- il y a 7 heures
Mardi 13 octobre 2026, retrouvez Nathalie Benatia (Macroéconomiste, BNP Paribas Asset Management), Gilles Bazy-Sire (Président, Equity GPS) et Alexandre Drabowicz (Directeur des investissements, Indosuez Wealth Management) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.
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00:31Les premières banques américaines ont publié leurs comptes, à commencer par Goldman Sachs, qui fait état d'un meilleur trimestre
00:39que prévu, avec une hausse de plus de 70% de son chiffre d'affaires trimestriel porté par les activités
00:47de marché et d'action.
00:48Son activité titre à revenu fixe, devise et matières premières a été très volatile cette année.
00:54Le titre est en hausse de 3% dans les premiers échanges. JP Morgan fait état d'un bénéfice supérieur
01:01aux attentes au troisième trimestre, mais la banque d'investissement ralentit.
01:05Le titre est en hausse de 1,5%. Wells Fargo fait état d'un bénéfice qui progresse au troisième trimestre,
01:12un bénéfice par action aussi en hausse de plus de 10%.
01:15C'est parfaitement conforme aux attentes. Le titre cède néanmoins 1%. Enfin, Citigroup fait état de son meilleur troisième trimestre
01:25depuis 10 ans.
01:26Le chiffre d'affaires est légèrement supérieur aux attentes. Il est porté par la croissance des activités, services et gestion
01:34de patrimoine.
01:35Le titre est à l'équilibre. Demain, ce sera au tour de Bank of America, Morgan Stanley et BlackRock de
01:43publier.
01:44Hier, côté français, on a regardé les comptes de LVMH qui a fait état d'un chiffre d'affaires inférieur
01:49aux attentes au troisième trimestre.
01:51LVMH cède 2% aujourd'hui après avoir perdu plus de la moitié de sa valorisation depuis 2023.
01:58Dans le sillage de LVMH, Kering et Hermès cèdent 3% environ.
02:03Alors qu'ASML et TSMC s'apprêtent également à publier cette semaine.
02:07La chute des fabricants de puces s'accentue sur les marchés à l'image de Samsung et SKNX, par exemple,
02:13qui ont fait plier le Cospi sud-coréen de plus de 5% en clôture ce matin.
02:18Face à la crainte d'une concurrence chinoise de plus en plus agressive,
02:22les investisseurs vendent leurs actions conséquences.
02:26L'indice SOX des semi-conducteurs a décroché hier à son plus bas niveau depuis trois semaines
02:31et s'établit en repli de 3% aujourd'hui encore.
02:35L'autre sujet du moment, c'est évidemment ce qui se passe du côté des marchés obligataires mondiaux.
02:41Aujourd'hui, c'est un jour de détente, de légère détente obligataire sur ces marchés.
02:46Dans ce contexte, on continue de surveiller la France.
02:50On va en reparler évidemment sur ce plateau dans un instant.
02:53Un mot juste avant des États-Unis avec un rendement américain à 10 ans
02:57qui cède environ 5 points de base et repasse autour de 5,20%.
03:01Le rendement américain à 30 ans s'établit autour de 5,55%.
03:06Aujourd'hui, un point sur le Japon également,
03:08où le rendement à 10 ans avait touché un plus haut historique la semaine dernière à 3,12%.
03:13Un rendement japonais à 10 ans qui se détend également
03:16et qui s'établit aujourd'hui autour de 3%.
03:20Maintenant, revenons rapidement sur la France avant d'en revenir plus largement sur ce plateau.
03:25Le rendement français à 10 ans a cédé une dizaine de points de base ce matin
03:30avant de remonter un petit peu au cours de la séance autour de 4,85%.
03:35Le spread franco-allemand reste toujours bien établi autour de 140 points de base.
03:40En effet, c'est le risque politique qui continue de peser sur la France
03:44entre budget, dette, déficit et élections présidentielles et législatives.
03:50Aussi, au mois de juin, on peut attendre que cette situation reste tendue encore pour quelques temps.
03:57Justement, John Gray de Blackstone et Christopher Waller de la Fed Alert
04:01sur les tensions budgétaires françaises.
04:04Ils ont dit que c'est un signal inquiétant pour les pays très endettés et à faible croissance.
04:09Et selon eux, les Etats-Unis échappent à ce risque grâce à une croissance plus forte
04:14et à l'afflux de capitaux investis dans la tech et dans l'IA.
04:283 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
04:32Nathalie Benassia, macroéconomiste chez BNP Paribas Asset Management.
