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  • il y a 5 minutes
Avec Eric Larchevêque, entrepreneur, fondateur de Ledger, membre du Top 500 des plus grosses fortunes de France
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##PARLONS_CASH-2026-10-28##

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News
Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, Parlons Cash.
00:04Et dans Parlons Cash, on revient sur les propositions d'Olivier Faure.
00:08On vous retrouve Clara Piernay.
00:10Ces propositions font bondir Eric Larchevêque, cofondateur de Ledger,
00:14le leader mondial sécurité crypto et personnalité bien connue du monde de l'entreprise
00:19qu'on va retrouver dans quelques secondes.
00:21Mais d'abord, quelques chiffres avec vous Clara.
00:24Olivier Faure et les partis socialistes ont donc remis sur la table un arsenal de mesures
00:28visant le capital et les grandes fortunes avec une offensive fiscale d'ampleur.
00:33Oui, et pour cela, l'EPS s'appuie sur un constat.
00:36Des entreprises bénéficient de subventions de l'État, donc de l'argent des contribuables,
00:41tout en distribuant massivement des dividendes ou en rachetant leurs propres actions
00:45pour faire monter leurs cours en bourse.
00:47Alors, Olivier Faure veut mettre fin à cette logique en conditionnant les aides publiques.
00:51Si vous prenez l'argent de l'État, vous suspendez ou limitez les versements aux actionnaires.
00:56Et il y a aussi la taxe Zuckman qui vise directement les très grandes fortunes.
01:00Oui, taxe du nom de son initiateur, l'économiste Gabrielle Zuckman.
01:04Elle prévoit un taux d'imposition minimal de 2% sur le patrimoine des contribuables
01:09qui détiennent au moins 100 millions d'euros.
01:11En France, ça concernerait environ 1800 foyers fiscaux.
01:15L'idée est simple, s'assurer que les ultra-riches ne payent pas proportionnellement à leur fortune
01:19moins d'impôts que les classes moyennes.
01:22Mais c'est là que le débat se crispe, car en face, il y a des success stories françaises
01:27comme Ledger, le géant des crypto-monnaies, valorisé entre 1,3 et 1,5 milliard d'euros.
01:34Justice fiscale ou frein à l'innovation, où est la ligne finalement ?
01:38Eh bien, c'est le cœur du débat économique depuis des décennies.
01:41Il n'y a pas de réponse simple.
01:43Ceux qui soutiennent ces mesures disent qu'elles ne visent que les rentes,
01:46pas les entrepreneurs qui réinvestissent.
01:49leurs adversaires répondent que la frontière est floue et que la France a déjà du mal
01:52à retenir ses talents et ses capitaux.
01:55Alors, est-ce que taxer davantage le capital, c'est risquer de faire fuir les entrepreneurs
02:01et les investisseurs ? C'est la question qui se pose aujourd'hui, Jacques.
02:04Oui, et on va voir tout cela avec Éric Larchevêque, entrepreneur, fondateur de Ledger,
02:07membre du top 500 des plus grandes fortunes de France.
02:10Il est avec nous. Bonjour, Éric Larchevêque.
02:13Bonjour.
02:14Comment vous avez accueilli cette proposition ?
02:20C'est une proposition supplémentaire dans l'idée de faire du dirigisme,
02:24de vouloir taxer plus, de vouloir contrôler d'une certaine façon l'économie.
02:29Et c'est toujours la même chose, c'est une fausse bonne idée.
02:33Je comprends l'idée de vouloir rééquilibrer entre le salaire et le capital.
02:38Ça part d'un bon sentiment, je comprends la logique, mais le fait de contraindre
02:44va nécessairement mener à l'évitement, va nécessairement mener en fait les entrepreneurs,
02:50les entreprises qui sont des acteurs rationnels, à trouver des solutions pour échapper
02:55parce qu'il faut toujours se rappeler qu'on est dans un environnement concurrentiel
02:59où on peut changer de crèmerie, on peut aller sous des cieux de taxation qui sont différents.
03:05En France, on a la taxation du travail qui est la plus élevée en Europe.
03:10Donc, rajouter la nécessité de payer du salaire en plus si on veut distribuer des dividendes,
03:16ça va tout simplement détruire l'économie puisqu'on aura une perte de compétitivité,
03:21l'argent va aller ailleurs, les entreprises vont arrêter de distribuer des dividendes,
03:25vont faire du rachat d'actions, ils vont mettre en place de l'évitement et ça ne va pas fonctionner.
03:30Si aujourd'hui, on veut véritablement corriger ces problématiques,
03:35il faut faire strictement l'inverse de ce qui est proposé par le Parti Socialiste et Olivier Faure,
03:41c'est-à-dire baisser la fiscalité du travail pour mettre plus de liberté
03:45et donner aux entrepreneurs la possibilité d'embaucher plus, de rémunérer mieux.
03:49Olivier Faure, lui, dit qu'il veut mettre fin à une forme de logique
03:52qui consiste à accepter qu'il y ait des versements aux actionnaires
03:57dès l'instant où les entreprises bénéficient d'aides publiques.
