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  • il y a 2 jours
Découvertes sur le theme des mystères

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00:00...
00:00Vivre vieux et en bonne santé n'est pas notre espoir à tous.
00:11Le propriétaire de ce champ d'olivier a 107 ans.
00:15Il a échappé au cancer et à Alzheimer, à tous ces fléaux qui nous font peur.
00:21Depuis des dizaines d'années, des chercheurs tentent de décrypter les mécanismes du vieillissement
00:26et de repousser ces maladies qui surviennent avec l'âge.
00:30Et quelquefois, les voies de la recherche prennent des chemins de traverse.
00:39Il existe une vallée en Équator, sillonnée par des routes à peine dessinées sur les cartes.
00:46Là, dans des villages excentrés, certaines personnes paraissent protéger du diabète, du cancer et peut-être même d'Alzheimer.
00:55Mais ces hommes et ces femmes, apparemment bénis des dieux, se sont longtemps considérés comme abandonnés de dieux.
01:05Car ils ont une particularité, ils sont de très petite taille.
01:09Ils ont vécu isolés, à l'abri des regards, loin d'imaginer détenir dans leur sang un secret dont pourrait peut-être bénéficier un jour l'humanité tout entière.
01:22Quand les Espagnols sont arrivés ici, ils pensaient trouver de l'or, l'Eldorado.
01:31Moi, j'ai eu la chance de trouver mieux que de l'or.
01:38J'ai eu la chance de trouver ce que j'appellerais l'Eldorado de la génétique et de l'endocrinologie.
01:46Ces patients sont si extraordinaires qu'ils ont plus de valeur que n'importe quel métal.
01:50Petite taille, grand mystère.
01:56Par quels mécanismes seraient-ils protégés ?
01:59La compréhension de ces mécanismes pourrait-elle un jour protéger le reste du monde ?
02:04« Nous voulons peut-être simplement vivre longtemps, en très bonne santé.
02:10Et c'est ce qui est extraordinaire avec ces gens.
02:14On dirait qu'ils n'attrapent aucune maladie.
02:16C'est incroyable.
02:19Ils vivent juste une longue vie, puis meurent d'un coup. »
02:24C'est une simple échelle de mesure posée contre un mur.
02:47Depuis 25 ans, le docteur Guevara mesure.
02:56C'est le premier acte de son travail.
03:03Aujourd'hui, c'est Édith Rojas et sa sœur qui se glissent sous la toise.
03:091,28 m pour Alexandra.
03:121,09 m pour Édith.
03:17Toutes ces mesures ont commencé un peu par hasard, en 1988,
03:23lorsqu'une première patiente a franchi le seuil de la clinique,
03:27suivie d'une autre, puis encore une autre.
03:33Au total, elles sont sept.
03:36Sept petites femmes qui vont entraîner Raim et Guevara dans une grande aventure.
03:41Les sept premières patientes ont un point commun.
03:48Elles viennent toutes de la même région,
03:50une vallée perdue dans le sud de l'Équateur.
03:52Aujourd'hui, cette vallée est devenue la seconde patrie de Guevara.
04:20Une à deux fois par an, il y retrouve Lucho,
04:24guide indispensable pour faire la tournée des patients.
04:29Pendant des années, Guevara a sillonné tous les chemins de la région,
04:34toutes les pistes, à la recherche de ses hommes et de ses femmes de petite taille.
04:38Combien sont-ils ?
04:42Au tout début, nul ne le sait.
04:50Dans certaines familles, un enfant est touché,
04:53dans d'autres, deux.
04:54Parfois, c'est une tante ou un neveu.
04:57La fatalité semble frapper au hasard.
04:59Je les recherchais un par un, demandant dans chaque maison
05:10« Avez-vous vu telle personne de petite taille ? »
05:13Et les gens me guidaient « Allez dans telle maison ! »
05:17Ou « Marchez deux heures dans cette direction ! »
05:20Ou « Dans celle-là ! »
05:21« Vous trouverez une petite maison, et là on vous guidera. »
05:26Et j'en trouvais de plus en plus.
05:31En quelques mois, le médecin identifie plus d'une cinquantaine de patients.
05:38En trouvant ici en deux mois plus de patients que partout ailleurs dans le monde,
05:43j'ai compris que ça allait changer ma vie.
05:48Parce que je découvrais quelque chose de nouveau.
05:50Pourquoi en effet une telle concentration de petites personnes dans la même région ?
05:58A l'époque, personne n'a la réponse, même pas les premiers intéressés.
06:10Avant de rencontrer le docteur, on ne se connaissait pas.
06:15Et si par hasard on se voyait dans la rue, un peu de loin,
06:19chacun allait de son côté.
06:21Comme si on avait un peu honte.
06:23Il n'y avait pas de contact.
06:26Mais quand le docteur Guevara a démarré ses études,
06:29on a commencé à se rencontrer, à former un groupe,
06:32jusqu'à même penser créer une association.
06:42Il n'y avait pas d'explication pour notre taille.
06:45Aucun médecin ne savait d'où ça venait.
06:48On disait que c'était un châtiment de Dieu,
06:49parce que mon père ou ma mère avaient dû faire quelque chose de mal.
06:54Et c'est pour ça que j'étais petit.
06:57Mais au fur et à mesure que je réfléchissais,
06:59je me disais,
07:00si Dieu a voulu que ce soit ainsi,
07:03eh bien, personne n'y peut rien changer.
07:05Guevara ne croit pas à une malédiction divine.
07:12Pourquoi ces hommes et ces femmes n'ont-ils pas grandi normalement ?
07:18Profondément touchés par le drame intime que vivent ces patients,
07:21Raimé Guevara veut nommer leur maladie,
07:24l'identifier pour peut-être la combattre
07:26et offrir aux générations futures une taille normale.
07:29Ils réalisent des prélèvements sanguins
07:47et mesurent donc leur taux d'hormones de croissance
07:49dans son laboratoire à Quito.
07:51En son fort intérieur,
07:57Guevara est sûr de la réponse.
08:00Ses patients n'ont pas grandi
08:01car ils manquent d'hormones de croissance.
08:10Mais les résultats ne confirment pas l'hypothèse.
