Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00:00...
00:00:08Mi-juin 1940, alors qu'en France tout s'effondre,
00:00:12une poignée d'hommes et de femmes vont refuser la défaite
00:00:14et se mettre corps et âme au service du général de Gaulle, alors exilé à Londres.
00:00:19La Légion de Gaulle, c'est quelques milliers d'hommes,
00:00:22on estime qu'entre juin et août 1940, à peu près 7200 Français ont rallié de Gaulle.
00:00:26Au fil des mois, alors même que la fureur guerrière s'empare du globe,
00:00:31ces premiers combattants de la France libre vont être rejoints par des centaines d'engagés venus de tous les horizons.
00:00:37Ces hommes et ces quelques femmes sont des aventuriers, des rebelles,
00:00:41des patriotes conscients des conséquences de leurs actes.
00:00:44Être Français libre, c'est être condamné à mort par contumace pour trahison,
00:00:49c'est voir ses biens saisis, c'est se dire finalement on est parti, on a tout quitté
00:00:53et il n'y a aucun espoir de retour.
00:00:57Entre 1941 et 1942, sur les champs de bataille d'Afrique, à Birakem et El Alamein,
00:01:04les forces françaises vont démontrer aux alliés leur hardiesse et leur fougue
00:01:07en infligeant plusieurs revers cinglants aux troupes allemandes du général Romel.
00:01:12Et là, les Allemands sont mis en échec.
00:01:14Une armée allemande est battue.
00:01:17Parti de rien, ces soldats de fortune vont s'imposer au monde
00:01:20et faire naître dans le cœur des patriotes un espoir fou, celui de la liberté.
00:01:25Ils vont, jour après jour, faire le sacrifice de leur vie
00:01:29pour sauver le seul bien qu'ils avaient en commun, l'honneur.
00:02:18C'est le cœur serré que je vous dise aujourd'hui qu'il faut cesser le combat.
00:02:23Je me suis adressé cette nuit à l'adversaire pour lui demander
00:02:28s'il est prêt à rechercher avec moi, entre soldats, après la lutte et dans l'honneur,
00:02:35les moyens de mettre un terme aux hostilités.
00:02:39Ce 17 juin 1940, à l'heure où Pétain annonce sa volonté de faire cesser les combats,
00:02:45un officier, Charles de Gaulle, ancien chef d'une division cuirassée
00:02:48et dernier secrétaire d'État à la guerre du gouvernement de Paul Reynaud,
00:02:52veut poursuivre la lutte.
00:02:54Il vient juste d'arriver à Londres.
00:02:56Il est quasiment seul, mais prépare déjà une riposte qui peut sembler dérisoire.
00:03:01Un appel à la résistance envers et contre tout.
00:03:04Là, le général de Gaulle affirme une volonté
00:03:07qui est proprement un coup de folie,
00:03:09que seul un homme qui a une idée de lui-même,
00:03:12qu'il a attaché à l'idée qu'il a de son pays, peut porter.
00:03:17Le 18 juin, le général de Gaulle pénètre dans les studios de la BBC à Londres.
00:03:22Trois hommes seulement, enfermés dans une pièce voisine,
00:03:25écoutent l'enregistrement du message qui sera diffusé à 22 heures le même jour.
00:03:30Ce texte, dont l'enregistrement a été perdu,
00:03:33est un souffle d'espoir,
00:03:35un acte de foi et de raison qui part sur les ondes.
00:03:39Le général appelle toutes les bonnes volontés,
00:03:41officiers, soldats, ingénieurs et ouvriers,
00:03:44à se rallier à lui.
00:03:46Il appelle à la résistance.
00:03:49Mais cet appel restera vain.
00:03:51En France, quasiment personne ne l'a entendu.
00:03:56Le lendemain,
00:03:58quelques journaux de province signalent l'événement.
00:04:00À Londres, un général s'est exprimé à la radio.
00:04:03Dans de telles circonstances,
00:04:05difficile pour de Gaulle de susciter des vocations.
00:04:08Les forces françaises libres ne sont alors qu'une chimère.
00:04:11Et pourtant, les premiers volontaires se présentent.
00:04:15Le 19 juin, au matin, un courrier arrive de l'ambassade de France
00:04:18disant à de Gaulle qu'il ne peut pas parler
00:04:21et inviter les soldats français à le suivre.
00:04:23Il y a un gouvernement en France.
00:04:25Les soldats français, ici en Angleterre,
00:04:27doivent écouter leur gouvernement légal.
00:04:30Mais heureusement pour de Gaulle,
00:04:31arrive aussi le premier engagé de la France.
00:04:34Libre. Son appel, même s'il a été peu entendu,
00:04:36a été entendu.
00:04:37Un jeune français qui habite à Londres,
00:04:39qui a 26 ans, qui est ingénieur chez Hispano-Suiza,
00:04:42s'est rendu à la BBC,
00:04:43a demandé l'adresse du général de Gaulle
00:04:45et arrive.
00:04:46Il monte à l'appartement, il sonne.
00:04:48Chaudron de Courcel racontera.
00:04:50J'avais devant moi l'un des premiers engagés.
00:04:53J'ai pris une feuille de papier.
00:04:54J'ai noté son nom, son prénom, son adresse.
00:04:56L'aventure de la France Libre a été lancée.
00:04:59Mais le gouvernement britannique est encore divisé
00:05:01sur la conduite à tenir à l'égard de cet inconnu.
00:05:04Réfugié en Angleterre.
00:05:06Pourquoi soutenir un homme qui ne représente que lui-même ?
00:05:09Les Anglais espèrent encore que le gouvernement pétain
00:05:12ne cessera pas le combat contre l'envahisseur,
00:05:14qu'il choisira de poursuivre la lutte.
00:05:17Désespoir vite déçu.
00:05:19Le 22 juin, les représentants du nouveau gouvernement français
00:05:23signent l'armistice en forêt de Compiègne.
00:05:25La France, violent les accords passés au mois de mars 1940,
00:05:30cesse le combat sans même fournir les clauses de l'armistice
00:05:33à son allié britannique.
00:05:35Hitler peut jubiler et s'autoriser une visite rapide,
00:05:38deux heures et quart montrant en main, d'un Paris désert.
00:05:42Concorde, Madeleine, Trocadéro, dans les brumes d'une cité morose,
00:05:47le Führer prend possession d'une capitale qu'il compte bien mettre au pas.
00:05:54Pour la propagande nazie, la France est bel et bien à genoux.
00:05:57Pas tout à fait.
00:06:01Le 22 juin, de Gaulle lance un nouveau message sur les ondes.
00:06:06Moi, général de Gaulle, j'entreprends ici, en Angleterre, cette tâche d'actionnage.
00:06:14J'invite tous les militaires français des armées de terre, de mer et de l'air.
00:06:20J'invite les ingénieurs et les ouvriers français spécialistes de l'armement
00:06:25qui se trouvent en territoire britannique ou qui pourraient y parvenir à se réunir à moi.
00:06:32J'invite les chefs, les soldats, les marins, les aviateurs, les forces françaises de terre, de mer, de l'air,
00:06:43où qu'ils se trouvent actuellement, à se mettre en rapport avec moi.
00:06:48J'invite tous les français qui veulent rester libres à m'écouter et à me suivre.
00:06:55Vive la France, libre, dans l'honneur et dans l'indépendance.
00:07:04Ce même 22 juin 1940, le général Végan annule la promotion temporaire au grade de général de brigade
00:07:11et met le colonel de Gaulle à la retraite d'office.
00:07:14Pour le gouvernement Pétain, de Gaulle n'est plus rien qu'un colonel retraité.
00:07:19A Londres, aucun chef militaire ou civil, aucun diplomate n'a accepté de former avec lui un comité national, même
00:07:26provisoire.
00:07:27Pire encore, sur les 11 500 hommes de la flotte française, seulement 880 décident de rallier la France libre, dont
00:07:3580 officiers.
00:07:36Et pour cause, les 600 membres de l'ambassade de France dissuadent tous ceux qui souhaiteraient le rejoindre.
00:07:43Ce ne sont pas des politiciens, des chefs militaires ou des diplomates qui vont accepter de le rallier.
00:07:48Ce sont d'abord de simples citoyens.
00:07:57Du 24 au 26 juin, 114 habitants de l'île de Saint s'embarquent sur des navires de pêche pour
00:08:02rejoindre l'Angleterre.
00:08:04Le plus jeune a 14 ans.
00:08:08Il faut se rappeler ce qu'était le choix de la France libre en 40, c'est aller à l
00:08:14'encontre de l'immense majorité des Français,
00:08:16c'est se mettre à la marge, être Français libre, c'est déjà rallier une puissance étrangère,
00:08:22c'est être condamné à mort par contumace pour trahison, c'est voir ses biens saisis,
00:08:27c'est se dire finalement on est parti, on a tout quitté et il n'y a aucun espoir de
00:08:32retour.
00:08:33Au total, 114 sénants quitteront l'île pour la Grande-Bretagne,
00:08:38premiers d'une longue série de volontaires comprenant de nombreux basques refusant la défaite,
00:08:42des juifs craignant les nazis, des lycéens et de simples réfugiés de tous horizons.
00:08:52A Londres, ces combattants de la première heure sont réunis dans un grand marché couvert, l'Olympia Hall.
00:08:59A l'été 1940, ce bâtiment va reçoir près de 400 jeunes Français qui ont rejoint la France libre,
00:09:05ils vont signer ici leur acte d'engagement dans la France libre,
00:09:09ils vont passer la visite médicale, ils vont être répartis en section
00:09:12et le 6 juillet 1941, 9h du matin, le général de Gaulle vient visiter ses premiers engagés de la France
00:09:18libre,
00:09:19il leur promet la victoire au bout de leurs efforts et il leur dit surtout préparez-vous à beaucoup voyager
00:09:24parce que partout où la France se battra contre les allemands, les troupes du général de Gaulle seront présentes.
00:09:31Les propos de de Gaulle fédèrent ceux qui veulent se battre.
00:09:35Un détail qui n'échappe pas au premier ministre britannique Winston Churchill.
00:09:40Le 28 juin 1940, de Gaulle reçoit de Churchill une communication de la plus haute importance.
00:09:46Le gouvernement de sa majesté reconnaît le général de Gaulle comme le chef en ce pays de tous les Français
00:09:52libres
00:09:53qui, où qu'il soit, se rallie à lui pour soutenir la cause alliée.
00:09:59Le même jour, le premier ministre britannique, dans son bureau du 10 Downing Street, lui lance
00:10:04« Vous êtes seul ? Eh bien je vous reconnais tout seul. »
00:10:09Churchill a bien besoin de de Gaulle et de la France libre
00:10:11car l'administration de Vichy domine encore un territoire considérable,
00:10:16l'Empire colonial français.
00:10:18Près de 13 millions de kilomètres carrés pour plus de 68 millions d'habitants.
00:10:23Un immense vivier de ressources, d'hommes et des ports d'attache pour la marine de Vichy
00:10:28dont un aux portes de l'Afrique du Nord, Mercelle-Kébir.
00:10:35Si la France vichyste livre sa flotte aux forces de l'Axe, la suprématie maritime britannique
00:10:40sera remise en cause.
00:10:42Il n'y a qu'une seule solution.
00:10:45Les navires britanniques attaquent entre le 3 et le 6 juillet, après sommation,
00:10:50une escadre française mouillant dans le port de Mercelle-Kébir.
