- il y a 2 semaines
Judith Beller reçoit Daniel Picouly, écrivain et animateur et Patrick Haudecœur, figure du théâtre burlesque
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Catégorie
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PersonnesTranscription
00:01Sud Radio, c'est excellent, Judith Bélaire.
00:04Bienvenue à toutes et à tous, c'est excellent, votre rendez-vous du dimanche à 19h avec l'Excellence Française,
00:10tout simplement, sur Sud Radio.
00:12Il a été récompensé par le Grand Prix d'électrice de Hale, sans oublier du prix Renaud Do.
00:17Daniel Picouli est écrivain mais aussi passeur de littérature pour le plus grand nombre en tant qu'animateur.
00:22Bienvenue Daniel !
00:24J'ai fait tout ça moi.
00:25Vous avez fait plein de trucs, on va en parler justement.
00:27Alors je vais dire une petite phrase maintenant, vous allez me dire d'où ça vient.
00:30Moi Demba, je suis la dernière des Amazones.
00:32Ça vient du dernier roman que j'ai écrit.
00:36C'est la voix qui nous accueille dans votre nouveau roman, tout à fait.
00:39C'est Demba donc, ça va s'apparaître le 7 octobre, c'est chez Albert Michel.
00:42C'est un livre à lire, chers amis, à dévorer même si vous me permettez.
00:46On va en parler Daniel Picouli.
00:47D'accord, dévorons.
00:49Dévorons.
00:50C'est une valeur sûre du théâtre contemporain qui ne se contente pas d'écrire.
00:55Il joue dans ses spectacles et il en met certains en scène.
00:58Bonsoir Patricot de Coeur.
00:59Bonsoir.
00:59Welcome.
01:00Merci.
01:01Avec plaisir.
01:02Alors vous aimez le burlesque, c'est presque un pléonasme j'ai envie de dire.
01:04Oui, oui.
01:05Voilà.
01:06D'ailleurs vous le prouvez avec le retour de votre pièce Berlin Berlin.
01:08Vous l'avez co-écrite avec Gérald Ciblerat.
01:11C'est mis en scène par José Paul.
01:13Et c'est au théâtre des nouveautés en ce moment, aux côtés d'Anne Charrier notamment.
01:16C'est du mardi au samedi à 21h, le samedi à 16h30 et le dimanche à 16h.
01:20C'est à voir même avec les enfants.
01:21Ah oui, on peut, oui.
01:22On parle de 3 ans mais 7 ans.
01:24Non, voilà, à partir de l'âge de raison quoi.
01:27Allez chers amis, vous écoutez C'est Excellent sur Sud Radio.
01:29Bienvenue chez vous.
01:33Daniel Picouli, Demba, donc à paraître le 7 octobre chez Albin Michel.
01:37Roman que j'ai dévoré, je ne vais pas vous mentir.
01:39Est-ce que vous voulez que je fasse le pitch ou est-ce que vous voulez le faire vous ?
01:41Je pitche, je pitche, je pitche parce que j'apprends des choses comme ça.
01:45Alors ça se passe en 1906, c'est à Marseille, c'est au moment de l'exposition coloniale.
01:51Demba, autrefois guerrière parmi les Amazones du Daomé, j'ai appris que c'était le Bénin de nos jours,
01:55c'est une gardienne fidèle de son roi qui a combattu les Français dans la guerre de conquête coloniale.
02:00Et là elle se retrouve exhibée dans un zoo humain en fait, c'était ça les expositions coloniales.
02:05Dans une case factice en plus, voilà.
02:08Elle n'a qu'un espoir, retrouver le roi Béanzin qui lui revient de 12 années d'exil en Martinique
02:13et elle voudrait obtenir son pardon pour une faute qu'elle a commise pendant la guerre,
02:17mais on ne va pas dire quelle faute, puisque son passé va la rattraper, Demba.
02:22Absolument, moi c'est cette faute que j'ai voulu écrire tout ce roman pour que Demba ait la chance
02:29d'effacer cette faute.
02:31Un instant, c'est-à-dire retrouver son roi.
02:34Et son roi, il est parti en Martinique, 12 ans d'exil, il n'y avait aucune raison qu'elle
02:41puisse le croiser de nouveau.
02:43Elle a quitté le Daomé, chassé du Daomé, puisqu'étant responsable de la défaite des troupes et la fin des
02:53Amazones.
02:54Et elle n'avait aucune chance de les retrouver.
02:59Et pourtant, grâce au hasard qu'ils font les bons romans, j'espère,
03:06un jour, on a voulu se débarrasser là-bas, à la Martinique, du roi Béanzin,
03:14qui commençait à devenir à la fois vieux et puis impatient et importunant,
03:20demandant toujours de l'argent, enfin des crédits qu'on lui doit, tout simplement.
03:24Et donc, on a décidé.
03:27Et un jour, il part de Martinique, le livre...
03:30En 1894, j'ai appris, oui.
03:33Et il part de Martinique avec, lui, le rêve de retrouver son pays,
03:41parce qu'il a le secret espoir que sa seule vue, parole et image soulèvera le pays.
03:49Et ce n'est pas comme ça que ça va se passer, bien sûr, parce que les autorités françaises y
03:54veillent.
03:55Et ils vont donc le...
03:55Le transférer en Algérie.
03:57Oui, ils se retrouvent en Algérie.
03:58Alors, mais ils passent d'abord.
03:59Ils passent par cette exposition coloniale.
04:02Ils passent par Bordeaux, parce que c'est la voie maritime normale.
04:07Bon, port négrier de première instance.
04:10Et on l'envoie à Marseille, autre type de port négrier, mais à un niveau moindre.
04:18Et là, il y a l'exposition coloniale de 1906.
04:23Une exposition incroyable qui a réuni 2 millions de visiteurs à Marseille, en plein Marseille.
04:30Et là, on va avoir cette idée, l'administration coloniale, assez stupéfiante,
04:36de lui faire visiter l'exposition coloniale et de l'emmener sur le stand du Bénin actuel, du Dahomé,
04:44où il va trouver tous les objets qu'on lui a volés pendant la guerre.
04:47C'est-à-dire que cette guerre a été une des guerres de raptation,
04:52une des rares guerres coloniales de ce type-là.
04:55Et aujourd'hui encore, on rapatrie, on restitue des objets qui ont été...
05:01C'est-à-dire, c'est en même temps une histoire qui a un présent.
05:04Bien sûr.
05:05Alors vous, vous écrivez comme ça.
05:07Vous partez d'un nœud narratif, en fait.
05:09C'est comme ça que vous écrivez.
05:10Vous partez du détail pour en faire une grande histoire.
05:12Et finalement, c'est une grande histoire aussi.
05:14Et d'ailleurs, on apprend qu'il y a été ces Amazones, en fait, du Dahomé,
05:17qui étaient des soldates au service du roi,
05:20qui étaient une force importante, vraiment du royaume.
05:23C'est un nom Amazon qui a été donné par les Européens.
05:26Parce qu'ils ne savaient pas trop comment les appeler, a priori.
05:28Mais en fait, c'était juste des femmes guerrières, quoi.
05:30Oui, c'est-à-dire que l'une des premières choses qui m'a mis en mouvement vers les Amazones,
05:35c'est un roman d'un auteur que je remercie dès le début,
05:40qui fait sortir les Amazones du mythe.
05:44C'est-à-dire, la plupart du temps, on pense les Amazones...
05:47On pense à celles qui se coupaient le sein.
05:49Et alors, loin, très très très loin, ces femmes étaient des tueuses.
05:54Ce sont des soldates.
05:55Et les soldats français qui ont eu à lutter contre elles,
06:00ont dit, les légionnaires français,
06:03ont dit qu'ils n'ont jamais eu de tels adversaires,
06:07en corps à corps, en guerre.
06:09Donc c'est ça qu'il faut restituer.
06:11Et c'est une société, c'est-à-dire une société
06:13dans laquelle les hommes baissaient les yeux.
06:16Deux ans, ces femmes-là, bien sûr.
06:17Parce qu'elles étaient d'une puissance, d'une force.
06:19Elles étaient redoutées.
06:20Donc c'est déjà la première chose.
06:22Le mythe, oui, mais...
06:24Et alors, cette Demba, la pauvre ancienne guerrière,
06:28c'est un roman qui souligne son humiliation aussi, finalement.
06:31Et l'histoire de ce peuple, en fait,
06:33qui défendait un royaume
06:35et qui a été ensuite exposé dans un décor
06:37fabriqué par les colonisateurs.
