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Découvertes sur le theme des mystères

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00:12Située environ une heure à l'ouest de Montréal, dans la MRC de Vaudreuil-Soulange,
00:17Près-Saint-Rédempteur est une petite municipalité rurale de 350 foyers.
00:21Avec une moyenne d'âge de 38 ans, les 914 résidents sont principalement des nouveaux arrivants.
00:28Ce rectangle de 24 km² encadre la rue principale, où se trouve par ailleurs le noyau villageois.
00:35À l'est, sur le Mont-Rigo, se trouve la zone résidentielle où vit environ 80 % des Rédempteurs-Rois.
00:42L'autre 80 % du territoire, zone et agricole, abrite le dernier 20 % de la population.
01:22La communauté très sédentaire est très influencée par ce contexte périurbain.
01:28Pendant plusieurs années, la municipalité a connu une diminution de la population,
01:32une diminution des services, la fermeture de l'école, l'église est de moins en moins occupée.
01:37Et là, tout d'un coup, on a une croissance de la population.
01:40Donc maintenant, le défi, c'est comment réussir à répondre à ces besoins-là, à ces nouveaux besoins, ces nouveaux
01:45défis,
01:45et bien sûr, à essayer de développer l'appartenance et pouvoir, ensuite, essayer de créer des mariages entre la communauté.
01:51L'avenue que Vaudreuil-Soulange doit prendre au niveau rural, c'est bien sûr la complémentarité, mais aussi se distinguer.
01:59Donc, être complémentaire à ce qu'il y a autour, il y en a beaucoup, que ce soit les milieux
02:03urbains au sein de Vaudreuil-Soulange,
02:05que la pression de la métropole montréalaise, ils doivent être complémentaires, essayer de se démarquer,
02:10faire valoir son côté champêtre, faire valoir ses paysages, faire valoir ses avantages d'y habiter,
02:16mais aussi essayer de trouver des façons d'y parvenir originales.
02:21Donc, ce que ça demande pour les communautés rurales, c'est d'essayer d'avoir une petite touche supplémentaire,
02:26une innovation un peu plus pour concilier les besoins de la communauté,
02:30mais ça dans un ensemble de forces, d'attractions qui viennent autour.
02:34Donc ça, ça demande la participation citoyenne, la participation des acteurs du milieu,
02:38et aussi avoir un bon groupe de personnes qui est prête à travailler pour concilier justement les opinions,
02:44les besoins et bien sûr les forces de chacun.
02:46Et le laboratoire de la CESUR est basé sur ça, comment on peut ensemble créer des solutions à nos besoins,
02:53comment pouvons-nous développer de nouvelles initiatives avec les forces du milieu.
02:57Donc ça, ça veut dire bien se connaître, connaître qu'est-ce qu'on peut apporter,
03:01et aussi savoir comment le développer.
03:03Et ça, c'est une expertise qui a été développée par CESUR,
03:05et que maintenant, avec le laboratoire et la sociocratie,
03:08on essaie de personnaliser ou du moins d'amener cette procédure-là, cette démarche-là à un autre niveau.
03:28Tout a commencé quand la MRC Vaudreuil-Soulange a décidé d'installer la fibre optique dans la région, dans la
03:35MRC.
03:36Quand ça a eu lieu, notre maire a voulu qu'on s'étende,
03:40on a cherché une compagnie qui pouvait faire l'extension, et on a eu une surprise.
03:46L'Internet n'était pas disponible pour tout le monde, encore moins l'Internet haute vitesse.
03:52Pour les grosses compagnies, il n'y avait pas d'argent à faire avec nous.
03:58L'infrastructure ne justifiait pas venir nous offrir le service.
04:03Les grosses compagnies comme Bell et puis Vidéotron n'étaient pas intéressées du tout à devenir altresseur édempteur.
04:11Avec les citoyens et le conseil municipal, on a décidé d'aller vers une coopérative.
04:26La coop, c'est sûr, elle est née ici, elle est née derrière moi, dans cette grange, à ce bar.
04:32En fait, ça est arrivé après une consultation publique qui a eu lieu ici, à Très-Saint-Rédempteur, à la
04:37salle municipale.
04:37Et parmi nous, nous avons Normand Molland, qui est un scientifique assez original dans notre village,
04:44qui, comme ça, on se connaissait à peine à la sortie de la Réunion, a dit « Mais pourquoi on
04:48ne le ferait pas nous-mêmes ? »
04:49J'ai dit « Écoutez, moi je sais comment le faire. Mettons-nous ensemble, on va faire une coopérative et
04:56on va réussir ça, sans eux, sans les compagnies. »
05:01Là, il y a Benoît Guichard, Alice Couette, Guy Guénette, qui ont dit « Ok, si tu fonces, on fonce
05:08avec toi. »
05:09On était surpris, tout ça, on disait « Ah, ça vaut la peine. »
05:12On s'est retrouvés, donc, dans la soirée, dans la grange chez Benoît, à parler de tout ça.
05:18Et puis, l'idée a fait son chemin.
05:22Et donc, nous avons décidé de partir la coopérative à cet endroit-là, avec le courage de l'inconscience,
05:27évidemment, sans se douter du tout de tous les écueils qui nous attendaient et des problèmes qu'on aurait à
05:33affronter.
05:34Notre idéal commun, c'est essentiellement de développer ici, ou de permettre le développement ici,
05:41de fournir l'outil de développement pour des activités communautaires, pour des services fournis par la communauté.
05:48C'était en particulier pour l'Internet.
05:50Donc, tous les dialogues, tous les travaux, le travail qui a été fait, c'était dans le but d'amener
05:55l'Internet haute vitesse en milieu rural.
05:59On avait, à ce moment-là, parlé, effectivement, du problème Internet haute vitesse comme étant un problème à régler
06:04pour pouvoir établir aussi une communication entre les résidents.
06:07Et à partir de cette idée-là, est venue l'idée de peut-être se servir de ce médium pour
06:11rejoindre le plus possible de monde
06:13et pouvoir faire des projets communautaires ensemble.
06:16Et là, la machine à idées était partie.
06:17Le laboratoire rural est venu comme une occasion magnifique de faire démarrer cet aspect-là de la coopérative
06:23après avoir fait démarrer le cours de micro-ondes.
06:26On s'est dit, fournir l'Internet par micro-ondes, c'était le premier but, pour avoir une source de
06:34revenus essentiellement.
06:35Donc, en fait, c'était le premier jalon pour créer une communauté beaucoup plus rassemblée, solidaire, en communication constante, et
06:45ainsi de suite.
06:45C'est ça, en offrant différents services, qu'un service seul ne pouvait pas fonctionner, mais si on en mettait
06:51plusieurs,
06:52à ce moment-là, il se formerait un genre de synergie et que ça pourrait être viable.
