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  • il y a 8 heures
Mardi 13 octobre 2026, retrouvez Véronique Genre (Service des enquêtes économiques de conjoncture, Banque de France) et Yannick Puget (Directeur des systèmes d’information adjoint, iMSA) dans SMART ÉCO, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.

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Transcription
00:07Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission de Smart Eco,
00:12l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font l'économie.
00:16Et aujourd'hui nous allons parler de transformation numérique.
00:19Tout d'abord la transformation numérique de la protection sociale avec l'IMSA,
00:23l'acteur informatique de la mutualité sociale agricole qui accompagne les caisses dans la France entière.
00:31Et puis place à l'intelligence artificielle en entreprise.
00:34Si deux tiers des entreprises de plus de 20 salariés déclarent déjà utiliser l'intelligence artificielle générative,
00:40les gains de productivité eux restent plus limités.
00:44On va en parler, comment passer de l'expérimentation à des résultats concrets.
00:47Ce sera notre débat de Smart Eco, c'est parti.
00:54La mutualité sociale agricole est le deuxième régime de protection sociale en France.
01:00Et pour gérer les prestations de millions de bénéficiaires et accompagner les caisses sur tout le territoire,
01:06elle s'appuie sur un acteur informatique dédié appelé IMSA,
01:10constitué en groupement d'intérêts économiques depuis 2019.
01:13Alors comment cet acteur adapte-t-il ses outils aux nouveaux besoins de la protection sociale ?
01:18Yannick Puget est mon invité en première partie d'émission.
01:21Yannick Puget, bonjour.
01:24Vous êtes directeur des systèmes informatiques adjoints de l'IMSA,
01:28donc merci de nous rejoindre en visio.
01:30Alors la mutualité sociale agricole, donc MSA,
01:32verse 28,1 milliards d'euros de prestations à 5,2 millions de bénéficiaires.
01:38Derrière tous ces chiffres, qu'est-ce que ça représente en termes d'organisation informatique concrètement ?
01:45Alors l'informatique, c'est une vingtaine de sites en France.
01:49Depuis 2019, c'est une entreprise unique autour de ce GIE.
01:55Tous les métiers de l'informatique sont au service de ces 5,3 millions d'adhérents.
02:02Et ces adhérents, c'est des salariés ou des exploitants agricoles,
02:05mais aussi des adhérents issus de régimes spéciaux.
02:09Donc on a aussi les députés, les sénateurs, la Caisse des Français à l'étranger et d'autres régimes partenaires.
02:15Donc depuis 2019, vous êtes devenu un groupement d'intérêts économiques.
02:19C'est fréquent ça de se constituer en groupement d'intérêts économiques
02:25pour la gestion informatique de la mutualité sociale ?
02:33Alors, oui, ça arrive à pas mal d'organisations.
02:39Cette constitution, en fait, elle est issue de la fusion de trois structures.
02:44Pour le nord et le sud de la France, en termes de découpage de caisses,
02:47on avait deux structures qui s'occupaient des data centers et des infrastructures associées.
02:52D'accord.
02:52Et depuis 2019, ces structures-là très techniques ont rejoint la partie
02:57qui correspond plus au développement de l'application.
03:00Concrètement, quel est votre rôle auprès de MSA ?
03:05Comment est-ce que vous vous organisez pour maintenir ce rôle depuis 2019 ?
03:10Alors, c'est en deux étapes.
03:13Tout d'abord, la MSA, elle vient de le faire,
03:16signe une convention d'objectifs et de gestion auprès de nos ministères de tutelle.
03:21Et adossée à cette convention d'objectifs et de gestion,
03:24on y associe un schéma directeur informatique.
03:26Et l'informatique, elle permet de rendre service aux métiers
03:30par rapport aux objectifs qui sont fixés par l'État.
03:32D'accord.
03:33Alors, comment est-ce qu'aujourd'hui, ça évolue du côté des assurés ?
03:37Parce que j'imagine que la gestion informatique,
03:40d'autant plus depuis que l'IA est au cœur de tous les sujets,
03:45comment est-ce que vous arrivez à concilier des demandes,
03:48voire des besoins qui ne sont pas forcément peut-être stipulés par les adhérents ?
