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  • il y a 3 mois
Judith Beller reçoit Nathan Devers, philosophe, essayiste et romancier et Les Virtuoses, musiciens et illusionnistes

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##C_EST_EXCELLENT-2026-05-31##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:01Sud Radio, c'est excellent, Judith Bélaire.
00:04Il est 19h, nous sommes dimanche et c'est l'heure de C'est Excellent sur Sud Radio,
00:07l'émission qui met en lumière l'excellence française.
00:10Romancier, philosophe, essayiste, Nathan Devers s'est imposé comme l'une de vos intellectuelles singulières de sa génération.
00:15Bienvenue dans C'est Excellent, Nathan.
00:16Bonjour.
00:18Deux actus pour vous à l'occasion déjà du 30e anniversaire du Festival de la Correspondance de Grignan
00:22qui se déroulera du 30 juin au 5 juillet.
00:25Vous participez le 8, vous au matin, à une rencontre littéraire aux côtés d'Eric Emmanuel Schmitt
00:28qui est président et directeur artistique du Festival.
00:31Et puis, vous ne vous arrêtez pas là, Nathan, puisque vient de paraître chez Ganimard.
00:34Votre nouvel essai, Aimé Jérusalem, un texte intime, philosophique,
00:37né du choc provoqué par les attaques du 7 octobre 2023 que je vous recommande, chers auditeurs.
00:42Et puis, issu d'une famille d'artistes du cirque, de Music Hall,
00:51les frères Kadez, dit les virtuoses, ont grandi entre illusionnisme et musique classique.
00:55Bienvenue Mathias et Julien.
00:57Merci.
00:58Vous avez conquis plus de 300 000 spectateurs à travers la France.
01:01Vous revenez avec une nouvelle création en pleine tempête.
01:03C'est au Théâtre des Nouveautés.
01:04C'est à Paris les jeudis, vendredis et samedis à 21h.
01:07Samedi, dimanche à 15h, c'est jusqu'au 19 juillet.
01:10Et puis, fidèle à votre univers singulier,
01:13mêlant musique classique, magie, humour visuel, poésie,
01:16vous ouvrez cette fois votre aventure à la violoniste Anne Gagneur.
01:19Et on adore, bravo, c'est excellent.
01:22Allez, chers amis, vous l'aurez compris, c'est excellent.
01:24Bienvenue chez vous.
01:27Alors, Nathan Devers, le festival La Correspondance de Grignan,
01:30il célèbre cette année son 30e anniversaire.
01:32Son 30e anniversaire, exactement.
01:35A l'ouverture le 6 juillet, elle va être marquée par l'opéra Ninon chez Madame de Sévigné.
01:41C'est un hommage très élégant à l'esprit des salons littéraires de l'époque.
01:45Exactement.
01:46Et ce festival littéraire de Grignan est un festival très particulier pour plusieurs raisons.
01:52D'abord parce qu'il met en valeur, en relief, l'importance de la correspondance.
01:59On est dans un siècle où, malheureusement ou heureusement, je ne sais pas,
02:02mais par les smartphones, par le numérique, par les réseaux sociaux,
02:05on peut avoir tendance à s'écrire des messages extrêmement courts.
02:08Réfléchissons à ça, même nos auditeurs.
02:09Les histoires d'amour qui sont les nôtres aujourd'hui, la plupart du temps...
02:13Que vont-elles laisser ?
02:14Elles vont laisser, oui, des smileys, des messages écrits avec des abréviations,
02:18souvent assez pauvres.
02:19Et la correspondance est centrale dans la littérature.
02:22Ce festival est le seul, l'un des seuls, je crois le seul,
02:27à célébrer à ce point la correspondance.
02:30Éric Emmanuel Schmitt, qui le dirige, qui le patronne et qui lui donne son âme,
02:34le fait avec bonheur.
02:35Et la deuxième chose, c'est que c'est un festival, vous parlez d'excellence française,
02:38qui essaye aussi de montrer que la littérature est une affaire d'excellence,
02:43d'excellence littéraire, mais d'excellence humaine, d'excellence morale.
02:45Et pour ces 30 ans, ça va être ça.
02:47Ça va être un hommage à Sévigné, ça va être un hommage à d'autres auteurs importants,
02:51Malraux, d'autres, à travers les liens qu'ils avaient avec leurs contemporains,
02:55liens amoureux, liens intellectuels, liens littéraires, bien sûr.
03:00Et donc ce sera ça que nous célébrerons.
03:02Que nous célébrerons.
03:03Et c'est vrai, on peut se poser la question de ce que nous, nous allons laisser
03:06dans quelques années, quand il faudra célébrer nos écritures.
03:09À part les livres qui sortent, on n'a plus ce témoignage de papier, en fait.
03:14C'est ça qui est très particulier.
03:15Je crois qu'il y a presque quelque chose qu'on pourrait rajouter dans les droits humains.
03:19Le droit de durée.
03:21La vraie mort d'un individu, ce n'est pas la mort biologique,
03:23c'est quand on oublie l'individu.
03:25La disparition.
03:25Et ça survient après, souvent, la disparition biologique.
03:28Qu'est-ce qu'on laisse ?
03:29Avec le numérique, on a cette occasion incroyable d'offrir une archive à tout le monde.
03:34Pendant longtemps, on offrait juste des archives à quelques élus, des seigneurs.
03:37Maintenant, tout le monde peut la voir.
03:38Mais est-ce que l'archive, elle sera faite uniquement d'une pellicule de photographie,
03:41d'un compte Instagram, de choses assez sympathiques, mais assez insignifiantes,
03:45ou est-ce que ce sera plus profond ?
03:46Moi, quand Eric Emmanuel Schmitt m'a fait ce cadeau incroyable
03:49de me proposer d'avoir une correspondance avec lui pendant un an,
03:53c'était la première fois de ma vie que j'avais une correspondance,
03:55vraiment, avec quelqu'un, je ne parle pas des gens de la famille,
03:57mais une vraie correspondante écrite,
03:59où on passe parfois une semaine à écrire une lettre,
04:01on lit une lettre, on la découvre comme un cadeau,
04:04on la relit plusieurs fois, on réfléchit,
04:06on se dit par quel angle je vais répondre, etc.
04:09Et en plus, une correspondance avec cet écrivain génial,
04:11qu'est Eric Emmanuel Schmitt...
04:12Entre deux grands esprits, on peut le dire aussi.
04:14Ça a été pour moi, c'est pas fini,
04:16mais une aventure formidable,
04:18et une correspondance autour de la question
04:20« Faut-il aimer ou non son époque ? »
04:22Et alors, je crois que ni lui, ni moi, nous ne sommes...
04:24Vous avez trouvé la réponse,
04:25Mais non, justement, c'est ça qui est beau,
04:26on chemine tous les deux,
04:27et on n'est ni des gens qui sont dans l'admiration béate des temps présents,
04:32ni des réactionnaires effrayés par la modernité,
04:36et donc quand on essaye d'éviter ces deux pôles
04:38qui sont parfois les deux revers d'une même médaille,
04:41à savoir celle de la radicalité,
04:42c'est là que ça devient intéressant,
04:43interroger les splendeurs,
04:45mais aussi les misères du XXIe siècle.
04:47Et les regarder du même oeil, en fait, finalement, aussi.
04:50Du même oeil ou pas ?
04:51Parce que ce qui se dégage, c'est ça que je trouve.
04:53De la même manière, en tout cas,
04:54c'est-à-dire de les considérer de la même manière.
04:56Permettez-moi de reformuler.
04:57Oui, mais d'ailleurs, je crois que c'est toute la magie de la correspondance,
05:01c'est qu'on se rend compte que l'échange,
05:03que le dialogue, suppose la différence.
05:05Et que très souvent,
05:07on ne voit pas les choses du même oeil.
05:09Je ne sais pas, par exemple,
05:10Eric Emmanuel Schmitt fait l'éloge
05:12à un moment de ce qu'il appelle
05:13l'absence d'unité de notre époque.
05:15On vit dans une époque où chacun peut choisir
05:17sa spiritualité, sa religion,
05:18sa manière d'être au monde,
05:19et en fait, on n'a pas une unité monolithique
05:21qui vient s'imposer à nous.
05:22Alors, à la fois, je comprends tout à fait ce qu'il dit.
05:24En même temps, je me demande
05:25si ce n'est pas aussi quelque chose de dangereux,
05:27d'un peu abyssal, d'un peu vertigineux,
05:29qui peut créer un mal-être.
05:30Enfin voilà, sur tous les sujets,
05:31on a essayé de dialoguer de cette façon.
05:33Et c'est ça que vous lisez, du coup,
05:35le 8 juillet, ou pas du tout ?
05:36Exactement, ce sera une interprétation
05:38de la correspondance.
05:39Alors, c'est une rencontre
05:40qui sera animée par Catherine Lalanne.
05:41Pour revenir un petit peu sur ce rendez-vous
05:43qu'est le festival de Grignan,
05:45et en fait, c'est les 400 ans
05:48de la naissance de Madame de Sévigné aussi,
05:50qui est figure tutélaire de ces lieux.
05:52Et pour être fidèle à l'esprit de la marquise,
05:54cette édition, elle va explorer
05:55vraiment toutes les grandes correspondances
05:57de l'humanité dont vous parliez.
05:59L'idée étant qu'ils étaient miroirs de notre époque,
06:01qu'est-ce que ça veut dire de nous aujourd'hui aussi ?
06:02C'est-à-dire que c'est vraiment un lien
06:03entre ce qui s'est passé et ce qui se passe, en fait.
06:07Exactement, et je crois que la correspondance
06:10a cette place particulière dans la littérature,
06:13qu'elle permet une sorte de zone de liberté
06:17que l'écriture d'une oeuvre
06:19immédiatement destinée au public
06:20n'offre pas nécessairement.
06:21Oui, puisqu'elle est cadrée forcément
06:23totalement autrement.