06:39Vous l'avez imaginé à partir du destin d'Archive Guerrière ?
06:42Est-ce qu'elle a vraiment existé, cette Demba ?
06:44C'est-à-dire que les Amazones,
06:46pour dire toutes les Amazones en une,
06:50c'est-à-dire Demba,
06:51c'est-à-dire ses origines,
06:51c'est-à-dire que c'est des origines qui sont des origines aussi...
06:55Il faut se rappeler que le Dahomey
06:57est un des pays les plus esclavagistes.
07:00C'est-à-dire qu'une des ressources premières...
07:03C'est le roi qui vendait.
07:04C'était la traite, la traite des esclaves,
07:06jusqu'à Ouida, où les Européens venaient acheter les esclaves.
07:11Donc c'était un pays dont même les Amazones
07:15ont été raptés, ont été volés dans des guerres avec les voisins.
07:22Donc Demba a ses origines-là aussi,
07:24qui sont des origines métissées.
07:27Et c'est en même temps l'histoire du monde,
07:29cette violence coloniale, notre histoire contemporaine,
07:31puisque c'est il n'y a pas si longtemps que ça.
07:33Et puis c'est le combat de cette femme
07:35qui va chercher à retrouver sa dignité.
07:37Donc vous mêlez en fait l'intime et l'histoire humaine.
07:40Cette dignité,
07:41c'est la dernière chose qui lui reste.
07:44Quand elle a tout perdu,
07:45quand elle lui a tout pris,
07:46quand elle a été chassée,
07:47quand elle a été considérée
07:49comme la responsable
07:51de tous les maux.
07:54et cette dignité,
07:55moi je la sentais vibrer en elle.
07:58C'est-à-dire que rien ne serait possible,
08:01même si elle a reconstruit une vie,
08:04même si elle est heureuse,
08:04même si elle a eu un enfant,
08:06même si elle a eu un homme
08:07qu'elle a adoré.
08:10Il faut ce moment où on restitue.
08:13Et je crois que dans tous les rapports
08:16que l'on a avec les guerres coloniales,
08:18il faut toujours penser à ça.
08:21Restituer la dignité.
08:22C'est-à-dire de ceux qui ont été colonisés.
08:24Et d'Emba,
08:24je vais tenter un roman
08:27de lui restituer cette dignité.
08:31Patrick Hottecœur,
08:32quand on écoute parler de Daniel Picouli
08:34qui nous raconte finalement
08:35qu'il part d'un nœud intime
08:36pour arriver à la grande histoire,
08:37c'est un peu ce que vous faites aussi
08:38dans votre pièce Berlin Berlin finalement
08:39puisque vous parlez de cette histoire intime
08:42d'un couple qui cherche la liberté
08:43et qui...
08:44Donc en fait,
08:45on en voit autant d'eux
08:46qu'on en voit de cette grande histoire
08:48de ce mur de Berlin
08:49qui est tellement divisé
08:50et qui est aussi
08:51un des points noirs
08:52de notre histoire,
08:52on peut le dire.
08:53Oui, oui, tout à fait.
08:54C'est vrai que nous,
08:55on est parti de la grande histoire
08:57pour faire une petite histoire.
08:59Mais oui, oui,
09:00c'est...
09:01En tout cas,
09:01de vous entendre,
09:02on a vraiment envie
09:03de lire votre livre.
09:03Il est excellent.
09:04Très, très bon livre.
09:06Donc oui, oui, tout à fait.
09:08Et en plus,
09:09il y a le...
09:11On ne va pas parler
09:12d'opprimer,
09:13mais enfin quand même,
09:14voilà,
09:14ils essayaient
09:16de se sauver
09:17de Berlin-Est
09:18pour aller à l'ouest.
09:20c'est quand même
09:21une sorte
09:21de pression quand même.
09:23Alors vous,
09:23vous arrivez à en faire du rire.
09:24C'est ça qui est intéressant.
09:25On va y revenir d'ailleurs.
09:27On est moins sérieux.
09:28Alors Daniel Picouli,
09:30moi j'ai envie de savoir
09:31comment vous avez rencontré
09:32l'histoire de Demba ?
09:33Alors j'ai rencontré
09:34l'histoire de Demba,
09:35moi je suis d'origine
09:35martiniquaise.
09:36D'accord ?
09:37Donc le roi Béanzin
09:39a vécu 12 ans
09:40à la Martinique
09:40et il a été
09:41un personnage important.
09:42Il aurait même pu
09:43disparaître
09:44dans l'éruption
09:45de la montagne Pelée.
09:47Et il a éduqué
09:49un enfant
09:50qui s'appelle
09:51Juanilo
09:52qui est devenu
09:53à terme
09:54le premier
09:56noir
09:57du barreau de Paris.
09:59Bon, donc c'est...
10:01C'est Paris comme histoire
10:02et comme transmission aussi.
10:03Oui, c'est cette transmission
10:05qui d'ailleurs
10:07a fait peur.
10:08C'est-à-dire que
10:09quand ce fils
10:12a voulu ramener
10:15les restes
10:16de son père
10:16au Dahomey,
10:18on l'a laissé aller,
10:19on l'a laissé partir
10:20et il est mort en chemin.
10:21C'est-à-dire qu'il devenait
10:23un danger.
10:23C'est-à-dire que l'image
10:24de Béanzin
10:25était encore
10:25une image très forte
10:27et qui aurait pu
10:28permettre
10:29des soulèvements.
10:32Il ne fallait surtout pas
10:33qu'il y retourne
10:34sur son père.
10:35Il était dangereux,
10:37tout simplement dangereux.
10:38Mais donc,
10:38cette histoire est née là
10:39et moi j'ai un grand-père
10:41qui a vécu
10:43la même façon
10:45d'être sauvé.
10:46Vous savez,
10:47le jour de l'éruption
10:48de la montagne Pelée,
10:49il y avait
10:50un rassemblement
10:51de bateaux
10:51dont le plus beau bateau
10:53du monde,
10:54le Belém.
10:56Et mon grand-père
10:57a été sauvé
10:58parce qu'on a annoncé
10:59que le Belém
11:00ne serait pas
11:01à Saint-Pierre
11:02ce jour-là.
11:02Et il a fait
11:03un caprice d'enfant.
11:04S'il n'est pas là,
11:05on n'y va pas.
11:06Et on a sauvé la famille.
11:09Et puis,
11:09quelle famille
11:10ça a été ensuite ?
11:11Parce que je le dis,
11:12on va reparler,
11:12mais quand même,
11:13vous êtes issus
11:13d'une fratrie
11:14de 13 enfants.
11:16Et on a été sauvés
11:18par un chagrin d'enfants.
11:19Écoutez,
11:20ça c'est poétique.
11:21Ça fait des carrières
11:22d'écrivains.
11:23Absolument.
11:24Allez,
11:25c'est excellent.
11:25Sur Sud Radio,
11:26on vous revient
11:26avec l'écrivain Daniel Picouli
11:28et le comédien
11:29qui écrit Patrick Audecoeur.
11:30A tout de suite.
11:33Sud Radio,
11:34c'est excellent.
11:35Judith Bélair.
11:36Merci d'avoir choisi
11:37Sud Radio,
11:37c'est un bon choix.
11:38Je dirais même plus,
11:39c'est excellent.
11:40Vous écoutez l'écrivain
11:40Daniel Picouli
11:41qui nous vient
11:42avec son nouveau roman
11:42à sortir le 7 octobre
11:44chez Albain Michel Demba.
11:45Je vous le recommande
11:46et puis le comédien
11:46et auteur Patrick Audecoeur
11:48et sa pièce
11:49Berlin Berlin
11:49qui est co-écrite
11:50avec Gérald Ciblera
11:51mise en scène
11:52par José Paul
11:53au Théâtre des Nouveautés.
11:54C'est du mardi au samedi
11:55à 21h.
11:56Vous l'aurez compris,
11:56c'est à Paris.
11:57Samedi à 16h30
11:58et dimanche à 16h
12:00pour les chanceux.
12:01Allez,
12:01on écoute un petit extrait
12:02d'ailleurs,
12:03un extrait bien fait
12:04de Berlin Berlin.
12:05Elles ont toutes été mûrées
12:06en 61
12:07quand ils ont construit le mur.
12:08Il y a six cabres
12:09d'enfilage jusqu'à l'ouest.
12:10Et si on casse les parois
12:11les unes après les autres,
12:12eh bien,
12:13on passe sur le mur.
12:14C'est à peu près deux jours
12:15pour percer un mur.
