libres à Austin, le monégasque Charles Leclerc s'est montré le plus rapide au volant de sa
10:33Ferrari.
10:33La course sera à suivre demain soir à 21h sur Canal+.
10:37En rugby, Vannes renverse clairement 27 à 26 en ouverture de la 7ème journée de Top 14.
10:43Lyon s'impose à Bayonne 31 à 27.
10:46Montpellier chez le Racing 20 à 17.
10:48Toulouse face à Perpignan 38 à 33.
10:51Et après 45 minutes de jeu, Toulon mène face à Pau 31 à 6.
10:56Match à vivre sur Canal+.
10:58Et puis n'oubliez pas non plus qu'on passe à l'heure d'hiver cette nuit à 3h du
11:01matin.
11:02Faudra reculer les aiguilles de votre monde d'une heure pour afficher deux heures.
11:07Le bulletin météo de demain présent avec vous Estelle Laffont.
11:10Le temps reste encore assez capricieux et une partie de la nuit, le Pas-de-Calais est en Vigeance Orange.
11:16Pour pluie et inondation, oui, cela fait suite à l'accumulation récente assez importante.
11:21C'est surtout ça que Météo France met en exergue, plus que l'intensité d'ailleurs de l'épisode.
11:26Dès le lever du jour, ça ira beaucoup mieux.
11:28Le soleil va faire de très belles incursions dans le nord-ouest avec toujours du vent.
11:32Un vent assez général d'ailleurs sur tout l'Hexagone ou presque.
11:35Des côtes de la Manche où il sera le plus sensible à la Méditerranée.
11:39Sur le dernier tiers sud d'ailleurs, des Pyrénées à la région Pacale à Météo sera vraiment clément.
11:43Demain, retour d'un ciel beaucoup plus bleu et de très jolies percées de soleil.
11:47Des températures aussi plus agréables qui remontent d'ailleurs dans toute la France dès le milieu de la nuit.
11:52Ça reste perturbé et pluvieux sous la perturbation qui se sera déplacée justement en cours de nuit.
11:57On la retrouve au petit matin entre les pays de la Loire et le Grand Est ainsi que sur les
12:01régions du centre.
12:02À l'avant sur l'Aquitaine, une partie du massif central et de la vallée du Rhône.
12:06Les nuages seront bien collés, serrés mais n'amèneront que des pluies anecdotiques.
12:11J'en profite pour glisser un petit mot sur la Corse qui va se retrouver divisé demain.
12:15Il vaudra mieux être du côté de Bastia demain matin où le soleil va briller généreusement.
12:19De l'autre côté de l'île, en revanche, il va falloir composer avec quelques gouttes et pas mal de
12:23nuages.
12:24La fourchette des températures demain n'est pas très grande.
12:26Comptez 7 à 12 degrés et jusqu'à 16 degrés près de la Méditerranée.
12:30Merci Estelle Laffont.
12:32Et merci à vous Frédéric Joncheret.
12:34On vous retrouvera à 23h pour Europe 1 Nuit.
12:39Europe 1 Soir.
12:40Hélène Rouet.
12:42Vous écoutez Europe 1, il est 22h12.
12:44Bonsoir et bienvenue.
12:46Si vous nous rejoignez, j'accueille mes débatteurs pour cette troisième partie exceptionnelle d'Europe 1 Soir.
12:51Toujours en édition spéciale sur les événements de cette journée avec Sabrina Medieber et Séis.
12:55Bonsoir Hélène, bonsoir à tous.
12:57Ainsi qu'Arthur de Vatrigan, directeur de la rédaction du magazine L'Incorrect.
13:01Bonsoir.
13:02Bonsoir Hélène.
13:03Alors nous accueillons également Olivier Vial, directeur du CERU, en charge du programme de recherche sur les radicalités.
13:09Bonsoir Olivier Vial.
13:10Bonsoir.
13:11Alors ma première question, nous allons évidemment prendre un petit peu de hauteur.
13:14Regardez, vous êtes expert évidemment en radicalité.
13:17Nous allons parler aussi de l'ultra-gauche, de son influence.
