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Élu au premier tour de la primaire de la gauche non-mélenchoniste, l’eurodéputé Raphaël Glucksmann (Place Publique) sort vainqueur d’un scrutin qui a mis en lumière de profondes divisions dans la famille sociale-démocrate. 


Direction de la rédaction : Nicolas Charbonneau - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Thibault Lambert, Antoine Gueguen-Georgeais et Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Photo : Jean-Baptiste Quentin/LP - Musiques : François Clos, Audio Network - Archives : France Info, LCI, BFMTV.

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Transcription
00:01Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:10Avec 66% des suffrages, Raphaël Glucksmann a remporté le 11 octobre la primaire social-démocrate pour la présidentielle 2027,
00:19primaire du PS mais aussi de place publique et d'un autre parti, la gauche républicaine et socialiste.
00:26La campagne aura souligné de profonds désaccords entre Raphaël Glucksmann et le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, qui était
00:34lui aussi candidat.
00:35Codesources revient sur cette primaire aujourd'hui avec deux journalistes du service politique du Parisien en charge de la gauche,
00:43Julien Dufay et Pierre Moret.
00:57Pierre, quelle est l'ambiance le dimanche 11 octobre dans la journée pour les entourages des cinq candidats à la
01:03primaire de la gauche social-démocrate ?
01:05En fait, il y a beaucoup d'incertitudes parce que la majorité des candidats et leurs proches ne connaissent pas
01:12exactement l'identité du corps électoral de la primaire
01:15et donc ne savent pas pour qui les électeurs qui se sont inscrits à cette primaire vont voter.
01:19Donc le dimanche, en fait, il y a un peu de tension évidemment mais il y a surtout de l
01:23'incertitude.
01:24On ne sait pas sur quoi va déboucher ce scrutin.
01:27Alors on va revenir à la fin de ce podcast sur les résultats de cette primaire.
01:31Mais d'abord, comme souvent dans Code Source, on commence par rappeler l'essentiel.
01:36Julien, l'organisation de cette primaire a donné lieu à de longs mois de négociations.
01:40Le premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure, lui, il avait quelle position sur cette idée ?
01:46En fait, Olivier Faure, pendant des mois, il va défendre une primaire ouverte
01:51donc qui n'est pas celle qui a finalement été organisée, qui est une primaire, il avait cette expression de
01:57François Ruffin
01:58donc l'ex-député insoumis à Raphaël Glucksmann, donc l'eurodéputé Place Publique.
02:02Il voulait embarquer dans cette primaire à la fois le Parti Socialiste mais aussi les écologistes de Marine Thondelier,
02:09les ex-insoumis, François Ruffin donc on l'a dit, mais aussi Clémentine Autain qui était candidate à cette primaire
02:17et puis par exemple les communistes, enfin ceux qui voudraient bien s'y agréger pour en fait, lui c'était
02:21son pari,
02:22embarquer toute la gauche non-mélenchoniste puisque LFI était déjà partie dans la bataille présidentielle
02:28et créer une sorte de souffle avec une primaire donc ouverte à tous les sympathisants de gauche.
02:34De son côté, Raphaël Glucksmann était contre l'idée d'une primaire ouverte à tous les partis de gauche
02:39et il a longtemps hésité à participer à une primaire. Pourquoi Pierre et quelles conditions il a posé ?
02:46Alors pourquoi ? Parce qu'en fait Raphaël Glucksmann il savait qu'une fois qu'il poserait le pied dans
02:51cette primaire,
02:52il serait la cible de tous ses concurrents. Donc il y avait un fort risque pour lui de sortir abîmé
02:58de ce processus de départage.
02:59Et donc pour limiter ce risque, Raphaël Glucksmann il a demandé à ce que cette primaire elle soit réduite
03:05aux adhérents de place publique son parti et du parti socialiste
03:09et il a accepté plus tard d'intégrer GRS, la gauche républicaine et socialiste,
03:16un petit parti emmené par le député Emmanuel Morel.
03:20Finalement la question a été tranchée par un vote des militants socialistes le 9 juillet
03:25qui se sont donc prononcés pour une primaire fermée.
03:28Il y aura 5 candidats à ce scrutin, les deux dont on vient de parler,
03:33Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, plus le député socialiste Jérôme Gage,
03:37Emmanuel Morel du petit parti la gauche républicaine et socialiste
03:41et l'ancienne finaliste PS de la présidentielle 2007, Ségolène Royal.