04:36Bonsoir Nathalie.
04:37Bonsoir Pauline.
04:38Alexandre Drabovitch, directeur des investissements d'Indo Suez Wealth Management.
04:42Bonsoir Alexandre.
04:43Bonsoir Pauline.
04:43Et Gilles Bazissier, vous êtes président d'Equity GPS.
04:46Bonsoir Gilles.
04:46Bonsoir.
04:47Nathalie, je vous propose de commencer avec cette situation française.
04:50On reviendra après sur l'actu du jour, à savoir le top départ de la saison des résultats
04:56et des comptes des banques américaines.
04:58Mais commençons par la France, par la dette de la France, par les taux français
05:02et puis par ce spread franco-allemand.
05:05Nathalie, toujours élevé à 140 points de base après avoir touché 160 points de base presque la semaine dernière.
05:11Qu'est-ce que ça nous dit sur la situation de la France ?
05:15Et est-ce que, selon vous, c'est une situation inquiétante pour les marchés ?
05:19Alors, ça nous dit des choses.
05:24Puisque Christopher Waller s'est occupé de la situation française, on peut peut-être aller chercher ce que disent d
05:29'autres étrangers.
05:31Moi, j'aime bien l'approche de l'agence Fitch, l'ange de notation, qui fin août a conservé la
05:38notation de la France
05:39et a sorti cette note d'un commentaire qui soulignait que l'économie française était vaste et diversifiée,
05:47que le secteur bancaire est solide et que nous disposons d'une base d'investisseurs profonde.
05:52Et dans l'autre colonne, Fitch soulignait ce qu'ils ont baptisé la fragmentation politique
06:02qui empêche de s'engager finalement sur un chemin budgétaire plus vertueux.
06:08Je crois que c'est ça le problème de la France.
06:10Et puis, il ne faut pas oublier, toujours pour évoquer ce qu'a dit Waller,
06:17c'est que c'est un problème général.
06:19L'endettement de beaucoup de grandes économies développées est un problème généralisé, bien connu.
06:26que les Etats-Unis ne prennent visiblement pas un chemin vertueux en matière de finances publiques.
06:32C'est vrai que si on prend la célèbre équation qu'on appelait à un temps l'effet boule de
06:38neige,
06:38donc l'équation qui va finalement mettre en relation l'évolution de la dette
06:44et les niveaux de croissance et de taux d'intérêt,
06:48la France n'est pas dans une situation très favorable à l'heure actuelle.
06:53Est-ce que, Nathalie, la BCE pourrait intervenir ?
06:57Alors, on est loin des seuils de 2022 encore.
07:00Par exemple, je pense à l'Italie, etc.
07:02La BCE, elle dispose d'outils comme le TPI, par exemple, pour intervenir.
07:06Est-ce que vous pensez, bon, ce n'est pas à l'heure du jour, évidemment, aujourd'hui,
07:10mais que ce serait une possibilité ?
07:12Alors, ce n'est pas à l'heure du jour.
07:13En fait, la BCE a trois façons, s'il le fallait, encore une fois,
07:17d'intervenir sur les niveaux de taux longs.
07:20D'abord, ce qu'elle a fait pendant longtemps, c'est-à-dire racheter des titres directement
07:27dans des programmes de rachat.
07:29Et là, l'outil le plus simple à sa disposition, ce serait de stopper son quantitatif tightening,
07:36donc de se mettre à réinvestir les tombées des obligations.
07:42Les deux autres outils sont souvent qualifiés de bazookas.
07:46Ils n'ont jamais servi.
07:47La BCE, c'est un petit peu comme moi quand j'achète des outils.
07:50Ils restent en général tout neufs parce que je m'en sers très peu.
07:54Donc, la BCE n'a jamais utilisé ni l'OMT, donc en 2012,
08:00le « whatever it takes » c'était l'OMT, les opérations monétaires sur titre,
08:05ni le TPI finalement évoqué pratiquement dix ans après le « whatever it takes »
08:13et qui est un outil entièrement à la main de la BCE
08:17qui peut décider si la transmission de la politique monétaire
08:21est menacée par les mouvements de marché, d'intervenir.
08:25Mais là aussi, c'est un outil qui est assorti de conditions, de conditions lourdes
08:30et honnêtement, on ne peut pas parler de fragmentation des marchés obligataires
08:34de la zone euro à l'heure actuelle.
08:37Parce qu'Alexandre, je vous passe la parole, on pourrait craindre plutôt
08:42une diffusion à l'ensemble de la zone euro.