08:13Au contraire,
08:15leur taux est très élevé.
08:21Et c'était choquant pour moi.
08:27Parce qu'un taux élevé d'hormones de croissance
08:30associés à une telle apparence physique
08:32ne pouvait correspondre qu'au syndrome de Laron.
08:35Et à l'époque,
08:37il n'y avait que quelques patients
08:38identifiés par un scientifique israélien,
08:41Zvi Laron.
08:43J'ai pensé,
08:44pourquoi en Équateur
08:45y aurait-il une telle maladie ?
08:48Ça me paraissait impossible.
08:55L'homme qui a écrit
08:56les premiers chapitres de cette histoire
08:58et donné son nom à la maladie
09:00dont souffrent les petits équatoriens,
09:02le voici.
09:03Zvi Laron,
09:04médecin et chercheur en Israël.
09:08Toujours en activité à 84 ans,
09:10il a consacré une grande partie de sa vie
09:13à l'étude clinique d'enfant menin.
09:16Une recherche cruciale
09:17pour comprendre les mécanismes de la croissance.
09:21Une recherche encore balbutiante
09:22dans les années 50,
09:24quand le monde étrange des hormones
09:26ressemblait à une page
09:27emplie de points d'interrogation.
09:29La rencontre d'une enfant particulière
09:37allait tout changer.
09:38C'était en 1958.
09:41Ricky avait 5 ans à peine.
09:43A l'époque,
09:58les parents de Ricky s'inquiétaient
09:59parce que l'enfant ne grandissait pas.
10:02Mais Zvi Laron croyait détenir la solution
10:04car son laboratoire
10:05produisait de l'hormone de croissance
10:07de synthèse.
10:08Lorsque nous l'avons rencontrée,
10:23elle était très jeune,
10:24très petite.
10:26Alors nous lui avons donné
10:27des hormones de croissance
10:28pendant plusieurs mois.
10:30Mais nous avons constaté
10:32qu'elle ne répondait pas
10:33aux hormones de croissance.
10:34Donc c'était un vrai problème médical.
10:38Qu'est-ce qui n'allait pas ?
10:40Pourquoi en effet,
10:43malgré l'administration
10:44d'hormones de croissance,
10:45Ricky ne grandit-elle pas ?
10:48Pour le comprendre,
10:49il faudrait pouvoir mesurer
10:50son taux d'hormones de croissance.
10:53Impossible à l'époque.
10:56Il faudra attendre 1963
10:58pour qu'une technologie nouvelle
11:00lève un premier voile
11:01sur cet énigme.
11:04Et c'est là qu'est arrivée
11:09une immense surprise.
11:11Au lieu de découvrir
11:12qu'il manquait
11:13d'hormones de croissance,
11:15on a constaté
11:17qu'ils avaient dans leur sang
11:19de très forts taux
11:21d'hormones de croissance.
11:24C'était une grande surprise ?
11:26Bien sûr,
11:27être nain et avoir plein
11:28d'hormones de croissance,
11:30ça ne collait pas.
11:30Avec ce résultat troublant,
11:34c'est toute la vision
11:35des mécanismes de croissance
11:37qui semble remise en cause.
11:41Les hormones de croissance
11:43sont produites par l'hypophyse,
11:45une glande située
11:46à la base du cerveau.
11:49Elle circule dans tout le corps.
11:50un grand nombre
11:52vient se fixer
11:53sur les cellules du foie
11:54grâce à des récepteurs.
11:58Ces cellules
11:59se mettent alors
12:00à fabriquer
12:01des facteurs de croissance
12:02appelés IGF-1.
12:03En circulant dans le sang,
12:11ce sont eux
12:11qui stimulent
12:12le développement du corps.
12:14Croissance des os
12:14et des muscles,
12:16diminution
12:16de la masse graisseuse.
12:20La plupart des cas
12:21de troubles de croissance
12:22s'expliquent par un déficit
12:24en hormones de croissance.
12:26Pas cette fois apparemment.
12:28Alors, pourquoi ?
12:33Au fil des années,
12:35Zvilaron recense
12:36une trentaine de patients
12:37et constitue pour chacun
12:39une vaste documentation clinique.
12:43Parce que la majorité d'entre eux
12:45sont issus
12:45de familles consanguines,
12:47le médecin soupçonne
12:48un problème
12:48d'origine génétique.
12:51Mais comment le prouver ?
12:54Cette fois encore,
12:56il faudra attendre
12:57que la technologie progresse
12:58pour que les pièces du puzzle
13:00s'assemblent.
13:01Entre le premier patient
13:06rencontré en 1958
13:08et la biopsie
13:10réalisée en 1983,
13:13il s'est écoulé 20 ans.
13:1520 ans ont été nécessaires
13:17pour identifier
13:18la pathologie.
13:22La solution viendra
13:23de cet enfant.
13:25Ses parents ont accepté
13:26que le médecin
13:27fasse une biopsie
13:27de son foie.
13:30Aujourd'hui adulte,
13:31Eliave Mermere
13:32porte encore
13:33la cicatrice de l'opération
13:34qui a permis
13:35de comprendre sa maladie.
13:38L'intuition de Dvilaron
13:39était juste.
13:41Il s'agit bien
13:41d'une maladie génétique.
13:44Le problème vient
13:45du récepteur
13:46de l'hormone de croissance.
13:48Celui-ci a un défaut.
13:51Défaut provoqué
13:53par une mutation génétique.
13:54Les hormones de croissance
13:58ne peuvent s'y fixer.
14:01Les cellules du foie
14:02ne reçoivent donc pas
14:03le signal de fabrication
14:04des IGF-1.
14:06La croissance
14:07ne démarre pas.
14:10Mais comment
14:11cette maladie génétique,
14:13découverte au bord
14:13de la Méditerranée
14:14chez une cinquantaine
14:15de patients,
14:16est-elle parvenue
14:17en Équateur ?
14:19Guevara avance
14:24une hypothèse.
14:26Cette vallée reculée
14:27aurait servi
14:28de refuge
14:28à une communauté
14:29de Conte Versos,
14:31ces juifs espagnols
14:32convertis de force
14:33au christianisme
14:34sous la pression
14:35de l'Inquisition.
