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  • il y a 3 minutes
Avec Aurélien Pradié, député du Lot, auteur de "Dignité" (Salvator) et président des Bâtisseurs

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##L_INVITE_POLITIQUE-2026-06-09##

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News
Transcription
00:01Sud Radio, l'invité politique, Jean-François Aquili.
00:07Il est 8h16, soyez les bienvenus sur Sud Radio, bon réveil à tous, c'est l'heure du grand rendez
00:11-vous politique Aurélien Pradier.
00:13Député du Lot, président des bâtisseurs et l'invité politique de Jean-François Aquili, messieurs, c'est à vous.
00:17Bonjour Aurélien Pradier.
00:18Bonjour Jean-François Aquili.
00:19Vous avez vu la colère hier soir devant les tribunaux, elle s'exprime en deux chocs après le meurtre de
00:23Lianin.
00:24Ça donne une idée de ce que ressentent les français.
00:26Il faut tout mettre à plat, comme l'a dit Rémi Eitz, le procureur général près de la cour de
00:32cassation.
00:33Enfin, vous ne voyez pas ce qui se joue sous nos yeux ?
00:36Vous ne voyez pas que ce grand pays que nous aimons est aujourd'hui juste incapable de protéger ses propres
00:44enfants contre la prédation ?
00:46Enfin, pardon, mais vous voyez, depuis des mois, je n'arrive pas à trouver une seule raison de sourire le
00:52matin alors que je suis engagé en politique.
00:53Non pas parce que je suis dépressif, mais simplement parce que j'ai une totale conscience de la faillite de
00:58ce pays, de la faillite totale de ce pays.
01:01Oui, il faut tout revoir de A à Z.
01:04Qu'est-ce que ça veut dire ?
01:05Mais ça veut dire tout, absolument tout.
01:07Et ce n'est pas le seul sujet, Jean-François Aquili.
01:10Je vais vous donner deux exemples.
01:11Nous sommes un pays dans lequel la mortalité infantile, la mortalité des bébés de moins d'un an, a toujours
01:17diminué.
01:17Et depuis dix ans, elle augmente.
01:19Si bien que notre pays, ce grand pays, est aujourd'hui le 23ème sur 27 pays d'Europe en thème
01:25de mortalité des bébés de moins d'un an.
01:27Je vais vous donner un autre exemple.
01:28Les féminicides.
01:30Les féminicides, lorsque je me suis engagé sur ce sujet en faisant voter une loi à l'époque, en 2019,
01:35il y avait 117 femmes qui étaient assassinées.
01:37En 2024, nous sommes à 141.
01:39En 2025, nous étions à 164.
01:42C'était la loi Agir contre les violences au sein de la famille.
01:45Elle n'a servi à rien.
01:47C'est celle que j'ai portée.
01:47Si, elle a servi, mais tout le système est en faillite.
01:50Tout, de A à Z.
01:51Et ce qui est absolument insupportable dans cette période, c'est de voir la misère du débat politique, la comédie
01:59humaine du débat politique.
02:00On nous parle des histoires d'amour de M. Bardella, des salles de sport de M. Attal,
02:05de je ne sais quel autre numéro comique.
02:07Pendant ce temps-là, on n'est pas capable de protéger nos propres enfants.
02:10C'est ça, le vrai sujet.
02:12Tout le reste, tout le reste, c'est misérable.
02:15Aurélien Pradier, Sébastien Lecornu promet une nouvelle loi.
02:19Le Premier ministre qui réunit cinq ministres en urgence à Matignon ce matin,
02:23dont le garde des Sceaux, le ministre de l'Intérieur et d'autres.
02:26Il faut de nouvelles mesures désormais après ce qui s'est produit.
02:31Qu'est-ce qu'on fout depuis des années ?
02:33Qu'est-ce qu'on fout depuis des années ?