08:45Par exemple, je pense à l'euro-dollar, un euro qui a chuté surtout sur les derniers jours,
08:50qui a perdu près de 1% face au dollar, qui se traite aujourd'hui toujours sous 1,12%,
08:55proche de ses plus bas depuis 17 mois.
08:57Est-ce que ce risque de contagion est possible, sachant qu'au-delà de la France,
09:02qu'il y a des élections présidentielles et législatives peut-être l'année prochaine,
09:06il y a aussi l'Italie qui va avoir une période politique,
09:09l'Espagne avec les élections anticipées,
09:11évidemment ce qui se passe en Allemagne avec la montée de l'AFD aussi.
09:16C'est vrai que sur les devises, il y a toujours deux côtés.
09:19Il y a le côté dollar, le côté euro.
09:22Maintenant, pour venir sur la question française,
09:24par exemple, et la conséquence sur l'euro,
09:26c'est qui est le plus de mauvais élèves dans la classe, finalement.
09:30En 2025, on était plutôt à truc, c'était les Etats-Unis qui étaient de mauvais élèves,
09:34et notamment avec une trajectoire de la dette qui était insoutenable.
09:38Ils sont quand même sur une trajectoire budgétaire,
09:40avec un déficit qui va largement dépasser les 6%, approcher les 7%.
09:44C'est vrai que nous, avec nos 5,4%, on est mauvais,
09:46mais on n'est pas aussi mauvais que les autres.
09:48Mais c'est vrai qu'il y a un confluent d'événements actuellement
09:52qui redonne quand même énormément de lumière sur la France.
09:57On n'avait pas trop besoin de ça, quelque part.
10:00Maintenant, quand j'observe l'augmentation du spread franco-allemand,
10:03donc on est passé avant l'été de 80 à 140,
10:06ça fait 60 dupes d'augmentation, l'Italie en a pris 30.
10:11Dans le passé, c'était l'inverse.
10:13C'était l'Italie qui avait tendance à augmenter beaucoup plus vite que nous.
10:16Les Italiens ont tendance à dire que c'est à cause de vous, Français,
10:19que notre spread augmente.
10:21Maintenant, je pense que c'est aussi un phénomène un peu plus global,
10:24effectivement, sur les pays endettés.
10:26Mais au-delà du niveau relatif,
10:29et si on regarde maintenant sur un côté un peu plus positif de la situation,
10:33qu'est-ce qui pourrait stabiliser un peu le marché ?
10:34Je pense qu'il faut raisonner aussi en taux absolu.
10:36Vous le disiez tout à l'heure, un 10 ans français à 4,85.
10:40Ça se regarde quand même.
10:42Sachant qu'il était resté au-delà de 4,90 sur les deux, trois derniers jours aussi.
10:48Il faut regarder aussi le rendement réel.
10:49Parce que c'est vrai qu'on a une inflation,
10:51on va dire à 2,5 au niveau européen et au niveau corps.
10:55Donc vous commencez à avoir un niveau de rendement réel
10:58qui est quand même relativement intéressant.
11:00Il y a beaucoup de liquidités quand même globalement.
11:02Je le vois, je suis un dossier dans nos clientèles privées.
11:05Il y a quand même encore pas mal de cash, pas mal d'argent qui rentre.
11:09Et il va falloir trouver encore une fois des nouvelles solutions d'investissement.
11:13Je ne dis pas que les gens vont se mettre à acheter en masse de la dette française.
11:17Mais néanmoins, je pense qu'on va arriver d'une part sur des niveaux absolus qui sont bons.
11:21Parce qu'on parle beaucoup en fait de ces investisseurs étrangers qui détiennent 50% de la dette.
11:26Donc c'est une force.
11:26Mais ça veut dire aussi qu'on sous-exploite encore notre base domestique.
11:31Qu'on pourrait tout à fait voir de plus en plus d'investisseurs domestiques,
11:34des fonds de pension, des assureurs.
11:36À ce niveau de coupons et rendement,
11:39ils ne vont pas déployer l'argent de jour au lendemain.
11:42Mais il est bien évident que ces niveaux-là vont commencer à devenir attractifs à nouveau pour les investisseurs domestiques.
11:47Ah oui, donc ça va attirer, ça pourrait attirer des nouveaux investisseurs dans les prochains mois,
11:51les prochaines semaines, peut-être, Alexandre ?
11:53Oui, alors on parle beaucoup des fonds de pension et des investisseurs institutionnels.