03:55Comment est-ce que vous faites pour concilier ces besoins
03:57et répondre de manière les plus précise possible,
03:59grâce à une technologie de plus en plus en pointe, on va dire ?
04:03Oui, tout à fait.
04:05Alors, il y a eu un premier élément qui est sur les modèles organisationnels.
04:09Donc, dans l'informatique, on appelle ça les modèles agiles,
04:13qui ont permis de répondre à déjà une première exigence qui est d'aller plus vite,
04:18les évolutions législatives étant de plus en plus fréquentes.
04:21Donc, ça, c'est une première réponse.
04:23La seconde, c'est que nous avons des adhérents
04:27qui sont soit très au fait des sujets informatiques
04:31ou parfois un peu plus éloignés.
04:33Et donc, en fait, l'objectif, c'est d'embarquer tout le monde,
04:35de perdre personne.
04:36Et avec l'arrivée, entre guillemets, l'explosion de l'IA depuis 2023,
04:43l'objectif, c'est de passer le cap et de ne pas perdre du temps
04:49sur ces sujets-là pour que, quelque part,
04:52on l'intègre dans une transformation qui n'est pas uniquement technologique,
04:57qui est également en lien avec les ressources humaines
05:00pour l'évolution des métiers.
05:01Oui. Et récemment, vous avez mis en place un cloud aussi.
05:05Qu'est-ce que ça veut dire pour cette gestion de la MSA d'avoir un cloud ?
05:10Alors, c'est une alliance avec nos confrères de l'Ursaf Caisse Nationale
05:17et de l'Assurance Maladie.
05:20C'est aussi l'opportunité, puisque nous avons des data centers en région
05:24toulousaine, chacun de nous trois.
05:28Et donc, l'objectif, c'est que très vite, on ait un cloud partagé
05:32et qu'au niveau de la protection sociale, par exemple, chacun n'ait pas
05:35ses infrastructures d'IA, mais qu'on puisse bien avoir des infrastructures partagées.
05:40Est-ce que vous devez faire de la pédagogie auprès des adhérents ?
05:43Parce que c'est vrai que tous ces termes-là, cloud, ça fait vite aussi penser à des partages
05:48de données, une cybersécurité qui doit être très robuste.
05:52Est-ce que vous devez faire de la pédagogie ?
05:56Alors, on a la chance d'être adhérent aussi, Greff, qui fédère les grandes entreprises françaises
06:01sur la question de l'informatique.
06:04Et donc, on est nous-mêmes en premier, en tout cas, sensibilisés à cette question du cloud de confiance.
06:09Donc, il est clair qu'il faut communiquer pour expliquer ce qui peut être dans nos propres murs quelque part
06:16et d'avoir cette typologie de cloud qui reste en France et dans nos locaux
06:22par rapport à ce qu'on peut trouver sur des clouds plutôt orientés GAFAM
06:26qui seraient avec une maîtrise des données beaucoup plus relative.
06:30Concrètement, aujourd'hui, je suis adhérent.
06:33En quoi est-ce que, en fait, c'est mon expérience aussi utilisateur
06:37et la rapidité avec laquelle on répond à mes problématiques ?
06:40Concrètement, comment ça se passe ?
06:42Peut-être, quelle est la différence entre, dire, il y a cinq ans et aujourd'hui ?
06:46Est-ce que je me sens mieux prise en main ?
06:49Concrètement, qu'est-ce que ça fait pour l'adhérent ?
06:53Pour l'adhérent, c'est l'ajout régulier de nouveaux services en ligne,
07:00donc des démarches de plus en plus dématérialisées,
07:05sans oublier l'accompagnement humain,
07:07c'est-à-dire qu'on n'a pas une vision d'avoir une automatisation de l'informatique.
07:13Je pense que personne n'a envie de parler tout le temps à des robots.
07:16Donc, du coup, on a cette double axe entre le travail de nos caisses de MSA
07:22qui travaillent sur l'humain et l'informatique qui propose des services en ligne
07:26pour permettre de plus en plus de choses de façon beaucoup plus simple.
07:29Et justement, pour à chaque fois améliorer cette efficacité,
07:34vous avez noué un partenariat avec l'INRIA.
07:36Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ?
07:37Pourquoi est-ce que ce besoin de recherche, d'aller en profondeur aussi sur les technologies ?
07:44C'est un effet tout frais.