02:35En 2022, je fais voter à l'Assemblée nationale une loi à une voie près
02:40qui, à l'époque, portait la création d'une juridiction spécialisée
02:44pour protéger notamment les femmes et les enfants.
02:46Des parquets spécialisés, ce qui est demandé aujourd'hui.
02:48Elle a été votée, cette loi, en première lecture.
02:502022, 1er décembre 2022.
02:51Votée ?
02:52Oui, en première lecture.
02:53Et depuis, rien.
02:54Absolument rien.
02:55Alors qu'est-ce qui va se passer ?
02:56À chaque drame, on va se réveiller.
02:58Vous voyez bien ce qui est terrible,
03:00et sûrement que c'est la raison de la colère des Français,
03:02et je suis franc avec vous, c'est aussi la raison de ma colère depuis plusieurs mois,
03:06d'une colère saine, comme dirait quelqu'un d'autre.
03:08La raison de cette colère, c'est l'écart abyssal qu'il y a
03:11entre le spectacle politique,
03:14cette espèce de divertissement bas de gamme,
03:17et la gravité des sujets.
03:19Et ma colère, elle est liée à une impatience.
03:22Je piétine tous les jours qu'on puisse se dire,
03:24enfin, on s'attaque au vrai sujet.
03:26Sur la question de la protection de nos enfants,
03:28du système de prédation qui, aujourd'hui, existe dans nos sociétés contemporaines,
03:32à l'égard de nos propres enfants.
03:34Vous voyez bien qu'il faut, matin, midi et soir, s'y coller.
03:37La seule préoccupation du gouvernement, depuis des mois,
03:39c'est de se sauver la peau.
03:40Depuis des mois, on cherche à...
03:41De se sauver la peau, vous dites.
03:42Oui, de se passer entre les gouttes,
03:43est-ce qu'on évite une motion de censure ?
03:45Tous ces trucs dont on se fout,
03:47quand est-ce qu'on va enfin se coller à la gravité de la tâche ?
03:49Et ne pas attendre l'élection présidentielle.
03:52Il n'est pas question de botter en touche
03:54et de se dire, on verra ça dans un an.
03:55Quand ce drame, pour vous, est-il la conséquence d'un manque de moyens ?
04:01Est-ce que c'est un problème, on va dire, systémique,
04:04pardon pour ce mot un peu technique ?
04:06Le manque de moyens, qui est récusé, d'ailleurs,
04:08par le président Emmanuel Macron,
04:10qui préfère parler de dysfonctionnement ?
04:12C'est tellement facile d'accuser le système.
04:14On a toujours fait ça.
04:16On accuse le système, comme ça,
04:17on se défausse des responsabilités individuelles.
04:19Mais c'est-à-dire que le président se défausse de ses propres responsabilités ?
04:21Bien sûr, comme tous les autres.
04:23Comme nous tous, responsables politiques.
04:25Il y a un moment où on doit assumer ses responsabilités.
04:28Il y a un sujet de moyens dans la justice,
04:30c'est incontestable.
04:31Il y a un sujet de responsabilité individuelle aussi.
04:33Lorsqu'on est un magistrat et qu'on commet une telle faute,
04:36il n'est pas possible de passer entre les gouttes.
04:38Mais je vais aller plus loin, Jean-François Kili,
04:39je vais vous parler d'un sujet dont on n'a pas parlé depuis quelques semaines.
04:41L'individu, aujourd'hui, soupçonné de cette horreur,
04:47Figueroon, qu'il a été salarié du conseil régional d'Occitanie.
04:51A priori, plusieurs fois même.
04:53Dans un lycée, à minima, peut-être même dans deux lycées.
04:57Il a, à l'époque, fait l'objet d'un signalement
05:00pour comportement inapproprié, je cite.
05:02Vous savez quelle était la sanction ?
05:04Un blâme.
05:05Un blâme.
05:05Un petit blâme administratif, qui est une des plus basses.
05:08Aucun article 40 à l'époque.