13:19Mais ma première question, elle est quel est votre regard général sur la journée qu'on vient de passer ?
13:24Je vais rappeler quelques chiffres.
13:25Mais c'est vrai qu'il y avait 70 000 forces de l'ordre qui étaient mobilisées.
13:29410 000 manifestants sur tout le territoire selon le ministre de l'Intérieur, dont 110 000 à Paris.
13:34Et c'est vrai qu'on n'a pas du tout assisté au débordement et aux violences du même acabit
13:39qu'il y avait le 17 octobre.
13:41Donc est-ce que selon vous, c'est on fait face, on est, c'est le retour à l'ordre
13:45ou selon vous, c'est une accalmie ?
13:47Il faut quand même rester très très vigilant, notamment dans les semaines qui vont venir, Olivier Vienne.
13:51Oui, oui, c'est simplement une accalmie pour des raisons qui étaient d'ailleurs à la fois extérieures au mouvement.
13:59Effectivement, le dispositif des forces de l'ordre a été extrêmement efficace.
14:03Et notamment les filtrages mis en place dans les gares, sur les routes,
14:08qui ont permis effectivement d'éviter que les éléments les plus radicaux puissent arriver jusque dans les centres-villes.
14:15Le ministre de l'Intérieur a évoqué plus de 1000 interpellations dont une grande partie, finalement, se sont faites lors
14:22de ces fouilles.
14:23Donc ça, c'est déjà une première chose.
14:26C'est qu'effectivement, ça a permis d'éviter pas mal de gens.
14:29Il faut savoir que, par exemple, le 17 octobre, c'est ce qu'a révélé le préfet des Alpes-Maritimes.
14:35Il y avait un peu plus d'une personne sur deux qui ont été mis en garde à vue,
14:40qui n'étaient pas issus de Nice quand ils étaient à Nice.
14:43Donc il y avait beaucoup d'éléments extérieurs, et ces éléments extérieurs ont été bloqués.
14:47La deuxième chose, il y a des éléments qui sont liés au mouvement lui-même,
14:51notamment le fait qu'il y avait des vacances,
14:53et qu'une grande partie de l'ultra-gauche, qui était très mobilisée le 17,
14:57ne s'est pas mobilisée totalement cette fois-ci.
15:00On sait que, par exemple, le 17, il y avait une application qui avait été mise en place,
15:05qui s'appelait le Waze du 17 octobre,
15:07qui permettait aux manifestants de savoir où affronter les forces de l'ordre,
15:10comment faire des pillages, etc.
15:12Cette fois-ci, elle n'a pas été mise en marche.
15:15De la même façon, on sait aussi qu'une partie des militants qui étaient venus la semaine dernière
15:25en renfort d'Allemagne et d'Italie, étaient bien moins nombreux cette fois-ci.
15:30Donc on sait qu'on était dans un climat un peu différent.
15:34Finalement, plus classique que ce qu'on avait connu la semaine dernière,
15:39c'est-à-dire avec des violences essentiellement liées aux fins de cortège,
15:44avec des militants qui ont essayé d'affronter les forces de l'ordre,
15:48mais en fin de cortège.
15:49Alors que, depuis plusieurs événements, il y avait des violences très tôt le matin
15:55qui permettaient de bloquer les forces de l'ordre.
15:57Il y avait des petits groupes mobiles.
15:59Et en fait, là aussi, ça a été beaucoup moins nombreux,
16:01puisque le nombre de manifestations était, lui aussi, très inférieur à celui qu'on a eu le 17.
16:08Donc il y avait du monde dans la rue, mais dans beaucoup moins d'endroits,
16:11ce qui a évité à la police de trop se disperser.
16:15Alors, selon vous, la France vit une première étape d'une logique très insurrectionnelle.
16:20Pourquoi ?
16:21Parce qu'effectivement, on voit bien que, en tout cas, ce qui s'est passé le 17,
16:25la volonté d'attaquer les forces de l'ordre, mais aussi, surtout, les bâtiments,
16:29c'est une logique extrêmement politique.