07:47C'est avoir des partenariats avec le monde de la recherche
07:50et on est vraiment ravis de s'aider ce partenariat avec l'INRIA.
07:52C'est la garantie de pouvoir associer nos ingénieurs avec le monde de la recherche
07:58pour développer des nouvelles solutions.
08:01Là, concrètement, ça veut dire qu'on va aller plus loin dans les méthodes de calcul de tarification.
08:08Dit autrement, quand vous allez dans une pharmacie et que vous mettez une carte vitale,
08:14finalement, ce qui vous reste à payer sera calculé de façon complètement automatique
08:17et se mettra à jour même si la législation évolue dans le temps.
08:22D'accord.
08:23Donc, on a un sujet qu'on n'a pas encore abordé, c'est l'intelligence artificielle.
08:26Donc, on réserve ça tout de suite pour notre grand débat éco,
08:30savoir comment est-ce que vous, vous l'avez intégré dans vos solutions
08:34et puis aussi comment est-ce que les entreprises, plus généralement,
08:38l'intègrent elles pour gagner en productivité.
08:40C'est parti, c'est notre débat éco.
08:46En 2026, deux tiers des entreprises de 20 salariés et plus
08:49disaient qu'elles avaient déjà utilisé l'IA générative.
08:52Mais derrière cette adoption massive, les gains économiques, eux, restent encore limités.
08:57On parle de 30% des entreprises utilisatrices qui constatent de réels gains de productivité.
09:03C'est ce que montre l'étude réalisée par la Banque de France.
09:06Alors, comment passer de l'expérimentation à une véritable transformation des entreprises grâce à l'IA ?
09:11Pour en débattre, je suis ravie de recevoir Véronique Genre.
09:15Bonjour.
09:15Bonjour.
09:16Vous êtes chef du service Conjoncture au sein de la Banque de France.
09:19Et puis toujours avec nous en visio, Yannick Puget, qui est directeur des systèmes d'information adjoints de l'IMSA,
09:26dont l'acteur informatique derrière la mutuelle sociale agricole.
09:29Merci à tous les deux d'être présents avec nous.
09:32Pour cet échange, Véronique Georges me tourne tout d'abord vers vous,
09:36parce que cette étude montre que 67% exactement des entreprises de 20 salariés et plus utilisent déjà l'IA
09:42générative.
09:43Est-ce qu'on parle d'une adoption massive ?
09:47Ou est-ce qu'on peut nuancer un petit peu cette adoption derrière ce 67% ?
09:52C'est quand même deux tiers des entreprises.
09:53C'est deux tiers des entreprises.
09:54C'est beaucoup en fait.
09:55L'IA est un peu partout.
09:56Alors, ce qu'on a fait dans notre enquête, c'est différencier entre ce qu'on appelle l'IA générative
10:00et l'IA prédictive.
10:01L'IA prédictive, elle est là depuis déjà pas mal de temps.
10:04Si on prend un exemple, vous êtes un département ressources humaines.
10:10L'IA prédictive, c'est celle qui va vous permettre de faire des modèles de prévision,
10:14de savoir si vos salariés risquent de quitter l'entreprise.
10:17L'IA générative, ça va vous permettre de créer des fiches de poste, de faire des formations.
10:22Et c'est celle-là qui rentre un petit peu partout.
10:24L'IA prédictive est encore autour de 30%.
10:28L'IA générative, c'est plus un modèle à entraîner.
10:30Exactement.
10:31Oui, justement, parce que ce que vous disiez, c'était que 74% des entreprises l'utilisent déjà pour les
10:39fonctions support.
10:40C'est vrai qu'est-ce qu'on peut parler vraiment d'une véritable intégration de l'IA
10:44dans la mesure où ça se limite en grande majorité sur ces fonctions support ?
10:49Et donc, forcément, c'est corrélé au gain de productivité.
10:52Quel est votre regard là-dessus ?
10:53Eh bien, justement, c'est ce que nous montrent un petit peu, c'est ce que nous disent les entreprises
10:56et que nous montre l'enquête,
10:57c'est qu'elles n'ont pas encore, elles sont en train de tester la technologie.
11:02Elles sont en train de...
11:04L'IA générative, c'est très facile.
11:05Il suffit d'ouvrir Copilot, ChatGPT, Cloud, et on peut commencer à expérimenter.