00:10:54Les combats font 1295 morts dans les rangs des marins français.
00:10:59Les pertes les plus terribles étant celles du cuirassé Bretagne,
00:11:02qui chavire, écoule, entraînant par le fond 997 hommes.
00:11:11Et ça, ça va porter un coup brutal au développement de la France libre.
00:11:16Le général de Gaulle est ébranlé, mais accepte ce terrible coup de force.
00:11:21Il n'est pas un français qui n'est appris avec douleur et avec colère
00:11:27que des navires de la flotte française avaient été coulés par nos alliés.
00:11:32En vertu d'un engagement déshonorant, le gouvernement qui fut à Bordeaux
00:11:38avait consenti à livrer nos navires à la discrétion de l'ennemi.
00:11:43Eh bien, je dis sans embâche qu'il vaut mieux qu'ils aient été détruits.
00:11:54Si le drame de Mersel-Kébir est utilisé par la propagande de Vichy,
00:11:58il permet aussi le rapprochement de de Gaulle et Churchill.
00:12:01Leur alliance est consolidée par la réaction ferme du général français.
00:12:05De Gaulle et Churchill, tous les rapprochent et tous les opposent.
00:12:08Tous les rapprochent parce qu'ils ont un sens de romantisme, de l'action.
00:12:12Ce sont des gens qui sont baignés d'histoire,
00:12:13ce sont des gens qui ont une grande culture littéraire,
00:12:17ils connaissent le pouvoir du verbe, ils aiment écrire.
00:12:20Voilà les choses qui leur rapprochent.
00:12:25Le premier ministre britannique a bien besoin de soutien.
00:12:28Car l'Angleterre, seule désormais pour affronter le Reich hitlérien,
00:12:32connaît des heures douloureuses.
00:12:37Début juillet 1940, la Luftwaffe, l'armée de l'air allemande,
00:12:42lance ses appareils vers la Manche et les convois britanniques.
00:12:45Le but, isoler les îles britanniques
00:12:48et forcer les chasseurs de la Royal Air Force à engager le combat.
00:12:58La première phase de la bataille d'Angleterre débute.
00:13:01La guerre se poursuit dans les airs.
00:13:03Elle va durer près d'un an.
00:13:06Entre le 7 septembre 1940 et le 15 mai 1941,
00:13:107000 tonnes de bombes seront larguées sur Londres.
00:13:13Les Anglais vivent désormais au rythme de ces attaques.
00:13:22Cette période de bombardement de Londres,
00:13:24c'est cette période où on vit au jour le jour.
00:13:28On vit au rythme des sirènes.
00:13:30La sirène retentit.
00:13:32On va dans un bunker,
00:13:34on va dans une station de métro.
00:13:36Il y a près de 60 000 personnes
00:13:38qui pourront dormir dans des stations de métro.
00:13:41On vit au ralenti.
00:13:43Il y a des coupures d'électricité,
00:13:44il y a des coupures de gaz.
00:13:45C'est rationné.
00:13:47On descend dans un abri aérien,
00:13:49mais quand on remonte à la surface,
00:13:50on peut découvrir que sa maison a été complètement écroulée.
00:13:53Pendant le blitz,
00:13:54les gens vivent au rythme des bombardements allemands
00:13:58et il y a cette peur et cette mort qui est omniprésente.
00:14:02Les bombardements sont si intenses et destructeurs
00:14:05que de nombreux londoniens se font construire des bunkers
00:14:08dans leurs jardins.
00:14:16Malgré ces attaques aériennes quasi quotidiennes,
00:14:19le quartier général de la France libre
00:14:20s'installe en plein centre de Londres,
00:14:22à Carlton Gardens.
00:14:24Les bureaux luxueux sont occupés par 130 personnes,
00:14:27mais il n'y a là aucun préfet, aucun diplomate.
00:14:31Les Français libres ne sont encore qu'une poignée d'hommes
00:14:34et de femmes autour d'un général sans véritable légitimité.
00:14:38Au même moment, en France,
00:14:40la République sera bientôt abolie.
00:14:43Le 10 juillet, à Vichy,
00:14:46569 députés et sénateurs français
00:14:49votent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain.
00:14:5286 opposent,
00:14:54mis au banc de leur monde,
00:14:55de leur groupe politique parfois.
00:14:5720 s'abstiennent.
00:14:59C'en est définitivement fini de la Troisième République.
00:15:03569 élus, députés et sénateurs
00:15:06viennent d'ouvrir la boîte de Pandore,
00:15:08de permettre les mesures d'exception,
00:15:10la collaboration avec l'occupant nazi,
00:15:12les lois antisémites,
00:15:14la persécution et la déportation des opposants,
00:15:17des juifs.
00:15:21Le 14 juillet, à Londres,
00:15:24le général de Gaulle va passer en revue
00:15:26les troupes des forces françaises libres.
00:15:28Ce 14 juillet 40,
00:15:29la France libre est là,
00:15:30elle est représentée,
00:15:31elle défile à Londres,
00:15:33ce qui est quand même une chance assez inouïe,
00:15:35puisque les forces françaises libres
00:15:36ont été créées quand même le 1er juillet 40.
00:15:38On a rassemblé un petit détachement d'aviateurs,
00:15:40un petit détachement de marins,
00:15:42un petit détachement de légionnaires,
00:15:43et on les fait défiler dans les rues de Londres.
00:15:47C'est une petite légion,
00:15:49la légion de Gaulle,
00:15:50c'est quelques milliers d'hommes.
00:15:51On estime qu'entre juin et août 1940,
00:15:53à peu près 7200 français ont rallié de Gaulle.
00:15:56Pour beaucoup de ces Français libres,
00:15:58c'est, je pense, un moment de cohésion entre eux.
00:16:01C'est un moment où ils se disent
00:16:03« oui, ça y est, on forme quelque chose ».
00:16:06De Gaulle se montre tout de suite sous son vrai visage,
00:16:09quelqu'un qui est extrêmement dur,
00:16:10extrêmement exigeant.
00:16:12Ces phrases prononcées aux officiers
00:16:14qui viennent de leur allier,
00:16:16où il leur dit
00:16:16« ne vous attendez pas à ce que je vous félicite,
00:16:19vous n'avez fait que votre devoir ».
00:16:25Le 2 août,
00:16:27De Gaulle est condamné à mort
00:16:29pour haute trahison et désertion devant l'ennemi
00:16:31par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand.
00:16:34Le lendemain, 3 août,
00:16:36une affiche signée de sa main
00:16:38est placardée dans les rues de Londres.
00:16:40De Gaulle,
00:16:41avec l'appel du 18 juin
00:16:43et en créant ses forces françaises libres,
00:16:46finalement,
00:16:47appelle à une sorte de désobéissance civile,
00:16:49une désobéissance morale
00:16:50par rapport au gouvernement de Vichy.
00:16:52« Vichy va condamner à mort
00:16:54au mois d'août 1940
00:16:55le général de Gaulle ».
00:16:57Et donc,
00:16:58quelque part,
00:16:59indirectement,
00:17:00en fait,
00:17:01les Français
00:17:01entendent parler
00:17:02du général de Gaulle
00:17:04comme celui
00:17:04qui propose aux Français
00:17:06de continuer le combat.
00:17:08Mais la situation en France
00:17:10n'est plus celle de juin 1940.
00:17:12Le gouvernement du maréchal Pétain,
00:17:14installé à Vichy,
00:17:16a signé l'armistice,
00:17:17consacrant la défaite de la France
00:17:19et institué l'État français.
00:17:21En France,
00:17:23le culte du maréchal
00:17:24fait recette.
00:17:25En quelques mois,
00:17:2612 millions de portraits
00:17:27ont été vendus.
00:17:30Que pèse un général
00:17:31mis en retraite,
00:17:33condamné à mort ?
00:17:35De Gaulle pense
00:17:36incarner la France.
00:17:37Il faut avoir la foi
00:17:39pour le croire.
00:17:42Pourtant,
00:17:42si la France libre
00:17:43n'a pas encore
00:17:44de troupes
00:17:44ou d'administrations,
00:17:46elle possède déjà
00:17:47des services secrets.
00:17:51L'idée de créer
00:17:52un service de renseignement
00:17:53de la France libre
00:17:53apparaît dès l'été 40
00:17:55et au départ,
00:17:55c'est 50 personnes.
00:17:56On ne parle pas encore
00:17:57de Bessera,
00:17:57mais on parle plutôt
00:17:58d'un service de renseignement
00:17:59qui serait confié
00:18:00à un deuxième bureau.
00:18:01L'idée de Gaulle,
00:18:03c'est d'avoir une armée
00:18:04FFL qui va combattre
00:18:05l'extérieur
00:18:05et d'avoir des agents
00:18:07infiltrés en France occupée
00:18:08pour mener
00:18:09cette guerre clandestine
00:18:10et pour rechercher
00:18:11des renseignements
00:18:11qui seront utiles
00:18:12pour son action à l'extérieur.
00:18:13Beaucoup de résistants
00:18:15n'ont pas entendu
00:18:16l'appel du 18 juin,
00:18:17ils n'ont pas attendu
00:18:18le général de Gaulle
00:18:18pour entrer en résistance.
00:18:20C'est vraiment
00:18:20une réaction épidermique.
00:18:23Les Allemands sont là,
00:18:24on doit faire quelque chose.
00:18:25Donc la France libre
00:18:26va se dire
00:18:27tous ces mouvements spontanés,
00:18:29il va falloir
00:18:30au bout d'un moment
00:18:30qu'on les fasse entrer
00:18:31sous notre contrôle.
00:18:32Donc on va créer
00:18:34des services secrets.
00:18:37Cela tombe bien
00:18:38car en cette fin d'année 1940,
00:18:41l'Angleterre tremble
00:18:42de se voir envahie.
00:18:43L'armée allemande
00:18:45campe sur l'autre rive
00:18:46du Channel
00:18:46et Hitler ne cache pas
00:18:48ses ambitions hégémoniques.
00:18:50Churchill exige
00:18:52des renseignements précis
00:18:53sur les intentions
00:18:53de son ennemi.
00:18:57Le chef de l'intelligence service
00:18:59joint de Gaulle.
00:19:01Le but,
00:19:02débaucher des Français libres
00:19:03pour tenter d'obtenir
00:19:04les renseignements
00:19:05dont les Anglais ont besoin.
00:19:07De Gaulle le renvoie
00:19:08au chef de son deuxième bureau,
00:19:10André de Wavrin,
00:19:12pseudonyme Passy.
00:19:17Des hommes sont immédiatement
00:19:19envoyés en France,
00:19:20premiers d'une longue série
00:19:21de 1 500 à 2 000 agents
00:19:23de toute nationalité,
00:19:24dont plus de la moitié
00:19:25sont français.
00:19:27Plusieurs de ces agents
00:19:28sont chargés
00:19:28de missions de reconnaissance
00:19:30par les services anglais
00:19:31dès le mois de juillet 1940.
00:19:39ont des missions de sabotage,
00:19:41d'encadrer aussi
00:19:42la résistance intérieure
00:19:44en France occupée.
00:19:45Au début,
00:19:46on est plutôt
00:19:46sur du renseignement.
00:19:48On a conscience
00:19:49que les Allemands
00:19:50sont là en France,
00:19:51mais du coup,
00:19:52il y a plein de Français
00:19:52qui peuvent apporter
00:19:53des renseignements.