03:46Ségolène Royal qui lance une petite phrase contre Raphaël Glucksmann,
03:50Julien, le dimanche 20 septembre dans Libération.
03:53Oui, l'ex-finaliste de la présidentielle 2007 ne porte pas vraiment Raphaël Glucksmann dans son cœur.
03:59D'abord parce qu'il n'est pas socialiste, elle porte le patriotisme du parti socialiste.
04:04On s'en souvient, c'est quand même une fidèle de François Mitterrand.
04:08Et elle a des propos assez peu amènes en direction de Raphaël Glucksmann.
04:12Dans Libération, elle dit à propos de lui,
04:15vous ne mettez pas un stagiaire à la tête d'une entreprise,
04:18ce qui permet à la fois d'insister sur le manque d'expérience de Raphaël Glucksmann,
04:22mais aussi sur son expérience à elle.
04:23C'est toujours en comparaison qu'elle fait ce parallèle.
04:26Elle le décrit aussi, en dehors de cette interview, comme le foufou des médias.
04:30Elle a eu, dès le départ, une attitude très offensive.
04:34Pour diriger un pays, il faut déjà avoir un métier.
04:36Vous ne mettez pas un stagiaire à la tête d'une entreprise.
04:40Oui, c'est ça.
04:50Il y a une région pendant dix ans en faisant un laboratoire d'excellence environnementale.
04:55Trois débats télévisés sont organisés entre les cinq candidats.
04:58D'abord le 23 septembre sur LCI.
05:00Ensuite, le 1er octobre sur France 2 et France Inter.
05:03Et le troisième sur BFM TV, le dimanche 4 octobre.
05:07Alors, on ne va pas résumer ces trois débats aujourd'hui.
05:10Mais ils mettent en lumière des lignes de fracture entre les candidats.
05:13D'abord, Pierre, sur la question d'une éventuelle alliance avec la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon.
05:19Oui, il y a une forte confrontation sur cette question entre Raphaël Luxman et Jérôme Gage,
05:25qui sont tous les deux sur une position très anti-alliance avec LFI.
05:30Nous, nous avons retiré avec place publique nos candidats de toutes les listes
05:34qu'on fait cette union avec la France Insoumise.
05:36Et je vais te dire une chose, il n'y aura pas d'alliance aux législatives avec la France Insoumise.
05:42Et de l'autre côté, Olivier Faure, Ségolène Royal, voire Emmanuel Morel,
05:47qui, tous trois, n'exclut pas une alliance, en tout cas, au moins un appel aux électeurs insoumis.
05:53Alors, moi, je pense qu'il n'y a pas de gauche irréconciliable, en tout cas, il n'y a
05:57pas d'électeur irréconciliable.
05:58Et c'est comme ça que nous pourrons aussi, demain matin, mener une politique de gauche.
06:04D'un mot, quand on parle d'alliance potentielle, là, on parle d'un second tour à la présidentielle
06:08ou des législatives qui pourraient suivre la présidentielle ?
06:11Alors, c'est les deux questions, à la fois la question du second tour.
06:15Olivier Faure a d'ailleurs tenté de piéger Raphaël Luxman en lui posant la question
06:20de ce qu'il ferait en cas de second tour entre Mélenchon et Marine Le Pen.
06:24Mais évidemment, c'est la question des législatives,
06:27puisqu'il faut le rappeler quand même, mais aux deux dernières législatives,
06:30l'EPS a été allié avec la France Insoumise.
06:32L'autre point sur lequel les différences sont très nettes, c'est la guerre au Proche-Orient.
06:36Et les mots choisis pour évoquer les 73 000 morts, dont 21 500 enfants à Gaza.
06:42Bilan de la guerre qui a suivi l'attaque terroriste du Hamas du 7 octobre 2023,
06:47qui avait fait 1200 morts et 251 otages, là aussi en grande partie des civils.
06:54Oui, là aussi, en fait, on retrouve exactement le même clivage
06:57que sur la question des alliances avec LFI,
07:01puisque Raphaël Luxman et Jérôme Gage,
07:04évidemment, s'ils condamnent la guerre et ce qu'il se passe à Gaza,
07:08refusent d'utiliser le terme de génocide.
