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Pierre Lellouche, ancien ministre et spécialiste des questions internationales, nous éclaire sur l’actualité de la semaine dans #FaceAPierreLellouche, tous les jeudis à 16h30, présenté par Pierre de Vilno.

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Transcription
00:00Face à Pierre Lelouch, comme tous les jeudis, bonjour Pierre.
00:03Bonjour à vous Pierre.
00:04Ravi de vous retrouver.
00:05Quelques images avant d'évoquer l'actualité internationale.
00:09Ce sont les images, nous sommes devant le commissariat de Saint-Denis
00:14où vous avez, après une manifestation du côté d'Aubervilliers, de lycéens,
00:19on sait que cette journée devait être une journée de mobilisation, il n'en a rien été,
00:23mais il y a eu quelques manifestations.
00:25Il y a eu HEC, le blocage partiel du campus d'HEC sur le plateau de Saclay.
00:31Et là, vous avez des personnels de l'éducation nationale qui sont devant le commissariat de Saint-Denis
00:38qui dénoncent ce qu'ils appellent les violences policières et qui prennent la défense des lycéens.
00:42Nous y reviendrons dans les prochaines éditions de CNews.
00:48Et bien sûr, si quelque chose arrive, Pierre Lelouch, on va parler de Donald Trump.
00:51Donald Trump qui a conclu un accord avec la Russie sur le gasoil, ce que vous appelez la paix du
00:58gasoil,
00:59et qui maintenant a fait vraiment un revirement en ce qui concerne Volodymyr Zelensky.
01:04Je vous propose d'écouter Donald Trump, c'était dimanche devant la Maison-Blanche.
01:08Je suggère qu'il se dote d'un nouveau dirigeant capable de conclure un accord,
01:12car il aurait pu en conclure beaucoup.
01:14Mais pour une raison ou une autre, il ne le fait jamais.
01:17Et permettez-moi d'aller plus loin.
01:19Si j'étais président, cette guerre n'aurait jamais eu lieu.
01:21Elle n'aurait jamais commencé.
01:23Il n'y avait aucune raison pour que cette guerre entre l'Ukraine et la Russie éclate.
01:27Elle a commencé à cause de l'incompétence.
01:29Elle n'aurait jamais dû avoir lieu.
01:31Elle n'aurait jamais dû avoir lieu.
01:34J'écris tout un livre pour dire ça.
01:36En grenage ?
01:36Oui.
01:37En grenage qui fait...
01:38En grenage démontre que cette guerre aurait pu vraiment être évitée.
01:41Enfin, en tout cas, là, c'est un revirement de taille.
01:43Alors là, il vient de faire preuve d'une dureté incroyable.
01:48De Gaulle disait que les grands pays n'ont pas d'amis, n'ont que des intérêts.
01:52Il vient de le démontrer d'une façon très, très violente.
01:54C'est-à-dire que, d'un seul coup, il dit que Zelensky devrait partir.
01:58Deuxièmement, il explique que j'ai dit à Zelensky, il fait ce qu'il veut avec les Russes,
02:01mais attention, il ne touche pas aux raffineries.
02:04M. Trump a des élections dans trois semaines.
02:07Ça se passe mal.
02:08L'essence est trop chère.
02:09Et par un coup de passe-passe assez extraordinaire,
02:12il est en train de dire que c'est à cause de l'Ukraine
02:14et des raffineries russes qui sont explosées par les Ukrainiens
02:17que les Américains vont monter de gasoil.
02:20En réalité, il manque de gasoil parce que, aussi, M. Trump,
02:23il a démarré une guerre en Iran dont il ne sait pas comment s'extraire.
02:27Le résultat, c'est que les Occidentaux sont pris dans cette tenaille
02:31pas d'essence russe, pas d'essence iranienne.
02:34Donc, là, qu'est-ce qu'il dit ?
02:36On arrête tout, on lève les sanctions.
02:38Et Zelensky qui répond, je me sens vraiment trahi,
02:41mais c'est un peu plus compliqué que juste mes émotions ou sentiments.
02:44Il ne s'agit pas de moi, mais de la survie de mon pays.
02:48C'est énorme ce qui se passe.
02:49C'est franchement énorme.
02:50Il aura des conséquences majeures.