05:10Vous avez interpellé à ce sujet Carole Delga, la présidente de région,
05:14parce que vous êtes conseillère régionale d'Occitanie, je précise,
05:17dans l'hémicycle, que vous êtes-elle répondu ?
05:19Qu'elle ne me répondrait pas.
05:21C'est-à-dire ?
05:21Qu'elle réservait ses réponses à la justice.
05:23Lorsqu'on est un responsable politique,
05:25l'article 40, qui consiste à dénoncer un fait grave,
05:28n'est pas une option.
05:29Ce n'est pas quelque chose d'accessoire.
05:32Mais quand je dis ça, je ne veux accabler personne.
05:33Je veux juste dire qu'une démocratie crève de l'irresponsabilité individuelle.
05:39Quand on a un peu d'honneur en politique,
05:41on assume, y compris, de mettre en jeu sa responsabilité.
05:44Vous voulez dire que ce prédateur,
05:46je ne sais pas si le mot correspond vraiment,
05:48s'il n'est pas trop faible désormais,
05:50aurait pu être repéré dès cette époque-là ?
05:53Il est question, j'ai recherché la date,
05:55de 2018 à 2021.
05:57Donc ça date, c'est quelques années déjà.
06:00Mais bien sûr qu'il aurait dû être repéré.
06:01Mais vous savez, à force de se dire que chacun a fait juste ce qu'il fallait qu'il fasse,
06:05pas plus que ça,
06:07c'est cette société d'irresponsabilité générale.
06:09Et vous voyez bien que c'est le drame d'ailleurs d'une démocratie comme la nôtre
06:11qui finit par mourir de cette irresponsabilité.
06:14Plus personne n'est responsable de rien,
06:16y compris la classe politique.
06:17Et je dis ça sans chercher la démission des uns et des autres,
06:19ce n'est pas le sujet.
06:20Quand vous entendez Darmanin, démission,
06:23notamment dans les mobilisations d'hier soir,
06:25ce n'est pas le bon sujet pour vous ?
06:27Ce n'est pas le sujet nécessaire.
06:28Enfin, je veux dire, on peut faire démissionner Darmanin,
06:31ça changera quoi ?
06:32Ça changera quoi au fond du sujet ?
06:33Et vous voyez bien d'ailleurs,
06:34je sais que ce sujet est très difficile en réalité,
06:36parce qu'il révèle beaucoup de colère,
06:38mais il révèle aussi notre faillite.
06:40Je le redis, une société, une nation
06:43qui n'est pas capable de protéger ses propres enfants de la prédation
06:46est une société qui perd sa raison d'être.
06:49Et c'est ça le fond de la question.
06:51Tous les autres débats autour de la pré-présidentielle
06:54sont des débats secondaires.
06:56Quand je vois qu'on a encore des types,
06:58pardon, je suis brutal en le disant,
06:59mais c'est ma colère qui parle,
07:01et elle est un moteur essentiel aussi pour redresser les choses.
07:04Quand je vois qu'il y a encore des types
07:06qui se réveillent le matin en se disant
07:07qu'ils vont aller annoncer leur candidature à la présidentielle,
07:10mais qu'est-ce que ces nains politiques...
07:12Vous faites allusion à Karim Bouhamran,
07:13le maire de Saint-Ouen qui vient d'annoncer sa candidature...
07:15Lui comme les autres.
07:17Mais enfin, il faut vraiment avoir un sens des priorités.
07:19Dingue ! Dingue !
07:21Il faut que cette époque finisse.
07:22Et c'est la seule raison de mon engagement politique encore aujourd'hui,
07:26c'est que je piétine qu'enfin il y ait des femmes et des hommes,
07:30bâtisseurs, qui se mettent autour de la table,
07:32qui arrêtent de se regarder soi-même,
07:34et qui regardent enfin les défis de ce pays pour les relever.