11:10Et d'ailleurs, ce qu'on a aussi demandé, c'était l'intensité d'usage de cet outil-là.
11:15Et la plupart des entreprises l'utilisent de manière expérimentale.
11:19Seulement 10% des entreprises vont l'utiliser de manière complètement intégrée
11:24et notamment, ou en tout cas plus, sur des fonctions de support, pas sur leur processus de production.
11:31Yannick Puget, quel est votre regard là-dessus ?
11:33Est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu l'histoire de cette intégration de l'IA au sein
11:38de l'IMSA ?
11:41Oui, oui, tout à fait. Je partage des propos qui ont été énoncés.
11:45En fait, il y a eu deux phases.
11:46Une phase de sensibilisation des collaborateurs, parce qu'on ne voulait pas forcément l'interdire.
11:51On voulait juste l'encadrer et faire en sorte que tout le monde puisse monter en compétence sur cette IA
11:56générative.
11:57Et une deuxième phase qui est, pour les grandes entreprises, un enjeu,
12:02c'est-à-dire de bien s'assurer d'avoir la bonne donnée de manière à insérer cette IA générative
12:09dans les processus métiers, dans les processus de l'entreprise.
12:11Et c'est ça qui prend finalement du temps.
12:13Et je pense que c'est ça qui prend beaucoup de temps dans les grandes entreprises, dans les grandes DSI.
12:18Mais du coup, au sein de votre entreprise, là, ce n'est où on est...
12:21Vous êtes encore dans cette phase d'expérimentation, de récolter la manière dont c'est utilisé par les collaborateurs,
12:27ou vous avez déjà un outil performant qui soit un peu plus prédictif, comme le disait Véronique ?
12:35Alors, on a déployé l'IA générative en assistance pour les fonctions de support, comme le mire le rapport.
12:45Et après, on travaille avec les services RH, pardon, parce qu'en fait, on travaille sur la projection
12:53de comment on amène l'IA générative et comment on transforme les métiers de l'informatique.
12:59Mais sur des cas d'usage très précis, où on a de la donnée claire et on a un process
13:04assez clair,
13:05eh bien, on a des mises en production déjà opérationnelles.
13:10Ce serait quoi, par exemple, les cas d'usage précis ?
13:15Si vous pouviez nous donner un exemple ?
13:17Oui, oui, un exemple qui parlera à tout le monde.
13:19En fait, si par exemple, vous allez au ski et que vous vous cassez une jambe,
13:23eh bien, en fait, quand vous mettez une carte vitale chez un pharmacien pour avoir une location de béquille,
13:32eh bien, cette location doit être dégressive.
13:34Et donc, en fait, on a des mécanismes d'IA qui vérifient que la dégressivité est bien appliquée,
13:40qu'il n'y a pas d'atipie dans la façon dont le process se déroule.
13:44Donc, voilà, c'est des cas comme ça très concrets et très précis.
13:47Mais ce n'est pas encore dans les usines de fabrication logicielle de façon standard
13:52pour l'ensemble des cas d'usage de l'entreprise.
13:54Oui, c'est peut-être cette standardisation qui sera difficile après à mettre en place.
13:58Justement, Véronique, dans cette étude, vous montrez que les gains de productivité associés à l'IA
14:04sont encore à démontrer.
14:06Est-ce que c'est justement parce qu'on manque encore de recul,
14:10parce que finalement, tout le monde ne l'a pas intégré,
14:13ou alors ça fait seulement quelques mois, un an,
14:17où normalement, on pourrait avoir beaucoup plus de gains
14:20et c'est juste que ça a été mal réalisé ?
14:23Non, c'est qu'on est dans la première phase, la phase exploratoire.
14:26On a une nouvelle technologie.
14:27En fait, on s'aperçoit que parmi les freins à l'utilisation de l'IA,
14:32les entreprises qui n'utilisent pas l'IA vont dire
14:35« je ne sais pas quoi en faire, il y a un manque de cas d'usage ».
14:38Une entreprise sur deux ne sait absolument pas à quoi elle va utiliser l'IA.
14:43Par contre, une fois qu'elle l'a pris en main,
14:47dans ces cas-là, l'entreprise note des gains de productivité.
14:51Donc c'est le 30% dont vous parliez.