02:52Pour les Ukrainiens, c'est catastrophique.
02:54Parce que, non seulement il a dit ce qu'il a dit,
02:57mais surtout, il leur a coupé le sifflet.
02:59Il a coupé Starlink, qui est quand même le système de communication des missiles
03:04qu'envoient les Ukrainiens.
03:06Un méga problème.
03:08Deuxième problème, ils n'ont pas d'intercepteurs.
03:11Donc, les villes ukrainiennes sont massacrées tous les soirs.
03:14C'est très compliqué de fonctionner sans intercepteurs
03:18et sans téléphone, sans Starlink.
03:20C'est pour ça qu'il va demander à l'Union européenne,
03:23à nouveau, de l'aide, et justement, peut-être,
03:25de l'aide militaire sur ces liaisons.
03:27Et alors, nous, on va se retrouver maintenant
03:29dans une situation très compliquée.
03:31Parce que, ce qu'a fait Trump,
03:34c'est de casser totalement l'alliance avec les Européens.
03:38Je rappelle qu'au début de cette guerre,
03:40avant même qu'elle n'éclate,
03:41Biden avait dit, si jamais les Russes bougent,
03:44nous ferons les sanctions les plus dures de l'histoire.
03:47L'excellent Bruno Le Maire, rappelez-vous,
03:49vous avez dit, on va les mettre à genoux, les Russes,
03:51avec les sanctions.
03:52Aujourd'hui, il y a des élections aux Etats-Unis,
03:55on arrête les sanctions.
03:56Trump, il dit, moi, je lève les sanctions,
03:58envoyez-moi votre pétrole, on fait la paix.
04:01Le problème, c'est que les Européens sont sur une autre ligne.
04:04Et vous avez M. Macron,
04:05qui, lui, continue d'arraisonner des pétroliers russes
04:08au fin fond de...
04:09Les fameuses flottes fantômes.
04:10Voilà.
04:11Et donc, on est dans un truc complètement ubuesque,
04:14où les deux rives de l'Atlantique
04:16ont complètement divorcé sur cette affaire.
04:19Les Ukrainiens vont payer les pots cassés,
04:21mais nous aussi, parce qu'il va bien falloir qu'on décide
04:24si on peut ou pas, et comment aider,
04:27continuer à aider les Ukrainiens,
04:29avec des gouvernements qui sont désargentés,
04:33qui sont impopulaires.
04:36Ça va être très compliqué.
04:37Mais comment est-ce qu'on intervient, nous,
04:39c'est-à-dire les Européens,
04:40et peut-être aussi les Américains,
04:42en reprenant du pétrole
04:45et du gaz, aussi, russes,
04:47parce qu'il y a des accords qui sont toujours là,
04:49je crois...
04:50De moins en moins.
04:51De moins en moins.
04:51De moins en moins.
04:52Et Poutine, qui, dernièrement,
04:55s'arroge le droit de mettre la mainmise
04:57sur des compagnies occidentales.
04:59On a vu, ces dernières semaines,
05:01que telle ou telle société,
05:02qui est dirigée par un Allemand, un Irlandais,
05:04etc.
05:05Maintenant, c'est en réponse aux sanctions européennes,
05:10eh bien, c'est la mainmise de la Russie.
05:11Il est clair que Poutine se sent à la fois plus fort
05:14grâce à Trump,
05:15et puis surtout,
05:17il a envie d'envoyer la menée de sa pièce
05:19à ceux qu'il considère comme des États inamicaux,
05:21dont nous,
05:22dont la France.
05:24Donc, quand on aide, naturellement,
05:25les Ukrainiens militairement,
05:27il ne faut pas s'étonner
05:27s'il y a quelques conséquences derrière.
05:30Cela dit, pour l'instant,
05:30d'après ce que je sais,
05:32les entreprises françaises
05:34dont le roi Merlin et autres
05:36n'ont pas été nationalisées.
05:37Elles sont placées sous le contrôle,
05:38en attendant qu'il y a toujours
05:40des entreprises françaises en Russie.
05:42Il y avait un énorme business français en Russie,
05:44d'ailleurs.
