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  • il y a 2 semaines
Avec Sébastien Chenu, député du Nord, vice président du RN et vice président de l'Assemblée Nationale
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##L_INVITE_POLITIQUE-2026-10-14##

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News
Transcription
00:01Sud Radio, l'invité politique, Jacques Cardoze.
00:07Il est 8h31 à l'écoute de Sud Radio, c'est l'heure du grand entretien politique.
00:12Aujourd'hui Jacques, vous recevez Sébastien Chenu, député du Nord, vice-président du Rassemblement National et vice-président de l
00:18'Assemblée Nationale.
00:20Sébastien Chenu, bonjour.
00:21Bonjour Monsieur.
00:22Commençons par la mobilisation lycéenne et étudiante.
00:24Selon les sources, il y avait entre 160 et 480 000 personnes dans la rue hier aux côtés des lycées
00:29et étudiants.
00:30Est-ce que vous les soutenez ces lycéens aujourd'hui ou vous leur dites bon après ce cinquième épisode ça
00:35suffit, on retourne en classe ?
00:37D'abord la mobilisation elle est un peu en baisse mais en revanche les violences elles ne sont pas en
00:41baisse
00:42puisque je note que 147 personnels enseignants ont été victimes d'agressions, il faut appeler les choses comme elles sont.
00:49Plus de 800 policiers également.
00:51Donc ce qui est à noter c'est les revendications dont certaines, un nombre important et on peut en parler,
01:00doivent interroger l'ensemble des pouvoirs publics.
01:03Mais avant de s'occuper des revendications, il faut rétablir l'ordre.
01:07On ne peut pas laisser un mouvement lycéen se transformer en émeute par haine du système, par instrumentalisation politique.
01:16Donc moi j'en appelle d'abord la responsabilité du gouvernement qui n'a rien vu venir, qui n'a
01:20rien prévu, qui n'a rien anticipé
01:23et qui aujourd'hui est un peu comme une poule devant un couteau qui regarde ça comme un lapin dans
01:28les phares d'une voiture.
01:29Mais ça n'efface pas les revendications qui sont bien réelles ?
01:32Bien sûr, c'est pour ça que j'ai commencé par vous dire qu'il y avait des revendications qu
01:35'il fallait entendre.
01:35Vous comprenez qu'il y a une souffrance de la jeunesse aujourd'hui ?
01:38Évidemment, puis il y a une interrogation sur leur avenir.
01:40Quand vous pensez que 57% des étudiants sont en échec en licence, évidemment ça pose une question sur l
01:47'avenir.
01:48Qu'on envoie des centaines et des centaines et des milliers d'étudiants dans des filières qui n'ont pas
01:52de débouchés,
01:53l'angoisse de Parcoursup, tout ça, ça mérite d'être entendu, évidemment.
01:58L'angoisse de Parcoursup, justement, ici même à ce micro hier, Manuel Bompard disait, il faut arrêter Parcoursup tout de
02:05suite.
02:05Vous, qu'est-ce que vous dites ?
02:06Non mais nous, on est hostile à Parcoursup parce qu'on pense qu'il faut changer de paradigme.
02:11En fait, c'est l'orientation qu'il faut revoir.
02:13Il faut éviter d'envoyer des milliers d'étudiants dans des filières bouchées en fac, sur les bancs d'une
02:18fac,
02:19pour ensuite s'écrouler d'ailleurs en licence et à la fin se retrouver sans boulot.
02:23Donc évidemment, il faut travailler sur les bacs pro, il faut travailler sur l'apprentissage,
02:26il faut travailler sur l'orientation et ensuite améliorer Parcoursup pour évidemment ceux qui veulent aller en université.
02:33Vous diriez qu'il y a beaucoup d'hypocrisie de la part du gouvernement,
02:36que les choses n'ont pas été suffisamment dites, ce discours de vérité que vous dites à l'instant,
02:40à savoir qu'il faut être plus honnête sur les débouchés aujourd'hui ?
02:43Oui, et puis il y a une certaine désinvolture.
02:46D'abord, il y a une mécanique intellectuelle qui fait que les ministres de l'éducation sociale qui se succèdent
02:52n'ont pas pris au sérieux l'idée qu'il faille orienter au plus tôt les jeunes,
03:00revaloriser, on l'a dit, l'apprentissage, les bacs pro, c'est-à-dire ce qui donne du boulot très
03:04rapidement.
03:05Dans le programme du Rassemblement National, il est question de modifier ces questions-là ou pas ?