06:59C'est probablement ça qui m'a retenu ici. Je voyais qu'il y avait un potentiel à être serré
07:04dans le terre.
07:04Il y avait beaucoup de gens sympathiques qui voulaient s'impliquer, qui voulaient changer des choses, améliorer des choses.
07:09Depuis ses débuts en 2006, la coop, c'est sûr, loue de la municipalité, un espace de bureau dans le
07:15centre communautaire.
07:16Et il y a fait ériger, à l'extérieur, sa toute première tour.
07:49Musique
08:01Ma vision du départ du laboratoire rural était un projet qui était censé nous aider à revitaliser le noyau villageois,
08:12de ramener une vie intense au cœur du village.
08:16C'est sûr qu'au commencement, je n'avais aucune idée de ce que c'était un laboratoire rural.
08:21Mais par contre, en m'impliquant beaucoup, j'ai vu que c'était quelque chose de très positif,
08:26qui pouvait amener des changements qui étaient positifs pour la municipalité, pour tout le monde en général.
08:32Est-ce que des valeurs sont partagées entre la coop et le laboratoire rural? Des objectifs?
08:40Je n'aime pas trop le mot « valeur », mais un des objectifs communs au laboratoire rural et à
08:46la coopérative,
08:47j'ai envie de dire oui essentiellement, mais le laboratoire rural, je le vois comme un bras de la coopérative.
08:54Par la suite, c'est sûr, comme dans tout ce genre d'entreprise communautaire et qui fonctionne sur le bénévolat,
08:59ces forces-là s'épuisent aussi.
09:01On n'avait pas les ressources pour le faire.
09:04Il fallait que je trouve des gens, des gens qui adhéraient à cette idée-là pour mener à bien ce
09:12projet-là.
09:13Il y avait des dettes par-dessus les oreilles.
09:15Il fallait qu'on réponde aux besoins, à tous les problèmes techniques que l'implantation dans un territoire aussi difficile,
09:20que les entreprises privées ne voulaient pas faire, et que nous, on essayait de relever comme défi.
09:35Évidemment, à ce moment-là, on n'avait pas l'idée d'un laboratoire rural comme tel.
09:41On voulait tranquillement faire du développement citoyen, on voulait créer une espèce de synergie
09:46qui permettait de réinventer notre façon de se gouverner nous-mêmes à l'intérieur de la communauté,
09:54ou plutôt d'être l'initiateur de projets que la communauté ne pouvait pas se payer autrement que par le
10:00volontariat
10:00et le bénévolat.
10:02Et puis, le laboratoire rural est venu de l'ISCUE, qui a trouvé ce programme,
10:08qui était donc offert par le MAMRO à l'époque,
10:12et qui permettait d'expérimenter des nouvelles méthodes en ruralité.
10:18Or, nous, ça nous a tout de suite interpellés, parce qu'on s'est dit,
10:21tiens, voilà, on veut, dans le fond, nous créer une nouvelle façon
10:24d'être des promoteurs citoyens de projets collectifs,
10:29de promouvoir la solidarité et la démocratie, si on veut, participative au plus possible.
10:34Le premier levier, c'est évidemment que le ministère a été intéressé dès la première occasion,
10:40dès notre première candidature.
10:41On s'est fait dire, OK, c'était une excellente candidature, mais...
10:46Mais on n'avait pas de méthode comme telle.
10:48On voulait expérimenter quelque chose pour, dans le fond, trouver notre propre méthode.
10:52On nous a dit, écoutez, c'est intéressant, mais reformulez un peu votre demande,
10:56de façon à ce que les objectifs soient plus clairs.
10:58Et puis, troisième tentative, coup de génie, impliquer la sociocratie là-dedans.
11:04C'est vraiment un trait de génie.
11:06D'abord, parce que la méthode est excellente.
11:08La sociocratie est une excellente méthode pour faire ce genre de travail,
11:12c'est-à-dire amener les gens à travailler entre eux, plutôt que les uns contre les autres.
11:18Et, deuxièmement, on proposait quelque chose qui n'avait jamais été testé auparavant,
11:21c'est-à-dire l'usage de cette méthode de discussion, de mise en commun d'efforts,
11:28pour progresser, gérer, disons, la revitalisation ou la réactivation de la vie communautaire dans une municipalité.
11:37On a présenté ça, et là, ça a démarré.
11:40Le ministère a été enchanté par l'idée de sociocratie.
11:43C'est une forme de prise de décision par consentement.
11:46Donc, ça nous semblait être très éclairant pour nous, et surtout très structuré.
11:50Ça avait déjà été employé, expérimenté depuis une quarantaine d'années en Europe.
11:55Il y avait des gens qui faisaient l'implantation de la sociocratie importante au Québec.
11:59Donc, on s'est renseignés, on a découvert sociogestes, et on s'est associés à eux.
12:05Et c'est comme ça qu'on a eu la fameuse demande de laboratoire rural.
12:08Donc, au départ, c'était pour expérimenter une méthode de gouvernance communautaire,
12:14sur le mode d'une démocratie participative par consentement.
12:18Très compliqué, tout ça, finalement, la méthode de la sociocratie nous permettait de l'expérimenter
12:22et de voir comment elle pouvait s'implanter dans un milieu comme le nôtre.
12:24Et on était certain, par le mode de sociocratie, de la façon qui s'est amenée,
12:29que chacun pourrait avoir son droit de parole.
12:32Pour nous, c'était une façon d'aller chercher les gens, les bénévoles,
12:38et surtout aussi de les motiver, puis pour qu'ils se sentent vraiment partie intégrante de tout ce grand projet
12:45-là.
12:45Après avoir entendu parler les gens entourant le laboratoire rural « Mon rêve, mon village »,
12:51de la façon dont ils ont vécu la sociocratie,
12:54j'ai décidé de me rendre à Mascouche, à la maison de théâtre côte à côte.
12:58Là-bas, ils ont testé et implanté avec succès la sociocratie au cours des six dernières années.
13:04Se sont d'ailleurs beaucoup intéressés à notre cheminement.
13:07Les ateliers artistiques côte-à-côte, c'est une entreprise qui existe depuis 1991.
13:15Donc, c'est une entreprise qui maintenant compte plus de 20 employés.
13:19Je dirais même plus de 25 employés, pour être juste.
13:23Et c'est une entreprise d'animation en théâtre et en improvisation.
13:27On a décidé de travailler de façon sociocratique suite à une proposition que j'ai amenée à l'équipe.
13:35Donc, évidemment, c'était dans les années 2007-2008.
13:40J'ai fait une journée d'initiation en sociocratie.
