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Mardi 22 septembre 2026, retrouvez Maxime Hallot (CEO, Voltify) et Solenne Desprez-Braun (Directrice des affaires juridiques et fiscales, F.initiatives) dans SMART ÉCO, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:08Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission de Smart Eco,
00:12l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font l'économie à retrouver tous les jours à
00:17l'antenne,
00:18mais aussi sur notre site bismart.fr et sur toutes vos plateformes d'écoute.
00:22Et au sommaire aujourd'hui, du monde de la recherche à celui de l'entrepreneuriat,
00:27nous partons à la découverte de Voltify, une start-up française de la Deep Tech qui développe des micro-batteries,
00:35une technologie issue de 16 années de recherche qui doit désormais franchir le cap de l'industrialisation.
00:42Puis nous élargirons le débat au financement public de l'innovation,
00:46alors que les entreprises françaises veulent investir plus, voire encore plus dans l'innovation.
00:51Les dispositifs publics de soutien sont jugés indispensables certes, mais aussi complexes et difficiles d'accès.
00:58Alors quelle place pour les aides publiques dans le financement de l'innovation française ?
01:02C'est notre débat du jour, c'est parti pour Smart Eco.
01:09Du monde de la recherche au monde de l'entrepreneuriat, la start-up Voltify fabrique des micro-batteries,
01:16mais avant d'arriver au prototype, il a fallu 16 ans de recherche,
01:20et c'est justement ce passage de la recherche à l'industrialisation potentielle qui va nous intéresser.
01:25Mais avant, quelques mots avec vous, Maxime Allot, bonjour.
01:29Bonjour.
01:29Alors vous êtes le CEO de Voltify, tout d'abord, est-ce que vous pouvez bien sûr nous expliquer cette
01:34technologie ?
01:35Donc je disais que ce sont des micro-batteries qui se rapprochent,
01:38enfin vous êtes inspiré du fonctionnement du corps humain,
01:42on parle de biomimétisme à ce niveau-là, est-ce que vous pouvez nous expliquer ?
01:46Tout à fait. Alors le biomimétisme est un terme assez bien choisi,
01:49puisqu'en réalité on a des objets à l'intérieur du corps humain
01:52qui sont en apparence relativement petits par rapport à la taille du corps.
01:55L'exemple le plus simple sont les poumons.
01:57Donc il faut savoir que quand vous inspirez du sang,
01:59l'échange gazeux entre le sang et l'air inspiré,
02:01c'est à peu près l'équivalent d'un demi-cours de tennis, c'est 100 mètres carrés.
02:05Donc c'est une énorme surface au rapport de l'objet qui est à l'intérieur du corps humain.
02:11Et nous on a repensé un peu l'architecture d'une batterie de la même manière,
02:15puisque la quantité d'énergie que l'on peut stocker,
02:17c'est directement proportionnel à cet échange justement d'ions entre deux électrodes,
02:21donc la même image que les poumons que j'évoquais.
02:24Et donc nous on a créé une architecture en trois dimensions, un peu complexe,
02:27qui est complètement enterrée en fait dans ce qu'on appelle un substrat de silicium.
02:31Donc il y a aujourd'hui l'architecture de base de toute l'électronique moderne.
02:34Et c'est avec ça qu'on a réussi à miniaturiser à l'extrême
02:37et à densifier la quantité d'énergie qu'on peut stocker,
02:40donc dans un composant comme une batterie par exemple.
02:42Et ce modèle-là, ça rompt avec le modèle traditionnel de la batterie ?
02:45C'est-à-dire que ce qu'on va trouver dans les autres outils qui ont des batteries,
02:49ce ne sera pas réalisé de la même manière ?
02:52Complètement. En fait c'est assez atypique dans le monde du stockage de l'énergie
02:55et d'autant plus sur le monde de la microélectronique et des semi-conducteurs,
02:59puisque c'est aujourd'hui notre industrie.
03:01Et l'idée derrière a été déjà initiée par des chercheurs franco-américains
03:05dès les années 2008, mais sans pouvoir réussir à franchir le pas.
03:08C'est-à-dire cette capacité à produire de manière séquentielle
03:12et de maîtriser, gérer la synthèse des matériaux pour des batteries
03:16à l'intérieur de ces architectures complexes.
03:18Et c'est ces briques-là que nous on a réussi à lever au sein de l'entreprise
03:22à travers 16 années de R&D.
03:24Vous allez nous raconter tout ça.
03:25Juste en termes de matériaux utilisés,
03:28là est-ce qu'on est pareil sur ces mêmes matériaux ou des batteries traditionnels
03:32et du coup forcément les mêmes dépendances qu'il y a derrière ?
03:35Alors j'irais oui et non, dans le sens où on a quand même un petit peu fait des choix
03:38technologiques
03:39sur les matériaux.
03:40Par exemple, on reste en technologie lithium-ion,
03:42puisque c'est ce qu'on fait de mieux depuis plus de 50 ans.
03:44Mais par contre, on a fait d'autres choix.
03:45Par exemple, on n'utilise pas de solvant, on n'utilise pas de cobalt.
03:48En gros, on a essayé d'éliminer au maximum tout risque technologique lié,
03:52par exemple à la santé du corps humain,
03:54puisque ça va être des batteries qui peuvent être déployées à l'intérieur du corps.
03:56On l'évoquera après peut-être.