14:38Arrivé ici
14:39au XVIe siècle,
14:40il aura peut-être
14:41suffi d'un seul porteur
14:42de la mutation
14:43pour que,
14:44par le jeu
14:45des nombreux mariages
14:46consanguins,
14:47les cas se multiplient.
14:49Sur les 300 à 350 patients
14:54recensés dans le monde,
14:56Guevara en a finalement
14:57dénombré
14:58une centaine
14:58dans son pays,
14:59soit un tiers
15:00de la population mondiale
15:01des Larons.
15:03Cette exceptionnelle
15:04concentration
15:04dans un même environnement
15:06crée des conditions
15:07de recherche idéales.
15:15Guevara veut comprendre
15:16le fonctionnement
15:17du métabolisme
15:17lorsque les facteurs
15:19de croissance
15:19sont très bas.
15:25Il se concentre donc
15:26sur la répartition
15:27des graisses
15:28dans le corps
15:28et remarque que
15:30ces patients ont tendance
15:31à prendre du poids,
15:32à flirter même
15:33avec l'obésité.
15:37Plus que les centimètres,
15:39ce sont donc
15:39les kilos
15:40qu'ils surveillent.
15:40C'est là qu'il fait
15:48une première découverte
16:02incroyable.
16:03en médecine,
16:07il y a un dogme.
16:08Obésité
16:08égale risque de diabète.
16:10Mais dans le cas
16:11de ces patients,
16:12c'est différent.
16:13Toute ma vie,
16:20j'ai pensé rencontrer
16:21au moins un cas.
16:24Beaucoup sont obèses.
16:26Je n'arrête pas
16:27de leur dire
16:27qu'ils sont à risque.
16:29Je leur conseille
16:30de faire de l'exercice,
16:32de suivre un régime.
16:33mais on dirait
16:36qu'ils s'en moquent.
16:38Ils n'ont pas de diabète.
16:39Non,
16:40ils n'ont pas de diabète.
16:42Pourquoi ?
16:42Je ne sais pas.
16:46Aucun larron en Équator
16:48ne développe de diabète.
16:52De quoi interpeller
16:52quand on sait
16:53qu'aujourd'hui dans le monde,
16:55une personne meurt
16:55de cette maladie
16:56toutes les 8 secondes.
17:00Mais les découvertes cliniques
17:01vont encore plus loin.
17:03Avec des patients obèses,
17:09vous vous interrogez forcément
17:11sur les risques
17:12associés à l'obésité.
17:13On a parlé du diabète,
17:15de l'hypertension,
17:16tout ça.
17:17Et puis vous réalisez
17:18que l'obésité
17:19est aussi associée
17:20à un risque accru de cancer.
17:22Alors vous devez vérifier
17:27chez ces patients obèses.
17:28Et c'est ce que j'ai fait.
17:30Et à ma grande surprise,
17:33j'ai réalisé que ces patients
17:35ne développaient pas de cancer.
17:42Pas un seul cas de cancer.
17:45Serait-il possible
17:46qu'une population
17:47soit protégée
17:48contre le cancer ?
17:49L'hypothèse est révolutionnaire
17:53et se heurte
17:54à de nombreuses résistances.
17:57On reproche à Guevara
17:58le nombre réduit
17:59de sa population,
18:00le flou
18:01de ses observations.
18:02Je l'ai dit à tout le monde,
18:10mais on m'a toujours regardé
18:11avec scepticisme.
18:14On me disait,
18:16oui, ça pourrait être vrai,
18:17mais ça n'intéressait personne.
18:21On me disait aussi,
18:22vous ne serez jamais capable
18:24de le prouver.
18:24Guevara manque de réseau,
18:31d'appui dans les grandes universités.
18:33Dans ce grand business
18:34qu'est la science,
18:35il ne fait pas encore
18:36partie du serail.
18:44Juguler le cancer,
18:46combattre les maladies
18:47du vieillage,
18:48toute une génération
18:49de chercheurs
18:50s'est lancée
18:50dans l'aventure.
18:51Walter Longo
18:54est professeur
18:55de gérontobiologie
18:56à l'Université
18:57de Los Angeles.
18:59Il est persuadé
19:00qu'on peut ralentir
19:01les mécanismes
19:01du vieillissement.
19:04Il croit savoir
19:04où chercher,
19:05dans les gènes.
19:10A priori,
19:12rien de commun
19:12avec le médecin équatorien.
19:14Leurs routes
19:15finiront pourtant
19:16par se croiser.
19:19Les scientifiques
19:20s'intéressent
19:21à la longévité
19:21depuis près d'un siècle.
19:24Mais dans les années 90,
19:25on était encore
19:26dans une boîte noire.
19:27On faisait
19:28de la biologie comparative.
19:30On prenait
19:30une vieille souris
19:31et une jeune souris
19:31et on observait
19:32les différences.
19:34Mais notre question,
19:36c'était
19:36qu'est-ce que le vieillissement
19:38et quels sont les gènes
19:39qui régulent le vieillissement ?
19:42A l'époque,
19:45il y avait
19:45deux grandes stratégies
19:46pour identifier
19:47ces gènes.
19:48l'une d'elles
19:52consistait à...
19:53Supposons
19:55qu'une voiture
19:55est un système
19:56complexe
19:57similaire
19:57au corps humain,
19:58eh bien,
20:00en retirant
20:00un petit composant
20:02de la voiture,
20:04en l'occurrence
20:05chez nous,
20:05un gène,
20:07est-ce que je peux
20:08faire vivre
20:08un organisme
20:10plus longtemps ?
20:11Un peu comme si
20:15je retirais
20:15une pièce
20:16de la voiture
20:16et demandais
20:17est-ce que
20:18cette voiture
20:19va rouler
20:19plus longtemps
20:20et continuer
20:21à fonctionner
20:22aussi bien ?
20:23Imaginez qu'une voiture
20:33puisse fonctionner
20:33aussi bien
20:34avec une pièce
20:34en moins,
20:36que le corps humain
20:37puisse vivre
20:37plus longtemps
20:38avec quelques gènes
20:39en moins,
20:39à priori,
20:41l'idée peut paraître
20:42saugrenue
20:43et pourtant.
