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  • il y a 6 minutes
Pierre Botton : ses passions pour le pouvoir et l’argent l’ont entrainé dans une spirale infernale . Il l’évoque avec sincérité et des regrets dans un livre : « Ma putain de vie ».

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-10-20##

Catégorie

✨
Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Avoir un 3 étoiles comme parrain ne vous a pas empêché de voir 36 chandelles.
00:09Vous avez souvent vécu bien au-dessus de vos gros moyens
00:12et après avoir payé la note au prix fort,
00:15vous réglez vos comptes avec vous-même dans un livre confession.
00:18Bonjour Pierre Botton.
00:19Bonjour Jacques.
00:20Alors on va évoquer ce livre sorti chez Robert Laffont,
00:23Hasard ou destin, ma putain de vie.
00:26Et cette vie extraordinaire, vous la racontez sans problème
00:29et avec beaucoup d'émotion dans ce livre
00:32qu'on va découper en dates clés,
00:34puisque c'est le principe des clés d'une vie
00:35et ce qui va permettre de raconter en même temps votre parcours.
00:38D'accord ?
00:38Avec plaisir.
00:39Alors première date, c'est le 14 mai 1990,
00:43votre première télé, une vente aux enchères
00:46en souvenir de celui dont vous allez reconnaître la voix.
00:49Quand on pense qu'il suffirait que les gens arrêtent de les acheter
00:51pour que ça ne se vende plus.
00:53Une soirée au Cirque du Verre
00:54où vous êtes avec Paul Luce Lidzer,
00:56avec Alain Dominique Perrin
00:58et c'est une vente aux enchères d'objets
01:00ayant appartenu à Coluche.
01:02Vous vous en souvenez ?
01:02Oui, bien sûr.
01:03Michel était mon ami, je le dis dans le livre.
01:06J'ai vécu une histoire d'amour avec lui.
01:08Et je pense que d'ailleurs,
01:10si Michel avait été resté en vie,
01:13je n'aurais pas eu le même parcours.
01:14Je n'aurais évidemment pas touché à la politique.
01:17Et je raconte l'histoire folle de son décès,
01:20de son enterrement,
01:21où je suis remonté seul avec la voiture,
01:23avec le corbillard,
01:24avec le corbillard.
01:25Et comme la maison Rugazan,
01:26dans le 14e arrondissement,
01:28n'était pas prête,
01:29j'ai dû vraiment littéralement
01:31cacher le cercueil
01:33où je suis resté avec lui
01:34dans le parking du Plaza.
01:35Oui, en fait,
01:36vous apprenez sa mort,
01:37vous êtes en voiture
01:38et vous entendez à la radio
01:40qu'il vient de se tuer.
01:41Oui, exactement.
01:41Non, j'entends à la radio
01:42qu'il vient de se...
01:44Non, en fait,
01:45ce n'est pas comme ça.
01:45C'est le pilote,
01:47le patron de ma compagnie d'aviation
01:48qui m'appelle
01:49et qui me dit,
01:50je suis dans la voiture,
01:51et qui me dit,
01:52Pierre, on est prêt,
01:54on est en place à Bron
01:55et vous pouvez venir.
01:57Je dis, mais pourquoi faire ?
01:58Et il me dit,
01:59mais vous n'avez pas écouté la radio ?
02:01Et je dis, non.
02:01Et je mets la radio
02:02et effectivement,
02:03là, j'apprends que Michel est mort.
02:04Et je vous avoue
02:05que je n'y croyais pas,
02:06en fait,
02:07parce qu'il devait refaire
02:09le Bercy le 23 septembre
02:12et je lui disais,
02:14on rigolait ensemble,
02:15on était tellement différents
02:16et je lui disais,
02:17mais de toute façon,
02:17tu es terminé,
02:18tu es fini.
02:19Et je pensais qu'il faisait
02:20une énième blague.
02:21Et malheureusement,
02:22c'était vrai.
02:23Alors,
02:24j'en reviens à cette vente aux enchères
02:25qui a été à l'époque menée
02:26par Pierre Cornette de Saint-Cyr.
02:29C'était les 5 ans
02:30des Restos du Coeur,
02:30je crois.
02:31On vendait un casque de Renault,
02:33des médailles commémoratives
02:35de 89,
02:36une moto offerte par Auto Center
02:37et le trophée gagné par Coluche
02:40pour son record de vitesse
02:41en 1985.
02:42Et c'est vrai qu'il fallait
02:44vendre tout ça
02:45pour Véronique et les enfants
02:47et pour les Restos du Coeur.
02:48Voilà, exactement.
02:49Non, surtout pour Véronique,
02:50pour Marius et Romain,
02:51ces deux enfants,
02:52parce que les impôts
02:54étaient très très présents.
02:55Michel ne les avait pas trop payés.
02:57Et moi, j'ai embarqué,
02:58j'ai emmené le...
03:00Et vous voyez,
03:01c'est vraiment un souvenir
03:01d'une époque
03:02parce que j'ai emmené
03:03le trophée
03:04et je me rappelle toujours
03:06d'avoir fait une photo
03:07que je ne referai plus aujourd'hui
03:08avec Véronique à mes côtés
03:09quand je signe le chèque
03:12du trophée.
03:12Vous voyez,
03:13c'est un peu ce que j'explique
03:14dans mon livre.
03:15C'est toute cette ambiguïté
03:17où parfois je suis,
03:17c'est vrai, généreux,
03:18mais il faut quand même
03:19que j'en tire un petit profit.
03:21En même temps,
03:22Renaud était très lié à Coluche
03:23puisque je crois
03:24qu'ils se sont connus
03:24au Café de la Gare
03:25à ses débuts
03:26et que Coluche
03:28est devenu le parrain
03:29de Lolita,
03:30sa fille.
03:30Oui, tout à fait.
03:31Et vous savez pourquoi
03:31elle s'appelle Lolita ?
03:32Non.
03:33À cause d'une chanson d'Antoine
03:34que Renaud adorait
03:35qui s'appelait Lolita.
03:36Ah, je ne savais pas ça.
03:37Alors, il se trouve
03:38qu'en plus,
03:39on ne le sait pas assez,
03:40mais Coluche
03:41a écrit une chanson
03:42pour Renaud,
03:43Soleil Monde.
03:44On fait passer
03:45par la fin du monde
03:47Notre vie
03:48passeront
03:48sous les ponts
03:50Et la nature
03:51que le soleil
03:52n'envoie
03:52C'est vrai qu'à l'époque,
03:54je crois que Coluche
03:54était en dépression
03:55parce que Véronique
03:56était partie
03:56et il a écrit cette chanson
03:58et fait quelques autres choses.
04:00Oui, en fait,
04:01moi, je n'ai connu Véronique
04:02avec qui j'ai eu ensuite
04:04un lien très très fort,
04:05mais je n'ai connu Véronique
04:06que lorsqu'elle est descendue
04:08pour la fermeture du cercueil.
04:12Parce qu'en plus,
04:13il n'y avait personne
04:15au départ quand il est mort
04:16et vous êtes allé à la morgue
04:18et ça a été vraiment
04:18très difficile.
04:20Oui, en fait,
04:21quand je suis arrivé,
04:22j'y croyais toujours pas
04:24et puis quand je suis arrivé
04:24dans la maison,
04:25j'ai vu que tout le monde
04:26était attiré
04:26et je dis,
04:27mais où est son corps ?
04:29Et c'est Ludovic Paris
04:33qui me dit,
04:34Pierre, il est au funerarium de Graves.
04:36Je lui ai dit,
04:37mais vous le laissez tout seul.
04:38Donc, je suis allé là
04:39et je raconte tout ça
04:40et j'ai frappé très très fort
04:42et les gens m'ont ouvert
04:43alors qu'il était traité
04:44et ils m'ont dit,
04:45on est très très contents
04:46de voir enfin quelqu'un
04:47et là,
04:47ils m'ont posé des questions
04:49auxquelles je n'étais pas prêt
04:51à répondre.
04:51C'est-à-dire que j'ai dû
04:53choisir ce recueil
04:54et j'ai dû savoir
04:55s'il fallait le reconstituer
04:57ou pas
04:58parce qu'il avait été
04:58très abîmé par l'accident
05:00et j'ai dû également décider
05:03s'il y avait une cuve en cuire
05:04enfin c'est des souvenirs
05:05absolument rupes
05:06puisque une semaine avant
05:07je choisissais avec lui
05:09le bateau
05:09qu'on allait louer
05:11pour aller à la mer
05:13et aller à Saint-Tropez.
05:14Donc, c'est un moment incroyable
05:16et je me suis retrouvé
05:17dans une situation
05:18qui était assez démente en fait,
05:21vraiment démente.
05:22On en raconte
05:22toutes sortes de choses
05:23sur la mort de Coluche,
05:24ce serait un accident,
05:25ce serait un assassinat,
05:27tout a couru.
05:28Oui, alors moi
05:29je n'étais pas présent,
05:31je suis venu après,
05:31je n'étais absolument pas présent
05:33donc je n'ai pas d'avis là-dessus,
05:35vraiment,
05:35je n'ai aucun avis.
05:37Ça semble bizarre quand même
05:39que ce soit un assassinat,
05:41c'est un accident.
05:43Non, je sais
05:44puisqu'on était très différents
05:46puisque moi je ne me cache pas,
05:47j'étais droite
05:48et je le sais toujours
05:49et enfin même si je n'aime pas
05:51du tout la politique
05:51et lui était vraiment de gauche
05:54et on parlait de ça,
05:56il parlait de cette déception
05:57qu'il avait du comportement
05:59des politiques
06:00lorsqu'il s'est présenté
06:01aux élections
06:02et en fait,
06:03une blague est devenue
06:04un peu un drame
06:04parce qu'il s'est retrouvé
06:06au milieu d'un truc
06:07qu'il a dépassé.
06:08Voilà,
06:09mais Michel était vraiment,
06:10moi je l'aime Coluche,
06:12donc celui que j'appelle Michel
06:13c'est Coluche,
06:13était vraiment quelque chose
06:15d'assez extraordinaire.
06:16Je vais vous raconter
06:16une toute petite anecdote,
06:17je passais tous les week-ends
06:18avec lui
06:19et puis un week-end
06:20je lui dis,
06:21demain,
06:21ce week-end prochain
06:22je ne descendrai pas
06:23parce que je suis à Brive
06:23pour la négociation
06:24avec un laboratoire
06:25et il m'a dit,
06:26bon,
06:26tu viens pas,
06:27tu es à Brive
06:27et quand je suis arrivé à Brive
06:29dans l'hôtel
06:29dans lequel j'étais,
06:30il était déjà là.
06:31C'est fou.
06:31Comment vous l'avez connu Coluche ?