11:58Moi, je reprends beaucoup l'exemple de ce qu'a fait la Belgique et l'Italie
12:00à un moment donné où ils avaient besoin de beaucoup se refinancer.
12:03Nous, on n'a pas émis de fameux emprunt baladur qu'on avait fait à une certaine époque,
12:08pour ceux qui s'en rappellent.
12:09Et on n'a pas fait encore appel à l'épargne publique française pour émettre de la dette française.
12:15La Belgique l'a fait, 22 milliards sur une souche en 2023.
12:19L'Italie, entre 2023 et 2025, ils ont quand même refinancé jusqu'à 120 milliards en BTP italien,
12:25avec bien évidemment un avantage fiscal avec, puisque si je vous dis,
12:29au lieu de payer 30% sur votre coupon, je vais vous donner une fiscalité à 10%,
12:33là, le jeu commence à devenir potentiellement intéressant.
12:36Donc, je pense qu'il y a des moyens un peu imaginatifs pour faire peut-être des solutions.
12:41et je pense que dans un monde où, effectivement, il va falloir réémettre plus de dettes,
12:45il va falloir trouver de nouveaux investisseurs.
12:47Il y a une constitution de primes qui est en train de s'opérer.
12:51Évidemment, ça peut encore aller plus loin, c'est vrai,
12:53parce qu'aujourd'hui, on manque beaucoup de visibilité.
12:54On est quand même encore à neuf mois des échéances électorales.
12:57Mais on va dire qu'on commence à devenir quand même à des niveaux de plus en plus intéressants.
13:01Oui, neuf mois des échéances électorales de l'élection présidentielle.
13:04Après, il y aura certainement une élection législative aussi
13:06qui va, du coup, déterminer si une majorité sera présente à l'Assemblée nationale.
13:13Gilles, vos commentaires sur tout ce qui a déjà été dit,
13:16la situation française, si vous voulez parler de la France,
13:20mais on peut aussi parler plus largement des taux à travers le monde,
13:23parce qu'il n'y a pas que la France.
13:25Il y a eu des mouvements vite et forts aussi, je pense, aux États-Unis, par exemple,
13:29sur un rendement à 10 ans qui s'établit aujourd'hui à 5,20%,
13:33mais qui a touché les 5,30%, un rendement à 30 ans qui était au plus haut aussi.
13:39C'est un mouvement quand même qu'on remarque un peu partout à travers le monde
13:43si on met de côté ce cas français vraiment politique et idiosyncratique, Gilles.
13:49C'est vrai, c'est vrai.
13:51Et pour ça, je suis complètement d'accord avec tout ce qui a été dit.
13:55Et avec aussi le point sur le fait qu'historiquement,
14:00il y a une corrélation assez forte, même si petit à petit,
14:02elle se réduit dans le temps pour des raisons assez compréhensibles,
14:07mais entre les prix de l'énergie, d'une part,
14:10et les taux d'intérêt, d'autre part.
14:13Donc c'est assez classique.
14:16Et les prix d'énergie, il y a des flux et des reflux.
14:22Et il n'est pas illégitime que dans ces périodes-là,
14:26à peu près tout, il y ait une accélération de la hausse des taux longs dans le monde entier.
14:30D'accord.
14:31Donc ça, c'est le premier point.
14:32Le deuxième point, quand même, c'est qu'on est...
14:36Nous, on a classé de façon quantitative, mais à très long terme, structurelle,
14:42les pays industrialisés,
14:46et donc les actions cotées de ces pays,
14:50les actions cotées des sociétés qui ont leur racine dans ces pays-là,
14:54même si elles sont très internationales,
14:56en deux catégories.
14:57Et on a cherché d'abord à isoler, au sein des pays développés,
15:01les pays qui étaient les plus vertueux.
15:05Et pas seulement en matière de finances publiques,
15:09pas seulement en termes de budget,
15:11mais en termes de taux de prélèvement,
15:13en termes de compétitivité des entreprises,
15:17en termes de niveau d'innovation,
15:18et de dispersion rapide de l'innovation dans le tissu social et dans les entreprises.
15:25En termes de financement des retraites,
15:29en termes d'adhésion de la population au système,
15:35donc en termes de stabilité politique, également,
15:38et de non-confrontation.
15:40Et en fait, ce qu'on trouve, c'est assez surprenant.
15:43Vous avez à peu près 20% de la capitalisation boursière mondiale
15:47des pays développés,
15:51qui est concentré dans une quinzaine de pays
15:56de très grande qualité,
15:59qui ne sont pas endettés,
16:02qui ne sont pas à 5%, 6% de déficit budgétaire,
16:07mais ont été déjà en excédent à post-Covid.