16:32Donc on a eu, effectivement, les pillages qui répondent à la délinquance,
16:36mais il y avait aussi une volonté, notamment de l'ultra-gauche,
16:38de viser des institutions et des symboles.
16:41Et petit à petit, on voit, effectivement, cette montée de violences-là.
16:44Et ce qui est très inquiétant, c'est qu'on a beaucoup dit que c'était l'ultra-gauche qui
16:50était à la manœuvre.
16:50C'est vrai que c'est elle qui a lancé les incincelles, mais où il y a un risque,
16:54c'est qu'on voit qu'on a une grande partie de la jeunesse, notamment,
16:58qui est aujourd'hui extrêmement inflammable
17:01et qui, finalement, est capable de prêter main forte et aux casseurs et aux pilleurs.
17:07On s'apercevraient, après les premières gardes à vue et les premiers jugements,
17:14qu'on a quand même beaucoup de personnes qui sont des primo-activistes ou des primo-délinquants.
17:19Et ça, ça montre que l'extrême-gauche est capable, aujourd'hui, d'enclencher quelque chose
17:25qui fait qu'il y a un effet d'imitation très fort et qu'il y a des jeunes qui
17:30sont prêts à participer à tout ça.
17:32Ce n'est pas quelque chose de naturel, c'est quelque chose qui a été préparé.
17:35Et c'est en ça que c'est insurrectionnel.
17:37C'est qu'on voit bien qu'il y a un imaginaire révolutionnaire radical
17:43qui est aujourd'hui très présent dans la jeunesse.
17:46Il y a un sondage IFOP qui montre que 44% des 18-25 ans
17:51considèrent que la violence est nécessaire pour parventer cette idée.
17:54Dès lors qu'on est dans ce cadre-là, ça veut dire que toute action violente n'est plus réprimée,
17:59en tout cas n'est pas taboue.
18:01Ça ne veut pas dire que tout le monde va passer à l'acte,
18:03mais ça veut dire qu'il y a beaucoup de gens qui considèrent que c'est légitime
18:06et qui peuvent petit à petit basculer dans cette violence-là
18:09quand on sait qu'ils l'acceptent, qu'ils ont de plus en plus de connaissances sur la manière d
18:15'agir.
18:16Il y a eu une forme d'éducation à la violence qui a été très forte.
18:20Notamment, on voit plein de jeunes aujourd'hui qui maîtrisent la technique des black blocs,
18:25qui savent comment il faut s'équiper,
18:27qui viennent aux manifestations avec tout l'équipement nécessaire.
18:30Et là aussi, beaucoup de gens qui n'ont jamais été militants avant,
18:33et donc tout ça, effectivement, c'est très inquiétant
18:35parce que ça montre que ce qu'on a vécu le 17 octobre
18:39pourrait très bien survivre bientôt, dans une prochaine date,
18:43parce qu'il y a effectivement le monde nécessaire pour que cette violence-là se reproduise.
18:47Oui, c'est ça, en fait, et c'est ce que vous disiez également au Figaro,
18:50c'est-à-dire qu'en fait, les étincelles maintenant peuvent partir d'absolument n'importe où,
18:54c'est-à-dire une fusillade, une simple interpellation qui se passe mal,
18:58une date ou un attentat, en l'occurrence,
19:01comme celui qu'on a vécu à Trapière.
19:03En fait, on est un peu, la France en réalité est comme sur une poudrière,
19:06c'est-à-dire que n'importe quoi peut faire embraser complètement la situation,
19:09et en fait, avec un état qui est dépassé et qui aujourd'hui en plus est faible,
19:13très compliqué à gérer par la suite.
19:15Oui, parce qu'en fait, ce qui est sûr,
19:17c'est qu'il y a des inquiétudes très importantes
19:20et des colères très importantes dans le pays.
19:22Sauf que, où ça devient dangereux,
19:24c'est qu'il y a tout un écosystème numérique et médiatique
19:29qui a désigné les coupables.
19:30Les coupables, c'est l'État, c'est la police et c'est les institutions.