12:16Si tout va bien,
12:16dans deux semaines,
12:17on est libre.
12:18Oui,
12:18j'y vais,
12:19j'y vais,
12:19j'y vais.
12:20Enfin,
12:20je te préviens,
12:21ça risque de faire du bruit.
12:23Et alors ?
12:23Qui irait imaginer
12:24qu'on creuse un tunnel
12:25chez un agent de la Stasi ?
12:28Quoi ?
12:29Bernard,
12:30le fils de la vieille,
12:31il travaille à la Stasi.
12:32À la Stasi ?
12:34Il y a deux solutions.
12:36Un,
12:37je vous dénonce à la Stasi
12:38et vous serez probablement
12:39torturés et déportés en Sibérie.
12:41Au mieux,
12:42ou deux,
12:42on va prendre la 2 directement.
12:46Je vous exécute.
12:47Ah là là là là,
12:48on va prendre la première.
12:50Je vois un vrai mort.
12:53Il te reste combien de murs
12:55à percer ?
12:56Hein ?
12:56Combien de murs
12:57il te reste à percer ?
12:58Eh ben,
12:59je te dis,
12:59hein ?
13:03Berlin,
13:03Berlin,
13:03au Tête des nouveautés,
13:05une pièce de vous,
13:05Patrick Houdecœur
13:06et de Gérald Sibleras
13:07mise en scène
13:08par José Paul.
13:09Vous êtes avec
13:10Anne Charrier,
13:10Guillaume Bouchède,
13:12Marie Lanchasse,
13:13Michel Le Rousseau,
13:14Guilhem Pellegrin
13:15et Claude Gionnet
13:16et Gino Lazzerini.
13:18sur scène.
13:19Alors,
13:20faites le pitch
13:21ou je le fais moi ?
13:22Oh ben écoutez,
13:23allez-y,
13:24vous faites,
13:24vous l'avez très bien fait.
13:26Vous êtes sûr ?
13:28Comme vous voulez.
13:29Vous avez envie ?
13:30Bon,
13:31allez,
13:31c'est à Berlin-Est,
13:32c'est Emma et Ludwig
13:33qui rêvent de passer à l'ouest,
13:34tout simplement.
13:35Leur chance,
13:36il y a un passage secret
13:37dans un appartement
13:38où Emma se fait engager
13:39pour s'occuper
13:39d'une vieille dame
13:40qui n'est autre que
13:42son fils
13:43est un agent
13:44de la Stasie,
13:45ce fameux Werner,
13:46il tombe amoureux d'Emma.
13:47Son logement grouille d'espion
13:49pour atteindre la liberté,
13:50le couple va devoir multiplier
13:51les mensonges,
13:52éviter que son plan
13:53ne tourne au désastre.
13:54C'est ça,
13:55exactement.
13:55C'est un peu un désastre
13:56quand même.
13:57Et ça ne part pas forcément
13:58d'une histoire vraie,
13:59mais en tout cas,
13:59d'un fait.
14:01Il y avait des caves
14:02qui,
14:02quand il y avait le mur,
14:03il y avait des caves
14:04qui n'étaient pas encore murées.
14:05Après,
14:05ils les ont murées,
14:06mais au départ,
14:07elles n'étaient pas murées
14:08et effectivement,
14:08on pouvait passer par ces caves.
14:10Et donc,
14:10il y avait des gens
14:10qui le faisaient vraiment ?
14:11Donc,
14:11il y avait des gens
14:11qui l'ont fait.
14:13Ils ne sont pas revenus
14:14dans le temps,
14:14a priori après.
14:15Non,
14:16et après,
14:16ils ont muré les caves.
14:17Et nous,
14:17on a imaginé
14:18qu'il y avait un passage secret
14:20dans un appartement,
14:21ce qui n'est pas forcément
14:22faux non plus
14:23parce qu'il y avait
14:24des tuyauteries
14:25qui descendaient
14:26dans les caves.
14:27Je ne dirais pas
14:28que c'est une histoire vraie,
14:29mais enfin bon.
14:30Non,
14:31mais bon,
14:31il y a des histoires correspondantes.
14:33Transformer une évasion
14:34aussi périlleuse
14:34en comédie,
14:36ce n'est pas simple quand même.
14:37C'est pareil.
14:37Est-ce que vous faites
14:37un peu comme Daniel ?
14:38Vous partez d'un nœud narratif
14:40comme ça ?
14:41Parce que c'est un peu ça
14:41l'idée là.
14:42C'est l'absurdité
14:44du nœud en question
14:45qui crée le burlesque en fait.
14:47En fait,
14:48on parle d'un drame.
14:49C'est ça un drame ?
14:51On rigole,
14:52mais si on parle d'un drame
14:54et c'est ça
14:54qui amène la comédie.
14:56La comédie en soi,
14:57quelque part,
14:58si on prend la tarte
14:59à la crème
14:59ou la peau de banane,
15:00c'est un drame
15:01pour la personne
15:01qui l'habite.
15:02Nous, c'est pareil,
15:03sauf qu'on a étiré
15:05puis après on tire le fil
15:06et puis ça dépend
15:08quel fil on va tirer.
15:09Il y a les personnages aussi
15:10qui sont très forts
15:11qui vont être
15:12un petit peu poussés
15:14dans le burlesque
15:15et puis les gens...
15:16C'est l'accumulation
15:17des obstacles,
15:18le rythme aussi
15:18sur scène.
15:19Il y a la fausse raison
15:20d'être là.
15:21Il y a plein de surprises.
15:23L'histoire des espions
15:26parce qu'il y avait
15:27énormément d'espions
15:28de mouchards
15:29qui vivaient forcément
15:30dans tous les immeubles.
15:33Et voilà,
15:34on est parti de là.
15:36Et puis,
15:37c'est assez simple
15:38d'avoir dans une comédie,
15:39c'est toujours intéressant
15:40d'avoir des vrais méchants.
15:42Et là,
15:42je veux dire,
15:43avec l'astasie,
15:44c'est assez facile pour nous.
15:45Alors pour rappel,
15:47c'est quand même...
15:47Cette histoire,
15:48elle se déroule
15:48dans une ville divisée
15:49pour les auditeurs
15:50pendant la guerre froide.
15:51Berlin-Est,
15:51à partir de la RDA,
15:52l'Allemagne de l'Est,
15:53communiste,
15:53Berlin-Ouest,
15:54c'est une enclave
15:54liée au monde occidental.
15:56C'est tombé en 1989,
15:57tout ça.
15:58Ça nous a bien marqué
15:59notre histoire contemporaine.
16:01Et finalement,
16:03j'ai envie de dire
16:04qu'entre vos personnages,
16:06il y a Emma
16:06qui cherche une issue
16:07et puis Werner,
16:08lui,
16:09il cherche une ouverture.
16:10C'est un peu ça.
16:14Werner,
16:14il utilise son pouvoir
16:16de policier de l'astasie,
16:18qui était le service
16:19de sécurité de la RDA.
16:20Tout à fait.
16:21Et puis,
16:23Emma et Ludwig,
16:25Emma,
16:25elle,
16:26elle n'avait vraiment
16:26pas envie de rester là.
16:28Donc,
16:29voilà,
16:29c'est elle qui porte la gueule,
16:31on peut dire,
16:32c'est elle qui tient.
16:33C'était intéressant aussi
16:35de faire un couple,
16:37j'allais pas dire d'inverser,
16:39mais de faire plutôt...
16:41Une femme qui porte la culotte,
16:42on aime bien ça, nous.
16:43Voilà, c'est ça.
16:43Parlons vrais sur ce radio.
16:45Un pleutre,
16:46un petit peu.
16:47Et en même temps,
16:49il va être entraîné,
16:51comme il le dit,
16:52il n'y a aucun risque,
16:53ça fait trois fois
16:53que je me fais avoir.
16:55Il est quand même entraîné
16:56malgré lui.
16:59Et je ne dirai pas la suite,
17:01comment ça se passe,
17:02bien sûr.
17:02Il ne va pas spoiler,
17:03quand même.
17:04Mais il va quand même
17:05être à la hauteur.
17:07Alors,
17:07il y a deux enjeux simultanaires
17:09dans votre narration,
17:09cette évasion clandestine
17:11et cet embarras amoureux.
17:12C'est beaucoup de dualité.
17:15On frôle un peu
17:16avec le vaudeville aussi.
17:18Oui, c'est ça,
17:18on n'est pas loin.
17:18Un petit côté,
17:20je ne dirais pas boulevard,
17:21mais oui,
17:22vaudeville.
