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  • il y a 4 heures
Ce vendredi 23 octobre, réécoutez en podcast le replay du Monde qui bouge : la revue de presse présentée par Annalisa Cappellini.

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Transcription
00:00Avec Annalisa Capellini, direction la Serbie ce matin, où les élections législatives de dimanche pourraient bien provoquer un séisme politique.
00:06La presse étrangère suit de très près cette campagne.
00:09Oui, parce qu'il faut dire que cette campagne est restée très très intense jusqu'au dernier moment.
00:14Encore hier soir, on voyait un immense rassemblement qui avait été organisé au cœur de Belgrade sur la place Slavija.
00:21C'est le média serbe N1 qui raconte cette dernière soirée de mobilisation dans une place noire de monde avec
00:27un slogan.
00:28C'est fini. Alors, qu'est-ce qui est fini ? C'est une référence à Aleksandar Vucic, qui est
00:33l'homme fort du pays.
00:34Il a démissionné de son poste de président pour se présenter aux législatives et donc essayer d'être élu Premier
00:40ministre.
00:40Eh bien, c'est justement ce que essaie d'éviter les manifestants qui se mobilisent depuis deux ans contre la
00:46corruption de son gouvernement
00:48et qui espèrent donc mettre fin au règne de Vucic, qui lui est au pouvoir depuis 14 ans.
00:53Alors, on parle donc d'un pays qui rêve de tourner la page après des longues années avec un pouvoir
00:58accusé de corruption
00:59et avec un dirigeant considéré proche du Kremlin.
01:02Je ne sais pas à quoi ça vous fait penser, mais en tout cas, il y a des similitudes très
01:06claires avec la Hongrie.
01:08C'est le parallèle...
01:08Tout ressemblant sur les portuites.
01:10Oui, absolument.
01:11Que fait le Financial Times ce matin avec la Hongrie, où donc Peter Magyar a réussi à mettre fin aux
01:17années Orbanes
01:18en rassemblant autour de lui tous ceux qui voulaient tourner la page Orban.
01:22Et en Serbie aussi, les étudiants essayent de provoquer le même bouleversement politique.
01:27Il y a une différence importante quand même, c'est qu'en Hongrie, l'opposition avait choisi un chef connu,
01:32expérimenté, capable de rassembler.
01:34Et là, en Serbie, c'est un peu le contraire.
01:37Les étudiants ont fait le choix d'un mouvement collectif, sans leader, avec des candidats qui n'ont presque jamais
01:42fait de la politique.
01:43Et puis, il y a un autre obstacle, c'est le climat dans lequel s'est déroulée cette campagne.
01:48Il y a un reportage de Reuters très intéressant ce matin qui raconte une campagne marquée par les intimidations, par
01:54la violence.
01:55Il y a des témoignages vraiment glaçants, celui d'un opposant, Alexander Vucic notamment,
01:59qui raconte avoir été embarqué par des policiers masqués alors qu'il est rentré chez lui du supermarché.
02:04Il a été enfermé pendant deux jours dans le sous-sol d'un commissariat.
02:08Il y a aussi des accusations de cyber-espionnage.
02:10Une militante, par exemple, raconte que son téléphone a été infecté par le logiciel espion Pegasus,
02:16que donc les autorités savaient tout de sa vie.
02:19Pour l'instant, le pouvoir serbe rejette toutes ces accusations.
02:22Mais vous voyez bien que ces témoignages nous montrent en réalité à quel point cette élection se joue dans un
02:28climat de tensions extrêmes.
02:29Scrutin à suivre dimanche.
02:32Et dont le résultat sera sans doute scruté aussi au Kremlin.
02:35Parce que si les étudiants réussissent leur pari et arrivent à renverser Vucic, à mettre fin au règne de Vucic,
02:41Vladimir Poutine pourrait perdre l'un de ses derniers alliés en Europe.
02:44On reste en Europe, mais cette fois, direction Bruxelles.
02:47Analysa au Rien de Nouveau sous le Soleil.
02:48Les Européens sont encore en désaccord, en pleine querelle.
02:51Et cette fois, alors c'est à propos de quoi ?
02:53À propos de leurs futurs nouveaux membres, le Canada, membres associés, plus précisément.
02:58C'est l'idée lancée il y a cinq semaines par Ursula von der Leyen.
03:02Justement, c'est là que ça coince.
03:03Selon un politico, plusieurs pays européens ne veulent pas entendre parler de ce statut de membres associés.
03:09C'est l'Allemagne qui mène la fronde, soutenue notamment par la France, par l'Italie, par la Belgique.
03:14Donc on parle quand même de poids lourd politique à Bruxelles.
03:17Alors le plus drôle, c'est que personne ne s'oppose vraiment à un rapprochement avec le Canada.
03:21Parce que sur le fond, tout le monde est d'accord, il faut renforcer les liens avec les Canadiens.
03:25Ce qui pose problème, ce sont juste ces deux petits mots, membres associés.
03:29Parce que concrètement, ça voudrait dire quoi ?
03:31Est-ce que le Canada aurait des douras particuliers ?
03:34Un accès au marché unique ?
03:35Rien n'a été défini encore.
03:37Bref, Ursula von der Leyen a mis la charrue avant les boeufs.
03:40C'est l'avis d'un diplomate européen cité par Politico.
03:44Tout ça donc, pendant que les Européens sont en train de travailler sur la déclaration commune
03:48que l'Union européenne et le Canada doivent signer la semaine prochaine à Montréal pendant leur sommet.
03:54Les Allemands, là, exigent qu'on retire tout simplement les mots membres associés de la déclaration finale.
04:00Bref, on est à moins d'une semaine du sommet.
04:02Les Européens sont tous d'accord pour se rapprocher du Canada,
04:04mais toujours pas sur la manière d'appeler ce rapprochement.
04:07Ça reste encore plus compliqué.
04:09En France, on dit la charrue avant les boeufs.
04:12Qu'est-ce que j'ai dit ? Ah oui, pardon.
04:14Merci, Annalisa.
04:16On vous retrouve à 8h35 pour la revue de presse.
04:19Et à 7h15, l'influence de Trump qui se joue derrière la présidentielle au Brésil,
04:24qui se tient dimanche.
04:25Ce sera le parti pris de Mathieu Jolivet.

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