03:58Mais dans l'idée, effectivement, c'est de pouvoir sélectionner ça,
04:01tout en maîtrisant quand même des aspects matériaux qui sont déjà présents dans l'industrie.
04:06Donc vous nous avez parlé de ces toutes petites micro-batteries.
04:10À quel usage sont-elles destinées ?
04:13Alors il y a deux usages.
04:14Alors effectivement, on parle de micro-batteries, pour donner une bonne idée,
04:17c'est entre un millimètre carré et deux fois l'épaisseur d'un cheveu, un grain de sable.
04:21Et donc l'idée derrière ça, c'est de pouvoir répondre à un besoin critique aujourd'hui sur la santé,
04:26qui est la surveillance de ce qu'on appelle les pathologies chroniques.
04:29Le glaucome, le diabète, on peut en évoquer un certain nombre.
04:33Et aujourd'hui, une personne sur 11 est atteinte du diabète.
04:37Et ça représente aujourd'hui énormément de cas pathologiques
04:40sur lesquels on a besoin de ce qu'on appelle de surveillance en continu.
04:43Et tous ces dispositifs qui sont placés à l'intérieur du corps humain,
04:46le seul qu'on connaît assez bien dans le grand domaine public,
04:49ça va être le pacemaker, mais les autres dispositifs que j'évoque
04:52sont incapables de répondre à une autonomie en énergie suffisante.
04:57C'est comme si on avait besoin de le charger tous les jours,
04:59alors que c'est un implant connecté à l'intérieur du corps humain.
05:03Parce que là, l'autonomie, du coup, elle sera de combien de temps ?
05:05Vous savez déjà comment est-ce que vous travaillez ?
05:08Alors c'est très dépendant du cas applicatif.
05:10Aujourd'hui, on travaille avec plusieurs cas d'usage.
05:12Un exemple qu'on peut donner, c'est sur des lentilles connectées pour la DMLA,
05:15donc dégénérescence maculaire liée à l'âge.
05:17Aujourd'hui, on a un client qui a une autonomie de 4 heures sur sa batterie,
05:22donc sur sa lentille connectée.
05:23Et l'inconvénient de ça, c'est que le patient, lui, il a besoin d'une lentille
05:27qui fonctionne à minima toute la journée.
05:28Donc avec nos dispositifs, on pourra avoir plusieurs jours d'autonomie,
05:31quasiment 15 fois plus d'autonomie que celle que l'on peut afficher.
05:34Et d'autres dispositifs, comme pour des implants sur la surveillance de glycémie
05:39pour le diabète, notamment le diabète de type 1 chez les jeunes enfants,
05:42on pourrait imaginer une autonomie qui va passer de deux semaines
05:46à à minima un an et demi.
05:48Oui, ça change radicalement.
05:50Quand on fait de la recherche, donc là, c'est 16 années de recherche,
05:53on pense déjà à son application ?
05:56Est-ce que vous aviez déjà ça en tête pendant toutes ces années ?
05:59Alors, oui et non.
06:00En réalité, le groupe de chercheurs qui a commencé à travailler là-dessus
06:03avait des cas applicatifs d'usage, effectivement, en tête relativement limitée,
06:07c'est-à-dire pas de design très prédéfini.
06:10Mais par contre, au fur et à mesure, on se rend compte de la portée de la recherche
06:13et de la portée, donc, je dirais, du cas applicatif
06:16et du cas, je dirais, de l'impact social sur lequel ça pourrait mener.
06:20Et c'est à partir de là qu'on commence à construire, je dirais, une recherche,
06:24mais plutôt basée sur la visée du cas applicatif.
06:26Donc ça s'est fait de manière progressive.
06:28Et à partir de quel moment pendant ces 16 années,
06:31enfin, qu'est-ce qui vous a permis d'innover, d'aller sur des terrains
06:36qui ne sont pas du tout encore aujourd'hui explorés ?
06:40Parce que c'est vrai que vous avez donc ce champ de recherche,
06:42j'imagine, tout ce qui est microtechnologie, etc.
06:44À quel moment et qu'est-ce qui vous a permis d'aller dans cette brèche
06:49non exploitée encore jusqu'à présent ?
06:51Alors, c'est beaucoup d'itérations et c'est aussi, je dirais,
06:55un accompagnement de nos institutions,
06:57puisque, bon, au départ, avant de créer cette entreprise,
06:59j'étais jeune chercheur.
07:01Et dans l'idée, en France, on a quand même un écosystème qui est assez robuste.
07:05On arrive à produire des connaissances
07:06et on arrive à être leader mondial sur certains sujets.
07:10Et le stockage de l'énergie au sens large fait partie de ces sujets-là.
07:14Donc, c'est un petit peu comme ça qu'on arrive à prendre le sujet,
07:17j'irais à bras-le-corps, avec un groupe de chercheurs,
07:19et qu'on arrive à itérer de manière séquentielle
07:21pour essayer d'amener d'une résolution d'une problématique marché
07:25vers un produit, et surtout vers un produit qui répond à ce besoin de marché
07:30qu'on avait identifié au préalable.
07:31Et ça, c'est accompagné, comment ?
07:34C'est à la fois de l'accompagnement humain, j'imagine,
07:38aussi il y a des aides.
07:39Comment est-ce que vous avez réussi à être accompagné
07:41sur ce processus de mettre une application sur une innovation ?