17:24Mais je pense que
17:26le vaudeville
17:26est toujours d'actualité.
17:28On le vit tous les jours,
17:30n'est-ce pas ?
17:30Qu'est-ce que vous en pensez,
17:32Daniel Piccoli ?
17:33On est en plein
17:33votre ville en ce moment.
17:34Je crois qu'il y a des rappels
17:35et des rappels.
17:35C'est ça.
17:36Les gens applaudissent.
17:39Donc,
17:41ça marche toujours.
17:43L'amant dans le placard,
17:45même.
17:45Oui,
17:46ça,
17:47ça marche toujours aussi.
17:48En plus,
17:49je pense que ça continue d'arriver.
17:52L'amant dans le placard,
17:53chez certaines personnes.
17:54J'espère en plus.
17:56Alors,
17:57on risque de leur déboire,
17:58mais finalement,
17:58ils veulent être libres,
17:59Emma et Ludwig.
18:00Et c'est ça,
18:00le fil conducteur,
18:02un peu comme la demba
18:02de Daniel Piccoli,
18:03qui veut retrouver sa dignité,
18:04sa liberté.
18:05Vous,
18:05c'est vraiment une histoire
18:06de liberté
18:07parce qu'on n'avait rien
18:07le droit de faire quand même
18:08en Amérique de l'Est à l'époque.
18:10Ils n'ont pas d'autres issues.
18:11C'est ça ou mourir.
18:13Presque.
18:14C'est ça.
18:15Donc,
18:15il faut absolument
18:17utiliser ce passage.
18:19C'est ça d'ailleurs
18:20qui les pousse
18:20et qui pousse l'histoire.
18:22C'est qu'on n'a pas d'autres issues.
18:25Ils sont pris au piège.
18:26Alors,
18:27chaque solution,
18:27elle semble devenir
18:28un peu un nouveau problème.
18:30Votre plaisir d'auteur,
18:30j'ai l'impression
18:31que c'est tendre
18:31une perche au personnage
18:32et puis de l'enlever.
18:33C'est un peu ça.
18:34C'est ce qu'on appelle
18:37l'entonnoir.
18:38On met les personnages
18:39au bout de l'entonnoir.
18:40Ils sont bloqués
18:41parce qu'ils sont poussés.
18:43Oui,
18:44c'est un plaisir.
18:44En tant qu'auteur,
18:45c'est un plaisir.
18:45Parce que ce qu'il faut se dire,
18:46c'est que nous,
18:47on a le temps en tant qu'auteur
18:48de réfléchir
18:48à comment on va pouvoir
18:50sortir de là.
18:51Il faut aller plus vite
18:51que le spectateur
18:52qui lui n'a pas le temps.
18:53Il se dit
18:53mais ce n'est pas possible
18:54qu'est-ce que ça fait
18:57de jouer son propre texte ?
19:00Comment on se fait
19:01pour interpréter
19:01un personnage
19:02qu'on a créé ?
19:03Déjà,
19:04je pense que
19:05à l'écriture,
19:05je pense un petit peu
19:06à mon personnage.
19:08Je le joue déjà
19:10presque en l'écrivant,
19:12en le co-écrivant.
19:13Vous l'écrivez
19:15en pensant à vous-même.
19:16Gérald Siblias
19:17pense à moi aussi.
19:18On l'entend un petit peu.
19:20Et c'est marrant
19:22parce que je suis obligé
19:22de l'apprendre quand même.
19:24C'est normal.
19:26Automatiquement.
19:27Et quand je suis sur...
19:29Quand c'est la première,
19:30bon pas là
19:30parce que là c'est une reprise,
19:32mais quand c'est la première,
19:33j'ai le trac de l'auteur
19:36et non pas le trac du comédien.
19:37Ah, c'est marrant.
19:38Ça périsse à Bernard.
19:40Parce que c'est ça
19:42qui est en premier.
19:44C'est-à-dire que
19:44si notre texte
19:45ne convient pas,
19:48tout tombe par terre.
19:49Je ne pense pas
19:50que les comédiens
19:50puissent sauver
19:51un très mauvais texte.
19:52Vous parlez tous les deux,
19:53je l'ai un peu dit tout à l'heure,
19:54de Femmes libres.
19:55Daniel Picouli,
19:56la Emma de Patrick Hautecoeur,
19:57elle prend l'initiative
19:57de se faire engager
19:59en plus en aide-soignante,
20:00etc.
20:00pour accéder à son passage.
20:01C'est une stratège d'Emba,
20:03c'est une guerrière.
20:04C'est des héroïnes,
20:05les deux,
20:05qui agissent sur leur destin.
20:06On a envie de les admirer,
20:08en fait.
20:09On les admire
20:10parce qu'avoir l'emprise
20:12sur son destin,
20:13c'est un cadeau du ciel.
20:14C'est-à-dire qu'on est dans
20:20et puis il faut qu'il y ait
20:23de ces femmes qui osent
20:25pour nous tous.
20:27C'est-à-dire qu'il faut
20:28qu'on ait la conscience
20:30au cœur
20:32qu'elles existent,
20:33qu'elles sont là,
20:34qu'elles sont toutes proches,
20:35qu'elles ne nous lâcheront jamais.
20:37C'est des femmes nourricières,
20:39en fait,
20:39quand on écoute Daniel Picouli.
20:40Un petit peu.
20:41C'est un peu des mamans, quoi.
20:43Un petit peu des mamans.
20:46En fait, finalement,
20:47il y a aussi,
20:48pour finir sur cette dualité,
20:49Patrick Hautecoeur,
20:50dans votre pièce,
20:51on est sur un huis clos,
20:52c'est le même endroit.
20:53L'endroit qui pourrait la sauver,
20:56Emma,
20:57est aussi celui
20:57qui va faire
20:59qu'elle va être
21:00potentiellement découverte, quoi.
21:02J'ai envie de dire.
21:02C'est pareil,
21:03tension,
21:04c'est un endroit,
21:05en même temps,
21:06qui lui permet
21:06l'ouverture à autre chose
21:07et en même temps
21:08qui fait que ça peut la plomber,
21:09quoi.
21:09C'est ça que je veux dire.
21:10Oui, oui,
21:10parce que c'est...
21:12Alors, on passe,
21:12on a quand même
21:13un autre décor
21:14parce qu'on passe à...
21:14On va carrément
21:16dans le nid de vipère,
21:17on va dans le nid de vipère,
21:19c'est l'astasie.
21:20Mais c'est vrai
21:21que cet appartement
21:24qui...
21:24En fait,
21:25c'est des gens
21:27tout à fait normaux,
21:28je veux dire.
21:29Ils n'ont pas de...
21:29Ce ne sont pas des héros.
21:31Donc, elle,
21:32elle vient là
21:33comme aide-soignante.
21:35Ça pourrait être vrai,
21:39enfin réaliste.
21:39Ça pourrait se continuer comme ça.
21:41Mais elle a d'autres idées,
21:44d'autres ambitions.
21:47Et heureusement,
21:48parce qu'autrement,
21:48il n'y aurait pas vraiment d'histoire.
21:50Bon, les héros
21:51sont des gens ordinaires.
21:53Qu'est-ce que vous en pensez, Daniel ?
21:55Ils essaient de rester ordinaires.
21:56C'est vrai,
21:56c'est du boulot
21:57quand on est un héros
21:58de rester ordinaires.
21:59C'est pas simple.
22:01Bon, ben voilà,
22:01c'est excellent.
22:02Vous avez compris,
22:02vous restez avec nous surtout.
22:03C'est l'émission
22:04qui crée le lien
22:04sur Sud Radio.
22:05Je le crée ce soir
22:06entre l'auteur
22:07Daniel Picouli
22:08et le comédien,
22:09auteur aussi
22:10Patrick Hautecoeur.
22:11Pardonnez-moi,
22:12j'ai fourché.
22:12Allez, à tout de suite.
22:16Sud Radio,
22:16c'est excellent,
22:17Judith Bélaire.
22:18Merci d'écouter Sud Radio,
22:20c'est excellent
22:20comme tous les dimanches
22:21à 19h.
22:22Vous écoutez ce soir
22:22l'écrivain Daniel Picouli
22:24qui nous présente
22:24son nouveau roman
22:25Demba.
22:25C'est apparaître
22:26le 7 octobre
22:26chez Elbin Michel.
22:27Et puis le comédien
22:28et auteur Patrick Hautecoeur
22:29pour Berlin Berlin.