07:37D'accord. Qu'est-ce qu'on fait très concrètement,
07:38Aurélien Pradié, face à l'urgence ?
07:40C'est Yael Broun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale,
07:43qui demande à ce qu'une loi intégrale de lutte contre les violences faites
07:46aux femmes et aux enfants,
07:47autrement dit une loi CAD qui embrasse l'ensemble du problème,
07:50soit votée là, très rapidement, très vite.
07:52Vous disiez, il ne faut pas attendre 2027.
07:54Elle a raison ?
07:55Oui, je suis très favorable à ce que nous ayons ces débats,
07:57comme nous les avons eus il y a quelques années.
07:59Je vous redis que la loi sur la juridiction spécialisée,
08:01elle a été votée en première lecture.
08:03Mais comment est-ce qu'on sort de la parole performative ?
08:04Vous savez, on dit, donc c'est fait.
08:06Et en fait, rien ne se produit.
08:07Comment on en sort ?
08:08C'est ce que vous dénoncez,
08:09mais techniquement, comment ça marche ?
08:10Eh bien, je pense qu'il faut que la table soit retournée,
08:14pour de vrai.
08:15Retourner la table ?
08:15Oui.
08:16Et peut-être qu'il faut au fond qu'une époque politique se termine.
08:19Je n'en sais rien.
08:20Je n'ai pas la réponse à ça.
08:21Je sais juste que dans les semaines et les mois qui viennent,
08:23il va falloir qu'on sorte totalement du modèle politique
08:26dans lequel on est aujourd'hui,
08:27et que sûrement il y ait des femmes et des hommes politiques,
08:31engagés, qui se mobilisent,
08:33je ne sais pas de quelle manière,
08:34mais qui soient capables de relever ces défis.
08:36Moi, j'y prendrais ma part comme député.
08:37Je tâche, je ne dis pas de ma part comme responsable politique.
08:39Vous savez, quand j'ai quitté les Républicains,
08:41ce n'était pas de gaieté de cœur,
08:42mais c'est parce que je voyais bien que dans ces bidules d'une autre époque,
08:47on allait tous tourner en rond.
08:49Voilà, c'est ça la raison première.
08:50Et lorsque je discute,
08:52et c'est l'objet du livre Dignité que je viens de publier,
08:56on a rassemblé des dizaines de femmes et d'hommes,
08:59du général Lecointre jusqu'à François Ruffin.
09:01Vous les avez auditionnés ?
09:02Oui, on a eu des débats.
09:04Et il y avait d'ailleurs une conférence
09:06dont le titre était
09:07« Protégeons-nous vraiment nos enfants ».
09:09C'est un des chapitres de ce livre-là.
09:11Qu'est-ce qui ressort de ce livre,
09:12de ces auditions qui ont duré un an ?
09:14Il en ressortait la nécessité de tout revoir.
09:17Mais tout le monde dit ça.
09:19Oui, mais sauf que tout le monde fait le constat
09:20qu'il faut tout revoir.
09:22Sauf que ceux qui y ont participé
09:25ne peuvent pas être ceux qui participent à la suite.
09:28C'est ça la vérité.
09:29Je sais que ça paraît impuissant ce que je vous dis,
09:33mais moi je vous dis, j'ai fait ma part.
09:35J'ai porté ces deux lois,
09:36dont une qui a été votée en première lecture
09:38et qui a été abandonnée en race campagne
09:40à l'époque par le gouvernement.
09:42Nous avons les clés pour le faire.
09:43Si demain, il y a un sursaut,
09:45et qu'on se dit tous,
09:46il faut tout revoir de A à Z,
09:48je suis prêt à y prendre ma part, évidemment,
09:49comme tous les autres.
09:50Je vous prends un cas d'école.
09:53Il y a deux rapports qui sortent.
09:56Il y a l'INSEE qui nous explique
09:57qu'il y aura 3 millions d'habitants en moins en 2070.