20:46Nous sommes programmés
20:47pour quitter
20:47définitivement
20:48la route
20:48une fois la reproduction
20:50assurée,
20:51pas pour vivre
20:51très vieux.
20:53Certains gènes
20:54accélèrent donc
20:55notre faim.
20:58Inactiver
20:59certains de ces gènes
21:00permettrait-il
21:01de contrôler
21:02le vieillissement ?
21:04C'est le pari
21:04de quelques chercheurs.
21:08Longo choisit
21:08de faire
21:09des expériences
21:09sur des organismes
21:10minuscules,
21:12les levures.
21:14L'idée,
21:17un peu folle,
21:18était de parier
21:19que des systèmes
21:20très simples
21:20pourraient nous apprendre
21:22comment vieillissent
21:23les mammifères.
21:26C'est ainsi
21:27que j'ai étudié
21:28les levures,
21:29d'autres,
21:30les verts,
21:32et on s'est demandé
21:33ce qui les faisait
21:34vieillir.
21:34Peut-on doubler
21:39leur durée de vie ?
21:40La triplée ?
21:41La quintuplée ?
21:43Juste en changeant
21:44un gène ?
21:44Agir sur la longévité
21:48en manipulant
21:49certains gènes,
21:50mais comment
21:51les choisir ?
21:53Walter Longo
21:53est spécialiste
21:54de la nutrition.
21:56Il sait
21:56que le régime alimentaire
21:57est un facteur
21:58essentiel
21:59dans les mécanismes
22:00du vieillissement.
22:01Il va donc
22:03inactiver
22:03deux gènes
22:04de la levure,
22:05deux gènes
22:06impliqués
22:06dans le circuit
22:07de la nutrition,
22:09le RAS2
22:10et le SCH9.
22:12Il obtient alors,
22:14surprise,
22:15des levures naines
22:16qui se mettent
22:17à vivre
22:1710 semaines
22:19au lieu
22:19des 6 jours
22:20habituels.
22:22Rapportés à l'homme,
22:23cela donnerait
22:24une durée de vie
22:25de 800 ans.
22:28Un même résultat
22:29extraordinaire
22:30sur la longévité
22:31est obtenu
22:32dans un autre
22:32laboratoire
22:33avec des verres.
22:35Cette similitude
22:36conduit Longo
22:37à élaborer
22:38une hypothèse
22:39encore plus audacieuse.
22:43Les verres
22:44et les levures
22:45sont très différents.
22:46L'évolution
22:47les a séparés
22:48pendant des centaines
22:49de millions d'années.
22:51Alors,
22:51si dans deux systèmes
22:53différents,
22:54ce sont les mêmes gènes
22:55qui contrôlent
22:56la résistance
22:57et la longévité,
22:59peut-être
23:00que c'est la même
23:01chose
23:01pour tous
23:02les organismes.
23:05Les mêmes gènes
23:06pourraient donc
23:07contrôler le vieillissement
23:08chez tous les êtres vivants,
23:10y compris
23:11chez les mammifères,
23:12des organismes
23:13beaucoup plus complexes
23:14que les verres
23:15ou les levures.
23:17De nombreux laboratoires
23:18cherchent la réponse.
23:20Avec l'accordéon
23:33et le golfe,
23:34la croissance
23:35des mammifères
23:35est précisément
23:37l'une des passions
23:37de John Koptik.
23:40Rien à voir
23:41a priori
23:42avec leur vieillissement,
23:44se serait oublié
23:45qu'en science
23:45comme au golfe,
23:46s'il faut répéter
23:47sans cesse,
23:48la chance
23:49et les surprises
23:50font aussi partie
23:51du jeu.
23:55Par le plus grand
23:56des hasards,
23:57John Koptik
23:57va ainsi apporter
23:59une réponse
23:59à la question
24:00posée par Walter Longo
24:01sur le vieillissement
24:02des mammifères.
24:05Au départ,
24:06Koptik cherche
24:07à créer
24:07une super hormone
24:08de croissance
24:09pour pouvoir proposer
24:11aux enfants très petits
24:12une meilleure solution
24:13thérapeutique.
24:14Il manipule donc
24:20l'ADN des souris
24:21dans le but
24:22de créer
24:22des animaux
24:23plus grands
24:23et plus gros
24:24jusqu'au jour
24:27
24:27c'est une souris naine
24:29qui apparaît.
24:32C'était complètement inattendu.
24:35Est-ce que c'était
24:36par hasard ?
24:38Non.
24:39Nous cherchions
24:39à promouvoir
24:40la croissance,
24:41à fabriquer
24:42de plus grandes souris.
24:43Nous avions fait
24:45de nombreuses modifications
24:46de l'hormone de croissance
24:47et on avait toujours
24:49obtenu
24:49des grandes souris.
24:52Mais cette modification-là
24:53a donné
24:54une petite souris.
24:56Au début,
24:57je n'y ai pas cru
24:57parce que personne
24:58n'avait obtenu cela
24:59auparavant.
25:02Mais l'un de mes étudiants
25:03a continué
25:04à fabriquer
25:04de plus en plus
25:05de ces petites souris
25:06et j'ai bien été
25:08forcé d'y croire.
25:13Le mystère
25:15s'éclaire
25:15si rapidement.
25:17La manipulation génétique
25:19a bloqué
25:19le récepteur
25:20de l'hormone
25:21de croissance
25:21de la souris.
25:23Voilà qui nous ramène
25:24au syndrome de Laron,
25:25donc peu de facteurs
25:27de croissance
25:28et donc
25:29des souris
25:30de petite taille.
25:31Paradoxe de la recherche,
25:44John Koptchik
25:45voulait créer
25:46une super-hormone
25:47de croissance
25:47et voilà
25:48qu'il trouve un moyen
25:49de bloquer son action.
25:54Les souris Laron
25:55produisent beaucoup
25:56d'hormones de croissance
25:57mais leurs cellules
25:59ne les entendent pas.
26:00C'est comme si
26:01je jouais normalement
26:02mais les souris Laron
26:04ne l'entendent pas.
26:06Elles sont sourdes
26:07aux hormones
26:08de croissance
26:09et leur manque
26:10le récepteur
26:11qui permet
26:12d'entendre.