00:19:54donc la première étape,
00:19:56ça va être de faire venir
00:19:57ces renseignements aux alliés
00:19:59et une autre étape,
00:20:00ça va être de se dire
00:20:01qu'on peut passer
00:20:02à la lutte armée.
00:20:02On peut provoquer des sabotages,
00:20:04on peut envoyer des parachutistes.
00:20:05Hubert Moreau est chargé
00:20:07d'une mission de reconnaissance
00:20:08par les services anglais
00:20:09au mois de juillet 1940
00:20:10et revient à Londres
00:20:12deux semaines plus tard.
00:20:13Jacques Mention
00:20:14parle lui aussi en juillet
00:20:15et rapporte les cartes
00:20:17du dispositif allemand
00:20:18en Bretagne.
00:20:19En août 1940,
00:20:21c'est au tour de Maurice Duclos
00:20:22et d'Alexandre Beresnikoff
00:20:23qui, comme tous les premiers membres
00:20:25du deuxième bureau
00:20:26de la France libre,
00:20:27prennent pour pseudonyme
00:20:28des noms de stations
00:20:29du métro parisien,
00:20:30Saint-Jacques et Corvizar.
00:20:32Le même mois,
00:20:33le producteur de cinéma
00:20:34Gilbert Renaud,
00:20:35connu sous le nom de Rémy,
00:20:37crée le réseau le plus important
00:20:38et peut-être le plus actif
00:20:40de tous les réseaux opérant
00:20:41en France,
00:20:41la Confrérie Notre-Dame.
00:20:43Le 22 décembre 1940,
00:20:46le lieutenant de vaisseau
00:20:47honoré d'Étienne d'Orve
00:20:48débarque en Bretagne.
00:20:50Début 1941,
00:20:52des parachutistes français libres
00:20:53sont envoyés en armes
00:20:54et en uniforme
00:20:55pour réaliser des missions
00:20:57de destruction
00:20:57en Bretagne et à Quittem.
00:21:06Mais ces premières actions
00:21:07ne suffisent pas.
00:21:09De Gaulle a besoin
00:21:10de plus d'hommes
00:21:10et d'assurer
00:21:11sa légitimité politique.
00:21:13Il veut tenter
00:21:14de rallier à sa cause
00:21:15les territoires vichistes
00:21:16en Afrique.
00:21:17Le but n'est pas
00:21:18uniquement militaire.
00:21:20De Gaulle souhaite
00:21:20installer le siège
00:21:21du gouvernement français
00:21:22qui continue la lutte
00:21:23en terre française.
00:21:25L'idée du général de Gaulle,
00:21:26en créant les forces françaises
00:21:28libres,
00:21:29en créant cette force militaire,
00:21:30il faut aussi
00:21:30l'asseoir sur un empire.
00:21:32Il faut acquérir
00:21:33une base territoriale
00:21:34et cette base territoriale,
00:21:35il la voit en Afrique.
00:21:35De nombreux gouverneurs
00:21:37de l'Empire colonial
00:21:38sont partisans
00:21:39de la poursuite
00:21:39de la lutte.
00:21:40Mais ils sont vite
00:21:41repris en main
00:21:42par l'administration
00:21:43vichiste.
00:21:44Un seul rallie
00:21:45la France libre,
00:21:46le gouverneur
00:21:47de l'Indochine,
00:21:47le général Quattroux.
00:21:49Le ralliement
00:21:50de Quattroux
00:21:50est important
00:21:51puisque Quattroux
00:21:52est plus gradé
00:21:53que de Gaulle.
00:21:53Donc en se mettant
00:21:55sous les ordres
00:21:55de de Gaulle,
00:21:56il fait sortir de Gaulle
00:21:57un petit peu
00:21:57de la hiérarchie militaire,
00:21:58il en fait un chef politique.
00:21:59Le 27 août,
00:22:01Félix Éboué,
00:22:02premier gouverneur noir
00:22:03d'une colonie française,
00:22:05proclame le ralliement
00:22:06du Tchad.
00:22:07Loubanguichari,
00:22:09aujourd'hui
00:22:09République centrafricaine,
00:22:10le suit.
00:22:12Les 28 et 29 août,
00:22:13le futur général
00:22:14de l'Armina
00:22:15prend le pouvoir
00:22:16à Brazzaville.
00:22:17Un coup de main
00:22:18hardi d'un certain
00:22:19capitaine Leclerc,
00:22:20vite promu commandant
00:22:21puis colonel,
00:22:22sur Douala
00:22:22et Yaoundé
00:22:23lui assure le Cameroun.
00:22:25L'Afrique équatoriale
00:22:26vient de tomber aux mains
00:22:27des Français libres.
00:22:28Le colonel Leclerc
00:22:30va s'illustrer
00:22:31tout au long
00:22:32des premiers mois.
00:22:34Dès le départ,
00:22:34il part pour l'Afrique,
00:22:35il va aider
00:22:36au ralliement
00:22:37du Cameroun,
00:22:38au ralliement
00:22:39du Congo-Brazzaville
00:22:40et puis il va se lancer
00:22:41dans des opérations
00:22:42à partir
00:22:43des colonies françaises
00:22:45d'Afrique noire
00:22:46contre le sud libyen
00:22:48et il va monter
00:22:49une colonne,
00:22:50la colonne Leclerc
00:22:51et il va décider
00:22:52de lancer
00:22:53des raids
00:22:53à partir du début
00:22:54de l'année 1941
00:22:55contre le désert
00:22:56du Fézan
00:22:57qui se trouve au sud
00:22:58de la Libye
00:22:59pour harceler
00:22:59les positions italiennes
00:23:01et pour essayer
00:23:02de montrer
00:23:03à tout prix
00:23:03que la France
00:23:04continue le combat.
00:23:06Militairement,
00:23:07l'Afrique équatoriale
00:23:08française,
00:23:09comptant 3 millions
00:23:09de kilomètres carrés
00:23:10et 6 millions
00:23:11d'habitants,
00:23:12constitue un atout
00:23:13de poids.
00:23:14De nombreux avions alliés
00:23:15y transiteront
00:23:16entre 1940
00:23:17et 1942.
00:23:18L'AEF
00:23:19et le Cameroun
00:23:19apportent à la France libre,
00:23:21outre 16 500 hommes
00:23:22déjà sous les drapeaux,
00:23:24le renfort
00:23:24de 5 bataillons autochtones
00:23:26levés sur place.
00:23:27L'étape suivante,
00:23:27c'est de rallier
00:23:28l'Afrique occidentale.
00:23:30L'Afrique occidentale française,
00:23:31dont Dakar est la capitale.
00:23:33C'est un énorme territoire
00:23:34avec beaucoup de population.
00:23:36En plus,
00:23:37il y a stocké
00:23:38l'or de la Banque de France,
00:23:39une grande partie
00:23:40de l'or de la Banque de France,
00:23:41de la Banque nationale belge,
00:23:43de la Banque nationale polonaise.
00:23:44Donc si De Gaulle
00:23:45arrive à mettre la main
00:23:46sur ces territoires,
00:23:46d'une,
00:23:47il a un gigantesque vivier
00:23:48de population
00:23:49ou levé des troupes
00:23:50et en plus,
00:23:51il a des quantités
00:23:52d'or astronomiques
00:23:53qui vont lui permettre
00:23:53d'acheter du matériel militaire
00:23:55auprès des Américains.
00:23:56Avec l'accord de Churchill,
00:23:58De Gaulle décide
00:23:58de conquérir Dakar
00:24:00en pensant que la ville
00:24:01se ralliera à la France libre
00:24:02sans coup férir.
00:24:03Grosse erreur.
00:24:05Tenue par des vichistes
00:24:06convaincus,
00:24:07profondément anglophobes
00:24:08depuis le drame
00:24:09de Marcel Kébir,
00:24:10la cité se prépare
00:24:11à l'attaque.
00:24:12Trois éventualités
00:24:13ont été envisagées.
00:24:15Happy,
00:24:15heureuse,
00:24:16si les défenseurs
00:24:17de Dakar
00:24:18accueillent favorablement
00:24:19les émissaires
00:24:19du général De Gaulle.
00:24:21Sticky,
00:24:22vaseuse,
00:24:22si une certaine résistance
00:24:24se manifeste.
00:24:25Nasty,
00:24:26nauséabonde,
00:24:27si la garnison
00:24:28de la ville
00:24:28réplique avec ses forces
00:24:29et s'il convient alors
00:24:31d'employer les grands moyens.
00:24:33Malheureusement,
00:24:33pour la France libre,
00:24:35c'est tout de suite
00:24:35Nasty.
00:24:37L'armada arrive
00:24:38devant Dakar,
00:24:39De Gaulle est à bord.
00:24:40On se dit
00:24:41que ça va un petit peu
00:24:42jouer,
00:24:43la présence de De Gaulle.
00:24:44On commence
00:24:45à envoyer
00:24:46des tracts
00:24:47sur la ville
00:24:48par voie aérienne.
00:24:50Malheureusement,
00:24:50ça commence très rapidement
00:24:51dès le début de l'opération,
00:24:52ça tourne mal.
00:24:53Les émissaires de De Gaulle
00:24:54qui doivent aller à terre,
00:24:56notamment le tiré d'argent lieu,
00:24:57est blessé
00:24:58et mitraillé,
00:24:59donc son équipe
00:25:00doit revenir à bord.
00:25:01Le débarquement
00:25:02des forces terrestres
00:25:03sur Rufis
00:25:04qui est abandonné.
00:25:05Le but,
00:25:05c'était de faire
00:25:05le coup de force.
00:25:06On se dit
00:25:06qu'on ne va pas non plus
00:25:07vraiment se lancer
00:25:08dans des combats
00:25:09si ceci se déclenche.
00:25:19au bout de deux jours
00:25:20de combats,
00:25:21c'est un échec
00:25:21et les gaullistes
00:25:22doivent remballer
00:25:23leurs matériels,
00:25:24leurs hommes
00:25:25et leurs projets
00:25:25de s'installer durablement
00:25:27à Dakar.
00:25:28De Gaulle est effondré.
00:25:30La propagande de Vichy
00:25:31ne rate pas l'occasion
00:25:32de vilipende
00:25:33et le fiasco de Dakar.
00:25:35Le monde entier
00:25:36a été profondément indigné
00:25:38par l'agression ignoble
00:25:39commise par les Anglais
00:25:41sur Dakar.
00:25:42Cette agression,
00:25:43dirigée par
00:25:43l'ex-général de Gaulle,
00:25:45traître à la patrie,
00:25:46a échoué grâce
00:25:46à la résistance
00:25:47héroïque
00:25:48des troupes françaises.
00:25:50Il ne reste plus
00:25:51aux Français libres
00:25:52qu'à immerger,
00:25:53avec le cérémonial d'usage,
00:25:55les trois premiers marins
00:25:56ayant donné leur vie
00:25:57pour la libération
00:25:57de la France.
00:25:58Trois marins de France
00:26:00qui ont refusé
00:26:01d'admettre l'armistice.
00:26:02Toute cette partie
00:26:03de l'Afrique
00:26:04restera fidèle à Vichy
00:26:05jusqu'en novembre 1942,
00:26:07jusqu'au débarquement
00:26:08américain en Afrique du Nord,
00:26:09américain et britannique.
00:26:11Le gouvernement
00:26:12du maréchal Pétain
00:26:13conservera donc
00:26:15sous sa coupe
00:26:15les territoires
00:26:16les plus riches
00:26:17et stratégiquement
00:26:18les plus importants
00:26:19de l'Empire français,
00:26:20Afrique occidentale
00:26:21et Maghreb.