10:01Et le COR, le Conseil d'Orientation des Retraites,
10:03c'est toujours très, on va dire,
10:05il faut être très attentif à ce qu'il dit.
10:07Le COR, c'est son dernier rapport annuel.
10:09Il nous explique que la même année,
10:112070, il faudra travailler jusqu'à près de 68 ans.
10:15Or, vous avez des candidats,
10:16Jean-Luc Mélenchon, c'est 60,
10:17Marine Le Pen, 62.
10:18Vous-même, vous vous étiez opposé à la réforme des retraites.
10:21Je me suis opposé à l'ancienne réforme des retraites
10:23qui n'a rien produit.
10:25Et j'avais à l'époque d'ailleurs dit
10:26que la clé, c'était la durée de cotisation
10:28plus que l'âge légal.
10:29Je fais une parenthèse, mais Jean-François Théli,
10:31les politiques mentent là-dessus.
10:32À l'époque, lorsque je tenais ce discours,
10:34tout le monde me disait que je racontais n'importe quoi.
10:36Tous aujourd'hui disent qu'il faut faire primer
10:38la durée de cotisation sur l'âge légal.
10:40C'est donc que je n'avais pas totalement tort.
10:41Mais vous voyez bien,
10:42vous avez pointé un sujet fondamental
10:44qui est la question démographique.
10:45Ce pays va s'effondrer,
10:47son système social va s'effondrer
10:48si nous ne réglons pas cette question de la démographie.
10:50Pardon, j'en reviens à ce que je disais tout à l'heure
10:52dont quasiment personne ne parle.
10:53Comment voulez-vous pousser des femmes et des hommes
10:55à avoir des enfants
10:57si la mortalité infantile réaugmente dans ce pays ?
11:00Vous voyez bien qu'on traite toujours les sujets
11:02par le petit bout de la lorgnette.
11:04Moi, je pense qu'on est à un moment
11:05qui ressemble à l'après-guerre,
11:06où le pays est dans un état de ruine.
11:08Et que, comme à l'après-guerre,
11:10dans des circonstances différentes,
11:11il faut tout reconstruire
11:13avec des femmes et des hommes
11:14qui auront le sens de l'aventure
11:16et qui ne seront pas des espèces de petits boutiquiers,
11:18candidats à je ne sais quelle primaire,
11:20quelle bidule, quel truc.
11:21Tout ça, c'est insupportable.
11:23Les partis politiques sont morts, à vos yeux ?
11:25À ceux que nous connaissons aujourd'hui,
11:26ils sont morts, oui, c'est une certitude.
11:28Vous ne voulez plus retourner chez les Républicains,
11:30peut-être pour peser avec ce que vous voulez ?
11:32Qu'est-ce que vous voulez que j'aille faire là-dedans ?
11:34Pardonnez-moi, j'ai beaucoup d'amitié.
11:35Avec Bruno Retailleau, candidat ?
11:37Oui, oui, tout ça est très bien.
11:38Écoutez, tous ces gens-là
11:39ont participé à la même histoire.
11:42Excusez-moi, mais y compris Bruno Retailleau,
11:44je n'ai pas oublié
11:45qu'il avait siégé entre Mme Borne et Mme Berger
11:48dans le même gouvernement.
11:49Alors, je veux bien qu'on nous raconte toutes les histoires,
11:53il y a des moments où il est bon
11:55de ne pas participer aux fins d'époque.
11:57Moi, je n'y ai pas participé.
11:59Je souhaite travailler sur le fond,
12:00comme je le fais avec ce sujet de la dignité,
12:02qui est un sujet absolument fondamental.
12:05Et je pense qu'il y a des femmes et des hommes
12:06dans ce pays qui aspirent à autre chose,
12:08y compris dans la classe politique.
12:09C'est le discours qu'a tenu M. Karim Bouhamran
12:12il y a quelques minutes
12:13sur une antenne concurrente, France Inter.