07:10Ton combat, là, c'est de nous faire utiliser un mot
07:13qui n'est pas celui employé par la Cour pénale internationale,
07:16qui parle de crime contre l'humanité,
07:18ce qui est en soi quelque chose que tu ne peux pas dire,
07:22euphémise la situation de crime contre l'humanité.
07:23Ce que ne font pas Ségolène Royal et Olivier Faure,
07:27qui, eux, justement, poussent Raphaël Luxman, notamment,
07:30à s'expliquer sur la non-utilisation de ce terme de génocide.
07:35Et donc, ils ont essayé, tout au long des débats,
07:37de le pousser dans ses retranchements sur cette question-là.
07:40Julien, concernant la société française ou l'économie,
07:43est-ce qu'il y a une ou deux idées fortes que l'on retient
07:46après ces trois débats télévisés et cette campagne ?
07:48C'est un peu le problème, c'est que les idées,
07:50il n'y en a pas beaucoup qui sont finalement développées,
07:54détaillées, une des rares idées qui a émergé
07:56et qui a suscité le débat entre les candidats,
07:58c'est une idée de Raphaël Glucksmann,
08:00c'est peut-être pas d'ailleurs anodin,
08:02c'est l'idée d'un rapprochement du salaire brut et du salaire net,
08:07on sait que c'est une question qui revient beaucoup en ce moment,
08:10via la baisse d'une partie de la CSG sur les salaires,
08:13donc la contribution sociale généralisée,
08:15et ça ce serait financé par une taxation sur les méga-héritages selon Glucksmann.
08:20Et ça c'est combattu notamment par Olivier Faure qui dit que c'est se baser sur une ressource très
08:26hypothétique,
08:27c'est reculer pour mieux sauter et surtout pour lui la hausse des salaires doit relever du patronat.
08:32Le mardi 6 octobre, les organisateurs de la primaire communiquent sur le nombre d'inscrits pour cette consultation
08:38est pour eux, c'est une bonne surprise.
08:40Oui c'est une bonne surprise parce que dans les prévisions les plus optimistes,
08:43on parlait de 80 000, 100 000 inscrits,
08:47ce qui était déjà pas très important,
08:50parce qu'il faut se souvenir quand même que les précédentes primaires du Parti Socialiste,
08:56celles qui restent dans les mémoires,
08:57c'est celles de 2017,
09:00c'était la primaire qui avait été remportée par Benoît Hamon,
09:03et il y avait plus de 2 millions de votants,
09:06et on ne parle même pas de celles de 2011 remportées par François Hollande,
09:09où au deuxième tour, il y avait eu 2 800 000 votants.
09:13Donc là, on est sur un ratio beaucoup plus faible.
09:16Alors finalement, les chiffres tombent quelques jours avant le premier tour,
09:19c'est 140 000 inscrits.
09:21Alors dans ces 140 000, on a, on l'a dit, les adhérents de Place Publique et du Parti Socialiste,
09:26mais aussi 80 000 sympathisants qui se sont inscrits et qui ont déboursé 15 euros,
09:31puisque c'était le tarif, et c'est ce qui a peut-être d'ailleurs été rédhibitoire pour beaucoup,
09:36qui ont déboursé ce tarif pour pouvoir voter à la primaire social-démocrate.
09:41On en revient au dimanche 11 octobre.
09:43Les entourages des 5 candidats ne savent pas à quoi s'attendre,
09:45on l'a dit au début de cet épisode de Code Source.
09:48Julien, pour le favori, Raphaël Luxman,
09:50quels sont les scénarios évoqués par son entourage ?
09:53Alors, le scénario de la victoire dès le premier tour,
09:56il est espéré par certains,
09:59mais il est quand même assez peu probable pour l'entourage de Raphaël Luxman
10:03dans les heures qui précèdent, les jours qui précèdent le premier tour de la primaire,
10:07parce qu'on a 5 candidats,
10:09on a eu une campagne où, par exemple, Ségolène Royal a pris la lumière,
10:13Olivier Faure a quand même mené le combat et engagé le duel,
10:17donc on se dit, bon, il faudra un deuxième tour.
10:20Par contre, ce qui était espéré, c'était quand même une nette différence
10:24entre le score de Raphaël Luxman et celui du poursuivre en direct,
10:28donc d'Olivier Ford, selon toute vraisemblance.