05:45Donc, tout ça pour dire
05:46qu'on a changé de monde
05:47avec cette histoire,
05:49car les Américains
05:50viennent de signifier
05:51que le monde des gentils
05:55contre les dictateurs,
05:57ça s'arrête.
05:57Le partage du monde aujourd'hui,
05:59c'est l'argent et les intérêts
06:01de chaque État.
06:02Et on assiste, en fait,
06:03à un nouveau partage du monde
06:05entre les trois empires,
06:07l'Amérique, la Russie et la Chine.
06:09Et l'Europe, au milieu de tout ça,
06:11elle sert surtout de terrain
06:12d'affrontement commercial
06:14entre les Américains et les Chinois.
06:16Tout ce que les Américains bloquent
06:18avec les droits de douane aux États-Unis,
06:20les Chinois, nous le rebalancent en Europe.
06:22C'est pour ça que l'automobile européenne
06:25est en train d'être massacrée,
06:27les renouvelables aussi.
06:28Donc, il faut absolument
06:29que l'Europe réussisse à exister
06:32au milieu de tout ça.
06:34J'ai un peu peur
06:35qu'on n'en prenne pas vraiment le chemin.
06:36On n'est pas très organisé pour ça.
06:40On a envoyé le commissaire au commerce
06:42en Chine pour expliquer
06:44que vraiment, ça devait arrêter
06:45sur les voitures hybrides chinoises.
06:48Les Chinois, ils ont l'habitude,
06:49ils savent très bien
06:50qu'on n'a pas les moyens de rétorsion.
06:54Ensuite, il y a une réunion...
06:55Peut-être au niveau des équipementiers.
06:56Les équipementiers,
06:57c'est encore, j'allais dire,
06:59le dernier bastion de la filière automobile.
07:01Christophe Périal, patron de Valeo,
07:03dit souvent,
07:03il faut qu'on collabore avec les Chinois
07:06parce que nous, les équipementiers,
07:07on a encore le savoir-faire.
07:09On peut encore leur vendre ça
07:10jusqu'au jour, bien sûr,
07:12ne soyons pas naïfs,
07:14où ils auront copié
07:15comme ils ont tout copié,
07:16y compris les avions.
07:17On va bientôt avoir les avions chinois
07:18qui sont des ersatz du 737 de Boeing
07:21ou du A320 d'Airbus.
07:24Bien sûr,
07:24puisqu'on a décidé de les construire sur place.
07:26Idem pour le nucléaire.
07:28Les flamandvilles
07:29qu'on a tellement de mal
07:30à faire marcher en France,
07:31on a opéré deux,
07:33deux OPR en Chine
07:34que j'ai été visiter à l'époque.
07:35Et puis, ça va aller très vite
07:36parce que les Chinois
07:37font tout très vite.
07:38Souvenez-vous, pendant le Covid,
07:39ils ont construit des hôpitaux
07:40en dix jours.
07:41C'est ça.
07:41Le monde entier,
07:43on parlait juste avant
07:44que vous veniez
07:44de la place de la Concorde
07:45où on démonte
07:46plus ou moins
07:48le grand dôme
07:49qui accueillait le Saint-Père.
07:51Ça a mis trois semaines.
07:53Et là, en dix jours,
07:54on avait des hôpitaux entiers
07:55qui étaient là
07:56pour accueillir.
07:57En Chine,
07:57il ne faudrait même pas deux jours
07:58pour monter et démonter l'opération.
08:00On parlait de l'Europe.
08:01Alors, l'Europe,
08:01elle est mouvante aussi,
08:02politiquement,
08:03parce qu'il y a des élections
08:04en ce moment.
08:04Alors, là,
08:05il se passe quelque chose
08:06de très marrant aussi en Europe.
08:07C'est qu'entre maintenant,
08:09c'est-à-dire à la fin du mois d'octobre,
08:10il y a une élection en Bulgarie.
08:12Puis en novembre,
08:12il y aura celle
08:13qui a été décidée en Espagne.
08:15Entre maintenant
08:17et décembre de l'année prochaine,
08:192027,
08:20il va se passer
08:21dans huit pays,
08:22huit,
08:22donc quatre gros,
08:24des élections majeures,
08:25présidentielles,
08:26surtout législatives
08:27et présidentielles.