03:09Oui, bien sûr, parce que nous on met un focus très fort sur l'apprentissage, sur les bacs pro,
03:13sur tout ce qui peut professionnaliser le plus tôt possible
03:16et faire entrer surtout le plus tôt possible les jeunes sur le marché du travail.
03:19Mais qu'est-ce que vous dites aujourd'hui au gouvernement ? Il faut qu'il arrête là pour le
03:22mouvement,
03:23pour que ce mouvement s'arrête. Vous lui dites quoi ? Vous lui dites qu'il faut stopper Parcoursup tout
03:26de suite ?
03:26Non, on lui dit d'abord qu'il faut rétablir l'ordre. Pas de blocus de lycée.
03:29On ne discute pas sous la menace d'un blocus de lycée.
03:32Mais comment vous faites pour rétablir l'ordre quand vous avez une cinquantaine de gamins
03:35qui sont devant un lycée, qui font un blocus ? Vous ne pouvez pas envoyer l'armée.
03:37Non, mais il ne s'agit pas d'envoyer l'armée, mais vous pouvez rétablir l'ordre sans envoyer l
03:41'armée.
03:41Il y a eu des situations dans notre pays qui montrent qu'on rétablit l'ordre sans envoyer l'armée.
03:45Il ne s'agit pas de taper sur des gamins. Moi, je ne crois pas du tout à ça.
03:49Je fais d'ailleurs confiance dans la police. Je vous disais en début de conversation
03:52qu'il y a eu 800 forces de l'ordre qui ont été abîmées, qui ont été victimes de faits
03:59de délinquances aussi.
04:00Donc, c'est plutôt aujourd'hui les policiers qui subissent.
04:02Moi, je pense que d'abord, c'est à l'état de...
04:04Je n'ai pas la solution technique pour rétablir l'ordre.
04:07Je ne suis pas responsable, je ne suis pas préfet et je ne suis pas responsable du maintien de l
04:11'ordre.
04:11Mais l'objectif de ce gouvernement, ça doit être d'abord de lever les blocus.
04:16On ne discute pas sous la pression de blocus.
04:19La France Insoumise est très en pointe dans ce mouvement, avec Greta Thunberg à leur côté.
04:24C'est ce que l'on a vu hier.
04:25Est-ce que c'est un coup dur pour le RN de voir la jeunesse dans les bras de l
04:28'extrême-gauche, majoritairement ?
04:29Non, mais d'abord, toute la jeunesse n'est pas dans les bras de l'extrême-gauche.
04:32Il y a plusieurs jeunesses dans notre pays.
04:33Moi, je connais des jeunes formidables qui n'ont rien à voir avec la France Insoumise.
04:38D'ailleurs, je pense même que c'est une minorité agissante.
04:40« Bon, je ne sais pas ce que vient faire Greta Thunberg là-dedans, s'occuper du climat.
04:44Bon, elle ne parle pas français, on ne comprend rien de ce qu'elle vient nous raconter. »
04:47Ça vous a étonné de l'avoir dans ce mouvement ?
04:49Avec un kéfier, enfin tout ça est grotesque.
04:51Oui, c'est la convergence des luttes que la gauche essaye de mettre en avant.
04:57Que la gauche essaye d'utiliser, d'instrumentaliser les mouvements à des fins politiciennes, oui ça probablement.
05:04Mais je pense que Mme Thunberg ou Mademoiselle Thunberg ferait mieux de rentrer chez elle,
05:09s'occuper de ce dont elle doit s'occuper, elle est suédoise ou norvégienne, suédoise, ça c'est très bien.
05:15Et qu'elle laisse les étudiants français qui ont suffisamment de difficultés à essayer de les régler par eux-mêmes.
05:21Mais la France insoumise, en fait, attise, met de l'huile sur le feu, elle ne cherche pas à apaiser
05:27les choses.
05:27La France insoumise ne cherche pas à trouver des solutions.
05:29En réalité, ils excitent les étudiants, les lycéens à travers leurs élus,
05:33qui d'ailleurs ont des propos disant que la violence peut être légitime,
05:37disant que les violences sont policières, ont des propos qui sont des propos d'escalade.
05:41Alors samedi sera la prochaine étape de ces mobilisations.
05:43Est-ce que vous soutenez cette journée du 17 octobre contre la Vichère ?
05:46Cette fois-ci, on devrait voir les gilets jaunes qu'on a vus également hier, mais renforcer les rangs.
05:51Non mais moi j'entends, je comprends, toutes les revendications des Français qui sont en souffrance
05:57parce que ce gouvernement les a mis dans cette situation-là.