26:15En inactivant
26:16le gène
26:16du récepteur
26:17de l'hormone
26:18de croissance,
26:19John Koptchik
26:20a créé
26:21la première souris Laron
26:22au monde.
26:24Mais il n'est pas
26:25au bout
26:25de ses surprises
26:26parce qu'il travaille
26:28aussi sur le diabète.
26:29il décide
26:30de lancer
26:30une étude
26:31avec ses souris Laron.
26:33L'étude
26:34prend du retard
26:35jusqu'au jour
26:36où...
26:38Le technicien
26:38m'appelle un jour
26:40et me dit
26:41John,
26:42qu'allons-nous faire
26:43des vieilles souris
26:43qu'on devait envoyer
26:44à nos collaborateurs ?
26:45J'ai répondu
26:46oh, c'est vrai
26:47je les avais oubliées.
26:49Il me dit
26:50certaines sont très vieilles.
26:52Elles ont 3 ans
26:53ou 3 ans et demi.
26:54j'ai répondu
26:56oh mon Dieu
26:56une souris normale
26:58ne vit que 2 ans
26:592 ans et demi maximum.
27:02Et là
27:02nous avons des souris
27:03de 3 ans et demi
27:04alors il m'a montré
27:07des données
27:07qui étaient excellentes.
27:09Et oui
27:09les souris Laron
27:11mâles et femelles
27:12vivaient 50%
27:13plus longtemps
27:14que les souris normales.
27:15c'était complètement inattendu.
27:19Une grande surprise ?
27:21Une très grande surprise.
27:23Et en plus
27:24ces souris étaient obèses.
27:25En général
27:26quand vous pensez
27:27obésité
27:27vous pensez
27:28que c'est mauvais
27:29que c'est précurseur
27:30de diabète
27:31et de mortalité précoce.
27:34Eh bien
27:34ces souris
27:35étaient obèses
27:36elles n'avaient pas de diabète
27:38et elles vivaient
27:39beaucoup plus longtemps.
27:40Alors oui
27:41c'était une très grande surprise.
27:45C'est parce qu'elles se révèlent
27:46résistantes
27:47à de nombreuses maladies
27:48et notamment au cancer
27:49que les souris Laron
27:51vivent plus longtemps.
27:53L'une d'entre elles
27:54va même battre
27:55un record de longévité.
27:57Dans le laboratoire
27:58d'Anjou Bartke
27:59une souris Laron
28:00atteint les 1819 jours
28:02soit l'âge
28:03canonique
28:04de 5 ans.
28:06Verts,
28:07levures,
28:08mouches,
28:09rongeurs
28:09c'est la même famille
28:11de gènes
28:11qui semble agir
28:12sur la durée de vie
28:13comme s'il existait
28:15un programme basique
28:16de vieillissement
28:17commun
28:18à toutes les espèces.
28:21Et la question
28:22devint alors
28:22comment ça se passe
28:24pour les humains ?
28:33Un collègue
28:37spécialiste du vieillissement
28:39lui parle alors
28:40d'une étude
28:40faite en Équator
28:41avec des sujets
28:42de petite taille.
28:45Longo s'étonne,
28:47demande des précisions,
28:49il comprend intuitivement
28:50l'importance
28:51de cette population.
28:57Il connaît
28:58les arcanes
28:59de la recherche,
29:00trouve des financements
29:01et lance
29:03sans tarder
29:03une collaboration
29:05avec Raimé Guevara.
29:12Et là,
29:15soudain,
29:15on se retrouvait
29:16face à une population
29:17qui avait exactement
29:19la même mutation
29:20que celle
29:21qui fait vivre
29:21les souris
29:22plus longtemps.
29:24Et puis,
29:25vous regardez
29:25les données
29:26qui montrent
29:27qu'ils n'ont pas
29:27de cancer.
29:29Alors,
29:29vous pouvez imaginer
29:31que c'était
29:31une très bonne nouvelle
29:32pour nous.
29:33et en même temps,
29:36on savait
29:36que c'était
29:37le début
29:37d'une très longue étude
29:39pour tester
29:39l'hypothèse.
29:41L'étude doit répondre
30:04à trois questions
30:05principales.
30:07Les larrons sont-ils
30:08réellement protégés
30:09contre le cancer
30:10et le diabète ?
30:12Si c'est le cas,
30:13par quel extraordinaire
30:14mécanisme ?
30:16Enfin,
30:17vivent-ils plus longtemps ?
30:20Première visite
30:23chez Judith Ramirez.
30:25Judith a 76 ans,
30:27l'esprit vif
30:28et toujours juvénile.
30:29se connaissent
30:51depuis plus de 20 ans.
30:52C'est l'une
30:53des premières patientes
30:54identifiées par Guevara.
30:55C'est l'une des
31:02qui,
31:02c'est la même chose,
31:03c'est la même chose.
31:04Oui,
31:05c'est l'une des
31:06qui,
31:06ça va.
31:06C'est l'une des
31:08ouc-tu,
31:08c'est pas
31:08la même chose ?
31:09Pour moi c'est très important de venir ici avec Walter Longo
31:34parce que je veux que les scientifiques américains se rendent compte
31:38quand ils sont dans leur labo
31:39je veux qu'ils se souviennent qu'à l'intérieur de ce tube
31:42il y a le sang d'une vraie personne
31:45avec un père et une mère, des enfants
31:49et s'il peut y avoir de grandes espérances
31:53c'est non seulement pour l'humanité, pour la science
31:55mais aussi pour cette personne
31:58Judith vit avec sa famille
32:07comme de nombreux patients
32:10elle ne s'est pas mariée
32:12et n'a jamais trouvé d'emploi
32:14A 76 ans, Judith est l'une des patientes les plus âgées
32:30A 76 ans, Judith est l'une des patientes les plus âgées
32:42c'est la surprise qui attendait Walter Longo
32:45Les larrons d'équateur ne semblent pas vivre beaucoup plus longtemps
32:53que l'ensemble de la population
32:54Il faut croire que la vie n'est pas une cage de laboratoire
33:03que les gènes ne font pas tout
33:05Les larrons vivent dans des conditions difficiles
33:11accidents plus fréquents
33:13et mauvaise nutrition
33:14pourraient expliquer une durée de vie moins longue
33:17qu'attendue
33:18Essayez de vous mettre à notre place
33:34Juste un instant
33:3610 minutes avec ma taille
33:39à résoudre les problèmes quotidiens
33:43Vous allez vous confronter à un monde très dur
33:47Le monde ne s'écroule pas parce qu'on est petit
33:52mais vous devez toujours vous battre
33:55pour qu'on vous considère comme quelqu'un de normal
33:57Reste la protection contre le cancer
34:06Les chercheurs repartent pour une nouvelle collecte de données sur les patients
34:10mais aussi cette fois sur leur famille
34:13Quelles maladies ont-ils contractées ?