13:45Donc, j'ai découvert, moi, en tant que chef d'entreprise, la sociocratie.
13:49Et je m'y suis intéressée.
13:51J'ai alors été faire de la formation un peu plus approfondie.
13:55Et je me suis dit, ah, ce serait un mode de gouvernance intéressant, ça, pour mon entreprise.
14:01Donc, la sociocratie, aujourd'hui, se vit de façon quotidienne dans l'entreprise.
14:08La sociocratie se vit naturellement dans l'entreprise.
14:13Même les nouveaux sont initiés un peu, bien, beaucoup par les anciens.
14:18Donc, je te dirais que ça coule.
14:20Nos rencontres vont de plus en plus vite.
14:23Ça a amené une maturité aussi dans l'équipe, une solidité.
14:27Ce qui fait que c'est naturel pour nous maintenant.
14:32Tout ce qu'on fait, les décisions qu'on a à prendre, ça fait partie de notre quotidien tout le
14:38temps.
14:46La sociocratie, ça repose sur trois principes qu'on retrouve dans l'organisation des systèmes qui s'auto-régulent.
14:53Le premier principe, on va l'appeler le principe d'équivalence.
14:57Je vous donne un exemple dans le monde mécanique.
14:59Si vous prenez une montre, par exemple,
15:02bien, n'importe quel petit engrenage dans la montre va avoir le même pouvoir.
15:07Parce que s'il brise, il arrête la montre.
15:10Ils ont tous le même pouvoir, un pouvoir équivalent.
15:13Le deuxième principe, le principe de la hiérarchie,
15:16c'est qu'une organisation, elle n'est pas isolée de son environnement.
15:22Il y a toujours un principe supérieur qui la dirige.
15:25Par exemple, quand on est dans un groupe,
15:27ce n'est pas juste les relations entre nous qui forment le groupe.
15:31On a besoin d'un principe supérieur, d'une énergie extérieure qui va tenir le groupe.
15:36On appelle ça la vision du groupe, l'objectif, le but, etc.
15:40Donc, c'est important cette hiérarchie-là.
15:43Plus on monte dans une organisation, plus les buts sont plus larges, on veut.
15:48Et le troisième principe, c'est celui d'être ouvert au feedback de l'environnement.
15:53Un organisme qui n'est pas ouvert au feedback de son environnement,
15:56bien, elle ne s'adapte pas.
15:58Donc, les organismes vivants s'adaptent.
16:00Donc, ces trois principes-là qui sous-tendent la sociocratie.
16:03Et de ces trois principes-là, on a dérivé quatre règles de management
16:08qui vont structurer différemment l'organisation.
16:12La première règle, le consentement.
16:14Pourquoi le consentement?
16:15Pour rétablir la relation d'équivalence entre les membres d'une équipe ou d'une organisation.
16:23Les autres modes de prise de décision qui sont, par exemple, le mode autocratique,
16:28une personne qui décide, bien, on est dans une relation de domination.
16:34En démocratie, bien, c'est la domination de la majorité.
16:38En sociocratie, on ne veut ni la domination de la majorité, ni la domination d'une personne.
16:43On ne veut pas de domination.
16:46Donc, on va changer le mode de prise de décision.
16:48Et on ne demandera pas aux gens de voter.
16:51On ne leur demandera pas s'ils sont d'accord.
16:54On va leur demander « avez-vous des objections? »
16:56Et on va traiter ces objections jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'objections.
17:01Ce qu'on appelle la règle du consentement.
17:06La deuxième règle, c'est le lieu de prise de décision.
17:09Dans nos structures traditionnelles, on fonctionne dans des structures hiérarchiques.
17:15Ce sont des structures d'exécution.
17:17Mais si on essaie de prendre nos décisions dans la structure d'exécution, dans la pyramide classique,
17:22bien, c'est une organisation où le pouvoir est plus grand, plus on monte en structure.
17:29Donc, on n'est pas dans une relation d'équivalence.
17:31On va créer ce lieu-là, on va appeler le cercle, qui va se superposer par-dessus la structure pyramidale
17:38classique.
17:39Mais dans le cercle, quand les gens vont venir dans le cercle, c'est pour prendre des décisions.
17:44Quand ils seront dans la structure d'exécution, ce sera pour les exécuter.
17:48Donc, on aura des lieux distincts pour l'exécution et pour la prise de décision.
17:52La troisième règle, c'est la règle du double lien.
17:56Dans la nature, les liens entre les différentes parties, les différentes composantes d'un système sont multiples.
18:05Alors que dans notre pyramide classique, c'est le chef qui fait le lien entre les deux,
18:10entre en haut et en bas, l'équipe de son patron, puis son équipe.
18:14Donc, on a un seul lien.
18:17Ça manque un peu de possibilité, finalement, de feedback.
18:23Donc, on va nommer une seconde personne dans le cercle inférieur qui va venir siéger avec le chef dans l
18:30'unité supérieure, dans le cercle supérieur.
18:32Ce qu'on appelle le second lien.
18:34Donc, on voit qu'il y a deux liens entre les niveaux hiérarchiques.
18:38Comme ça, finalement, la communication va descendre, mais aussi remonter.
18:44Et la quatrième règle, c'est l'élection sans candidat.
18:47C'est-à-dire que les membres d'un cercle, que ce soit les officiers de cercle, c'est-à
18:52-dire l'animateur, le secrétaire, le second lien,
18:56ils sont élus sur la base du consentement.
18:58Mais pas seulement ces gens-là, aussi les gens dans la structure, dans les fonctions qu'ils vont occuper dans
19:04l'organisation.
19:05À tous les deux ans, le cercle se réunit pour réaffecter les gens dans les fonctions.
19:10Et ça se fait sur la base du consentement du cercle.
19:23Le 19 septembre 2009, se déroulait une grande consultation publique,
19:29orchestrée conjointement par la municipalité et la coop, c'est sûr,
19:33dans le but de réfléchir ensemble au développement local.
19:36Les intentions se voulaient positives et rassembleuses.
19:39Cependant, contre toute attente, les organisateurs ont plutôt fait face à un mur de résistance.
19:46La crainte, au cœur des propos nommés, résonnait sans réponse.
19:51Le souvenir de cette journée incarne et rappelle encore aujourd'hui
19:55le clivage entre les visions et les intérêts des citoyens de Tressin-Rédempteur.
20:00Mais il marque surtout la triste fracture entre la municipalité, la coop, c'est sûr et le laboratoire rural.
20:09Donc, en fait, ces résistances se sont manifestées réellement le jour où on a fait un exercice sociocratique en place
20:14publique.