07:46Alors là, en l'occurrence, c'est une application
07:48qui émane d'une institution qui s'appelle le CNRS,
07:51le Centre National de la Recherche Scientifique Française,
07:54qui est un pilier sur la recherche française au volet académique,
08:02on va dire, donc on a un certain nombre de subventions d'accompagnement
08:04qui financent la recherche publique et qui permettent de manière séquencée
08:09d'aller chercher les moyens suffisants, humains, d'infrastructures,
08:15mais aussi financiers, pour pouvoir mener ces recherches.
08:17Vous en êtes-vous aujourd'hui sur le prototype,
08:19ou à quel niveau vous en êtes de la production ?
08:22Donc là, aujourd'hui, on a un petit outil de production,
08:25grâce au CNRS, encore une fois, puisqu'il nous accompagne
08:28sur le développement de notre technologie
08:29et le développement de notre capacité à produire.
08:32On peut produire entre 3 et 10 000 composants par mois,
08:35typiquement, donc des composants d'un millimètre carré,
08:38et qui offrent, je dirais, des quantités de stockage
08:40qui sont inégalées à travers le monde,
08:42puisqu'on a 15 fois plus de quantité d'énergie
08:44qu'on peut stocker dans ces batteries.
08:46Et donc, on a, voilà, en Haute-France,
08:49cet outil qui nous permet à la fois de répondre aux enjeux de marché,
08:52où on a nos premiers clients,
08:53sur lesquels on est en train de valider des prototypes,
08:56et sur lesquels on a aussi un terrain de jeu
08:59pour poursuivre notre R&D.
09:01Maxime, allô, merci beaucoup d'avoir été avec nous.
09:03On vous retrouve tout de suite dans le débat éco.
09:06On va essayer de comprendre un peu mieux,
09:07prendre un peu plus de hauteur sur ces aides publiques
09:09dont vous nous avez parlé.
09:14L'Observatoire du financement public de l'innovation
09:18vient publier une étude réalisée par Odoxa et F-Initiative,
09:22donc une société de conseil spécialisée dans le financement public de l'innovation.
09:26Alors que les entreprises françaises affichent leur volonté
09:28d'investir davantage dans l'innovation,
09:30elles se heurtent à un paradoxe.
09:32Les dispositifs publics de financement sont jugés indispensables,
09:36mais restent largement méconnues, complexes, difficiles d'accès.
09:40Alors on va décrypter les résultats de cette étude
09:43avec Solène Desprébraune.
09:45Bonjour.
09:45Bonjour.
09:46Vous êtes directrice des affaires juridiques et fiscales de F-Initiative,
09:49donc à l'initiative de cette étude.
09:52Et Maxime, allô, vous êtes toujours avec nous,
09:54CEO de Voltify.
09:55Je me tourne tout d'abord vers vous, Solène,
09:58parce que c'est vrai qu'en fait on utilise énormément le terme innovation,
10:02mettons un tout petit peu de cadre dans nos échanges
10:05et ce que l'innovation, dans le cadre de nos échanges,
10:08est-ce que c'est forcément la R&D ?
10:10Est-ce que c'est ça quand on parle d'innovation ?
10:13Alors en fait, il faut distinguer la R&D qui va permettre
10:16de bénéficier d'un financement et le fait de faire de la R&D.
10:20Et c'est-à-dire qu'en fait aujourd'hui,
10:22et c'est peut-être aussi un paradoxe,
10:23mais en tout cas c'est la réalité,
10:25une société qui est innovante peut potentiellement
10:27ne pas pouvoir bénéficier d'un financement public
10:30parce qu'elle ne remplit pas un certain nombre de conditions.
10:33Et à titre d'exemple, le crédit d'impôt recherche,
10:35il y a certes le Code général des impôts,
10:37mais en fait c'est le manuel de Frascati
10:38qui va déterminer quelles sont les conditions
10:40qui permettent justement de bénéficier d'un financement.
10:43Oui, donc on peut vraiment parler de manière assez classique
10:48d'entreprises innovantes.
10:50Ça ne veut pas forcément dire derrière
10:51qu'il y a eu tout un arsenal d'aides.
10:54Juste, elles ont réussi à se débrouiller par elles-mêmes,
10:57on va dire, pour innover.
10:58Maxime, comment ça s'est passé ?
11:00Alors, ce moment charnière, on va dire,
11:02entre vos travaux de recherche
11:05et le passage à l'activité entrepreneuriale.
11:08Vous avez dit en première partie
11:09que le CNRS vous accompagnait.
11:11Mais est-ce que, déjà en termes de fonds d'aide,
11:16ça a dû être radicalement différent
11:18parce que vous ne dépendez plus des mêmes personnes ?
11:21Comment ça se passe ?
11:22C'est complètement différent.
11:23Effectivement, quand on passe d'une politique de recherche publique
11:26à une politique entrepreneuriale,
11:27on a vraiment un changement de culture.
11:29On a un choc des cultures qui est assez radical.
11:34Et donc, il y a un besoin, effectivement,
11:36de s'acclimater à ces dispositifs,
11:38de s'acclimater à cette nouvelle philosophie
11:40et cette approche qui est complètement différente.
11:42Mais du coup, concrètement, vous avez dû...
11:46Comment ça s'est passé ?
11:47Concrètement, vous avez dû vous approcher
11:48auprès de certains acteurs.
11:51Comment est-ce que vous avez fait ce passage ?
11:54Alors, du coup, effectivement,
11:55il y a quelques acteurs de choix privilégiés.
