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  • il y a 2 semaines
Découvertes sur le theme des mystères

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00:01A la renaissance, l'homme commence à vivre avec son temps, littéralement.
00:06L'horloger allemand Peter Henlein met au point ce que l'on considère comme la première montre, un instrument puissant.
00:14C'est une époque faste pour le commerce et la navigation.
00:22Les Européens atteignent le continent américain et commencent à prendre la mesure de l'immensité de la planète.
00:28Bientôt, le monde connu triple de surface.
00:31Un empire voit le jour sur lequel le soleil ne se couche jamais.
00:38Tout cela grâce aux appareils portatifs de mesure du temps.
00:42Les savants peuvent désormais calculer le trajet des astres.
00:46Ils découvrent la mécanique des planètes et placent le soleil au cœur de l'univers.
00:54L'exploration spatiale n'est plus très loin.
00:56Enfin, du moins en théorie, l'invention de la montre est un fantastique accélérateur de l'histoire.
01:18Florence en 1504.
01:24Léonard de Vinci, figure emblématique de la Renaissance, travaille à ce qui deviendra le tableau le plus célèbre de tous
01:30les temps.
01:32La Joconde.
01:33Le portrait d'une beauté mystérieuse au sourire sans pareil.
01:37Il représente probablement Lisa del Jocondo, l'épouse d'un marchand de soie et de draps florentin.
01:43Léonard de Vinci met plusieurs années à achever sa toile.
01:46Jamais satisfait, il améliore sans cesse ses œuvres.
02:01À son sujet, le pape Paul X aurait déclaré « cet homme n'arrivera jamais à rien ».
02:07Un jugement sans doute un peu hâtif.
02:13Léonard de Vinci est une personnalité qui divise.
02:16On le dit présomptueux, vaniteux et coquet.
02:19Il assume son homosexualité à une époque où elle pourrait le mener au bûcher.
02:27Il est certainement le plus grand génie de tous les temps.
02:30La star de la Renaissance n'est pas seulement artiste.
02:33Il est aussi architecte, anatomiste, sculpteur, anticonformiste, mathématicien et inventeur.
02:49Pour le créateur de la Joconde, la peinture n'est d'ailleurs peut-être qu'une activité accessoire.
02:56Une quinzaine de tableaux sont aujourd'hui attribués avec certitude à Léonard de Vinci.
03:01D'autres toiles sont perdues à jamais,
03:03notamment parce que le peintre testait souvent de nouveaux modes de préparation des couleurs
03:07qui n'ont pas tous résisté au temps.
03:09On pense toutefois que son travail d'inventeur passait avant la création artistique.
03:18Au fond de lui, Léonard est sans doute d'abord un chercheur, un scientifique
03:23qui essaie sans relâche de résoudre de nouvelles énigmes.
03:27Bien plus qu'un peintre qui travaille d'arrache-pied à ses toiles,
03:31laborieusement, minutieusement.
03:36Au cours d'une journée, il se contente souvent d'apporter une petite correction à un tableau.
03:41Il n'est pas en permanence devant son chevalet.
03:44Il est donc vraisemblable que la peinture n'était qu'un gaine-pas.
03:48Ses œuvres sont très demandées.
03:50Il faut dire qu'elles sont extrêmement bien exécutées,
03:53du moins celles qu'il a terminées et qui ont pu être conservées.
03:57A ses yeux, la peinture est peut-être un moyen de s'assurer un certain revenu
04:03afin de pouvoir mener librement ses travaux scientifiques.
04:09Au 15e siècle, une multitude de conflits locaux secouent la péninsule italienne.
04:14En 1405, Padoue passe sous la domination de Venise,
04:19Pise sous celle de Florence.
04:21En 1413, les troupes du roi de Naples s'emparent de Rome.
04:25Et en 1440, Florence attaque Naples et Venise.
04:29Pour étendre leur influence, les grandes cités italiennes sont prêtes à tout.
04:34Et ces combats incessants sont aussi porteurs de progrès.
04:43A la Renaissance, la guerre n'a pas que des effets néfastes.
04:50Elle met en mouvement d'énormes flux de capitaux
04:52par l'intermédiaire des condottieries,
04:55des sortes d'entrepreneurs de guerre,
04:57souvent installés dans des bourgades secondaires,
05:00qui mettent leur armée au service des puissants.
05:04De l'argent circule ainsi en provenance de Florence,
05:07de Milan, de Naples, de Rome ou de Venise.
05:10Quand on visite l'Italie de nos jours,
05:12on est frappé par la diversité et la beauté des petites villes.
05:16Cela donne une idée de la façon dont on peut transformer la guerre
05:19en or, puis en art.
05:25Nous sommes à Milan, en 1485.
05:29Léonard de Vinci travaille pour Ludovic Sforza,
05:31l'homme fort de la ville.
05:33Pour entrer à son service,
05:35il s'est présenté comme un expert en armes et en techniques militaires,
05:38mentionnant à peine son savoir-faire de peintre et de sculpteur.
05:42Ludovic Sforza rêve d'expansion
05:44et veut être paré pour la guerre.
05:46L'inventeur imagine pour lui des armes à la pointe de la technologie.
05:58S'inspirant de l'Antiquité, il associe le principe du véhicule de combat
06:02et de la carapace de tortue pour inventer un char d'assaut à la puissance de feu redoutable.
06:08Le projet ne sera pas réalisé faute de force motrice suffisante.
06:12L'engin est trop lourd et la machine à vapeur n'a pas encore été inventée.
06:20Le Codex Atlanticus, recueil de notes laissées par Léonard de Vinci,
06:25renferme plus de 1000 pages de croquis.
06:27On y trouve une machine à mouvements perpétuels,
06:30des engrenages et des véhicules fonctionnant à ressort,
06:33un peu comme la montre de Peter Hanlein.
06:36Bon nombre de ces inventions restent cependant aujourd'hui des énigmes.
06:47Selon certains, ces rouages sont ceux d'une machine à calculer.
06:51Pour d'autres, cette interprétation va trop loin.
06:53On ne savait pas réaliser des rouages mécaniques à la Renaissance.
06:57Mais Léonard de Vinci ne peut l'ignorer
06:59et se place peut-être sur un plan théorique,
07:01une nouveauté en soi.
07:12En 1495, Léonard de Vinci est aussi le grand ordonnateur
07:16des fêtes et des spectacles chez les Sforza.
07:18C'est à ce titre qu'il présente un jour une invention particulièrement spectaculaire.
07:30Un chevalier mécanique, capable de marcher seul
07:34et selon certaines sources, de bouger les bras et les épaules.
07:37De quoi éblouir les Milanais.
07:40Mais comment fonctionne cet automate ?
07:49Il cache sous son armure un système complexe
07:52composé de 13 poulies et de câbles.
08:04Léonard de Vinci a-t-il inventé le robot il y a plus de 500 ans ?
08:14Uwe Schwigelsholm dirige l'Institut de recherche en robotique de Dortmund.
08:19Sa spécialité, les robots autonomes,
08:22c'est-à-dire capables de prendre eux-mêmes leurs décisions.
08:25Il s'est intéressé au prototype de la Renaissance.
08:30Léonard de Vinci connaît la mécanique des mouvements,
08:33sans doute parce qu'il a étudié l'anatomie.