20:14C'est-à-dire, en 2009, on a créé une espèce de consultation publique en partenariat avec la municipalité,
20:27qui a été finalement orchestrée sur le parvis de l'église en cercle fait par des bottes de foin,
20:34qui étaient en cercle, que nous avait prêtées gentiment à un agriculteur.
20:38Et ces bottes de foin-là, dans le fond, représentaient différents cercles de consultation.
20:44Donc, on avait demandé aux gens de prendre place à l'intérieur des bottes de foin
20:47et on avait placé un animateur qui était un peu plus habile en sociocratie,
20:52prêté gentiment par l'école des chefs en sociocratie, sociogestes,
20:56qui, dans le fond, servait d'animateur de ces cercles de consultation publique.
21:00Or, là, il y a un paquet de dossiers qui se sont mélangés ce jour-là,
21:04parce qu'on était dans un dossier très sensible,
21:06qui était l'acquisition par la municipalité de l'église,
21:09qui était abandonnée par les Véché, dans le fond.
21:12Je souhaite votre opinion et vos avis de nous aider dans notre réflexion
21:18pour les prochains mois à venir et les prochaines années.
21:23Comme vous le savez, en 2010, on a acheté l'église et le présbytère de la municipalité.
21:29Et avec la rentrée du laboratoire rural, les citoyens n'ont peut-être pas compris.
21:39Et puis, je pense que je peux prendre un peu de blande là-dedans pour expliquer exactement
21:43c'était quoi le laboratoire rural et c'était quoi son rôle.
21:47Il y a eu un mélange.
21:49Et puis, ça a été, comme je vous dis, la demande de référendum pour l'achat.
21:54L'achat était déjà fait.
21:56On avait déjà fait, comme on dit, des promesses d'achat.
22:00Ça fait qu'on n'a pas été capables d'aller chercher tout ce que, l'information qu'on voulait
22:07donner.
22:08Et puis, c'est là que la municipalité a fallu prendre une distance.
22:14Le dossier était sensible parce que la perception des citoyens était étrange à ce niveau-là,
22:18en se demandant « Qu'est-ce que vous voulez faire de l'église?
22:20Est-ce que c'est nos taxes qui vont payer ça? »
22:22Est-ce que tout le monde a toujours peur, évidemment, que les taxes augmentent?
22:25Ce n'est pas du tout le cas.
22:26L'idée, c'était « Bon, voilà, ce bâtiment nous appartient.
22:28Est-ce que c'est normal que les véchés le vendent? »
22:31Surtout que c'est attaché au cimetière dans lequel il y a toutes les tombes et les concessions
22:35qu'il faut continuer à entretenir.
22:36C'est un dossier très sensible et qui a créé beaucoup de confusion dans la tête des citoyens
22:40et qui a tout à fait, je crois, soulevé beaucoup de peur et d'angoisse.
22:46C'était vraiment le terroir même de la place qui était en jeu.
22:52Les origines, le patrimoine.
22:54Finalement, on s'est engagé dans un faux débat, à mon point de vue.
22:58Un débat plutôt politique, alors qu'on voulait vraiment travailler juste sur l'aspect développement local.
23:05Quand le laboratoire rural est arrivé, nous, on était très heureux de le communiquer.
23:09On a fait ça en grand.
23:11La municipalité s'est jointe à nous aussi, à l'intérieur de ces communications-là.
23:14Et c'est là qu'il y a eu, peut-être dans la communication, j'en prends le blâme,
23:19ça n'a peut-être pas été fait de façon assez claire, une forme de confusion qui est née dans
23:24l'esprit des citoyens.
23:25Et qu'on vut se mélanger, d'un côté, les intérêts de la coop et ceux de la municipalité et
23:31des élus.
23:32Et là, on a découvert que finalement, on touchait une fibre sensible, le pouvoir.
23:37Et on a découvert aussi plus tard que finalement, la légitimité de la coopérative pour travailler directement avec les citoyens,
23:50on ne l'avait pas tout à fait.
23:53Parce que finalement, c'est les élus qui ont ce mandat-là.
23:57Avez-vous rencontré des freins aussi qui vous ont demandé, en fait, qui vous ont permis de faire des apprentissages?
24:05Bien, les grands freins, bien sûr, c'est cette tentation d'aller se battre, d'aller prouver qu'on a
24:11une méthode fantastique à d'autres.
24:13Il y a eu l'erreur qu'on a commise au début, l'erreur flagrante d'essayer d'embarquer tout
24:21le monde dans un mouvement sociocratique
24:23sans avoir d'abord expliqué et sans avoir transformé ça en un jeu agréable pour le monde.
24:30Parce que c'est la seule façon d'apprendre.
24:32On n'a qu'à voir, les enfants apprennent par le jeu, les adultes aussi, ils ne le savent plus,
24:36c'est tout.
24:38Mais si on avait réussi à transformer ça en une opération ludique, en quelques fêtes qui se suivent à quelques
24:45semaines de distance,
24:46tout le monde aurait embarqué, beaucoup plus facilement.
24:48Ce n'est pas ça qu'on a fait. On a essayé d'avoir l'air sérieux et tout, c
24:52'était une gaffe.
24:54On a essayé de présenter ça tout d'un coup, c'était une deuxième gaffe, encore beaucoup plus grosse que
24:57la première.
24:58C'est comme si on avait pris pour acquis que la population adhérait à ce projet-là.
25:04qu'on était tellement là-dedans depuis tellement de temps.
25:09On était comme une locomotive, on ne s'est pas assuré que les gens suivaient en arrière.
25:14On a voulu démarrer à toute vitesse et on a voulu démarrer en montrant la sociocratie à tout le monde,
25:19en faisant faire une expérience à tous les citoyens, à la municipalité.
25:23Et ça, bien, ils n'avaient pas été préparés.
25:27Ils n'avaient pas été préparés, nous n'étions pas préparés.
25:30Il faut être honnête aussi. On n'avait pas, nous, étudié comment le faire.
25:34Ça a été bâclé.
25:37On a démarré plein gaz.
25:39Beaucoup d'enthousiasme, mais peu de cohérence dans le travail.
25:42Et le résultat est que les gens ont eu l'impression, dans la municipalité, de se faire manipuler.
25:46Oui, c'est sûr que quand le Montréal, mon village a commencé, c'était très mal vu par les citoyens.
25:51C'était négatif.
25:52Il n'y avait rien de positif.
25:54Le monde, il voyait ça comme un danger, que tout se transforme en une grosse municipalité, une grosse ville.
26:03On a eu des problématiques au laboratoire, il ne faut pas se le cacher.
26:08Il y a eu de la mauvaise information et il y a eu de la désinformation.