22:30C'est une comédie
22:31qu'il a co-écrite
22:32avec Gérald Cibleras
22:33mise en scène
22:34par José Paul.
22:35C'est au théâtre
22:35des nouveautés
22:36du mardi au samedi
22:37à 21h
22:38avec également
22:39une représentation
22:39le samedi à 16h30
22:40et le dimanche
22:42à 16h.
22:43Alors Daniel Picouli,
22:44je l'ai dit un petit peu
22:45en instro,
22:45mais vous êtes
22:46non seulement écrivain
22:47mais aussi
22:48passeur de littérature.
22:50Vous avez longtemps
22:50animé des émissions.
22:54Café Picouli
22:54c'était sur France 5.
22:56La deuxième
22:56c'était Café littéraire
22:57c'était sur France 2.
22:58Et à chaque fois
22:59la première c'était un café
23:01l'autre c'était carrément
23:01un bar.
23:02Donc déjà pourquoi ?
23:03Parce qu'en fait finalement
23:03c'est des lieux de passage
23:04des lieux où on lit
23:05des lieux où on partage
23:06etc.
23:07L'idée d'un bar
23:08c'est une idée
23:09qu'on a tous vécu
23:11on attend
23:13la femme de sa vie
23:14au bar
23:15elle ne vient pas
23:16et on en rencontre
23:17une autre.
23:18C'est-à-dire que le bar
23:20Vous parlez d'expérience
23:20vécue après ?
23:21Non, je parle de bar
23:24Oui, je parle de bar
23:25D'accord
23:26C'est-à-dire que
23:27c'est imprévu
23:28et puis c'est surtout
23:29moi ce que je voulais
23:30c'était une ambiance
23:31dans laquelle
23:32ceux avec qui je parlais
23:34restaient dans l'ambiance
23:36d'un café
23:37C'est-à-dire qu'au début
23:39les gens que je recevais
23:40ils vont s'arrêter de parler
23:41mais non
23:42on va se regarder
23:43on va parler
23:44et vous ne les entendrez plus
23:45C'est ça
23:47Quand on va travailler
23:47dans un café
23:48ou qu'on a un rendez-vous
23:50c'est vrai qu'on oublie
23:52les alentours
23:53Donc moi j'aurais voulu
23:54faire toutes les émissions
23:55que j'ai faites
23:57dans un café
23:58Dans des bars
23:59simplement pour ce rapport
24:02assez improbable
24:03de savoir
24:05devant
24:06percer au-dessus des autres
24:07C'est-à-dire qu'on est là
24:09on est dans un tête-à-tête
24:11et sans qu'on s'en aperçoive
24:12on oublie
24:13que les autres sont autour
24:15et franchement
24:16c'est la situation
24:17parfaite de la lecture
24:18Et alors c'est marrant
24:20d'être écrivain
24:20et de mettre en valeur
24:22les autres
24:22c'est rare vous savez
24:25Je ne sais pas si c'est
24:26En général
24:27on commence par mettre
24:28en valeur les autres écrivains
24:29et puis on devient
24:29écrivain potentiellement
24:30mais dans l'autre sens
24:31c'est assez rare
24:32Si je peux le permettre
24:33Non on paye sa dette
24:34C'est-à-dire que
24:35Non mais on paye sa dette
24:36C'est-à-dire
24:37Quelqu'un vous a aidé
24:39C'est pénac
24:40Oui c'est pénac
24:42Moi je peux dire
24:43de deux ou trois personnes
24:45s'ils n'avaient pas été là
24:46où serais-je
24:48Je trouve qu'avoir
24:50cette possibilité
24:51de passer à la télévision
24:52de pouvoir
24:53Vous aimez un auteur
24:54Vous aimez un livre
24:55et vous pouvez en parler
24:56et les gens derrière
24:57vous suivent
24:58ou ne vous suivent pas
24:59C'est un privilège
25:01extraordinaire
25:01Mais en même temps
25:02on est en train
25:03de tout simplement
25:05rembourser une dette
25:06à long terme
25:06C'est joli ça
25:07Alors vous avez
25:09rencontré le grand public
25:10avec le champ de personnes
25:10Ça a été récompensé
25:11par le grand prix
25:12d'électrice de Haile
25:13avant de recevoir
25:13le prix Renault de Vendant
25:14en 1999
25:15pour l'enfant Léopard
25:17Les prix littéraires
25:18pour vous
25:19c'est une reconnaissance des pères
25:20Ça vous a donné
25:21ça vous a confirmé
25:22votre route
25:22ou en fait
25:23ça ne changerait ?
25:24Si ça change
25:25tout simplement
25:26Le nombre de livres vendus
25:28C'est stratosphérique
25:32Le jour et la nuit
25:35J'étais cette semaine
25:37à la FNAC Saint-Lazare
25:39où il y avait
25:39des piles de livres
25:40Vous dites
25:41ça ça va partir
25:43Ça fait peur
25:44Ça fait plaisir aussi
25:46Oui mais c'est extraordinaire
25:47C'est extraordinaire
25:48Je suis d'accord
25:48De voir
25:49On est dans un pays
25:50dans lequel
25:51la rentrée littéraire
25:52est un événement
25:53Un événement pour tout le monde
25:55Encore
25:55Oui et encore
25:56Et encore
25:57Je vais faire juste
25:58une petite insiste
25:59pour dire
26:00que je t'envie
26:01À Patrick Cottequin
26:02Pourquoi ?
26:03Pourquoi ?
26:03Parce qu'il est acteur
26:05Moi c'est
26:05ce que j'ai
26:06toujours voulu faire
26:08Ah bon ?
26:08Mais écoutez
26:09Vous savez ce qu'il y a
26:10autour de mon
26:11Allez-y
26:12Ça s'appelle
26:12un petit bracelet
26:14de repentance
26:17et surtout
26:17de surveillance
26:18C'est-à-dire
26:19je me suis fracturé
26:20le genou
26:21j'ai eu une opération
26:22au genou
26:22alors que je devais
26:23jouer une pièce
26:23parce que j'ai joué
26:25J'ai écrit
26:26des sols en scène
26:27que j'ai joué
26:28à Avignon
26:29et tout ça
26:30et j'ai été empêché
26:31pendant deux ans
26:32par un genou
26:33qui grinçait
26:34on va aller dire
26:35et j'ai décidé
26:37enfin de me faire opérer
26:38Attendez
26:39il y a peut-être
26:39quelque chose
26:39qui va se passer
26:40ce soir
26:40Allez-s'avons
26:41la prochaine pièce
26:42de Patrick Oudkart
26:42Il n'est jamais trop tard
26:44Ah ben on lance un appel
26:46on ouvre le champ
26:49Actuellement
26:50j'en suis à lire
26:51cette pièce
26:52dans les salons
26:53Mais il faut aller voir
26:54Patrick Oudkart
26:55dans Berlin Ball
26:55Ça c'est
26:57parce que vous m'avez
26:58fait penser
26:59à Goodbye Lenino
27:01Ah oui
27:02C'est marrant
27:03parce que Gérald Sibleras
27:04lui c'est
27:05s'est inspiré aussi
27:06de ça
27:06On est parti
27:07de To be or not to be
27:08aussi de The Beach
27:09D'accord
27:10Alors vous Patrick Oudkart
27:12vous êtes vraiment
27:12un homme de théâtre complet
27:13auteur, comédien, metteur en scène
27:14et vous avez commencé
27:16en fait
27:16parce que vous vouliez
27:17fabriquer un spectacle
27:18pour vos acteurs
27:19votre troupe en fait
27:20parce qu'il n'y avait pas
27:20de spectacle pour 12 personnes
27:21en fait
27:22c'est ça l'histoire
27:22et que du coup
27:23il a fallu vous mettre
27:24à la plume
27:25parce que sinon
27:25vous ne pouviez pas
27:26jouer tous ensemble
27:27c'est une histoire
27:27de troupe au départ
27:28c'est un peu ça
27:28c'est à dire que
27:29c'était pas prévu
27:31j'avais jamais écrit
27:32quoi que ce soit
27:33je ne sais même pas
27:33si j'avais envie
27:35vraiment d'écrire
27:35j'avais envie de mettre
27:36en scène
27:36et puis de jouer
27:37mais d'écrire
27:38je ne sais pas
27:39et puis effectivement
27:40il y a eu
27:41ce petit problème
27:42avec la troupe
27:44et je leur ai dit
27:44comme ça
27:45moi je vais vous l'écrire
27:46la pièce
27:47il suffit de prendre
27:48l'épée
27:49mais je n'avais pas
27:50ni de sujet
27:50je n'avais rien du tout
27:51je ne savais même pas
27:53vous l'avez écrit
27:54avec Daniel Navarro
27:55oui je l'ai écrit
27:56avec Daniel Navarro
27:57et on s'était dit
27:58qu'est-ce qu'on peut écrire
28:00je sentais qu'il fallait écrire
28:02il ne fallait pas forcément
28:04qu'inventer
28:04il fallait partir
28:06de quelque chose
28:07d'une vérité
28:09qu'on connaissait
28:10et donc
28:10on a raconté
28:12dans Thé à la menthe
28:12au thé citron
28:13on a raconté
28:13ce qu'on vivait
28:15dans cette compagnie théâtrale
28:16qui était une compagnie amateur
28:17on vivait donc
28:19des répétitions
28:20qui étaient catastrophiques
28:21et une représentation
28:22encore pire
28:23donc voilà
28:24c'était la menthe
28:25tout est citron
28:25ça s'est professionnalisé
28:26en 90
28:27quand vous arrivez
28:27au Café de la Gare
28:28voilà exactement
28:29c'est-à-dire qu'au Café de la Gare
28:31ils nous ont pris
28:33pour une exploitation
28:35qui a duré 13 mois
28:36et puis après
28:37voilà
28:37ça s'est renvalé là-dessus
28:39et en 2011
28:40cette reprise
28:40la pièce est reprise
28:42et puis il a voté
28:43à des variétés
28:43je crois
28:44c'est ça ?