06:33C'est une histoire
06:33assez incroyable,
06:35j'avais un ami
06:36qui s'occupait de ses motos
06:38et qui était
06:38un ami très très proche de moi
06:41et un jour,
06:42il me dit,
06:42écoute,
06:42il est dans le midi,
06:43tu es dans le midi,
06:44est-ce que tu veux venir ?
06:45Je raconte cette scène d'ailleurs
06:47et j'avais mon hélicoptère
06:48qui s'appelait
06:50le Fax Bravo Lima Tangosira,
06:52c'est important
06:53et en fait,
06:53il était identifié
06:54cet hélicoptère
06:55parce que je transportais
06:56souvent des ministres
06:57et donc je dis,
06:59ok,
06:59je viens,
07:00est-ce que je peux me poser ?
07:01Bon,
07:01peu importe,
07:02on cherche comment se poser,
07:03il y avait beaucoup de gravier
07:04donc j'avais peur d'abîmer
07:05mais la maison était très reconnaissable
07:07d'en haut,
07:07d'abord parce qu'il y avait
07:08un grand trapis rouge
07:09sur le qu'il avait mis
07:10pour ne pas abîmer
07:11les pattes de tutur,
07:13le chien
07:13et ensuite parce qu'il y avait
07:14beaucoup de voitures américaines
07:15donc c'est très facile à voir
07:16et quand je me suis posé
07:18et on s'est regardé
07:19et là,
07:19il y a un gendarme
07:20qui est rentré dans la propriété
07:22qui est venu à hauteur
07:23de l'hélico
07:24et donc de Michel
07:25et qui a dit
07:26bonjour,
07:27tout est sécurisé
07:29et là,
07:30Michel a parlé au gendarme
07:31en disant
07:32bon,
07:32toi tu t'en vas
07:33parce qu'ici,
07:33tout ce qu'il y a à un képi
07:34ça brûle
07:35et il s'est retourné vers moi
07:36et il me dit
07:37si ça commence comme ça,
07:38écoute,
07:39ça ne va pas le faire
07:41et tout simplement
07:42parce que les gens pensaient
07:43que j'avais un ministre
07:44c'était un ministre
07:44qui venait voir Michel
07:46et c'était Coluche
07:47effectivement
07:47alors il se trouve que
07:48vous évoquez dans ce livre aussi
07:50Pierre Bauton
07:51vos jeunes années
07:52notamment
07:52comment vous êtes devenu
07:56vous êtes entré dans l'univers
07:57de la pharmacie
07:58avec votre père
07:59votre père qui était très dur
08:00avec vous
08:01très très dur
08:02très dur,
08:03violent
08:03il me frappait
08:04enfin voilà
08:04très très dur
08:05il l'a été très longtemps
08:06c'est comme ça
08:08je pense que
08:08je pense que mon père
08:10n'avait pas eu
08:11les résultats escomptés scolaires
08:13parce que mon frère
08:14a eu des résultats sportifs
08:15assez exceptionnels
08:16puisqu'il était champion du monde
08:17de ce qui nautique
08:18mais il avait décidé
08:20de
08:21vraiment
08:22de moi
08:22de me tailler à la hache
08:24comme il le disait
08:24et oui c'était violent
08:26c'était très violent
08:27mais c'était pas au clair
08:27on n'en parlait pas
08:29non
08:29aujourd'hui ça passe
08:30de toute façon
08:30alors je vous demande
08:32il était
08:32pourtant je suis élevé
08:33dans la bourgeoisie lyonnaise
08:34mais il n'était pas question
08:36d'en parler
08:36parce que sans ça
08:37vous en preniez une autre
08:39et donc je me rappelle
08:40j'avais une collection de timbres
08:41et puis un jour
08:42j'ai fait tomber les timbres
08:43et j'ai pris une rouste
08:46comme aujourd'hui
08:46enfin ce serait
08:48c'est pas imaginable
08:49et puis vous avez fait
08:50un jour de l'autostop
08:51à cause d'un match de football
08:53évoqué par cette chanson
08:54allez
08:55ouais
08:56qui sait les plus forts
08:57évidemment
08:58c'est les verts
09:00on a
09:00cette chanson
09:01aller les verts
09:01qui est un livre national
09:03Monty il l'a écrit
09:04et composé dans sa voiture
09:05en 10 minutes
09:05au milieu d'un embouteillage
09:07sans imaginer
09:08que ça marcherait
09:08c'est incroyable
09:09parce que 40 ans après
09:10on la reconnait immédiatement
09:11c'est fou
09:11et c'est vrai que le foot
09:12c'était une passion totale
09:13et votre père ne voulait pas
09:15que vous alliez
09:15non on sortait d'une pharmacie
09:17et il y avait un match de foot
09:18de la coupe d'Europe
09:20enfin je ne me rappelle plus
09:20comment ça s'appelle
09:21à l'époque
09:21pour un port
09:22et de Saint-Etienne
09:24et on va
09:26et je lui dis
09:26papa il faut peut-être
09:27accélérer un peu
09:28parce que sans ça
09:29je vais rater le match
09:30et il s'est arrêté
09:31il n'a rien dit
09:31il s'est arrêté
09:32il a ouvert la porte
09:32on était entre Juan et Lyon
09:34il a ouvert la porte
09:35il a dit
09:36tiens vas-y descends
09:37j'avais 15 ans
09:38et il dit
09:38tiens descends
09:39le match
09:40tu essayeras de le regarder
09:42à la télé
09:43il a fermé la porte
09:43il est rentré
09:44et quand je suis
09:45j'ai fait de l'autostop
09:46donc ce qui était possible
09:47à l'époque
09:47et quand je suis arrivé
09:48à la maison
09:48ma mère était folle furieuse
09:50et j'avais compris
09:51que c'était un peu chaud
09:52entre eux
09:53et c'était les méthodes
09:54de mon père
09:55en même temps
09:56vous avez quand même
09:57repris l'entreprise familiale
09:58vous l'avez développée
09:59Pierre Bouton
10:00oui bien sûr
10:00alors il a donné
10:0250% à mon frère
10:03et moi il a vendu
10:04il m'a vendu ma partie
10:06et effectivement
10:07je l'ai développée
10:08je l'ai vraiment
10:09très très bien développée
10:10mais avec beaucoup
10:10beaucoup de difficultés
10:11parce que je ne faisais
10:12que me faire engueuler
10:13oui mais en même temps
10:14vous aviez le sens
10:15du marketing
10:16ce qui n'était pas évident
10:17à l'époque
10:17Pierre Bouton
10:18non
10:18non c'est vrai
10:20notamment dans les pharmacies
10:21je pense que les gens
10:23de notre génération
10:24doivent se rappeler
10:25que les médicaments
10:28pardon la parapharmacie
10:29étaient enfermés
10:30dans des vieux meubles
10:31à clés
10:31et surtout
10:32il ne fallait pas y accéder
10:33parce qu'on avait peur du vol
10:35et moi j'avais fait péter tout ça
10:36et j'ai fait un circuit
10:37dans la pharmacie
10:38enfin voilà
10:39j'ai fait beaucoup
10:39beaucoup de choses
10:40dans la pharmacie
10:40qui restent encore aujourd'hui
10:41d'ailleurs
10:41et qui incitait les clients
10:43à venir acheter des produits
10:45à forte marge
10:45exactement
10:46alors exactement
10:47et l'entreprise
10:48était juste lyonnaise
10:49et ensuite
10:49elle est passée
10:50dans le sud
10:51puis elle est passée nationale
10:53puis je suis devenu
10:54leader européen
10:55puis j'ai racheté
10:55d'autres entreprises
10:57et voilà
10:58c'est comme ça
10:59que ça a commencé
11:00avec mes clients pharmaciens
11:01et tout ça à l'instinct
11:02Pierre Bouton
11:03oui tout ça à l'instinct
11:04oui tout à fait
11:04personne ne vous avait rien appris
11:06non non absolument pas
11:07non non
11:07les coups de mon père
11:08m'avaient appris à être dur
11:09et la volonté
11:10mais non non non
11:11j'avais vraiment rien appris
11:13ça ce sont les débuts
11:14et puis il y a une autre date
11:15que j'ai repérée aussi
11:16dans votre parcours
11:17qui est le 1er octobre 1982
11:19à tout de suite
11:20sur Sud Radio
11:21avec Pierre Bouton
11:22Sud Radio
11:23les clés d'une vie
11:24Jacques Pessis
11:25Sud Radio
11:25les clés d'une vie
11:26mon invité Pierre Bouton
11:27pour ce livre
11:28paru chez Robert Laffont
11:30hasard ou destin
11:31ma putain de vie
11:32sous titre
11:34passion, pouvoir, showbiz
11:35argent, roi et excès
11:37bon donc ça
11:37on va en parler justement
11:38à travers
11:39ces clés d'une vie
11:41ces dates
11:41et parmi les dates
11:43que vous évoquez
11:43dans ce livre
11:44il y a le 1er octobre 1982
11:46une inauguration
11:48liée à cette mélodie
11:55une chanson terrible
11:56reste dans la tête
11:57c'est impossible
11:58pendant 3 jours
11:58sans sortir
12:00en fait vous êtes ce jour-là
12:01à Epcot
12:02pour l'inauguration
12:04d'un parc Disney
12:05un parc
12:06où Walt Disney
12:07avait rêvé
12:07et qui a été construit
12:09après sa mort
12:09et vous êtes obligé
12:10de 1000 invités
12:11ce qui est très peu
12:12très peu
12:12très peu
12:13Epcot Center
12:13donc c'est le parc
12:14qu'ils ont ouvert
12:15qu'ils ont ouvert
12:16à Orlando
12:16et Walt Disney
12:18avait affrété
12:19deux Concordes
12:20c'est juste extraordinaire
12:21c'est une époque
12:22dont on bat
12:22et un Concorde
12:24partait de Londres
12:25un autre partait de Paris
12:26dans celui de Paris
12:27moi j'étais avec
12:28Paul Bocuse
12:29le nôtre
12:30et Roger Verger
12:31Paul était mon parrain
12:32j'ai d'ailleurs
12:33dans le livre
12:33une photo
12:34où je suis dans
12:34le cockpit du Concorde
12:36avec écrit Mac 2
12:38et c'est des moments
12:40assez extraordinaires
12:41parce que
12:411000 personnes
12:42dans un parc
12:43qui doit actuer
12:43aujourd'hui
12:44200 ou 300 000 personnes
12:45c'est rien en fait
12:46et je me retrouve
12:47à un moment
12:48avec madame Walt Disney
12:49et elle a dit
12:51cette phrase
12:52que j'ai entendue
12:53une autre fois
12:53je vais vous dire par qui
12:54et je lui dis
12:55merci beaucoup madame
12:56de nous accueillir
12:57et elle me dit
12:58merci d'être venue
12:58de si loin
12:59et cette phrase
13:00a été dit
13:00en 1982
13:04je crois
13:05ou 86
13:06pardon
13:061986
13:07par le pape
13:08Jean-Paul II
13:09qui venait à Lyon
13:09et qui avait dit
13:10la même phrase
13:11à une de mes amies
13:12brésiliennes
13:13qui l'avait repérée
13:14et qui l'était venu voir
13:15il faut savoir
13:16que Disney
13:17était passionné
13:18d'urbanisme
13:18et qu'il avait imaginé
13:19à travers Epcot
13:20la ville du futur
13:21et qu'il n'a pas pu
13:23la voir de son vivant
13:23alors il se trouve
13:24que vous évoquez
13:25justement Paul Bocuse
13:26dont vous allez bien sûr
13:27reconnaître la voix
13:28en France
13:29se passer du beurre
13:30et de la crème
13:30c'est impossible
13:31parce que
13:32qu'est-ce qui a fait
13:32la renommée
13:33de la cuisine française
13:33c'est finalement
13:34tous nos crus de beurre
13:35tous nos crus de crème
13:37d'ailleurs vous voyez
13:37là ce matin
13:38moi Bocuse
13:39m'avait raconté
13:40comment il était arrivé
13:41avec Roger Verger
13:42et Gaston Le Nôtre
13:42à Epcot
13:43en fait c'était un marais
13:44au départ
13:45et qu'ils avaient transformé
13:46en restaurant
13:47ce qui a été
13:47le premier mondial
13:48et puis personne
13:49n'y a cru
13:50personne n'y croyait
13:50au départ
13:52mais Paul est un génie
13:55Paul Bocuse
13:56c'est mon premier vol
13:57en hélicoptère
13:58aujourd'hui je suis pilote
13:59hélicoptère
14:00c'est mon premier vol
14:01en Concorde
14:01c'est mon premier
14:02grand prix de F1
14:03quand il m'a amené
14:04chez Eddie Barclay
14:07et il m'a vraiment
14:08absolument tout appris
14:10en fait c'est votre parrain
14:11oui c'est mon parrain
14:12parce que mon papa
14:13était de Colonge-en-Mondor
14:14et c'était deux personnes
14:16qui étaient de Colonge-en-Mondor
14:17et qui se connaissaient très bien
14:18et comment vous l'avez connu
14:19pour la première fois ?