11:57On a ce qu'on appelle des structures d'incubation.
11:59On a des pôles universitaires d'innovation en France
12:02qui nous permettent, en fait,
12:03de se faire les bons relais avec les bons acteurs.
12:07On a, évidemment, BPI France aussi,
12:09qui est un acteur, j'irai, de référence
12:11puisqu'il propose un certain nombre d'outils,
12:14un certain nombre de subventions,
12:15un certain nombre de formations
12:16qui nous permettent de nous acclimater
12:18et d'adresser les bons guichets, j'irai.
12:21Vous êtes senti assez accompagné.
12:23Vous avez trouvé qu'en France, en tout cas,
12:24vous aviez toutes les armes
12:25pour pouvoir opérer à ce changement ?
12:28Je trouve que le terreau est assez fertile en France, oui.
12:30Surtout pour ce qu'on appelle des start-up deep tech,
12:33donc deep tech en technologie de rupture,
12:35où, effectivement, l'accompagnement,
12:37c'est une volonté politique de BPI France,
12:40notamment,
12:40de pouvoir faire bénéficier au mieux de cet écosystème
12:44et d'avoir les relais suffisants
12:46pour, je dirais, mieux appréhender,
12:48mieux s'acculturer le monde de l'entrepreneuriat.
12:50Le monde de l'entrepreneuriat qui est quand même très différent.
12:52Solène, est-ce que vous avez déjà prononcé
12:54le terme de crédit impôt recherche ?
12:56Ça, ce n'est pas la seule aide qui existe,
12:59mais est-ce que c'est la principale ?
13:01En termes de créances fiscales, oui, aujourd'hui,
13:03parce qu'on parle de quasiment 8 milliards
13:04et c'est aussi ce qui contribue au fait
13:06qu'ils puissent parfois bénéficier, malheureusement,
13:08d'une mauvaise image.
13:10Pour rebondir sur ce que disait Maxime,
13:12effectivement, il y a un vrai désir de simplification
13:14de la part des pouvoirs publics
13:16et on peut notamment saluer l'effort de la DGE,
13:19la Direction Générale des Entreprises,
13:20qui a mis en place un simulateur
13:22qui permet de calculer l'assiette du cire.
13:24Donc, on sent ce désir de simplification
13:25à la fois pour trouver l'aide qui correspond,
13:28mais également pour en bénéficier.
13:29Mais derrière, effectivement,
13:31on a quand même,
13:31et c'est ce qui ressort de l'étude,
13:3384% des décideurs qui estiment
13:35qu'aujourd'hui, ils se sentent mal informés.
13:37Exactement.
13:38Donc, c'est le principal défaut du dispositif,
13:42c'est le manque...
13:43Mais c'est presque intéressant
13:44parce qu'on parle très peu du manque de moyens en soi.
13:47On parle vraiment juste d'un manque d'accompagnement.
13:49Donc, c'est même pas une question de moyens, finalement.
13:52En fait, l'instabilité fiscale que nous avons aujourd'hui,
13:55parce qu'il faut savoir qu'on a quand même
13:5620% du Code Général des Impôts
13:58qui est réécrit chaque année,
13:59donc c'est énorme,
14:01doublé du fait que les modifications
14:03au niveau de la loi
14:04et également les modifications jurisprudentielles,
14:07donc toutes les décisions de justice
14:08qui vont venir commenter le crédit d'impôt recherche,
14:11en fait, c'est là qu'il y a une instabilité
14:12et qui, effectivement, est donc une complexité
14:15que vont ressentir en pratique
14:16les entreprises comme celle de Maxime.
14:18Alors, Maxime, vous, aujourd'hui,
14:19vous bénéficiez de quelles aides ?
14:22Donc, j'imagine que vous êtes tourné
14:23vers le crédit d'impôt recherche.
14:25Quelles sont les structures qui vous accompagnent ?
14:27Alors, du coup, on a effectivement bénéficié
14:29d'un certain nombre d'aides.
14:30Donc, les principales vont être des subventions d'État
14:32sur des concours d'innovation.
14:33Donc, par exemple, j'évoquais le cas de BPI France tout à l'heure.
14:35On peut parler du cas du concours ILAB, par exemple.
14:38On a d'autres niveaux de subventions,
14:39des subventions européennes,
14:40mais effectivement, l'enveloppe du crédit d'impôt recherche,
14:43pour nous, elle est essentielle aussi,
14:45puisque ça nous permet, nous,
14:46de diminuer l'assiette de dépense
14:49au prorata du risque que l'on prend en tant qu'entreprise.
14:52Et, voilà, en étant entreprise, je dirais, de rupture,
14:56on prend forcément, pour nous, un grand risque technologique.
14:59Et donc, ça nous permet de diminuer le risque financier
15:01lié à ces activités.
15:03Donc, le crédit d'impôt recherche est un passage obligé, oui.
15:05Et ça a été compliqué pour vous ?
15:08Vous avez trouvé, effectivement,
15:09comme toutes ces grandes entreprises
15:10qui ont répondu à cette étude,
15:13que l'accès aux informations était compliqué,
15:16que tout le chemin pour faire la demande est compliqué ?
15:20Alors, oui.
15:20À la fois, l'accès au guichet,
15:22d'autant qu'elle n'est pas si compliquée que ça,
15:24surtout quand on vient du monde de la recherche publique.