12:16Il dit à peu près la même chose que vous.
12:17Il dit, renversez la table, etc.
12:20Si nous sommes plusieurs à le dire, tant mieux.
12:22Mais il faut aller au bout de son courage politique.
12:23C'est-à-dire, qu'est-ce que vous voulez faire ?
12:24Une équipe de France des rebelles ?
12:26Vous savez, à l'après-guerre...
12:27C'est un mot que vous avez utilisé.
12:29Oui, rebelles et pirates.
12:30Ce sont des mots que j'ai employés,
12:31qui perturbent un peu quand je le dis,
12:33mais je le pense,
12:33parce que je pense qu'aujourd'hui,
12:34on a besoin d'une équipe de pirates
12:37qui soit capable d'avoir des valeurs fondamentales.
12:39Qui sont les pirates ?
12:40Eh bien, je pense des gens étranges
12:42dans notre vie politique,
12:43qui ne sont pas enfermés dans les carcans,
12:45qui disent des choses qui dérangent peut-être,
12:47qui n'ont pas toutes les sympathies des uns et des autres.
12:49Pour ça qui ?
12:50Vous savez, pendant un an,
12:51ce que nous avons fait au Collège des Bernardins,
12:53autour de la dignité,
12:54les différentes conférences,
12:55vous l'aurez observé,
12:56on a rassemblé des femmes et des hommes très différents.
12:58Très différents.
12:59Qui, certains, n'ont pas d'engagement politique en soi.
13:01Par exemple ?
13:01Écoutez, ça va de François Mollins,
13:04le général Lecointre,
13:05jusqu'à François Ruffin,
13:07jusqu'à des acteurs de la CFDT,
13:08jusqu'à Ahmad Massoud,
13:10qui est venu d'Afghanistan
13:11nous dire ce qu'était la résistance aux talibans.
13:14Toutes ces femmes et toutes ces hommes,
13:15ce sont des gens bizarres.
13:17Je ne vais pas leur faire insulte,
13:18mais ils sont étranges dans leur registre.
13:21Parce qu'ils sont un peu hors du commun.
13:22Donc vous dites qu'il faut rassembler ces énergies-là.
13:25Il y a des personnalités politiques
13:26que vous pourriez rassembler de tous les bords ?
13:28Moi, je vois bien la limite à tout ça.
13:30Parce qu'on n'a pas suffisamment d'imagination aujourd'hui.
13:32On a tellement connu les vieux carcans de ce qu'on...
13:34Mais qui ? Par exemple, Dominique de Villepin,
13:36David Lissnard ?
13:38Les Français qui sont en face de nous...
13:39Ils sont éligibles pour nous, pour rejoindre ces rebelles, ces pirates.
13:40Je vais vous dire pourquoi je ne veux pas vous donner de nom.
13:42Parce qu'il y en a suffisamment.
13:43Et que sûrement, il y en a que je ne connais pas encore.
13:45Et je sais que tout ça est très loin de notre champ d'imagination.
13:48Parce qu'on se dit, ce n'est pas possible.
13:50Ça fait 30 ans que ça passe par des primaires,
13:52des bidules, des trucs, des partis politiques.
13:54Donc on a du mal à penser les choses autrement.
13:55J'en conviens.
13:56Mais ma responsabilité politique aujourd'hui,
13:59elle est d'éveiller, dans la conscience collective,
14:02un goût de la piraterie
14:04et un goût de l'aventure.
14:06Tout ça, en fait, c'est être gaulliste.
14:08C'est ce que les gaullistes ont toujours fait.
14:10Et c'est ce que les gaullistes doivent faire demain.
14:12Parce qu'on a besoin, aujourd'hui, plus que jamais,
14:14d'un sursaut du gaullisme.
14:15Alors, Aurélien, le navire pirate.
14:17Nous sommes le 9 juin.
14:18Le navire gaulliste.
14:20Aurélien Pradié, donc, qui plaide pour une équipe de France
14:22des rebelles pirates.