06:24Exactement, Madame de Sévigné se félicitait
06:27d'écrire, disait-elle, d'un trait de plume,
06:29exactement comme elle réfléchissait.
06:31C'est une écriture de la tendresse.
06:33D'ailleurs, dans La Recherche du temps perdu,
06:35son ombre hante l'oeuvre proustienne,
06:38puisque la mère du narrateur admire,
06:40et sa grand-mère admire le naturel
06:42de Madame de Sévigné.
06:43C'est ça aussi, je crois,
06:44ce qu'elle a réussi à construire
06:47dans la description qu'elle propose de son époque,
06:49dans la description qu'elle propose des passions humaines,
06:51à la fois quelque chose d'assez austère
06:52et en même temps d'extrêmement charnel.
06:55Mais tous les auteurs dont la correspondance
06:56sera abordée,
06:58c'est exactement cette logique-là.
07:00Le naturel qui se cache derrière l'écriture.
07:03Et alors aussi,
07:05c'est aussi penser notre époque
07:06à travers cette littérature
07:08qui nous vient d'ailleurs,
07:10et interroger les choses
07:11sans être dogmatique toujours.
07:13C'est-à-dire vraiment toujours
07:14se poser la question
07:15qui amènera la question
07:16parce que finalement,
07:16la réponse n'arrive peut-être jamais.
07:18Exactement.
07:18Vous savez,
07:19j'ai une seule grande inquiétude
07:21sur notre époque.
07:23C'est la perspective
07:24de la mort de la littérature.
07:26Ça m'effraie.
07:28Quand je dis la mort de la littérature,
07:29je ne parle pas seulement
07:30du temps de recul,
07:31de la lecture chez les jeunes,
07:32du fait qu'on achète
07:33de moins en moins de livres, etc.
07:35Je parle de quelque chose,
07:36me semble-t-il,
07:36de plus profond
07:37qui est la vision littéraire du monde.
07:39Quand on aime la littérature,
07:40on ne peut que aimer
07:41la nuance,
07:42la complexité,
07:43les personnages contradictoires.
07:45Quand on lit un roman,
07:46on n'est pas là pour avoir des réponses.
07:47On n'est pas en train de lire un tract.
07:48On est en train de lire un roman.
07:49C'est un champ de questionnement
07:51et ça ouvre uniquement
07:52un champ de questionnement.
07:53Les grands romans
07:54sont des chefs-d'oeuvre
07:54où les auteurs ne répondent pas
07:56parce qu'il y a une polyphonie
07:57là-dedans.
07:57La correspondance,
07:58c'est l'oeuvre par excellence
07:59de la polyphonie.
08:01Je crois que le festival de Grignan
08:03essaye de défendre ça.
08:04C'est-à-dire la littérature,
08:05non pas comme un objet inerte,
08:08figé,
08:09mis au formule,
08:12je mélange toutes les syllabes,
08:13mais comme un objet,
08:15mais comme quelque chose
08:17de profondément vivant
08:19qui nous anime,
08:20qui parle de nous
08:21et qui nous relie
08:22et qui nous reflète.
08:24Très important.
08:25Nathan de Vert,
08:26justement,
08:27les frères Cadès aussi,
08:28ils rappellent chacun
08:29que l'art,
08:30il peut être un des derniers espaces
08:32où on peut se rencontrer,
08:33ce que vous transmettez.
08:34J'imagine que Nathan,
08:35ce qu'il vous dit,
08:36ça résonne totalement chez vous.
08:37Ça résonne complètement
08:38dans le lien
08:38que peut faire la musique
08:39entre les personnages
08:40d'un spectacle
08:41et le lien qu'il peut faire
08:42avec les publics,
08:44avec les émotions,
08:45que la musique...
08:46Il y a beaucoup d'exemples aussi
08:47de correspondances musicales
08:49dans le patrimoine de musique
08:50où, dans une oeuvre,
08:51un compositeur va insérer
08:53un motif musical
08:54qui va être reconnu
08:55par un amour éloigné
08:57qui va le reconnaître
08:58dans la partition.
08:58Vous avez un exemple
08:59très seul, vous donnez ?
09:00Il y a des relations amoureuses
09:01dans la musique de Beethoven,
09:02par exemple,
09:02sans j'allez chercher très loin,
09:04Wagner également.
09:05Et donc,
09:06ce n'est pas sans rappeler,
09:07évidemment,
09:08ce lien à l'autre
09:09que de parler de musique.
09:10C'est très important.
09:11Et puis,
09:11cette nuance,
09:12cette complexité aussi
09:12dont nous parle Nathan,
09:13que vous vous répertoriez
09:14totalement dans le chaos
09:15que vous mettez sur scène,
09:16qui est très organisé,
09:17je tiens à le préciser quand même.
09:19Mais c'est quand même
09:19un espèce de chaos absolu
09:21et en même temps,
09:21c'est cette complexité-là
09:23qui donne envie de rire,
09:24de vous suivre, etc.
09:25C'est ça,
09:26c'est le chaos fertile
09:27dionysiaque,
09:28j'allais dire,
09:29où tout est possible
09:30et où on fait table rase
09:31de l'existant
09:32pour créer
09:33de nouvelles relations,
09:34je trouve.
09:35Finalement,
09:35Nathan de Verre,
09:36l'art,
09:36c'est que ce soit
09:37la littérature,
09:37l'art du spectacle,
09:38les arts en général,
09:39c'est quand même
09:40un peu le dernier espace
09:41de liberté presque totale,
09:43j'ai envie de dire,
09:44ou pas tout à fait ?
09:45Parce qu'on en vient même
09:46à se poser cette question
09:46en ce moment.
09:48J'espère que oui.
09:50Vous parliez de chaos,
09:52je crois que la fonction,
09:54enfin je ne sais pas
09:55si c'est une fonction,
09:55mais la mission,
09:56la vocation de l'art,
09:57c'est d'essayer,
09:59Kamel Daoud a cette expression
10:00que j'aime beaucoup,
10:00ordonner le chaos.
10:02Ce qui suppose
10:02de faire deux choses contraires.
10:03Ordo Abkao,
10:04ça s'appelle.
10:05Voilà, exactement.
10:07D'abord,
10:08voir le chaos.
10:10Avoir un regard pessimiste
10:12sur le monde.
10:13Savoir qu'il y a derrière
10:15l'ordre apparent
10:18de la société humaine
10:19quelque chose
10:21d'absolument dangereux,
10:24chaotique,
10:25informe,
10:25d'absurde.
10:26Mais une fois qu'on a vu
10:28l'absurde dans les yeux,
10:30l'art ne se contente pas
10:31de l'exprimer
10:32à l'état brut.
10:33Il doit passer
10:35de Dionysos à Apollon.
10:37Il doit essayer
10:38de lui trouver
10:40une expression.
10:41En fait,
10:42l'art est peut-être,
10:42face à la difficulté
10:44d'exister,
10:45une réponse,
10:45non pas de fuite,
10:46mais consistant
10:47à se dire
10:48on va trouver
10:49une justification
10:49esthétique au réel.
10:50On ne pourra pas
10:51en trouver d'autres.
10:52Il n'y a que ça.
10:52Et c'est peut-être
10:53pour ça que l'art
10:54est menacé.
10:54Pas tellement par les écrans,
10:56pas tellement
10:57par des phénomènes
10:58de la modernité,
10:59mais par le retour
11:00des radicalités,
11:01le retour
11:03des fièvres identitaires,
11:05le retour
11:05de vision du monde
11:06qui refuse
11:07d'accueillir
11:09le chaos
11:10qui nous habite
11:11et qui nous entoure.
11:12Et c'est pour ça,
11:12je crois...
11:13Et qui fait partie
11:13de nous,
11:13tout simplement.
11:14Et qui fait partie
11:15de nous,
11:15et qui nous façonne presque.
11:18Et c'est pour ça,
11:18je crois,
11:19que défendre l'art,
11:21ça devrait être presque
11:22le premier
11:23de nos engagements politiques.
11:24En amont,
11:24comme un engagement
11:25transcendental,
11:26un engagement
11:26qui précéderait,
11:28qui fonderait
11:28tous les autres engagements
11:30possibles.
11:30Dans une société idéale.
11:32Idéale.
11:33Clairement.
11:34Alors,
11:34c'est excellent,
11:35vous l'aurez compris,
11:35votre rendez-vous
11:36avec l'Excellence française
11:37ce soir,
11:38comme tous les dimanches
11:39à 19h,
11:40en compagnie de Nathan Devers,
11:41qui est romancier,
11:42philosophe, essayiste,
11:43et puis les pianistes,
11:44illusionnistes et comédiens.
11:45Attention,
11:45les frères Mathias
11:46et Julien Cades
11:47ou les virtuoses.
11:48Vous restez là,
11:49nous on revient tout de suite.
11:51Sud Radio,
11:52c'est excellent,
11:53Judith Bélair.
11:54L'Excellence prend la parole
11:55sur Sud Radio
11:56et c'est excellent pour vous
11:57ce soir,
11:57le romancier,
11:58philosophe, essayiste Nathan Devers,
11:59qui à l'occasion
12:00du 30e anniversaire
12:01du festival
12:02de la correspondance
12:02de Grignan,
12:03qui se déroulera
12:04du 30 juin au 5 juillet,
12:05sera présent
12:06pour une rencontre littéraire
12:07aux côtés d'Eric Emmanuel Schmitt.
12:09Et puis aussi son livre
12:10chez Ganimard,
12:11tout juste sorti,
12:12aimé Jérusalem.
12:13Il est accompagné
12:13des pianistes,
12:14illusionnistes,
12:15comédiens,
12:15les frères Cades
12:16d'Ille et Virtuoses,
12:17Mathias et Julien,
12:18et leur spectacle musical
12:19en pleine tempête
12:20au Théâtre des Nouveautés
12:21à Paris les jeudis,
12:22vendredis,
12:22samedis à 21h,
12:23samedi et dimanche
12:24à 15h
12:24avec la violoniste
12:25Anna Gagneur.