08:28Donc, il y a,
08:29parmi les pays concernés,
08:30il ne faut pas que j'en oublie,
08:31la Pologne,
08:32l'Estonie,
08:33la Finlande,
08:34la Grèce,
08:34la Slovaquie.
08:36Trois élections locales
08:37majeures en Allemagne
08:38qui vont décider
08:38de la survie
08:39du chancelier Merz
08:40qui est en pleine difficulté.
08:43Et puis,
08:43l'élection présidentielle
08:45et législative française.
08:46Alors,
08:46ce qui est intéressant
08:47outre ce marathon électoral
08:50qui est devant nous,
08:51c'est le fait
08:52que tout ça
08:53est en train de basculer
08:54à droite,
08:55très fortement,
08:56voire très à droite.
08:57Et on est dans un rapport
09:00qui est complètement différent
09:01de ce qui se passait
09:03il y a 25 ans
09:04où,
09:05à l'époque,
09:05il y avait 15 pays.
09:07Sur les 15 pays,
09:0811 étaient dirigés
09:09par les socialistes.
09:10C'était la gauche.
09:11C'était l'époque
09:12où il y avait
09:13Schröder,
09:14Blair et Jospin
09:15et que tout ça
09:16fabriquait,
09:17soit disant,
09:17une troisième voie
09:19de gauche.
09:20Tout ça est totalement
09:21oublié aujourd'hui.
09:22On est dans un monde
09:24beaucoup plus anxiogène
09:26avec les guerres,
09:27avec les conséquences
09:28de la mondialisation,
09:29le chômage,
09:30la précarisation des gens
09:32et l'immigration
09:33et les conséquences
09:34de l'immigration.
09:35Donc,
09:36vous avez maintenant
09:36un durcissement politique
09:38un peu partout
09:39et même de plus en plus.
09:41Par exemple,
09:41le parti polonais
09:43qui était au pouvoir,
09:44le justice,
09:45le peace,
09:46s'est séparé en trois
09:48qui sont devenus
09:48d'ailleurs très,
09:49très, très à droite
09:50dont un totalement antisémite.
09:53En Italie,
09:54Mme Méloni,
09:55qui n'est quand même
09:56pas centriste,
09:57elle a sur sa droite
09:58un général
09:59qui fabrique
10:00un nouveau parti
10:01qui s'appelle
10:03l'Avenir de l'Italie
10:04qui est encore plus
10:05à droite qu'elle.
10:06En Espagne,
10:07on va assister
10:08à la fusion
10:10entre Vox
10:11et le Parti de Popula
10:12pour remplacer
10:14huit ans de socialisme.
10:16Alors,
10:16évidemment,
10:17le cauchemar
10:18des européistes,
10:20des Ursula von der Leyen,
10:21c'est de voir arriver
10:22au pouvoir
10:23en même temps
10:24des Polonais,
10:26des Français,
10:27des Espagnols,
10:28des Italiens,
10:29tous à droite
10:30avec des connexions
10:31qui ne pensent pas comme elles,
10:33qui ne pensent pas comme elles,
10:34qui sont plutôt nationalistes.
10:35Et qui sont surtout
10:36anti-establishment,
10:37c'est-à-dire
10:38qui sont contre
10:38cette politique
10:39un peu molle
10:41de la technocratie
10:42qui a été menée
10:43en Europe
10:43depuis tout ce temps.
10:44Oui,
10:44et qui veulent des choses
10:45sur l'immigration,
10:46qui veulent,
10:47comme Marine Le Pen,
10:48hier,
10:49à Bruxelles,
10:50elle est allée à Bruxelles
10:50pour dire
10:51« moi je ne paye plus
10:5231 milliards,
10:53c'est beaucoup,
10:55la cotisation française
10:56à l'Union européenne,
10:57c'est 31 milliards d'euros
10:58par an. »
10:59Elle a aussi dit
11:00qu'on arrête
11:00de donner de l'argent
11:01à l'Ukraine.
11:02L'Ukraine,
11:03c'est l'autre sujet
11:04effectivement,
11:05clé.
11:05Si les majorités politiques
11:07changent en Europe,
11:08on va avoir
11:08un autre son de cloche
11:10moins favorable
11:11à ce que cherche
11:12M. Zelensky.