14:53Et quand elle se projette à trois ans, elle se dit « oui, là je pense que c'est le
14:57double ».
14:57C'est 60% des entreprises qui vont dire « on pense qu'il va y avoir des gains de
15:01productivité ».
15:02Donc si on refait cette étude dans trois ans,
15:04normalement, on ne sera pas sur les mêmes résultats.
15:06Exactement.
15:06On aura une preuve un peu à plus.
15:09Voilà, on aura trouvé à quoi sert l'IA et on l'aura intégré.
15:13Mais on est vraiment au tout début de ce processus-là.
15:16Est-ce que toutes les entreprises peuvent intégrer l'IA ?
15:19Ça peut servir à tous ?
15:21C'est une bonne question.
15:23Parce que je veux dire, autant si certains se demandent si l'entreprise fonctionne bien
15:29et que tous les processus sont quand même bien rodés,
15:32à quoi ça sert de mettre en plus des coûts ?
15:34Et justement, c'est pour ça qu'on se trouve dans cette phase d'exploration, d'expérimentation.
15:41Et c'est ce que les entreprises nous disent.
15:43On n'est qu'au tout début.
15:44Et d'ailleurs, on le voit aussi dans leur projection d'investissement.
15:47Il y a à peu près 20% d'entreprises qui nous disent « il va falloir investir ».
15:50Il va falloir rechercher de nouvelles compétences, peut-être.
15:55Voilà, on sent qu'on est au tout début de quelque chose.
15:58Yannick, vous qui avez déjà intégré l'IA dans certains processus assez rodés,
16:03est-ce que vous remarquez qu'il y a certains éléments qui, pour vous,
16:06c'est des gains de productivité vraiment en interne ?
16:08Vous le ressentez clairement ?
16:11Oui, il y a des gros gains constatés sur le cas d'usage que j'évoquais tout à l'heure.
16:16Le retour sur investissement, il est dans l'année.
16:19Après, je pense que les entreprises, elles ont, comme le mentionne d'ailleurs le rapport,
16:25pas mal d'investissements à réaliser.
16:27Et c'est la raison pour laquelle les vrais gains, ils arrivent, en tout cas en volume,
16:32ils n'arrivent que la troisième, quatrième année,
16:34le temps qu'il y ait l'amortissement des infrastructures nécessaires
16:37à mettre tout en place pour qu'il y ait l'IA dans l'entreprise.
16:40Ça a été évident pour vous de savoir justement les cas d'usage
16:44dans lesquels l'IA pourrait être optimale ?
16:48On a fait une enquête.
16:50En fait, on a sollicité nos caisses régionales pour savoir
16:54quels étaient les usages qui leur semblaient être les plus pertinents.
17:00Alors, au-delà des fonctions de support qui sont sorties en premier,
17:03et c'est vraiment un écho avec le rapport de la Banque de France,
17:06mais on avait aussi des cas sur le juridique,
17:08sur les métiers aussi de tout ce qui est back-office,
17:13de traitement de dossiers, par exemple.
17:15Nous, on a en charge aussi la partie retraite, santé de nos adhérents.
17:20Et ce traitement back-office a pas mal d'actions manuelles.
17:23Et donc, on a pu ressortir quelques cas d'usage assez ciblés là-dessus
17:28et qu'on veut traiter assez vite.
17:30Vous avez dû aussi former peut-être des personnes au sein de l'entreprise.
17:34C'était en termes d'acceptation au sein de l'entreprise, ça s'est fait facilement ?
17:39Alors oui, parce que contrairement à ce qu'on pourrait penser,
17:42un informaticien, il n'est pas forcément plus prêt qu'un autre,
17:46puisque tout le monde n'a pas été formé forcément à l'IA au départ.
17:50C'est nouveau pour tout le monde, finalement.
17:52Exactement, parce qu'on pourrait se dire,
17:54bon, l'informaticien, c'est tout faire.
17:56Pas vraiment.
17:57Donc, on les a accompagnés.
17:58Alors, certains avaient été moteurs, d'ailleurs.
18:00Mais on a accompagné ceux qui étaient plus éloignés.
18:03Et c'était ça, finalement, la première étape de sensibilisation
18:06qui nous a pris un peu de temps
18:10pour laisser personne un peu sur le côté,
18:13pour embarquer tout le monde.