19:35Et donc, dès lors que cette colère-là est dirigée,
19:38grâce justement à cet écosystème d'extrême-gauche numérique,
19:43sur certaines personnes,
19:45il y a un risque effectivement d'étincelle à n'importe quel moment.
19:48On voit d'ailleurs que ce n'est pas non plus quelque chose
19:52qui est totalement spontané.
19:53Ça fait, moi, trois ans que je souligne
19:56qu'il y a une augmentation assez régulière du nombre de sabotages.
20:00Et là aussi, dans les sabotages, on s'est aperçu
20:02qu'avant, c'était vraiment des choses qui étaient faites
20:05par des militants très aguerris,
20:07qui étaient souvent avec une culture militante assez importante.
20:12Là, de plus en plus, on s'aperçoit que c'est des gens
20:15qui sont des primo-activistes, là encore.
20:16Donc, petit à petit, c'est ce qui est inquiétant.
20:20C'est qu'à la fois la violence, mais aussi les sabotages
20:22peuvent être commis par des gens qui ont une culture militante
20:26qu'ils ont finalement appris sur les réseaux sociaux.
20:29C'est ce que j'appelle la brumisation de la contestation.
20:31Ça veut dire qu'il n'y a même plus d'un donneur d'ordre.
20:33Il y a un état de l'esprit qui est diffusé.
20:37Il y a des cibles qui sont désignées via les réseaux sociaux
20:39ou via certains médias.
20:41Et petit à petit, c'est cette violence-là
20:44qui finit par se répandre un peu dans la société.
20:46Olivier Vial, est-ce que vous diriez que les réseaux sociaux
20:48sont véritablement les premiers outils des émeutiers ?
20:51C'est-à-dire que sans ça...
20:52En fait, je voyais aussi cette phrase.
20:54C'est vrai qu'en 2018, quand il y a eu les Gilets jaunes,
20:56il y avait une grande différence.
20:57C'est que TikTok n'existait pas en 2018.
21:00Donc, il y avait bien sûr des réseaux sociaux.
21:01Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, on a le sentiment aussi
21:03que le réseau social TikTok en particulier,
21:05en plus, a une importance absolument énorme chez les jeunes.
21:08Est-ce que ça a changé notamment quelque chose
21:10dans l'organisation de ces émeutiers ?
21:12Oui, oui, totalement, puisqu'il y a une grande partie des...
21:16Avant, il fallait quand même qu'il y ait des agitateurs
21:19et qu'il y ait des personnes physiques sur place
21:21pour donner des consignes,
21:23pour notamment mettre en place le black bloc.
21:26Vous saviez, on parlait beaucoup du fait
21:28qu'il y avait des personnes qui agitaient un parapluie
21:31pour lancer le black bloc.
21:32Ça, c'est fini.
21:33Il n'y a plus besoin.
21:34Aujourd'hui, ça se passe sur les réseaux sociaux
21:36de façon beaucoup plus rapide.
21:38Et d'ailleurs, il y a une vraie inquiétude,
21:40puisqu'ils ont fait courir le bruit
21:42qu'en certains endroits,
21:45on pourrait soit saturer les réseaux,
21:48soit couper les réseaux.
21:49Et depuis deux jours,
21:51il y a une application qui est en train d'exploser.
21:53C'est une application qui permet de recevoir
21:54des messages en Bluetooth
21:58de peur que, justement, ça puisse nuire
22:00à la mobilisation de ces mouvements-là.
22:02Donc, on revient, ça, c'est des petits signes,
22:04mais que oui, les réseaux sociaux sont très importants
22:06et qu'en plus, ils se sont modernisés.
22:08Je vous dis, vraiment,
22:09ce qui a été une grande nouveauté le 17 octobre,
22:12c'est cette application qui a été mise en place,
22:14qu'ils ont appelée le Waze du 17 octobre,
22:17qui permettait à tout le monde,
22:19comme sur une application routière,
22:21de signaler où était la police,
22:23où étaient garés les engins de pompiers,
22:28où étaient les pièges qu'il y avait en cours,
22:30où étaient les incendies,
22:31de façon à ce que tout le monde puisse
22:33se coordonner en temps réel.