12:48En pleine tempête,
12:49le spectacle des Virtuoses,
12:51les frères Mathias
12:52et Julien Cades
12:52vous l'entendez
12:54sur Sud Radio
12:55avec la violoniste
12:56Anna Gagneur.
12:58Alors frère Cades,
12:59plus de 300 000 spectateurs
13:00à travers la France,
13:01tout de même,
13:01on commence à vous connaître.
13:03Un petit pitch quand même
13:04de ce spectacle
13:06en pleine tempête
13:07alors qu'une violente tempête
13:08approche.
13:09Il y a deux pianistes
13:09un peu fous,
13:10donc vous,
13:10c'est ça ?
13:11C'est ça, c'est ça.
13:12Qui voient leur univers
13:13parfaitement réglé,
13:14basculer totalement,
13:15hors d'o,
13:16abcao,
13:16mais alors là
13:16c'est dans l'autre sens,
13:17avec l'arrivée inattendue
13:19d'une mystérieuse violoniste
13:20venue chercher
13:20Refuse chez eux,
13:22et alors il n'y a pas un mot,
13:23vous mimez.
13:24C'est du mime.
13:25C'est exactement ça,
13:25oui, c'est du mime,
13:27c'est muet.
13:28La seule parole,
13:29c'est la musique,
13:30c'est la gestuelle,
13:31c'est les émotions
13:32et c'est le rapport
13:33entre les personnages.
13:34Bravo, en tout cas,
13:34ça marche.
13:35Et puis ça raconte aussi
13:36cette rencontre avec l'autre,
13:38ce déséquilibre,
13:39ce chaos,
13:40et puis la recherche
13:40d'une nouvelle harmonie,
13:42puisque de ce bazar
13:43il est né quelque chose
13:44de nouveau en fait.
13:45On parlait tout à l'heure
13:46d'ordonner le chaos
13:47et des identités
13:49qui sont bousculées
13:50par l'art,
13:52ce spectacle en pleine tempête
13:53raconte évidemment
13:54un tumulte
13:55et comment des personnages
13:57peuvent évoluer,
13:59changer,
13:59repousser l'étranger
14:00au départ
14:00et puis finalement
14:01l'accueillir
14:01et ensemble
14:02créer du beau,
14:04créer de l'émotion
14:05et ordonner cette tempête
14:08en quelque chose de magnifique.
14:09La tempête qu'on voit
14:10extérieure sur scène,
14:11elle est totalement
14:12intérieure chez vous
14:13et pourtant c'est très ordonné.
14:14C'est vachement intéressant
14:15de vous voir évoluer sur scène
14:16parce qu'on a l'impression
14:18que c'est n'importe quoi
14:18et ça ne l'est pas du tout,
14:19ça se voit aussi.
14:20C'est-à-dire,
14:20comment est-ce que vous arrivez
14:21à trouver ce juste équilibre
14:22entre on a l'impression
14:24que c'est la folie totale
14:26alors qu'en fait, non ?
14:28On a la chance
14:28d'avoir une culture classique,
14:31musicale des conservatoires
14:32et qui nous permet
14:34de faire vraiment
14:35n'importe quoi
14:36tout en jouant
14:38des partitions
14:38parfois très compliquées
14:39mais c'est vrai
14:40qu'Anna,
14:41notamment en violon,
14:41joue des grandes lignes
14:43de violon
14:43en pleine tempête
14:44dans du vent
14:44avec des confettis,
14:45des partitions
14:46qui volent partout
14:46et elle tient bon.
14:47C'est aussi ça
14:48le défi de ce spectacle,
14:49c'est ça avant tout,
14:49un spectacle vraiment
14:50très très visuel,
14:51très furieux j'allais dire
14:54et en même temps
14:54avec beaucoup de douceur
14:56et beaucoup de tendresse
14:56à l'intérieur.
14:57On a envie de savoir
14:57d'où ça vous vient,
14:58comment vous avez eu l'idée,
14:59qu'est-ce qui vous a donné
15:00envie tous les deux
15:01de faire cette création
15:03et d'elle vous mettre
15:03sur scène comme ça ?
15:05Alors c'est vrai
15:05qu'après dix années
15:06à être en tournée,
15:08à voyager
15:09avec le premier spectacle
15:10donc on était
15:11deux frères
15:12autour d'un seul piano,
15:13on voulait raconter
15:14une histoire
15:15de ces deux pianistes.
15:17Ces deux pianistes,
15:17pour le coup,
15:18ils ont chacun leur piano,
15:19chacun leur identité
15:20et tout simplement
15:22cette histoire
15:22de deux personnes
15:23qui sont en panne d'inspiration,
15:24qui n'ont absolument
15:25pas d'idée.
15:26Est-ce que c'est
15:27autobiographique ou pas ?
15:28Ça je ne sais pas.
15:32Mais effectivement,
15:33du coup,
15:33un soir de tempête,
15:35le moment où
15:36c'est la catastrophe
15:37qui arrive,
15:37c'est la violoniste
15:38qui arrive au pire moment.
15:39Et la violoniste,
15:40c'est la catastrophe
15:40un peu aussi.
15:41En tout cas,
15:42c'est cette notion
15:43de la peur,
15:45de l'inattendu
15:47et qui arrive
15:49et qui au final,
15:50tous les personnages
15:51vont se faire embarquer
15:53dans une folle épopée.
15:54Le piano va se transformer
15:56en bateau.
15:58Exactement,
15:58c'est ça.
15:59C'est très visuel.
16:01Beaucoup de poésie,
16:02de tendresse
16:03et également très drôle
16:04parce qu'on peut venir
16:05à la fois en famille,
16:07avec ses enfants.
16:09C'est exactement ça.
16:10C'est une oeuvre hybride,
16:11en fait.
16:11Vous êtes à la frontière
16:12du concert,
16:13du théâtre visuel,
16:14du clown contemporain,
16:15du cinéma imaginaire.
16:17C'est burlesque,
16:17en fait.
16:18C'est quoi vos inspirations
16:19principales ?
16:20Parce qu'on va aussi parler,
16:21évidemment,
16:21des grands compositeurs
16:24que vous représentez là-dedans.
16:26On a envie de savoir
16:27quand même
16:27comment vous arrivez aussi
16:28à créer le lien
16:29entre toutes ces esthétiques
16:32qui sont quand même
16:32très différentes.
16:33Oui, c'est ça.
16:34Déjà, on joue
16:35toutes les musiques.
16:35C'est-à-dire qu'il y a
16:36bien sûr de la musique classique,
16:37c'est notre base,
16:37mais en fait,
16:38on va aussi bien au-delà.
16:39On va dans la pop culture,
16:41on va dans les dessins animés,
16:42etc.
16:43Il y a ce rapport aussi
16:44au silence
16:45qu'on aime d'aller chercher
16:47dans le cinéma muet,
16:48du côté de Chaplin,
16:49évidemment,
16:49Buster Keaton.
16:51Et la magie,
16:53c'est aussi un art du silence
16:54puisqu'un magicien
16:55ne commande pas ce qu'il fait.
16:57Donc, en fait,
16:57ce ne sont que des arts
16:58quelque part du mouvement,
17:00de la vibration de l'air.
17:01Et c'est cette symbiose-là
17:03qui nous caractérise.
17:05Alors,
17:06c'est une ode aussi,
17:07comme on l'a dit tout à l'heure,
17:10aux belles harmonies
17:11pour nous rappeler aussi
17:11que ça naît du déséquilibre,
17:13en fait,
17:13et qu'on a besoin
17:14de ce déséquilibre
17:14dont on parlait tout à l'heure
17:15avec Nathan Devers
17:16pour créer da beauté.
17:18Exactement.
17:18Et c'est même la base
17:19un peu de ce duo
17:20qu'on a réécrit
17:21dans ce spectacle-là.
17:22C'est qu'il y a un personnage
17:23qui va représenter plutôt l'ordre,
17:25qui va vouloir écrire des partitions
17:27et l'autre personnage
17:28qui, lui,
17:28va être plutôt dans l'aventure,
17:29va avoir envie d'être
17:31dans le plaisir,
17:31dans le rapport avec le public.
17:33Et en fait,
17:33du coup,
17:33on a effectivement
17:34deux personnages
17:35qui sont un peu
17:36comme les deux touches
17:37du piano,
17:38complètement différentes,
17:39mais en même temps,
17:40ils ont besoin
17:41de ces deux aspects
17:42pour avancer
17:43et puis pour créer.
17:44Donc ça,
17:45on retrouve effectivement
17:47cette notion
17:49du chaos
17:49et de ces deux personnages
17:51qui avancent malgré tout.
17:53Alors,
17:53ce qui est intéressant,
17:54c'est que vous,
17:55en fait,
17:55votre trio,
17:56il apprend à cohabiter
17:57malgré ses différences,
17:58on est d'accord,
17:59c'est ça ?
17:59C'est ça.
17:59On raconte un petit peu
18:00ce qu'on devrait peut-être
18:01nous tous faire aujourd'hui.
18:02Qu'est-ce que vous en pensez, Nathan ?
18:03Vous,
18:04vous interrogez la manière
18:04dont on continue à dialoguer
18:06malgré la fracture.
18:07C'est un peu ça aussi
18:08que vous faites, non ?
18:09Exactement.
18:10Moi,
18:10je vous écoute avec intérêt.
18:12J'ai envie de venir vous voir,
18:14bien sûr.
18:15Parce que,
18:16d'abord,
18:17cette éloge du silence
18:19qui participe,
18:20dans la musique,
18:21est quelque part
18:23une expression quand même.
18:24J'ai l'impression
18:24que les grands textes
18:26de littérature
18:26font silence aussi
18:28à leur manière.