11:13Zelensky se présente
11:15comme le sauveur
11:16de l'Europe.
11:16Vous devez payer,
11:18vous devez m'aider,
11:18je me bats,
11:19mon peuple meurt
11:20à votre place.
11:22Bon,
11:22moi j'ai toujours pensé
11:23que ce n'était pas ça
11:25l'histoire,
11:25mais peu importe.
11:27Ah non,
11:27pas peu importe,
11:28c'est votre...
11:28Non, moi ce que je crois
11:30c'est qu'on...
11:30Je ne suis pas sûr
11:30que vous soyez le seul
11:31à penser ça.
11:32On s'est embarqué
11:33dans cette histoire
11:33pour l'excellente raison morale.
11:36La fleur au fusil
11:37mais sans le fusil.
11:39C'est très bien
11:40sur le plan moral.
11:41Simplement,
11:42quand on donne
11:43300 milliards d'euros
11:44en 5 ans,
11:45ce serait bien
11:46de savoir où on va,
11:47de piloter cette guerre.
11:49Oui,
11:50puis de faire une traçabilité
11:52de l'argent.
11:52On sait très bien
11:53qu'il y a de la corruption.
11:54En plus,
11:54il y a de la corruption.
11:55On sait qu'il y a des armes
11:56qui sont revendues.
11:56C'est quand même particulier.
11:58Il y a eu un ministre
12:00ou même deux ministres
12:01qui ont été incriminés
12:02dans le gouvernement
12:03de Volodymyr Zelensky
12:05et il aurait dû y avoir
12:07des élections aussi,
12:08accessoirement.
12:08Oui, bon,
12:09les élections,
12:09le pays attend de guerre.
12:11Ce n'est pas possible
12:11mais c'est vrai
12:12qu'il y a des problèmes
12:12de corruption majeurs
12:14en Ukraine
12:14mais depuis toujours.
12:15Depuis la naissance
12:16de ce pays,
12:17il y a 30 ans,
12:17j'y étais.
12:18C'était un problème permanent.
12:20Là, avec la guerre
12:21et puis des flots
12:22de dollars qui arrivent,
12:23c'est très compliqué.
12:25Un article récent
12:26du New York Times
12:26dont j'ai parlé
12:27montre que,
12:29par exemple,
12:30tous les contrats
12:31passent par des intermédiaires
12:32qui prennent entre 3 et 5%
12:34au passage.
12:35Sur l'argent européen ?
12:36Sur l'argent européen.
12:38Celui des contribuables,
12:39accessoirement.
12:40Voilà, rappelons-le.
12:40Et donc, par exemple,
12:42en 2024,
12:43d'après un lanceur d'alerte
12:45ukrainien
12:46qui a fait passer
12:47700 pages de documents
12:48à la presse américaine,
12:50donc ce n'est ni
12:51le New York Times
12:51ni moi,
12:52ce sont des lanceurs
12:53d'alerte honnêtes
12:54en Ukraine
12:55qui disent
12:55nous, on nous a piqué
12:571,1 ou 1,4 milliard de dollars
13:01qui ont été dérobés
13:02en 2024
13:03sur les contrats d'armement.
13:05Donc, c'est compliqué
13:06pour Zelensky,
13:08pour le peuple ukrainien,
13:09mais il faut que cette affaire
13:11s'arrête
13:11et là-dessus,
13:13la difficulté,
13:14c'est que Zelensky
13:15est en train,
13:16dit qu'il veut prendre
13:17un otage.
13:18Alors, il a repris
13:19les bombardements
13:19sur les raffineries,
13:20donc ça va se tendre
13:21encore plus.
13:22Les raffineries russes.
13:23Russes.
13:23Donc, si les raffineries russes
13:25sont bombardées d'un côté
13:26et que de l'autre,
13:27l'Arabie saoudite,
13:29les champs pétroliers
13:30sont attaqués
13:31et par les Houthis
13:32et par les Iraniens,
13:33on va avoir
13:33un méga problème énergétique
13:36et M. Trump
13:37n'a pas totalement
13:39tort de dire
13:40qu'il y a un sujet
13:41sur ces questions.