08:37Il essaie de reproduire les mouvements humains
08:39avec des appareils qui fonctionnent au moyen de câbles.
08:45En revanche, il ne dispose pas de systèmes de propulsion
08:49comme le moteur électrique de nos jours.
08:52La mécanique n'est pas encore aboutie à cette époque.
08:55Elle connaîtra son âge d'or avec Newton.
09:00Et les matériaux disponibles sont un peu rudimentaires.
09:04Les vis, pivots et roues dentées utilisées par l'inventeur
09:08sont en bois et non en métal.
09:10Mais même sans moyens de propulsion,
09:13Léonard de Vinci a compris le principe de l'homme-machine.
09:19La RoboCup, filmée ici en 2016,
09:21est en quelque sorte la coupe du monde de football des robots.
09:25Les joueurs de 50 cm de haut jouent en totale autonomie.
09:29A eux de repérer l'adversaire et le ballon,
09:31de planifier des enchaînements et, si possible, de marquer des buts.
09:35Le football est un sport complexe
09:37qui se prête bien aux expériences visant à mettre au point
09:40des robots de nouvelle génération.
09:43Aujourd'hui, la recherche mise sur l'intelligence collective
09:46bien plus que sur le génie d'un seul individu.
09:49Une stratégie très différente du mode de travail de Léonard de Vinci.
09:57Léonard a dans la tête une université.
10:01Il concentre l'ensemble du savoir de l'humanité de son temps.
10:05Avec l'étendue actuelle des connaissances,
10:08ce serait impossible.
10:09De nos jours, si on veut obtenir des avancées techniques et scientifiques,
10:15on est obligé de faire coopérer activement
10:17des experts issus de branches différentes.
10:25Pour ce type de collaboration interdisciplinaire,
10:28encore faut-il que chaque spécialiste
10:30maîtrise au moins les bases du domaine de ses partenaires.
10:33La robotique fait intervenir des programmeurs,
10:36des ingénieurs et des électroniciens.
10:38mais aussi des experts de l'anatomie et du mouvement.
10:43Les petits footballeurs font partie à ce jour
10:45des robots les plus sophistiqués au monde,
10:47mais on est encore loin de l'intelligence d'un R2-D2.
10:55Léonard de Vinci
10:56suscite l'émerveillement de ses contemporains,
10:58mais aussi la crainte.
11:01Sa supériorité intellectuelle intrigue.
11:03Comment réussit-il de telles prouesses ?
11:06Et d'ailleurs,
11:07quel est le secret de ces géants de la Renaissance ?
11:13Selon Joachim Funke,
11:15professeur de psychologie à Heidelberg,
11:17ce n'est pas dans le fonctionnement
11:19ou l'anatomie de leur cerveau
11:20qu'il faut chercher la réponse,
11:21car il n'y a rien de particulier.
11:23En revanche,
11:25les stratégies de ces artistes savants
11:27méritent toute notre attention.
11:30Joachim Funke est expert en créativité
11:32et en résolution de problèmes.
11:36Sans le savoir,
11:38il n'y a pas de créativité.
11:40Mais surtout,
11:41Léonard est curieux de tout
11:42et s'intéresse à un vaste éventail de disciplines.
11:47Il est en outre très attentif et observateur.
11:50C'est un facteur important
11:51du point de vue de la psychologie.
11:53Il est certainement poussé aussi
11:55par la concurrence,
11:56la rivalité avec ses pairs.
11:58Et il travaille dans un environnement
12:00où il est permis de franchir les limites.
12:01C'est l'esprit même de la Renaissance.
12:05Au lieu de croire aveuglément,
12:07on a la chance de pouvoir apprendre
12:08comment fonctionne le monde.
12:12C'est une motivation fantastique.
12:18La créativité n'est qu'un réagencement
12:21de connaissances préexistantes.
12:23Autrement dit,
12:24l'étincelle créative ne peut enflammer
12:26que ce qui existe déjà.
12:27Mais ce savoir ne suffit pas.
12:30Léonard de Vinci est aussi
12:31un anticonformiste
12:32toujours prêt à sortir
12:33des sentiers battus.
12:42Le secret,
12:43c'est de ne pas côtoyer
12:44toujours les mêmes personnes
12:45et les mêmes idées.
12:47Il faut prendre la peine
12:48d'écouter d'autres avis,
12:50de découvrir d'autres visions du monde,
12:52de changer de perspective.
12:56Autrefois, le fou du roi
12:57était là pour dire
12:57leurs quatre vérités aux puissants.
12:59À notre époque,
13:01on a toujours autant besoin
13:02de ce genre de mise au point
13:03ou de propositions.
13:07Il faut s'extraire
13:08de son petit quotidien confortable
13:10et explorer des domaines inconnus,
13:13découvrir des choses nouvelles.
13:15Enfin, il faut du courage
13:16pour créer.
13:20L'intérêt que porte
13:21Léonard de Vinci
13:22à la mécanique
13:23est dans l'ère du temps.
13:25Bon nombre
13:25des génies de la Renaissance
13:26sont comme lui
13:27à la recherche des moteurs
13:28qui mettent en mouvement
13:29l'homme, la Terre
13:30et l'univers.
13:31Mais en matière de mécanique,
13:32les horloges
13:33sont les réalisations
13:34les plus sophistiquées
13:35qui existent à l'époque.
13:40Vers 1505,
13:42Peter Henlein
13:43met au point
13:43la première montre.
13:45Désormais,
13:46chacun peut emporter
13:47le temps avec lui
13:47partout où il va,
13:49comme s'il lui appartenait.
13:51Pourtant,
13:51gagner de l'argent
13:52avec le temps
13:52reste tabou.
14:06La condamnation
14:07du prêt à intérêt
14:08figure dans la Bible.
14:10C'est un interdit
14:11très important,
14:12presque autant
14:12que la prohibition du meurtre.
14:16Il découle
14:17d'un principe fondamental.
14:19Aucun homme
14:20n'a le droit
14:21de faire des profits
14:21avec le temps
14:22puisque le temps
14:23appartient à Dieu.
14:25À la fin du Moyen-Âge
14:26puis à la Renaissance,
14:28l'économie
14:29acquiert
14:29une importance nouvelle
14:30et a besoin
14:31d'être alimentée
14:31en argent frais.
14:34Ceux qui ont des liquidités
14:35possèdent donc
14:36un avantage
14:37pour lequel
14:37ils veulent être rémunérés.
14:40On cherche alors
14:41toutes sortes de stratagèmes
14:42pour contourner
14:43l'interdiction
14:43de percevoir
14:44des intérêts.
14:52Au XVIe siècle,
14:54des ordonnances
14:55autorisent les bailleurs
14:56de fonds chrétiens
14:56à percevoir
14:57des intérêts
14:58sur les crédits
14:58qu'ils accordent.
15:00Le taux est limité
15:01à 4 ou 5 %.
15:02Un changement important
15:04car le secteur
15:05était jusqu'alors
15:06réservé aux prêteurs juifs.
15:08Le théologien Martin Luther
15:10condamne le prêt à intérêts.
15:13Mais le réformateur suisse
15:15Jean Calvin
15:16n'est pas du même avis.
15:21Selon Calvin,
15:23mon degré
15:23de réussite économique
15:25indique que je suis
15:26prédestiné au salut,
15:27élu en somme,
15:28ou au contraire
15:29voué à la damnation.