18:30Il y a une parole
18:30qui émane du silence
18:31à trouver presque
18:32à l'encontre
18:33du bavardage
18:35et de l'empire
18:36du bavardage
18:36dans lequel nous vivons.
18:38Et ensuite,
18:39ce que vous disiez
18:40sur le dialogue
18:41et la fracture,
18:43oui,
18:43j'ai l'impression
18:44que malheureusement,
18:45une tendance
18:46qui n'est pas née
18:47de notre siècle,
18:48mais qui s'installe
18:49et qui peut-être
18:50se radicalise
18:52ou augmente
18:53avec un certain nombre
18:54de phénomènes,
18:55une tendance
18:56voudrait nous pousser
18:57à,
18:58sitôt qu'on est confronté
18:59à des désaccords,
19:01à vouloir
19:02mettre un terme
19:03au débat,
19:04mettre un terme
19:04à la discussion.
19:05Ce qui, en fait,
19:06est le contraire
19:06du dialogue.
19:07Si, uniquement,
19:08dans un temps
19:08de polarisation,
19:10on se met à dialoguer
19:11avec des gens
19:12qui viennent confirmer
19:13absolument tout ce qu'on dit,
19:14si, en gros,
19:15les espaces de pensée
19:16et les espaces de parole
19:17sont des espaces
19:18de bulles,
19:19eh bien,
19:20je crois que c'est
19:20un échec collectif.
19:21Et justement,
19:22le festival de Grignan,
19:23c'est un peu ce qui monte
19:24parce que les auteurs
19:25dont il va célébrer
19:26l'histoire de la correspondance,
19:28je parlais de Madame de Sévigné,
19:30on en parlait,
19:31mais il y a aussi Cicéron,
19:33il y a aussi
19:33Louis de Villemorin,
19:35il y a aussi
19:35des auteurs contemporains.
19:36Donc, si vous voulez,
19:37c'est montrer
19:37que depuis les origines
19:39de la littérature,
19:40il s'est toujours trouvé
19:41des gens
19:42pour essayer,
19:43parallèlement à leur vie,
19:44parallèlement à leur oeuvre personnelle,
19:46de correspondre,
19:47c'est-à-dire
19:47de découvrir autrui.
19:49Et autrui,
19:49ce n'est pas aussi bien
19:51à l'époque de l'Antiquité
19:52qu'aujourd'hui,
19:53ce n'est pas quelqu'un
19:54qui, quand vous échangez
19:55vraiment avec lui
19:56des vraies lettres,
19:57va vous dire
19:57« Ah, tu es formidable,
19:58ah, tu as raison,
19:59ah, on est d'accord,
20:00ah, c'est parfait. »
20:01C'est le contraire.
20:02Ça n'a aucun intérêt.
20:02Ça n'a aucun intérêt.
20:03La beauté de la vie,
20:04la beauté de la vie collective,
20:06la beauté du rapport à autrui,
20:07elle vient du risque
20:08de se prendre quelqu'un
20:09qui va nous dire
20:09ce que tu dis est faux,
20:11ce que tu dis est bête,
20:12réfléchis,
20:13interroge-toi.
20:14L'autre,
20:14il a aussi
20:15cette dimension-là.
20:16Bien sûr.
20:17Alors, pour revenir
20:18sur ce silence
20:18dont nous parle Nathan,
20:19les frères Cadès,
20:21on va revenir justement
20:22sur cette diversité musicale.
20:24Donc, il y a du Bach,
20:24il y a du Vivaldi,
20:25du Mozart,
20:25du Tchaïkovski,
20:26il y a du Lis,
20:27mais il y a aussi
20:27John Williams,
20:28Hans Zimmer,
20:29il y a aussi Morricone,
20:29effectivement.
20:31Finalement, ce silence,
20:32qui n'est pas un silence
20:33parce que chez vous,
20:34c'est un silence musical,
20:35il traduit des émotions,
20:36des tensions
20:37de vos personnages.
20:38J'ai envie de dire mieux
20:39que les mots.
20:40C'est beaucoup mieux, quoi.
20:41Mais oui, je pense
20:42qu'il y a en effet
20:43plus de couleurs
20:43dans une mélodie
20:45que dans un mot lâché
20:47comme ça, quotidien.
20:48Évidemment, dans les correspondances écrites,
20:50alors là, on retrouve aussi
20:51une galerie de couleurs,
20:52c'est autre chose.
20:52Mais oui, c'est ce brouhaha
20:54de la tempête justement
20:55qui est à l'extérieur
20:56qui, justement,
20:57comme vous le disiez,
20:59oblige les protagonistes
21:00à rester ensemble
21:00et ils ne peuvent pas sortir.
21:01Ils sont obligés,
21:02les trois personnages
21:02de notre spectacle,
21:03à trouver une solution
21:04pour entrer en harmonie
21:05et donc ils transforment.
21:07Et justement,
21:07vous en parliez tout à l'heure,
21:09de trouver la beauté
21:10dans le chaos
21:12et dans la difficulté.
21:13Dans notre spectacle,
21:14les personnages finalement,
21:15au lieu de combattre
21:16la tempête
21:17qui les menace
21:19dans leur intégrité,
21:20ils vont tout à coup
21:21décoder la tempête.
21:22Ils vont tout à coup
21:24reconnaître un motif rythmique
21:25dans un tonnerre,
21:26reconnaître un rythme
21:27dans des gouttes d'eau
21:27qui tombent
21:28et petit à petit,
21:29avec leur partition,
21:30commencer à ordonner ça
21:31et faire une musique incroyable
21:33à la fin à trois.
21:33Et c'est ça la clé
21:34de ce spectacle,
21:35c'est de trouver la beauté.
21:36C'est que c'est joli
21:37ce qu'on entend
21:38sur Sud Radio aujourd'hui.
21:40C'est une aventure sensorielle,
21:41votre...
21:41sensorielle, pardon,
21:42je ne sais pas pourquoi
21:43j'ai dit sensorielle,
21:44mais ce n'est pas grave.
21:44On mélange tous les cilets.
21:47Donc c'est une aventure sensorielle
21:48ce spectacle.
21:49On sort de là,
21:49on est bourrifié,
21:50on en a plein.
21:51Oui, c'est exactement ça.
21:52C'est-à-dire qu'il y a du vent
21:52sur scène,
21:53il faut savoir que dans le public
21:54il y a du vent également.
21:55Et de l'eau.
21:57Oui, surtout de l'eau.
21:58Ne vous asseyez pas au cas de première.
21:59Ne soyez pas trop maquillé,
22:01mesdames.
22:01Premier, deuxième, troisième,
22:02ne venez pas
22:02parce que mon personnage
22:03adore jouer avec des gouttes d'eau
22:05qui tombent du plafond
22:05parce que bah oui,
22:06effectivement...
22:06On sera prévenu.
22:08Le théâtre s'effondre
22:09et voilà.
22:09Ah, le théâtre s'effondre.
22:11Peut-être, peut-être.
22:12Ça, c'est le pouvoir de l'imaginaire.
22:13Quel programme.
22:14On adore la tempête.
22:15Bon bah écoutez,
22:16ce soir,
22:17vous l'aurez compris
22:18comme tous les dimanches
22:18sur Sud Radio,
22:19c'est excellent.
22:20Vous êtes avec le romancier,
22:21philosophe, essayiste
22:22Nathan Devers
22:23et puis les frères Cadès,
22:24les virtuoses.
22:26Ce sont des élytionnistes,
22:27des comédiens,
22:28des musiciens.
22:29Bref, c'est excellent.
22:30Je vous l'ai dit.
22:31A tout de suite.
22:33Sud Radio, c'est excellent.
22:35Judith Bélair.
22:36Sur Sud Radio,
22:37c'est excellent.
22:37Mettant lumière
22:38celles et ceux
22:39qui marquent leur époque
22:40tout simplement.
22:41Avec moi, ce soir,
22:42Nathan Devers
22:42qui sera présent
22:43le 8 juillet
22:44pour les 30 ans
22:45du festival
22:45de la correspondance
22:46de Grignan
22:47qui se déroule
22:47du 30 juin
22:49au 5 juillet.
22:49C'est à noter aussi
22:50son nouvel essai.
22:51On va en parler tout de suite.
22:52Aimé Jérusalem
22:53s'est paru chez Gallimard.
22:55Il est accompagné
22:55des pianistes,
22:56illusionistes,
22:57comédiens,
22:57les frères Cadès,
22:58les virtuoses
22:59et leur spectacle
23:00en pleine tempête
23:00doté à des nouveautés
23:01à Paris.
23:02C'est les jeudis,
23:03vendredis,
23:03samedi à 21h,
23:08Nathan,
23:08on va parler justement
23:09si je retrouve mon papier.
23:11On va parler de votre livre
23:13Aimé Jérusalem
23:15qui est un livre
23:15qui vient de paraître
23:16chez Gallimard
23:18bien davantage
23:19qu'un essai
23:20sur Israël
23:21ou sur le judaïsme.
23:22C'est une méditation intime
23:23sur la mémoire
23:24que vous proposez,
23:25la transmission,
23:26la violence
23:27et puis la possibilité
23:28même de continuer
23:29à penser
23:29après une catastrophe
23:30telle que celle
23:30du 7 octobre 2023.
23:33C'est aussi
23:33une quête personnelle.
23:35Vous parlez
23:35de votre histoire familiale.
23:37C'est une méditation
23:38spirituelle.
23:38On y apprend
23:39que vous vouliez être rabbin.
23:39Moi, je ne sais pas.
23:40D'ailleurs,
23:40du rabbin à la philosophie,
23:42vous n'êtes pas très loin
23:42finalement.
23:43Non, il y a des ponts.
23:45C'était ça en fait ?
23:46C'était où ça,
23:46où ça,
23:47chez vous ?
23:48Exactement.