15:26Mais, par contre, effectivement,
15:27la partie administrative qui s'y accompagne
15:30est parfois assez complexe à appréhender,
15:33assez complexe, je dirais, à cheminer
15:36au travers de nos activités.
15:38Et donc, ça fait partie, effectivement,
15:41nous, des problèmes que l'on rencontre
15:43tous les jours, oui.
15:44Ça prend combien de temps, en fait ?
15:45J'imagine que vous vous êtes pris en amont, peut-être ?
15:47Ou comment ça se passe ?
15:49Tout à fait.
15:49Alors, nous, on constitue les dossiers toute l'année.
15:51Ça nous permet, effectivement, de mieux anticiper.
15:53Mais, par contre, il y a un certain nombre de choses,
15:55effectivement, qui nous sont demandées
15:56de manière assez récurrente
15:57et qui prennent énormément de temps.
15:59Et c'est d'autant plus dommageable
16:01qu'on ait une petite structure.
16:02Puisqu'effectivement,
16:03la personne en charge de l'administration,
16:05c'est la même qui est en charge du reste.
16:07Donc, toute la partie financière,
16:09toute la partie marché.
16:10Et donc, forcément, le temps passé, en fait,
16:12sur ces dossiers-là, c'est du temps en moins
16:14pour développer notre compétitivité
16:15ou notre technologique.
16:16Et Solène, vous vous accompagnez,
16:17donc, toutes ces entreprises.
16:19Je disais, d'ailleurs, que Maxime,
16:21vous bénéficiez également du statut
16:22de jeune entreprise innovante.
16:23Tout ça, c'est des choses qui peuvent se cumuler.
16:26Comment est-ce que vous accompagnez
16:27les entreprises pour avoir
16:30un dossier, quand même, complémentaire
16:31avec toutes ces aides ?
16:33La première clé, c'est l'anticipation.
16:35Et justement, c'est de faire
16:36ce qu'on appelle la veille.
16:37Donc, vraiment, être tenu au courant
16:39de toutes les actualités qu'il y a.
16:40Et la complexité, c'est de faire comprendre
16:43aux entreprises qu'on accompagne
16:45et aux chercheurs
16:45qu'il va falloir mettre
16:47de la matérialité en place.
16:49Donc, concrètement, il y a un exemple simple.
16:50Un chercheur, il a envie de faire
16:51de la recherche.
16:52Il n'a pas envie de noter exactement
16:54le temps qu'il a passé
16:55pour lever le verrou,
16:57pour, justement, appréhender
16:58la problématique.
17:00Pourtant, aujourd'hui,
17:00s'il y a un contrôle fiscal,
17:02il va falloir fournir ces éléments.
17:03Et c'est là, effectivement,
17:05où la structuration
17:05va être extrêmement importante.
17:07parce que, encore une fois,
17:08et c'est ce que je disais en préambule,
17:10il ne suffit pas d'avoir
17:10un projet innovant
17:11pour pouvoir, derrière, justement,
17:13bénéficier des dispositifs.
17:14Et c'est là où c'est, effectivement,
17:16assez complexe, parfois, en pratique.
17:18Parce que, qu'est-ce qui peut être
17:19complémentaire au crédit impôt recherche,
17:21par exemple ?
17:22Vous avez, effectivement,
17:23le statut du GIEI,
17:24vous l'avez dit.
17:25Il y a également les subventions.
17:27La particularité,
17:28c'est qu'il va vraiment falloir réfléchir
17:29à votre stratégie de manière holistique.
17:31Parce qu'en France,
17:33vous ne pouvez bénéficier
17:34que d'une seule aide,
17:36d'un seul financement
17:37pour un seul projet.
17:39Et donc, si vous bénéficiez
17:40d'une subvention,
17:41vous allez devoir la déduire
17:42de l'assiette de votre crédit
17:43d'impôt recherche.
17:44Donc, il faut bien réfléchir
17:45parce qu'aujourd'hui,
17:46on a donc une multiplicité d'aides.
17:48Il va falloir, justement,
17:49sélectionner celle qui est
17:50la plus appropriée pour votre dossier,
17:51même si, vous avez tout à fait raison,
17:53on peut les cumuler.
17:54Vous voulez réagir ?
17:56Non, non, c'est tout à fait clair.
17:57Je pense qu'elle dépeint
17:58assez bien la situation.
17:59Et effectivement,
18:00dans l'imaginaire collectif,
18:01il faut éviter de réfléchir
18:03en crédit d'impôt recherche
18:04comme étant une niche fiscale
18:05puisque, comme elle l'a très bien décrit,
18:07Solène,
18:07on a des garde-fous
18:09qui permettent d'éviter
18:10de multiplier les financements
18:12pour une même action.
18:13Donc, ça nous...
18:14Voilà, ça permet aussi
18:15aux régimes fiscaux
18:16de contrôler les activités
18:18des entreprises
18:18et éviter de faire financer
18:19deux fois la même chose.
18:20Donc, voilà.
18:21Même si la complexité,
18:23elle est là,
18:23ça reste un dispositif
18:24quand même qui est intéressant
18:26et qui est capital
18:27pour les entreprises.
18:28Vous deviez tout à l'heure
18:30parler de cette instabilité politique.
18:32Si c'est possible,
18:33de mettre justement
18:33cette slide
18:36que vous avez réalisée
18:37au sein de l'étude,
18:38on voit bien
18:39qu'il y a 64%
18:40des décideurs
18:41qui considèrent
18:41que l'instabilité politique
18:43et économique actuelle
18:44réduit la volonté
18:45de leur entreprise
18:46à développer des projets.