34:26Quelles sont les causes des décès ?
34:27C'était important de comparer avec les membres de leur famille
34:33parce qu'on voulait éviter un phénomène dû à la nutrition ou à l'environnement
34:39Donc on voulait vraiment comparer les larrons avec leur propre famille
34:44pour vérifier qu'ils contractent réellement moins de maladies
34:49Ça a été un travail énorme
34:52mais aussi formidable, passionnant
34:54parce qu'on a trouvé des choses incroyables
34:56Le frère de Guevara entreprend un fastidieux travail de reconstitution de tous les arbres généalogiques
35:04Il suit la mutation de génération en génération
35:10qui se déplace par petits seaux
35:11Au sein de la même famille
35:13ou d'une famille à l'autre
35:15ou d'un village à l'autre
35:16Avant d'être envoyé à Los Angeles pour analyse
35:21les questionnaires montrent d'ores et déjà des résultats très clairs
35:25Il y a une différence très nette entre la santé des patients larrons concernant le cancer
35:35et la santé de leurs parents
35:37Les statistiques confirment les premières observations de Guevara
35:45Alors que les familles des patients ont le même taux de diabète et de mortalité par cancer que la population générale
35:53Aucun cas de diabète
35:55Aucun décès dû au cancer n'a pu être relevé chez les larrons
36:00En Méditerranée, Tzvi Laron, le médecin israélien, ne relève lui non plus aucun cas de cancer parmi ses patients
36:12Mais que déduire d'échantillons de populations aussi faibles
36:19quand les études épidémiologiques sont en général réalisées sur des milliers de personnes
36:24Pour faire taire les détracteurs
36:27Longo doit identifier les mécanismes biologiques qui protègent les larrons
36:31C'est aussi la condition pour que cette découverte soit profitable à tous
36:37Nous avions besoin de comprendre cette différence majeure
36:4422 à 25% des membres de leur famille sont morts par cancer
36:50Chez les larrons, zéro
36:52Pourquoi ?
36:53Qu'est-ce qu'il y a de si puissant dans le sang des larrons
36:56qui leur permet d'échapper au cancer ?
37:00Le secret est-il dans le sang ?
37:05Dans l'absence de facteurs de croissance ?
37:08L'équipe de Longo fait une première expérience avec du sérum
37:11c'est-à-dire le sang purifié de ces protéines de coagulation
37:16D'un côté le sérum des larrons
37:20de l'autre le sérum de leur famille
37:23Ils ajoutent à ces deux sérums des cellules mammaires humaines
37:29puis exposent ces cellules à du peroxyde d'hydrogène
37:34un produit qui altère l'ADN
37:36et donc potentiellement cancérigène
37:38Comment les cellules vont-elles réagir ?
37:45Y aura-t-il une différence entre les cellules placées dans le sérum des larrons
37:48et celles placées dans le sérum des familles ?
37:52Les résultats sont remarquables
37:57Le sang des larrons présente un double effet protecteur
38:02Dans un premier temps
38:05il protège l'ADN des cellules normales contre le stress occident
38:09Agressées, les cellules résistent à l'envahisseur
38:13Mais parfois le stress devient trop fort
38:17et les cellules finissent par être endommagées
38:19un mécanisme déclenche alors leur suicide
38:22évitant ainsi la prolifération des cellules cancéreuses
38:26On a observé deux mécanismes très puissants
38:31Le premier, la protection
38:34Le second, si tu es endommagé, je te tue
38:36L'étude de Longo et de Guevara
38:40est publiée dans une revue de référence
38:4215 ans après avoir tenté d'alerter la communauté internationale
38:47Raimi Guevara voit ses observations enfin validées
38:50La presse internationale découvre qu'il y a du grand dans le petit
38:56Quand j'ai vu cette publication
39:01ça m'a enthousiasmé
39:04parce que ce qu'on avait observé sur les souris larrons
39:07d'autres l'avaient trouvé chez les humains
39:10C'était extraordinaire
39:12Pourquoi ?
39:15Pourquoi ?
39:16Parce que ça pourrait avoir un impact sur la santé humaine
39:18On peut continuer à agir sur la durée de vie des souris
39:21mais qu'est-ce que ça a à voir avec les humains ?
39:24Il fallait bien que quelqu'un montre les mêmes résultats
39:26chez les humains
39:27et c'est ce qu'ils ont fait
39:28Vous ne pensez pas que c'est extraordinaire ?
39:31Vous vous rendez compte ?
39:32Les larrons ont moins de risques d'avoir un cancer
39:35Combien de gens meurent aujourd'hui du cancer ?
39:38Et maintenant nous avons peut-être un moyen d'action
39:40sur ce qui stimule le cancer
39:42L'axe hormone de croissance, facteur de croissance
39:44C'est une nouvelle fabuleuse
39:46Ce que les patients larrons ont montré
39:54c'est que si vous avez un faible taux de facteur de croissance
39:58vous échappez au cancer et au diabète
40:01Les facteurs de croissance, les IGF-1
40:06deviennent dès lors une cible privilégiée
40:09Les IGF-1 pourraient très bien être un facteur de risque pour le cancer
40:15Est-ce que c'est prouvé ? Non
40:17Suis-je confiant ? Est-ce que je pense que ça le sera un jour ?