28:44des nouveautés
28:44des Fontaine
28:46on les aura tous cités
28:48et puis vous recevez
28:49en 2011
28:50le Molière
28:51du meilleur spectacle
28:52comics
28:52c'est quand même dingue
28:53c'est marrant
28:54c'est marrant d'être parti
28:55d'un rien
28:55pour comme ça
28:56et puis finalement
28:57c'est parti pour jouer
28:58avec des potes
28:59une fois
28:59en plus c'était une fois
29:00on jouait
29:01et puis
29:01ils se retrouvaient
29:02avec le meilleur
29:03de la comédie
29:04oui oui
29:06ça c'est assez extraordinaire
29:07juste avant
29:08on avait eu
29:08le Molière
29:09de la comédie musicale
29:12avec Faufroux-les-Bains
29:12j'allais y venir
29:14parce que la musique
29:14est très importante
29:15dans votre parcours
29:16aussi
29:16Patrick Cotca
29:17vous avez chanté
29:19dans des opérettes
29:20aussi
29:20vous avez fait
29:21des spectacles
29:22comme Là-Haut
29:22l'Auberge du Cheval Blanc
29:23ça c'était pour faire
29:25un petit
29:26petit opérette
29:28Daniel Picouli
29:29la belle Auberge du Cheval
29:31c'était exactement ça
29:35mais la musique
29:36m'aide aussi
29:36un petit peu
29:37à écrire
29:38et puis j'ai commencé
29:39par la musique
29:39parce qu'il n'y avait
29:40pas de cours
29:42de théâtre
29:42où j'étais
29:43en banlieue
29:44c'était la grande banlieue
29:46à l'époque
29:46c'était en Seine-et-Marne
29:47mais en revanche
29:48il y avait des conservatoires
29:49de musique
29:50donc artistiquement
29:51j'ai pu m'inscrire
29:52au conservatoire
29:53et alors
29:54quand vous écrivez
29:55justement ce que
29:56vous avez fait
29:56le conservatoire
29:57forcément
29:57c'est très académique
29:59le conservatoire
30:00en tout cas c'est très précis
30:01en termes de technique
30:03on parle de la musique
30:03moi je pense qu'auteur
30:04et le théâtre
30:05c'est la même chose
30:05pareil
30:06surtout la comédie
30:08mais alors
30:08une scène comique
30:09quand vous l'écrivez
30:10est-ce que vous l'écrivez
30:10comme une partition
30:11parce qu'on a l'impression
30:12quand même
30:12qu'il y a une certaine rythmique
30:14avec des pauses
30:15des reprises
30:15des accélérations
30:16quand vous écrivez
30:17c'est comme une partition
30:18alors il y a
30:19non seulement l'écriture
30:20qui doit être
30:21comme une partition
30:22mais après
30:23il y a aussi la mise en scène
30:24qui est importante
30:25de la façon
30:26mais effectivement
30:27c'est très musical
30:28j'ai toujours eu envie
30:30d'écrire
30:31une petite
30:31une petite
30:33nouvelle
30:34pour rassembler
30:37la musique
30:38avec la comédie
30:39il y a des liens
30:40énormes
30:41moi quand je fais
30:42une mise en scène
30:43je dirige
30:44énormément
30:44je dirige
30:46les comédiens
30:46musicalement
30:47enfin
30:47je leur chante
30:48pas les choses
30:49mais je leur parle
30:49musique
30:50ça devrait être drôle
30:51en mettant en scène
30:51qu'ils se met à chanter
30:52tout d'un coup
30:53on a dans l'idée
30:55vous Daniel Picouli
30:56vous avez enseigné
30:56avant de devenir écrivain
30:58vous vous êtes passé
30:59du théâtre
31:00Patrick Hautecoeur
31:02complètement amateur
31:02j'ai envie de dire
31:03aux scènes très pro
31:04ensuite
31:05j'ai envie de dire
31:05il y a un moment chacun
31:06dans votre parcours
31:07où tout d'un coup
31:07la passion prend sa place
31:09Daniel Picouli
31:09qu'est-ce qu'il se passe vous ?
31:11il se passe
31:12vous savez
31:13c'est un petit
31:15un petit ticket
31:16que vous avez oublié
31:16dans votre pantalon
31:17et que ma mère
31:19a mis à la lessive
31:20et elle trouve
31:21ce petit ticket
31:21et elle me dit
31:22mais c'est quoi ça ?
31:24tu prends des cours
31:26tu prends des cours
31:27de théâtre
31:27tu dis non
31:28non je ne sais pas
31:28j'étais à la fac
31:30à l'époque
31:30bon je vais voir
31:31parce que ça m'amuse
31:33ça m'intéresse
31:34je dis mais
31:34tu veux devenir comédien ?
31:37je dis non
31:38la mère entière
31:41mais elle me dit
31:42comment tu vas gagner ta vie ?
31:44et j'ai arrêté tout de suite
31:46ah ouais ?