18:15Véronique, c'est vrai qu'on parle quand même d'un acteur informatique du Mutuel,
18:20mais est-ce que, en fait, toutes les entreprises,
18:22tous les secteurs sont autant, aussi bien armés
18:27pour répondre, pour en tout cas faire face à leurs besoins en IA ?
18:30Et peut-être que, j'imagine que ça va aussi creuser des inégalités.
18:33Il y en a qui doivent pouvoir investir énormément,
18:36être très dynamiques sur le sujet, d'autres beaucoup moins.
18:41Oui, alors je ne sais pas si ça vient des compétences intrinsèques au secteur,
18:44c'est plus que, par exemple, le secteur informatique,
18:48celui qui traite beaucoup d'informations,
18:51beaucoup de données, notamment textuelles,
18:55tous ces secteurs-là vont utiliser l'IA génératif
18:59beaucoup plus que les transports,
19:02juste parce que les transports, c'est...
19:04C'est physique.
19:05Physiquement, ils vont moins l'utiliser.
19:07Donc c'est plutôt ces différences-là qu'on va voir,
19:10avec, oui, les services, forcément,
19:12qui sont des plus gros consommateurs d'IA génératifs que l'industrie.
19:17Est-ce que ça ne risque pas de creuser aussi des inégalités
19:19entre ces entreprises qui ont tout à fait les moyens,
19:22les grands groupes, qui peuvent justement investir assez rapidement
19:25dans ces IA prospectives,
19:28les intégrer à des modèles,
19:30tandis que d'autres qui n'auront pas encore
19:32leur capacité financière pour se développer,
19:35ou pour, en tout cas, saisir l'IA surtout sur des fonctions support,
19:40comme on disait ?
19:41Il y a une vraie différence,
19:43il y a une vraie corrélation entre l'usage de l'IA
19:47et la taille de l'entreprise.
19:48Donc plus on est gros, plus on va utiliser l'IA.
19:51Sans doute, justement, parce qu'on a les compétences en interne,
19:54on a des données qui sont déjà structurées,
19:56c'est plus facile de s'approprier cette technologie-là.
19:59Ceci dit, l'auto-entrepreneur,
20:01depuis qu'il a Claude, il est aussi très content
20:03parce qu'il peut aller beaucoup plus vite pour produire des rapports.
20:05Donc oui, il y a une différence.
20:08Ça ne veut pas forcément dire que ça va creuser des inégalités.
20:12Chacun se l'approprie à son niveau.
20:15Yannick, comment est-ce que vous avez fait pour choisir le modèle ?
20:17Parce que c'est vrai qu'en plus,
20:18vous qui maniez des données assez sensibles,
20:22c'est vrai que vous devez forcément vous tourner vers un modèle
20:25soit américain, soit chinois.
20:27Comment est-ce que vous avez fait pour faire ces choix-là ?
20:29Alors, on a eu la chance de s'équiper en infrastructures d'IA
20:35à une époque où ça a coûté un prix, je dirais, normal.
20:38Maintenant, c'est devenu un peu compliqué.
20:41Donc déjà, on avait nos propres infrastructures
20:42sur lesquelles on est venu poser un modèle open source.
20:46l'idée étant de le partager avec nos collègues
20:50de ce qu'on appelle l'inter-régime,
20:51donc les autres régimes de protection sociale,
20:56et avec un modèle open source posé dans nos data centers
21:01pour maîtriser les flux d'informations
21:03et toujours rester dans le respect des données de santé
21:07de nos avérants.
21:11Et je voudrais rebondir, c'est ce qui a été dit par Mme Jarre,
21:14c'est-à-dire, je pense que les PME,
21:17je pense que les PME,
21:20parfois, elles ont un système d'information
21:21un peu plus simple que les grands groupes.
21:24Le problème, c'est que comme effectivement,
21:25elles n'ont pas accès à de l'expertise sur place,
21:29je dirais,
21:31finalement, elles pourraient aller plus vite
21:32pour déployer de l'IA et être plus performantes,
21:34parce que quand il y a tout dans un CRM, par exemple,
21:36pour une ERP, c'est facile parce que la donnée
21:40est au même endroit et alors que dans les grands groupes,
21:42c'est plutôt diffus et réparti.