40:23Oui
40:23Pour les chercheurs, tout paraît désormais possible
40:28L'idée de mieux protéger l'ensemble de la population contre le cancer
40:32Ce fléau qui touche aujourd'hui un homme sur deux
40:35et deux femmes sur cinq dans le monde occidental
40:37n'est peut-être plus utopique
40:40Des études ont en effet montré une corrélation
40:45entre un taux élevé d'IGF-1
40:46et un risque accru de cancer
40:48notamment de cancer du sein
40:50et de cancer de la prostate
40:52De là à imaginer qu'il faudrait réduire les taux de facteurs de croissance
40:58quand ils sont trop élevés
41:00il n'y a qu'un pas
41:01que de nombreux chercheurs rêvent de franchir
41:04Mais comment faire ?
41:06C'est dans le labo de Kopchik qu'une première piste va naître
41:18Avec les souris larrons
41:20il a compris qu'il détenait une perspective thérapeutique nouvelle
41:24celle de bloquer la production de facteurs de croissance
41:27Une solution précieuse pour les personnes qui en fabriquent trop
41:33C'est le cas des patients atteints d'acromégalie
41:40une maladie qui touche 40 000 personnes dans le monde
41:43et qui les fait grandir démesurément
41:46Les patients souffrant d'acromégalie ont trop d'hormones de croissance
41:58Alors celles-ci interagissent en permanence avec le récepteur
42:03pour promouvoir la croissance
42:05Et ce que fait l'antagoniste
42:08je le prends
42:09il se lie au récepteur
42:12ainsi l'hormone de croissance ne peut pas s'y lier
42:15c'est bloqué
42:16La découverte de Kopchik a permis la mise au point d'un médicament
42:22Grâce à des injections quotidiennes
42:25le récepteur de l'hormone de croissance est bloqué
42:28les acromégales cessent de grandir
42:30Cette coûteuse molécule n'est pour l'instant autorisée
42:34que dans le traitement de cette maladie orpheline
42:37A présent la question c'est
42:43peut-on prescrire ce médicament à des gens pas aussi malades ?
42:48Et jusqu'à un certain point la réponse est probablement oui
42:50Surtout si ça devient un médicament oral
42:53il sera alors possible de le donner
42:55pas seulement aux acromégales
42:56mais aussi à des personnes qui ont des taux élevés d'IGF1
42:59et un taux de cancer très élevé dans leur famille
43:03On pourrait imaginer prescrire ce médicament
43:06pour réduire les taux de facteurs de croissance
43:08et prévenir ainsi le cancer
43:12Prévenir le cancer avec un médicament
43:17comme on tente de prévenir les risques cardiovasculaires
43:20ou les accidents cérébraux avec des comprimés
43:22Rêve de scientiste ?
43:25Idées folles ?
43:27Il faudrait déjà lancer un essai thérapeutique
43:29avec les personnes les plus à risque
43:30Des labos ont été approchés
43:32mais les tractations restent secrètes pour l'instant
43:35En attendant cette hypothétique possibilité
43:41Longo et Guevara se sont donc lancés
43:44dans une nouvelle collaboration
43:46C'est bien
43:47C'est magnifique
43:49C'est magnifique
43:49C'est magnifique
43:50C'est magnifique
43:52C'est magnifique
43:54Quand la tarde languidece renace la sombra
43:57C'est magnifique
43:59Et la quietude de los capitales vuelven a sentir
44:01La canción de amor de la vieja molienda
44:05En l'éthargot de la noche parece decide
44:09Une nouvelle hypothèse doit être vérifiée.
44:29Elle repose sur l'observation des animaux.
44:31En effet, les souris naines conservent leurs fonctions cognitives
44:35malgré le vieillissement, contrairement aux souris de taille normale.
44:40Se pourrait-il qu'il en soit de même pour les humains ?
44:45Gardez à l'esprit qu'à 95 ans, une personne sur deux aura Alzheimer.
44:57Alzheimer, la nouvelle terreur des sociétés occidentales.
45:01Les patients atteints du syndrome de Laron sont-ils aussi protégés de ce fléau ?
45:07Comment leur cerveau vieillit-il ?
45:09Le vieillissement agit sur tout l'organisme.
45:17Notre hypothèse est que le fait d'avoir la mutation protège le cerveau contre le vieillissement
45:23et donc conservent leur capacité à réussir ces tests.
45:31Des tests psychologiques évaluant la mémoire et le raisonnement
45:35ont été mis au point par une équipe de psychologues américains.
45:39objectif, comparer les capacités cognitives à un âge donné
45:49entre les larrons et une population de contrôle.
45:52En vieillissant, les patients réussiront-ils mieux les tests que les membres de leur famille ?
46:04En vieillissant, les patients réussiront-ils mieux les tests que les membres de leur famille ?
46:16C'est à Los Angeles, à l'université de l'USC, que les tests passés à Quito sont dépouillés et analysés.
46:25Premier résultat, dans quelques mois.
46:34Ce serait vraiment extraordinaire
46:36si nous découvrions qu'avoir moins d'hormones de croissance
46:39est important pour conserver les capacités cognitives.
46:42Ça pourrait suggérer qu'il serait judicieux
46:48de créer artificiellement un défaut d'hormones de croissance
46:51chez les personnes qui souffrent de troubles cognitifs.
47:02Diabète, cancer, Alzheimer,
47:06une simple échelle de mesures
47:07dessinée sur un mur
47:08a permis d'explorer un champ de recherche extraordinaire.
47:12Mais cette échelle signe aussi le drame des Laron d'Équateur.
47:23Car les recherches ont également permis
47:25de mettre au point un traitement
47:26pour faire grandir les enfants atteints du syndrome de Laron.
47:30Ce médicament,
47:32fabriqué par un laboratoire français,
47:34Ipsen,
47:36est disponible partout,
47:38sauf dans le pays le plus touché par la maladie,
47:41l'Équateur.
47:42J'ai donné 22 ans de ma vie à la science.
47:48J'ai donné mon sang,
47:49ma peau,
47:50mes os.
47:51Et qu'est-ce que la science a fait pour nous ?
47:53Jusqu'à présent, rien.
47:56Il faudrait maintenant que la science nous le rende
47:58avec le médicament pour les enfants.
48:00Yannick mesure 87 centimètres.
48:05Il a 14 ans.
48:0914 ans qu'il attend le traitement.