15:35Bien sûr,
15:36les gens n'attendent pas
15:37les bras ballants
15:37de savoir
15:38s'ils sont élus ou non.
15:39Ils se mettent
15:40frénétiquement au travail.
15:42Pour le sociologue
15:43Max Weber,
15:44le calvinisme
15:45est ainsi
15:45le père du capitalisme.
15:51En réalité,
15:52plusieurs courants religieux
15:53des XVIe et XVIIe siècles
15:55contribuent
15:56à l'essor économique.
15:59Cette thèse
15:59est donc séduisante,
16:00mais c'est la mobilisation
16:01de toute la population
16:03qui conduit
16:04à ce développement économique
16:05et à ces progrès
16:06techniques extraordinaires.
16:11Dès 1419,
16:13la ville de Zurich
16:14crée des bureaux
16:14de change officiels.
16:16Leurs agents
16:17sont généralement
16:18des orfèvres
16:19ou des maîtres monnayeurs
16:20qui connaissent
16:21la valeur des pièces.
16:23En complément
16:24des opérations de change,
16:25ils accordent des crédits.
16:27C'est ainsi
16:28que la Suisse calviniste
16:29devient pionnière
16:30en matière bancaire
16:31avec le succès
16:31que l'on sait.
16:33Sa prospérité
16:34est vue comme une manifestation
16:35de la bienveillance divine.
16:40La mesure du temps
16:42est indissociable
16:43de l'étude du ciel.
16:44À la Renaissance,
16:45l'homme se libère
16:46des limites étriquées
16:47du monde terrestre
16:48pour prendre
16:49le chemin des étoiles,
16:50en pensée tout au moins.
16:53Beaucoup d'horloges
16:54médiévales
16:54étaient astronomiques.
16:56La mesure exacte
16:58du temps
16:58est une condition
16:59sine qua non
17:00pour examiner
17:01le mouvement du soleil,
17:02de la lune
17:02et des planètes.
17:06Pour la première fois,
17:07certains savants
17:08se risquent aussi
17:09à contredire
17:09la vision du monde
17:10prônée par l'Église.
17:11Ils affirment
17:12que le soleil
17:13ne tourne pas
17:14autour de la Terre
17:15et que la planète
17:16occupée par les hommes
17:16n'est pas
17:17le centre du monde.
17:21Dans la ville polonaise
17:22de Frambork,
17:23vers 1540,
17:24le chanoine
17:25Nicolas Copernic
17:26est un personnage
17:27haut placé
17:28et un humaniste
17:29aux talents multiples.
17:31Il est à la fois
17:32médecin,
17:33docteur en droit,
17:35mathématicien
17:35et économiste,
17:37auteur d'un traité
17:38remarqué
17:38sur la frappe
17:39de la monnaie.
17:41Mais il est passionné
17:42avant tout
17:42par l'astronomie.
17:45Ses observations
17:46et ses calculs
17:47dans ce domaine
17:47vont être
17:48à l'encontre
17:49de la vision
17:49de l'univers
17:50élaborée
17:50au IIe siècle
17:51par Ptolémée
17:52qui veut que la Terre
17:53se trouve au centre
17:54du système solaire.
17:56Ce modèle géocentrique
17:57est également
17:58celui qu'enseigne
17:59l'Église.
18:06Copernic
18:06est convaincu
18:07que c'est le soleil
18:08qui se trouve
18:08au centre de l'univers.
18:10Malgré trois décennies
18:11de travaux scientifiques,
18:12il ne publie pas
18:12son traité.
18:13Ses amis
18:14et ses proches,
18:15y compris des ecclésiastiques
18:16de haut rang,
18:17tenteront en vain
18:18de le faire changer
18:19d'avis.
18:24Si Copernic
18:25ne veut pas
18:26publier ses thèses,
18:27c'est en réalité
18:28parce qu'il a peur
18:29de se ridiculiser.
18:31Ses contemporains,
18:32du moins ceux
18:33qui ont reçu
18:33une éducation,
18:35savent que la Terre
18:35est ronde
18:36et non plate.
18:37mais avec le modèle
18:38copernicien,
18:40cette sphère
18:40entre en mouvement.
18:41Elle tourne sur elle-même
18:43et se déplace
18:43à grande vitesse
18:44autour du soleil.
18:45Pour les gens
18:46de l'époque,
18:47les conséquences
18:48sont inimaginables.
18:50Ils pensent par exemple
18:51que la Terre
18:52serait exposée
18:53à un très fort vent
18:53contraire.
18:54Ils se demandent
18:55si les objets
18:56ne tomberaient pas
18:56en biais,
18:57etc.
18:59sans parler
19:00de la question
19:00théologique
19:01soulevée par
19:02Martin Luther.
19:03Il critique Copernic
19:04en lui rappelant
19:05que selon la Bible,
19:07le soleil
19:08tourne autour
19:08de la Terre.
19:10Tout cela
19:10dissuade l'astronome
19:12de publier ses travaux.
19:16Martin Luther
19:17va jusqu'à
19:18le traiter de fou.
19:19Les idées
19:20de Copernic
19:20rebutent,
19:21non pas qu'elles
19:22paraissent hérétiques,
19:23mais plutôt
19:23parce qu'elles
19:24semblent farfelues.
19:25Il faut attendre
19:26le XVIIe siècle
19:27pour que ses travaux
19:28soient confirmés
19:29par les observations
19:30de Galilée
19:30et le XXe siècle
19:32pour que des preuves
19:33physiques
19:34viennent les corroborer.
19:39Mais Copernic
19:40pose les bases
19:41du modèle héliocentrique
19:42et vient contredire
19:44les conclusions
19:44du grand Ptolémée.
19:45C'est déjà
19:46une révolution.
19:53La Terre
19:54n'est plus au centre
19:55de l'univers.
19:56elle est rétrogradée
19:57au rang
19:57de simples planètes
19:58tournant comme les autres
20:00autour du Soleil.
20:06Et si nous avons
20:07l'impression
20:07que les étoiles
20:08bougent dans le ciel,
20:10Copernic a compris
20:10que c'était en raison
20:11de la rotation
20:12de la Terre.
20:15Puisque toutes les orbites
20:16entourent le Soleil,
20:18c'est là que doit se trouver
20:19le véritable centre
20:20du monde.
20:22Toutes ces découvertes
20:23ont une incidence
20:24considérable de nos jours.
20:26La conquête des étoiles
20:27a bien commencé
20:28il y a 500 ans.
20:30Sans Copernic,
20:31sans l'exploration spatiale
20:32et les communications
20:33par satellite,
20:34notre vie serait bien différente.
20:44Les calculs réalisés
20:46par Copernic
20:46ont des répercussions
20:47dans notre réalité
20:48quotidienne actuelle.
20:50On peut envoyer
20:51des vaisseaux spatiaux
20:51dans l'espace
20:52parce qu'on sait
20:53où se trouvent
20:54les différents corps célestes.
20:55En s'appuyant
20:56sur le modèle de Ptolémée,
20:58on n'aurait jamais
20:58atteint la moindre planète
20:59et on aurait gaspillé
21:00des milliards.
21:02Le bâton de Jacob
21:03permet pour la première fois
21:05aux navigateurs
21:06de déterminer
21:07leur latitude
21:07au moyen
21:08de calculs astronomiques.