21:46Le problème, c'est qu'il faut les accompagner.
21:47Donc, en fait, je crois que les PME,
21:49elles ont tout à gagner à se faire accompagner
21:53parce que, justement, je crois que pour elles,
21:56ça irait en tout cas beaucoup plus vite
21:57que les grands groupes, il me semble.
21:58Et d'autant plus que c'est quand même une technologie
22:00qui va extrêmement rapidement.
22:01Là, on voit déjà que Mistral Ayaï a sorti un nouveau modèle.
22:06Je veux dire, en tant que PME,
22:07est-ce que c'est nécessaire de se faire accompagner,
22:10ne serait-ce que poursuivre la cadence
22:12qui se renouvelle quand même assez rapidement ?
22:16On trouve des PME qui…
22:18En tout cas, il y a 18 mois,
22:19on ne parlait pas d'agents IA, en fait.
22:22Là où aujourd'hui, c'est dans toutes les discussions.
22:26Ce qui veut dire qu'une PME, de même,
22:28peut avoir un agent qui s'occupe, par exemple,
22:29du contrôle de gestion.
22:30J'ai eu encore l'exemple la semaine dernière
22:32dans un festival toulousain,
22:35ou une entreprise toulousaine, en tout cas,
22:37utilisait un agent IA pour le contrôle de gestion.
22:40On va avoir des fonctions comme ça à paraître.
22:43Et donc, il y a plein d'opportunités
22:45parce que, quelque part,
22:46c'est un levier de performance pour les entreprises.
22:49Oui, Véronique, vous serez d'accord pour dire
22:50quand même que c'est vraiment un levier de performance
22:53que se mettre à la page,
22:55suivre ses évolutions pour l'entreprise,
22:57c'est nécessairement un gain de productivité in fine.
23:00Oui, oui, oui.
23:02Et c'est toute la difficulté, en fait,
23:05de la prise en main de cette technologie-là,
23:08c'est que ça va très, très vite.
23:09Et en effet, comme vous le disiez,
23:11c'est des technologies qui sont à la base
23:13peut-être plus, en tout cas,
23:15en termes de création de valeur ajoutée,
23:17et tout à la fin du processus,
23:19on va se retrouver aux États-Unis
23:20ou on va se retrouver en Chine.
23:22Et il y a une vraie question européenne
23:24sur ce point-là,
23:26où on est peut-être plus à la traîne
23:28que les autres pays.
23:29Oui, alors pour ça, c'est encore autre chose
23:31de savoir comment se développent
23:32les grands acteurs de l'IA en Europe
23:35du côté des entreprises.
23:36Donc, vous avez une vision sur, justement,
23:39les freins et ces coûts reliés à l'IA.
23:42Ce serait lié à quoi ?
23:43Alors, ce serait lié aux licences,
23:47aux formations, aux infrastructures ?
23:49Il y a une chose assez intéressante
23:50sur les coûts,
23:51c'est que quand les entreprises
23:52n'utilisent pas l'IA,
23:53elles considèrent que le coût
23:56n'est pas un frein à l'entrée à l'IA.
23:58Il faut savoir qu'on a fait cette enquête-là
24:00entre avril et février dernier.
24:03Et déjà, on est sur une autre dimension,
24:07complètement.
24:09Mais à l'époque, si on n'utilise pas l'IA,
24:11on ne considère pas que l'IA est un frein.
24:13Le premier frein, c'est le cas d'usage.
24:15Le deuxième frein, c'est les compétences techniques.
24:18Les considérations éthiques
24:19viennent très très bas
24:20dans les différentes raisons,
24:24dans le questionnaire.
24:25Et le coût, ça doit être à peu près
24:269% des entreprises.
24:28Par contre, si vous utilisez l'IA,
24:30à ce moment-là, le coût,
24:31vu comme frein ou comme obstacle
24:33à l'utilisation de l'IA,
24:34monte à 17%.
24:36Et c'est intéressant parce qu'on était
24:39au printemps dernier,
24:40on était juste au moment
24:41où il y avait le cas Uber
24:43qui avait dépensé tous ses tokens
24:45et qui n'avait plus à continuer
24:48à utiliser l'IA.
24:50Donc aujourd'hui, les entreprises réalisent
24:52que l'IA n'est pas gratuite.