06:01Je me rappelle que les gilets jaunes étaient sortis sur les ronds-points pour que l'essence ne dépasse pas
06:051,50€.
06:06On est à 2,40€ en réalité aujourd'hui du litre.
06:09Donc comment ne pas entendre la souffrance des Français ?
06:12Vous les soutenez ?
06:13Je soutiens les Français qui viennent dire...
06:15Mais vous ne les appelez pas ?
06:16On ne l'a jamais fait ça.
06:18Parce que nous, on n'est pas une centrale syndicale.
06:20On peut soutenir des mots d'ordre, on peut soutenir des revendications, on peut les comprendre.
06:25Mais on n'est pas là pour organiser des manifestations.
06:27Moi je ne cherche pas à faire en sorte que mon pays aille moins bien.
06:30J'essaie de trouver des solutions pour que le pays aille mieux.
06:33Vous diriez d'ailleurs que les partis politiques n'ont pas à appeler pour des manifestations ?
06:38Mais oui, moi je pense que le rôle d'un parti politique, ce n'est pas de manifester, c'est
06:41de trouver des solutions.
06:42Les Français nous élisent, d'abord sur un programme, sur des idées, et pour trouver des solutions, pour gérer les
06:48affaires de la cité.
06:49Pas pour être dehors à taper sur des casseroles.
06:51La crainte, c'est de voir ce mouvement s'enliser, que personne n'aperçoit finalement le bout du tunnel.
06:57Qu'est-ce que vous diriez au gouvernement ?
06:59Enfin, quelle serait la solution exactement pour le gouvernement ?
07:02Par exemple, décréter l'état d'urgence ?
07:04Non, mais la crainte, ce n'est pas que le mouvement s'enlise.
07:07La crainte, c'est que la France bascule ou dans une crise sécuritaire, avec un mouvement immétrisable,
07:14qu'il soit confronté aux forces de l'ordre et qu'il met à feu et à sang le pays.
07:18Ça, c'est la première des choses.
07:19Mais la deuxième chose, c'est qu'on envoie des signaux terribles, vu l'état financier du pays, au marché,
07:26et que les investisseurs étrangers se disent qu'on ne peut plus travailler avec la France,
07:32on ne peut plus prêter à la France.
07:34Je vous rappelle que 70% de notre dette est détenue par des étrangers,
07:37et qu'ils disent qu'on ne peut plus leur prêter à des taux pareils,
07:41parce que c'est un pays instable.
07:43Cette instabilité peut coûter très cher aux Français aussi économiquement.
07:48Mais imaginons que cette mobilisation dure, perdure dans le temps, au-delà des vacances scolaires.
07:53Certains disent qu'on pourra aller jusqu'à la présidentielle avec vous,
07:56il va bien falloir qu'on sorte de cette crise.
07:58Qu'est-ce qu'il faudrait faire ?
07:59Bien sûr, mais ce qu'il faudrait faire, d'abord j'ai envie de dire aux Français,
08:02tenez bon, dans six mois, vous avez la possibilité de changer le cours des choses.
08:07Est-ce qu'il faudrait par exemple qu'Emmanuel Macron démissionne pour provoquer une présidentielle plus rapidement ?
08:11Non, moi je crois qu'aujourd'hui, les institutions prévoient un rendez-vous présidentiel qui est connu de tous,
08:16c'est ce rendez-vous qui sera déterminant.
08:18Et moi je dis à ceux qui veulent le changement véritable,
08:21et bien prenez rendez-vous au mois d'avril prochain pour ce changement
08:27et faire nos adieux à Emmanuel Macron à ce moment-là.
08:30Abordons les discussions autour du budget,
08:32le RN a décidé de ne pas voter donc la motion de rejet sur le PLF déposée par le PS.
08:35Ça signifie que le RN essaye d'avoir une démarche responsable ?
08:39Ça signifie surtout qu'effectivement nous souhaitons que d'abord il y ait un débat sur le budget,
08:44pourquoi on aurait fait un cadeau au gouvernement en votant une motion qui était une motion de rejet,
08:49c'est-à-dire qu'on n'aurait pas débattu du budget, c'est grotesque.
08:52Nous on veut mettre les macronistes face à leurs contradictions,
08:55on veut les mettre face à nos propositions,
08:57et on ne défendra d'ailleurs que nos amendements dans ce budget.
09:00On n'est pas là pour remplacer le gouvernement face aux dingueries de la France insoumise.
09:05Donc il faut...
09:06Mais vous pourriez être conciliant avec le gouvernement ?
