00:00Avec Annalisa Capellini. L'Espagne est entrée en campagne depuis hier.
00:04Annalisa, Pedro Sanchez a convoqué des élections législatives anticipées pour le 29 novembre.
00:09La presse s'intéresse ce matin à un paradoxe.
00:12Sanchez va devoir défendre son bilan alors que l'économie espagnole se porte plutôt bien.
00:17Mais oui, c'est vrai que c'est un paradoxe. L'Espagne est le bright spot de l'Europe.
00:20C'est ce qu'on lit sur Reuters ce matin.
00:22C'est l'économie la plus lumineuse, en tout cas, de la zone européenne.
00:26C'est vrai que si on regarde les chiffres purement économiques, le bilan de Pedro Sanchez fait des jaloux.
00:31Regardez juste la croissance autour des 2,5%.
00:33Un chômage au plus bas, un SMIC qui a augmenté de plus de 60% en 8 ans de gouvernement
00:37socialiste.
00:38Donc vous voyez sur le papier, l'économie espagnole en réalité affiche l'un des meilleurs bilans de la zone
00:44euro.
00:44Mais le problème, c'est qu'une partie des Espagnols dit ne pas le sentir dans son portefeuille.
00:49Et c'est ce qu'explique Reuters ce matin.
00:52La vérité, c'est que cette croissance n'explique pas vraiment toute l'histoire, ne raconte pas la réalité des
00:58Espagnols au quotidien.
00:59Déjà parce que l'un des moteurs de cette croissance, c'est la forte croissance démographique.
01:03Il y a 2 millions de résidents supplémentaires en Espagne depuis 2020.
01:07Ce qui a d'ailleurs contribué à créer une tension très très forte sur le marché immobilier, sur le marché
01:12locatif en particulier.
01:14Et d'ailleurs, c'est ces tensions sur le marché locatif qui est à l'origine de la crise sociale
01:19et donc de la crise politique que connaît l'Espagne aujourd'hui.
01:21Et de la chute de Pedro, enfin Sanchez en tout cas, de ses élections législatives anticipées.
01:27Alors si l'économie espagnole va plutôt bien, comment la droite peut-elle espérer battre Pedro Sanchez ?
01:33Oui, vous avez le bon mot, espérer battre Pedro Sanchez.
01:37Il faut essayer de convaincre les Espagnols que ces chiffres justement ne racontent pas toute la réalité du pays.
01:43C'est ce qu'essaye de faire Alberto Fejo, c'est le chef du parti populaire, donc le centre droit
01:47espagnol.
01:49On va aller lire un article de El Espagnol, c'est un quotidien qui raconte la première apparition publique du
01:54leader de la droite depuis l'annonce des élections.
01:57Alors il a choisi un terrain très symbolique parce qu'il s'est exprimé au congrès de l'entreprise familiale,
02:01donc devant 700 chefs d'entreprise, évidemment le maître mot était économie.
02:06Et il y a un mot-clé dans le programme d'Alberto Fejo, c'est compétitivité.
02:11Lui, il dit que l'Espagne a perdu en productivité, en compétitivité.
02:15Donc il annonce, s'il arrive au pouvoir, un grand plan de compétitivité, une baisse de la fiscalité sur une
02:20partie des revenus
02:21et la promesse de ne pas augmenter les impôts.
02:24Alors pour l'instant, son parti est crédité de 30% dans les intentions de vote.
02:28C'est plus que le parti socialiste de Pedro Sanchez.
02:30Mais il pourrait quand même avoir besoin d'une alliance.
02:33Et d'une alliance avec qui ?
02:34Eh bien avec Vox, le parti d'extrême droite.
02:37En tout cas, Vox s'y prépare et a déjà posé ses conditions pour un éventuel accord avec le parti
02:42populaire.
02:43C'est Il Pays qui le raconte ce matin.
02:45Il y a trois mots d'ordre pour cette future potentielle alliance.
02:49Préférence nationale, dérégulation et rémigration.
02:52Voici les conditions de Vox.
02:54Vox qui espère arriver enfin au pouvoir, même si ces élections vont être très incertaines de l'aveu même de
03:01Santiago Abascal, le chef du parti d'extrême droite.
03:04Et puis on part maintenant dans le détroit d'Hormuz.
03:06Les pétroliers recommencent à circuler presque normalement.
03:08Mais la crise énergétique, elle, est loin d'être terminée.
03:11Oui, il y a une raison très simple qu'on retrouve à la une du Wall Street Journal ce matin.
03:15Ce qui recommence surtout à sortir du détroit d'Hormuz, c'est du pétrole brut.
03:20Et en fait, ce qui manque encore, ce sont les produits raffinés et notamment le diesel.
03:25Ces produits raffinés avant la guerre, ils représentaient 20% des cargaisons qui transitaient par Hormuz.
03:29Aujourd'hui, ils ne représentent que 11%.
03:32La raison, c'est que plusieurs grandes raffineries du Moyen-Orient ont été endommagées par les frappes de missiles,
03:38les frappes de drones et du côté iranien et du côté yéménite.
03:42Donc même si le brut recommence à circuler, il manque encore les capacités pour le transformer en carburant utilisable.
03:48Donc effectivement, la crise énergétique est loin d'être terminée.
03:51Voilà, et le prix du carburant, toujours aussi haut. Merci.