16:11Et donc, si on a ensuite 2-3, par exemple,
16:13en Europe, vous avez les Pays-Bas et l'Allemagne.
16:16D'accord.
16:17Mais c'est tout, dans la zone euro.
16:19En Europe, au sens large,
16:20alors l'Europe est deux fois plus grande que la zone euro
16:23en matière de capitalisation boursière.
16:25Donc vous avez les Capes nordiques.
16:27Oui.
16:27Et la Suisse.
16:28La Suisse, c'est un gros marché.
16:30Beaucoup de gens en pensent que c'est un petit pays.
16:32C'est quand même 9 millions d'habitants.
16:34Mais c'est, quand on pondère par le PNB,
16:37ça vous fait la région parisienne.
16:38Ah, d'accord.
16:39Vous imaginez une France sans région parisienne
16:41en termes corporettes, en termes de consommation, etc.
16:45Donc c'est vrai que c'est une autre devise.
16:47C'est compliqué à gérer.
16:48Ce n'est pas dans l'euro.
16:50Mais voilà.
16:52Et le monde plus vaste,
16:54on les appelle pays triple A+.
16:57Parce que, pour bien distinguer
16:59du fait de l'assumé seulement du rating de la dette,
17:04mais intégrer les éléments qualitatifs que je mentionnais,
17:08vous avez le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande,
17:12Hong Kong, Singapour.
17:14Et quand vous additionnez tout ça,
17:16c'est 20% de la capy boursière mondiale.
17:19Ça vaut le coup, quand on est benchmarké au monde,
17:23ou au monde développé, ou à l'Europe,
17:27ça vaut le coup d'aller également se diversifier
17:30dans des pays de très très belle qualité.
17:32parce que très souvent,
17:34les entreprises reflètent la qualité de la gouvernance publique.
17:39en fait, ça se dissémine assez largement.
17:43On va revenir justement sur les entreprises avec vous,
17:46juste après, Gilles, sur justement ce top départ,
17:48des résultats du troisième trimestre.
17:50Juste avant, Nathalie, un mot.
17:53Alors, on a parlé,
17:55enfin, je veux rappeler un peu les équilibres
17:56sur le marché obligataire américain.
17:58On a la Réserve fédérale qui va se réunir bientôt,
18:01le 28 octobre, et la BCE le 29.
18:06On a pris connaissance d'un rapport sur l'emploi
18:10moins solide que prévu il y a quelques semaines.
18:13On a pris connaissance des indices PCE, corps PCE.
18:16On attend l'inflation américaine demain, le CPI.
18:19Qu'est-ce qu'on peut attendre de cette réunion
18:21de la Réserve fédérale ?
18:23Pour qui, à l'heure actuelle,
18:24un statu quo est largement pricé par le marché, Nathalie ?
18:27Oui, en effet, c'est ce qui est attendu par les marchés.
18:30C'est ce que nous attendons également de notre côté.
18:33Moi, ce qui me frappe en ce moment,
18:34c'est qu'on va peut-être vraiment toucher du doigt
18:36ce que veulent dire les banques centrales
18:38quand elles nous disent qu'elles sont data-dependent.
18:40Alors, on va reparler de M. Waller,
18:42qui nous avait dit, avant la précédente réunion,
18:44« Moi, j'attends le chiffre de l'inflation
18:46pour me faire mon idée. »
18:47Puis après, il a dit,
18:48« Non, mais ce n'est pas vraiment comme ça,
18:49que ça marche. »
18:51Et en fait, cette notion de dépendre des données
18:54pour les banques centrales,
18:55de mon point de vue, c'est surtout
18:57faire son travail en se disant
18:59« Où en est la situation économique maintenant ? »
19:01« Où est-ce qu'elle peut être dans six mois ? »
19:03Et je vais prendre ma décision de politique monétaire
19:05avec ces éléments.
19:06Ce n'est pas
19:07« Où est-ce que l'intelligence artificielle
19:11va nous amener à un horizon de cinq ans, dix ans ? »
19:14Et dans ce cas-là,
19:15si j'imagine que le taux d'équilibre peut être plus haut,
19:18je vais prendre cela en compte
19:20dans ma politique monétaire.
19:22Ah, donc elle regarde vraiment à l'instant T.
19:23J'ai vraiment l'impression que...
19:24Enfin, pas la dernière donnée,
19:27mais vraiment d'avoir une idée précise
19:29de la situation conjoncturelle.