26:12J'ai senti une disponibilité évidente de la part des citoyens, mais du côté municipal, ça a été beaucoup plus
26:22ardu.
26:23C'est une municipalité rurale et ses représentants, finalement, étaient plutôt du camp, du statu quo.
26:36Et la municipalité s'est vraiment dissociée du laboratoire rural, de la coop à ce moment-là.
26:44Et on a vécu une sorte de fracture à ce moment-là, difficile à vivre à la coop.
26:49Il y avait forcément un changement derrière le projet du laboratoire.
26:53Et je pense que de part et d'autre, il y avait un chemin à faire pour que les gens
26:58puissent réussir à comprendre
27:00que les changements qui étaient souhaitables et souhaités par plusieurs étaient au bénéfice de tout le monde, finalement.
27:08La résistance au changement, je pense qu'on a tous peur du changement dans notre vie.
27:12Je pense que c'est une réaction qui est tout à fait normale.
27:16Probablement qu'il y avait une incompréhension du monde vis-à-vis le laboratoire.
27:19On voit quand on parle de laboratoire, il y a peut-être eu le mot sociocratie dans tout ça aussi,
27:23qui a fait peur au monde. C'est un mot qui fait peur.
27:26Tout passe par la formation. Puis les gens qui n'ont pas de formation,
27:30quand on leur parle de sociocratie, quand ils n'ont pas de connaissances,
27:34tout de suite, ils se sentent insécurisés, puis tout de suite, ils se braquent.
27:37Voyant la résistance citoyenne, voyant tout ça, il y a eu un peu une...
27:40pas une défection, mais disons un changement de cap qui s'est fait à l'intérieur du CA.
27:44Alors bon, les résistances externes se sont ajoutées aux résistances internes.
27:47Et le laboratoire rural est devenu quasiment un problème à gérer
27:51plutôt qu'à le beau projet de départ qu'il fallait implanter le plus vite possible
27:56suivant l'agenda qu'on avait vendu au Mamreau, dans le fond.
27:59Certains membres se sont exclus du projet, ont pris de la distance avec le projet
28:09pour permettre au projet de continuer, mais ça a créé un vide,
28:14un certain vide à l'intérieur de l'équipe et, il faut le dire, un certain malaise.
28:20Certains membres ont démissionné dans le but d'apaiser les tensions
28:23et de changer le regard négatif porté vers la coop.
28:27C'était très lourd.
28:28La fragilité de l'organisation naissante, les visions divergentes
28:32et le manque de temps pour gérer d'un côté les opérations en plein essor
28:36et de l'autre les résistances a causé beaucoup de malaise au sein de la coop, c'est sûr,
28:41et du laboratoire rural.
28:43Suite à ces bouleversements, le projet initial de Mon rêve, mon village a dû être réaligné
28:49et les actions prises ont dû être plus discrètes.
28:53Le dynamisme local, voire même régional, a tout de même beaucoup grandi
28:57avec les projets qui ont émané du laboratoire rural.
29:01Et après tout, le temps fait bien les choses.
29:04Près de quatre ans se sont écoulés et la coop, c'est sûr,
29:07est prête à remettre la sociocratie au cœur de ses préoccupations.
29:11Aujourd'hui, le laboratoire est dans un moment où il doit se poser des questions.
29:16avec tout ce qui est vécu, tout ce qui est chambre en ligne dans la communauté,
29:19avec tous les essais qu'ils ont eus, les bons, les pour,
29:23essayer de dresser un portrait qui est, disons-le, le plus positif possible.
29:27Donc, il y a eu beaucoup de bons coups et là, maintenant, il faut les mettre de l'avant.
29:30Le laboratoire est rendu à un moment où ce qu'il doit mettre de l'avant, c'est réussite, c
29:34'est résultat.
29:35Il y a énormément d'initiatives qui ont connu du succès dans la région
29:38et qui sont, à la base, des initiatives du laboratoire de l'assessor.
29:42Donc, aujourd'hui, je crois que le laboratoire doit, on s'excuse l'expression,
29:47mais doit un peu se péter les bretelles en disant, écoutez, ces initiatives-là,
29:51à la base, viennent d'une graine, d'une petite poussière d'idées
29:55qui est née très sereine d'âme terre et qu'aujourd'hui, jaillit sur l'ensemble de vos résultats.
30:00Au sein du laboratoire rural, on a été profité de la présence de deux stagiaires au fait du temps.
30:04Est-ce que tu pourrais nous en dire plus?
30:06Ces deux stagiaires-là, finalement, nous ont permis de réaliser peut-être plus rapidement certaines activités.
30:12C'était une ressource de plus, finalement, qu'on pouvait mettre en contribution.
30:18Puis, en même temps, ça lui permettait à cette personne-là de compléter, je dirais,
30:23par du véhicule sur le terrain, les connaissances qu'elle avait acquises.
30:27Du laboratoire rural a quand même émergé plusieurs projets de mobilisation citoyenne.
30:32Ça s'est fait dans le temps, ça s'est fait autrement, mais ça s'est fait quand même.
30:37Et c'est très intéressant de les voir évoluer aujourd'hui.
30:48C'est sur la télé, émane de la coop, c'est sûr.
30:52Les membres fondateurs se sont dit, pourquoi pas, faisons une télévision communautaire dans la région.
30:59Au début, on se demandait quelle forme qu'on va prendre,
31:02parce que la plupart des télévision communautaires au Québec sont soit privées
31:05ou soit c'est des organismes à but non lucratif.
31:08Cette fois-ci, ils se sont dit, pourquoi pas faire une coopérative de solidarité.
31:13C'était l'idée de départ, ça a été une première, justement, au Québec.
31:17Par exemple, l'un des projets qu'on a pu faire,
31:20c'était une soirée du hockey en direct, faite par des jeunes de 5e et 6e année.
31:24Les jeunes devaient produire la totalité de l'émission,
31:29c'est-à-dire la caméra, l'aiguillage, le son, le chroniqueur, le pointeur, le journaliste.
31:37Ils travaillaient à toutes les étapes.
31:38Ils montrent Francis Francis Wilson, là, c'est-à-dire qu'il y a un beau lieu marqué par le
31:46numéro 88, Francis Wilson.
31:49Et la vision de ça, bien sûr, c'était de permettre à toute la population de la région
31:54d'avoir accès à un média, à l'image du citoyen.
31:59Parce que c'est ça une télévision communautaire, c'est la voix du citoyen.
32:11Le collectif En Transition, ça vient du mouvement des initiatives de transition,
32:15ou aussi appelées villes et villages en transition, qui vient d'Angleterre
32:20et qui est un grand mouvement international,
32:22qui visent à dynamiser leur milieu pour qu'ils deviennent plus résilients.