09:08Non, on ne sera jamais conciliant avec un gouvernement qui a mis la France dans cette situation catastrophique,
09:14qui prévoit un budget dans lequel il y a encore une hausse des impôts de 17 milliards,
09:19encore une hausse de la dépense publique.
09:21Non, on ne va pas être conciliant, on ne votera pas ce budget-là.
09:24Il faut qu'ils se le disent tout de suite.
09:25On ne votera pas le budget le cornu qui vient faire les poches des retraités,
09:30vient faire les proches des Français modestes,
09:32parce que je vous rappelle que vouloir passer un coup de rabot sur des retraites à partir de 1200 euros,
09:36c'est quand même passer un coup de rabot sur des Français modestes.
09:38qu'ils ne comptent pas sur nous pour ça.
09:40Même imparfait, est-ce qu'à minima, vous pourriez vous abstenir ?
09:44Ah non, non.
09:44On ne votera jamais pour ce budget, on ne s'abstiendra pas,
09:48on votera contre ce budget.
09:49C'est une évidence.
09:50Merci a révélé hier qu'un tiers du budget de l'éducation nationale et de l'intérieur
09:54était alloué aux retraites.
09:56Est-ce que ça veut dire que le gouvernement a dissimulé des vrais chiffres et qu'on les découvre aujourd
10:00'hui ?
10:00Je ne sais pas si le gouvernement a dissimulé des vrais chiffres,
10:03puisque globalement, on sait à peu près où on en est.
10:06C'est-à-dire que la France est dans une situation extrêmement difficile,
10:093 500 milliards de dettes, celle-ci a explosé,
10:13et que surtout, on est en train d'être dans un effet boule de neige.
10:17C'est-à-dire qu'aujourd'hui, à force d'avoir une dette importante,
10:19on paye des intérêts de la dette qui sont de plus en plus chers,
10:21on emprunte pour payer ces intérêts de la dette,
10:23et on va arriver au bout du film, à la fin du film.
10:27On ne pourra plus emprunter à des niveaux acceptables,
10:29et donc il y a urgence à donner de la stabilité au pays,
10:33avec un budget qui soit flexible dans 6 mois,
10:37un budget qui, finalement, puisse être changé dans 6 mois par la nouvelle équipe,
10:41dont nous espérons que nous serons, effectivement, que ce sera la nôtre.
10:44Sébastien Chenu, concernant votre proposition majeure sur la préférence nationale
10:47qui nécessite de réformer la Constitution,
10:50Richard Ferrand a eu des mots durs ces dernières heures, je cite,
10:54« Vouloir réformer la Constitution par l'article 11, ça n'existe pas,
10:58c'est l'article 89, sauf que par cette voie,
11:00vous n'auriez pas la majorité au Sénat. »
11:03Bref, il vous dit que ça n'est pas possible et que ce n'est pas tenable.
11:05Moi, je suis très inquiet sur le rôle que s'approprie Edouard Ferrand.
11:12Edouard Ferrand, il a un devoir de réserve.
11:16Il émet un avis qui me semble être un avis d'homme politique
11:21et pas de président du Conseil constitutionnel,
11:23qui est, en plus, faux sur le fond,
11:24puisque, évidemment, l'article 11, il a été utilisé deux fois par le général de Gaulle,
11:29une fois avec succès, une fois avec échec.
11:32Mais là-dessus, les constitutionnalistes disent qu'il y a une interprétation de cet article
11:37et qu'en l'occurrence, pour ce qui est de l'immigration, il ne s'appliquerait pas forcément.
11:40D'accord, mais c'est le président de la République qui est le gardien de la Constitution.
11:43Ça, c'est l'article 5.
11:44Ce n'est pas Richard Ferrand qui donne un avis, qui n'est même pas juriste d'ailleurs,
11:47qui est un des neuf sages du Conseil constitutionnel,
11:50mais un des neuf, et qui n'a pas, je crois, à se mêler de politiques intérieures
11:56qui devraient faire attention à ce qu'il dit.
11:58Il n'est pas législateur, non plus.
12:00Donc, moi, j'invite Richard Ferrand à revenir dans son devoir de réserve
12:04et à laisser le président de la République, actuel et futur, être le garant de la Constitution.
12:09Sauf qu'il y a une question concrète, Sébastien Chenu,
12:12c'est-à-dire qu'il y a un moment donné où vous devrez peut-être vous opposer au Conseil
12:16constitutionnel.
12:17Les sages annuleraient la convocation d'un tel référendum, a priori.
12:22Non, car c'est le président de la République qui, de toute façon, a le dernier mot en l'occurrence.