14:24Je retiens une question, et j'ai envie de la prolonger
14:27dans tout ce que vous avez dit ce matin.
14:28Vous nous apprenez que les parquets spécialisés
14:31étaient pas loin d'être votés dans le cadre d'une loi,
14:33mais que ça ne s'est pas fait,
14:34et que ça n'est pas passé.
14:36Qui a voté contre la vieille France ?
14:38Les vieux politiques qui votent contre, qui se protègent ?
14:41Qui peut voter contre des parquets spécialisés ?
14:44Cette loi, elle a été adoptée à une voie près.
14:46Vous avez dit en première lecture.
14:47En première lecture.
14:48Donc, ensuite, elle n'a pas fait la navette totale.
14:49Non, elle n'a pas fait la navette.
14:50Pourquoi ?
14:51La suite de la navette, pardon, mais c'est le Sénat.
14:53Donc, il y a un moment où, à l'ordre du jour,
14:54c'est au Sénat de le faire,
14:56ou c'est au gouvernement de le faire.
14:57Est-ce que c'est ce contenu dont on pourrait parler aujourd'hui,
15:00justement, dans cette nouvelle loi
15:01qui va être présentée maintenant ?
15:02Mais cette loi que j'ai faite voter à l'époque,
15:05que mes collègues ont voté,
15:06elle n'est pas parfaite.
15:07Mais dans le cas d'une navette,
15:08on peut immédiatement la réactiver.
15:10Et à l'époque, je le dis très clairement,
15:12le gouvernement s'y était opposé.
15:13Le gouvernement s'y était opposé.
15:15La majorité ou minorité actuelle était opposée.
15:18On nous expliquait que c'était trop compliqué, etc.
15:21Et sur les 41 qui ont voté contre,
15:23chacun pourra voir qui avait pris cette position.
15:25Très rapidement, parce que c'est l'actualité,
15:27mais c'est une information que vous nous apportez quand même ce matin.
15:29Il y avait eu des signalements à l'époque
15:31où M. Barrella était employé par un ou deux lycées
15:34dans le cadre de la région Occitanie.
15:35Vous aviez à l'époque fait des petits signalements.
15:38Est-ce que dès lors qu'il y a un petit signalement,
15:40ça doit devenir un gros signalement,
15:42une alerte,
15:43et qu'il faut qu'on arrête d'entendre ça
15:44comme une petite musique lointaine ?
15:46Évidemment.
15:47Lorsque un agent contractuel de la région,
15:50dans au moins un lycée,
15:51je ne sais pas s'il y en a eu plusieurs,
15:52je sais qu'il y en a eu au moins un,
15:54a été embauché,
15:57a reçu un blâme
15:58qui est la sanction administrative
15:59parmi les plus faibles
16:01pour comportement inapproprié sur une mineure,
16:04mais à quel moment on se dit
16:05que ça ne mérite pas un article 40 ?
16:07Et vous voyez, tout ça,
16:08c'est la chaîne d'irresponsabilité collective,
16:10et moi je trouve ça insupportable.
16:11Merci beaucoup Aurélien Praguier,
16:13vous étiez l'invité de Jean-François Aquili,
16:14et Jean-François, on vous retrouve tout à l'heure,
16:16bien entendu, dès 9h,
16:18et vous parlerez justement de la démographie,
16:21de cette problématique des retraites,
16:23et nous on se retrouve dans un instant
16:24avec les éditorialistes,
16:25avec Philippe David et Elisabeth Lévy,
16:27on va poursuivre la discussion
16:28autour de l'actualité politique de ce matin,
16:30et également de l'affaire Liana,
16:32qui n'en finit plus de faire parler,
16:35mais on espère qu'il y aura des actes,
16:36et des actes qui pourront faire évoluer les consciences,
16:39et protéger les enfants.
16:41A tout de suite sur Sud Radio.
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