22:35Et par moment, il y avait plus de 2 000 personnes
22:37qui étaient connectées en même temps
22:38sur cette application,
22:39ce qui veut dire qu'elle a eu un impact
22:40très important dans l'organisation des violences.
22:44Sabrina Medjabar.
22:45Oui, bonsoir, Olivier.
22:47Bonsoir.
22:48Évidemment, je souscris entièrement
22:49à ce que vous venez de dire.
22:51En effet, les réseaux sociaux
22:52constituent une caisse de résonance incroyable.
22:54On sait, par exemple, que TikTok
22:57concerne notamment,
22:58enfin, en tout cas,
22:58est utilisé majoritairement
23:00par les 18-25 ans.
23:02C'est un des écueils, malheureusement,
23:04de cette espèce de mouvement
23:05un peu qui ressemble plus
23:07à une homothétie,
23:08c'est-à-dire en agrandissement,
23:10en réduction,
23:11qui s'annonce plus ou moins
23:13de manière cyclique,
23:14parce qu'en réalité,
23:14on n'a pas de revendications claires.
23:16On assiste juste à des
23:19barbares,
23:19des pillages barbarèses
23:21de la semaine dernière.
23:21Aujourd'hui, l'appareil d'État
23:22a été déployé,
23:23le dispositif a été renforcé,
23:25donc évidemment,
23:26il y a eu un amoindrissement
23:27des violences.
23:28Mais vous ne croyez pas
23:30que, par exemple,
23:30il y a d'autres écueils
23:31à prendre en compte,
23:32notamment parce que vous parliez
23:33des institutions tout à l'heure,
23:34des ciblages.
23:36Moi, j'ai vu, par exemple,
23:37un Jean-Luc Mélenchon,
23:38tout à l'heure,
23:39traiter un journaliste
23:40de BFM,
23:42oui, de BFM, pardon,
23:43de raciste.
23:44Il y a un avocat également
23:45qui s'est permis
23:46de faire une liste,
23:47c'est-à-dire que je crois
23:48qu'aujourd'hui,
23:49le mouvement est bien plus profond
23:51par rapport ou concernant
23:53l'écosystème dont vous parliez,
23:55parce que les journalistes,
23:56aujourd'hui,
23:57sont prépourcibles,
23:58les policiers, évidemment,
23:59et ça, on le sait depuis des années,
24:02avec une vraie,
24:03vraiment pour le coup,
24:04une vraie figure mobilisatrice
24:05qui est le palestiniste.
24:07Pourquoi je dis ça ?
24:08Parce que j'observe
24:09que dans tous les mouvements
24:10qu'on a vus depuis le 7 octobre
24:12et là, singulièrement,
24:13depuis le 17 octobre,
24:14je pense notamment
24:15à la personne qui a mis le feu
24:16à la mairie de Limoges,
24:18on a retrouvé un drapeau palestinien
24:21dans son ordinateur
24:22et je pense que c'est une dimension,
24:24malheureusement,
24:24à ne pas négliger
24:26parce que c'est la seule fibre,
24:27aujourd'hui,
24:28qui arrive à mobiliser
24:29les antifas d'ultra-gauche
24:31et la France insoumise,
24:33disons,
24:34d'une extrême-gauche
24:35plus institutionnelle.
24:37Et ça, ça participe,
24:38il me semble,
24:38vraiment de la fracture
24:39entre ce qu'ils considèrent
24:41comme étant un « eux »
24:41et un « nous ».
24:42Dans le « nous »,
24:43ils mettent évidemment,
24:44ils imbriquent les antifas ultra-violents,
24:46les Black Blocs, etc.,
24:47et les membres de la France insoumise
24:49avec leurs égéries.
24:51Et de l'autre côté,
24:52le « eux »,
24:52c'est-à-dire l'Occident,
24:53la France et Israël.
24:55Et singulièrement,
24:56le RN,
24:56puisqu'on a vu tout à l'heure
24:58face au Congrès,
24:59à Orléans,
25:00un immense drapeau palestinien
25:01érigé devant le Congrès.