48:11Un traitement qu'il doit absolument prendre
48:13avant qu'il ne soit trop tard,
48:15c'est-à-dire avant la fin de la puberté.
48:17Si Yannick a compris qu'il ne réalisera jamais son rêve
48:25de devenir footballeur professionnel,
48:27il aimerait gagner ces quelques centimètres
48:29qui augmenteraient ses chances de trouver un emploi
48:31pour lui,
48:33le meilleur élève de sa classe.
48:35Je veux que celui qui fabrique les IGF-1 de synthèse
48:41pense un peu qu'il y a des enfants
48:42qui ont besoin de cette hormone.
48:46S'ils ont besoin d'informations que nous détenons
48:49pour trouver le remède contre le cancer et le diabète,
48:52je les leur donne.
48:54Mais en échange,
48:55qu'on nous offre au moins 2 ou 3 ans de traitement
48:57pour que les enfants puissent grandir.
49:00Et qu'ils se dépêchent,
49:01car pour les enfants, le temps est compté.
49:0533 enfants équatoriens
49:09attendent aujourd'hui ce traitement.
49:16Je suis en colère
49:17parce que ces gens sont en train d'améliorer
49:19la vie des autres.
49:22Ils nous donnent des clés
49:23pour comprendre des maladies très graves.
49:26Et qu'est-ce qu'ils ont en retour ?
49:29Le gouvernement équatorien
49:36n'a toujours pas donné l'autorisation
49:37de mise sur le marché du médicament.
49:40Coût trop élevé,
49:42nombre trop réduit de patients,
49:45nul ne le sait.
49:47Malgré les actions en justice des parents,
49:49le gouvernement ne daigne pas répondre
49:51et reste sourd aux multiples relances.
50:10Comment contrôler les facteurs de croissance ?
50:12Aujourd'hui,
50:14la découverte de la fontaine de Jouvence
50:16passe peut-être par cette question.
50:18Voici Walter Longo
50:19dans le village natal de ses parents,
50:22dans le sud de l'Italie.
50:28Son oncle lui a signalé
50:29qu'il y a de plus en plus de centenaires
50:31et un nombre de non-ingénieurs
50:33en bonne santé tout à fait étonnant.
50:35L'occasion pour Walter
50:36de lancer une étude
50:37qui lui paraît essentielle
50:39sur le régime alimentaire.
50:47La nutrition, en effet,
50:50agit directement
50:50sur les facteurs de croissance.
50:59Le régime alimentaire, ici,
51:02interagit très bien
51:03avec nos recherches.
51:06Après ce que nous avons fait
51:07en équateur et en laboratoire,
51:11c'est donc devenu le lieu idéal
51:13pour faire ces recherches
51:14sur la nutrition.
51:17Nous voulons vérifier
51:18si les centenaires, ici,
51:20ont suivi le régime alimentaire
51:22que nous pensons être si important
51:24pour la longévité.
51:26L'étude se fait en collaboration
51:45avec l'université de Palerme
51:46et va se poursuivre pendant un an.
51:49Elle s'étend sur toute la région de Calabre.
51:52comme ça s'appelle ?
51:53Walter veut tester à Molokyo
51:56le bien fondé de ses intuitions.
51:59Des recherches récentes
52:00ont montré qu'un régime pauvre
52:02en protéines animales
52:03favorise un faible taux d'IGF1.
52:06Est-ce bien le régime
52:13qu'ont suivi les vieux de Molokyo ?
52:17La grande majorité des gens ici
52:29consomment très peu
52:31de protéines animales
52:32et ce régime les rapproche
52:35un peu des larrons.
52:39Il réduit les taux de facteurs
52:40de croissance
52:41à un niveau qui les protège.
52:43De nombreuses études associent
52:48consommation de viande
52:49et maladies.
52:51Je pense que nous avons besoin
52:53de revenir à des régimes
52:54de base plus sains.
52:58Salvatore Caruso
52:59a 107 ans
53:01et le doyen de Molokyo.
53:05Aujourd'hui, son genou
53:06coince un peu
53:07mais du côté de la tête,
53:09tout fonctionne.
53:10mémoire intacte,
53:15vivacité exceptionnelle,
53:17il peut réciter par cœur
53:18des vers de la Divine Comédie
53:20de Dante
53:20appris lorsqu'il était enfant
53:22il y a près de 100 ans.
53:24La première parole
53:28«Nel Bel Mezzo »
53:30La Divine Comédie
53:31La Divine Comédie
53:33«Nel mezzo
53:35de la camion
53:36de notre vie
53:37on se trouvait
53:38par une selve
53:39oscure
53:39que l'a rejetta
53:40vienne
53:40smarrita.
53:41Ecco,
53:42m'a récordé.
53:43C'est le premier
53:45canto
53:45de l'Inferno.
53:46L'Inferno
53:47par a dit
53:47«É purgatoire.
53:49Ecco,
53:50purgatoire.
53:51Mais on ne pourra
53:59atteindre ce grand âge
54:01et éviter ce système
54:02absurde
54:03avec tant de médicaments
54:04seulement si les médecins
54:07commencent à s'intéresser
54:08à ce genre de recherche
54:10dans des petits villages
54:12comme ici
54:12qui sont des exemples
54:15d'une réelle capacité
54:17à vivre en bonne santé
54:18jusqu'à 100 ans
54:19en mangeant des choses
54:21que l'on aime énormément. »
54:29« Euro qui, comme Ulysse,
54:30a fait un beau voyage,
54:32écrit le poète.
54:34Parti à 16 ans
54:35de son Italie natale,
54:37c'est ici,
54:38auprès de ceux
54:38qui ont vu naître
54:39ses parents,
54:40que Walter Longo
54:41peut rêver écrire
54:42les nouveaux chapitres
54:43de cette histoire.
54:44Si le lien facteur de croissance,
54:51régime alimentaire
54:52et longévité
54:52est établi,
54:54ce sera la première leçon,
54:56belle,
54:57car applicable à tous,
54:59que nous offrent
54:59les petits hommes
55:00du bout du monde.
55:01et la première leçon.
55:03Sous-titrage Société Radio-Canada
55:04Sous-titrage Société Radio-Canada
55:34Sous-titrage Société Radio-Canada
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