00:26:22Sur instruction
00:26:23du général de Gaulle,
00:26:25le Tchad devient
00:26:25une base d'opération
00:26:26contre le Sahara italien.
00:26:28Après des raids victorieux
00:26:29sur Koufra
00:26:30et le Fézanne,
00:26:31la colonne Leclerc
00:26:32réalise l'exploit
00:26:33de traverser le Sahara
00:26:34du Tchad
00:26:35à la Méditerranée
00:26:36en s'emparant
00:26:37de toutes les positions
00:26:38de défense
00:26:38et de toutes les oasis italiennes.
00:26:44Pour Leclerc,
00:26:45c'est un moment
00:26:45qui est rentré
00:26:46dans l'histoire
00:26:46parce qu'il fait
00:26:47prêter à ses hommes
00:26:48un serment
00:26:49en arrivant à Koufra.
00:26:50Il leur fait jurer
00:26:51de ne déposer les armes
00:26:52que lorsque nos couleurs
00:26:53flotteront
00:26:54sur la cathédrale de Strasbourg.
00:26:55Malgré l'échec
00:26:56de Dakar,
00:26:57au mois d'octobre 1940,
00:26:59le général de Gaulle
00:27:00lance à Brazzaville
00:27:01un manifeste
00:27:02annonçant la création
00:27:03d'un conseil de défense
00:27:04de l'Empire,
00:27:05organe consultatif,
00:27:07embryon
00:27:07d'un futur gouvernement
00:27:08français libre.
00:27:10Le ton du propos
00:27:11est des plus véhéments.
00:27:12Le général
00:27:13ne lâche rien.
00:27:13J'appelle à la guerre,
00:27:16c'est-à-dire au combat
00:27:17ou au sacrifice,
00:27:18tous les hommes
00:27:19et toutes les femmes
00:27:20des terres françaises
00:27:21qui sont ralliées à moi.
00:27:22En union étroite
00:27:23avec nos alliés
00:27:24qui proclament
00:27:24leur volonté
00:27:25de contribuer
00:27:26à restaurer
00:27:26l'indépendance
00:27:27et la grandeur
00:27:28de la France,
00:27:29il s'agit de défendre
00:27:30contre l'ennemi
00:27:31ou contre ses auxiliaires
00:27:32la partie du patrimoine
00:27:33national que nous détenons,
00:27:35d'attaquer l'ennemi
00:27:36partout où cela sera possible
00:27:38et de mettre en œuvre
00:27:39toutes nos ressources militaires,
00:27:41économiques,
00:27:42morales,
00:27:43de maintenir l'ordre public
00:27:44et de faire régner
00:27:46la justice.
00:27:46Cette grande tâche,
00:27:48nous l'accomplirons
00:27:49pour la France
00:27:50dans la conscience
00:27:51de la bien servir
00:27:51et dans la certitude
00:27:53de vaincre.
00:27:54Le gouvernement de Vichy,
00:27:56dirigé par Pierre Laval,
00:27:58a choisi de suivre
00:27:59un tout autre chemin.
00:28:00À Montoir,
00:28:01le 24 octobre 1940,
00:28:04le maréchal Pétain
00:28:05tente de concilier
00:28:06l'inconciliable
00:28:07en rencontrant Hitler
00:28:08dont il serre la main,
00:28:09se proposant ainsi
00:28:11à une collaboration
00:28:12sans équivoque.
00:28:13Quelques jours plus tard,
00:28:14sur les ondes,
00:28:15il exprime sans détour
00:28:17sa volonté inébranlable.
00:28:18C'est dans l'honneur
00:28:20et pour maintenir
00:28:21l'unité française,
00:28:23une unité de dix siècles,
00:28:25dans le cadre
00:28:26d'une activité constructive
00:28:28du nouvel ordre européen
00:28:29que j'entre aujourd'hui
00:28:31dans la voie
00:28:32de la collaboration.
00:28:33Ainsi,
00:28:35dans un avenir prochain,
00:28:37pourrait être allégé
00:28:38le poids des souffrances
00:28:40de notre pays,
00:28:41améliorer le sort
00:28:43de nos prisonniers,
00:28:45atténuer la charge
00:28:46des frais d'occupation.
00:28:48Ainsi,
00:28:49pourrait être assoupli
00:28:50la ligne de démarcation
00:28:52et faciliter l'administration
00:28:54et le ravitaillement
00:28:55du territoire.
00:28:57Cette collaboration
00:28:58doit être sincère.
00:29:01Depuis quelques jours,
00:29:02une première loi
00:29:03sur le statut des Juifs
00:29:04a été promulguée
00:29:05par le gouvernement de Vichy.
00:29:07Les Israélites français
00:29:08ne peuvent plus accéder
00:29:10à la fonction publique.
00:29:11Une multitude de métiers
00:29:12leur sont interdits.
00:29:14Des Français,
00:29:15de confession juive
00:29:16ou d'origine étrangère,
00:29:17vont pourtant sauver
00:29:19l'honneur de la France
00:29:19aux quatre points du monde
00:29:20en combattant les troupes nazies
00:29:22partout où elles se trouvent.
00:29:24Les Français libres
00:29:25commencent à faire parler d'eux.
00:29:27Tous les jours,
00:29:28des hommes et des femmes
00:29:29rallient Londres.
00:29:30Parmi eux,
00:29:31des enfants,
00:29:32à peine des adolescents,
00:29:33tentent des aventures
00:29:34incroyables
00:29:35pour atteindre
00:29:35la capitale britannique.
00:29:37Jean-Paul et Pierre Lavoie
00:29:39ont respectivement
00:29:4017 et 19 ans
00:29:41lorsqu'ils décident,
00:29:42avec trois autres copains,
00:29:43de traverser la Manche
00:29:44en canoë.
00:29:45L'exploit est si retanquissant
00:29:47que les adolescents
00:29:48sont reçus par Churchill
00:29:49en personne.
00:29:51Pour encadrer
00:29:52et former ces jeunes gens,
00:29:53les instances
00:29:54de la France Libre
00:29:55créent l'école militaire
00:29:56des cadets
00:29:57de la France Libre
00:29:57à Malvern College.
00:29:59De Gaulle s'y renta
00:30:00plusieurs reprises,
00:30:01remettant même,
00:30:02au cours de sa troisième visite,
00:30:04son fagnon à l'école.
00:30:05Le général De Gaulle
00:30:06commence à être connu
00:30:08à ce moment-là.
00:30:09Donc,
00:30:09il y a à Londres
00:30:11des personnalités
00:30:12qui disent
00:30:13qu'il ne faut pas
00:30:13arrêter le combat,
00:30:14qu'il faut essayer
00:30:15de libérer le pays.
00:30:16Grâce à toutes
00:30:17ses bonnes volontés,
00:30:18le combat des Français
00:30:19Libre s'amplifie.
00:30:21Il est bien temps,
00:30:22car l'épidémie de la guerre
00:30:23à l'été 1941
00:30:24s'étend vers l'Est.
00:30:27Hitler lance
00:30:27l'opération Barbarossa,
00:30:29l'invasion
00:30:30de l'Union soviétique.
00:30:33Le plan Barbarossa,
00:30:34c'est un plan unique
00:30:36dans l'histoire militaire
00:30:37parce que ce n'est pas
00:30:38un plan de guerre seul,
00:30:40c'est un plan de guerre
00:30:41d'anéantissement
00:30:42d'un État
00:30:43et de ses populations.
00:30:44Le 22 juin 1941,
00:30:47sans déclaration de guerre,
00:30:48153 divisions allemandes,
00:30:50finlandaises,
00:30:51roumaines,
00:30:52slovaques,
00:30:53hongroises
00:30:53et même une division
00:30:54franquiste espagnole
00:30:55pénètrent en territoire soviétique.
00:30:58Au total,
00:30:594 millions d'hommes
00:31:00avec 600 000 camions,
00:31:024000 chars,
00:31:037000 canons,
00:31:043000 avions.
00:31:05Les premières minutes
00:31:06de l'attaque,
00:31:071500 avions soviétiques
00:31:09sont détruits au sol.
00:31:13L'offensive allemande
00:31:14se déchaîne
00:31:15sur 3000 kilomètres
00:31:16vers Leningrad,
00:31:18Moscou
00:31:19et Kiev.
00:31:23Le 2 octobre 1941,
00:31:26devant la presse,
00:31:27le général de Gaulle
00:31:28exprime pour la première fois
00:31:29sa confiance
00:31:30dans la résistance intérieure.
00:31:34Une immense haine
00:31:36se dresse
00:31:37chez nous
00:31:38contre l'ennemi
00:31:39et contre ses collaborateurs.
00:31:42L'Union nationale
00:31:43se refait
00:31:44en France
00:31:46dans la résistance
00:31:47à l'oppresseur.
00:31:49A la fin du mois d'octobre,
00:31:51une nouvelle recrue
00:31:52rallie la France libre
00:31:53à Londres.
00:31:54Quand de Gaulle
00:31:55reçoit la visite
00:31:56de ce nouvel engagé
00:31:57dans la France libre
00:31:58qui s'appelle
00:31:59Jean Moulin,
00:32:00qui est ancien préfet
00:32:01de Réloir,
00:32:01il comprend qu'il a
00:32:02tout de suite
00:32:02face à lui
00:32:03un homme d'organisation,
00:32:04un homme d'Etat.
00:32:05Moulin,
00:32:05c'est vraiment
00:32:06un homme d'Etat.
00:32:07Il faut penser
00:32:07qu'il a quand même
00:32:08fait partie
00:32:08du gouvernement
00:32:09du Front populaire.
00:32:10Il était dans le cabinet
00:32:10de Pierre Cotte.
00:32:12Donc,
00:32:12de Gaulle va confier
00:32:13à Moulin
00:32:14la mission
00:32:15d'aller unir,
00:32:17organiser
00:32:17les mouvements
00:32:18de résistance
00:32:18en France.
00:32:19Ça va être très long.
00:32:20En France,
00:32:21les mouvements
00:32:21les plus importants
00:32:22sont l'organisation
00:32:23civile et militaire,
00:32:25ceux de la libération
00:32:26et ceux de la résistance
00:32:27et Libération Nord.
00:32:28De son côté,
00:32:29le Parti communiste
00:32:30a fondé
00:32:31le Front national
00:32:32qui englobe
00:32:32des résistants
00:32:33de toute tendance
00:32:34et a créé
00:32:35une organisation armée,
00:32:36les francs-tireurs
00:32:37et partisans.
00:32:38Mais s'organiser,
00:32:40monter un mouvement,
00:32:40ça veut dire
00:32:41qu'il faut avoir
00:32:42de l'argent,
00:32:43qu'il faut avoir
00:32:43des hommes
00:32:44qui s'engagent
00:32:45à plein temps
00:32:46dans cette action
00:32:47et l'argent
00:32:48fait défaut.
00:32:50Surnommé Rex,
00:32:51Jean Moulin
00:32:52va vite être considéré
00:32:53comme le représentant
00:32:54que de Gaulle
00:32:54a décidé d'envoyer
00:32:55en France
00:32:56en vue d'unifier
00:32:57la résistance intérieure,
00:32:59de la rattacher
00:32:59concrètement
00:33:00à la France libre
00:33:01et de préparer
00:33:02la libération
00:33:03du territoire.