13:42Il n'y a personne
13:43au sein de l'Europe
13:44qui dit à Zelensky
13:45qu'il faut arrêter
13:45de bombarder les raffineries.
13:46Personne.
13:47Personne ne dit ça
13:48et au contraire,
13:49on en rajoute.
13:50M. Macron en rajoute
13:51en disant
13:52moi j'arrête
13:52les pétroliers russes
13:54fantômes,
13:55on va continuer l'effort.
13:56Mais la question,
13:57moi je veux bien tout ça,
13:58mais c'est quoi le but ?
14:00C'est quoi le but de guerre ?
14:02Quand on fait la guerre,
14:03quand on met autant...
14:03Il y a un but de guerre,
14:04je suis d'accord.
14:04Comme un plan de bataille.
14:05On s'arrête où ?
14:07C'est quoi ?
14:07Donc on continue,
14:08mais on continue quoi ?
14:09Si l'idée c'est que Poutine
14:11va changer de politique,
14:13on se trompe.
14:13Si on pense
14:14qu'il faut renverser Poutine,
14:16alors il faut me dire
14:17qui va le remplacer
14:17et si celui qui remplace
14:20sera un démocrate,
14:21je crains fort
14:22que ce soit encore pire.
14:23Donc il y a un moment
14:24où il faut peut-être
14:25s'arrêter, réfléchir
14:26et dire...
14:27Composer avec ce qu'on a.
14:28Quels sont les compromis
14:30territoriaux
14:30qu'il faut avoir
14:31et puis se donner du temps.
14:33Vous savez, regardez
14:34ce qui s'est passé
14:35avec l'Allemagne.
14:36En 1945,
14:37l'Allemagne était détruite
14:38et coupée en deux.
14:39Pendant très longtemps,
14:40une partie était
14:41sous la botte de Staline,
14:43une autre du côté occidental.
14:44À la fin de la journée,
14:46le modèle occidental
14:46a fonctionné
14:47et les deux Allemagnes
14:49sont réunifiées.
14:49Moi, je crois
14:50qu'une bonne paix
14:52qui permet à l'Ukraine
14:53de se reconstruire,
14:54de sortir de ce désastre,
14:56tout est cassé en Ukraine.
14:57C'est tragique.
15:00Donner une possibilité
15:01à ce pays
15:01de se reconstruire
15:03et de montrer
15:04que ça réussit,
15:05c'est la seule façon
15:06demain de réunifier
15:07les territoires
15:08qui sont aujourd'hui perdus
15:10et que militairement,
15:11l'Ukraine ne peut pas reprendre.
15:13C'est là-dessus
15:14que je n'arrête pas
15:15de dire la même chose
15:16depuis la fin de 2022.
15:18Il n'y a pas que moi d'ailleurs,
15:19le chef d'état-major américain
15:21à l'époque,
15:21tout le monde disait
15:22militairement,
15:23l'Ukraine ne peut pas
15:24reconquérir des territoires
15:25perdus en Ukraine
15:26et dans le domaine.
15:27Mais est-ce que cette nouvelle Europe,
15:29c'est-à-dire celle
15:29des nouvelles élections
15:31qu'ils vont avoir,
15:32qu'est-ce que vous pensez ?
15:33Alors, vis-à-vis de l'Ukraine,
15:34c'est une chose.
15:35Qu'est-ce que ça pourrait être
15:36comme coalition
15:37avec ou sans l'Ukraine
15:38ou pour la soutenir
15:39mais peut-être
15:39la soutenir autrement ?
15:41Et deuxièmement,
15:43est-ce que c'est une Europe
15:44des souverainetés
15:45et donc des entités nationales
15:47ou est-ce que c'est donc
15:48une Europe
15:48qui va se décomposer
15:50ou est-ce que c'est une Europe
15:50qui va s'unir justement
15:53mais avec une autre façon
15:54peut-être un peu moins
15:55technocratique de pensée ?
15:56Voilà, moi, ce que je souhaite,
15:58franchement, depuis longtemps,
15:59parce que je connais,
16:00j'ai été aux charges
16:01des affaires européennes,
16:02malheureusement,
16:02c'est une machine molle
16:03qui avance, qui avance,
16:05qui fabrique de la norme.
16:06On ne sait pas vers quoi,
16:07d'ailleurs.