21:09Un progrès
21:10puisqu'il devient
21:11plus facile
21:12de s'aventurer
21:13en haute mer
21:13sans repère terrestre.
21:22Autre avancée
21:23datant de l'époque,
21:24les éphémérides,
21:26des tables astronomiques
21:27établies
21:28à partir des calculs
21:29de l'astronome
21:29et mathématicien allemand
21:31Johannes Müller,
21:32dit Regio Montanus.
21:34Elles indiquent
21:35la position des astres
21:37pour les années
21:37allant de 1475
21:39à 1506
21:40et contribuent
21:41elles aussi
21:41à guider les navigateurs.
21:52Regio Montanus
21:55fait connaître
21:56la trigonométrie
21:57en Europe.
21:58Il la diffuse
21:59par ses propres moyens
22:00grâce à la technique
22:01d'impression
22:01qui vient d'être
22:02inventée par Gutenberg.
22:06Les fonctions trigonométriques
22:08servent aujourd'hui
22:09dans toutes les technologies.
22:11Elles sont présentes
22:12dans tous les récepteurs
22:13par exemple.
22:18Sans la trigonométrie,
22:20pas de navigation
22:21par satellite,
22:22pas de GPS.
22:25l'Europe travaille actuellement
22:26à son propre système
22:27de radionavigation,
22:29le projet Galiléo.
22:34Des pays comme la Chine
22:35participent également
22:36à ce programme.
22:44L'objectif,
22:46un système indépendant
22:48du GPS américain
22:49est précis
22:51au centimètre près.
23:02En somme,
23:03la trigonométrie
23:04ouvre des horizons
23:05quel que soit l'époque.
23:08À la Renaissance,
23:10la recherche de routes commerciales
23:11pousse les explorateurs
23:13à aller toujours plus loin
23:14et à rentabiliser
23:15leurs expéditions.
23:17De nouveaux questionnements
23:18apparaissent.
23:19Que trouve-t-on
23:20au-delà des limites
23:21du monde connu
23:22et comment s'y rendre ?
23:33Les marchands européens
23:34comprennent qu'il est plus
23:35avantageux d'importer
23:36le poivre,
23:37la cannelle et la soie
23:38par les voies maritimes
23:39contrôlées par les Portugais
23:40que de les faire venir
23:42en petite quantité
23:43par les itinéraires terrestres
23:44aux mains des Vénitiens.
23:46C'est la fin du monopole
23:48de Venise sur les épices.
23:50De nombreuses maisons
23:51de commerce
23:52investissent dans la navigation.
23:55Le Portugal et l'Espagne
23:57deviennent
23:58de grandes nations marchandes.
24:03Au départ,
24:04ce sont les commerçants
24:05qui veulent se procurer
24:07des marchandises intéressantes,
24:08des denrées de luxe
24:10ou des produits exotiques
24:11pour les revendre
24:13avec un profit maximal.
24:15Ces produits,
24:16ils les trouvent
24:17sur le pourtour méditerranéen,
24:19mais aussi et surtout
24:20en Extrême-Orient.
24:22Voilà pourquoi
24:23des marchands comme Marco Polo,
24:25sans doute le plus connu de tous,
24:27sont prêts à parcourir le monde
24:28pour trouver des épices,
24:30de la soie,
24:31de l'encens
24:32et d'autres denrées rares.
24:34Dans leur sillage,
24:35ils entraînent
24:36des missionnaires
24:37et des guerriers,
24:38parfois aussi des artistes,
24:40des penseurs
24:40et des chercheurs.
24:41Une chose conduit
24:42à une autre.
24:43Chacun essaie
24:44de repousser
24:45son propre horizon.
24:49Lisbonne,
24:501484.
24:51À 33 ans,
24:53Christophe Colomb
24:54est peut-être
24:54à quelques heures
24:55de réaliser
24:55le rêve de sa vie.
24:57Il a obtenu
24:58une audience
24:59auprès du roi
24:59Jean II de Portugal.
25:03Le jeune navigateur
25:04de Gênes
25:04connaît les mathématiques
25:05et la cartographie.
25:07Il est convaincu
25:08par la théorie d'Aristote
25:10selon laquelle
25:10il est possible
25:11de gagner l'Asie
25:12en quelques jours
25:13en naviguant vers l'ouest.
25:24Les savants
25:25de l'Antiquité
25:26pensaient
25:26que l'Europe
25:26et l'Asie
25:27occupaient
25:28la moitié
25:28de la surface
25:29émergée
25:29de la planète.
25:30Selon Christophe Colomb,
25:32les deux continents
25:33sont plus vastes encore.
25:35En réalité,
25:36ils ne représentent
25:37qu'un tiers
25:37environ des terres.
25:43Le navigateur
25:45sous-estime
25:45par ailleurs
25:46largement
25:46la circonférence
25:47du globe.
25:48Il a calculé
25:49que la Chine
25:49et l'Inde
25:50ne devaient pas être
25:51à plus de 4500 km
25:52des côtes européennes.
25:54Un défi,
25:55mais pas impossible.
25:57En réalité,
25:58il lui faudrait
25:59parcourir
25:5920 000 km
26:00pour atteindre
26:01l'Asie,
26:02ce qui est
26:02impensable
26:03pour l'époque.
26:11Christophe Colomb
26:12se lance
26:12dans une entreprise
26:13d'autant plus risquée
26:14qu'il en a mal
26:15évalué le risque.
26:16Les conseillers
26:17du monarque portugais
26:18méfiants
26:19refusent d'ailleurs
26:20de financer le projet.
26:22Finalement,
26:23ce sont
26:24Isabelle de Castille
26:25et Ferdinand d'Aragon
26:26qui lui accordent
26:27leur soutien
26:27huit ans plus tard.
26:31Le 12 octobre 1492,
26:33après six semaines
26:34en haute mer,
26:35Christophe Colomb
26:36atteint une île
26:37des Bahamas,
26:37puis,
26:38quelques jours plus tard,
26:39Cuba
26:39et Hispaniola.
26:41Il est persuadé
26:42d'avoir accosté
26:43en Asie.
26:44Le navigateur
26:45a promis
26:46à la couronne espagnole
26:47de lui fournir
26:48de l'or
26:48et des esclaves
26:49à foison.
26:50Son débarquement
26:51dans le Nouveau Monde
26:52est donc
26:53lourd de conséquences.
27:06Christophe Colomb
27:07est très doué
27:08pour manœuvrer
27:09les navires
27:09dans des eaux difficiles.
27:13En revanche,
27:14c'est un très mauvais
27:15administrateur.
27:17À terre,
27:18il est incapable
27:19de maintenir
27:20la cohésion
27:20entre ses hommes
27:21et il finit
27:23par tomber en disgrâce
27:24à la cour d'Espagne.
27:26Avec sa découverte,
27:27entre guillemets,
27:28puisque l'Amérique
27:29était déjà peuplée
27:30quand il y a débarqué,
27:32avec sa découverte donc,
27:34il déclenche
27:34une catastrophe
27:36sans précédent.
27:37Les germes
27:38introduits
27:39par les Européens
27:40font des millions
27:42de victimes
27:42au sein
27:43des populations indigènes.
27:45Mais il n'y a
27:46que l'or
27:47qui compte pour eux.
27:49L'or,
27:50les épices
27:51et accessoirement
27:52dieux.