12:25Il ne peut pas, si vous voulez, le Conseil constitutionnel ne peut pas se substituer au président de la République.
12:31Son analyse n'est qu'une analyse.
12:34Mais selon vous, il n'y aura pas de coup de force institutionnel de la part du RN ?
12:38Non, puisque le président de la République appliquera l'ensemble de ses prérogatives,
12:41à savoir être le gardien de la Constitution.
12:44Ça, c'est le rôle du président de la République.
12:45Alors, l'actualité, c'est aussi cette loi intégrale qui a été votée hier.
12:50On pensait que le RN pourrait voter contre cette loi.
12:53Finalement, non. Vous vous félicitez, vous, de ce vote ?
12:56Oui, alors c'est une loi qui, je veux dire, ne va pas si loin que ça,
13:00parce qu'il n'y a pas de réforme structurelle.
13:02C'est plutôt une loi qui réprime davantage.
13:06Et en cela, elle est la bienvenue,
13:08parce qu'effectivement, il y a un certain nombre de problématiques
13:11de violences sexuelles et sexistes dans notre pays qui sont importantes.
13:15Mais on a évacué les irritants.
13:16Et c'est pour ça qu'on l'a voté.
13:18Il y avait un point, notamment, concernant l'immigration.
13:20Voilà.
13:20Qui ouvrait une vraie filière d'immigration, qui a été écartée.
13:24Nous l'avons votée.
13:25Nous nous sommes opposés à la gauche et à l'extrême gauche,
13:28qui voulaient profiter de ce texte, en fait,
13:30pour encore ouvrir une filière d'immigration.
13:32À partir du moment où ça, ça a été sorti du texte,
13:35nous avons considéré que c'était, évidemment, acceptable.
13:38Sébastien Chenu, député du Nord,
13:40vice-président du Rassemblement National
13:41et vice-président de l'Assemblée Nationale,
13:43est donc notre invité.
13:44Dans la deuxième partie de cet entretien,
13:46un auditeur vous interrogera sur l'affaire Jordan Bardella.
13:49On aura également l'actualité des réseaux avec Benjamin Glaze.
13:52Et puis, dans votre carte blanche,
13:53vous avez souhaité revenir sur l'importance d'Octobre Rose.
13:56On se retrouve dans quelques secondes.
13:57À tout de suite.
14:05Sébastien Chenu, député du Nord,
14:07vice-président du Rassemblement National
14:09et vice-président de l'Assemblée Nationale,
14:11est notre invité ce matin.
14:12Commençons par vos trois minutes pour convaincre.
14:15Sébastien Chenu, vous avez choisi
14:17d'expliquer l'importance d'Octobre Rose.
14:20Oui, merci de me donner l'occasion d'en parler.
14:22Octobre Rose, c'est effectivement
14:23ce qui concerne le cancer du sein chez la femme.
14:27Une femme sur huit sera atteinte d'un cancer du sein dans la vie, dans sa vie.
14:31C'est 12 000 morts par an et c'est des cancers de plus en plus précoces.
14:35Et moi, j'ai voulu évidemment en parler
14:36parce que d'abord, pour rendre hommage aussi à tous les bénévoles,
14:38j'en vois dans ma circonscription.
14:40J'étais, je pense à Mme Barbotin à Aspre
14:42qui organisait l'Octobre Rose samedi dernier.
14:45Mais dans toutes les communes de la circonscription dorénavant,
14:47et ça veut dire en France,
14:49il y a des manifestations Octobre Rose.
14:51Nous, nous avons une députée, Marine Hamlet,
14:54qui elle-même se bat contre ce cancer.
14:57Mais on a des députés qui ont fait des propositions chez nous.
14:59Je pense à Laure Lavalette, à Sanline d'Ogore, à Sophie Blanc,
15:01des députés du Sud en particulier,
15:04qui ont fait des propositions pour renforcer le dépistage précoce,
15:08pour améliorer la prise en charge des patientes,
15:11mais également pour accompagner la reconstruction mammaire.
15:13Et je pense qu'il y a encore beaucoup de progrès à faire
15:16et beaucoup de moyens à mobiliser dans ces perspectives
15:19et puis réduire les inégalités territoriales.
15:22Alors voilà, moi je pense que c'est un beau combat
15:23qui dépasse les frontières politiques.
15:25Je trouve ça lamentable que Mathilde Panot
15:27ait refusé d'ailleurs de porter l'insigne d'Octobre Rose,
15:32le ruban rose, sous-entendant que c'était lié à Israël.
15:35Enfin, des conneries épouvantables.