16:08C'est de plus en plus envahissant,
16:10pas très efficace.
16:13Ce que je souhaite,
16:14c'est que les États
16:15reprennent le contrôle
16:15de la Commission,
16:16qu'on soit dans un système
16:18de confédération
16:20où les décisions sont prises
16:21par les États
16:22et qu'on n'est pas
16:24une Madame von der Leyen
16:25qui se positionne
16:26en chef de guerre,
16:27elle n'en a pas
16:28les compétences,
16:29qui nomme un ministre
16:30de la Défense polonais
16:31qui n'existe pas
16:32dans les traités.
16:33Il faut voir les dérapages
16:35auxquels on a assisté
16:36à cause de cette guerre.
16:37Donc, oui,
16:38il faut rebâtir,
16:40non pas sortir de l'Europe,
16:41mais faire quelque chose
16:42qui soit plus proche
16:43des peuples,
16:43donc des États.
16:44Et c'est plus
16:45une confédération,
16:46autre chose.
16:46Vous avez fait référence
16:48aux élections présidentielles,
16:50à l'élection présidentielle
16:51en France.
16:51Regardez ce sondage,
16:53Pierre Lelouch,
16:54avec Marine Le Pen
16:55qui est donnée
16:56gagnante au premier tour
16:58et au second tour
16:59selon différentes,
17:02comment dirais-je,
17:03devant différents schémas.
17:0437%
17:04elle est en hausse
17:06de 5 points
17:07derrière
17:08Jean-Luc Mélenchon
17:10qui est en hausse également,
17:11Edouard Philippe,
17:11Raphaël Glucksmann,
17:12etc.
17:13Et au second tour,
17:15elle gagne
17:16à 68
17:17contre 32%
17:19dans l'hypothèse
17:20d'un second tour
17:21Marine Le Pen
17:22et Jean-Luc Mélenchon
17:23et elle gagne
17:25également face à
17:26par exemple
17:28Edouard Philippe,
17:2953 contre 47.
17:31Je vous rappelle
17:31que Marine Le Pen
17:32sera l'invité
17:33d'Objectif
17:34Élysée 2027
17:36ce soir
17:37autour de
17:37Laurence Ferry.
17:39Cette avance
17:39de Marine Le Pen,
17:41qu'est-ce qu'on peut en dire ?
17:43Qu'il est très tôt
17:44encore
17:44pour en tirer
17:45des conséquences.
17:46Oui, je l'entends bien.
17:48On est à 6 mois
17:48du premier tour.
17:49Quatre campagnes électorales
17:50auprès de
17:51Jacques Chirac
17:52et auprès de
17:53Nicolas Sarkozy.
17:55Ce que je peux vous dire
17:56c'est que ça se décante
17:57vers la fin janvier
17:58début février.
17:59Et là on rentre
18:00dans le money time
18:00pour utiliser un anglicisme.
18:02Et à ce moment-là
18:02on sait à peu près
18:03comment ça va sortir.
18:04Mais là
18:04c'est beaucoup trop tôt.
18:06Elle a une belle avance,
18:07tant mieux pour elle.
18:08Elle a le temps
18:09de préciser,
18:10de concrétiser,
18:11de convaincre encore.
18:13Parce qu'il y a quand même
18:14pas mal de doutes
18:14sur différents aspects
18:15notamment économiques
18:16de son projet.
18:17Sur l'Ukraine
18:18ce qu'elle aura à dire
18:19est très important
18:19parce que je pense
18:21que les choses vont bouger.
18:23Ils bougent déjà
18:24énormément côté américain.
18:25Donc il va falloir
18:27profiter de cette séquence
18:28pour essayer d'en finir
18:29avec cette guerre
18:29qui est atroce.
18:30Et bien justement
18:30on lui posera
18:31toutes les questions
18:32autour de Laurence Ferrari
18:32ce soir.
18:3421h objectif
18:35Élysée 2027
18:36avec Marine Le Pen.
18:37Merci beaucoup Pierre Lelouch.
18:37Et à la semaine prochaine
18:40dans un instant.
18:40C'est justement
18:41Laurence Ferrari
18:41que vous retrouvez
18:42pour Punchline.
18:43Merci.
18:44Merci.

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