00:33:04Les mouvements
00:33:05doivent,
00:33:07sous une forme
00:33:07ou sous une autre,
00:33:09prêter allégeance
00:33:10à Londres.
00:33:11Quand je dis Londres,
00:33:12c'est le général de Gaulle.
00:33:13Jean Moulin
00:33:14retourne donc en France
00:33:15dans la nuit du 1er
00:33:16au 2 janvier 1942.
00:33:18Son ordre de mission
00:33:19gravé sur un microfilm
00:33:21caché dans une boîte
00:33:22d'allumettes.
00:33:25Le journaliste socialiste
00:33:27Pierre Brossolette
00:33:28rejoint Londres
00:33:29à son tour
00:33:29où il devient
00:33:30le plus proche
00:33:30collaborateur
00:33:31de Passy
00:33:32au BCRA.
00:33:34L'efficacité
00:33:35de la résistance intérieure
00:33:36se renforce
00:33:37grâce à l'autorité
00:33:38personnelle
00:33:39de celui que de Gaulle
00:33:40a nommé son représentant,
00:33:41Jean Moulin.
00:33:44De Gaulle
00:33:45n'aurait pas été
00:33:46ce qu'il a été
00:33:47et son histoire
00:33:48par la suite
00:33:49aurait sans doute
00:33:50été différente
00:33:50s'il n'avait pas eu
00:33:51Jean Moulin
00:33:51derrière lui.
00:33:53De Gaulle
00:33:53est donc en passe
00:33:54de réussir un pari
00:33:55qui paraissait insensé
00:33:57un an auparavant.
00:33:58Pourtant,
00:33:59il a encore bien
00:34:00de la peine
00:34:01à imposer son autorité
00:34:02sur la scène internationale
00:34:03alors même que la guerre
00:34:05en quelques mois
00:34:06est devenue mondiale.
00:34:20Le 7 décembre 1941,
00:34:23le Japon a lancé
00:34:24un raid meurtrier
00:34:25sur Pearl Harbor.
00:34:26Le lendemain,
00:34:27le président américain
00:34:28Franklin Roosevelt
00:34:29déclare la guerre au Japon.
00:34:31décembre 7, 1941,
00:34:37un date
00:34:38qui va vivre
00:34:39en infamie.
00:34:42Les États-Unis
00:34:44de l'Amérique
00:34:45a été
00:34:46suddenly et
00:34:47déliberiquement
00:34:48attacqué
00:34:48par les forces
00:34:50et les forces
00:34:51de l'Empire
00:34:53de l'Japan
00:34:55de l'Amérique.
00:34:56Avec la confiance
00:34:56dans nos forces
00:34:58armées,
00:34:59avec la détermination
00:35:02de nos gens
00:35:04de notre peuple,
00:35:05nous allons
00:35:06gagner
00:35:07l'économie inévitable
00:35:08de l'économie.
00:35:10Donc,
00:35:10aide-nous,
00:35:11Dieu.
00:35:14L'Allemagne
00:35:15déclare aussi
00:35:16la guerre
00:35:16aux États-Unis.
00:35:17L'Amérique
00:35:18va mettre
00:35:18sa formidable
00:35:19puissance
00:35:20industrielle
00:35:20au service
00:35:21des alliés.
00:35:22Pour De Gaulle,
00:35:23la victoire finale
00:35:24ne fait plus aucun doute.
00:35:25Les usines
00:35:26de l'oncle Sam
00:35:27tournent déjà
00:35:27à plein régime.
00:35:29Le voilà enfin
00:35:30l'avènement
00:35:30de cette force
00:35:31mécanique
00:35:32qu'il appelait
00:35:32de ses voeux
00:35:33depuis le milieu
00:35:34des années 1930
00:35:35et qui devrait
00:35:36permettre
00:35:36de remporter
00:35:37toutes les batailles.
00:35:38Il écrit
00:35:39« Cette guerre
00:35:40est finie.
00:35:40L'issue est connue.
00:35:42Dans cette guerre
00:35:43industrielle,
00:35:44rien ne peut résister
00:35:45à la puissance américaine.
00:35:47Dorénavant,
00:35:48les Anglais
00:35:48ne feront rien
00:35:49sans l'accord
00:35:50de Roosevelt. »
00:35:53Roosevelt,
00:35:53justement,
00:35:54est tout à fait hostile
00:35:55au général français
00:35:56qu'il considère
00:35:57comme un arriviste,
00:35:58un dictateur en herbe.
00:35:59L'administration américaine
00:36:01maintient d'ailleurs
00:36:02des relations ambiguës
00:36:03avec le gouvernement
00:36:04de Vichy.
00:36:05Son ambassadeur,
00:36:07l'amiral Lehi,
00:36:08visite régulièrement
00:36:09le maréchal Pétain.
00:36:10Les Américains
00:36:11pensent qu'un jour
00:36:12prochain,
00:36:12les 100 000 soldats
00:36:14de l'armée coloniale
00:36:15et la flotte française
00:36:16se joindront à eux.
00:36:17De Gaulle doit réagir vite
00:36:18s'il veut renforcer
00:36:20l'autorité de la France libre.
00:36:22Il prend donc
00:36:23la décision
00:36:24d'affirmer
00:36:24l'unité des forces
00:36:25françaises libres
00:36:26et de la résistance intérieure
00:36:28en leur donnant
00:36:29le même nom,
00:36:30la France combattante.
00:36:31À partir du 3 juin 1942,
00:36:34l'autorité du Comité national français
00:36:36est officiellement reconnue
00:36:38par l'ensemble des mouvements
00:36:39de la résistance intérieure.
00:36:41La France libre
00:36:42devient la France combattante
00:36:44le 13 juillet 1942.
00:36:47Et là,
00:36:48c'est une mutation
00:36:49qui n'est pas simplement
00:36:50une mutation de langage.
00:36:52Ça veut dire
00:36:52France combattante,
00:36:53ça veut dire
00:36:54qu'elle regroupe
00:36:55cette France-là,
00:36:57l'ancienne France libre,
00:36:59mais aussi la résistance intérieure.
00:37:01La France combattante,
00:37:02c'est la synthèse
00:37:03de tous ceux
00:37:04qui se battent finalement.
00:37:06Le gouvernement britannique
00:37:08reconnaît aussitôt
00:37:08la France combattante.
00:37:10Il sera suivi
00:37:11par la Nouvelle-Zélande,
00:37:13l'Australie
00:37:13et l'URSS,
00:37:14puis par tous les gouvernements
00:37:16en exil à Londres.
00:37:23Le rôle majeur
00:37:24de la résistance intérieure
00:37:26dans le combat
00:37:26pour la liberté
00:37:27est reconnu.
00:37:28Et c'est vrai
00:37:29que les résistants,
00:37:30en ce milieu d'année 1942,
00:37:31peuvent espérer peser
00:37:33de tout leur poids
00:37:34pour garder à la France
00:37:35libérer son indépendance.
00:37:37Encore faut-il
00:37:37que tous les mouvements
00:37:38soient unis
00:37:39sous la même bannière.
00:37:41Au printemps 1942,
00:37:43Laval remplace
00:37:44Darlan à Vichy.
00:37:45Les persécutions antisémites,
00:37:47la création après l'échec
00:37:48de la relève
00:37:49du service du travail obligatoire,
00:37:51le STO,
00:37:52commencent à ébranler l'opinion.
00:37:54De plus en plus
00:37:55de jeunes gens
00:37:55rejoignent les maquis.
00:37:56La résistance se renforce.
00:37:59L'opinion se rend compte
00:38:00que le gouvernement
00:38:02de Vichy
00:38:02et sa collaboration.
00:38:03Et là,
00:38:04il y a un point de clivage
00:38:06extrêmement important.
00:38:07Donc cette évolution
00:38:08de l'opinion
00:38:09va aider
00:38:10Jean Moulin
00:38:11parce que les mouvements
00:38:12de résistance,
00:38:12ils ont des responsabilités.
00:38:15Au sein de chaque mouvement,
00:38:16Jean Moulin
00:38:17obtient la séparation
00:38:18de l'action militaire
00:38:19et de l'action politique.
00:38:20C'est le premier pas
00:38:21vers la création
00:38:22d'une armée secrète
00:38:23fusionnant
00:38:24les formations paramilitaires
00:38:26des mouvements
00:38:26de résistance
00:38:27du Sud et du Nord.
00:38:28Le général
00:38:29de l'Estrin
00:38:30en sera le chef.
00:38:31Jean Moulin
00:38:32va réussir
00:38:33petit à petit
00:38:34à coordonner
00:38:36ces mouvements.
00:38:37Donc pas les unifier
00:38:39véritablement
00:38:40dans ces mouvements,
00:38:41mais au moins
00:38:41les coordonner
00:38:42et à faire
00:38:43qu'il y ait des passerelles.
00:38:44C'est ce qu'on va appeler
00:38:45les mouvements
00:38:45unis de résistance.
00:38:48Simultanément,
00:38:48Jean Moulin
00:38:49crée,
00:38:50sous son autorité directe,
00:38:51deux services techniques.
00:38:52Le service des opérations
00:38:54aériennes et maritimes
00:38:55qui deviendra plus tard
00:38:56le service des atterrissages
00:38:58et parachutages
00:38:59et le service radio
00:39:00dit WT.
00:39:02Il crée aussi
00:39:03deux organismes
00:39:04qui auront un rôle
00:39:05plus politique.
00:39:06Le bureau d'information
00:39:07et de presse,
00:39:08une véritable agence
00:39:09de presse clandestine
00:39:10qui sera dirigée
00:39:11par Georges Bidot
00:39:12et le comité général
00:39:14d'études
00:39:14chargé de préparer
00:39:15des mesures législatives
00:39:17et administratives
00:39:18à prendre
00:39:19lors de la libération.
00:39:21Cet esprit
00:39:21de résistance
00:39:22à l'intérieur
00:39:23du territoire occupé
00:39:24ou sous le contrôle
00:39:25de Vichy,
00:39:26contraint les alliés
00:39:27à jeter un autre regard
00:39:28sur ces Français libres
00:39:29qui n'hésitent pas
00:39:30à prendre tous les risques
00:39:32pour combattre
00:39:32l'oppresseur
00:39:33et ses collaborateurs.
00:39:34Tous les alliés
00:39:35se préoccupent
00:39:36de ce qui se passe
00:39:37à l'intérieur
00:39:38de la France
00:39:38ce moment-là.
00:39:39Donc ça veut dire
00:39:39qu'ils pensent bien
00:39:41qu'il y a une action
00:39:41à mener directement
00:39:43en France.
00:39:43C'est pas seulement
00:39:44l'action militaire
00:39:45venue d'extérieur
00:39:46qui est importante
00:39:47mais aussi
00:39:48ce qui se passe
00:39:49directement sur le terrain.
00:39:51Ce respect pour
00:39:52la résistance française
00:39:53est accentué
00:39:54par les actions
00:39:54d'éclat
00:39:55des forces françaises
00:39:56libres
00:39:56sur tous les terrains
00:39:57où elles sont engagées.
00:40:01En Afrique,
00:40:03Rommel,
00:40:03qui a débarqué
00:40:04en Libye
00:40:04au mois de janvier 1942,
00:40:06a lancé ses forces,
00:40:08l'Africa Corps,
00:40:09en direction de l'Égypte.
00:40:10A la fin du mois
00:40:11de mars 1942,
00:40:13les troupes allemandes
00:40:14appuyées par les forces
00:40:15italiennes
00:40:16sont maîtres
00:40:17de toute la Syrénaïque.