14:21je le connaissais depuis toujours
14:22parce qu'on allait faire les fêtes
14:24ma grand-mère
14:24ma grand-mère paternelle
14:26avait une maison
14:27qui était à 350 mètres
14:29et vraiment
14:31je le connais depuis toujours
14:32et en fait
14:33c'est quand j'ai quitté
14:34le milieu familial
14:36vers 19 ans
14:37que là
14:38il m'a vraiment pris
14:39sous son aile
14:39et enfin
14:40comme Paul peut prendre
14:41sous son aile
14:42c'est juste quelqu'un
14:42d'extraordinaire
14:43moi je me souviens
14:44effectivement
14:44d'une soirée
14:45passée chez lui
14:46et ensuite
14:46d'un tour dans Lyon
14:47on a fait tous les bars
14:49entre 1h et 5h du matin
14:50et c'était
14:52c'était le roi de Lyon
14:53c'était insensé
14:54mais c'est le roi du monde
14:55c'est-à-dire que
14:56je vais vous raconter ça
14:58on était
14:59après l'innovation d'Epcord
15:00on est allé à New York
15:01et on est allé dans un restaurant
15:03qui s'appelle
15:03le Cirque à New York
15:04qui est un très très grand restaurant
15:05et c'est la première fois
15:07que j'ai vu
15:07quand Paul est rentré
15:08donc pas du tout
15:09en tenue cuisinier
15:10il est rentré
15:11les gens se sont levés
15:12pour l'applaudir
15:12en même temps
15:13c'était un grand amateur
15:14de canulars
15:14on riait beaucoup ensemble
15:15je ne sais pas si vous connaissez
15:16ce canular
15:17un jour
15:17il y a un dîner
15:19du Guy de Michelin
15:20à Lyon
15:21et il a fait imprimer
15:22un menu
15:22et celui qu'il a prévu
15:24pour Bernard Pivot
15:25était couvert de fautes d'orthographe
15:26et il y avait une caméra
15:27qui filmait la tête de Pivot
15:29découvrant les fautes d'orthographe
15:30ça ne m'étonne pas
15:31c'est extraordinaire
15:32vous savez que Paul
15:33n'aimait pas trop écrire
15:34il n'aimait pas trop
15:35moi quand j'étais incarcéré
15:36en 1992
15:38il m'avait écrit
15:39une très belle lettre
15:39et au-dessus
15:41il y avait mon numéro
15:42de matricule
15:42et il l'avait enterré
15:44encerclé
15:45et il avait dit
15:45je voulais au loto
15:46on ne sait jamais
15:47et quand j'étais incarcéré
15:48il m'avait amené
15:49un pain
15:50avec l'intérieur
15:52des truffes
15:52mais le pain
15:53était évidemment fermé
15:54et la pénitentiaire
15:56alors que c'est lui
15:57qui l'a amené
15:57à la porte de la prison
15:58l'a découpé
15:59pour être sûr
16:00qu'il n'y avait pas de lime
16:01ou je ne sais quoi
16:01à l'intérieur
16:02il se trouve en fait
16:03que vous l'avez connu
16:04à une époque
16:05où vous vouliez lancer
16:06vous avez travaillé
16:07dans un restaurant
16:08qui s'appelait
16:08Le Cottage
16:09Le Cottage
16:10qui était un truc
16:11très glauque au départ
16:11ah oui oui tout à fait
16:12c'était ce qu'on appelle
16:14une maison de rendez-vous
16:15et c'était à 300 mètres
16:18et souvent j'étais en panique
16:19de beurre
16:20enfin j'y connaissais rien en fait
16:22de beurre
16:23ou je ne sais quoi
16:24et j'allais chez Paul
16:26et je me rappelle même
16:27d'un jour de l'an
16:30où il fallait couper le gâteau
16:32enfin c'était juste n'importe quoi
16:33parce qu'on avait énormément
16:34énormément de monde
16:35et c'est les gars de chez Paul
16:38qui sont venus couper le gâteau
16:39chez nous pour m'aider
16:40En fait c'était un hôtel glauque
16:42que vous avez transformé
16:43en restaurant
16:43Exactement
16:44C'est un hôtel
16:45et que j'ai transformé
16:46dans la première puissance d'achat
16:48pendant les deux mois d'été
16:50et Paul regardait le parking
16:51donc on avait beaucoup
16:53beaucoup beaucoup de voitures
16:53parce que ce n'était pas
16:54les mêmes prix
16:55puisque j'avais fait en sorte
16:56d'écrire sur le t-shirt
16:58le menu sur le t-shirt
17:00et c'est à l'époque
17:0025 francs
17:01Jean-Mocru
17:02une friture
17:03fromage blanc
17:03et 20
17:04et Paul regardait le parking
17:06il disait
17:06dis donc tu commences
17:07à me faire de l'ombre
17:07je ne suis pas sûr
17:08que je vais continuer
17:09à t'aider
17:10Bien sûr
17:11c'était un canular
17:12Et vous avez écrit
17:13un mot qu'on ne connaissait pas
17:14à l'époque
17:14Pierre Bouton
17:15c'est le mange au drôme
17:16Oui exactement
17:16c'est à dire que j'avais
17:17un jeu de boule
17:18donc un boule au drôme
17:19et j'ai fait
17:20j'ai fait quelque chose
17:22en fait
17:22toujours des astuces
17:23vous voyez
17:24ce que j'essaye
17:24de donner aux gens
17:26je voyais qu'il y avait
17:27des gens qui venaient
17:28et qui repartaient
17:29et qui regardaient le menu
17:31et qui repartaient
17:31et donc j'ai mis
17:32à côté du menu
17:33un interphone
17:35branché sur on
17:36qui me permettait
17:36d'entendre leurs réflexions
17:37et j'ai compris
17:38que les gens
17:40regardaient une seule chose
17:41quel était le prix
17:42du jambon cru
17:42friture fromage blanc
17:43et que c'est ça
17:44qu'ils voulaient manger
17:45et c'est comme ça
17:45que j'ai créé ce menu
17:46très peu cher
17:47et qui a fait
17:48le succès du restaurant
17:50En même temps
17:50vous n'étiez pas restaurateur
17:51c'était fait un peu par hasard
17:53Ah oui
17:53c'est pas dire
17:54que j'ai quitté
17:55mon milieu familial
17:56parce que j'en pouvais plus
17:56à la fois des coups
17:58à la fois des remontrances
17:59à la fois de tout
18:01et donc je suis parti
18:02à la plonge
18:03dans ce restaurant
18:05c'est une très très belle histoire
18:06ça c'est vraiment
18:07une très très belle histoire
18:08si les gens veulent
18:09comment avec rien
18:11vraiment
18:11j'ai appris plein de choses
18:12j'essaye de vous faire
18:14très court
18:15je suis à la plonge
18:16j'ai un serveur
18:16qui n'est pas là un soir
18:18donc la dame me dit
18:19ben prends la place
18:20mais tu continueras
18:21à faire ta plonge le soir
18:22et puis au bout
18:23de trois semaines
18:23elle me donne le poste
18:25et à un moment
18:25elle me dit
18:25va voir ce monsieur
18:26qui est là
18:27il veut te parler
18:28et elle voulait vendre
18:29absolument
18:30et moi j'avais pas de rond
18:31et donc
18:31elle va voir
18:33je vais voir ce monsieur
18:34et ce monsieur me dit
18:34tu me reconnais
18:35il me dit non
18:35il me dit
18:36je suis monsieur Tournissou
18:37et effectivement j'avais vu
18:38sur les parasols
18:40et tout ça
18:40qu'il y avait Tournissou
18:41c'était le monsieur
18:41qui vendait tous les liquides
18:42et il me dit
18:43écoute
18:43tu sais que madame Drogue
18:45veut vendre
18:45je lui dis ben oui
18:46et je dis
18:46mais sauf que moi
18:47j'ai pas l'argent
18:48il me dit moi
18:48je vais te le prêter l'argent
18:49il a cru en vous
18:51il a cru en moi
18:51oui
18:52il a cru en moi
18:53mais en même temps
18:54c'est totalement inouï
18:55comme histoire
18:55c'est incroyable
18:56mais vous savez
18:57c'est pour ça que ce livre
18:59s'appelle
18:59hasard ou destin
19:00et c'est pour ça
19:01c'est un peu le message
19:02que je veux envoyer
19:04aux lecteurs
19:05et aux gens en général
19:05vous savez
19:07ma vie elle est compliquée
19:08quand même
19:09puisque j'ai commencé
19:10à la plonge
19:10puis j'ai réussi
19:11j'ai été très haut
19:12puis j'ai redescendu très bas
19:13et ainsi de suite
19:14et en fait
19:15si vous voulez
19:15je crois qu'il faut toujours croire
19:17il faut toujours penser
19:19que de quelque chose
19:20de négatif
19:21peut sortir quelque chose
19:22de positif
19:23vous voyez je quitte
19:24je suis un fils un peu
19:25de la bourgeoisie lyonnais
19:25je vais à la plonge
19:26c'est pas très facile
19:27et en fait
19:28le destin
19:29me donne la possibilité
19:30d'acquérir ce restaurant
19:32et ensuite de commencer
19:34mon travail
19:34c'est la même chose
19:35pour le contrôle fiscal
19:36j'ai un contrôle fiscal
19:37je vais chez Paul
19:38je suis complètement détruit
19:39et il me présente quelqu'un
19:41tu vas voir cette personne là
19:42et cette personne
19:43c'est Francis Lopez
19:44alors là il y a très peu de gens
19:45qui vont le connaître
19:46mais c'est le monsieur
19:47qui produisait
19:48Luis Mariano
19:49Luis Mariano
19:50c'est la belle de Cadix
19:51voilà
19:51et il avait lui-même
19:53un contrôle fiscal
19:54il m'amène
19:55chez son conseiller fiscal
19:56à Paris
19:56et c'est comme ça