18:47Donc, c'est vrai
18:48que tous ces discours
18:50qu'on entend
18:50autour du PLF,
18:53etc.,
18:53il y a eu 2026,
18:55maintenant 2027,
18:56ça, ça a un fort impact
18:57sur toute l'innovation
19:01des entreprises.
19:02Tout à fait.
19:03En fait, finalement,
19:03le pire ennemi
19:04du crédit d'impôt recherche,
19:05c'est sa réputation.
19:06On voit
19:07gouffre financier, etc.,
19:08on parle de cadeaux
19:09aux entreprises.
19:10Sauf qu'en fait,
19:11un cadeau,
19:11normalement,
19:12c'est censé être
19:12un don spontané.
19:13Or, lorsque vous faites
19:15du crédit d'impôt recherche,
19:16vous investissez en France
19:18et il y a un certain nombre
19:19de contreparties
19:20qu'on a un petit peu
19:21tendance à oublier.
19:22Et typiquement,
19:23si vous prenez, par exemple,
19:24les frais de fonctionnement,
19:25ils étaient de 50%
19:26il y a quelques années,
19:27ensuite, ils sont passés
19:28à 43%.
19:29Depuis la loi de finances 2025,
19:30ils sont à 40%.
19:32C'est la Cour des comptes
19:33elle-même qui,
19:34il y a quelques années,
19:34nous avait dit
19:35que la moyenne
19:35pour les entreprises
19:36était de 50%.
19:37Donc, au final,
19:38on n'est pas sur un cadeau,
19:39on est plutôt sur un levier
19:41et levier qui est
19:42de moins en moins important
19:43du fait, justement,
19:44de ces réformes successives.
19:46Et normalement,
19:47les pouvoirs publics
19:48avaient pris la parole
19:49pour dire que le crédit
19:50d'impôt recherche
19:50ne serait pas touché
19:51pour cette année.
19:52Ça, c'est plutôt rassurant ?
19:54C'est rassurant
19:55dans le sens
19:55où dans la copie initiale,
19:56effectivement,
19:57on sait que le gouvernement
19:58ne va pas toucher au CIR.
19:59Mais derrière,
20:00on sait que l'année dernière,
20:01que ce soit à l'Assemblée nationale
20:03ou au Sénat,
20:03il y a un certain nombre
20:04d'amendements
20:05qui vont être déposés,
20:06plus de conditionnalités,
20:08vouloir les plafonner.
20:10Et tant qu'on ne sait pas
20:11si on va avoir un budget
20:13qui va le voter,
20:13est-ce que c'est une loi spéciale ?
20:14On a encore de l'instabilité
20:16avec en plus les présidentielles
20:17pour ajouter de la complexité.
20:19Oui, parce qu'on peut dire
20:20qu'on ne touchera pas au CIR.
20:21Mais en revanche,
20:22l'intérieur
20:23et en tout cas
20:23les alinéas intérieurs,
20:25ça, pour le coup,
20:25c'est possible
20:26que ce soit modifié.
20:27Tout à fait.
20:28Maxime, justement,
20:29vous avez quand même
20:29subi les conséquences
20:30de ces instabilités politiques
20:32parce qu'ils ont supprimé
20:34le dispositif
20:35Jeune Docteur.
20:36Ça, vous avez...
20:37Vous souhaitiez l'utiliser.
20:39Est-ce que vous pouvez
20:39nous expliquer
20:40en quoi ça vous a touché
20:41ce changement
20:42de directive pour 2026 ?
20:44Alors, un petit peu de sémantique.
20:44Le statut Jeune Docteur
20:45avait effectivement été supprimé
20:47dans le projet de loi finance
20:49l'année dernière.
20:50Et l'impact direct
20:52de ce dispositif,
20:54c'est de nous permettre
20:54à nous de recruter
20:55des talents,
20:56donc des personnes
20:57hautement qualifiées
20:57qui ont fait une thèse,
20:58donc des Jeunes Docteurs,
20:59et qui nous permet,
21:00nous, après,
21:01en crédit impôt recherche,
21:02d'avoir une bonification.
21:04L'année dernière,
21:05quand ça a été supprimé,
21:06nos effectifs à 80%
21:07étaient composés
21:08de Jeunes Docteurs.
21:08Donc ça représente
21:09pour nous
21:10une assiette assez énorme,
21:11puisque ce sont des profils
21:12hautement qualifiés
21:13qui coûtent assez cher,
21:14mais sur lesquels
21:15les emplois sont hautement stratégiques.
21:17On fait de la technologie
21:17de rupture,
21:18donc on a besoin
21:19de ces jeunes chercheurs.
21:20Et voilà,
21:20pour donner quelques chiffres,
21:21nous, l'impact,
21:23ça a été,
21:23donc entre la première année
21:24et la deuxième année,
21:25c'était 40%,
21:2643% de notre CIR,
21:28notre crédit impôt recherche,
21:29qui a été raboté,
21:30en réalité.
21:30Donc ça a eu
21:31un impact conséquent,
21:33ça a limité
21:33les recrutements,
21:34alors que, voilà,
21:35ça avait été fait
21:36très rapidement géré
21:37sur un vote,
21:38sur un amendement.