32:27Nos objectifs, c'est de créer des événements rassembleurs,
32:30donc mettre les gens ensemble pour premièrement les sensibiliser,
32:33mais aussi pour reconstruire le tissu social.
32:36Comme par exemple, des projections de films, des activités de discussion,
32:41des conférences, ce genre de choses,
32:44qui vont permettre de réunir des personnes qui sont intéressées par un ou plusieurs sujets
32:49et de faire en sorte que de là émerge une certaine cohésion,
32:53une certaine vision citoyenne et des projets citoyens.
32:57Comment est-ce qu'on va construire des milieux qui vont être résilients ?
33:01Résilients dans le sens qu'ils vont être capables de résister à la crise
33:05qui est induite par « on n'a plus de pétrole » ou « on a beaucoup moins de pétrole,
33:11les prix montent ». Comment elles vont se réorganiser pour faire en sorte
33:14qu'un avenir avec moins de pétrole soit meilleur qu'un présent avec plein de pétrole ?
33:21C'est ça un petit peu l'idée de base des initiatives de transition à travers le monde.
33:26Et donc comment ils font ? C'est ce que j'expliquais tout à l'heure,
33:29c'est-à-dire qu'on va sensibiliser notre communauté sur des faits de société
33:36et ensuite on va dynamiser ce milieu-là pour que de la base naisse une vision
33:42de comment est-ce qu'on se voit dans 10, 15, 20 ans
33:46et quelles sont les étapes, c'est quoi les projets qu'on va mettre en œuvre
33:49pour créer une communauté riche, solidaire, joyeuse, etc.
33:55et qu'au final c'est résilient.
34:07Je suis ici pour vous parler de la Co-op Notre-Vilège,
34:10qui est une initiative qui a été lancée à travers le laboratoire rural,
34:16notamment par Jean-Luc, dans le temps qu'il était responsable du laboratoire dans la région.
34:24Ça part de quoi ? Ça part des groupes d'achats.
34:26On est membre, nous on est un groupe à Rigo et dans la région de gens qui consommons bio.
34:31On est donc déjà, on profite d'un système qui nous permet de manger bio
34:39sans devoir aller dans les grandes surfaces pour acheter notre alimentation.
34:44et l'idée, en fait, part de ça, c'était d'essayer de créer un format,
34:49de créer une entreprise, une organisation qui permettrait d'offrir cette solution-là à tout le monde, finalement.
34:55Toutes les personnes qui souhaitent manger bio, leur donner une alternative aux grandes surfaces.
35:00Alors, en ce moment, nous sommes composés de 12 membres, 12 familles de 12 ménages.
35:08Et voilà, nous allons, aux deux semaines, compiler une commande selon le besoin des membres.
35:17Nous allons passer la commande auprès du grossiste directement.
35:22Là, on parle de fruits et légumes, par exemple,
35:23mais on parle aussi de produits laitiers, de pain, de oeufs, de produits de viande, de poisson.
35:31Et une fois que la commande a été envoyée au grossiste,
35:35deux semaines plus tard, on la reçoit ici, chez moi, à présent, dans le garage.
35:41Et ensuite, on partage, alors, entre nous, ce qui a été commandé.
35:46Bien sûr, quand on commande auprès d'un grossiste, on doit combler des caisses complètes.
35:51Ce sont de plus grosses quantités que ce qu'on peut acheter en tant que consommateur normal dans le supermarché.
35:59Donc, de là, l'idée de se rassembler en groupe pour pouvoir combler ces grosses quantités-là.
36:05Mais de là aussi, l'avantage d'avoir des prix très, très, très avantageux.
36:09Nous avons maintenant vraiment, je peux dire que tout ce qu'on achète,
36:13c'est à peu près au même prix, voire moins cher, que ce qu'on trouve dans le supermarché non
36:20bio.
36:21Les gens s'occupent de faire le partage, d'autres s'occupent de faire la compilation,
36:24d'autres s'occupent de faire les ententes avec les fournisseurs.
36:28Donc, c'est un travail, finalement, communautaire.
36:31Tout le monde met un peu du sien.
36:33Et ça nous permet, donc, de recevoir ici, au domicile de quelqu'un, l'alimentation.
36:38Puis, de cette façon-là, on profite de meilleures conditions pour l'achat.
36:46Les tarifs sont meilleurs.
36:47Et aussi, on s'assure de la qualité.
36:49On a un contact direct avec le fournisseur.
36:51Alors, au début, bien sûr, l'initiative est venue par le laboratoire rural,
36:56par Jean-Luc Henry en personne.
36:58Donc, celui qui, avec les autres membres, a développé le fonctionnement.
37:04C'était tout nouveau.
37:05Donc, faire le contact avec les fournisseurs, les grossistes, les distributeurs.
37:12Établir un fonctionnement.
37:14C'est-à-dire, établir la façon comment on va maintenant fonctionner.
37:18Prendre les commandes, partager par la suite, les règlements de compte.
37:23Tout ça a été accompagné tout le long et établir de cette façon-là.
37:41Un système d'échange local et le système d'échange local de Soulange,
37:45c'est une sorte de monnaie complémentaire.
37:47Le but du CEL, c'est de partager des valeurs, de partager des services, des biens, sans utilisation de l
37:55'argent.
37:56Par exemple, moi, pour terminer ma galerie, je devais me débarrasser d'un tronc d'arbre.
38:01Et j'ai fait appel à quelqu'un qui, lui, avait l'expérience de couper des troncs d'arbre.
38:05Il est venu ici tout à fait gratuitement.
38:07Et grâce à lui, son expertise, j'ai pu terminer ma galerie sans difficulté.
38:13Donc concrètement, on a un site Internet dans lequel les membres ajoutent les offres,
38:18ce qu'ils sont capables d'offrir, ajoutent les demandes.
38:21Et ça sert de lieu de comptabilisation, en quelque sorte.
38:24C'est un système qui est basé sur des points, dont chaque point équivaut à une minute.
38:29Donc la personne vient, si ça lui prend 10 minutes, donc je lui donne 10 points.
38:34Cette personne-là utilise ces 10 points-là pour donner à une autre personne, pas nécessairement à moi.
38:40C'est un échange de la case, c'est le même qui fonctionne.
38:42Contrairement au trac, lui, c'est « Donne à mon voisin, et le voisin doit me donner quelque chose en
38:47échange qui est équivalent. »
38:48On parle à nos voisins, on échange des valeurs, on échange du temps.
38:52Puis à la fin, c'est que tout le monde finit par se connaître.
38:55On renforce les tissus sociaux.
39:07Je fais partie d'un groupe de citoyens qui s'appelle « Les citoyens au courant ».