19:57que je rentre
19:58avec les personnalités
19:58du Moyen-Orient
19:59il se trouve
19:59en plus que Francis Lopez
20:01lui avait rencontré
20:02Luis Mariano
20:03par hasard
20:04dans un club à Biarritz
20:05il l'avait entendu chanter
20:07il cherchait
20:07pour sa première opérette
20:09un interprète
20:09et c'est comme ça
20:10que ça a débuté
20:11et que Luis Mariano
20:12est devenu le roi
20:13de l'opérette au Châtelet
20:14dans des spectacles
20:15qui étaient pleins
20:16pendant trois ans
20:16incroyable
20:17où il y avait 200 personnes
20:17sur scène
20:18incroyable
20:18il vivait dans un appartement
20:19je ne sais pas si vous l'avez connu
20:20Boulevard Haussmann
20:21non
20:21un appartement
20:22c'était un décor d'opérette
20:23c'était un personnage extraordinaire
20:25alors c'est vrai
20:26qu'il y a eu Léo
20:27mais il n'est pas par exemple
20:28ce manjodrome
20:29vous le transportez
20:30à l'Alpe d'Huez
20:31et là
20:31c'est une catastrophe
20:34et je pense que
20:35les gens de l'Alpe d'Huez
20:36se rappellent encore
20:37parce qu'on avait livré
20:39j'avais pris un peu
20:40la grosse tête
20:41à vrai dire
20:41je pensais que tout ce que
20:42je touchais
20:42allait devenir en or
20:45et là
20:45c'est vraiment
20:46un flop considérable
20:47trop cher
20:48le produit trop cher
20:49la pub mal faite
20:50et puis surtout
20:52on a bloqué
20:53les fameux virages
20:54avec
20:55lors de la livraison
20:56du bar
20:57le semi-remorque
20:58s'est mis en travers
20:59et pendant 24 heures
21:00plus personne n'a pu passer
21:01franchement
21:02je ne me suis pas fait
21:02une très bonne image
21:03à l'Alpe d'Huez
21:04vous avez vécu
21:05d'ascension et de chute
21:06Pierre Bauton
21:08mais je crois que la chute
21:08a failli être mortelle
21:10à bord d'une montgolfière
21:11oui
21:12alors ça c'est tout à fait
21:13au tout début
21:14vraiment au tout début
21:15au tout début
21:16pour gagner un peu d'argent
21:17quand j'étais étudiant
21:18je faisais ça
21:19et on était
21:20on gonflait au puits
21:23et il faisait très froid
21:25très très froid
21:25et la montgolfière
21:27ne voulait pas s'envoler
21:27alors qu'on avait un contrat
21:29et donc
21:30le monsieur
21:31qui gonflait
21:32très très chaud
21:33très très chaud
21:34très très chaud
21:34et la montgolfière
21:35part d'un coup
21:36d'un seul coup
21:37mais très fort
21:38elle passe
21:39je vous assure que c'est vrai
21:40d'abord on pète un toit
21:42il y a une dame
21:42qui nous faisait coucou
21:43elle n'a rien compris
21:44de ce qui se passait
21:44quand elle avait arrivé
21:45la nacelle
21:46et ensuite
21:46on est vraiment passé
21:47à 5-6 mètres
21:49de la Sainte-Vierge-du-Puis
21:51c'est juste incroyable
21:52donc après évidemment
21:53on n'a plus le droit
21:55de voler
21:57et moi je jouais
21:57avec un cordon
21:59pendant qu'on volait
22:00je ne me rendais compte
22:01de rien
22:01j'étais très jeune
22:02et à un moment
22:03le pilote me dit
22:04mais arrête de jouer avec ça
22:05c'est ça qui ouvre
22:07la montgolfière
22:08quand on veut
22:09la dégonfler
22:10c'est ce qui s'est passé
22:11avec le premier journal télévisé
22:13le premier reportage
22:14en 49
22:14c'est un reportage
22:15en montgolfière
22:16au-dessus de Paris
22:16avec Pierre Sabag
22:18avec Audouin Delfus
22:19qui est un astronome
22:19qui conduit la montgolfière
22:21et Michel Valkiewicz
22:22le caméraman
22:23la montgolfière est tombée
22:25et il a failli
22:26ne jamais avoir
22:26de premier journal télévisé
22:28incroyable
22:28c'est fou hein
22:29alors autre moment de folie
22:31on va les évoquer
22:32à travers la date
22:32du 3 juin 1988
22:34à tout de suite
22:35dans Sud Radio
22:36avec Pierre Bauton
22:37Sud Radio
22:38les clés d'une vie
22:39Jacques Pessis
22:40Sud Radio
22:41les clés d'une vie
22:42mon invité Pierre Bauton
22:43nous évoquons ce livre
22:44Hasard ou destin
22:46ma putain de vie
22:47chez Robert Laffont
22:48vous racontez
22:49votre parcours
22:49avec beaucoup de sincérité
22:51sous la forme d'une confession
22:52alors on a évoqué
22:54vos débuts
22:54et puis
22:55le 3 juin 1988
22:56vous êtes parti
22:58de tous ceux
22:58qui fêtent
22:59ce jeune marié
23:01oui des gens qui viennent
23:02en hélicoptère
23:05qui viennent quelquefois
23:06s'imposer
23:07comme ça
23:07le 8ème mariage
23:08d'Eddie Barclay
23:08je pense que vous étiez là
23:09oui
23:11vous avez fait beaucoup
23:11de mariages
23:12d'Eddie Barclay
23:12non
23:13c'est le seul
23:13non non pas beaucoup
23:14j'ai fait beaucoup
23:15de soirées blanches
23:15et j'ai fait énormément
23:17énormément
23:17de dîner
23:19à la maison du Cap
23:20alors il se trouve
23:21que ce mariage
23:22était avec Caroline Givanti
23:23devenue Caroline Barclay
23:24qu'il avait rencontré
23:25à Lyon
23:26oui tout à fait
23:26jeune comédienne
23:27il avait flashé sur elle
23:29et d'ailleurs
23:29elle a divorcé
23:3010 ans plus tard
23:31mais elle est la seule
23:32des 8 femmes Barclay
23:33à avoir conservé ce livre
23:35et j'ai rencontré Caroline
23:38avant Eddy
23:38parce que c'est moi
23:39qui suis allé la chercher
23:40pour l'amener
23:42devant Eddy
23:43alors le petit monde
23:44d'Eddie Barclay
23:45vous êtes rentré
23:46c'est un monde
23:46qu'on a un peu oublié
23:47aujourd'hui
23:48moi journaliste
23:49j'en ai fait partie
23:50en faisant toutes ces nuits blanches
23:52que vous évoquez
23:52c'est vrai que c'était pas simple
23:54il y avait des codes
23:54chez Eddy Barclay
23:55ah oui oui
23:56il y avait beaucoup
23:57alors d'abord la première chose
23:58la première fois que j'y vais
23:58j'y vais en hélico
23:59c'est pas le mien cette fois-ci
24:00c'est celui de Moëté Chandon
24:02et avec Paul
24:03qui vient pour une soirée blanche
24:04et Paul me dépose au milieu
24:07et puis
24:08s'en va quoi
24:08enfin voilà
24:09et donc Eddy arrive
24:10et il m'indique
24:11la cuisine
24:12parce qu'il pense
24:12que je suis cuisinier
24:13et je dis
24:14non non mais je suis pas cuisinier
24:15moi je suis ici
24:16ah bon d'accord
24:17et
24:18je vois une table de ping-pong
24:20donc je joue au ping-pong
24:21puis là il arrive
24:22et il me fait
24:22bah vous jouez pas mal
24:23je vais jouer avec vous
24:25et moi je le bats
24:26et en fait je ne savais pas
24:27que le code
24:28c'était de le laisser gagner
24:29en fait
24:30et ça vous a coûté très cher
24:33ça m'a coûté
24:34pas très cher
24:35mais bon
24:36il n'était pas très content
24:37il m'a dit de revenir
24:38le lendemain matin
24:39et puis
24:40voilà
24:40mais il y a vraiment
24:41il y a une histoire
24:42qui est dans
24:43encore aujourd'hui
24:44dans l'histoire de Saint-Tropez
24:46c'est qu'un jour
24:47je viens
24:47et je lui dis
24:49je lui dis
24:50est-ce que tu veux jouer
24:50je dis oui
24:50mais j'ai pas de chaussettes
24:51alors il me dit
24:52je vais te prêter des chaussettes
24:53donc il me prête
24:54une paire de chaussettes
24:55très bien
24:55et puis
24:56le soir
24:57il me fait
24:58tu m'as ramené
24:59ma paire de chaussettes
25:00je lui dis
25:01ben non
25:01je ne t'ai pas ramené
25:02mais un peu agressif
25:03vous voyez
25:03et puis le lendemain à midi
25:05je vais déjeuner chez lui
25:06et je suis en bout de table
25:07vous savez
25:07il y avait un plan de table
25:08vous vous rappelez ça
25:08au bout de la maison du Cap
25:10avec une vue incroyable
25:11et il y avait un plan de table
25:12il y avait 36 personnes
25:13je suis tout au bout
25:14et là quand il me met tout au bout
25:15il me dit
25:16monsieur Botton est tout au bout
25:17parce qu'il ne m'a pas ramené
25:18mes chaussettes
25:19alors je trouve ça un peu bizarre
25:21et donc
25:21moi à ce moment là
25:22je dis bon
25:22je vais te les ramener les chaussettes
25:24et je demande à la personne
25:26qui m'accompagnait
25:27qui s'appelle Alain
25:27et je lui dis
25:28tu ramasses toutes les chaussettes
25:30qu'il y a dans Saint-Tropez
25:31donc il ramène toutes les chaussettes
25:32qu'il y a dans Saint-Tropez
25:32ça fait 600 ou 700 paires
25:34blanches
25:35et puis j'enlève les portes de l'hélico
25:37et je vais vers l'hélico
25:38je vais lui poser
25:39je lui l'appelle
25:40je lui dis
25:40est-ce que tu es chez toi ?