27:54Ces voyages
27:55livrent des terres nouvelles
27:57à la merci
27:57des conquérants étrangers
27:59et vont durablement
28:01causer le malheur
28:02des Amérindiens.
28:06De retour à Hispaniola
28:08lors de son deuxième voyage,
28:10fin 1493,
28:12Christophe Colomb
28:12découvre que le fort
28:14qu'il avait fait construire
28:15a été détruit
28:15par les Autochtones.
28:17De durs représailles
28:18s'en suivent,
28:19qui donnent le ton
28:20des relations à venir
28:21entre colons et habitants.
28:24Le prêtre
28:25Bartholomé de la Scassas,
28:26qui défendra plus tard
28:27les droits des Amérindiens,
28:29décrit la cruauté
28:30inouïe des conquistadors.
28:32À son arrivée,
28:33Hispaniola est selon lui
28:35peuplée de 400 000
28:36à 1 million d'indigènes.
28:37Ils ne sont plus que 200
28:39en 1542.
28:41Une extermination
28:42systématique
28:43qui touche
28:44au génocide.
28:52Officiellement,
28:53la seule justification
28:54de la colonisation
28:55et de l'asservissement
28:57des peuples
28:57avec la bénédiction
28:58du pape,
29:00c'est la mission,
29:01l'idée qu'il faut
29:02amener les incroyants
29:03à la religion chrétienne.
29:06Le problème étant
29:07qu'une fois convertis
29:08et baptisés,
29:09ils ne peuvent plus
29:10être réduits
29:11en esclavage.
29:12Or, le commerce
29:13des esclaves
29:14est tout de même
29:15une activité
29:16très lucrative.
29:17Mais, en résumé,
29:19le prétexte consiste
29:21à apporter la foi
29:22à ces populations
29:23et à leur promettre
29:25le paradis.
29:28Jusqu'à la fin
29:29de ces jours,
29:30Christophe Colomb
29:31reste persuadé
29:32d'avoir trouvé
29:32le chemin
29:33du continent asiatique.
29:35Ses voyages
29:36changent le monde.
29:37Les puissances émergentes
29:38que sont l'Espagne
29:39et le Portugal
29:39deviennent des empires
29:41immenses.
29:42Mais il est aussi
29:43le premier
29:44d'une longue lignée
29:45de conquérants
29:45sans pitié.
29:47Qu'est-ce qui le motive ?
29:49Est-ce la soif
29:50d'aventure
29:50ou de richesse ?
29:52La volonté de pouvoir
29:53ou de reconnaissance ?
29:59Christophe Colomb
30:00est sans aucun doute
30:01en quête
30:01de gloire
30:02et de fortune.
30:03Mais c'est aussi
30:04un homme très croyant.
30:06Il veut jouer un rôle
30:07dans l'histoire du salut,
30:08amener de nouvelles âmes
30:09à la chrétienté,
30:10si tant est que les corps
30:12subsistent jusqu'au baptême.
30:15Au vu de certains indices,
30:17on peut aussi penser
30:18qu'il croit
30:18que la fin des temps
30:19est proche.
30:20On n'est pas loin
30:21de l'an 1500,
30:23un chiffre symbolique.
30:26Comme souvent,
30:28on a donc affaire
30:29à un mélange
30:29de pensées rationnelles,
30:31de cupidité,
30:32de rêves de gloire,
30:33d'une part,
30:34et de croyances médiévales,
30:36d'autre part.
30:38La Renaissance
30:39a deux visages.
30:41Et Christophe Colomb
30:43aussi.
30:45D'abord roi d'Espagne,
30:47puis à la tête
30:47du Saint-Empire
30:48romain germanique,
30:50Charles Quint
30:50dirige un empire
30:51sur lequel le soleil
30:52ne se couche jamais
30:53grâce à ses nouveaux
30:54territoires conquis.
30:56Ses possessions
30:57se répartissent
30:57entre l'Europe,
30:58les deux moitiés
30:59du continent américain
31:00et l'Asie.
31:03Quand le soir tombe
31:04à Mexico,
31:05il fait déjà jour
31:06à Manille.
31:13Couronné empereur
31:14par le pape
31:14en 1530,
31:16Charles Quint
31:16se voit comme
31:17un monarque universel,
31:18garant de la foi
31:19et appelé par Dieu
31:20à régner.
31:22Au cours de son règne,
31:24il promulgue
31:25plusieurs ordonnances
31:26visant à abolir
31:26l'esclavage
31:27des populations indigènes.
31:29Au milieu du XVIe siècle,
31:31il requiert même
31:32l'affranchissement
31:32des Amérindiens.
31:34Mais les colonies
31:36sont bien loin
31:36et l'empereur
31:37a besoin d'or.
31:39La mesure n'est pas appliquée.
31:54On pense que
31:55le dernier tableau
31:56sur lequel il pose
31:57le regard
31:57est une toile
31:58du Titien
31:59accrochée
32:00près de son lit de mort.
32:02Elle montre
32:02l'empereur en personne,
32:04pieds nus,
32:05vêtu d'une
32:05tunique blanche
32:06de pénitent.
32:07Il a posé
32:08à côté de lui
32:09sa couronne
32:10et ses attributs impériaux
32:11et il prit
32:12la Sainte Trinité.
32:14Voilà l'image
32:15de lui-même
32:16qu'il a sans doute
32:16sous les yeux
32:17à la fin de sa vie.
32:19Il a essayé
32:20d'instaurer
32:21une monarchie universelle
32:22dans le sens
32:24non pas
32:24d'une dictature
32:25cruelle,
32:26mais plutôt
32:26d'un pouvoir suprême
32:27destiné
32:28à chapeauter
32:29les différents
32:30souverains chrétiens.
32:31Bien sûr,
32:32il a échoué
32:33sur toute la ligne.
32:34Il a même dû
32:34abdiquer
32:35à la fin.
32:36Mais je crois
32:37qu'au fond,
32:37si l'on regarde bien
32:38ce tableau
32:39qu'il semble
32:40beaucoup apprécié,
32:41c'est un homme
32:42profondément
32:43croyant.
32:47Les métaux précieux
32:48sont très convoités
32:49dans l'empire
32:49de Charles Quint.
32:50Entre 1541
32:52et 1560,
32:5367 tonnes d'or
32:54et 480 tonnes
32:56d'argent
32:56arrivent en Espagne.
32:59avec des conséquences
33:00inattendues.
33:04L'or et l'argent
33:06sont à l'époque
33:07les grandes valeurs
33:08refuges,
33:09les seuls instruments
33:10d'échange
33:10vraiment sûrs.
33:12Et soudain,
33:13un souverain
33:14inonde
33:15le système
33:16de métaux précieux.
33:18Il y a un effet
33:19feu de paille.
33:21Puis,
33:22cet afflux
33:23crée une distorsion
33:24et l'or et l'argent
33:26perdent radicalement
33:27de leurs valeurs.
33:30La situation
33:31met ensuite
33:32un certain temps
33:33à se stabiliser.
33:34C'est toujours
33:35ce qui se passe
33:36quand un choc extérieur
33:38vient secouer
33:39le marché.
33:42Au Moyen-Âge,
33:44les Juifs
33:44sont les seuls
33:45en Europe
33:45à pouvoir accorder
33:46des prêts
33:47à intérêt
33:47aux chrétiens.