39:12Ce groupe existe depuis le mois de janvier 2013,
39:16moment où on a commencé à se pencher sur la question de l'oléoduc qui passe dans notre village.
39:23Alors la première chose qu'on a faite au mois de janvier,
39:26c'est de constater qu'il y a un oléoduc qui traverse notre village et les villages avoisinants.
39:31Et, par le même temps, qu'il n'y a personne qui est au courant de cet oléoduc.
39:36Ni qu'il existe, ni qu'il y a de nouveaux projets qui vont changer le mandat de cet oléoduc
39:41de façon importante.
39:44Donc, nous avons décidé d'organiser un événement d'information,
39:48une information publique, qui a eu lieu à Sainte-Justine-de-Newton le 11 mars.
39:54Et nous avons publicisé cet événement grandement.
39:58Et il y a eu 200 citoyens qui sont venus, représentant 24 municipalités et beaucoup d'élus municipaux,
40:07des élus aussi provinciaux et fédéraux qui sont venus à cette soirée-là.
40:14Donc, notre première mission, c'était d'informer la population qu'il y a quelque chose qui change chez eux.
40:22Cette goutte d'eau, ça représente l'importance de l'eau propre.
40:28Ici, à Très-Saint-Rédempteur et à Soulanges, en général, on boit de l'eau souterraine.
40:33Il y a 60 % de la population de Soulanges qui boit de l'eau souterraine et à Très-Saint
40:37-Rédempteur, 100 % des habitants.
40:41Ça veut dire que s'il y a une micro-fuite de cet oléoduc ou une grosse fuite, c'est
40:48notre eau qu'on ne pourra pas boire.
40:50Toutes ces initiatives citoyennes qui ont été soutenues par le laboratoire rural sont maintenant indépendantes et autonomes.
40:57Par la suite, dans le but de poursuivre la vision du projet initial, la coop, c'est sûr, a dû
41:03modifier sa charte pour devenir une coopérative multi-services
41:07et ainsi permettre l'intégration de nouveaux services coopératifs.
41:11On a regardé différentes formules, toujours en maintenant l'exigence qu'on s'était donnée, à savoir que ça demeure
41:19une coopérative.
41:20Alors, on a regardé les formules de fédération coopérative pour être capables de développer différents secteurs d'activité au-delà
41:30du service Internet
41:31pour finalement arrêter notre choix sur ce qui nous semblait le plus réalisable rapidement,
41:38c'est-à-dire d'avoir une seule coopérative avec différentes branches, si on veut, ou différents secteurs d'activité,
41:46comme celui d'Internet haute vitesse.
41:51Et donc, depuis ce temps-là, on a déjà greffé une deuxième branche, si on veut, qui concerne l'alimentation
41:58et éventuellement, il y en aura d'autres.
42:00Avec le nouveau statut de la coop, c'est sûr, c'est sûr le marché, un service d'alimentation écologique
42:06et local s'ajoute maintenant au service Internet
42:09et devient donc la deuxième branche d'activité à se greffer à la coopérative.
42:52Pour expérimenter la souscratie, il faut un milieu propice pour l'expérimentation.
42:57Et pour ce milieu-là, ça veut dire des groupes, un ou plusieurs groupes de personnes qui ont un projet
43:03ou des projets
43:04et dans lesquels on va leur dire, écoutez, si vous voulez, on va expérimenter la souscratie, on va voir ce
43:08que ça donne.
43:09Oui, maintenant, on a recentré un peu notre expérience là où on était légitime, la coop, c'est-à-dire
43:18les membres de la coopérative.
43:20Si on s'adresse à tous les citoyens, c'est pas pareil comme s'adresser juste aux membres de la
43:24coopérative.
43:25Les membres de la coopérative sont donc d'abord des utilisateurs, mais comme le but de la coopérative, c'est
43:31le développement local,
43:34par les membres, on peut y arriver et non pas par la voie politique.
43:38Et bienvenue à la consultation participative.
43:43Mon nom, c'est Ken Landry et c'est à titre de vice-président de la coop que je m
43:49'adresse à vous ce soir.
43:50La consultation participative qui a eu lieu à l'été 2013 a rassemblé près de 60 membres utilisateurs du service
43:58Internet de la coop, c'est sûr.
44:00L'objectif était de favoriser les discussions et de décider ensemble de l'amélioration du réseau et du financement de
44:07celui-ci.
44:08En trois séances de deux heures, les membres ont été informés et ont pu discuter de trois propositions déposées par
44:15le conseil d'administration.
44:18À l'issue de cette consultation, les membres élus par leur père ont pu représenter les idées du groupe auprès
44:24du conseil d'administration.
44:26Ce que les gens sont en train de faire pour eux en France, c'est une élection sociocratique.
44:30Donc les gens ont un bulletin de vote, mais ils mettent leur nom d'abord et après le nom de
44:36leur candidat.
44:38Et quand on va dévoiler les choix de chacun, on va leur demander pourquoi vous avez voté pour un tel.
44:44Donc ce processus-là, ça permet de…
44:46Alors quand on vote pour quelqu'un, on vote parce qu'il y a des qualités, donc de mettre les
44:50qualités des gens sur la table.
44:52Quand on applique ça dans une équipe, ça permet qu'on se connaisse davantage et surtout d'être l'accent
44:57sur le positif, les talents des gens.
45:00Et puis donc ça bâtit l'esprit d'équipe, etc. C'est ce qu'ils sont en train de faire
45:05présentement.
45:05Puis pour une fois, on leur donne l'occasion de participer en fait à résoudre des problèmes.
45:11Puis je pense que c'est bien reçu.
45:13La personne, elle se sent directement impliquée dans le processus.
45:18Puis elle entend des choses, des gens qui sont étrangers, qui viennent lui dire qu'ils ont saisi en quelques
45:24minutes,
45:25juste à écouter, à sentir comment ces gens-là s'expriment.
45:30Puis ça leur donne confiance dans le processus.
45:32Puis quand les gens votent pour eux, on sent vraiment qu'ils sont touchés par ça.
45:37Et puis d'être écouté autour de la table, c'est vraiment intéressant comme processus.
45:43Parce que souvent, on dit nos opinions, mais on n'est pas toujours écouté dans la vie.
45:49Donc c'est ce que je trouvais le plus intéressant.
45:52Comment est-ce que vous vous sentez maintenant par rapport à ce que vous avez vécu ce soir?
45:57Franchement un peu frustré.
45:58Mais je sais qu'on commence et je sais que ça va devenir mieux.
46:03Tous les participants à ce document ont énormément appris de cette expérience
46:07et souhaiteraient partager quelques-unes de leurs réflexions.