04:00Est-ce que, sur le fond, vous comprenez que ce mécanisme, je dirais, moralement, puisse poser problème ?
04:08Oui, je comprends et je pense que les entreprises ne devraient pas avoir d'aide d'État.
04:12Alors, tout dépend de ce qu'on appelle les aides d'État
04:13parce que parfois, ce sont une taxe qui va être payée plus tard.
04:18Ce n'est pas l'idée que l'État donne de l'argent aux entreprises directement.
04:23Ce n'est pas aussi simple que ça.
04:25Mais d'une manière générale, moi, je pense qu'il faut simplement supprimer les aides d'État.
04:29C'est aux entrepreneurs, aux entreprises de se débrouiller.
04:32Mais par contre, en face, il faut aussi abaisser les charges
04:35et donner moins de fiscalité, donc plus de latitude aux entrepreneurs.
04:40Donc oui, ça doit venir avec un arrêt des aides d'État.
04:42D'accord, c'est déjà un élément très intéressant de vous entendre dire cela.
04:46Est-ce qu'effectivement, la conséquence, et on se pose tous la question en France,
04:53comment faire en sorte qu'on ait une meilleure compétitivité ?
04:57Vous l'avez déjà un peu évoqué tout à l'heure.
05:02Il faut effectivement la compétitivité avec les autres pays d'Europe
05:06puisqu'on a des marchés qui sont ouverts, les frontières sont ouvertes,
05:09le capital est extrêmement mobile.
05:10Donc on n'a pas d'autre choix que de s'adapter à une situation
05:16qui aujourd'hui est vraiment en défaveur de la France
05:20en baissant le coût du travail.
05:23Aujourd'hui, si on veut donner un euro à un salarié, ça en coûte deux.
05:27Il y a peu de flexibilité sur la capacité de pouvoir embaucher,
05:31de pouvoir licencier.
05:32Tout le monde se dit que si on facilite la flexibilité,
05:35ça va donner lieu à des licenciements.
05:37Mais c'est faux.
05:38Si on peut licencier plus, on peut embaucher plus.
05:42C'est tout un paradoxe qu'il faut réussir à comprendre.
05:45Rien n'est vraiment simple.
05:47Et donc il faut aller vers plus de souplesse
05:49et mettre en place une des politiques libérales
05:51qui vont permettre de donner du souffle aux entrepreneurs
05:54et donc de créer de la valeur.
05:55Parce qu'on partage le même constat,
05:57c'est qu'en France, on ne crée pas assez de valeur
05:59et donc on va vers le déclassement.
06:01Et si on ne corrige pas cela,
06:04ce sera une catastrophe.
06:05Et on ne peut pas le faire avec des mesures
06:08qui viennent de l'État, d'administration de l'État.
06:11Il faut au contraire retirer de l'État
06:14et donner plus de liberté aux entrepreneurs, aux entreprises.
06:17Et si cette liberté était donnée,
06:19s'il y avait une approche qui allait plus
06:22dans le sens que vous évoquez,
06:24Éric Larchevêque, entrepreneur et fondateur de Ledger,
06:27est-ce que vous seriez d'accord
06:29pour que les entrepreneurs contribuent un peu plus ?
06:33Et là, je fais évidemment référence à la taxe Zuckman
06:37dont on sait qu'il n'est pas le bon mécanisme
06:39et la bonne réponse pour mieux faire contribuer.
06:43Les entrepreneurs contribuent déjà.
06:45Je pense que l'idée derrière la taxe Zuckman,
06:47c'est plutôt de faire payer un capital qui dort
06:50pour le remettre dans l'économie réelle.
06:53Mais il faut tous les mécanismes de contrainte
06:56qui force mènent invariablement
06:59à l'exact opposé de ce qui était prévu initialement.
07:02Et donc, c'est plus de souplesse,
07:04plus de flexibilité qui permet de réinvestir le capital
07:08aujourd'hui dans l'économie réelle.
07:10Je comprends l'idée de vouloir dynamiser l'économie
07:15et de réduire les inégalités.
07:17Mais il faut aussi bien comprendre
07:18qu'on est dans une dynamique
07:19qui fait tout à fait l'inverse,
07:21indépendamment de la taxation,
07:22avec le développement de l'IA.
07:25Le capital va devenir bien plus important que le travail.
07:28Ce sera difficile dans le futur
07:29de pouvoir gagner de l'argent en vendant son temps.
07:32Et les entreprises IA natives
07:35vont balayer les entreprises plutôt classiques.
07:38Et donc, il faut purgement aujourd'hui,
07:40de toute façon, repenser complètement
07:42la mécanique du travail
07:43parce qu'on sera face à des problématiques
07:46encore plus importantes qu'aujourd'hui.
07:47Merci infiniment, Éric Larchevêque,
07:49entrepreneur et fondateur de Ledger,
07:51membre du top 500 des plus grosses fortunes de France
07:54de nous avoir éclairés sur ce point.

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