19:31Et d'ailleurs, c'est ce qui risque de manquer
19:32du côté de la réserve fédérale américaine
19:34si Kevin Walsh s'obstine
19:36à nous donner quelques éléments
19:38et de voir où cela peut nous emmener
19:41en gardant présent à l'esprit
19:43et l'objectif d'inflation, bien sûr.
19:45Et puis, tout récemment,
19:46la BCE nous l'a montré aussi
19:48en infléchissant son discours
19:49les éléments sur les données de marché
19:52et sur l'évolution des taux longs.
19:56Mais donc voilà,
19:57ce sont des banques centrales
19:58qui ne sont pas forcément confortables
20:00à l'heure actuelle.
20:00D'ailleurs, personne n'est vraiment
20:01très à l'aise en ce moment.
20:04Mais qui finalement peuvent trouver le cap
20:07au milieu de ces éléments.
20:10Et puis, pour revenir juste peut-être
20:11un dernier mot sur les niveaux de taux.
20:14C'est vrai que c'était très intéressant
20:16de parler en niveau absolu de taux.
20:19Ce qui m'a frappé dans une récente enquête,
20:21toute récente enquête
20:21auprès des grands gérants d'actifs,
20:24c'est qu'on leur pose la question
20:25à quel niveau de T-notes
20:28vous changez d'allocation ?
20:30C'est-à-dire que vous considérez
20:31que finalement ça devient intéressant.
20:34C'est quand même encore assez haut.
20:35C'est 6% à peu près
20:37qui ressort sur du 10 ans américain.
20:41Donc c'est à la fois assez haut.
20:42Donc on se dit qu'il y a quand même
20:43encore peut-être à souffrir, entre guillemets.
20:46Mais ce qu'on peut dire à contrario,
20:49c'est qu'on est peut-être
20:50dans une nouvelle situation normale,
20:52qu'on est sorti des taux très bas
20:55pendant très longtemps,
20:56et qu'on revient à une situation normale
20:58finalement plus en phase
20:59avec les fondamentaux économiques.
21:02Alexandre, si vous avez des commentaires
21:04sur cette réserve fédérale américaine
21:07et puis peut-être un mot aussi
21:08des résultats du troisième trimestre
21:10qui ont démarré la semaine dernière
21:14avec Delta,
21:15mais qui ont vraiment commencé
21:17avec les banques aujourd'hui.
21:19D'un point de vue macro,
21:21comment vous regardez cette saison
21:22des résultats ?
21:23Qu'est-ce que vous attendez,
21:25sachant qu'on rappelle
21:25que la saison du deuxième trimestre
21:27était assez impressionnante
21:29en termes de chiffres, Alexandre ?
21:32Oui, en fait, finalement,
21:33on résume le débat aujourd'hui
21:35avec des forces macro
21:36qui s'opposent à des forces micro.
21:39Donc on a quand même une macro
21:40qui est quand même relativement lourde,
21:42qui est l'étollon.
21:43Ça, ça pèse malgré tout
21:44sur les valorisations.
21:46On se pose des questions, évidemment,
21:48sur les investissements
21:49autour de l'intelligence artificielle.
21:51Se financer à l'étolla,
21:53c'est quand même très évident.
21:54Et donc, est-ce qu'on va monétiser
21:56cette partie-là ?
21:57Il y a l'inflation,
21:59il y a le pétrole,
22:00il y a les conflits.
22:01Et puis, en face de ça,
22:03si on regarde malgré tout
22:04les fondamentaux
22:05et on regarde la puissance
22:07quand même de la croissance
22:08des profits,
22:09eh bien, la micro,
22:10elle passe au-dessus
22:11de la macro actuellement.
22:13Ce qui est la bonne nouvelle.
22:13Parce que si on y réfléchit
22:14un petit peu,
22:15vous avez eu la croissance
22:16des profits sur l'année
22:17sur les actions américaines
22:18de 25%.
22:19On est en haut de 15%.
22:20Je réagère un petit peu.
22:21Mais ça veut dire
22:22que vous avez quand même eu
22:23une contraction des valorisations
22:24de pratiquement 10 points.
22:26Et à chaque fois
22:27qu'on va dans la saison
22:28des résultats,
22:29jusqu'à présent,
22:30on a plutôt des surprises
22:31positives.
22:32Donc, on va le voir.
22:33Moi, ce que j'observe quand même,
22:35c'est que tous les investisseurs
22:36aujourd'hui se disent
22:37je reste investi,
22:38mais je ne suis pas plein pot.