25:41oui
25:41je te ramène tes chaussettes
25:43donc j'arrive
25:44je fais un statting
25:45c'est-à-dire je laisse l'hélico dessus
25:46et je balance les chaussettes
25:48et je vois bien qu'il y a des gens
25:48qui me font des signes
25:49mais je pensais qu'ils me disaient coucou
25:51puis je repars
25:52et le soir
25:54l'après-midi
25:55je suis avec un de mes copains
25:56et je viens pour faire une partie de ping-pong
25:58il n'est pas là
25:59mais on rentrait assez facilement dans la maison
26:01enfin on savait comment faire
26:02et puis il arrive
26:04et il me fait
26:06toi tu t'en vas
26:08t'es trop con
26:10je dis ah bon
26:11mais qu'est-ce qui s'est passé ?
26:12rien
26:12vas-y
26:13et David Thiem
26:14qui était avec moi
26:15lui dit
26:15mais parle pas comme ça
26:16c'est ton ami
26:16il dit toi t'es aussi conclu
26:18vous partez
26:18et donc il nous part
26:20et le soir même
26:21je suis place d'Élise
26:22et c'est Stéphane Collarot
26:24qui me dit
26:24Pierre mais t'as ravagé la maison en fait
26:26le souffle de l'hélicoptère
26:28a ravagé la maison
26:29et Stéphane
26:30qui avait toujours cette phrase extraordinaire
26:32il m'a dit
26:32heureusement qu'il t'a pas prêté
26:33des boules de pétanque
26:35il se trouve que c'est
26:36pour celles et ceux
26:36qui n'ont pas connu cet univers
26:38en vendant sa compagnie
26:40Barclay
26:41Eddie Barclay
26:42a gagné suffisamment d'argent
26:43pour faire cette maison du Cap
26:45qui est une maison absolument somptueuse
26:47où il y avait une piste d'hélicoptère
26:48il y avait une colline
26:49avec une table pour 36 couverts
26:52et des chambres pour tout le monde
26:54et c'est vrai qu'il a vécu là-dedans
26:56et que ces fêtes blanches
26:58qu'il organisait chaque année
26:59il y avait la terre entière
27:00des chefs
27:01c'est des moments
27:02qu'on ne peut plus imaginer
27:03moi j'ai vu Michael Jackson
27:05dans cette fête-là
27:06j'ai vu Michael Jackson
27:07évidemment
27:09son producteur
27:09je ne me rappelle plus
27:10comment il s'appelle
27:11mais bon
27:11qui était très très connu
27:12le producteur de Michael Jackson
27:14Quincy Jones
27:14Quincy Jones exactement
27:16et avec du jazz
27:18et tout ça
27:18et puis il faut savoir
27:20qu'à l'époque
27:20avoir une piste d'hélicoptère
27:21dans une maison
27:22c'était extraordinairement rare
27:24mais vraiment
27:25extraordinairement rare
27:26et en même temps
27:27ces fêtes-là
27:28il y avait une tradition
27:29il fallait avoir
27:30un costume blanc
27:31et lorsqu'il y avait
27:32un mariage Barclay
27:32ou une fête Barclay
27:33il n'y avait plus
27:34un costume blanc
27:34à vendre à Paris
27:35ou à Saint-Tropez
27:36tout à fait
27:37il fallait être en blanc
27:38d'ailleurs un soir
27:38il me dit
27:39qu'est-ce que vous faites ce soir
27:40est-ce que vous pouvez venir
27:42je dis oui oui bien sûr
27:44et donc on a cherché
27:46on met des histoires
27:47avec Eddy
27:47j'en ai énormément
27:48vraiment énormément
27:49ce qu'on ne sait pas
27:50c'est qu'en fait
27:51il a tout dépensé
27:52dans cette maison
27:53et que quand il est mort
27:55son fils a découvert
27:56que même l'appartement parisien
27:58était en viagé
27:59ah je ne savais pas
28:01il a vraiment flambé
28:02par passion
28:03de la fête
28:04et d'une façon
28:06chaque fête
28:07était un événement
28:08en même temps
28:08qui lui permettait
28:10de dire
28:10je fais de la pub
28:11je déduis ça
28:11de mes impôts
28:12ah oui je ne savais pas
28:13ça j'ignorais
28:14et j'ai revu Guillaume
28:15son fils Guillaume
28:16je l'ai revu
28:17qui est photographe
28:18et qui fait de très belles photos
28:19très belles photos
28:19alors il y avait à l'époque
28:20aussi un lieu
28:21qui existe toujours
28:22que vous avez fréquenté
28:23à Saint-Cropez
28:24qui est l'Hôtel Liblos
28:24et là aussi
28:25ça a été votre seconde maison
28:27à une époque
28:27Pierre Botton
28:28oui c'est à dire qu'en fait
28:29la première fois
28:30en fait quand j'avais mon restaurant
28:32je dépensais en deux jours et demi
28:35tout ce que j'avais gagné
28:36dans l'année
28:37donc pour créer des souvenirs
28:39et tout ça
28:39et en fait
28:40j'ai une vraie
28:41vraie histoire
28:42avec cet hôtel
28:43parce qu'au début
28:44je me suis mis copain
28:46enfin j'ai dit
28:46je ne connais personne
28:49et l'homme aux clés d'or
28:50c'est à dire le concierge
28:51les concierges
28:52m'ont beaucoup aidé
28:52et c'est vrai
28:53c'est vrai que
28:55là encore
28:56il y a des anecdotes
28:57absolument extraordinaires
28:58vous racontez dans ce livre
28:59qu'en fait
29:00vous n'êtes pas Brad Pitt
29:01mais vous étiez un séducteur
29:03et que finalement
29:03vous avez beaucoup dépensé
29:05pour vivre des histoires d'amour
29:07parfois éphémères
29:08oui oui
29:08alors je ne suis pas du tout Brad Pitt
29:10mais vraiment pas
29:12mais les femmes
29:13d'abord j'ai toujours aimé les femmes
29:15c'est à dire
29:15quand je dis aimer les femmes
29:16c'est pas aimer les femmes
29:17avec quelque chose de charnel
29:19c'est que
29:19je fais confiance dans les femmes
29:21elles me l'ont extraordinairement bien rendue
29:24et ensuite
29:26on n'écoute jamais assez d'une femme
29:28et donc
29:29j'ai eu dans ma vie
29:31des femmes qui m'ont beaucoup marqué
29:33dont je fais le portrait d'ailleurs
29:34et que je vois encore aujourd'hui
29:36et effectivement
29:38ces femmes étaient très belles
29:39très très belles
29:40j'adorais les habiller
29:42mais surtout
29:42quand je passais quelque part
29:43on ne se rappelait pas de moi
29:44on se rappelait
29:45on se rappelait de la personne
29:46avec qui j'étais
29:47et comme ça
29:48ça m'a ouvert énormément
29:49énormément de portes
29:50oui en même temps
29:51vous avez accompagné
29:52des jolies femmes
29:53qui partaient avec quelqu'un d'autre
29:55à chaque fois
29:56alors ça c'est pas une
29:57c'est à votre côté
29:57Jean-Claude Duss
29:59vraiment à chaque fois
30:01vraiment à chaque fois
30:02mais
30:02les autres
30:03ont été quittés
30:05et moi dans la vie
30:06cette amitié
30:07est toujours restée
30:08c'est à dire qu'encore aujourd'hui
30:09cette amitié
30:10est encore restée
30:11vraiment c'est quelque chose
30:12qui est très important
30:13j'adore parler avec les femmes
30:16j'adore écouter les femmes
30:17et j'adore
30:20les habiller
30:21j'adore également
30:22leur montrer la vie
30:23et peut-être leur dire
30:25plus elles sont belles
30:26plus c'est difficile
30:27c'est à dire plus elles sont belles
30:29plus c'était à l'époque
30:30maintenant un peu moins
30:31mais c'était des trophées
30:32vous voyez je veux dire
30:33les hommes les prenaient
30:34comme des trophées
30:35et de plus
30:36plus j'essayais de leur dire
30:37que non
30:37qu'elles avaient quelque chose
30:38et vraiment
30:40ça c'est une de mes fiertés
30:41il y a beaucoup de femmes
30:43très très belles
30:43qui étaient mannequins
30:44dont j'ai pu assurer
30:47la transition
30:48vous voyez
30:48la transition professionnelle
30:50même
30:50de mannequin
30:51à autre chose
30:51vous êtes pratiquement
30:53un cas à part
30:53puisqu'en général
30:55beaucoup d'hommes
30:55à cette époque là
30:56considéraient ces femmes là
30:57comme des proies
30:58moi pas du tout
30:59vraiment pas du tout
31:00mais d'abord
31:01je n'avais ni le physique
31:02ni rien
31:03vous voyez ce que je veux dire
31:04et ce qu'elles me donnaient
31:05c'est à dire
31:05la compagnie
31:07qu'elles me donnaient
31:08était tellement fantastique
31:10pour moi
31:10vous voyez
31:11c'était vraiment extraordinaire
31:12c'était une chance
31:13ça a été une chance
31:14et vraiment
31:15elles m'ont beaucoup
31:16beaucoup accompagné
31:17alors cette époque
31:17que vous racontez
31:19qui est mythique
31:20il y avait donc
31:20les soirées Barclay
31:21il y avait l'hôtel Bibliot
31:22Saint-Tropez
31:23où c'était la folie
31:24tout l'été
31:25et le club 55
31:26où on dépensait
31:27des sommes folles
31:28et puis il y avait Castel
31:29qui était l'endroit
31:30à la mode
31:31où tout le monde
31:31se retrouvait
31:32et la première fois
31:33que vous êtes allé là-bas
31:34Pierre Votan
31:34vous vous êtes fait jeter
31:35carrément
31:36je veux dire
31:36que la première fois
31:37j'étais avec une jeune femme
31:38qui s'appelait Bénédicte
31:39et je vous l'ai un peu impressionné
31:41et là elle me disait
31:42bah écoute
31:43je veux bien aller chez Castel
31:44j'ai dit
31:44bah bon on va aller chez Castel
31:46j'ai un peu de culot
31:46c'est vrai
31:47mais là quand je suis arrivé
31:49à la porte
31:49on m'a dit
31:51bah non monsieur
31:51d'abord je me rappelle
31:52j'avais un pull
31:53sur les épaules
31:54je me dis monsieur
31:54pas avec un pull
31:55prenez la porte
31:56et donc je suis rentré à Lyon
31:58et j'ai raconté ça à Paul
31:59et je dis Paul
32:00je suis amoureux d'une fille
32:02qui s'appelle Bénédicte
32:03je me suis fait jeter
32:03de chez Castel
32:04je ne l'arrivais plus jamais
32:05il m'a dit
32:06attends on va arranger ça
32:09je me dis Jean
32:10écoute je suis avec Pierre