31:46non j'ai arrêté tout de suite
31:48c'est à dire que
31:49juste elle a posé la question
31:50et vous avez arrêté
31:51bah oui parce que
31:52ma mère
31:53c'est 13 gosses
31:54elle peut porter la douleur
31:56des 13
31:56en
31:5713 enfants
31:58en une inclinaison de voix
32:00je peux dire un petit secret
32:01que vous m'avez confié
32:02en rente
32:02quand même aux auditeurs
32:03parce que j'adore cette histoire
32:04votre mère
32:04elle a fait 9 enfants
32:05avec un homme
32:05qui est décédé
32:06et ensuite
32:07elle a rencontré votre père
32:08il a pris en charge
32:09les 9 enfants
32:10et il en a fait 4 de plus
32:11quand même
32:12bah oui mais c'est ça
32:12quelle histoire incroyable
32:14c'est l'amour
32:15ça existe
32:17lui c'était le roger
32:18elle c'était l'Apollette
32:19c'est comme ça
32:21c'est génial
32:24vous elle arrive à quel moment aussi
32:25cette décision finalement
32:26c'est le texte qui vous emmène
32:28j'ai envie de dire
32:29à la professionnalisation
32:30c'est ce qu'on vient de raconter
32:31Patrick Audecart
32:31c'est à dire que
32:32vous écrivez par hasard
32:33et puis finalement
32:35oui il y a un peu ça
32:35mais c'est à dire que moi
32:37dès l'âge de 5 ans
32:39je me voyais pas faire autre chose
32:41je ne savais même pas
32:42c'est une vraie vocation
32:43ah oui
32:43on me posait la question
32:44à l'époque
32:45c'était pas du théâtre
32:47je voulais être clown
32:49c'est pour ça que ma mère m'a dit
32:50il faut que tu fasses de la musique
32:51parce que les clowns
32:52font de la musique
32:52donc j'ai fait de la musique
32:54je n'aurais pas su
32:55je ne savais pas
32:56donc j'ai fait des petits boulots
32:57mais je savais bien que
32:59et il y a eu donc
33:00cette écriture
33:01mais qui restait amateur
33:03on était toujours
33:04dans une troupe amateur
33:05je sentais
33:06ça n'était pas encore suffisant
33:09et j'ai eu un coup de fil
33:10au café de la gare
33:12qui a été quand même
33:13un déclencheur
33:14parce qu'on téléphonait
33:17je faisais ça
33:18avec un ami à l'époque
33:18qui vendait des tapis d'Orient
33:22et il chinait
33:23c'est à dire
33:23qu'il prenait le botin
33:24et on appelait
33:25les pharmaciens
33:25les avocats
33:26et on leur vendait
33:27des tapis
33:28il me dit
33:28on va faire la même chose
33:29avec les théâtres
33:30on va leur vendre
33:30notre pièce
33:32et donc
33:33on a pris le pariscope
33:35c'était l'officiel
33:35et on a commencé
33:36on est arrivé
33:37c'est vrai
33:39on a fait par l'ordre alphabétique
33:41c'est génial
33:41les bouffes du nord
33:42quand même
33:43en leur vendant
33:45donc une pièce
33:46puis en plus
33:46on tombait pas
33:47à l'administration
33:48on tombait à la caisse
33:49et on est tombé
33:51à la lettre C
33:52au café de la gare
33:53et on a appelé
33:53et ils nous ont dit
33:54non non
33:55on prend pas de
33:55ils prennent ici
33:57le type de la caisse
33:58nous dit
33:58non ici
33:59ils prennent que des pièces à eux
34:01mais pas d'extérieur
34:02et puis bon
34:03je vais pour raccrocher
34:04et en raccrochant
34:06avec les téléphones
34:07c'était les téléphones
34:08de l'époque
34:08de l'époque
34:09j'entends
34:11je reprends le téléphone
34:13et il me dit
34:13c'est quoi votre pièce
34:14j'ai une copine
34:16qui joue avec vous
34:17il me dit
34:17attendez
34:18je vais vous donner
34:18le numéro
34:18de la bouteille
34:19magnifique
34:21bravo
34:21comme quoi
34:22j'aurais raccroché plus vite
34:23comme quoi
34:25c'est excellent
34:26et vous restez avec nous
34:28on se retrouve bientôt
34:29dans un instant
34:30pour la fin de l'émission
34:31avec l'écrivain
34:32Daniel Picouli
34:32et le comédien
34:34qui écrit
34:35il y a aussi
34:35Patrick Hautecoeur
34:36à tout de suite
34:39Sud Radio
34:39c'est excellent
34:40Judith Bélair
34:41vous êtes bien sur Sud Radio
34:43et nous aussi
34:43c'est excellent
34:44comme chaque dimanche
34:45ce soir encore
34:45pour quelques instants
34:46nous sommes ensemble
34:47et vous vous êtes
34:48avec l'écrivain
34:48Daniel Picouli
34:49et son nouveau roman
34:50Demba
34:50apparaître le 7 octobre
34:51chez Albin Michel
34:52ainsi que l'auteur
34:53et comédien
34:53Patrick Hautecoeur
34:54pour Berlin Berlin
34:55une comédie co-écrite
34:56avec Gérald Cibleras
34:57mais en scène
34:58par José Paul
34:59à retrouver aux têtes
35:00du mardi au samedi
35:01à 21h
35:01ainsi que le samedi
35:02à 16h30
35:03et le dimanche
35:04à 16h
35:05alors messieurs
35:08vous avez chacun
35:09des liens
35:12finalement
35:12qui sont assez évidents
35:13vous Daniel Picouli
35:15c'est Daniel Pénac
35:16qui a accompagné
35:17vos débuts
35:18vous Patrick Hautecoeur
35:20vous avez travaillé
35:20avec Jean-Claude Briel
35:21avec des grands comédiens
35:22Jean-Laurent Cochet
35:24aussi etc
35:25c'est des rencontres
35:26qui permettent
35:27d'aborder la façon
35:28dont une confiance extérieure
35:29change un parcours
35:30j'ai envie de dire
35:30c'est-à-dire
35:31c'est un regard
35:32tout d'un coup
35:32ailleurs
35:33d'un maître
35:33ou d'un père
35:34qui va changer
35:36l'histoire
35:37on reconnaît
35:38cette autorité
35:39c'est-à-dire
35:40c'est celui
35:41qui a le droit
35:42et un droit quasi divin
35:44de prendre son épée
35:45et de vous la poser
35:47sur l'épaule
35:47c'est tout
35:49c'est comme ça
35:49c'est quelque chose
35:51qui est
35:54quand j'allais bien
35:55parce que
35:56là je pense à Daniel
35:57donc je lui fais un coucou
35:58je retorde
35:59de ne pas profiter
36:01de ce moment
36:02pour le saluer
36:04c'est-à-dire
36:04qu'est-ce qui fait
36:05que vous déléguez
36:07à ce quelqu'un
36:08la possibilité
36:09de vous dire vous
36:12c'est juste dingue
36:13c'est-à-dire
36:14ce gars
36:14à partir du moment
36:15où il vous a dit
36:17que oui
36:17bah ouais
36:19ça tient
36:19ce que tu fais
36:20ça peut le faire
36:22vous le croyez
36:23mais c'est quand même
36:25fondamentalement
36:26un rapport amoureux
36:27bien sûr
36:27et ce rapport amoureux
36:29entre
36:32ces deux hommes
36:34c'est-à-dire
36:34Daniel Pénac
36:35et moi
36:36est un rapport
36:37amoureux
36:38non dit
36:39secret
36:41silencieux
36:42et inépuisable
36:44c'est comme ça
36:45et ça c'est une énergie
36:46que vous avez
36:47en vous
36:48pour vous
36:49pour toujours
36:50que c'est joli
36:51vous pouvez parler
36:53pareil maintenant
36:53Patrick Cocker
36:55bah moi
36:56les rencontres
36:57avec Jean-Claude Brielly
36:58incroyable
36:59notamment
36:59et Jean-Laure Cochet
37:00en fait
37:01j'avais énormément
37:02d'admiration
37:03pour ces deux
37:04grands comédiens
37:05et je pensais
37:06que ça allait
37:08me tétaniser
37:09me bloquer
37:10et en jouant
37:12avec eux
37:12sur scène
37:13ça a été extraordinaire
37:15c'est parce que
37:16d'un seul coup
37:16ils s'amusent
37:17ils sont dans le jeu
37:19ils sont dans le
37:19oui parce qu'il faut pas oublier
37:20que c'est jouer la comédie
37:22c'est jouer la comédie
37:23et eux ils le font
37:23et d'un seul coup
37:24je n'ai plus
37:25Jean-Claude Brielly
37:26en face de moi
37:27ou Jean-Laure Cochet
37:27j'ai un enfant
37:28qui joue avec moi
37:29et ça a vraiment été
37:31ça a vraiment été ça
37:33et là là dessus
37:33je me suis
37:34hop là je me suis
37:35complètement lâché
37:36ils m'ont donné
37:37une confiance énorme
37:38oui et puis vous ont
37:39enfin c'est comme
37:40comme je disais au départ
37:41c'est quand on est validé
37:42par ses pères
37:43forcément
37:44après on doute moins
37:45de son chemin quoi
37:46un petit peu moins
37:47on doute toujours bien sûr
37:48on doute toujours
37:49vous doutez encore vous
37:50Daniel Picouli ?
37:51ah oui parce que
37:52il y a un prochain atout
37:54c'est peut-être un moteur
37:55aussi de douter
37:56c'est important de douter
37:57bah oui parce que sinon
37:58on n'avancerait pas
37:59on se remettrait pas en question
37:59on serait contentes de soi
38:01on ne bougerait plus
38:04allez-y
38:04j'ai reçu dans une émission
38:06Jean-Claude Brielly
38:08un tête à tête
38:09Daniel Picouli
38:12et on a discuté
38:14de ce qu'il faisait
38:16et à la fin de l'émission
38:18quand il s'est levé
38:19il m'a dit
38:20il m'a regardé
38:21il m'a dit
38:21vous savez
38:22on vous aime bien
38:24c'est tellement sympathique
38:26ce que vous racontez
38:27avec cette douceur
38:29cette douceur qu'il avait
38:30ce bon sens aussi
38:32et il devait savoir
38:34la force de ce qu'il disait
38:37ce qui amène cette question
38:38vous le prix Renaudot
38:40elle, vous les Molières
38:41mes et maintes fois
38:42messieurs
38:43vous êtes très primés
38:44tous les deux
38:44les prix jalonnent vos parcours
38:46est-ce que votre plus grande fierté
38:47c'est forcément celle
38:48qui s'accompagne d'un trophée
38:50commence par vous Patrick Hautecoeur
38:51ah non pas forcément
38:53non non
38:53je pense que c'est le soir
38:57c'est quand on joue
38:57et sur scène
38:58c'est ça
38:59c'est l'endu du public quoi
39:00quand vous entendez les rires
39:02quand les gens se lèvent
39:02c'est peut-être un peu bateau
39:04et classique de dire ça
39:05mais c'est
39:06on a le droit d'être classique
39:07on a le droit
39:08mais c'est la vérité
39:09j'ai vraiment que ça
39:10c'est ça vraiment
39:11en revanche je ne crache pas
39:12sur un Molière
39:13oui bah
39:14attention
39:15vous en avez eu quelques-uns en plus
39:17et alors vous Daniel Picouli
39:18les trophées
39:20qu'est-ce que ça apporte ?