22:40Aujourd'hui,
22:40dans mes allocations,
22:42dans la même étude
22:43dont vous faites référence,
22:44effectivement,
22:45les investisseurs
22:46n'ont pas beaucoup de cash,
22:47mais le sentiment,
22:48le positionnement,
22:49il n'est pas non plus
22:49très très agressif.
22:50Tout le monde ne veut pas
22:52malgré tout louper
22:53une dernière potentielle hausse
22:55avant la fin de l'année.
22:58Notamment parce qu'on a
22:59quand même
22:59une force très importante
23:01de la croissance des profits.
23:03On a essayé nos résultats
23:04attendus encore à 25%.
23:05Imaginons qu'on la batte
23:07un petit peu,
23:07un positionnement
23:08un peu plus faible
23:09qui s'est un petit peu élagué.
23:10On pourrait avoir
23:11un bon finish.
23:12Et rajoutons à ça
23:14peut-être une petite détente
23:15sur les taux longs,
23:16un pétrole qui baisse
23:17un petit peu.
23:18Et là, potentiellement,
23:18c'est un cocktail
23:19qui sera très positif.
23:20Donc, voilà,
23:21il y a ces deux forces
23:22qui s'opposent.
23:23De temps en temps,
23:24c'est le marché obligataire
23:25sur lequel on se focalise.
23:26Et là, on a un marché
23:26qui se détend.
23:27La micro qui repart,
23:29des bons résultats
23:29et ça repart.
23:30Mais la tendance globale,
23:31si on regarde
23:32sur toute l'année,
23:33si on s'était dit
23:33au mois de janvier,
23:34on va aller voir des taux
23:36à 25 ou 5,30 aux Etats-Unis,
23:39parce qu'avant,
23:40c'était plutôt 4,65, 5,
23:42le niveau de retournement
23:43du marché actions.
23:44On ne l'a jamais eu,
23:45ce retournement.
23:46Donc, voilà,
23:46quelque part,
23:47un peu la tête froide,
23:48prendre un petit peu de recul.
23:50La cesse dans le résultat
23:51est très bonne.
23:51Il y a la différenciation,
23:52il y a de la rotation,
23:53évidemment,
23:54sectorielle entre pays.
23:55Nous, on reste très positif
23:56sur les actions américaines,
23:57les actions émergentes,
23:58beaucoup plus prudentes,
23:59par contre, sur l'Europe.
24:00Ah, d'accord.
24:01Oui, c'est sûr.
24:02L'Europe, c'est un peu...
24:04D'ailleurs,
24:04il y a moins de croissance
24:05attendue en Europe,
24:06évidemment,
24:07qu'aux Etats-Unis
24:08en termes de profit
24:10sur les résultats.
24:12Gilles,
24:13il nous reste 4 minutes
24:14pour parler des résultats.
24:16Peut-être,
24:16on peut faire un focus.
24:18J'ai rappelé un peu
24:19les résultats des banques
24:21qui ont publié
24:22cet après-midi.
24:23Si vous voulez dire un mot,
24:24peut-être de LVMH aussi
24:25qui a publié hier soir
24:27et Delta
24:28qui avait publié aussi vendredi.
24:30Mais je pense qu'on peut
24:30se concentrer plus
24:31sur la France
24:32et puis sur ces banques américaines.
24:34Avec plaisir.
24:35Alors,
24:35les banques américaines
24:36sont portées par une activité
24:39très, très active,
24:41très favorable
24:42sur les marchés,
24:43notamment sur les marchés actions,
24:45notamment en termes
24:46d'introduction en bourse
24:47et de M&A aussi
24:49aux Etats-Unis.
24:51Mais si on écrète
24:53un petit peu
24:53cela,
24:55les activités dites
24:56de marché,
24:58en fait,
24:58les résultats sont très solides.
25:01Les banques...
25:02Et ça,
25:03c'est le reflet
25:03de l'activité économique
25:06au global
25:07et qui dit
25:08activité économique
25:09dit substrat
25:11financier
25:12qui va toujours bien.
25:14Donc ça,
25:14de ce point de vue-là,
25:16alors,
25:16elles ne sont pas données.
25:18On n'a pas
25:20de signal
25:21de surpondération
25:22très fort
25:23sur les banques américaines
25:24au global.
25:25Mais ça nous paraît
25:28tout à fait
25:30tenable
25:30et
25:32elles sont orientées
25:34plutôt favorablement.