15:36C'est un combat qui doit mobiliser les hommes également.
15:40Et je pense que ce beau combat
15:41qui est porté par des milliers de bénévoles dans tout le pays,
15:45il méritait peut-être un petit coup de projecteur.
15:47Que diriez-vous à vos détracteurs
15:48qui vous accusent d'avoir souvent voté contre
15:50à l'Assemblée Nationale la santé des Français ?
15:53Je pense au cas de Mion, à l'interdiction des faces,
15:55au retour des pesticides dans le cadre de la loi Duplomb,
15:59au financement de la recherche sur les cancers pédiatriques ?
16:01Non, non, au financement sur la recherche des cancers pédiatriques, pas du tout.
16:05Et quant aux autres, il y a un débat souvent chez les scientifiques
16:07et nous n'aurions jamais voté évidemment des dispositions
16:10qui auberraient la santé des Français
16:13si nous n'étions pas convaincus des avis scientifiques.
16:16Donc, ce sont des procès d'intention qui ont été faits.
16:19Mais nous, nous considérons que la France
16:22doit progresser en la matière
16:24et que des moyens doivent être mis en œuvre.
16:26Il y a des lois qui ont été votées.
16:28Parfois, les décrets d'application tardent à venir.
16:30Ça a été aussi la question qu'a posée
16:32notre députée du Tarn-et-Garonne, Marine Hamley, hier,
16:34au ministre de la Santé,
16:36en disant que c'est bien de voter des lois,
16:38mais si les décrets ne sortent pas, alors elles ne sont pas appliquées.
16:41Et nous appelons finalement ce ministère de la Santé
16:43à se bouger, à se réveiller.
16:45C'est ce que disent aussi tous les bénévoles à travers la France.
16:48Sébastien Chenu, nous avons une question d'un auditeur
16:51qui a souhaité vous parler d'une actualité que vous connaissez évidemment.
16:56Bonjour M. Chenu, je suis Serge, je suis de Livry-Gargan
17:00et j'ai une question pour vous.
17:02Après les révélations concernant des messages antisémites
17:05supposément attribués à Jordan Bardella,
17:08l'un des assistants parlementaires de Franck Alizio
17:10a été écarté pour avoir tenu des propos du même genre.
17:13Jean-Philippe Tanguy a lui-même reconnu
17:15avoir écarté des brebis galeuses.
17:17Pourquoi le RN a-t-il autant de dingues ?
17:20Merci pour votre réponse M. Chenu.
17:22Je ne crois pas que le RN attire des dingues.
17:25Moi je me souviens des députés élus par la Macronie,
17:28je pense à Joachim Sonforger ou Martine Vonner,
17:30on était largement en droit de se poser la question
17:32de savoir ce qu'ils faisaient à l'Assemblée Nationale
17:34vu leur discours complotiste ou éminemment dingue.
17:37Que la politique au sens général attire des gens
17:40qui aient besoin de lumière pour mettre en scène
17:43leurs élucubrations, ça c'est probablement possible.
17:46Mais nous on a une ligne au Rassemblement National,
17:48c'est que quiconque s'autorise à ces élucubrations
17:54ou à des propos qui sont condamnés et condamnables
17:59n'a pas apporté nos couleurs aux élections.
18:01Donc nous on est très dur sur la sanction,
18:03ce que ne sont pas les autres.
18:05Parce que si je regarde sur les bancs des autres partis politiques,
18:08les dingues qui sont dans leur rang,
18:10ils les ont gardés.
18:11Ça c'est sur la sanction.
18:13Mais à ce micro, il y a une quinzaine de jours,
18:16vous nous disiez Sébastien Chenu, nous il n'y a pas de brebis galeuses
18:20au sein du Rassemblement National, en tous les cas il n'y en a plus.
18:23Là on s'aperçoit dans les dernières heures
18:25qu'il y a encore des personnes qui sont écartées
18:28compte tenu de propos qu'ils auraient pu tenir.
18:30Oui parce que par définition...
18:31Ça veut dire qu'il y a encore du ménage à faire ?
18:32Non mais par définition il y a des gens qui portent un masque,
18:35qui choisissent de ne pas dire la réalité
18:37et qui dans une sorte de sous-texte
18:41ont des propos qui ne sont pas acceptables.
18:43Donc lorsque nous les démasquons, nous les sortons.
18:46Donc vous admettez qu'il y a peut-être encore des brebis galeuses au RN ?