23:49Moi, j'ai passionnément
23:52aimé dans mon enfance
23:53été attiré
23:54par la religion juive
23:56mais par la pratique
23:58et aussi par la pensée juive
24:01et je m'en suis éloigné
24:02mais il y a toujours des ponts.
24:04Mais je crois quand même
24:05qu'il y a une différence
24:05entre ce que j'appellerais
24:07la part...
24:07Moi, ce qui m'intéressait
24:08dans la religion,
24:09c'était la part questionnante.
24:11Le Talmud, quoi.
24:12Bien sûr.
24:13La question de la question.
24:14Exactement.
24:15Et même dans la vie pratique
24:16quotidienne,
24:17quand vous êtes dans la vie religieuse,
24:18ce qui était mon cas,
24:19j'étais extrêmement pratiquant,
24:21chaque instant de votre vie,
24:22il est tourné autour
24:23du sens de la vie,
24:25de la raison de votre présence
24:26sur Terre.
24:26Il y a une dimension métaphysique
24:28à la manière dont on se réveille
24:29le matin,
24:30à la manière dont on se lave
24:31les mains quand on se réveille,
24:32à la manière dont on fait
24:32la première prière,
24:33etc.
24:34Et ça, j'aimais ça.
24:36Ensuite, la part de réponse
24:38dans la religion,
24:38c'est-à-dire la part
24:39qui vient...
24:39Un peu dogmatique.
24:40Dogmatique,
24:41qui vient orienter la pensée,
24:43qui vient orienter
24:44la vie de l'esprit,
24:45m'a un peu moins attiré.
24:47Mais il y a des ponts
24:47entre la religion
24:48et la philosophie,
24:49bien sûr.
24:49Bien sûr.
24:50On va parler quand même
24:51deux secondes
24:52de ce traumatisme
24:53du 7 octobre 2023.
24:54Pour vous,
24:55c'est une rupture du langage,
24:56en fait,
24:57autant qu'un bouleversement
24:57politique et humain.
24:58Ce qui vacille,
24:59ce n'est pas que
25:00l'équilibre géopolitique,
25:01c'est la possibilité
25:01de la parole commune,
25:02en fait,
25:03tout d'un coup.
25:04Exactement.
25:04Et d'ailleurs,
25:05c'est un truc qu'on peut remarquer,
25:06la plupart des drames
25:08du 21e siècle,
25:10on n'a tout simplement
25:11pas réussi à les nommer.
25:12Prenons les drames
25:13du 20e siècle.
25:13Les drames du 20e siècle,
25:16le début de la Première Guerre mondiale,
25:18on a oublié sa date.
25:19Peu importe,
25:20on a réussi à le nommer
25:21et c'est comme ça
25:22qu'il est resté dans l'histoire,
25:22c'est l'attentat de Sarajevo.
25:23La chute du mur,
25:24pareil,
25:25la date exacte importe peu.
25:26En revanche,
25:27on l'a retenu dans l'histoire
25:28comme la chute du mur de Berlin.
25:30Les drames du 21e siècle,
25:32le 11 septembre,
25:33le 13 novembre
25:33et aujourd'hui le 7 octobre,
25:35on n'a pas réussi
25:36à les nommer,
25:37c'est-à-dire à leur donner
25:38un concept,
25:39à les définir,
25:39c'est-à-dire à les penser.
25:40Et on les a nommés
25:41par leur date.
25:42Or la date est la chose
25:42la plus insignifiante
25:43qu'il soit.
25:44Le 7 octobre aurait pu survenir
25:45le 6, le 12, le 13,
25:46ça n'aurait rien changé
25:47à son sens historique.
25:48Donc le fait qu'on le nomme
25:49par sa date,
25:51c'est comme une sorte d'aveu
25:52d'impuissance philosophique.
25:53C'est de reconnaître
25:54qu'il est ineffable,
25:55donc qu'en un sens,
25:56il est impensable.
25:57Et ce que j'ai essayé
25:58de faire dans ce livre,
25:59c'est prendre au sérieux
26:00cette dimension d'impensable
26:01dans les événements
26:02et au lieu d'analyser
26:03le 7 octobre
26:04en se disant
26:05ça vient confirmer
26:06ce que je pensais
26:07du Moyen-Orient,
26:08d'Israël,
26:09du conflit israélo-palestinien,
26:10de la judéité avant le 6,
26:12non.
26:12C'est de reconnaître
26:13en fait,
26:14cet événement-là,
26:15il a fait date
26:16au sens où
26:17le monde qu'il a inauguré
26:19pour Israël,
26:20pour la région
26:20et pour le monde
26:23est un monde cassé
26:24par rapport à ce qu'il y avait avant.
26:26Et que donc,
26:26il y a une exigence philosophique
26:28de faire table rase
26:29de tous les biais idéologiques
26:30qu'on pouvait avoir
26:31dans un sens ou dans l'autre
26:31pour essayer d'analyser
26:33ce qui se passe
26:33à l'aune
26:34de ce qui s'est déployé
26:36ce jour-là.
26:37Qu'est-ce qui s'est déployé
26:38en gros ?
26:38Il s'est déployé
26:39en l'espace de quelques heures
26:42une expérience
26:42qu'a faite Israël
26:43qui est l'expérience
26:44de sa mort.
26:46Provisoire,
26:46mais de sa mort quand même.
26:47Et ce pays-là
26:49qui s'est construit
26:50comme un pays refuge,
26:51le refuge s'est transformé
26:52en l'espace de quelques heures
26:53en piège.
26:54Le pays construit
26:55pour empêcher
26:57les pogromes,
26:58les massacres,
26:59la passivité historique
27:00à l'exil
27:00et qui en l'espace
27:01de quelques heures
27:01se transforme
27:02en espace de pogromes,
27:04en espace de massacres
27:05de masse,
27:06et bien évidemment
27:06que c'est une cassure profonde
27:07non seulement
27:08dans la réalité concrète
27:09d'Israël
27:10mais dans son âme,
27:11mais dans sa définition.
27:12Et ce que j'ai essayé
27:13de faire dans ce livre
27:13c'est d'abord
27:15d'interroger
27:15le sens de Jérusalem,
27:17cette ville de la coexistence
27:18entre les religions,
27:19cette ville où l'extase mystique
27:20se mêle depuis des millénaires
27:22à la réalité belliqueuse,
27:24guerrière, etc.
27:24Mais c'est aussi
27:25de défendre
27:26une certaine définition
27:27d'Israël,
27:28à la fois de l'État d'Israël,
27:29du peuple d'Israël
27:30et puis même
27:31de l'idée d'Israël.
27:32Et en gros,
27:33pour le dire en un mot,
27:34je crois que la caractéristique
27:35d'Israël
27:36c'est que c'est un peuple
27:37qui ne tire pas,
27:38et je parle du peuple juif notamment,
27:39qui ne tire pas son existence
27:40d'un élément de la réalité.
27:42Pas d'une origine,
27:43d'un fondement ethnique,
27:47fondée par un texte.
27:47C'est le peuple du papier.
27:49C'est le peuple du papier
27:50et c'est un peuple
27:52qui est fils de la littérature,
27:53comme d'autres d'ailleurs.
27:54Mais si Israël existe,
27:55c'est parce que cette notion
27:57a été écrite, inventée.
28:00Je crois aussi
28:00que c'est ça
28:01qui est très très fascinant.
28:02C'est ce qui fait
28:02toute la complexité aussi.
28:04C'est ce qui fait
28:04toute la complexité
28:05et ce qui fait que,
28:06de façon incroyable,
28:07quand on analyse,
28:08quand on relit aujourd'hui
28:08certains passages de la Bible,
28:10on est sidéré
28:11par leur modernité stupéfiante.
28:13Un passage où Samson
28:14est retenu en otage à Gaza
28:16et qui n'a pas d'autre choix
28:17une fois qu'on lui a crevé les yeux
28:18que de se suicider à Gaza
28:19en tuant avec lui
28:21un grand nombre des gens
28:22qui l'ont pris en otage.
28:24Quand vous relisez
28:25un passage comme ça
28:26aujourd'hui,
28:27vous ne pouvez être que sidéré
28:28par l'aspect biblique
28:30de la modernité
28:30ou l'aspect moderne
28:31de la Bible.
28:32Et on en revient
28:32à cette idée
28:33de la transmission
28:34importante,
28:35très importante justement
28:36pour pouvoir savoir
28:38d'où on vient.
28:39En fait,
28:40ou plutôt pour savoir
28:41où on va,
28:42il faut savoir d'où on vient.
28:43Et en ce moment,
28:44peut-être qu'on a tendance
28:44à l'oublier,
28:45notre temps de verre.
28:46Vous avez totalement raison.
28:48On oublie malheureusement
28:50peut-être trop ça aujourd'hui.
28:52Et un pays comme Israël,
28:54avant le 7 octobre
28:55comme après,
28:56je crois qu'il est aussi
28:56confronté à cette question.
28:58Que doit-il faire
28:58de la mémoire
29:00des 2000 ans d'exil
29:01du peuple juif ?
29:02Que doit-il faire
29:02de la mémoire
29:03des textes bibliques ?
29:04Que doit-il faire
29:05de la mémoire
29:06de l'expérience
29:07à la fois de souffrance
29:08et de fécondation intellectuelle
29:11qu'a été l'exil
29:12pour les juifs ?
29:12Israël est confronté
29:13à ces questions
29:14qui sont des questions
29:15abyssales
29:15et qu'il devra traiter,
29:18développer
29:19et auxquelles
29:20il devra répondre
29:20d'une manière
29:21ou d'une autre.
29:23Cette transmission,
29:24vous, on sait d'où vous venez,
29:25Mathias et Julien Cadez.
29:26Vous avez grandi
29:27dans une famille
29:27où vous vivez autant
29:28avec les partitions
29:29qu'avec les tours de magie
29:30chez vous.
29:31ces trois générations
29:32d'artistes de cirque
29:33et de music hall.