25:35En plus de cela,
25:37on commence
25:38à voir,
25:39et aux Etats-Unis
25:40en particulier,
25:40mais dans d'autres pays
25:41très sensibles
25:42à l'innovation
25:43également,
25:44une diffusion
25:45d'outils
25:46d'automatisation
25:49accentuée,
25:50que ce soit
25:51IA,
25:51qu'on appelle IA
25:52ou autre,
25:53qui font que
25:58les perspectives
25:59à assez court terme
26:01en fait,
26:01d'évolution des résultats
26:02et de simplification
26:03des organisations
26:04et de simplification
26:05des processus
26:06également,
26:08eh bien là,
26:10vont commencer
26:11à jouer
26:11et les banques
26:12sont en plein dedans.
26:15Les processus
26:16sont très complexes
26:17dans les banques
26:18et les frais
26:19de personnel
26:20sont très élevés.
26:21Les salaires
26:22sont élevés
26:23et il y a
26:24beaucoup d'effets joules.
26:26On fait beaucoup
26:26de choses,
26:27beaucoup trop de fois,
26:29avec plein
26:30de supervision
26:30et j'en veux
26:33comme,
26:34on peut prendre
26:35l'exemple
26:35du HSBC
26:36et de son activité
26:37de banque privée
26:38au Royaume-Uni
26:40où là,
26:40il y a quelques jours,
26:41ils ont annoncé
26:42des plans d'économie
26:45extrêmement importants
26:46et pas seulement
26:47chez l'école Blanc,
26:49pas seulement
26:49dans le management
26:51ou les non-opérationnels,
26:53le back office,
26:54mais également
26:54les opérationnels.
26:56Et donc,
26:57là qu'on voit
26:59où peuvent aller
27:01les prévisions
27:02de résultats
27:03l'année prochaine
27:03sur le système
27:05financier
27:05dans son ensemble.
27:07Sur LVMH ?
27:08Sur LVMH,
27:08il nous reste une minute.
27:09On a toujours
27:10un rating
27:10malheureusement
27:12pas extraordinaire
27:13sur LVMH.
27:14D'accord.
27:14Ça dure depuis
27:16plusieurs années.
27:18Il s'améliore
27:19un peu néanmoins
27:20parce qu'avec
27:21la baisse des cours,
27:22vous mentionniez
27:23que les cours
27:25ont à peu près
27:26baissé de moitié
27:27depuis 2023.
27:29Sur les plus hauts,
27:30mais très récemment.
27:31Donc là,
27:31la valorisation
27:32est moins excessive.
27:34Par contre,
27:34la dynamique
27:35des perspectives
27:36reste difficile.
27:38La Chine ?
27:39La Chine,
27:40mais pas seulement.
27:42C'est une activité
27:44qui est quand même
27:45assez liée
27:46à la mode,
27:47au sens,
27:48au mode de consommation.
27:49Et ça,
27:50ça peut changer
27:51avec les générations.
27:52On voit que ça change
27:53sur l'alcool
27:54avec les générations
27:55dans les pays développés.
27:59Et puis,
28:00le reste,
28:00on ne peut pas dire
28:01que sur certaines
28:03de leurs activités,
28:04il n'y a pas
28:04l'effet mode
28:05au sens premier
28:06du terme
28:07également
28:08et qui peut jouer.
28:09Donc,
28:09nous,
28:09on n'a pas de raison
28:11de surpondérer
28:12LVMH
28:13aujourd'hui encore
28:14plutôt
28:15sous-pondérer
28:15malheureusement.
28:16Bon,
28:17on restera attentif
28:18à la suite
28:19de cette saison
28:20des résultats
28:21qui vient tout juste
28:21de commencer.
28:22Merci beaucoup
28:22Gilles Bazissir,
28:24président d'Equity GPS,
28:25Alexandre Drabovitch,
28:27directeur des investissements
28:28d'Indo Suez Wealth Management
28:29et Nathalie Benassia,
28:31macroéconomiste
28:32chez BNP Paribas
28:33Asset Management.
28:34Merci à tous les trois
28:35d'avoir été sur ce plateau.
28:37Demain,
28:38on reste attentif
28:38à l'inflation américaine.
28:40Elle est attendue
28:40en hausse de 3,6%
28:42sur un an
28:42et de 2,5%
28:44dans sa version cœur
28:45hors alimentation et énergie.
28:46Ce sera un des grands
28:47rendez-vous du jour
28:48qu'on suivra
28:49avec évidemment
28:49les résultats des entreprises.
28:51Merci à vous
28:52de nous avoir suivis.
28:53On se retrouve demain
28:53à midi et demi
28:54sur Bsmart.