21:40C'est uniquement
21:4190 millions d'euros d'économie,
21:42c'est 1,2%
21:44de l'enveloppe du CIR,
21:44donc c'est vraiment
21:45pas grand-chose.
21:46Par contre,
21:46la conséquence est énorme,
21:47puisque ces entreprises,
21:48on estime que,
21:49sur le territoire national,
21:50ça a causé à peu près
21:513 000 licenciements
21:53aux suppressions de postes.
21:54Pour nous, par exemple,
21:55on avait prévu
21:55deux recrutements,
21:56finalement,
21:57on a fait un seul recrutement
21:58sur l'année,
21:58et on a diminué aussi
21:59nos projets de R&D.
22:01Donc il y a vraiment
22:01des conséquences
22:02qui sont notables
22:04et qui ont,
22:05j'irais,
22:06un impact long terme
22:07sur notre compétitivité.
22:08C'est ça,
22:09parce que du coup,
22:09là, vous avancez plus lentement,
22:11vous sentez que vous avancez
22:12plus lentement
22:12que ce que vous auriez dû,
22:13peut-être des échéances aussi
22:14que vous n'arrivez pas
22:15forcément à atteindre ?
22:16Alors,
22:16pour l'instant,
22:17on a la chance d'avoir,
22:18j'ai la chance d'avoir une équipe,
22:19en tout cas,
22:20qui fonctionne très bien
22:21et on arrive à rattraper
22:22un petit peu ce retard-là,
22:24ce retard pris.
22:25Ce n'est pas le cas
22:25de tout le monde.
22:26Je connais quelques entreprises
22:28de mon,
22:28j'irais,
22:29de mon même niveau de maturité
22:30qui sont dû mettre
22:32la clé sous la porte
22:33ou qu'ils ont dû arrêter
22:34quelques axes R&D.
22:35Enfin, voilà,
22:36il y a des impacts
22:36à tous les niveaux
22:37et donc,
22:38ce n'est pas parce que nous,
22:39on a réussi,
22:40j'irais,
22:40à pallier en partie,
22:41puisqu'on n'arrive jamais
22:42à rattraper complètement,
22:43que l'impact ne se fait pas sentir.
22:45Solène,
22:46on a parlé de toute cette complexité,
22:47etc.,
22:47mais quand même,
22:48l'écritier un peu recherche
22:49et toutes ces aides,
22:50ça a quand même
22:51des impacts positifs.
22:53Est-ce qu'on voit
22:53que ces aides
22:55ont des applications,
22:57que ça permet quand même
22:59de dynamiser
23:00tout ce tireau innovation
23:02que nous avons en France
23:03qui est quand même
23:04assez,
23:04dont on peut être fier,
23:06donc il y a quand même
23:06des conséquences positives
23:08et elles sont appliquées,
23:09elles sont utiles ?
23:10Ah oui, bien sûr,
23:10on a par exemple
23:11une entreprise danoise
23:12qui s'appelle
23:12Novo Nordix
23:13qui est en France
23:14depuis bientôt 70 ans
23:16et elle a clairement expliqué
23:18que si elle avait choisi la France,
23:19c'était parce qu'il y avait
23:20le crédit d'impôt recherche.
23:21Mais là où, effectivement,
23:22il faut être vigilant,
23:23c'est que de plus en plus
23:24de pays ont,
23:25parce que le CIR existe
23:26depuis 1983,
23:27il y a de plus en plus
23:28d'entreprises,
23:29pardonnez-moi,
23:30d'États au sein
23:31de l'Union Européenne,
23:3221 sur les 27,
23:33qui ont aujourd'hui
23:34créé des dispositifs similaires.
23:36Conséquence,
23:36au moment où nous,
23:37on est en train de raboter,
23:38si vous me passez l'expression,
23:39le CIR,
23:40au contraire,
23:41les autres pays
23:42le compensent
23:42et créent des dispositifs similaires
23:44et on se retrouve effectivement
23:45avec une problématique
23:46de compétitivité
23:47alors même que l'effet
23:48de levier du CIR
23:49est confirmé
23:49par l'ensemble
23:50de l'écosystème.
23:51Est-ce que les entreprises
23:53françaises,
23:53selon vous,
23:54seraient trop dépendantes
23:55de ces aides-là
23:56et est-ce que,
23:58en contrepartie,
23:59le privé,
23:59du coup,
24:00entre comme aussi
24:01une aide
24:03et un soutien ?
24:04Alors,
24:04je ne le pense pas
24:05parce qu'aujourd'hui,
24:06une entreprise,
24:07pour rester compétitive,
24:08elle doit faire de la R&D
24:09et d'ailleurs,
24:10il ressort aussi
24:11de l'étude
24:12qu'on a fait avec Odoxa
24:13que les décideurs
24:15vont continuer à investir,
24:16c'est juste qu'ils seront
24:18moins compétitifs
24:19à l'international.
24:20Aujourd'hui,
24:21vous allez en Angleterre
24:22et c'est depuis 2025,
24:23le cours du chercheur
24:24est beaucoup plus intéressant
24:25en Angleterre qu'en France.
24:26C'est la même chose en Espagne.
24:27Donc,
24:28elles vont continuer à investir
24:29mais ça va leur coûter plus cher
24:30et surtout derrière,
24:31c'est le risque
24:31de délocalisation.
24:33Et pour le privé,
24:34est-ce que vous savez
24:36à quel point le privé
24:37a pris le relais ?