33:48Leur monopole
33:49dans le secteur financier
33:50leur vaut une réputation
33:51d'usurier
33:52et une vive hostilité.
33:54La péninsule ibérique
33:55notamment
33:56est le théâtre
33:57de violents pogroms.
33:59La population
34:00juive est persécutée,
34:02massacrée,
34:03expulsée.
34:04Le système financier
34:06existant
34:06s'effondre
34:07et le marché
34:08européen de l'or
34:08doit se réorganiser.
34:12La petite ville
34:13d'Augsbourg
34:14en Bavière
34:14va devenir
34:15à cette occasion
34:16la métropole financière
34:17de l'époque
34:18car elle est le siège
34:19de la maison Fougueur.
34:21En quelques décennies,
34:23cette entreprise familiale
34:24étend ses activités
34:26à toute l'Europe.
34:28Ce développement
34:29est notamment assuré
34:30entre 1495
34:31et 1525
34:32par Jacob Fougueur
34:34qui devient
34:35l'acteur
34:35le plus influent
34:36d'Europe
34:36dans le commerce,
34:37l'industrie minière
34:38et la banque.
34:40Fougueur finance
34:41l'État
34:42pour aller vite.
34:43En échange,
34:44l'État lui donne
34:45la possibilité
34:46d'utiliser des terres,
34:48on peut même dire
34:48de les exploiter,
34:50dans des proportions
34:51complètement inédites.
34:54Comme il ne fait pas
34:55les choses à moitié,
34:56il investit
34:57des sommes considérables
34:59dans des terrains,
35:00des parcelles
35:01et des forêts
35:02qui appartiennent
35:03aujourd'hui encore
35:04à la fondation
35:05de la famille.
35:07D'un côté,
35:08Jacob Fougueur
35:09gère donc
35:10ses affaires
35:11avec un risque
35:12calculé
35:12tout en collaborant
35:14avec le pouvoir,
35:15de l'autre,
35:16il privilégie
35:17les placements sûrs
35:18dans le foncier.
35:20Il diversifie
35:21ses actifs
35:22et développe
35:23des activités
35:24florissantes
35:24et à grande échelle,
35:27mais sans jamais
35:28avoir la folie
35:29des grandeurs.
35:39Le pieux Jacob Fougueur
35:40a beau être
35:41l'un des hommes
35:41les plus puissants
35:42de son temps,
35:43il rêve
35:44d'un titre
35:44de noblesse.
35:45Même avec un pied
35:47dans le Moyen-Âge,
35:48il a les attributs
35:48d'un dirigeant moderne.
35:59Prenez le célèbre portrait
36:01de Jacob Fougueur
36:02peint par Albrecht Dürer.
36:05Mettez cet homme
36:06dans un costume sombre,
36:08ôtez-lui son couvre-chef doré
36:09et vous obtenez
36:11un PDG d'aujourd'hui.
36:12C'est sans aucun doute
36:14un manager
36:14extrêmement efficace
36:16qui calcule tout
36:17froidement.
36:18Mais c'est aussi
36:19un chrétien repentant.
36:21La preuve,
36:22c'est qu'à partir
36:23de 1516,
36:24il fait construire
36:25dans sa ville natale
36:26d'Augsbourg
36:27une cité entière
36:29destinée aux plus pauvres,
36:31la célèbre Fougueurail.
36:33C'est un Crésus,
36:35un homme d'affaires
36:36qui enchaîne les succès,
36:37mais qui solde
36:39ses comptes avec Dieu
36:40pour garantir
36:41le salut
36:41de son âme.
36:43Cet aspect-là
36:44est très important.
36:50Jacob Fougueur
36:51mène ses activités
36:52à l'échelle mondiale.
36:54Les grands acteurs
36:55internationaux
36:56sont une autre nouveauté
36:57de la Renaissance.
36:58Il accorde des crédits
37:00aux princes
37:00et à l'église
37:01et reçoit en échange
37:03des droits miniers,
37:04des privilèges commerciaux
37:05et des terres.
37:06À moyen terme,
37:08le retour sur investissement
37:09est colossal.
37:13Pour l'homme d'affaires,
37:15l'engagement social
37:16va de pair
37:16avec l'entrepreneuriat.
37:19Officiellement fondée
37:20en 1521,
37:21la Fougueurail
37:22existe encore
37:23de nos jours,
37:24telle une portion
37:25de renaissance
37:26au cœur d'Augsbourg.
37:29Ce sont les plus anciens
37:31logements sociaux
37:31au monde,
37:3267 petites maisons
37:34qui hébergent
37:34à l'heure actuelle
37:35150 personnes.
37:37Les conditions d'accès
37:38n'ont pas changé
37:39depuis leur création.
37:40Pour prétendre
37:41habiter ici,
37:42il faut être
37:43haugsbourgeois,
37:44catholique
37:44et de réputation
37:45honorable.
37:51Comme à l'origine,
37:53la cité est financée
37:54grâce à la fortune
37:55de la fondation Fougueur.
37:57Un arrangement
37:58mis en place
37:59à la Renaissance
37:59et qui a toujours cours.
38:03Le loyer annuel
38:04n'a pas bougé non plus.
38:06Un florin rénant
38:07soit aujourd'hui
38:0888 centimes d'euros.
38:13Pour des logements
38:14de la Renaissance,
38:14les appartements
38:15de la Fougueurail
38:16sont plutôt vastes
38:17et luxueux.
38:27Lumineux,
38:28d'une surface
38:29de 60 mètres carrés,
38:31ils permettent
38:31de loger une famille.
38:34Outre le paiement
38:35d'un loyer symbolique,
38:36Jacob Fougueur
38:37exige que ses locataires
38:39prient régulièrement.
38:40Ils doivent chaque jour
38:41réciter un autre père,
38:43un credo
38:44et un Ave Maria
38:45pour l'entrepreneur
38:46et sa famille.
39:01Toutes ses prières
39:02devraient lui garantir
39:03l'entrée au paradis
39:04conformément aux croyances
39:05du Moyen-Âge.
39:08Par sécurité,
39:09Jacob Fougueur
39:10ne s'arrête pas là
39:11et fait aussi construire
39:12une chapelle funéraire
39:13au nom de sa dynastie,
39:14intégrée à l'église
39:16Sainte-Anne d'Augsbourg.
39:18Son luxe reflète
39:19la place des Fougueurs
39:20dans la société.
39:22Des artistes de renom
39:24participent à sa réalisation,
39:26notamment Albrecht Dürer,
39:28qui conçoit les pierres tombales
39:29pour les deux frères de Jacob.
39:36Cette chapelle
39:37est le premier lieu
39:38de culte allemand
39:39conçu dans le style Renaissance.
39:42Jacob Fougueur
39:43y est lui aussi inhumé.
39:46En développant
39:47la fondation familiale,
39:48l'entrepreneur aura révélé
39:50ses convictions personnelles
39:51et une certaine
39:52clairvoyance sociale.
39:55Avec une conviction,
39:57l'argent peut régler
39:58la question du salut de l'âme
39:59dans l'au-delà.
40:05Chrétien dévot
40:06et génie de la finance,
40:07Jacob Fougueur
40:08est l'un des hommes
40:09les plus riches de son temps.
40:14Fougueur est immensément riche.
40:16L'écart avec les revenus
40:18d'un petit artisan
40:19de l'époque est abyssal.