29:34Très tôt,
29:35vous avez compris
29:35que la virtuosité,
29:36ça ne va pas forcément
29:37à l'encontre du reste
29:38ou du fun,
29:39j'ai envie de dire,
29:40presque.
29:41Vous avez fait quand même
29:41dix ans au Conservatoire
29:43National de Lille
29:43en piano,
29:44donc c'est un univers
29:45très exigeant.
29:46Mais pour vous,
29:47la musique classique,
29:48d'ailleurs,
29:48on va parler de ça
29:49pour l'instant,
29:50ne doit pas être figée.
29:51Rien n'est figé,
29:52justement.
29:53Non,
29:53et puis,
29:54elle a tellement évolué
29:56dans son histoire.
29:57Alors aujourd'hui,
29:57c'est vrai qu'on a parfois
29:59une image un peu austère,
30:00un peu froide,
30:01mais c'est en réalité
30:02assez faux
30:03et il y a beaucoup de fantaisie
30:05dans la musique dite classique.
30:06Alors moi,
30:07j'en veux un peu
30:08aux éditeurs de musique
30:09parce que quand on est petit,
30:10on a des cahiers
30:11les classiques favorables
30:11du piano
30:12avec des têtes d'enterrement,
30:14pardon.
30:14On voit Mozart,
30:15Chopin,
30:16Beethoven,
30:16Chopin souffreteux.
30:17Vraiment,
30:18quand on a huit ans,
30:19on se dit,
30:19on n'a pas envie de voir ça.
30:20Vous regardez le film
30:21de Milos Forman,
30:22ça marche bien.
30:23Alors que la vie,
30:25quand on lit la vie de Bach,
30:26par exemple,
30:27c'est incroyable.
30:28C'est incroyable,
30:29cet homme-là.
30:30Donc voilà,
30:31c'est vrai que nous,
30:31je pense qu'on a aussi ça en nous.
30:33Ils sont moins solennels
30:34que ce qu'on croirait aussi.
30:35Oui,
30:35je pense qu'on a essayé
30:36de mettre ce couvercle-là
30:36au-dessus
30:37pour rendre la chose précieuse
30:38alors qu'en fait,
30:39elle était populaire déjà,
30:40elle était populaire
30:41dans le bon sens du terme
30:41et aujourd'hui,
30:42c'est ce qu'on fait aussi nous.
30:43En tout cas,
30:43ce qu'on veut défendre,
30:44c'est une vision de la musique populaire
30:45qui est capable d'embrasser
30:47tous les styles
30:48et puis qui n'a pas peur
30:49d'aller citer Harry Potter
30:51ou les Dents de la Mer
30:52tout en mélangeant
30:53avec une mélodie
30:53parce que,
30:54évidemment,
30:55ce n'est pas des blagues gratuites.
30:55Alors,
30:55il y a beaucoup d'humour
30:56dans ce spectacle
30:57qu'on s'amuse énormément
30:58mais si nous,
30:59en tant que compositeurs,
31:00on arrive à,
31:00par exemple,
31:01à mettre la mélodie
31:03des petits bateaux
31:04sur la base
31:05de la Moldao
31:06et qui revient ensuite
31:07sur un autre thème,
31:08voilà,
31:08ça pour nous,
31:08c'est un bonheur
31:09et donc les musiciens
31:10vont entendre
31:11l'écriture
31:12et la petite corrélation musicale
31:14et le grand public
31:15va peut-être juste voir
31:16la citation
31:17mais en tout cas,
31:18on se régale beaucoup.
31:19En tout cas,
31:19ce qu'on voit,
31:19c'est ça,
31:20c'est que vous vous amusez
31:20énormément.
31:21Vous prenez grand plaisir
31:23à nous faire plaisir.
31:25Oui,
31:25en fait,
31:26on a la chance
31:26de faire un métier
31:27qui est quand même
31:28assez incroyable
31:28de faire voyager
31:30le public
31:31pendant une heure et demie.
31:32Pour nous,
31:33c'est absolument fabuleux
31:34et donc,
31:34effectivement,
31:35je pense que,
31:36étant donné que c'est
31:36du spectacle vivant,
31:38chaque représentation
31:38est unique,
31:39chaque public
31:40est différent
31:41et cette énergie
31:42et cette fougue
31:43et cette folie
31:44qu'on peut retrouver
31:44quand on est sur scène,
31:45peut-être pour mon personnage aussi
31:46parce que mon personnage
31:48est peut-être un petit peu timbré
31:49quand il est sur scène
31:49mais ce côté fou
31:51Tous les deux,
31:52vous avez l'air un peu timbrés
31:53parlons-en
31:54Ils sont bourrés
31:55Ils sont bourrés de défauts
31:57autant que les nôtres
31:59C'est exactement ça
32:00mais c'est vrai
32:01que cette énergie-là
32:01elle est très spontanée
32:02et puis il y a le rapport
32:03aux clowns
32:03et aussi à l'art clownesque
32:04aussi sur comment
32:06retrouver cette énergie
32:06de l'enfance
32:08du rapport aux autres
32:09et à cette insouciance
32:10qu'on vit
32:11C'était comme ça chez vous ?
32:13Oui
32:13C'est le chaos familial
32:14et il est sur scène ?
32:15Il faut imaginer
32:16nos parents en tournés
32:17tout en gérant les enfants
32:19les dépôts à l'école
32:19avec les mâles à disparition
32:21les épées
32:22de la boîte
32:24C'était joyeux
32:26mais c'est vrai
32:27qu'on retrouve ça
32:28et tout cet humour
32:29tous ces défauts
32:30des personnages
32:32nous on s'en délecte
32:34et c'est aussi une manière
32:35de montrer des personnages
32:36contradictoires
32:36de montrer leurs défauts
32:38de voir là où ils devraient
32:39changer pour que ça se passe mieux
32:40etc
32:40donc cet humour-là
32:42il raconte beaucoup de choses
32:43c'est du fun
32:44mais il y a aussi un sens derrière
32:45Ce que j'allais dire
32:46c'est que vous rendez accessible
32:48un univers exigeant
32:49la musique classique
32:50c'est exigeant à la base
32:51c'est vrai qu'on en a une image
32:52absolument énorme
32:53quand on n'a pas du tout
32:54été initié
32:56la philosophie c'est pareil
32:57vous avez ça en fait en commun
32:59vous trois
32:59c'est de rendre accessible
33:02ces univers exigeants
33:03sans jamais renoncer
33:04à une forme de profondeur
33:05en fait j'ai envie de dire
33:06Oui oui
33:06alors on parlait d'Eric Emmanuel Schmitt
33:08tout à l'heure
33:08dont je suis un très très grand lecteur
33:11on retrouve justement
33:12ces moments d'extase littéraire
33:14ou comme dans sa nuit de feu
33:17qu'on retrouve aussi
33:18dans Pleine Tempête
33:19ces moments charnières
33:21d'une vie
33:22d'émerveillement
33:23et de beauté
33:24qui peuvent vraiment
33:25changer le cours d'une existence
33:27Renoncer à la profondeur
33:28c'est impossible
33:29mais par contre
33:31rendre accessible
33:32l'exigence
33:32ça l'est en fait
33:33Nathan Devers
33:34c'est à dire finalement
33:35rendre accessible
33:36aux gens qui n'y comprennent rien
33:37que ça soit la philosophie
33:38ou la musique classique
33:39Oui je suis tout à fait d'accord
33:41je crois qu'il y a deux écueils
33:42qu'il faut éviter
33:43et qu'il faut renvoyer
33:44dos à dos
33:44et je vous écoutais
33:46avec beaucoup d'intérêt
33:46parler de cette dimension vivante
33:48de la musique classique
33:50le premier écueil
33:51c'est évidemment
33:52l'entre-soi
33:53c'est s'enfermer
33:54dans sa tour d'ivoire
33:56et estimer entre guillemets
33:57que l'excellence
33:58ne doit parler
34:00qu'elle-même
34:00et qu'elle doit refuser
34:02se refuser
34:03à s'ouvrir
34:04etc
34:05le deuxième écueil
34:06mais qui est presque
34:07en miroir du premier
34:07c'est
34:08je déteste ce mot
34:09de vulgarisation
34:10dans vulgarisation
34:11il y a vulgus
34:14qui a donné vulgarité
34:15mais la foule
34:16au mauvais sens
34:17du terme
34:18et la vulgarisation
34:19en gros
34:19c'est d'expliquer
34:20un truc profond
34:21mais en sacrifiant
34:22ce qu'il y a de profond
34:23en lui
34:23qu'il s'agisse de musique
34:24qu'il s'agisse de littérature
34:25qu'il s'agisse de philosophie
34:27et entre les deux
34:28il y a un chemin
34:29très difficile
34:30très étroit
34:31mais qui consiste à essayer
34:33comme vous l'avez dit
34:34et c'était très beau
34:35c'est d'essayer
34:36de partager
34:37ce qu'il y a de profond
34:38ce qu'il y a d'excellent
34:39dans les grands textes
34:40de littérature
34:41dans les grands textes
34:42de philosophie
34:42mais en le faisant
34:43extrêmement simplement
34:45mais sans jamais sacrifier
34:46la complexité
34:47qu'il y a là-dedans
34:48vous parliez par exemple
34:48tout à l'heure
34:49d'Eric Emmanuel Schmitt
34:49c'est vrai que dans son dernier livre
34:51juste après Dieu
34:52il y a papa
34:53sur l'enfance de Mozart
34:54et la relation
34:55qu'il avait avec son père
34:55je trouve que la manière
34:57dont il parle
34:57de musique
34:59de la création esthétique
35:00de Mozart
35:00et du lien
35:02entre les failles
35:03de sa biographie
35:03et son exigence musicale
35:06elle est à la fois
35:06c'est un livre
35:07qui se lit
35:08je pense
35:09pour un grand public
35:10mais qui en même temps
35:11ne sacrifie pas
35:12cette complexité
35:13et ce chemin là
35:14il est vraiment
35:15très difficile à trouver
35:16et c'est toute la mission
35:17la mission de l'époque
35:19je crois
35:20il faut être virtuose
35:21pour faire ça
35:21restez avec nous
35:22c'est excellent
35:23et c'est pas terminé
35:24vous êtes avec
35:24le romancier philosophe
35:25essayiste
35:26Nathan Devers
35:26et puis les pianistes
35:28comédiens
35:28illusionnistes
35:29Mathias et Julien Cadez
35:30les virtuoses
35:31vous restez avec nous
35:33Sud Radio
35:34c'est excellent
35:35Judith Bélaire
35:36bienvenue si vous nous rejoignez
35:37dans cet excellent
35:38sur Sud Radio
35:38pour vous ce soir
35:39Nathan Devers
35:40le romancier philosophe
35:40et essayiste
35:41qui sera présent
35:42le 8 juillet
35:42pour le 30e anniversaire
35:44du festival
35:45de la correspondance
35:45de Grignan
35:46c'est du 30 juin
35:47au 5 juillet
35:48ça sera lors d'une rencontre
35:49littéraire
35:49aux côtés d'Eric Emmanuel Schmitt
35:51il publie aussi
35:51chez Ganimar
35:52son nouvel essai
35:52mais Jérusalem
35:53à ses côtés
35:54les frères Cadez
35:55les virtuoses
35:55Mathias et Julien
35:56qui sont pianistes
35:57illusionnistes
35:57et qui sont à l'affiche
35:58de leur spectacle
35:59en pleine tempête
36:00avec la violoniste
36:00Anna Gagneur
36:02alors messieurs
36:03juste dans un instant
36:04on va retrouver
36:05la chronique
36:05parlons de vous
36:05qui met en valeur
36:07les marques
36:07et les personnalités
36:08qui s'engagent
36:08juste avant cela
36:09c'est un peu
36:10mon moment préféré
36:11de l'émission
36:11c'est le portrait chinois
36:12est-ce que vous êtes prêts
36:12il ne faut pas trop réfléchir
36:13vous c'est chacun
36:14votre tour du coup
36:15ou peut-être en même temps
36:15je ne sais pas
36:16on va voir
36:16vous êtes prêts ?