24:53Mais ça, c'est vraiment tout neuf.
24:55Et je pense que l'enquête
24:57a commencé juste à le voir.
24:59Il y aura certainement d'autres enquêtes
25:00l'année prochaine.
25:01Et à ce moment-là, c'est ça qu'on va creuser.
25:04Ce sont ces questions-là.
25:05Oui.
25:05Et quand vous dites que l'aspect éthique
25:08n'est pas sur le haut de la pile,
25:10c'est-à-dire que
25:10est-ce que toutes ces entreprises
25:11ne sont pas forcément conscientes
25:12que derrière ça,
25:13il y a un sujet de cybersécurité
25:16nécessaire, important,
25:18qui donne des données aussi,
25:19que justement, tout ça n'est pas gratuit.
25:22Oui, oui, ou environnemental.
25:24Environnemental, oui.
25:24Peut-être que tout ça,
25:25ce n'est pas forcément conscient
25:26de la part de l'entreprise ?
25:27Sans doute pas.
25:28On peut interpréter de ce...
25:29Sans doute pas.
25:29Mais ce n'est pas ce qu'ils ressent en premier.
25:31D'accord.
25:31Un autre point qui est quand même fondamental
25:34avec cette intégration de l'IA,
25:35c'est l'impact sur l'emploi.
25:37Et il y a une étude avec HEC,
25:40la Banque de France,
25:40qui a été publiée,
25:43qui montre justement
25:44le recul des embauches en CDI
25:46des 21-29 ans
25:47dans les métiers les plus exposés
25:49à l'IA générative.
25:50Est-ce que du coup,
25:50c'est les premiers signes
25:52de ce nouveau monde
25:53dans lequel on rentre
25:54et de ces métiers
25:55qui doivent se réinventer ?
25:57Oui, oui.
25:57Et la jeune génération
25:59est particulièrement touchée.
26:01C'est ce que montre cette étude-là.
26:02C'est une étude qui a pris
26:03vraiment nos données,
26:04donc les entreprises
26:05qui ont été interrogées
26:06et qui a fusionné ça
26:08avec d'autres données
26:10qui sont des données
26:10de Pôle emploi.
26:12Et on voit vraiment
26:13que c'est un frein
26:15à l'emploi des plus jeunes.
26:17Mais forcément,
26:19l'IA génère aussi des emplois.
26:22Donc, au total,
26:24le solde net de ça,
26:25c'est encore très incertain.
26:27Les entreprises se projettent
26:28plutôt dans un solde négatif,
26:30c'est-à-dire qu'il va plutôt
26:31y avoir une destruction d'emplois
26:32à horizon 3 ans.
26:34C'est peut-être un cirque,
26:35un peu comme l'automobile
26:37et le véhicule électrique
26:38qui doivent se renouveler, etc.
26:39Pareil, le monde du travail,
26:41le monde des cols blancs
26:41doivent se renouveler.
26:42Exactement.
26:43Oui, oui.
26:44C'est une révolution technologique
26:45majeure
26:46qui va impacter
26:47le marché du travail.
26:48Donc, on reparle
26:49de tous ces gains
26:51et de l'impact
26:51à l'échange 3 ans
26:53puis 10
26:54et on verra bien.
26:55Oui, c'est ça.
26:55Où est-ce qu'on en est ?
26:56Super, merci.
26:58Beaucoup à tous les deux.
26:59Yannick Puget,
27:00je rappelle que vous êtes
27:00directeur des systèmes
27:02d'information adjoint
27:03à l'IMSA,
27:04donc l'acteur informatique
27:05mutuelle sociale agricole
27:07et Véronique Jean.
27:08Merci d'avoir été avec nous.
27:09Vous êtes chef de service
27:10conjoncture au sein
27:10de la Banque de France.
27:11Merci à tous les deux
27:12de nous avoir parlé
27:13de l'IA,
27:14de son intégration
27:15dans les entreprises
27:16et bien sûr
27:17les gains de productivité
27:19attendus derrière.
27:20Et merci à toutes et tous
27:21de nous avoir suivis.
27:22C'était Smartéco.
27:23Sous-titrage Société Radio-Canada
27:26Sous-titrage Société Radio-Canada
27:31Sous-titrage Société Radio-Canada

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