10:31Mais c'est vrai que miser sur une victoire dès le premier tour,
10:34ce n'était pas vraiment dans les plans des derniers jours de campagne de Raphaël Luxman.
10:38La soirée électorale est organisée dans une salle du 20e arrondissement, le Solaris.
10:43Peu après 18h, les résultats sont dévoilés.
10:45Raphaël Luxman, 79 613 voix, soit 66,13%.
10:53Raphaël Luxman remporte cette primaire avec un peu plus de 66% des voix,
10:5814,5 pour Olivier Faure, les trois autres sont tous sous les 10%,
11:03Ségolène Royal 7,6, près de 6% pour Jérôme Gage comme pour Emmanuel Morel.
11:09Pierre, tu es donc dans la salle du Solaris, que se passe-t-il à ce moment-là ?
11:13C'est quand même une surprise, parce que si tout le monde s'attendait à la victoire de Raphaël Luxman,
11:18personne ne s'attendait à un score si écrasant,
11:21et surtout à un aussi faible score pour Olivier Faure.
11:25Donc évidemment, les proches de Raphaël Luxman sont très contents,
11:28mais en même temps, ils ne sautent pas au plafond,
11:30parce qu'ils savent bien qu'il ne faut pas montrer non plus une joie débordante,
11:34parce que maintenant, leur tâche, c'est de recoller les morceaux au sein d'un parti très divisé.
11:38Et puis évidemment, chez les proches d'Olivier Faure, c'est une grande déception.
11:42Une grande déception aussi chez Ségolène Royal, qui a du mal à cacher sa tristesse.
11:46Le stagiaire a gagné la primaire, oui, malheureusement.
11:49Vous saluez quand même ce résultat ?
11:50Bien sûr, je félicite le gagnant, c'est la tradition.
11:56Notre famille politique peut être fière.
11:59Raphaël Luxman arrive sur place peu avant 19h.
12:02Qu'est-ce qu'il dit dans son discours à la tribune ?
12:04Eh bien, il dit que désormais, c'est la bataille de France qui s'ouvre.
12:08Ce soir, la bataille de France commence.
12:11Il se projette immédiatement dans l'élection présidentielle.
12:14Il souhaite immédiatement s'adresser aux Français.
12:17Et évidemment, il a quand même des mots pour ses adversaires qui ont perdu.
12:22Il cite évidemment Emmanuel Morel et Jérôme Gage.
12:26Et il tend la main à tous pour faire une campagne commune.
12:30Ceux qui font que la solidarité n'est pas un vain mot dans notre pays.
12:34Ceux qui résistent à l'injustice.
12:36Ceux qui se sentent impuissants et voudraient pouvoir agir.
12:40Je les appelle toutes et tous à nous rejoindre et à mener campagne.
12:45Son manque de charisme a régulièrement été évoqué pendant cette campagne.
12:49Sur la forme, du coup, il est comment ?
12:51C'est vrai que Raphaël Luceman, quand il est à la tribune ou qu'il est face à un micro,
12:58il a souvent tendance à être presque une personne différente de ce qu'il est dans la vie de tous
13:02les jours.
13:03On le sent souvent très crispé, assez stressé, parfois en train de jouer un rôle.
13:08Et là, ce soir-là, il apparaît clairement libéré.
13:11Puisqu'il vient de franchir une étape assez difficile.
13:14Et désormais, il est officiellement le candidat à la présidentielle de place publique.
13:19Mais surtout du Parti Socialiste.
13:20Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, le félicite comment ?
13:24Il le félicite sans grand enthousiasme, il faut bien le dire, le dimanche soir.
13:29Parce qu'évidemment, il y a la déception qui est énorme.
13:31Il prend acte de la victoire de Raphaël Luceman.
13:34Cher Raphaël Luceman, tu as su convaincre une majorité des votants.
13:39Et je respecte trop le processus démocratique de la primaire que j'ai voulu pour ne pas l'accepter avec
13:46sagesse.
13:47Il dit que ce sera à lui, mais aussi aux socialistes, de tracer un chemin de rassemblement et de victoire.
13:54Et il insiste quand même en disant qu'il restera, lui, à la tête du Parti Socialiste,
13:59puisque la question se pose après un tel camouflet.
14:01Et qu'il continuera à porter une ligne d'union de la gauche et de rassemblement avec les partenaires écologistes.