46:10Mon conseil, ce que je donnerais à des projets ou des groupes de personnes
46:14qui souhaitent partir un projet similaire ou dynamiser leur milieu,
46:19ou expérimenter la sociocratie ou utiliser la sociocratie pour dynamiser leur milieu,
46:25c'est n'hésitez pas à expérimenter, n'hésitez pas à essayer, poser des pas, des actions concrètes,
46:33petites, un pas à la fois et d'avancer.
46:37Et on ne peut peut-être pas réaliser la vision que l'on rêve tout seul,
46:41mais collectivement on va réaliser une vision phénoménale et formidable.
46:45Moi, ce que j'aimerais dire au monde, dans le fond, c'est qu'il ne faut pas avoir peur
46:51du changement.
46:51Il faut en faire partie, sinon on en est la victime.
46:56Et je crois que les choses changent tout le temps, tout le temps.
47:00Et si on n'est pas nous-mêmes responsables de notre propre changement,
47:02il y a quelqu'un qui va s'en occuper malgré nous.
47:05Si des gens souhaitent vivre une expérience en l'homme à la nôtre,
47:10je leur conseillerais d'abord de regarder du côté de leur élu.
47:15Les élus en place, les élus municipaux, ont une grande importance dans le processus de réalisation
47:22d'un projet comme celui-là, qui touche la population,
47:26qui touche toutes les facettes de la vie municipale et communautaire.
47:31Et sans cet appui-là, il est très, très difficile de réaliser des choses.
47:37Il aurait fallu peut-être expliquer les rôles.
47:41La municipalité, c'est la municipalité.
47:43La coop, c'est la coop.
47:45Et le laboratoire rural, c'est le laboratoire rural.
47:48La communication, on n'en fera jamais assez.
47:52Puis c'est bien, bien important, comme je disais,
47:55de garder les deux pieds sur terre tout le temps
47:57et de ne pas avoir renommé la pensée magique.
48:02Il faut rêver, il y a le rêve, il y a le résultat,
48:05mais le plus important, c'est le chemin à parcourir.
48:08Puis il faut s'assurer tout le temps qu'on est sur le bon chemin.
48:13Il y avait en même temps une nouvelle méthode de prise de décision
48:17qui, elle, était totalement connue, et de nous, et des citoyens.
48:22Je crois que la sociocratie, elle fait peur, pourquoi ?
48:24Parce qu'elle demande aux gens de se responsabiliser.
48:26Elle demande aux gens d'être adultes, de prendre en compte
48:29et de faire partie des décisions.
48:31Ça responsabilise les gens, ça leur dit, voilà, vous faites partie des solutions aussi,
48:34c'est à vous de les appliquer.
48:35C'est pas juste partie des gens qui soulèvent les problèmes,
48:37c'est partie des gens qui ont des solutions à amener.
48:39Et nous, c'est ce qu'on espérait faire, s'y amener des solutions,
48:41parce que des problèmes, il y en a plein partout.
48:43C'est facile de les nommer, beaucoup plus difficile d'y répondre.
48:48Pour moi, pour mon expérience personnelle, j'ai garanti là-dedans,
48:54j'ai eu des conseils houleux,
48:58et j'ai eu des conseils, j'ai eu, je me suis fait des amis,
49:02et puis j'ai perdu des amis.
49:04C'est le temps maintenant de s'asseoir ensemble,
49:07puis d'évaluer ensemble, sans se blâmer mutuellement,
49:10sans se juger, je pense qu'il n'y a pas de coupable dans cette expérience-là.
49:15Mais juste de découvrir ensemble qu'est-ce qui a été fait,
49:20qu'est-ce qui a été réalisé,
49:21et comment on pourrait coopérer davantage dans l'avenir,
49:25en respectant les champs de compétences de chacun.
49:28Ma volonté, mon souhait le plus cher,
49:30c'est que la coop, c'est sûr, continue ses actions dans le même sens,
49:37en gardant en place les ressources nécessaires.
49:39Il me semble que c'est vraiment important
49:43que la municipalité puisse avoir un agent de développement,
49:46que ce soit d'un côté ou de l'autre,
49:50pour s'assurer vraiment que la municipalité et la coop puissent marcher main dans la main.
49:59J'espère sincèrement que le laboratoire, même s'il se termine cette année,
50:03ne soit pas la fin de cet embryon de carrefour communautaire qu'il a créé,
50:14et qu'au contraire, ce bébé continue à grandir et à se développer
50:18et devienne un adulte pour les générations qui viennent.
50:21Le laboratoire était un moyen pour nous de démarrer les autres aspects de la coopérative.
50:25C'est fait. On est dedans.
50:29Alors, on a d'autres projets.
50:31On va en avoir encore plein d'autres, parce qu'en fait, les gens en ont plein.
50:34De tous ceux qui ne savent pas qu'ils n'ont pas encore réalisé,
50:37qu'il faut les transmettre à la coopérative en disant,
50:39voilà, moi, je voudrais bien faire démarrer telle chose.
50:43Ça, ça va se poursuivre.
50:46Parce que maintenant, la mobilisation est assez grande et importante.
50:50On ne peut pas arrêter ça. Au contraire, il faut l'encourager.
50:53Puis, selon moi, ça va continuer à la fin du projet comme tel.
50:59Et je pense que juste ça, ça valait la peine de faire l'expérience du laboratoire.
51:06Vous savez, la meilleure façon de changer le monde, c'est en s'impliquant.
51:10C'est en s'impliquant qu'on fait évoluer les choses.
51:13Un laboratoire rural, un c'est-sur-la-télé, une coopérative,
51:17c'est justement la chance à des gens, des citoyens de s'impliquer,
51:21puis de faire évoluer les choses.
51:24Il ne faut pas avoir peur de se dévouer pour quelque chose, d'être bénévole.
51:30Les gens, on a besoin de bénévoles.
51:31Il ne faut pas avoir peur d'avoir une vision, d'avoir un rêve.
51:36Comme message, c'est ceci.
51:38C'est qu'ensemble, on peut réaliser un tas de choses qui sont impossibles à chacun de nous.
51:43On a tous l'impression d'être impuissants et tout seuls.
51:46C'est vrai, on est impuissants et tout seuls, tant qu'on ne parle pas à son voisin.
51:50Quand on se met à parler à son voisin, quand on se met à lui dire,
51:53« Écoute, tu as aussi besoin de ça, toi. »
51:55Si on se mettait ensemble pour le faire, on crée des coopératives,
52:00et on arrive à créer l'impensable, l'inimaginable, à faire bouger les montagnes.
52:07Parfois, on fait des choses dont tout le monde nous a dit au début,
52:11que ça ne marcherait jamais.
52:14On l'a réussi par exemple.