40:22Songez que la somme
40:23levée par Fougueur
40:24et son consortium
40:25pour financer l'élection
40:26de Charles Quint
40:27comme empereur
40:28dépasse 800 000 florins.
40:30Pour gagner autant,
40:32un artisan aurait dû travailler
40:33pendant 32 000 ans.
40:37Les Fougueurs prospèrent aussi
40:39sur la peur de l'enfer
40:40et de ses supplices
40:41présentes dans toutes les têtes.
40:43L'église s'octroie
40:45le pouvoir d'alléger
40:46ou de durcir la punition
40:47des damnés
40:48par autorité divine.
40:50Mais les indulgences
40:51qu'elle accorde
40:52ne sont pas gratuites.
41:02Lorsque les pièces
41:03se mettent à teinter,
41:04l'âme s'éloigne
41:05du brasier.
41:06Telle est la devise
41:07de Johann Tetzel,
41:08un moine dominicain allemand
41:10qui commercialise
41:11activement ses indulgences,
41:12y compris pour le blasphème
41:14et le meurtre.
41:18À l'automne 1511,
41:20Martin Luther,
41:21frère Augustin
41:22âgé de 28 ans,
41:23séjourne à Rome.
41:26Il est lui aussi
41:27en quête de rémission.
41:29Il gravite à genoux
41:30le Saint-Escalier
41:31du Palais du Latran
41:32pour obtenir le pardon
41:33de ses péchés
41:34et racheter l'âme
41:35de ses proches.
41:38Du IVe au XIVe siècle,
41:40le Palais du Latran
41:42a été la résidence
41:43officielle des papes.
41:44L'édifice de style Renaissance
41:46que nous connaissons aujourd'hui
41:48a été commandé
41:49par le pape Sixte V
41:50au XVIe siècle.
41:51Le trafic des indulgences
41:53est une source
41:53de financement essentielle
41:55pour les papes de l'époque.
41:57Entre 1470
41:58et 1530,
41:59six souverains pontifs
42:00se succèdent à Rome.
42:02Corruption,
42:03appât du gain,
42:04méthode musclée
42:05et souvent désastreuse,
42:07ces papes de la Renaissance
42:08conservent aujourd'hui encore
42:10une réputation sulfureuse,
42:12surtout aux yeux
42:13de leurs détracteurs.
42:19Alexandre VI Borgia
42:20est peut-être
42:21le plus tristement célèbre
42:22de tous.
42:23Il invite des prostituées
42:25aux orgies
42:25qu'il organise au Vatican.
42:27Aux yeux de Martin Luther,
42:29l'église de Rome
42:30et la Nouvelle Babylone,
42:31la ville sainte,
42:32un lieu de perdition.
42:35Quand on parle
42:36des papes de la Renaissance,
42:37c'est souvent pour en dire
42:38des horreurs.
42:39On pense parfois
42:41que c'est leur comportement
42:42amoral qui déclenche
42:43la réforme,
42:44mais c'est une interprétation
42:45un peu partielle.
42:47Ces papes sont
42:48des modernisateurs,
42:49des hommes de la Renaissance,
42:51des princes
42:51qui entretiennent
42:52une cour
42:53comme tous les nobles
42:54en Europe.
43:00En 1508,
43:01le pape Jules II
43:02commande des fresques
43:03pour la chapelle Sixtine
43:04à Michel-Ange,
43:05alors âgé de 33 ans.
43:08Dans un premier temps,
43:09celui-ci refuse.
43:10Il se sent avant tout
43:12sculpteur et juge
43:13son talent de peintre
43:14insuffisant.
43:15Mais le pape
43:16ne lui laisse pas le choix.
43:18Alors Michel-Ange
43:19exige au moins
43:20sa liberté artistique
43:21et Jules II
43:22lui donne carte blanche.
43:23Le résultat ?
43:24520 mètres carrés
43:26de fresques
43:26laborieusement peintes
43:28la tête renversée.
43:29Un travail titanesque.
43:44Avec la joconde
43:45de Léonard de Vinci,
43:46ces fresques
43:47comptent parmi les œuvres
43:48les plus célèbres
43:49de la Renaissance,
43:50voire de toute
43:51l'histoire de l'art.
43:52La création d'Adam
43:53est sans doute
43:54le motif le plus reproduit
43:55au monde.
43:56Michel-Ange peint
43:57un dieu fondant
43:58sur les hommes
43:59comme une tempête.
44:17Le jugement dernier,
44:18lui,
44:19représente
44:20les troupes célestes
44:21nues comme les dieux
44:21de l'Olympe.
44:22L'œuvre d'un artiste
44:24courageux,
44:24rendu possible
44:25par le mécénat du pape.
44:33Sans les papes
44:34de la Renaissance,
44:35la basilique Saint-Pierre
44:36n'existerait pas.
44:37La fantastique
44:38production artistique
44:39de Rome
44:40n'aurait pas vu le jour,
44:41sans parler
44:42de toutes ses œuvres
44:42musicales.
44:44Comme tous les personnages
44:45modernes,
44:46ils sont ambivalents.
44:47Ils ont des côtés
44:48admirables,
44:49mais par ailleurs,
44:50ils se comportent
44:51comme le prince
44:51de Machiavel.
44:53Ils sont libres
44:54et souverains.
44:55Et au passage,
44:56ils font passer
44:57au second plan
44:58leur devoir ecclésiastique
44:59quand ils ne l'oublient
45:00pas complètement.
45:03Jules II
45:04est surnommé
45:05le terrible.
45:07À ses côtés,
45:08le bâtisseur
45:09Donato Bramante
45:10est quand elle lui appelait
45:11le maître destructeur.
45:14Ensemble,
45:15ils impriment
45:15leur marque
45:16sur Rome.
45:17Le pape fait abattre
45:19des monuments,
45:20agrandir des places
45:21et réaménager
45:22des rues.
45:28Construit en 1500,
45:29le cloître
45:30de Bramante,
45:31attenant à l'église
45:32Sainte-Marie de la Paix,
45:33est alors parfaitement
45:34au goût du jour.
45:35Il s'agit d'une commande
45:36de l'influent
45:37cardinal
45:37Oliviero Carrafa.
45:48Donato Bramante
45:49s'est fait connaître
45:50avec le Tempietto
45:51de l'église
45:52San Pietro
45:52in Mondorio,
45:53inspiré des temples romains
45:55de forme ronde.
45:56Son architecture
45:57est emblématique
45:57de la haute renaissance.
46:01C'est encore Jules II
46:03qui fait raser
46:03l'ancienne basilique
46:04édifiée par l'empereur
46:05Constantin
46:06malgré les protestations
46:07de ses cardinaux.
46:10A la place,
46:11il veut faire élever
46:12la plus grande église
46:13du monde chrétien,
46:15Saint-Pierre de Rome.
46:20Le pape a la folie
46:21des grandeurs.
46:22Il souhaite que sa basilique
46:24héberge aussi
46:25son propre tombeau,
46:26le plus monumental
46:27de toute l'histoire.
46:29Il y sera
46:30effectivement inhumé.
46:32Donato Bramante
46:33se voit attribuer
46:35la commande
46:35et les travaux
46:36commencent en 1506.