36:18oui
36:18allez
36:19Nathan Devers
36:20si vous étiez
36:21une définition
36:22de l'espérance
36:25l'optimisme
36:26de la volonté
36:26mais qui va
36:27avec le pessimisme
36:28de l'intelligence
36:29d'accord
36:29pas mal
36:30l'optimisme
36:31de la volonté
36:32c'est-à-dire que
36:32quand on est volontaire
36:33on crée de l'optimisme
36:34oui c'est la phrase
36:35de Gramsci
36:36sur il faut essayer
36:37de voir avec pessimisme
36:38les choses
36:39mais de devenir optimiste
36:41quand on pense
36:42à ce qu'on doit faire
36:43on adore
36:44messieurs les frères Cadez
36:45si vous étiez
36:46une définition
36:46de la virtuosité
36:50qui répond ?
36:51définition de la virtuosité ?
36:53moi je dirais
36:54le chemin de crête
36:56le chemin de crête
36:58entre
36:59cette précision
36:59de voir
37:00la précision
37:01le fait de ne pas vouloir
37:02épater
37:03mais d'avoir
37:04une telle virtuosité
37:05qu'on va un peu
37:06au-delà du réel
37:07c'est ça
37:07quand on écoute
37:08vraiment des grands traits
37:09de piano par exemple
37:10ou des grands traits
37:11au violon
37:11on a l'impression
37:12d'être presque plus
37:13dans la réalité
37:14alors qu'on est
37:15en plein dedans
37:16ça vous va ?
37:17moi j'ai trouvé ça
37:17très beau
37:18je le suis complètement
37:20Nathan
37:20si vous étiez un livre
37:21à relire toute une vie ?
37:23oh
37:24alors la Bible
37:26je vais vous dire ça
37:26parce que
37:28c'est un livre
37:29qu'on peut relire
37:29à l'infini
37:30de tous les regards possibles
37:31d'un regard religieux
37:32bien sûr
37:33mais d'un regard poétique
37:34moi j'ai commencé
37:34à le lire
37:35d'un regard religieux
37:36c'était le livre
37:37que Dieu avait donné
37:38aux hommes en un sens
37:38et c'était le livre
37:39où je puisais
37:40les réponses
37:41à tout
37:42puis ensuite
37:43quand je me suis éloigné
37:43de la religion
37:44j'ai appris à le lire
37:45d'un regard poétique
37:46c'est à dire
37:47sans penser à sa valeur métaphysique
37:49mais juste en me disant
37:50que c'était beau
37:50et c'est beau en français
37:51mais c'est beaucoup plus beau
37:52encore en hébreu
37:53puis aussi d'un regard philosophique
37:55la Bible est un livre qui pense
37:56les questions du bien
37:57les questions du mal
37:58les questions de la liberté humaine
37:59de notre condition
38:00donc je vous dirais la Bible
38:01mais je dirais
38:02à la limite
38:03un chef d'oeuvre
38:04peu importe lequel
38:04c'est un livre
38:05qui nous accompagne
38:06toute la vie
38:06l'Odyssée
38:08Proust
38:09Céline
38:09ça suit toute une vie
38:11bien sûr
38:12Messieurs les frères Cadet
38:13si vous étiez une source
38:14d'émerveillement continu
38:15pour vous
38:16tiens vous là
38:17un feu d'artifice
38:17ah bah voilà
38:19évidemment
38:19ou soit ça
38:21ou des paillettes
38:22vous êtes bien complémentaires
38:24tous les deux là-dedans
38:24Nathan
38:25si vous étiez une manière
38:26de résister
38:27ah
38:29bon
38:29je peux vous dire l'écriture
38:31mais c'est prévisible
38:32peut-être
38:33alors je vous dirais
38:36savoir
38:38s'énerver
38:38je crois que la résistance
38:40ça part de là
38:41parfois
38:41de la colère
38:42et en fait
38:43parfois quand on sent
38:44autour de soi
38:45dans une situation
38:46quelque chose
38:47qu'on juge insupportable
38:50ou qu'on juge
38:51illégitime
38:52ou qu'on juge irrationnel
38:53la plupart du temps
38:54on le réfrène
38:55en fait c'est parfois
38:56très bien de donner
38:56libre cours
38:57à cette pulsion
38:58de s'énerver
38:58de péter un câble
38:59et de dire là
39:00ça ne va pas
39:01même si parfois
39:02il y a des conséquences
39:03parce qu'après ça va mieux
39:03en général surtout
39:05ça peut créer des emmerdes
39:06mais en tout cas
39:07ne pas avoir peur
39:08de s'énerver
39:09Mathias et Julien
39:10si vous étiez votre rêve
39:11le plus fou
39:13si on était le rêve
39:14le plus fou
39:14moi je serais
39:16je serais sur un piano volant
39:17ah ouais
39:17ah ouais
39:18c'est pas le tapis volant
39:20c'est le piano volant
39:20vous rêvez de ça
39:21la nuit
39:22ok d'accord
39:24qui sait peut-être
39:25un jour
39:27Nathan Devers
39:27si vous étiez une question
39:28à Bernard-Henri Lévy
39:33de quoi parlera
39:34votre prochain livre
39:35facile
39:35oui mais
39:39les frères Cadès
39:40si vous étiez une rencontre décisive
39:42une rencontre importante
39:44déjà j'imagine
39:45sur un chemin de gare
39:46une locomotive
39:47une rencontre comme ça
39:48c'est pas sur un piano volant
39:49non ce serait
39:51entre deux valises
39:52deux partitions
39:52et un bois autour
39:54ok
39:57d'accord
39:57vous aussi
39:58moi ce serait
39:59la rencontre définitive
40:00ce serait avec ma première
40:02professeure de piano
40:02ce qui est drôle
40:03c'est que c'est en fait
40:03des rencontres
40:04ou qui sont pas arrivées
40:05ou qui sont arrivées
40:06mais que vous fantasmez
40:06complètement
40:07oui mais moi
40:08ma rencontre avec ma prof
40:09j'avais 5 ans
40:10donc en fait
40:10j'ai les souvenirs
40:11fantasmés d'un enfant
40:13mais c'était fabuleux
40:14on adore
40:16Nathan Devers
40:16que diriez-vous
40:17à votre vous de 20 ans
40:19à mon mois de 20 ans
40:24je lui dirais
40:28écrit
40:28écrit
40:29écrit
40:29c'est à dire
40:30c'était ce que je voulais faire
40:31à 20 ans
40:32avec évidemment
40:33comme toujours
40:33l'inquiétude
40:34de se dire
40:35est-ce que
40:37ce que j'écris
40:37est intéressant ou non
40:38même quand c'est pas bien
40:39même quand c'est raté
40:40il faut continuer
40:41traverse le tunnel
40:42allez frère Cadet
40:43on termine avec vous
40:43qu'avez-vous envie de vous dire
40:44l'un à l'autre
40:45que vous ne vous êtes
40:45peut-être jamais dit
40:48que je t'aime
40:49c'est mignon
40:51je suis sûre que vous l'avez déjà dit
40:52mais c'est pas grave
40:53on se l'ait déjà dit
40:53mais jamais à la radio
40:54donc c'est une famille
40:55c'est mignon
40:56vous restez avec nous
40:57tous les trois
40:57puisqu'on va retrouver
40:58tout de suite
40:59la chronique
40:59Parlons de vous
41:02Sud Radio
41:03Parlons de vous
41:16Judith Bélaire
41:16Alors pour la deuxième
41:18semaine consécutive
41:19vous avez envie
41:19de nous parler
41:20de police
41:20de moyens
41:21de moyens structurels
41:23et opérationnels
41:23en fait
41:24Pierre-Yves Martin
41:24vous écoute
41:25Oui
41:25merci encore
41:27de cette invitation
41:28pour parler en effet
41:30des polices municipales
41:31et aussi
41:32des possibilités
41:33des maires
41:33d'agir sur la sécurité
41:34bien sûr
41:35la sécurité
41:37du quotidien
41:38les maires
41:39en sont confrontés
41:39directement
41:40les habitants
41:42quand ils ont un problème
41:43de nuisance
41:44Vous êtes responsable aussi
41:46de trafic
41:47de stupéfiants
41:49de vendeurs de cigarettes
41:51de narcotrafic
41:52dans leur commune
41:53ils viennent voir
41:54le maire
41:55pour pouvoir trouver
41:55des solutions
41:56à leurs problèmes
41:57et aujourd'hui
42:00les polices municipales
42:03en France
42:03n'ont pas le pouvoir
42:04de pouvoir agir
42:05concrètement
42:07à part de la présence
42:08de proximité
42:09Au même titre que la police nationale
42:10vous voulez dire en fait
42:11Au même titre que la police nationale
42:12mais en termes
42:13de proximité
42:14de présence
42:15bien sûr sur le terrain
42:16mais derrière
42:16pour pouvoir agir concrètement
42:18contre notamment