00:40:18Elles s'avancent
00:40:19inexorablement
00:40:20vers un point
00:40:21dans le désert
00:40:21dont le nom
00:40:22va demeurer célèbre
00:40:23Birachem.
00:40:28Le 27 mai 1942,
00:40:30la position de Birachem
00:40:32tenue par la 1ère brigade
00:40:33française libre,
00:40:34commandée par le général
00:40:35König,
00:40:36couvrant le flanc gauche
00:40:37de la 8ème armée britannique,
00:40:38est attaqué à l'aube
00:40:40par la division
00:40:40blindée italienne
00:40:41Ariete.
00:40:42Rommel envoie
00:40:43une division
00:40:44blindée italienne.
00:40:45Il est persuadé
00:40:46que ce petit point
00:40:46dans le désert,
00:40:48ça va être balayé
00:40:48en un rien de temps.
00:40:49Il envoie
00:40:50la division Ariete,
00:40:5280 chars
00:40:53qui arrivent
00:40:53en deux vagues d'assaut.
00:40:57Et là,
00:40:57les Français tiennent.
00:41:00Cette brigade
00:41:01de la France libre,
00:41:02c'est l'armée
00:41:03de l'an 2
00:41:04de De Gaulle.
00:41:06Elle est composée,
00:41:07on a toute la résistance,
00:41:08finalement,
00:41:09et puis tout l'Empire
00:41:10qui est là,
00:41:11notamment à travers
00:41:12la 13ème demi-brigade
00:41:13de Légion étrangère,
00:41:14parce que là,
00:41:15on voit vraiment
00:41:16tout le spectre
00:41:17de ceux
00:41:17qui voulaient rejoindre
00:41:19De Gaulle.
00:41:19On a des républicains
00:41:20espagnols
00:41:21qui côtoient
00:41:21des Russes blancs.
00:41:22On a des communistes
00:41:24allemands
00:41:24qui avaient réussi
00:41:25à s'enfuir
00:41:25de la persécution nazie.
00:41:27On a des tchèques.
00:41:28On a aussi,
00:41:29pour parler
00:41:30des troupes
00:41:31de l'Empire français,
00:41:32les polynésiens
00:41:33du bataillon du Pacifique,
00:41:34qui viennent
00:41:35depuis Nouméa
00:41:36se battre
00:41:37aux confins
00:41:38du désert libyen,
00:41:39aux côtés
00:41:40de ces Français
00:41:41de métropole
00:41:42qui ont rejoint
00:41:43De Gaulle
00:41:43et puis de ces légionnaires
00:41:44qui viennent
00:41:45d'un peu partout
00:41:45des pays d'Europe
00:41:47à cette époque-là,
00:41:48occupés.
00:41:49Après un combat
00:41:50acharné mené
00:41:51jusqu'à l'intérieur
00:41:52de la position,
00:41:53l'ennemi est repoussé,
00:41:54laissant 40 chars
00:41:55sur le terrain.
00:41:56Bien évidemment,
00:41:57à la fin,
00:41:58les Français
00:41:58vont être submergés,
00:41:59mais leur résistance
00:42:00est tellement belle
00:42:01et efficace
00:42:02d'un point de vue stratégique
00:42:04que la victoire
00:42:05des Allemands
00:42:06finalement est une victoire
00:42:07à la Pyrus.
00:42:08Du 1er au 10 juin,
00:42:10la position est attaquée
00:42:11méthodiquement
00:42:12et complètement encerclée
00:42:13par des forces
00:42:14allemandes et italiennes.
00:42:16Les Anglais demandent
00:42:17aux Français
00:42:17de tenir le plus longtemps possible.
00:42:19Ils ont besoin de temps
00:42:21pour organiser
00:42:22une nouvelle ligne de défense.
00:42:23Il faut empêcher
00:42:24les Allemands
00:42:25d'atteindre le canal de Suez.
00:42:27À Birakem,
00:42:28les Français tiennent donc.
00:42:29Au bout de quelques jours,
00:42:30Rommel parvient
00:42:31à encercler
00:42:32la position française.
00:42:33Donc on a ici
00:42:34quand même
00:42:34un rapport de force
00:42:35qui est de 1 contre 10.
00:42:37Il faut le savoir.
00:42:38Défenseurs de Birakem,
00:42:39au début de la bataille,
00:42:40ils sont 3 723.
00:42:42En face,
00:42:43les forces germano-italiennes,
00:42:44c'est 37 000 hommes.
00:42:48Pendant 10 jours,
00:42:50les Français vont se battre
00:42:51à 1 contre 10.
00:42:52Rommel lui-même
00:42:53somme la garnison
00:42:54de se rendre
00:42:54et conduit les assauts.
00:42:57Malgré les bombardements,
00:42:58la 1ère brigade
00:42:59repousse toutes les attaques,
00:43:01ne cède pas un pouce
00:43:02de terrain
00:43:02et inflige à l'ennemi
00:43:04des pertes très sévères.
00:43:12C'est la première fois
00:43:12que les Allemands
00:43:16reculent.
00:43:17Au cours du siège,
00:43:18le général de Gaulle
00:43:19envoie un télégramme
00:43:20au chef de la 1ère brigade.
00:43:23Général König,
00:43:24sachez
00:43:25et dites à vos troupes
00:43:26que toute la France
00:43:27vous regarde
00:43:28et que vous êtes son orgueil.
00:43:33Mais le 9 juin,
00:43:34la garnison française
00:43:35a épuisé
00:43:36toutes ses ressources
00:43:37en eau,
00:43:37en vivres
00:43:38et en munitions.
00:43:40Pour eux,
00:43:41il est hors de question
00:43:42de se rendre.
00:43:43Donc on décide
00:43:44de tenter une sortie.
00:43:45Au cours de la nuit
00:43:46du 10 au 11,
00:43:47les Français assiégés
00:43:49se feraient un passage
00:43:50de vive force
00:43:50à travers les lignes ennemies,
00:43:52au milieu des champs de mines,
00:43:54ramenant ses blessés
00:43:55et tout le matériel
00:43:55encore utilisable.
00:43:59Finalement,
00:44:00au matin du 12 juin,
00:44:01l'essentiel de la brigade
00:44:02a réussi à sortir
00:44:03de Birakem
00:44:04et cette bataille
00:44:05elle va vraiment avoir
00:44:06un poids extrêmement important
00:44:08pour de Gaulle
00:44:08parce que ça y est,
00:44:10les Français libres
00:44:10ont montré
00:44:11ce dont ils étaient capables
00:44:12et partout dans le monde
00:44:14on va parler de Birakem.
00:44:15Par sa résistance prolongée
00:44:17au-delà de tout espoir,
00:44:18la 1ère brigade française libre
00:44:21permet à la 8ème armée britannique
00:44:23de se dégager
00:44:23et d'éviter un désastre.
00:44:25Birakem,
00:44:25c'est un symbole,
00:44:27c'est le début
00:44:28de quelque chose de nouveau.
00:44:29De Gaulle,
00:44:30qui ne se confiait jamais
00:44:31sur ses émotions,
00:44:33écrit pourtant dans ses mémoires
00:44:34que lorsque le messager
00:44:36vient lui annoncer
00:44:38que la sortie de Birakem
00:44:40a réussi,
00:44:40il ferme la porte
00:44:41et il pleure.
00:44:42Pour la communication
00:44:43de la France libre,
00:44:45c'est un fait majeur
00:44:46mais il est renforcé
00:44:47involontairement
00:44:48par les Allemands
00:44:48et par Hitler lui-même
00:44:50parce que même Hitler
00:44:51va vanter le courage
00:44:53des soldats français
00:44:54en rappelant devant
00:44:55son état-major
00:44:56que finalement,
00:44:57comme il l'avait toujours dit,
00:44:58après le soldat allemand,
00:44:59le français est probablement
00:45:01le meilleur soldat d'Europe
00:45:02et qu'il l'a encore prouvé
00:45:04au cours de cette bataille.
00:45:06Pourtant,
00:45:06au cours de cette bataille,
00:45:08c'est des Noirs,
00:45:09des Africains,
00:45:10des Polynésiens
00:45:11qui se battent
00:45:12contre les surhommes allemands.
00:45:13Dans ses mémoires,
00:45:14Rommel va reconnaître
00:45:15toute son admiration
00:45:16pour le courage des Français.
00:45:19Le 14 juillet 1942
00:45:21a une saveur particulière
00:45:22pour les Frenchies de Londres
00:45:23qui se retrouvent
00:45:24depuis deux ans
00:45:25dans un club londonien,
00:45:26le In-N-Out.
00:45:28Nous voici devant le In-N-Out,
00:45:30club de l'armée britannique
00:45:31aujourd'hui.
00:45:32Et pendant la Deuxième Guerre mondiale,
00:45:33c'était le petit club français
00:45:34là où les intellectuels
00:45:36de la France libre
00:45:37aimaient se rencontrer.
00:45:38Il y a un restaurant,
00:45:39il y a un bar,
00:45:39il y a même une boîte de nuit.
00:45:41Donc c'est un haut lieu
00:45:41quand même de la France libre
00:45:42là où on socialise,
00:45:43là où on échange
00:45:44des informations
00:45:45sur la guerre,
00:45:46sur les espoirs,
00:45:47on discute politique,
00:45:48on discute des alliés.
00:45:50Parmi les visiteurs fréquents
00:45:52de ce club,
00:45:53on comptait
00:45:54Joseph Kessel,
00:45:55Maurice Druon,
00:45:57Anna Marli
00:45:57et les trois ensemble
00:45:59vont écrire
00:46:00et composer
00:46:01le chant des partisans,
00:46:02le chant qui va unifier
00:46:03la résistance en France.
00:46:18Le défilé des troupes,
00:46:20ce 14 juillet 1942,
00:46:22marque une étape
00:46:23dans l'histoire
00:46:23des forces françaises libres
00:46:25qui comptent désormais
00:46:26plus de 70 000 engagés.
00:46:33Les londoniens acclament
00:46:34des petits français
00:46:35aussi exotiques
00:46:37que valeureux.
00:46:38Les pilotes
00:46:39du groupe de chasse
00:46:40Île-de-France
00:46:40s'illustrent au combat
00:46:42depuis 1941.
00:46:44En cet été 1942,
00:46:473600 marins
00:46:48sont embarqués
00:46:48dans les forces navales
00:46:49et beaucoup ont déjà
00:46:50payé de leur vie
00:46:51leur engagement
00:46:52dans le camp de la liberté.
00:47:07Au mois d'août 1942,
00:47:10le général de Gaulle
00:47:11s'envole pour le Moyen-Orient.
00:47:13La visite n'est pas anodine.
00:47:15Si le Liban
00:47:16s'est rallié
00:47:16non sans peine
00:47:17à la France combattante,
00:47:18les Britanniques
00:47:19aimeraient bien mettre
00:47:20la main sur ce morceau
00:47:21de choix.
00:47:22Au conseiller américain
00:47:23en poste à Beyrouth,
00:47:25le général
00:47:25de plus en plus rebelle
00:47:26confie qu'il est prêt
00:47:27à aller jusqu'au conflit
00:47:28armé pour voir
00:47:29les Anglais quitter le Liban.
00:47:33Churchill peut vitupérer.
00:47:35Le voyage de de Gaulle
00:47:36se transforme
00:47:37en plébiscite populaire.