25:03Donc, je pense que c'est
25:04une dimension à ne pas négliger,
25:07à ne pas délégitimer,
25:09parce qu'il me semble,
25:10lorsqu'on regarde ce qui se passe,
25:12que c'est un vrai facteur,
25:14une vraie catharsis de ce mouvement
25:17et de ces mouvements
25:18qui s'amènent malheureusement
25:20à arriver de nouveau en France.
25:23Olivier Vial.
25:24Oui, oui, tout à fait.
25:25En fait, quand on parle des réseaux
25:27et ces techniques,
25:29c'est qu'est-ce qui leur permet
25:30de faire passer les messages.
25:31Ce qui est sûr,
25:32c'est que ces messages-là,
25:34vous l'avez bien dit,
25:36et là, toute la gauche,
25:37ça compris,
25:38c'est effectivement quelque chose...
25:39Il y a trois messages
25:40qui, aujourd'hui,
25:41permettent de réunir
25:42des familles de gauche
25:43très différents.
25:44Le premier,
25:45c'est l'anticapitalisme
25:46qui est vraiment redevenu
25:47au centre
25:48de toutes les familles de gauche
25:50avec notamment
25:50la notion de décroissance.
25:52Le deuxième,
25:53c'est l'anticolonialisme
25:54et notamment le palestinisme
25:56qui s'est effectivement
25:57lui aussi amené.
25:58Et puis, le troisième,
25:59c'est tout ce qui est
26:00les discriminations systémiques
26:03et notamment
26:04le racisme systémique.
26:05Ces trois concepts-là
26:08sont effectivement
26:10labourés,
26:10ont été envoyés
26:12par les messages.
26:13Alors, la seule chose,
26:14c'est qu'effectivement,
26:15c'est pas...
26:16En gros,
26:16le discours de Jean-Luc Mélenchon,
26:17il n'est pas repris
26:19parce qu'on l'a vu
26:20sur la télé,
26:21il est repris
26:22parce qu'il est martelé
26:23par des milliers
26:25de comptes différents.
26:27Il faut savoir
26:28que l'écosystème
26:29de la gauche radicale
26:30sur les réseaux numériques,
26:32il est,
26:33quand on circonscrit
26:35simplement
26:35à ceux qui sont
26:36très proches de LFI,
26:37il est au moins
26:38quatre à six fois
26:40supérieur
26:40à l'audience
26:41de l'ensemble
26:42des chaînes d'info.
26:43Donc,
26:44ils ont créé
26:45leur propre
26:47écosystème médiatique
26:48qui leur permet
26:49de faire passer
26:50des messages.
26:51Et effectivement,
26:51ces messages
26:52sont très,
26:53très largement
26:55diffusés,
26:56mais ils se basent
26:56sur trois,
26:57quatre marqueurs
26:59qui leur permettent
26:59effectivement
27:00de fédérer tout le monde.
27:01À ça,
27:01ça joue d'ailleurs,
27:02et c'est ce qui peut
27:03être dangereux,
27:04des ingérences étrangères
27:05qui sont en capacité
27:06de faire de l'amplification
27:08et on l'a vu
27:09notamment
27:09ces derniers jours
27:10avec le régime iranien.
27:13Arthur de Vatrigan.
27:14Bonsoir Olivier.
27:16Est-ce que vous pensez
27:17qu'il y a eu
27:18dans
27:20une des explications
27:21de la baisse
27:22d'intensité
27:23et du volume
27:23des affrontements
27:24et des pillages
27:25un changement
27:26de comportement
27:27stratégique
27:29et de riposte
27:29de la police ?
27:30On a entendu
27:30Laurent Nouniez
27:32dire grossièrement
27:33« Allez-y,
27:34je vous couvre ».
27:36Olivier Vézel.
27:37Je pense que
27:38surtout
27:38ce qui a été
27:39extrêmement efficace,
27:41ça a été
27:41de mettre en place
27:43des vrais filtrages
27:44et effectivement
27:45de ne pas laisser
27:46aucun blocage
27:49se mettre en place.
