00:00Avec Annalisa Capellini à 6h15 sur BFM Business, Annalisa, toute la presse internationale parle de ce qui s'est passé
00:05ce week-end.
00:06Oui, ce qui frappe c'est notamment l'ampleur des violences. On va commencer par le Financial Times qui explique
00:12que oui, c'est vrai en France,
00:14les manifestations dégénèrent assez régulièrement en chaos, en affrontements avec la police, mais cette fois-ci il y a un
00:20niveau de pillage et de violence
00:24particulièrement dense. Et d'ailleurs, au-delà des violences, il y a une inquiétude dans la presse internationale sur la
00:29manière de gérer cette crise
00:30de la part de la classe politique française. C'est le Wall Street Journal notamment qui en parle et qui
00:35titre sur les dirigeants français
00:36qui se rejettent la responsabilité de ces émeutes dans une crise politique au moment où le pays, lui, est embourbé
00:43dans les difficultés budgétaires.
00:45Le Wall Street Journal qui parle de paralysie, une paralysie qui a été particulièrement visible selon cet éditorial
00:52pendant le discours d'hier soir d'Emmanuel Macron qui est resté vague sans annoncer aucune mesure concrète.
00:59D'ailleurs, pour le quotidien espagnol El País, cette paralysie-là est le symptôme d'un problème beaucoup plus profond.
01:05C'est tout le projet politique d'Emmanuel Macron qui est en train de s'effondrer.
01:09La France a mis le feu au macronisme, c'est le titre d'El País qui estime que les manifestations
01:14de ce week-end
01:15ont tout simplement acté la mort du projet politique du président qui a tourné le dos aux jeunes dans une
01:21France
01:22plus fracturée que jamais. Voilà la vie d'El País.
01:25Voilà, la presse internationale dans son ensemble très sévère avec la politique française.
01:29Ce week-end, il n'y a pas qu'en France que des manifestations ont dégénéré.
01:33Annalisa, en Italie aussi, plusieurs villes ont été secouées par des violences.
01:36Oui, et notamment en Milan où on aurait cru voir Paris, parce que le centre-ville s'est transformé en
01:41champ de bataille.
01:42Là aussi, le Corriere de la Serra raconte comment samedi, une manifestation contre le coup de la ville a dégénéré
01:50en affrontement avec la police.
01:52Avec des jets de pierre, de bouteilles, de pétards, des vitrines brisées, des magasins pillés.
01:56Bref, des scènes similaires à celles que vous connaissez.
01:59Ce qui frappe surtout en Italie, c'est l'âge des jeunes qui ont été impliqués dans ces violences.
02:03Le Corriere raconte que parmi les personnes interpellées, il y avait des enfants de 12 ans.
02:08Et d'ailleurs, 80% des personnes interpellées étaient des mineurs, selon les autorités italiennes.
02:14D'ailleurs, en Italie aussi, évidemment, ces affrontements-là provoquent des réactions politiques très fortes.
02:19Et là aussi, l'exécutif a dû réagir.
02:21C'est la Repubblica qui raconte aujourd'hui comment Giorgia Meloni, la présidente du Conseil italien, a choisi de faire
02:27face à cette violence.
02:28Eh bien, elle a choisi de contre-attaquer.
02:30Elle accuse aujourd'hui la gauche de ne pas être suffisamment ferme dans sa condamnation des violences.
02:35Elle dit que manifester est un droit, mettre nos villes à feu et à sang, non.
02:40Et d'ailleurs, toute réticence à condamner ces agissements devient une justification.
02:44Voici les mots de Giorgia Meloni.
02:46Et puis, bon, en Italie aussi, ça répond de l'autre côté.
02:48La gauche essaye de s'emparer du sujet, surtout de remettre les révendications des manifestants au cœur du débat.
02:54C'est la stampa qui consacre aujourd'hui un article à Elie Schlein.
02:57C'est la chef du Parti démocrate, l'opposition de centre-gauche.
03:00Eh bien, Elie Schlein a choisi ce week-end pour annoncer qu'elle est officiellement candidate à la présidence du
03:06Conseil.
03:06Oui, parce qu'en Italie aussi, il y a des élections prévues au printemps prochain.
03:10Vous voyez toutes les similitudes qu'il y a entre les deux situations.
03:13Eh bien, Elie Schlein veut faire de la colère contre le carovita, contre la vie chère, contre le coût de
03:18la vie, le cœur de sa campagne.
03:20Pour elle, après trois ans sous Giorgia Meloni, les Italiens sont plus pauvres et plus en colère.
03:25Je la cite et d'ailleurs, elle accuse Giorgia Meloni de se servir des violences pour faire oublier l'essentiel.
03:31C'est que derrière les affrontements de ce week-end, il y a aussi des dizaines de milliers d'Italiens
03:36qui sont descendus dans la rue
03:37pour dire qu'ils n'arrivent plus à vivre avec ce qu'ils gagnent.
03:40Décidément, beaucoup de similitudes en effet, à la fois dans les violences, dans le pouvoir d'achat,
03:44dans les revendications et dans l'affrontement politique et droite-gauche entre la France et l'Italie.
03:50Merci Annalisa.