18:49Moi je ne crois pas, je pense qu'aujourd'hui,
18:50vous savez, le travail de Marine Le Pen
18:52qu'elle a réalisé depuis son accession
18:54à la présidence du Rassemblement National
18:56a été évidemment un travail de rupture
18:59avec des gens qui portaient un discours.
18:59Comment elle vit la fère bordée là, Marine Le Pen ?
19:02Je crois que comme nous touche, nous...
19:04Durement ?
19:04Elle ne croit pas, non mais elle ne croit pas un mot.
19:06Ce n'est pas qu'on ne le vit pas durement
19:07puisqu'on ne croit pas un mot de ce que dit Mediapart
19:09pour plein de raisons que j'ai eu l'occasion d'expliquer ici,
19:11mais surtout nous pensons que Mediapart
19:14manipule à la fois l'opinion publique
19:15et manipule les faits.
19:17Donc face à des manipulateurs,
19:19nous n'avons ni doute, ni inquiétude, ni questionnement,
19:24mais nous considérons qu'il faut avancer
19:25et surtout pas priver les Français du débat présidentiel.
19:28On passe à l'actualité des réseaux avec vous,
19:31Benjamin Glees, vous nous avez rejoint.
19:33Bonjour Sébastien, je suis négé.
19:34Et vous allez nous parler d'une formule,
19:36alors ça va nous faire parler tout cela,
19:38parce que vous nous parlez d'une formule
19:40qui s'appelle Bismillah, c'est les ténèbres.
19:42Voilà ce que l'on découvre en ce moment.
19:44Oui, c'est le nouveau slogan aujourd'hui des lycéens.
19:47C'est devenu un vrai phénomène dans les cortèges.
19:49De nombreuses pancartes affichent désormais
19:51cette petite phrase, Bismillah, c'est de l'arabe,
19:53ça veut dire au nom de Dieu.
19:54Mais alors pourquoi un tel mot d'ordre ?
19:56Eh bien, tout a commencé sur Snapchat.
19:58C'est sur ce réseau social qui est très prisé des ados
20:01que les blocus s'organisent depuis le début de la mobilisation.
20:04Et certains ados affirment y avoir reçu des messages
20:06assez curieux de la part d'inconnus,
20:09des inconnus qui demandent leur identité,
20:12ainsi que les prochains lycées qui seront bloqués.
20:14L'un de ces messages a été envoyé par un certain Mamadou.
20:17Je vous le lis, Sébastien Chenu.
20:19Salut, Bismillah, c'est les ténèbres.
20:21C'est quand le blocus, voilà mon frangin,
20:23on va tout casser, mais moi, dans le groupe Blocus Aïchec.
20:26Le tout est suivi de deux drapeaux algériens.
20:28Et c'est donc à lui, à ce mystérieux Mamadou,
20:30que l'on doit cette formule.
20:32Bismillah, c'est les ténèbres.
20:33Son expression a été reprise massivement sur les réseaux sociaux
20:36et donc après en manif sur les pancartes par des lycéens
20:39qui voient ici une tentative grossière, caricaturale,
20:43d'infiltration de la part d'un policier
20:44tentant de se faire passer pour un ado, pour un jeune.
20:47Alors l'information n'est pas confirmée.
20:49On ne sait pas officiellement si ce Mamadou est vraiment un policier.
20:52En tout cas, la formule fait un carton, je vous le disais,
20:54dans les manifs, ça vous fait sourire.
20:56Elle est devenue tellement populaire
20:58qu'elle a même été reprise par une militante écolo bien connue
21:01qui était en France hier en soutien lycéen.
21:04Vous voyez de qui je parle, Sébastien Chenu,
21:06de la suédoise Greta Thunberg.
21:08Bismillah, c'est le ténèbre.
21:11Je ne sais pas comment vous le trouvez, ce slogan Sébastien Chenu.
21:15Vous le trouvez comment ?
21:16Mais quand je disais qu'on ne comprenait rien
21:17de ce que racontait Greta Thunberg,
21:18on a la démonstration qu'elle parle en suédois
21:20ou en arabe visiblement.
21:22On ne comprend vraiment rien à ce que raconte Greta Thunberg
21:25et elle a raison de son voyage.
21:27Pour le reste, je trouve que c'est un folklore assez malvenu
21:30qui dit la pauvreté, finalement,
21:33de l'utilisation de la langue française
21:35dans les revendications.
21:37Voilà, je trouve ça...
21:38C'est un slogan humoristique,
21:39c'est pour se moquer d'un potentiel policier infiltré
21:42qui utiliserait un soi-disant langage de jeune.
21:46Vous passerez bien le bonjour à Mamadou.
21:48Ça ne vous fait pas rire.