27:50On a vu
27:50effectivement
27:51que dès qu'en fin
27:52de cortège,
27:53dès que des manifestants
27:55essayaient
27:55de mettre
27:55des barricades
27:56quelque part,
27:57l'impact
27:58des forces
27:58de l'ordre
27:58était immédiat
27:59et ça
27:59effectivement
28:00c'est quelque chose
28:01qu'on sait
28:01depuis toujours
28:03quelquefois
28:03qui est dangereux.
28:04Ce qui a rendu ça
28:05possible,
28:05c'est que justement
28:06il y avait aussi
28:07moins de monde
28:08dans la rue
28:08et plus concentré.
28:10C'est beaucoup
28:10plus difficile
28:11quand il y a
28:11des blocages
28:12comme ça
28:13qui se font
28:13un peu partout
28:14et c'est beaucoup
28:14plus difficile
28:15quand les militants
28:16les plus radicaux
28:18sont capables
28:19d'aller se cacher
28:20au sein des cortèges
28:21de manifestants.
28:22Là,
28:22ce n'était plus le cas
28:23et donc effectivement
28:23la stratégie
28:24de l'impact
28:26de la police
28:26a évité
28:27qu'il y ait
28:28des endroits
28:29où ça se construise
28:32ou l'organisation
28:33du Black Bloc
28:34se construise.
28:35Par contre,
28:35je pense que
28:36ce qui était
28:36réellement très efficace
28:37c'est ce qui a été fait
28:38dans les gares,
28:39ce qui a été fait
28:41le matin
28:41qui a permis
28:42effectivement
28:43d'éviter
28:43que les éléments
28:44les plus radicaux
28:46puissent accéder
28:47au centre
28:48et du coup
28:49d'ailleurs
28:49pour certains
28:50ne se sont même
28:51pas présentés.
28:52Olivier Vial
28:52voulait également
28:53vous emmener
28:54sur cette histoire
28:54du plateau
28:55de Mille Vaches.
28:56On a vu apparaître
28:56ce nom
28:57dans la presse
28:58cette semaine
28:58après l'incendie
28:59notamment
28:59de la mairie de Limoges
29:00la semaine dernière.
29:01Les regards
29:01se sont tournés
29:02vers le plateau
29:03de Mille Vaches
29:03qui est donc
29:04à côté
29:05entre la Corrèze
29:06et la Creuse.
29:07Pourquoi ce territoire
29:08rural
29:08était devenu
29:09un laboratoire
29:10de la violence
29:11d'ultra-gauche ?
29:11Qu'est-ce qui s'y passe ?
29:13Alors,
29:14c'est une très vieille histoire.
29:16Effectivement,
29:17il y a plusieurs zones
29:18comme ça en France
29:19où des communautés
29:21se sont petit à petit
29:22installées.
29:23Le plateau
29:23de Mille Vaches
29:25c'est un plateau
29:26qui a une longue histoire
29:28marquée
29:29à la gauche
29:30de la gauche
29:31d'abord communiste
29:32et à partir
29:33du années 70
29:33effectivement
29:34il y a des communautés
29:35autonomes
29:35qui se sont implantées
29:37sur le territoire
29:38un territoire
29:38qui est très peu peuplé
29:40donc avec
29:41des terrains
29:42qui ne sont pas chers
29:43et beaucoup d'endroits
29:44où on peut trouver
29:45des fermes
29:45pour créer des communautés
29:47et ils se sont créés
29:48alors d'abord
29:48dans les années 70
29:49c'était des militants
29:50dont certains
29:51notamment militants
29:51de l'ETA
29:52pourquoi je dis ça ?