14:08Donc, il ne dévie pas de la ligne qu'il a défendue tout au long de la primaire.
14:12Et c'est une sorte aussi d'avertissement à Raphaël Luceman de dire,
14:16tu ne pourras pas faire sans le reste de la gauche.
14:19Julien, pour Raphaël Luceman, cette consultation était incontournable
14:22pour avoir les moyens financiers et humains du PS pour mener une campagne présidentielle.
14:27Oui, c'est ce qui explique pourquoi il s'engageait dans cette primaire.
14:30On a souvent dit, mais qu'est-ce qu'il est allé faire dans cette galère ?
14:32Mais en fait, c'était indispensable pour lui.
14:35Son parti, Place Publique, est un petit parti qui a grossi en nombre d'adhérents à l'affaire de la
14:41primaire,
14:41puisqu'il est passé d'à peu près 10 000 adhérents à 28 000, ce qui est un saut énorme.
14:46Mais bon, c'est un parti qui n'a pas ou très peu d'élus locaux, de forces militantes et
14:51même d'histoires militantes.
14:54Donc, l'appui du Parti Socialiste, de ses militants, de ses élus, de ses grands élus,
15:00les maires, les présidents de régions, est quand même capitale dans une campagne présidentielle
15:04et évidemment que Raphaël Glucksmann compte là-dessus.
15:06Mais est-ce que le Parti Socialiste va vraiment se ranger derrière Raphaël Glucksmann aujourd'hui ?
15:11C'est toute la question. Raphaël Glucksmann va s'y employer dans les jours qui viennent.
15:17C'est même son défi principal, c'est-à-dire composer dans son équipe,
15:20où il y avait déjà des socialistes, puisqu'il était, il faut le dire, très soutenu
15:24par une partie du Parti Socialiste qui est représentée grosso modo,
15:28l'opposition interne à Olivier Faure, c'est-à-dire le président des députés, Boris Vallot,
15:32le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, ou encore Carole Delga, la présidente de la région Occitanie.
15:38Donc, tous ces gens sont déjà avec Raphaël Glucksmann.
15:40Maintenant, il va devoir aussi donner des gages aux proches d'Olivier Faure, à Olivier Faure lui-même,
15:45et puis aux militants, puisqu'il ne fait pas partie, encore une fois, du Parti Socialiste.
15:50Donc, il va falloir qu'il donne des gages aussi aux militants
15:54et dire qu'il va les représenter dignement pendant cette campagne présidentielle.
16:01Raphaël Glucksmann est sur une ligne claire vis-à-vis de la France Insoumise.
16:04Aucune alliance possible avec elle.
16:07Aujourd'hui, d'après les sondages, c'est Jean-Luc Mélenchon qui a le plus de chances de se qualifier
16:11pour le second tour.
16:13Julien, que représente au total la gauche aujourd'hui dans l'électorat en français, ce qu'on le sait ?
16:19L'ensemble de la gauche dans les sondages en ce moment, elle aussi entre 30 et on va dire 34
16:24-35%,
16:25ce qui n'est pas énorme, mais en fait ce qui reflète la tripartition du paysage politique français,
16:30puisqu'on a la gauche qui est elle-même divisée, le bloc central et l'extrême droite.
16:37Et donc, tout l'enjeu en fait de cette élection présidentielle pour les différents candidats de gauche,
16:42et donc a fortiori pour Raphaël Glucksmann, c'est de capter une partie de l'électorat de gauche.
16:48Alors, une partie est déjà portée sur Jean-Luc Mélenchon, reste à savoir quel est son socle,
16:53c'est-à-dire quels sont les électeurs de gauche qui, pour l'instant, se portent sur Jean-Luc Mélenchon
16:57car il voit en lui le candidat de gauche à la présidentielle et qui pourrait basculer sur Raphaël Glucksmann,
17:03c'est-à-dire ceux qui sont un peu dans un vote utile et pas forcément d'adhésion complète à
17:07Jean-Luc Mélenchon.
17:09Et pour Raphaël Glucksmann, on l'a vu, il l'a un peu dessiné ces derniers jours,
17:12il se tourne aussi vers le bloc central, c'est-à-dire tous ces macronistes déçus,
17:17parce que pour passer au deuxième tour, il va falloir de toute façon agréger un nombre suffisant d'électeurs
17:21pour passer devant Édouard Philippe et évidemment Jean-Luc Mélenchon.