21:48Vous embrasserez Mamadou pour nous.
21:50D'accord.
21:52Juste d'un mot,
21:53parce que pour revenir,
21:54c'est Jordan Bardella,
21:55plus sérieusement,
21:56qui disait
21:56je me battrai toujours
21:57pour que voilà et wesh
21:58ne soit pas l'horizon culturel
22:00qu'on a à offrir à la jeunesse.
22:02Ça veut dire quoi concrètement ?
22:03Ça veut dire qu'un adulte,
22:04un proviseur,
22:05un enseignant
22:05doit reprendre forcément un jeune
22:07quand il utilise ces mots-là ?
22:09Oui, je pense.
22:10Je pense qu'effectivement,
22:11notre langue mérite mieux
22:13et que surtout,
22:14on s'élève probablement
22:16en utilisant bien la langue française
22:17et on se rapetisse
22:19en utilisant des formules telles que celle-ci.
22:21Que vous n'avez jamais utilisées ?
22:23Voilà et wesh,
22:24non, je ne les ai jamais utilisées.
22:25Non, je ne crois pas.
22:25Ça veut dire qu'il va falloir
22:27dire aux enseignants
22:28qu'il ne faudra pas
22:30que la langue française
22:31soit modifiée
22:33par le métissage
22:34et l'apport de ces...
22:35Une langue, ça évolue.
22:36Moi, je n'ai pas de problème
22:37à voir qu'une langue...
22:38Mais en revanche,
22:39reprendre des élèves
22:40qui utilisent des mots
22:42incompréhensibles,
22:42ça, vous diriez oui ?
22:43Oui, je pense qu'on a quand même
22:44une langue qui est riche
22:45et l'important,
22:46c'est la transmission de celle-ci.
22:47Après, une langue,
22:48ça évolue au cours des siècles.
22:49Ça, ce n'est pas un souci.
22:50D'ailleurs, ça veut dire quoi,
22:51voilà ?
22:51Je n'en sais rien.
22:52Je n'ai jamais utilisé
22:53ces expressions,
22:54donc je ne peux pas vous dire
22:55ce que ça veut dire.
22:56Sérieusement, honnêtement,
22:57voilà.
22:57D'accord, voilà.
22:58Sébastien Chenu,
22:59une petite question
23:01pour en venir au budget.
23:03Vous nous avez dit tout à l'heure
23:05que vous ne voteriez pas
23:06ce budget en l'État,
23:07mais en 4,493,
23:09est-ce que vous voterez la censure ?
23:11Aujourd'hui, ça va dépendre
23:12de ce qu'il y a dans le budget.
23:13C'est les fameuses lignes rouges.
23:15Moi, je ne sais pas
23:16si le gouvernement
23:17va continuer à aller
23:18vers le coup de rabot
23:20sur les retraites.
23:21Nous, par définition,
23:23on ne s'empêche de rien.
23:24Donc, par conséquent,
23:25la balle est dans le camp
23:27du gouvernement.
23:27Ce qui signifie quand même
23:28qu'un gouvernement
23:29peut tomber en plein hiver
23:30et à 5 mois ou 6 mois
23:32d'une présidentielle.
23:33La balle est dans le camp
23:33du gouvernement.
23:34Ils savent très bien,
23:35nous l'avons démontré,
23:36nous avons déjà voté
23:37des censures,
23:38nous avons déjà refusé
23:39d'en voter.
23:40Ils ont déjà pactisé
23:41avec les socialistes
23:42et LR pour sauver leur tête
23:43la dernière fois,
23:43alors que nous-mêmes,
23:44nous étions capables
23:45de voter la censure.
23:46Donc, vraiment,
23:47la balle est dans le camp.
23:48Cette fois-ci,
23:49la différence,
23:49c'est que vous avez peut-être,
23:50vous serez peut-être
23:51aux manettes dans 5-6 mois
23:52avec ce budget
23:53et avec les conséquences
23:54de ce que vous aurez voté.
23:54C'est la raison pour laquelle
23:55nous, on souhaite
23:55que le budget,
23:57il ne dure que 6 mois,
23:58enfin, il soit rétractable,
24:00en tous les cas modifiable
24:01au bout de 6 mois.
24:02L'enjeu,
24:03c'est d'avoir un budget
24:03qu'on puisse modifier
24:04dans 6 mois.
24:05Ce n'est pas d'avoir,
24:06en tous les cas,
24:06une loi spéciale.
24:07Sébastien Chenu
24:08était l'invité de Sud Radio.
24:09Merci à vous
24:10et très bonne journée.

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