39:21moi je vais dire
39:22la même chose
39:23oui non mais
39:24parce que
39:25on est auteur
39:26bien évidemment
39:27il y a le moment
39:28où on vous annonce
39:29que vous avez le prix
39:30d'accord
39:31mais moi
39:33pour avoir joué
39:35il n'y a pas de moment supérieur
39:37au moment où vous êtes
39:37dans la coulisse
39:39et que vous entendez
39:40le public dans la salle
39:42et que ça va s'ouvrir
39:44je ne connais pas
39:45de moment supérieur
39:46à ça
39:47en termes
39:47d'émotion
39:49et quand il
39:50quand il survient
39:52tout ce que vous voulez
39:53c'est qu'il survienne
39:54de nouveau quoi
39:56mes chers invités
39:56on arrive à la fin
39:57de cette émission
39:57il est temps que je vous embête
39:58un peu avec mes portraits chinois
39:59est-ce que vous êtes prêts ?
40:00il ne faut pas trop réfléchir
40:01attention
40:01vous êtes prêts ?
40:02Daniel Picouli
40:03si vous étiez un livre
40:04que vous auriez voulu écrire ?
40:06ah bah Proust
40:06ouais
40:07la recherche du temps perdu ?
40:08ouais
40:09allons-y
40:09comme ça je chercherai encore
40:10vous pouvez chercher longtemps
40:13Patrick Cotquin
40:14si vous étiez une oeuvre théâtrale ?
40:16le dîner de con
40:17ouais
40:18j'allais dire
40:19ça vous va bien
40:20mais c'était pas ce que je voulais dire
40:22pardon
40:22Daniel Picouli
40:23si vous étiez votre citation préférée ?
40:26ah
40:26c'est une citation de théâtre
40:29c'est pas pour me vanter
40:31mais il fait drôlement chaud
40:32ah oui
40:32c'est dans 36
40:33c'est dans 39 degrés
40:36je trouve ça absolument extraordinaire
40:39c'est pas pour me vanter
40:40mais il fait chaud
40:41je suis d'accord
40:42on l'a bien senti passer cet été
40:44Patrick Cotquin
40:45si vous étiez un accessoire de scène ?
40:47le brigadier
40:48pour dire ça démarre
40:49bien sûr
40:50juste avant
40:52Daniel Picouli
40:53si vous pouviez rencontrer
40:54un grand écrivain français
40:55ce serait lequel ?
40:57aujourd'hui
40:57aujourd'hui
40:59enfin où avant ?
41:00ce que vous voulez
41:01c'est pas de Victor Hugo
41:03non mais Alexandre Dumas
41:04je lui demanderais alors
41:06c'est vrai que t'avais un nègre ?
41:08vous savez qu'Alexandre Dumas
41:09c'est le premier à avoir fait de l'IA quand même
41:10oui oui
41:11vous êtes au coin
41:11il avait une équipe complète
41:13oui tout ça bien sûr
41:14qu'est-ce que vous en pensez en deux secondes
41:15de cette histoire là
41:16de Thérison Aurélien ?
41:17c'est un livre que j'ai lu
41:19que vous avez aimé ?
41:21moi aussi j'ai aimé
41:21beaucoup aimé
41:22que j'ai même
41:24j'allais dire
41:24dispensé autour de moi
41:26et je me suis souvent posé une petite question
41:29est-ce qu'on va appliquer l'IA
41:31à tous les livres, ouvrages
41:35qui ont été sélectionnés pour les prix ?
41:36c'est un peu inquiétant
41:37je vous avoue
41:38moi j'ai du mal à respirer
41:40Patrick Cotter
41:41je voulais dire si vous pouviez dîner avec un acteur du 20ème siècle
41:44je ne sais pas
41:45Michel Serrault
41:46j'aimerais bien
41:47ah ouais
41:48je suis d'accord
41:49moi aussi j'aimerais bien
41:50Piccoli aussi
41:51oui
41:51il y en a plein
41:52j'aimerais bien faire une grande table
41:54faisons une grande table
41:56Daniel Piccoli
41:56si vous étiez un rêve qui résiste aux années
41:59si j'étais un ?
42:00votre rêve qui résiste aux années
42:01ah
42:03le rêve qui résiste
42:04c'est
42:06se mettre
42:07à la table
42:08le matin
42:09et écrire
42:12j'adore ce rêve
42:13c'est un rêve réalisable
42:14à priori
42:16Patrick Cotter
42:17si vous étiez une réplique
42:17allez-y
42:18dites-la
42:21je ne sais pas
42:23ciel mon mari
42:25on est toujours dans le placard avec vous
42:27toujours
42:29Daniel Piccoli
42:30un mot que vous diriez à votre enfant
42:31à vous
42:32à votre moi enfant
42:34à moi enfant
42:35est-ce que j'ai été à la hauteur ?
42:37vous demanderiez ça à vous ?
42:39à votre enfant ?
42:40à moi ?
42:40à vous enfant ?
42:41oui
42:41est-ce que j'ai été à la hauteur ?
42:44ah du regard
42:44d'accord
42:45ah pas mal
42:47Patrick Cotter
42:48quel est le mot que vous dites le plus souvent ?
42:52hola
42:54je crois que c'est hola
42:58j'adore mon Patrick Chinois
43:00Daniel Piccoli
43:01si vous étiez un moment de la journée ?
43:04un moment de la journée ?
43:05ce moment
43:07qui est magique
43:09où on croit qu'on a eu une bonne idée
43:11le matin
43:12sur une table au travail
43:13c'est ça ?
43:14oui
43:15absolument
43:17Patrick Cotter
43:18si vous étiez une époque ?
43:20la nôtre
43:21elle vous plaît bien ?
43:23j'y suis
43:24je ne connais pas les autres
43:25vous n'êtes pas nostalgique
43:26de quelque chose
43:26que vous n'avez pas connu ?
43:27non
43:29Daniel Piccoli
43:30si vous étiez trois adjectifs
43:31pour vous décrire ?
43:34rouge pour les chaussures
43:35noir pour le reste
43:37et quant aux yeux
43:38je n'en sais rien
43:41Patrick Cotter
43:41même question
43:42trois adjectifs pour vous décrire ?
43:44je ne sais pas
43:49un peu complexe
43:50complexe
43:51oui
43:51un peu
43:55un peu
43:55un peu timide
43:56beaucoup
43:56un peu timide
43:58curieusement
43:59c'est souvent les comédiens
44:00et puis
44:03joyeux quand même
44:04on adore
44:05merci beaucoup
44:06merci Patrick Cotter
44:06merci Daniel Piccoli
44:07merci à vous
44:08c'est un plaisir de partager ce moment avec vous
44:09c'est excellent
44:10merci d'être là au rendez-vous
44:11tous les dimanches
44:12mes chers amis
44:13Daniel Piccoli
44:14c'est Demba
44:14c'est à sortir le 7 octobre
44:15je recommande
44:16c'est un excellent livre
44:17c'est chez Albert Michel
44:18Patrick Cotter
44:19Berlin Berlin C
44:20en ce moment
44:21c'est mis en scène par José Paul
44:23c'est au théâtre des nouveautés
44:24c'est du mardi au samedi à 21h
44:25le samedi à 16h30
44:27et le dimanche à 16h
44:28pour les parisiens
44:29et ceux qui ne sont pas trop loin
44:30pour les chanceux
44:31donc voilà
44:31allez merci à tous encore une fois
44:33on se retrouve dimanche prochain à 19h
44:35sans oublier tous les samedis à 13h30
44:37pour Parlons Femmes
44:37merci à Daisy qui réalise pour vous
44:39bisous
44:40c'était excellent
44:41voilà