32:11là il est ici
32:12Pierre Botton
32:13il s'est fait cheter de chez toi
32:14il est amoureux d'une fille
32:15est-ce que tu peux organiser
32:17un truc pour que ça se passe bien
32:18oui oui bien sûr
32:19je lui envoie la carte
32:20je me rappelle de cette carte
32:21qui était un croissant de lune
32:24noir avec du blanc et du bleu
32:27et il me dit
32:27bah quand est-ce que tu vas arriver
32:28je lui dis
32:28bah moi j'y vais tout de suite
32:29donc je suis remonté
32:30le week-end d'après
32:32et là le week-end d'après
32:33tout avait changé
32:35absolument tout avait changé
32:37j'arrive à la porte
32:38et on me dit
32:38oui bien sûr monsieur Botton
32:39bien sûr on est là
32:40il y a votre table de prêtre
32:41il y a Jacques Martin
32:42que je vois pour la première fois
32:43qui fait un show
32:45mais d'un autre monde
32:46et voilà
32:47mais je n'ai pas eu d'histoire
32:49avec Bénédicte
32:50parce qu'elle a préféré
32:53un hockeyeur
32:54des français volants
32:56de l'équipe des français volants
32:57mais il faut savoir
32:58que Jacques Martin dînait
32:59la prêtre tous les soirs
33:00et un soir
33:01il y a Marcel Julien
33:02qui est nommé président
33:03de l'antenne 2
33:04qui vient dîner
33:04qui dit à Jacques Martin de loin
33:06dis donc ça n'intéresserait pas
33:07de faire la télé le dimanche
33:09Banco
33:09et c'est comme ça
33:10que ces émissions du dimanche
33:11sont nées
33:11chez Castel
33:12incroyable
33:13et puis vous évoquez un autre hôtel
33:14qui a du éphémère à Paris
33:16qui était le Nova Park
33:17qui était rue François 1er
33:19qui était un des hôtels
33:21les plus laids
33:21qu'on puisse imaginer
33:22et que vous avez fréquenté
33:24oui oui
33:25c'est toujours pareil
33:26grâce aux femmes
33:27c'est à dire que voilà
33:28je suis amoureux
33:30d'une jeune femme
33:31je n'ai pas réservé
33:33tous les hôtels sont pleins
33:34et il y a plein les journaux
33:37de ce Nova Park
33:38qui était le premier
33:39symbole très très ostentatoire
33:42des gens du Moyen-Orient
33:43et il y avait une dernière suite
33:45qui était absolument immense
33:47dans laquelle
33:48en même temps que la suite
33:49il y avait une Rolls
33:50et la Rolls montait
33:52de telle façon
33:52ce qu'on ne voit pas
33:53les gens montaient
33:53et vous pouviez monter
33:54dans la Rolls de votre suite
33:56et donc j'arrive au flanc
33:57comme d'habitude
33:58et j'arrive
33:59et je dis bonjour
33:59est-ce que vous avez une chambre ?
34:00non non
34:01il n'y a que la suite là-haut
34:02je dis écoutez
34:02là il est 11h du soir
34:03vous n'allez plus la louer
34:04donc est-ce que vous pouvez
34:05me la louer ?
34:07ils m'ont fait un prix
34:08et je suis monté là-haut
34:09avec une jeune femme
34:11qui s'appelle Anna
34:11et sa soeur
34:12et donc j'étais absolument
34:14fou amoureux
34:15mais elle a l'air
34:15complètement fou amoureux
34:17et j'ai passé la nuit
34:19dans cette chambre
34:19je crois que je faisais
34:201200 mètres carrés
34:21et je raconte
34:22cette première nuit
34:23où il s'est absolument
34:24rien passé
34:26mais où je mettais
34:27parce qu'il n'y avait pas
34:28de volet dans le salon
34:30et je mettais des rideaux
34:32de telle façon
34:32à ce que l'obscurité
34:33reste le plus longtemps possible
34:34pour que j'ai Anna
34:35le plus longtemps possible
34:36dans mes bras
34:36il se trouve que
34:37cet hôtel avait été construit
34:39rue François 1er
34:40et un soir je suis avec
34:41Jean Carmet
34:42et on passe devant
34:42à minuit
34:43le directeur de l'hôtel
34:44reconnaît Jean Carmet
34:45et nous fait visiter cet hôtel
34:46et Jean Carmet
34:47adorait tout ce qui était laid
34:49et il a dit
34:50mais comme c'est merveilleux
34:52en voyant la suite
34:52Maurice Chevalier
34:53la suite Miss Tinguette
34:54cette suite totalement surréaliste
34:56à tel point que le patron
34:58l'a cru
34:58et l'a remercié
34:59l'hôtel a disparu
35:00quelques mois plus tard
35:01ah oui oui
35:02il est resté très très peu de temps
35:03vraiment très peu de temps
35:04et puis il y a eu aussi
35:05il y a eu la Formule 1
35:06et là vous êtes
35:07en train d'un Formule 1
35:08là aussi ça a été autre chose
35:09ah oui
35:09la Formule 1 c'est juste
35:10mais voilà
35:11la Formule 1 je trouve
35:12c'est vraiment
35:14le signal
35:15du destin quand même
35:16je suis
35:17j'ai un accident de voiture
35:18peu importe
35:19je prends un billet pour Rio
35:20parce que je sens que je travaille trop
35:21donc il faut que je reste
35:22et dans l'avion
35:23en classe économique
35:25à côté
35:26j'ai Philippe Alliot
35:28et Philippe Alliot
35:29qui était pilote de F1
35:30et je suis surpris
35:31de le voir en classe éco
35:32et il me dit
35:33non non
35:33vous savez
35:34il y a des gens qui payent
35:36et puis il y a des pilotes qui payent
35:37puis il y a des pilotes
35:38qui sont payés
35:39puis il y a des pilotes
35:39qui équilibrent
35:40mais si vous voulez
35:41je vous invite
35:41à un Grand Prix de F1
35:42moi j'avais absolument
35:43rien à faire du Grand Prix de F1
35:45mais je suis à ce moment-là
35:47sur une pharmacie
35:48qui est très importante pour moi
35:49qui est la pharmacie
35:51du Polygone à Montpellier
35:52et le pharmacien
35:53est fou de F1
35:54et à ce moment-là
35:55je dis
35:55j'appelle Philippe Alliot
35:57je dis
35:57il faut m'organiser le truc
35:58tu m'as proposé de venir
35:59je vais venir avec un pharmacien
36:00et donc
36:01on va
36:02dans une circonstance
36:05absolument démente
36:06mais quand j'arrive
36:07j'ai ce qui s'appelle
36:08des places
36:09des passes pitlane
36:10c'est-à-dire que Philippe
36:11m'a fait des passes
36:12comme si on était sa compagne
36:14son frère et sa mère
36:15et donc on a pu être
36:16au plus près
36:17et j'ai vu
36:18l'effet de cela
36:19sur mon pharmacien
36:21qui m'a finalement donné
36:22son chantier
36:22c'était une des plus grosses
36:23pharmacies de France
36:24et qui m'a permis ensuite
36:25de faire de très grosses pharmacies
36:27et là
36:27j'ai eu une chance incroyable
36:29mais vraiment incroyable
36:30parce que
36:30j'ai pu rencontrer
36:32Patrick Tambet
36:32qui est un ami d'enfance
36:33et là
36:34j'ai pénétré
36:35le milieu de la F1
36:35d'une façon démente
36:37vous le racontez
36:38dans son livre
36:39qu'on va évoquer
36:40à travers la date
36:41de sa sortie
36:41le 17 septembre 2026
36:43à tout de suite
36:44sur Sud Radio
36:45avec Pierre Bauton
36:46Sud Radio
36:47les clés d'une vie
36:48Jacques Pessis
36:49Sud Radio
36:50les clés d'une vie
36:51mon invité
36:51Pierre Bauton
36:52depuis le début
36:53de cette émission
36:54nous évoquons
36:54votre parcours
36:55à travers des anecdotes
36:56qui figurent dans ce livre
36:58hasard ou destin
36:59ma putain de vie
37:00chez Robert Laffont
37:01alors c'est un livre
37:03confession
37:03c'est-à-dire que
37:04on connait votre vie
37:05on sait tous les malheurs
37:06que vous avez eues
37:07et vous avez choisi
37:08de tout raconter
37:09dans un livre
37:09oui
37:11écoutez parce que
37:12d'abord j'ai la chance
37:14d'avoir des éditeurs
37:15qui me suivent
37:16un petit socle
37:18de lecteurs également
37:19qui me suivent
37:19et parce que
37:20à chaque fois
37:21les gens me disent
37:21merci d'écrire
37:23vraiment
37:24je crois que les gens
37:26aiment partager
37:27cette histoire
37:27qui est un peu
37:29incroyable quand même
37:30avec ses hauts
37:31ses bas
37:32je ne sais pas
37:33si vous imaginez
37:33ce que j'ai vécu
37:34dans la vie
37:35et je suis encore
37:36en face de vous
37:37avec des gens
37:38qui sont très agréables
37:40avec moi
37:41c'est une immense
37:42immense chance
37:43quand même
37:44il y a eu les hauts
37:45il y a eu les bas
37:45il y a eu je crois
37:46des séjours
37:47dans sept prisons
37:47différentes
37:48et vous êtes là
37:50aujourd'hui
37:50en racontant tout
37:51pour que
37:52effectivement
37:53la jeune génération
37:54ne suive pas
37:54votre exemple
37:55c'est comme ça
37:56d'ailleurs
37:56que ce livre est né
37:57j'ai la chance
37:58depuis 2022
38:00d'avoir une équipe
38:01de 10 jeunes
38:03autour de moi
38:03dans le sud
38:04de la France
38:04et c'est très marrant
38:06quand on est ensemble
38:07le soir au barbecue
38:08sur la plage
38:09ils me disent
38:10allez pyro
38:11encore une anecdote
38:12et je dis
38:12mais je ne sais pas
38:13ce que vous trouvez
38:14dans ces anecdotes
38:15et ils me disent
38:15d'abord ça nous fait rêver
38:16et ensuite
38:17tu nous dis toujours
38:20ce que tu n'aurais pas dû faire
38:22et c'est un peu ce que je fais
38:23à la fin de chaque chapitre
38:24j'explique
38:25voilà
38:25il y a une chose de sûre
38:27je n'aurais pas dû toucher
38:28à la politique
38:28mais si vous voulez
38:30à chaque fois
38:31je dis
38:32peut-être
38:32là j'aurais dû faire autrement
38:34et je pense que les choses
38:36se seraient déroulées différemment
38:38et vous dites
38:39Pierre Bouton
38:39dans ce livre
38:40que vous êtes allé
38:41dans l'excès
38:42en permanence
38:42en permanence
38:44et pourquoi ?