24:38Si ça a augmenté,
24:39s'il y a une place
24:40plus importante,
24:41en tout cas dans le soutien
24:42de l'innovation ?
24:44Pour bien comprendre
24:45votre question,
24:45vous voulez savoir
24:46de quelle manière
24:47les entreprises compensent ?
24:48Est-ce qu'il y a des fonds,
24:49tout simplement,
24:49des investissements privés
24:50qui permettent
24:53soit de compenser ces aides
24:54ou en tout cas
24:54de soutenir
24:56des développements
24:57de recherche,
24:58etc.
24:58Alors,
24:59il est toujours possible
25:00de trouver d'autres financements
25:01pour les entreprises,
25:02effectivement ?
25:02Est-ce que c'est en progression ?
25:04Pas à ma connaissance.
25:08Il nous reste trois minutes,
25:09je vais vous poser la question
25:10à chacun.
25:11Si vous pouviez justement
25:14interpeller
25:14ou en tout cas
25:15mettre l'emphase
25:16sur un véritable
25:18progrès
25:19qui devrait être fait
25:19dans tout cet accompagnement
25:21public,
25:21ce serait lequel
25:23pour vous ?
25:23Je pense qu'il faut arrêter
25:24de raisonner
25:25sur cette notion
25:27de crédit d'impôt recherche
25:27ou de subvention
25:29à la R&D
25:30comme étant
25:30une simple dépense
25:32publique
25:33parce que
25:33ce n'est pas du tout
25:35comme ça,
25:35en fait,
25:35il faut le réfléchir,
25:36il faut plutôt essayer
25:37de réfléchir
25:37d'une telle manière
25:38en posant la question,
25:39c'est
25:40quel euro investi
25:42me rapporte quoi
25:42d'un point de vue social
25:43et d'un point de vue financier ?
25:45C'est-à-dire qu'en réalité,
25:47c'est un levier
25:47de financement
25:48sur du long terme
25:49et cette stratégie
25:50de stop and go
25:52assez incessante
25:53sur des politiques
25:54de financement
25:55de ce type-là
25:55a un impact
25:56peut-être
25:58très limité
25:58positivement
25:59à moyen et court terme
26:00mais une entreprise
26:01ne se construit pas
26:02en fait sur du court terme
26:03ou du moyen terme,
26:04elle se construit
26:04sur 10 ans,
26:0515 ans,
26:0520 ans
26:05et donc on a besoin
26:06à tout prix
26:07de cette stabilité économique.
26:09Les entreprises portent
26:10déjà un risque technologique
26:12mais elles ont besoin
26:13d'une stabilité
26:14pour éviter
26:15à avoir porté
26:15le risque financier
26:16aussi à elles toutes seules.
26:17Donc il faut essayer
26:19de raisonner non pas ça
26:20comme une politique
26:21de dépense publique
26:22mais d'investissement
26:23en essayant de réfléchir
26:24à chaque euro investi
26:25combien elle rapporte
26:26à l'écosystème.
26:28Maxime a bien résumé
26:30avec le terme de stabilité.
26:31Aujourd'hui,
26:31l'innovation,
26:32c'est un enjeu de puissance,
26:33c'est un enjeu
26:33de compétitivité
26:34et de souveraineté
26:35et ce dont les entreprises
26:36ont besoin,
26:37c'est de stabilité.
26:38Et la stabilité économique,
26:39elle découle de la stabilité fiscale
26:40donc des réformes,
26:42oui,
26:42mais des réformes réfléchies
26:43pour éviter
26:43l'écueil des jeunes docteurs.
26:44Et pour finir,
26:46juste pour terminer
26:47sur cette note aussi européenne,
26:48vous avez parlé
26:50du Royaume-Uni,
26:51de l'Espagne,
26:52ce sont des pays européens
26:53avec lesquels
26:54on pourrait être mis
26:54en concurrence.
26:55Est-ce qu'une réponse européenne
26:57permettrait peut-être
26:58d'uniformiser tout ça
27:01et peut-être ajouter
27:02de la compétitivité
27:03sur le terrain français
27:04mais à l'échelle européenne ?
27:06La problématique au niveau
27:07de l'Union européenne
27:08c'est que comme en France d'ailleurs
27:10il y a plusieurs regards
27:11sur le sujet.
27:12Il y a une tribune
27:13qui a été signée
27:13par plusieurs pays
27:14dont l'Allemagne
27:14qui est sortie récemment
27:16qui justement appelle
27:16à venir réduire
27:17le budget de l'Union européenne
27:18pour les prochaines années
27:19notamment sur la partie innovation.
27:21Donc même si je l'appelle
27:22de mes voeux
27:23malheureusement
27:23je ne suis pas certaine
27:24que nous puissions
27:25y arriver prochainement.
27:27Merci beaucoup
27:28Céline Desbrébron.
27:29Je rappelle que vous êtes
27:30directrice des affaires juridiques
27:31et fiscales
27:32de F-Initiative
27:33et donc vous avez été auteur
27:36avec Odoxa
27:37de cette étude
27:38sur le financement public
27:40de l'innovation.
27:41Maxime Allo
27:42merci beaucoup
27:42vous êtes CEO de Voltify
27:44et vous nous avez donné
27:45tous ces détails
27:46sur votre parcours professionnel.
27:48Merci beaucoup
27:49à tous les deux
27:49pour cet échange
27:50et merci à vous tous
27:51et à tous
27:51de nous avoir suivis.
27:52C'était Smartéco.