00:47:38Le général
00:47:39a la côte à Beyrouth
00:47:40et il se permet même
00:47:41d'ignorer l'ordre
00:47:42de rentrer immédiatement
00:47:43à Londres.
00:47:48Son voyage de retour
00:47:49passe par l'Afrique équatoriale
00:47:51et il ne ralliera
00:47:52la capitale britannique
00:47:53qu'à la toute fin du mois
00:47:54pour y rencontrer
00:47:55un Churchill furieux.
00:47:57Mais le premier ministre
00:47:58anglais peut être en rage.
00:48:00De Gaulle ne sait de rien,
00:48:01d'autant qu'au cours
00:48:02de l'été,
00:48:03les Français libres
00:48:04se sont encore couverts
00:48:05de gloire en Afrique.
00:48:07Le 30 juin 1942,
00:48:10les blindés de Rommel
00:48:11sont arrivés
00:48:11sur la côte méditerranéenne
00:48:13à une centaine
00:48:14de kilomètres seulement
00:48:15à l'ouest d'Alexandrie
00:48:16et du delta du Nil
00:48:17devant l'oasis
00:48:18d'El Alamein.
00:48:20L'oasis d'El Alamein,
00:48:21c'est la porte
00:48:23vers Alexandrie
00:48:24et vers Suez.
00:48:25Et donc,
00:48:26si cette position
00:48:28tombe entre les mains
00:48:29des Allemands,
00:48:30c'est l'accès
00:48:31au canal de Suez
00:48:32qui est directement menacé.
00:48:34Et là,
00:48:34pour les Britanniques,
00:48:35c'est un axe stratégique
00:48:37majeur,
00:48:37c'est la voie
00:48:38de communication principale
00:48:40vers les Indes.
00:48:41C'est donc à El Alamein
00:48:43que doivent se briser
00:48:44les attaques
00:48:44italo-allemandes.
00:48:45La première bataille
00:48:47d'El Alamein
00:48:47s'était achevée
00:48:48le 27 juillet
00:48:49sans vainqueur
00:48:50ni vaincu.
00:48:51Les deux armées
00:48:52s'étaient alors
00:48:53enterrées dans des tranchées,
00:48:54attendant des renforts
00:48:56seuls capables
00:48:57de leur permettre
00:48:57de remporter la victoire.
00:49:00La seconde bataille
00:49:01d'El Alamein
00:49:02débute le 30 août 1942.
00:49:05Rommel tente
00:49:06de déborder
00:49:06les Britanniques
00:49:07par le sud,
00:49:07mais ses chars
00:49:08sont stoppés
00:49:09par des champs de mine.
00:49:13Les forces de l'Axe
00:49:14sont très vite affaiblies
00:49:15par le manque
00:49:16de ravitaillement.
00:49:17La marine
00:49:18et l'aviation britanniques
00:49:19les ont coupés
00:49:20de leur base logistique.
00:49:21Malades,
00:49:22Rommel doit regagner Berlin.
00:49:24Le commandement
00:49:25de ces troupes
00:49:26est confié
00:49:26au général Stoum.
00:49:28La situation
00:49:29est désormais propice
00:49:30à une contre-offensive britannique.
00:49:32Le général Montgomery
00:49:33la déclenche
00:49:34le 23 octobre 1942.
00:49:36On va confier aux Français
00:49:37une attaque
00:49:37de diversion
00:49:38au sud du dispositif
00:49:40et donc on va
00:49:40confier cette attaque
00:49:41là aussi aux Français libres,
00:49:42là aussi à la première
00:49:42brigade française libre
00:49:44et à la Légion,
00:49:45la Légion étrangère
00:49:45qui en compose
00:49:46les principaux rouages
00:49:47aux hommes
00:49:47d'admida Kvary.
00:49:48Et donc ces légionnaires,
00:49:50cette 13ème
00:49:50demi-brigade
00:49:50de légion étrangère
00:49:51va s'illustrer
00:49:52en menant
00:49:53cette opération
00:49:54de diversion
00:49:55de façon à ce que
00:49:55les Britanniques
00:49:56puissent avancer
00:49:58sur Al-Alamine
00:49:58et tenir Al-Alamine.
00:49:59Les Français vont montrer
00:50:00qu'ils ont autant
00:50:01de talent
00:50:02en attaque
00:50:03qu'en défense,
00:50:04qu'ils ont autant
00:50:04de courage
00:50:05et de ressources
00:50:05et les Français
00:50:07vont montrer
00:50:07qu'ils ne sont pas
00:50:08simplement une force
00:50:09d'appoint
00:50:10même si leur moyen
00:50:11et leur nombre
00:50:12restreint toujours
00:50:13l'ampleur
00:50:14de ce qu'ils ont
00:50:15comme capacité
00:50:16et comme mission.
00:50:17Malgré les objections
00:50:19du général Koenig,
00:50:20la première BFL
00:50:21est chargée
00:50:22de cette opération.
00:50:23Les Allemands
00:50:23vont être tellement
00:50:24surpris de cette attaque
00:50:25qu'ils vont dépêcher
00:50:26des troupes
00:50:26qui auraient pu
00:50:27servir plus honneur
00:50:28et qui vont permettre
00:50:29aux Britanniques
00:50:29de réussir une percée.
00:50:32Et c'est dans ces conditions
00:50:33que va disparaître
00:50:34le lieutenant-colonel
00:50:35Amilak Vary
00:50:36qui est vraiment
00:50:38une des grandes figures
00:50:39de la Légion.
00:50:40C'était un prince géorgien
00:50:42qui avait fui
00:50:42l'invasion de son pays
00:50:44au moment
00:50:44de la révolution russe.
00:50:46Il était arrivé en France
00:50:47et il disait
00:50:48« La seule manière
00:50:49que j'ai de remercier la France
00:50:51de ce qu'elle a fait pour moi
00:50:51c'est de lui donner ma peau. »
00:50:54Fermant la marche
00:50:55au milieu des champs de mines,
00:50:56le lieutenant-colonel
00:50:57Amilak Vary
00:50:58est mortellement blessé
00:50:59à la tête
00:51:00par un éclat d'obus.
00:51:01« C'est vraiment
00:51:03une perte
00:51:04qui est très lourdement
00:51:05ressentie.
00:51:06Amilak Vary
00:51:07c'était vraiment
00:51:07le grand chef
00:51:08des légionnaires
00:51:09de la France libre. »
00:51:10Le 2 novembre,
00:51:12Rommel demande à Hitler
00:51:13le droit de se retirer.
00:51:14« Rommel est un peu
00:51:15le parent pauvre
00:51:16et son offensive
00:51:17ne parvient pas
00:51:18à percer
00:51:19les défenses britanniques
00:51:20probablement
00:51:21parce qu'il lui manque
00:51:22quelques chars,
00:51:23il lui manque
00:51:23quelques logistiques
00:51:25supplémentaires
00:51:26pour pouvoir
00:51:27poursuivre le combat
00:51:28dans les meilleures conditions
00:51:28possibles. »
00:51:30Mais le Führer refuse
00:51:31toute retraite
00:51:31et lui ordonne
00:51:32de résister
00:51:32coup de coucoute.
00:51:34Le maréchal,
00:51:35fort de son prestige,
00:51:36prend sur lui
00:51:37de désobéir
00:51:37au dictateur.
00:51:38Le 3 novembre 1942,
00:51:41il ramène son armée
00:51:42en bon ordre
00:51:43et presque intacte
00:51:44vers la Tunisie.
00:51:45Et là,
00:51:46les Allemands
00:51:47sont mis en échec.
00:51:48Une armée allemande,
00:51:49appuyée bien évidemment
00:51:50par une armée italienne,
00:51:51est battue,
00:51:52est vraiment battue
00:51:54complètement
00:51:55par une armée alliée.
00:51:58À Londres,
00:51:59devant la foule en liesse,
00:52:01Winston Churchill exulte.
00:52:03Ce n'est pas la fin
00:52:04ni même le commencement
00:52:05de la fin,
00:52:06mais c'est la fin
00:52:07du commencement.
00:52:09Le premier ministre britannique
00:52:11a compris que cette bataille
00:52:12est un tournant décisif
00:52:13du conflit.
00:52:14Il constatera plus tard.
00:52:17Avant El Alamein,
00:52:18nous n'avons jamais
00:52:19eu de victoire.
00:52:20Après El Alamein,
00:52:21nous n'avons jamais
00:52:22eu de défaite.
00:52:23Pour De Gaulle,
00:52:25même si c'est une victoire
00:52:27incontestable,
00:52:27même si la France Libre
00:52:28y a participé,
00:52:30sa tête est ailleurs
00:52:31parce qu'il est déjà
00:52:32dans des problématiques
00:52:33diplomatiques
00:52:34bien plus complexes
00:52:36pour lui,
00:52:37sur l'instant,
00:52:37à régler
00:52:38avec ses alliés
00:52:39américains et britanniques.
00:52:41Malgré cette victoire,
00:52:42acquise grâce
00:52:43à l'appui des forces
00:52:44françaises libres,
00:52:46le général De Gaulle
00:52:46n'est toujours pas
00:52:47dans les petits papiers
00:52:48du président Roosevelt.
00:52:49En pleine préparation
00:52:51de l'opération
00:52:51de débarquement
00:52:52en Afrique du Nord,
00:52:53nom de code
00:52:54Torche,
00:52:55il écrit à Churchill
00:52:56« J'estime indispensable
00:52:58que De Gaulle
00:52:59soit tenu à l'écart
00:53:00de cette affaire
00:53:01et ne puisse avoir
00:53:02aucun renseignement
00:53:03d'aucune sorte.
00:53:04Pire encore,
00:53:05un homme va bientôt
00:53:06se dresser devant De Gaulle.
00:53:08C'est une vieille connaissance,
00:53:10le général Giraud,
00:53:11qui fut avant-guerre
00:53:12son supérieur hiérarchique.
00:53:14Les américains,
00:53:16tout à la préparation
00:53:17d'un débarquement
00:53:17en Afrique du Nord,
00:53:18ne comptent pas
00:53:19sur le général rebelle
00:53:20qu'il juge
00:53:21d'arrogant,
00:53:22trop indépendant
00:53:23et affaibli
00:53:23par son échec de Dakar.
00:53:25L'attention des services américains
00:53:27se porte sur Giraud
00:53:28pour en faire
00:53:29leur marionnette.
00:53:30L'homme des américains,
00:53:32dira-t-on,
00:53:32pour pouvoir
00:53:34prendre le pouvoir
00:53:35à Alger
00:53:35à la place
00:53:36de De Gaulle
00:53:37quand les colonies
00:53:39et l'Afrique du Nord
00:53:40seront entièrement
00:53:42entre les mains des alliés.
00:53:43C'est l'homme
00:53:43que Roosevelt veut.
00:53:50Le 8 novembre
00:53:511942,
00:53:52à l'aube,
00:53:53les forces anglo-américaines
00:53:54commandées par le général
00:53:55Eisenhower
00:53:56débarquent sur les côtes
00:53:58d'Afrique du Nord,
00:53:58dans le protectorat marocain
00:54:00et dans les deux départements
00:54:01français d'Algérie.
00:54:03De Gaulle a été mis au courant
00:54:05trois heures seulement
00:54:05avant le début
00:54:06de l'opération.
00:54:07Il fulmine,
00:54:08mais se résout finalement
00:54:10à soutenir l'action
00:54:11des alliés.