38:45je ne sais pas
38:46parce que
38:48peut-être pour être
38:50sûr de tout vivre
38:51ou peut-être
38:52à la recherche également
38:53de la chute
38:53je ne sais pas
38:54franchement je ne sais pas
38:55aujourd'hui
38:57je suis devenu
38:58très très croyant
38:59puisqu'on a la chance
39:00d'avoir accueilli le pape
39:01il y a quelques jours
39:03et aujourd'hui
39:05ma foi en Dieu
39:07a enlevé
39:08cet excès
39:10mais également
39:11peut-être
39:11parce que j'avais le sentiment
39:12qu'il fallait
39:13que j'aille jusqu'au bout
39:14pour être sûr de réussir
39:15on n'est jamais sûr de réussir
39:16c'est-à-dire que vous avez
39:17énormément travaillé
39:18ce qu'on sait peu
39:19mais ça vous a conduit
39:21à des moments très difficiles
39:22à très très difficiles
39:23oui mais
39:24de toute façon
39:25en fait
39:25il y a une phrase
39:26qui dit
39:27la chance ouvre la porte
39:28et le travail
39:30vous permet de rester
39:31dans la pièce
39:31dans la pièce
39:32et ça c'est vrai
39:33et vous vous êtes retrouvé
39:34pris dans un tourbillon
39:35notamment lorsque vous avez
39:36fréquenté professionnellement
39:37des gens
39:38pour qui l'argent
39:39ne comptait pas
39:39je pense à ce Libanais
39:40qui un jour
39:41vous demande
39:42de refaire
39:43la chambre d'enfants
39:44ce qui était au départ
39:45totalement fou
39:46parce que la chambre d'enfants
39:47c'était un deux pièces
39:48oui mais c'est juste
39:49incroyable
39:49et ensuite
39:50il m'amène
39:50chez le ministre du pétrole
39:54et ensuite
39:55il m'amène
39:55chez Adnan Khashoggi
39:56que les gens ne connaissent pas
39:57aujourd'hui
39:58mais Adnan
39:59c'était le plus grand
40:00bateau du monde
40:01à l'époque
40:01la première fortune du monde
40:04c'était un bateau
40:05juste incroyable
40:06et j'ai
40:07vous voyez
40:08par cette sincérité
40:09peut-être
40:10que les gens aiment bien
40:11je crois
40:12j'ai appelé un jour
40:13Adnan
40:13qui était à Cannes
40:14donc on ouvre
40:15on était à Saint-Tropez
40:17nous
40:17on ouvre Nice matin
40:18il y avait écrit
40:19le plus grand bateau du monde
40:20est dans la baie de Cannes
40:21et la personne
40:23qui ouvre ça
40:24me dit
40:24tu vois Pierrot
40:24t'as encore un peu
40:25de soucis à te faire
40:27parce que
40:27toi t'es très loin
40:28d'avoir un bateau
40:29de 100 mètres
40:30et je dis
40:30oui mais est-ce que tu veux
40:31que je le fasse venir
40:32et j'appelle vraiment Adnan
40:33après plein plein de choses
40:35je l'avais vu
40:36comme je le raconte
40:36dans le livre auparavant
40:37et je lui dis
40:39voilà je suis amoureux
40:40d'une jeune femme
40:42est-ce que tu peux
40:44est-ce que je peux aller
40:44sur ton bateau
40:45il me dit oui
40:45et je lui dis
40:46est-ce que je peux te demander
40:47quelque chose
40:47dis-moi
40:48tu vas venir sur Saint-Tropez
40:50oui
40:50est-ce que tu peux venir maintenant
40:52et il me dit
40:53Pierre
40:53mais elle est très belle
40:54oui oui
40:55elle est très belle
40:55puis je suis surtout
40:56fou amoureux
40:57il me dit ok
40:58j'arrive
40:58et quand je suis arrivé
40:59je t'envoie
41:01un bateau
41:02pour venir dessus
41:03et il a été incroyable
41:05et je me retrouve
41:06sur ce très gros bateau
41:07et on était 12
41:08enfin c'est juste incroyable
41:09bateau sur lequel
41:10à Marbella
41:11c'est le bateau
41:13qui avait tourné
41:13dans James Bond
41:14dans un James Bond
41:14jamais plus jamais
41:16jamais plus jamais
41:17et vous savez pourquoi
41:17ce film s'intitule comme ça ?
41:18parce que Shane Connery avait dit
41:20je ne tournerai jamais plus jamais
41:21dans un James Bond
41:22et c'est pour ça
41:23qu'il a tourné ce film
41:24c'était incroyable
41:25et je me suis vraiment posé
41:27avec l'hélicoptère d'Anne
41:29sur ce bateau
41:29en fait je crois que sa fortune
41:31était estimée à 4 milliards de dollars
41:33et qu'il dépensait
41:34250 000 euros par jour
41:36en faux frais
41:36mais de toute façon
41:37ça ne comptait pas
41:38alors là je peux vous assurer
41:39que personne
41:40c'était hallucinant
41:42franchement c'était hallucinant
41:43c'est une chose
41:43qu'on ne peut plus imaginer aujourd'hui
41:45mais à l'époque
41:45vous aviez un hélicoptère
41:47un avion
41:47des voitures
41:48c'est une vie de fou
41:50Pierre Bouton
41:50comment tout ça ?
41:51Vous êtes en train
41:52dans une spirale infernale
41:54Non je crois que c'est
41:55vous savez quand vous n'avez pas
41:57la culture de l'argent
41:58et que vous pensez que
42:01je crois que l'argent
42:02n'était pas très important
42:03pour moi en fait
42:04ce qui était important
42:05c'était le partage
42:05encore aujourd'hui
42:06vous voyez
42:06là avec vous Jacques
42:07vous avez connu
42:09beaucoup
42:09vous avez connu
42:10Elie Barclay
42:10vous avez connu tout ça
42:12le partage
42:13est quelque chose d'important
42:14je crois que c'est vraiment ça
42:15le plus important
42:15alors parfois
42:16il faut de l'argent
42:17mais vous savez
42:18j'ai eu beaucoup de chance
42:19parce que
42:19quand j'étais en haut
42:20il y avait beaucoup de gens
42:21qui partageaient avec moi
42:22ça c'est évident
42:23mais quand je suis tombé
42:24j'ai eu beaucoup de gens
42:26autour de moi
42:26et encore aujourd'hui
42:27j'ai beaucoup de chance
42:28j'ai beaucoup de gens
42:29autour de moi
42:29et je pense que
42:31cette générosité
42:32cette sincérité
42:33je pense que
42:34les gens l'ont reconnu
42:35et me l'ont rendu
42:36vraiment
42:36Vous n'imaginez pas tomber
42:38Pierre Bouton ?
42:39Alors je vais être très honnête
42:41j'habitais Lyon
42:42et quand je prenais
42:43je partais avec ma voiture
42:44le matin à 4h du matin
42:45pour aller signer une pharmacie
42:46dans le sud de la France
42:47je passais devant
42:49les Lyonnais
42:52vos auditeurs
42:53qui ne sont pas français
42:54mais le propriétaire
42:55de la radio
42:56est Lyonnais
42:59je passais devant
43:00la prison Saint-Paul
43:00sur les quais
43:02et quand même
43:03une fois sur deux
43:05je disais
43:07voilà
43:09mais je ne pensais pas
43:09que ce serait comme ça
43:10en fait
43:10je ne pensais pas
43:12que je tomberais
43:13pour ce pour quoi
43:15je suis tombé
43:15je suis tombé
43:16pour avoir financé
43:17la carrière politique
43:17de mon beau-père
43:19mais je n'aurais jamais
43:21dû toucher à la politique
43:21je pense que
43:22si je n'avais pas touché
43:23à la politique
43:24je pense que les choses
43:24se seraient passées différemment
43:25Vous avez conseillé
43:26de ne pas toucher à la politique ?
43:28Oui ma femme
43:28ma femme Anne-Valérie
43:29la fille de Michel Noir
43:31qui m'avait clairement dit
43:33quand Michel m'a proposé
43:34d'être son directeur de campagne
43:36elle m'a dit
43:36Pierre n'y va pas
43:37elle m'avait vraiment
43:38vraiment conseillé
43:39vraiment
43:40je ne l'ai pas écouté
43:41parce que j'avais déjà
43:42engagé beaucoup d'argent
43:44parce que mon père
43:46m'avait dit
43:46que c'était un mauvais cheval
43:47et je voulais lui montrer
43:49que non
43:50qu'il pouvait gagner
43:51on a gagné d'ailleurs
43:52on a gagné Lyon
43:53d'une façon extraordinaire
43:54d'ailleurs Libération
43:55titrait
43:55ce qui m'avait rendu
43:56très furieux
43:57Michel Noir
43:59Libération avait titré
44:00le faiseur de mer
44:01avec ma photo
44:01et donc ça ne lui avait
44:03pas plu du tout
44:04et donc voilà
44:06c'est des erreurs
44:07vous savez
44:07je crois que c'est Mandela
44:08qui dit
44:08je n'échoue pas
44:09j'apprends
44:10moi j'apprends pas beaucoup
44:11je dois dire
44:12franchement j'apprends un peu
44:13mais pas tant que ça
44:14mais en plus
44:15vous êtes tombé plusieurs fois
44:16donc vous auriez dû apprendre
44:17oui oui
44:18alors la première fois
44:20si vous voulez
44:20je pense que je suis vraiment
44:21tombé pour
44:22voilà pour des raisons politiques
44:24la deuxième fois
44:25je pense que c'est mon combat
44:27pour les prisons
44:27en fait je comprends tout à fait
44:29que les gens
44:31comment dire
44:31les gens de l'administration
44:33pénitentiaire
44:33les magistrats
44:34et tout ça
44:35trouvent assez insupportable
44:37le fait qu'un ancien détenu
44:38puisse avoir accès
44:39comme ça
44:40à des prisons de la république
44:41à des ministres
44:42aux médias
44:43pour parler des conditions
44:44de détention
44:44et pour parler des prisons
44:45et je comprends
44:46que ça les énerve
44:48et parce que c'est vrai
44:49que moralement
44:50puisqu'on parle de morale
44:52je devrais me taire en fait
44:53mais non
44:53tout ce que j'ai vu
44:54je ne peux pas me taire
44:55et je pense que ça
44:56ça ne leur plaît pas
44:57et je pense qu'ils avaient
44:58pris la décision
44:59de me faire taire
45:00ce qui n'était pas très facile
45:01comme vous le voyez
45:02mais finalement
45:03vous en avez le sorti
45:04il n'y a pas encore
45:05des cauchemars
45:05de ces nuits en prison ?