17:25Quand on vous écoute, on a l'impression qu'une victoire de la gauche en 2027 est carrément impossible, Pierre.
17:30Sur le papier, effectivement, c'est très difficile parce que le total des voix cumulées par la gauche
17:36dans les enquêtes d'opinion, donc pour l'instant ça reste provisoire,
17:40c'est autour de 34 voire 35% dans les meilleurs scénarios.
17:45Donc la gauche peut accéder au second tour, mais face à Marine Le Pen,
17:50toutes les enquêtes d'opinion, qui encore une fois ne sont pas prédictives,
17:54assurent une défaite de la gauche, mais y compris du bloc central ou de la droite face à Marine Le
18:00Pen.
18:00Donc à ce stade, oui, une victoire de la gauche est très hypothétique.
18:05Néanmoins, comme le seuil d'accession au second tour pourrait être très bas,
18:10parce qu'il y a un éclatement des électorats,
18:13un candidat comme Jean-Luc Mélenchon ou Raphaël Glucksmann,
18:16s'il arrive à prendre des voix au bloc central et un peu sur sa gauche,
18:21pourrait accéder au second tour.
18:23Et ensuite, on ne sait pas ce qui peut se passer.
18:24Plus tard, dans la soirée, après avoir fêté sa victoire avec ses militants dans une brasserie,
18:29Raphaël Glucksmann s'apprête à monter dans un taxi.
18:33Oui, en fait, juste avant de monter dans le taxi,
18:35il y a quelqu'un qui arrive par derrière et lui jette un sac de farine dans le dos.
18:41Donc immédiatement, son garde du corps le pousse dans le taxi,
18:45le garde du corps monte dans le taxi et le taxi s'en va.
18:49Mais Raphaël Glucksmann, en fait, à la fin de sa soirée électorale,
18:52d'où il sort victorieux, se retrouve enfariné,
18:56ce qui provoque une grande colère dans ses équipes.
19:00Julien, on dirait que les militants de la France Insoumise
19:03et de l'autre côté des militants PS qui ont donc voté pour Raphaël Glucksmann
19:07sont particulièrement divisés aujourd'hui.
19:09Oui, il y a clairement deux gauches qui s'incarnent cette fois-ci.
19:13Il va y avoir cette concurrence qui va s'installer jusqu'au premier tour,
19:17peut-être de la présidentielle, si les deux candidats poursuivent jusque-là,
19:21avec justement le défi de créer une dynamique pour Raphaël Glucksmann
19:24pour essayer d'aller chercher Jean-Luc Mélenchon,
19:26qui est déjà, on l'a vu, très avancé dans sa campagne
19:28et qui est une campagne d'ailleurs de la vie générale plutôt réussie
19:31avec des grands rassemblements dont le dernier a eu lieu à Clermont-Ferrand.
19:35Donc, il va y avoir cette concurrence avec, pour Jean-Luc Mélenchon,
19:39la stratégie de dire « la vraie gauche, c'est moi ».
19:42Raphaël Glucksmann, il l'orne plutôt du côté du macronisme.
19:46Et puis, du côté de Raphaël Glucksmann, on l'a déjà entendu,
19:49fustiger les excès de Jean-Luc Mélenchon, sa brutalité.
19:52Et puis, se poser surtout en seul candidat de gauche capable de l'emporter au deuxième tour,
19:58c'est son grand argument.
19:58C'est de dire que face à Marine Le Pen, lui pourrait l'emporter,
20:02alors que Jean-Luc Mélenchon est trop clivant pour remporter l'élection présidentielle.
20:26Merci à Julien Dufay et Pierre Maurer.
20:28Cet épisode de Codesource a été produit par Clémentine Spiller et Antoine Guéguin-Georger.
20:34Réalisation, Julien Moncouquiol.
20:36Codesource est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
20:39N'hésitez pas à laisser un message ou des petites étoiles sur votre application audio préférée.
20:44Ça nous fait toujours plaisir et ça nous fait remonter dans les recommandations.
20:48Et puis, n'oubliez pas Crime Story, chaque samedi matin,
20:51le podcast du Parisien consacré aux affaires criminelles.
20:54Crime Story présenté par Claudia Prolongeau et Damien Delceny.
21:01Crime Story présenté par Claudia Prolongeau et Damien Delceny.

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