00:54:14Les alliés
00:54:15de la France
00:54:16ont entrepris
00:54:17d'associer
00:54:19l'Afrique du Nord
00:54:20française
00:54:20à la guerre
00:54:21de libération.
00:54:23Il commence
00:54:24à y débarquer
00:54:25les forces énormes.
00:54:27Il s'agit
00:54:28de faire en sorte
00:54:29que notre Algérie,
00:54:32notre Maroc,
00:54:33notre Tunisie
00:54:35constitue la base
00:54:36de départ
00:54:36pour la libération
00:54:38de la France.
00:54:40« Chefs français,
00:54:42soldats,
00:54:43marins,
00:54:44aviateurs,
00:54:45fonctionnaires,
00:54:46colons français
00:54:47d'Afrique du Nord,
00:54:48levez-vous,
00:54:50aidez nos alliés,
00:54:52joignez-vous à eux
00:54:53sans réserve.
00:54:55La France qui combat
00:54:56vous en adjure.
00:54:58Ne vous souciez pas
00:55:00des noms
00:55:01ni des formules.
00:55:03une seule chose
00:55:06contre
00:55:06le salut
00:55:08de la patrie.
00:55:09Tous ceux
00:55:10qui ont le courage
00:55:12de se remettre
00:55:14debout
00:55:14malgré l'ennemi
00:55:15et la trahison
00:55:16sont d'avance,
00:55:19approuvés,
00:55:21accueillis,
00:55:23acclamés
00:55:24par tous
00:55:24les Français combattants.
00:55:34L'amiral d'Arland,
00:55:36dauphin du maréchal Pétain,
00:55:38qui se trouve
00:55:38par hasard à Alger
00:55:39où il est venu
00:55:40rendre visite
00:55:41à son fils malade,
00:55:42n'hésite pas
00:55:43à ordonner
00:55:43aux troupes françaises
00:55:44de résister
00:55:45à l'envahisseur.
00:55:46À leur arrivée
00:55:47à Casablanca
00:55:48comme à Oran
00:55:48et Alger,
00:55:50les troupes alliées
00:55:51se heurent
00:55:51à une furieuse
00:55:52résistance
00:55:52des vichistes
00:55:53qui se rendent
00:55:54finalement
00:55:54le 11 novembre
00:55:551942.
00:55:57Les alliés
00:55:58perdent 480 soldats
00:55:59au cours de l'opération.
00:56:03Ce même 11 novembre,
00:56:04le général de Gaulle
00:56:05est au Royal Albert Hall
00:56:07où il prononce
00:56:08un vibrant discours.
00:56:09C'est un fait
00:56:10que l'accord secret
00:56:12des armes
00:56:12s'est réalisé
00:56:13et c'est un fait
00:56:14que cet accord
00:56:16est maintenant public.
00:56:17La masse française
00:56:18est unie en réalité
00:56:20sur trois impératifs
00:56:23que voici.
00:56:24Premièrement,
00:56:24l'ennemi
00:56:25est l'ennemi.
00:56:27Deuxièmement,
00:56:28le salut
00:56:28de la patrie
00:56:29n'est que dans la victoire.
00:56:31Troisièmement,
00:56:32c'est dans la France
00:56:33combattante
00:56:34que toute la France
00:56:35doit se rassembler.
00:56:37Ce soir-là,
00:56:39le général de Gaulle,
00:56:40une fois encore,
00:56:41s'impose
00:56:41comme le chef
00:56:42incontesté
00:56:43de la France
00:56:43qui résiste.
00:56:45quitté Paris
00:56:46il y a trois mois.
00:56:47Ce que pensent
00:56:48en France
00:56:49les garçons
00:56:49de mon âge ?
00:56:50Il y a une petite histoire
00:56:51très courte
00:56:52qui résume bien
00:56:53la situation.
00:56:54Je vais vous la raconter.
00:56:56C'était pendant
00:56:57une leçon d'histoire.
00:56:58Le professeur
00:56:59demande aux élèves
00:57:00« Quelle est la devine
00:57:02du maréchal Pétain ? »
00:57:04En silence.
00:57:05Tout à coup,
00:57:06les doigts claquent.
00:57:06Un garçon se lève
00:57:08et dit
00:57:09« Honneur et patrie,
00:57:11voici la France libre ! »
00:57:14Et quand je pense
00:57:15que le général de Gaulle
00:57:16lui-même m'écoute,
00:57:17il me semble
00:57:18que je vis un rêve.
00:57:19Si tous les garçons
00:57:20de mon âge enfant
00:57:21n'avaient autant de chance
00:57:22que moi
00:57:22et pouvaient vous parler,
00:57:24ils remercieraient
00:57:25le général de Gaulle
00:57:25et la France
00:57:26combattante d'exister.
00:57:27Vive la France,
00:57:28vive le général de Gaulle !
00:57:34Mais tous ces efforts
00:57:35ont du mal
00:57:36à convaincre
00:57:36le gouvernement britannique
00:57:38inféodé
00:57:39à l'allié américain.
00:57:43L'Afrique du Nord
00:57:44est désormais
00:57:45sous le contrôle
00:57:45des forces alliées.
00:57:47Et aussi fou
00:57:48que cela puisse paraître,
00:57:49et malgré le fait
00:57:50qu'il ait fait tirer
00:57:51sur les troupes américaines
00:57:52au cours du débarquement,
00:57:54Roosevelt va jouer
00:57:55la carte d'Arland
00:57:56contre le général de Gaulle.
00:57:58L'Afrique du Nord
00:57:59est libérée,
00:58:00mais l'administration
00:58:01de Vichy reste en place
00:58:02et les lois liberticides
00:58:04et antisémites
00:58:05demeurent en vigueur.
00:58:08Le général Clark
00:58:10signe même très rapidement
00:58:11un accord avec Darland,
00:58:13stipulant que l'amiral
00:58:14gouverne pourvu
00:58:15qu'il donne satisfaction.
00:58:17A ceux qui s'étonnent
00:58:18de cette alliance
00:58:19un brin contre nature,
00:58:21Roosevelt,
00:58:22toujours aussi pragmatique,
00:58:23rétorque.
00:58:24« Bien entendu,
00:58:26je traite avec Darland
00:58:27puisque Darland
00:58:28me donne Alger.
00:58:29Demain,
00:58:29je traiterai avec Laval
00:58:31si Laval me donne Paris. »
00:58:35Militairement,
00:58:36le débarquement
00:58:37en Afrique du Nord
00:58:38n'est pas sans conséquence.
00:58:39L'Africa Korps
00:58:41de Rommel
00:58:41est désormais
00:58:42sous pression
00:58:43et les Allemands,
00:58:44en violation
00:58:45des accords d'armistice,
00:58:46envahissent aussitôt
00:58:47la zone sud.
00:58:53Le 27 novembre,
00:58:55la flotte française
00:58:56se saborde
00:58:56en rade de Toulon
00:58:57sur l'ordre
00:58:58de l'amirauté
00:58:58du régime de Vichy
00:58:59pour que conformément
00:59:01à l'armistice
00:59:02du 22 juin 1940,
00:59:04la France conserve
00:59:05son statut
00:59:05de neutralité
00:59:06entre l'Axe
00:59:07et les Alliés.
00:59:09Quelques rares unités
00:59:10appareillent
00:59:11échappant au sabordage
00:59:12et à la capture.
00:59:18Le 24 décembre 1942,
00:59:21au palais d'été d'Alger,
00:59:22l'amiral Darland,
00:59:23haut commissaire
00:59:24de Vichy
00:59:25en Afrique du Nord,
00:59:26collaborationniste
00:59:27et antisémite,
00:59:28est assassiné
00:59:29par un jeune
00:59:29résistant monarchiste.
00:59:31Sa disparition opportune
00:59:33ouvre la porte
00:59:34à d'autres espoirs.
00:59:35Pour De Gaulle,
00:59:36c'est une excellente nouvelle,
00:59:37mais bien évidemment,
00:59:39les Américains
00:59:39n'ont pas qu'une seule carte
00:59:40dans leur jeu
00:59:41et donc Giraud
00:59:43sera propulsé
00:59:44quasiment immédiatement
00:59:45dans la foulée
00:59:46pour prendre la place
00:59:47de Darland
00:59:48et pour pouvoir
00:59:50tenter
00:59:50d'usurper
00:59:51le pouvoir
00:59:52du général De Gaulle
00:59:53sur la France libre.
00:59:54Le jour même
00:59:55de l'assassinat
00:59:56de Darland,
00:59:57De Gaulle se rend,
00:59:58une fois encore,
00:59:59dans les bureaux
00:59:59de la BBC.
01:00:01Noël,
01:00:01au cœur de l'hiver
01:00:02et la fête du renouveau.
01:00:04Ce jour-là,
01:00:05la France veut s'arracher
01:00:06au deuil du passé
01:00:07et aux douleurs du présent
01:00:09pour regarder l'avenir
01:00:10avec confiance.
01:00:11Certes,
01:00:12nos souffrances,
01:00:13nos fureurs,
01:00:14nos dégoûts
01:00:15sont en ce moment
01:00:15à leur comble,
01:00:16mais jamais ne furent plus claires
01:00:18nos raisons de croire
01:00:19au salut
01:00:19et à la vengeance.
01:00:21Et il conclut.
01:00:23Ce jour de Noël 1942,
01:00:26la France voit,
01:00:27à l'horizon,
01:00:28réapparaître son étoile.
01:00:30Dès le lendemain,
01:00:3125 décembre,
01:00:33De Gaulle propose à Giraud
01:00:34de le rencontrer
01:00:35en territoire français.
01:00:36Il est grand temps
01:00:37de fédérer
01:00:38toutes les forces françaises
01:00:39sous une seule bannière,
01:00:40grand temps
01:00:41de constituer
01:00:41cette force armée
01:00:42seule capable
01:00:43de participer
01:00:44à la libération
01:00:45de la France.
01:00:46Ce ne sera pas facile.
01:00:51À la fin de l'année 1942,
01:00:54l'axe germano-italien
01:00:55est chassé d'Afrique
01:00:56à l'exception de la Tunisie.
01:00:58Pendant ce temps,
01:01:00à l'autre bout
01:01:00de l'Europe,
01:01:01une autre armée allemande
01:01:02est prise au piège
01:01:03sur les bords de la Volga
01:01:04dans la ville
01:01:05de Stalingrad.
01:01:06Le général von Paulus
01:01:08s'est engagé
01:01:09à obéir
01:01:09aux directives
01:01:10d'Adolf Hitler.
01:01:11Les ordres sont clairs.
01:01:13Quoi qu'il arrive,
01:01:14il ne devra pas céder
01:01:15un pouce de terrain
01:01:16à l'armée rouge.
01:01:17L'hiver russe
01:01:18va refroidir
01:01:19toutes ses bonnes résolutions.
01:01:25Pour les hommes
01:01:26et les femmes
01:01:26des forces françaises
01:01:27libres
01:01:28et de la résistance,
01:01:29l'année 1943
01:01:30va constituer
01:01:32un tournant.
01:01:33Après avoir sauvé
01:01:34l'honneur,
01:01:35ils vont enfin pouvoir
01:01:35nourrir un nouveau rêve,
01:01:37celui de la libération.
01:01:38Sous-titrage Société Radio-Canada
01:02:09Sous-titrage Société Radio-Canada
01:02:11Sous-titrage Société Radio-Canada
01:02:15Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations

  1. mafrica
    il y a 3 semaines