46:43une quarantaine
46:44d'années plus tard,
46:45Michel-Ange,
46:46sculpteur,
46:47peintre,
46:47poète et savant,
46:49devient à son tour
46:50le maître d'œuvre
46:50et l'architecte
46:51de Saint-Pierre de Rome.
46:57Il a 72 ans
46:58lorsqu'il prend la tête
46:59du plus grand chantier
47:00d'Europe.
47:07Le couronnement
47:08de son œuvre
47:09est la construction
47:10de la coupole
47:10surmontant la basilique,
47:12le plus gros ouvrage
47:13de maçonnerie
47:14autoporteur au monde.
47:16Le dôme
47:16est sa réalisation,
47:18son idée.
47:22Michel-Ange
47:23aura exercé
47:24son métier
47:24d'artiste
47:25pendant sept décennies.
47:27S'il se destine
47:28initialement
47:28à la sculpture,
47:29il laisse des réalisations
47:30picturales
47:31et architecturales
47:32grandioses.
47:33Il fréquente
47:34assidûment
47:35les carrières,
47:36toujours soucieux
47:36du choix
47:37de ses matériaux
47:38et fait déplacer
47:39des tonnes
47:39de pierres.
47:41Michel-Ange,
47:42qui voit aussi
47:42se succéder
47:43neuf papes,
47:44travaille jusqu'à
47:45son dernier souffle.
47:47Il meurt
47:47le 18 février
47:481564
47:49à 89 ans,
47:51un âge canonique
47:52pour l'époque.
47:54C'était le dernier
47:55des grands artistes
47:56humanistes
47:57de la Renaissance
47:57encore en vie
47:58et beaucoup
47:59d'historiens
47:59de l'art
48:00estiment que sa mort
48:01marque la fin
48:02d'une époque.
48:14Comme d'autres,
48:15ce chef-d'oeuvre
48:16a été financé
48:17par la peur
48:17qu'inspirent
48:18aux chrétiens
48:18les supplices
48:19de l'enfer.
48:20En effet,
48:21le pape Léon X
48:22développe à son tour
48:24le commerce
48:24des indulgences
48:25pour financer
48:26la construction
48:26de la basilique.
48:32Martin Luther
48:33est horrifié
48:34par la décadence
48:35qu'il découvre à Rome.
48:36Son voyage
48:37dans la ville éternelle
48:38est un tournant
48:39dans son existence.
48:40Il l'évoque
48:41à maintes reprises
48:42dans des écrits
48:43et des prêches
48:43ultérieures.
48:44Le moine se met
48:45à pourfendre activement
48:47le trafic des indulgences,
48:48synonyme pour lui
48:49de la corruption
48:50et de la cupidité
48:51de l'Église
48:52et de ses papes.
48:53C'est l'un des points
48:54de départ
48:54de la réforme.
49:06Cet obscur religieux
49:07brave l'empereur
49:09et le pape
49:09pour finir
49:10par diviser l'Église.
49:12C'est non pas
49:13un révolutionnaire
49:14mais un réformateur.
49:16Deux générations
49:17plus tard,
49:18la guerre de 30 ans
49:18opposera catholiques
49:20et protestants
49:21dans un conflit
49:21particulièrement meurtrier
49:23qui mettra le Saint-Empire
49:24romain germanique
49:25à feu et à sang.
49:27En 1517,
49:28Martin Luther rend public
49:29ses 95 thèses,
49:31une liste de principes
49:32qui fustigent expressément
49:33la pratique des indulgences.
49:35En quelques mois,
49:36plus de 80 textes
49:37et recueils de Luther
49:38sont publiés
49:39dans plus de 600 éditions
49:40en tout.
49:41Le réformateur
49:42devient célèbre
49:43grâce à l'imprimerie,
49:45premier média
49:45de masse de l'Histoire.
49:50La réforme
49:51est impensable
49:52sans les médias
49:53de masse
49:54du XVIe siècle.
49:56Martin Luther
49:57écrit ses thèses
49:58sur un problème
49:59théologique
50:00assez insignifiant,
50:01les indulgences.
50:02Pourtant,
50:03en quelques semaines,
50:05elles sont diffusées
50:06et lues
50:06dans tout le sud
50:07de l'Allemagne.
50:12C'est grâce
50:13à l'imprimerie,
50:14aux feuilles volantes
50:15et aux petits fascicules
50:16qui peuvent circuler
50:17dans tout l'Empire
50:17et au-delà
50:18et qui font réagir
50:19les gens.
50:21On lit,
50:22parfois à voix haute
50:23et on discute
50:25des textes
50:25avec les gens
50:26qui ne savent pas lire.
50:31Comment fonctionne
50:32l'humain ?
50:33Qu'est-ce qui le fait
50:34avancer ?
50:35Grâce à l'imprimerie,
50:36les savants
50:37peuvent désormais
50:38débattre plus facilement
50:39de ces questions.
50:41La communication mondiale
50:42n'est ainsi
50:43à la Renaissance.
50:45Pour la première fois,
50:47des milliers de personnes
50:48peuvent consulter
50:49un même texte
50:50en même temps.
50:51On apprend aussi
50:52à représenter
50:53et planifier l'avenir
50:54de façon réaliste.
50:57L'homme comprend
50:58les forces qu'il anime
50:59et s'inspire
51:00de sa propre image.
51:02Les premiers hommes-machines
51:04font leur apparition
51:05et préfigurent un avenir
51:07dans lequel des robots
51:08jouent au foot.
51:10En quelques générations,
51:11le monde connu
51:12a été multiplié
51:13par trois.
51:15Le transport
51:15et le commerce mondial
51:17sont une réalité.
51:19Et si les contemporains
51:20de la Renaissance
51:20parcourent la planète,
51:22ils jettent aussi
51:23les bases nécessaires
51:24à de futurs voyages
51:25bien plus lointains
51:26dans le cosmos.
51:30L'héritage de la Renaissance
51:32est toujours resté
51:33bien vivant.
51:35À mon sens,
51:36on peut dire
51:37que la révolution industrielle,
51:38tout comme notre monde actuel,
51:40n'aurait pas été
51:41possible sans les idées
51:42et les inventions
51:44de la Renaissance.
51:47Jamais l'humanité
51:48n'a connu
51:49une telle impulsion
51:50dans son histoire.
51:51Même notre époque
51:53de frénésie permanente
51:54fait pâle figure
51:55à côté de la Renaissance.
51:57On n'a jamais autant
51:58développé, inventé,
52:00circulé, transformé,
52:02révolutionné
52:03et anticipé
52:04en si peu de temps.
52:06Tout cela,
52:07grâce à des hommes
52:08qui maîtrisent enfin
52:09ce qui paraissait
52:09est encore impensable hier
52:11parce qu'ils comprennent
52:12le monde
52:13qui les entoure.
52:15La Renaissance
52:16est un plaidoyer
52:17contre les esprits étroits
52:19et les experts
52:19ultra spécialisés
52:20pour la curiosité
52:22et le courage
52:23de quitter
52:23les sentiers battus.
52:25Une histoire d'hommes
52:26qui ne se contentent
52:27plus de croire
52:28mais qui veulent savoir
52:29et repousser
52:31les limites du possible.
52:32La Renaissance
52:33est notre passé
52:34et notre avenir.
52:38Sous-titrage Société Radio-Canada
52:52Sous-titrage Société Radio-Canada

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  1. mafrica
    il y a 5 semaines