45:09des cauchemars
45:09non
45:11aujourd'hui
45:11vous savez
45:12Jacques
45:12j'ai 71 ans
45:13ce qui me fait peur
45:14ce qui me fait peur
45:15c'est ce qui s'y passe
45:17c'est comment on lâche
45:20je ne veux pas ennuyer
45:21avec ça
45:21mais il y a 90 000 détenus
45:24et je crois
45:25qu'il y a 60%
45:26qui est récidive
45:27et on ne se rend pas compte
45:29que les prisons
45:29sont devenues
45:30une fabrique de criminels
45:31d'islamistes
45:32et que la France
45:33est très en danger
45:34à cause de ces prisons
45:35voilà
45:35mais c'est un autre
45:36c'est un autre sujet
45:38mais c'est un sujet
45:39que je n'abandonne pas
45:40et en même temps
45:41dans ce livre
45:42vous évoquez vos regrets
45:44il y a une chanson
45:45justement
45:45que j'ai retrouvée
45:46qui aurait pu être
45:47votre hymne
45:56On parlait de Francis Lopez
45:57qui s'occupe de Georges Guettari
45:59qui a interprété
46:00la valse des regrets
46:01sur une musique de Brahms
46:02je ne sais pas si vous connaissez
46:03ces chansons
46:03non je ne connaissais pas
46:04vous l'écoutez
46:04parce que c'est exactement
46:05les regrets qu'on peut avoir
46:06dans la vie
46:07et c'est vrai que vous avez
46:08des regrets
46:09et que vous les évoquez
46:11en toute franchise
46:11dans ce livre
46:12oui bien sûr
46:12bien sûr
46:12ce serait idiot
46:13de ne pas avoir de regrets
46:14bien sûr
46:16cette vie là
46:17est assez incroyable
46:18j'ai beaucoup de souvenirs
46:20mais
46:21vous voyez
46:22j'aimerais beaucoup
46:24je suis quand même
46:25dans la dernière partie
46:26de ma vie
46:26j'aimerais beaucoup
46:28essayer
46:28d'utiliser tout ça
46:30pour faire du
46:31du positif
46:32voilà
46:32pour rendre
46:33pour rendre aux gens
46:34j'ai rendu
46:35j'ai rendu
46:36mais je voudrais
46:36rendre au-delà de tout
46:38alors dans les moments
46:39fabuleux
46:40que vous avez vécu
46:41il y a ce jour
46:42où vous avez gagné
46:43le jackpot
46:43à Las Vegas
46:44incroyable
46:44ça c'est incroyable
46:46ça c'est juste incroyable
46:47il est 3h du matin
46:49je suis au César Palace
46:52Tina
46:52qui est ma compagne
46:53de l'époque
46:54est remontée ce coucher
46:55mais moi je suis un acharné
46:56je travaille sur tout
46:57j'ai la volonté
46:58tout le temps sur tout
46:59Henri Lackmann
47:00qui est l'ancien patron
47:01de Schneider Electric
47:02disait
47:03j'adore Pierre
47:03parce que quand on le met
47:04à la porte
47:06il passe par la fenêtre
47:06et donc je suis devant
47:08ma machine
47:08et là
47:107
47:107
47:117
47:13je gagne
47:14770 777 dollars
47:17aux Etats-Unis
47:18c'est juste incroyable
47:19c'est juste incroyable
47:21et je suis assez déçu
47:23parce que là
47:24il est 4h du matin
47:25donc les gens viennent
47:27et disent
47:28on a l'impression
47:30que je suis un truand
47:31que j'ai trafiqué la machine
47:33vraiment je suis surpris
47:34ils veulent inspecter la chambre
47:36enfin voilà
47:37et finalement
47:38je me retrouve avec Tina
47:39porté par 4
47:41c'est le César
47:42donc par 4 Romains
47:42au milieu d'un hôtel
47:45totalement vide
47:46mais totalement vide
47:47avec
47:48ayant gagné le jackpot
47:50moi en plus un étranger
47:52donc ça leur fait pas de pub
47:53et je gagne
47:54777 777 dollars
47:56et c'est fou
47:57parce que je me souviens
47:57de Jean Lefèvre
47:58joueur passionné
47:59qui a tout perdu au casino
48:00et même sa voiture
48:02un jour à Deauville
48:02il a gagné au loto
48:04un matin
48:04mais le goût jackpot
48:05et il ne l'a dit à personne
48:06parce qu'il y avait
48:07tellement de créanciers
48:08qu'il ne voulait pas
48:09que ça se sache
48:09alors je vais vous raconter
48:10une chose
48:11c'est que j'ai joué
48:11avec Philippe Bouvard
48:13à Beaulieu
48:14et Philippe il jouait
48:15d'une façon
48:15enfin à cette époque là
48:16on allait avec ses trolls
48:18qu'il avait
48:18bleu nuit
48:19et en fait
48:20il faisait ouvrir la table
48:21de blackjack
48:23il jouait un coup
48:25il gagnait
48:25il gagnait
48:26il partait
48:26il perdait
48:27il perdait
48:28et moi je l'ai vu
48:29gagner un coup
48:30on a ouvert
48:31il a joué une grosse somme
48:32il a gagné
48:33il est parti
48:34c'est comme ça
48:35qu'il faut jouer
48:36ouais
48:38ça c'est quand on n'est pas joueur
48:39quand on comprend
48:40quand on lit votre livre
48:41on comprend
48:42que vous avez fréquenté
48:43les maîtres du monde
48:44finalement Pierre Botton
48:45non
48:45non non
48:45les maîtres du monde
48:46c'est les présidents américains
48:47j'ai vu un jour
48:49les patrons du CAC 40
48:50oui oui ça oui
48:51oui bien sûr
48:52c'est quand même des gens
48:53qui décident pour tout
48:54dans l'ombre
48:56oui dans l'ombre ou pas
48:57oui oui
48:57mais encore aujourd'hui
48:58beaucoup me sont restés fidèles
49:00et je les en remercie
49:00vraiment
49:01vous avez un carnet d'adresses
49:02que peu de gens ont
49:03non je pense qu'il y a des gens
49:04qui l'ont
49:05non je pense que ce qui est assez
49:06très honnêtement je pense que
49:08ce qui est sidérant
49:09c'est être allé en prison
49:10à deux reprises
49:11et d'avoir toujours
49:13le même carnet d'adresses
49:14avec les gens qui répondent
49:15les gens qui vous parlent
49:16avec franchise
49:17qui vous disent non
49:18qui vous disent oui
49:19évidemment il y a des gens
49:20qui m'ont tourné le dos
49:21et pourquoi pas
49:22ils ont raison
49:22après tout
49:23je serais un ancien délinquant
49:27mais je reste avec des gens
49:28très très fidèles à mes côtés
49:30connus ou pas d'ailleurs
49:32des gens à qui vous avez offert
49:33du rêve
49:35oui peut-être que j'ai pris
49:36les risques qu'eux n'ont pas pris
49:38et qu'ils me regardent
49:39en disant un peu comme un ovni
49:41vous voyez
49:42comment il fait
49:43voilà je pense que peut-être
49:45que
49:45une vie
49:47comme vous l'avez dit
49:48d'excès
49:48et eux ont su s'arrêter
49:50à un certain moment
49:51c'est pour ça qu'ils sont
49:52là où ils sont
49:53et
49:54je pense qu'ils
49:56et puis une expérience
49:57incroyable quand même
49:58parce que vous savez
49:58c'est une très grosse expérience
49:59la plonge
50:00la prison
50:01la richesse
50:02retomber
50:03le combat
50:03un combat
50:04qui est un combat finalement
50:06humanitaire
50:06je veux dire
50:07vous voyez
50:07et reprendre
50:08et arriver à réunir
50:09beaucoup de forces
50:10donc c'est ça
50:10hasard ou destin
50:11vous le dites dans le livre
50:12à votre avis
50:13c'est le hasard
50:14je ne sais pas
50:15franchement je ne sais pas
50:15je ne crois pas que ce soit le hasard
50:17très honnêtement
50:18je ne crois pas que ce soit le hasard
50:19parce que le hasard
50:20ça peut être une fois
50:21mais autant de fois
50:22je ne crois pas
50:23je ne sais pas
50:24écoutez
50:24ce livre est sorti
50:26et maintenant Pierre Bauton
50:27l'avenir
50:27l'avenir c'est plein de projets
50:29c'est beaucoup de projets
50:30j'espère
50:31j'espère beaucoup
50:32j'espère pouvoir faire
50:33une fondation
50:34pour l'anorexie
50:36puisque j'ai perdu une fille
50:37de cette horrible maladie
50:38j'espère pouvoir vraiment
50:39changer
50:40les prisons françaises
50:42en faisant des
50:43que toutes les peines
50:44soient exécutées
50:45mais pas dans les conditions
50:45actuelles
50:46qui sont où
50:46les prisons sont
50:48des criminogènes
50:48et puis
50:50voilà
50:50et puis j'espère
50:51je veux dire
50:52c'est quelque chose
50:53qui est fou Jacques
50:53j'ai 71 ans
50:55mais j'espère
50:56quand même
50:57avoir le droit
50:57à une dernière partie
50:59qui est lancée
51:00à un dernier succès
51:02et cette fois-ci
51:03quand même
51:04faire un peu différemment
51:05c'est ce que je vous souhaite
51:07et que vous viendrez raconter
51:08dans les crises d'une vie
51:08en attendant
51:09il y a ce livre
51:10d'une grande franchise
51:11cette confession
51:12hasard ou destin
51:13ma putain de vie
51:14chez Robert Laffont
51:15merci de l'avoir écrit
51:16et merci de votre franchise
51:17et de cette joie de vivre
51:19qui est la vôtre
51:20Pierre Bauton
51:21merci Jacques
51:21merci les clés d'une vie
51:23c'est terminé pour aujourd'hui
51:24on se retrouve bientôt
51:25restez fidèles
51:25à l'écoute de cette radio
51:26ciao
51:26ciao
51:26ciao

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