42:20les narcotrafiquants
42:22les vendeurs de cigarettes
42:23les vendeurs de stupéfiants
42:24c'est
42:27une procédure
42:28c'est une longueur
42:30c'est
42:30parfois une latente
42:32sur le terrain
42:33qui est
42:34impossible à gérer
42:36et
42:36la problématique
42:38s'envenime dans le temps
42:40de manière
42:41très importante
42:42et si on n'agit pas
42:43directement
42:44dès le départ
42:45derrière
42:46c'est aussi
42:47une situation
42:49qui s'envenime
42:49mais qui va durer
42:50des années
42:51et des années
42:51alors je sais qu'aujourd'hui
42:52il y a un débat
42:55au niveau du parlement
42:56avec le ministre de l'Intérieur
42:58qui propose
42:59un projet de loi
43:00notamment
43:00pour lutter
43:01contre
43:02les narcotrafiquants
43:03contre
43:05les protoxysazotes
43:06et ainsi de suite
43:06mais il y a aussi
43:07le travail
43:08qui doit être mené
43:09quotidien
43:10et avec le renforcement
43:12des pouvoirs de police
43:13et des polices municipales
43:15pour pouvoir agir
43:16qui s'occupe de la ville
43:17en direct
43:18et qui connaît les habitants
43:19exactement
43:19pour agir directement
43:20pour pouvoir
43:21avoir plus de facilité
43:22pour contrôler
43:23notamment
43:24les personnes
43:25qui sont connues
43:27dans le quartier
43:28depuis
43:28parfois des mois
43:29voire des années
43:30qui effectuent
43:32les troubles
43:33ou
43:33leur trafic
43:35et à un moment donné
43:35il faut en effet
43:36donner plus de pouvoir
43:37aux polices municipales
43:39pour pouvoir agir
43:39concrètement
43:40et ça se fait d'ailleurs
43:42dans certains pays européens
43:44ils ont
43:46certaines actions
43:47de police judiciaire
43:49voilà
43:49et je pense que
43:51si à un moment donné
43:52on dit oui
43:52la police municipale
43:54elle a des actions
43:54en tant que police judiciaire
43:55non
43:56aujourd'hui non
43:57aujourd'hui non
43:58mais dans d'autres
43:58pays européens
43:59elle doit faire référence
43:59dans certains pays européens
44:00oui il y a des actions
44:01et une police judiciaire
44:03qui peut être menée
44:03par des polices municipales
44:04d'accord ok
44:04et alors finalement
44:06d'aucun vous dirait
44:07Pierre-Yves Martin
44:08qu'il y a beaucoup trop de lois
44:09que ça suffit
44:09les lois
44:10qu'il n'y a que rentrer
44:10dans le concret
44:11qu'il n'y a que appliquer
44:12les lois qui existent
44:13oui
44:14les lois
44:15quand elles ne sont pas appliquées
44:18et bien derrière
44:20ça n'a aucun effet
44:21ça n'a aucun effet
44:22du moins
44:23on a régulièrement
44:25des actions
44:26qui sont menées
44:26par rapport à des vendeurs
44:27il y a un problème
44:27de lenteur aussi peut-être
44:28tout simplement
44:29une vendeur judiciaire
44:30aussi
44:31du moins
44:31à un moment donné
44:32quand on a
44:33x interpellations
44:34qui sont effectuées
44:36chaque jour
44:36sur des vendeurs
44:37de cigarettes
44:38à proximité
44:39d'une gare
44:40et que derrière
44:41soit
44:42on leur demande
44:43de ne pas directement
44:43être pris en charge
44:46soit
44:46quand ils sont
44:47pris en charge
44:48ils sont libérés
44:50automatiquement
44:53d'une part
44:54même s'il y a un travail
44:54de proximité
44:55des polices municipales
44:56derrière
44:57il n'y a aucun effet
44:57pour les habitants
44:58il y a une impuissance
45:00derrière
45:02de sécurité
45:03et aujourd'hui
45:04il faudrait
45:05agir plus concrètement
45:06que quand une personne
45:07fait du trafic
45:09elle est interpellée
45:10immédiatement
45:11sans d'avoir
45:12une procédure
45:13qui est lancée
45:15judiciaire
45:15à un moment donné
45:16la personne fait du trafic
45:17elle est prise en flagrant délit
45:18on va dire
45:19elle est prise en flagrant délit
45:19on y va
45:20et on met l'action
45:21derrière
45:22nécessaire
45:23on vous dirait
45:23qu'il y a des problèmes
45:24les mêmes problèmes
45:25pour la police nationale
45:26finalement
45:26que de temps en temps
45:28ils vont attraper
45:28des gros dealers
45:29qui vont être relâchés
45:30le lendemain matin
45:31parce qu'il n'y a plus de place
45:33dans les prisons
45:33parce que
45:34c'est un problème global
45:37national
45:37il faut avoir aussi
45:39la réponse pénale
45:40il faut avoir la réponse pénale
45:42derrière
45:42qui doit suivre
45:43et à un moment donné
45:44quand on fait
45:46en effet
45:47du trafic
45:48de stéphéfiants
45:49qu'on soit pris
45:49par la police municipale
45:51ou la police nationale
45:52on a une amende
45:54une amende
45:55ça suffit pas
45:55je sais que c'est en débat
45:56actuellement
45:56mais à un moment donné
45:58quand le fruit
46:00est déjà bien
46:00et le verre
46:01est déjà bien dans les fruits
46:02qu'à un moment donné
46:04est-ce que c'est pas trop tard
46:05il y en a qui vous diraient aussi
46:07que ça peut être
46:08une dérive sécuritaire
46:09c'est-à-dire
46:09si on arme trop
46:10qu'on donne trop de pouvoir
46:10à la police municipale
46:13ça peut amener
46:14à des dérives
46:14et peut-être qu'il faudrait
46:15qu'elle soit autant formée
46:16ou mieux formée
46:17que la police nationale
46:18il y a peut-être
46:18une histoire de formation aussi
46:20les policiers municipaux
46:21sont bien formés
46:22je pense que
46:24ils suivent
46:25pour en être témoins
46:26nous avons des formateurs
46:28dans notre police municipale
46:30à l'éluergan
46:31ils suivent des formations
46:33très régulières
46:34une fois tous les 15 jours
46:35qui permettent
46:37de les rassurer
46:37dans leur mission
46:38avec l'armement
46:40qu'ils peuvent avoir
46:40et à un moment donné
46:42il faut responsabiliser
46:44voilà
46:44bien sûr
46:45et à un moment donné
46:46oui
46:48il y a eu des dérives
46:50mais peut-être
46:50mais à un moment donné
46:51si on ne responsabilise pas assez
46:53si on ne met pas en place
46:54ces actions
46:55on reste dans le laxisme
46:57bien sûr
46:57et vous
46:58en tant que maire
46:59d'hiver droite
47:00de Livry-Gargan
47:01le laxisme
47:02ce n'est pas votre mot préféré
47:03quoi
47:03non
47:03moi c'est l'action
47:06et la sécurité
47:08et la tranquillité publique
47:09vous avez été réélu
47:10pour un troisième mandat
47:11au la main
47:11donc on suppose
47:12que vos habitants
47:13vos administrés
47:14sont contents de votre travail
47:15merci Pierre-Yves Martin
47:15merci
47:16et je continuerai
47:17dans cette action là
47:18bravo
47:18allez c'était excellent
47:19merci à tous les trois
47:21le 30e anniversaire
47:22du festival de Grignan
47:23de la correspondance de Grignan
47:25ça sera du 30 juin
47:26au 5 juillet
47:28et vous Nathan Devers
47:28vous y serez l'huit
47:29lors d'une rencontre littéraire
47:30aux côtés d'Eric Emmanuel Schmitt
47:31sans oublier
47:32votre nouvel essai
47:33aimer Jérusalem
47:34chez Gallimard
47:35les virtuoses en pleine tempête
47:37c'est votre spectacle
47:38c'est avec la violoniste
47:39Anna Gagneur
47:41jeudi, vendredi, samedi
47:42à 21h
47:42samedi, dimanche
47:43à 15h
47:43c'est jusqu'au 19 juillet
47:44c'est au théâtre des nouveautés
47:45à Paris
47:46merci à vous d'être avec nous
47:47chaque dimanche à 19h
47:48pour cet excellent
47:49sur Sud Radio
47:50revenez la semaine prochaine
47:51parce que les belles histoires
47:52continuent
47:52sans oublier
47:53Parlons Femmes
47:53évidemment vous le savez
47:54le samedi à 13h30
47:55merci à Julien
47:56pour la réalisation
47:57bisous
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