29:53Parce que le père
29:55de la personne
29:55qui a été arrêté
29:57pour l'incendie
29:58de Limoges
29:58était un ancien militant
29:59de l'ETA
30:00qui est sans doute
30:02arrivé sur le plateau
30:03de Mille Vaches
30:04dans les années 70
30:05il a lui-même
30:06il a lui-même
30:06d'ailleurs
30:06été condamné
30:09récemment
30:09pour avoir
30:10commis des sabotages
30:11alors il était
30:12d'ailleurs condamné
30:12à quai de la prison
30:13avec sursis
30:14alors qu'il a
30:15incendié
30:15huit voitures
30:16et dévis
30:17et une antenne relais
30:18pour un coût
30:19d'un peu plus
30:19d'un million cinq
30:20mais donc effectivement
30:21on sait que
30:22sur cet endroit-là
30:23il y a des communautés
30:24autonomes
30:24alors les autonomes
30:25c'est quelque chose
30:26d'assez particulier
30:26c'est vraiment
30:27l'aile la plus à gauche
30:29qu'on connaisse
30:29de l'ultra-gauche
30:32ce sont des gens
30:33qui sont adeptes
30:35de l'action directe
30:37qui ont théorisé
30:38notamment
30:39sur le plateau
30:39des Mille Vaches
30:40c'est à cet endroit-là
30:42que s'est créé
30:43le comité invisible
30:44le comité invisible
30:46c'est un groupe
30:47qui a au moins
30:48écrit quatre livres
30:49et dans ces quatre livres
30:50c'est eux
30:51qui ont théorisé
30:53ce qui est aujourd'hui
30:54la doctrine
30:55de presque tous
30:56les sabotages
30:56en Europe
30:57c'est-à-dire
30:58de s'attaquer
30:59non plus
31:00aux sites
31:02industriels
31:02mais de s'attaquer
31:03aux réseaux
31:04qui leur permettent
31:05effectivement
31:06d'être beaucoup plus efficaces
31:07en prenant
31:08beaucoup moins de risques
31:09et c'est ce qu'ils ont théorisé
31:11l'idée pour eux
31:12c'est le capitalisme
31:13a un cœur battant
31:14le sang
31:15qui irrigue
31:16le cœur du capitalisme
31:17c'est les données
31:18c'est l'électricité
31:20c'est la logistique
31:21c'est tout ce qui se passe
31:21par les réseaux
31:22donc si on s'attaque
31:23au sang du capitalisme
31:25c'est-à-dire
31:25si on coupe ces réseaux-là
31:26on l'affaiblit
31:27fortement
31:28et en fait
31:29c'est eux
31:29qui ont théorisé ça
31:30et c'est sur le plateau
31:31des mille vaches
31:32donc le plateau des mille vaches
31:33c'est à la fois
31:34une sorte de laboratoire
31:35de cette ultra-gauche-là
31:36et une base arrière
31:37où ils savent
31:38que quand ils ont commis
31:39des actes délictueux
31:42ils peuvent aller se cacher
31:43assez facilement
31:44c'est un peu
31:44une safe place
31:46il n'y a pas beaucoup d'endroits
31:47où ils peuvent se cacher
31:48aussi facilement
31:49il n'y a pas beaucoup de monde
31:50et surtout
31:51les habitants
31:52ont l'habitude
31:53de vivre avec eux
31:54ils ont une forme
31:55de sympathie
31:56ils ont créé
31:57un vrai écosystème
31:58un vrai écosystème
31:59il y a une télévision
32:01il n'y a plus de lieu safe
32:02en France
32:03mais il y a un lieu safe
32:03pour les antifas
32:04que dans la creuse
32:05et ça
32:06c'est dans la creuse
32:07alors malheureusement
32:08il y a d'autres départements
32:08aussi
32:09où on commence à voir ça
32:10en tout en France
32:11on estime qu'il y a à peu près
32:131000 communautés
32:13comme ça
32:14totalement autonomes
32:15avec des gens
32:16qui sont
32:16où il y a 2, 3, 4 familles
32:18qui vivent comme ça
32:19ensemble
32:20et qui sont très souvent
32:21extrêmement radicales
32:23bon un immense merci
32:24Olivier Vial
32:25directeur du CRU
32:26en charge de programmes
32:27de recherche
32:27sur les radicalités
32:28d'être venu
32:29dans Europe 1 soir
32:30merci beaucoup
32:30pour vos éclairages
32:32tout de suite
32:32vous écoutez Europe 1
32:33il est 22h32
32:35le rappel des titres