Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 heures
Tous les matins à 7h15, le parti pris argumenté d'un invité sur un sujet d'actualité, avec les témoignages et les réactions des auditeurs de RMC en direct au 3216.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Cette cyberattaque inédite hier, le logiciel qui gère les rayons frais et surgelés des magasins Intermarché Monoprix Super U Carrefour
00:08a été piraté à distance dans la nuit, de dimanche à lundi, les frigos ont grimpé de 50 degrés.
00:15Clément Saxe-Domingo, vous êtes toujours avec nous, vous êtes hacker, éthique comme on dit,
00:19c'est-à-dire vous vous intéressez particulièrement aux questions de piratage, vous savez pirater,
00:23mais précisément vous utilisez votre science pour aider.
00:28Mais que s'est-il passé pour qu'on en arrive à jeter des tonnes de nourriture dans les supermarchés
00:33?
00:33Comment ça marche ? Comment on n'a pas pu anticiper un truc pareil ?
00:39Vous l'avez dit, comment on n'a pas pu l'anticiper alors que ça aurait pu,
00:43finalement on aurait pu encore penser à Pauline de Malherbe qu'on est en face d'une cyberattaque sophistiquée,
00:48mais je suis au regret, hélas, de vous dire qu'elle n'est pas si sophistiquée que ça,
00:53ce n'est simplement, hélas, une mise à jour qui n'a pas été faite,
00:56d'où l'intérêt de faire ces mises à jour et donc des cybercriminels ont pris la main sur ces
01:02équipements
01:02et surtout, tenez-vous bien, le mot de passe était hyper simple,
01:06c'était à chaque fois la date du jour qui permettait de se connecter à tous ces équipements,
01:10donc tous ces frigos, et oui, et oui, et oui, tous ces frigos, surtout en France,
01:14qui détient le plus gros parc.
01:15En fait, on n'est pas les seuls, il faut quand même un peu le dire à vos auditeurs,
01:19on n'est pas les seuls en Europe de toucher, mais la France est de très très très loin le
01:22pays le plus touché.
01:23Alors, avec un point aussi, c'est qu'au moment où l'on se parle, ça n'est pas revendiqué,
01:29il n'y a pas eu de rançon, donc qui peut être derrière un truc pareil ?
01:34Vous faites bien de le dire, en fait là on est vraiment totalement dans les autres types de cyberattaques
01:38qu'on a pu avoir en France, comme par exemple cet été, ou encore un peu plus tôt dans l
01:42'année,
01:43où la plupart du temps on vient voler des données, demander une rançon,
01:46soit pour ne pas diffuser les données qui ont été piratées, ou alors pour débloquer le système.
01:51Là on n'est pas, là on est vraiment sur un tout autre type de cyberattaque,
01:54où il y a cette volonté de nuire, cette volonté de saboter, cette volonté aussi de déstabiliser.
01:59Et donc, la question qui se pose, c'est en effet, qui peut être derrière ?
02:02Il y a quelques années, on aurait je pense la première idée,
02:06se dire que c'est une puissance étrangère et que forcément la Russie,
02:09mais sauf que dorénavant, avec l'intelligence artificielle,
02:12avec ce qui se passe, tout le monde peut être derrière ce type de cyberattaque.
02:16Sauf que désormais, ce n'est pas du tout revendiqué.
02:19On va revenir d'ailleurs sur notre vulnérabilité,
02:21mais un point d'abord effectivement sur cette menace.
02:23Attendez, oui, bonjour Clément Saxe-Domingo, question très simple.
02:26En fait, là, on a attaqué des supermarchés,
02:28on attaque de la nourriture, des moyens de subsistance.
02:30Si on imagine une situation extrême,
02:33ça, ça pourrait être un acte de guerre qui nous toucherait particulièrement.
02:36Enfin, comment est-ce qu'on peut être à ce point démuni en France ?
02:39Est-ce qu'on n'a pas un problème de culture par rapport au numérique ?
02:42Ou juste, on est trop détente par rapport à tout ça ?
02:44On ne se rend pas compte que ça pourrait nous toucher,
02:46mais de façon existentielle.
02:48Clément Saxe-Domingo ?
02:49Eh bien, écoutez, je suis content que vous posiez un peu cette question.
02:51Et ça permet peut-être de montrer à quel point
02:53on a réellement banalisé les cyberattaques.
02:56Sauf que ces cyberattaques, dorénavant,
02:58elles sont les gens.
02:58Et surtout, elles sont les gens.
02:59Et je pense que cette cyberattaque,
03:00elle est totalement différente des autres.
03:02Parce que, pour la simple et bonne raison
03:03que tous les Français, je pense,
03:05vont faire leurs courses dans des supermarchés.
03:07Et quand vous savez que votre rayon frais
03:10a été touché par une cyberattaque,
03:11là, vous prenez peut-être conscience
03:13de notre fébrilité numérique.
03:16Et je le dis, je pense que désormais,
03:18le sujet de la cybersécurité,
03:19et surtout le sujet de notre protection
03:22et pari coché de notre résilience numérique,
03:25ne pourra être totalement balayé.
03:27Et surtout, pour la prochaine campagne présidentielle à venir,
03:30mais surtout, comment on assure désormais aux Français
03:32que la France est quand même un pays de cyber
03:34et qu'on est sécurisé.
03:36Il y a la France, globalement.
03:38C'est-à-dire, il y a effectivement cette question
03:39où, si on découvre qu'à distance,
03:41on peut prendre contrôle de notre chaîne du froid,
03:44donc de notre alimentation,
03:45donc de notre approvisionnement,
03:47on a le sentiment que c'est presque les nouvelles armes.
03:49Avant, on pouvait assiéger une ville
03:50et affamer les habitants à l'intérieur.
03:52Mais on se dit que là, maintenant,
03:53si on empêche tout simplement...
03:55Ils doivent bien se marrer, les Russes, là.
03:56L'approvisionnement, effectivement,
03:57c'est une immense fragilité.
03:59Emmanuel Lechy.
03:59Ce qui fait peur, c'est qu'on se rend compte
04:00que la cybersécurité,
04:01ce n'est plus seulement une dépense informatique,
04:04mais c'est une condition de fonctionnement
04:06de nos économies aujourd'hui.
04:08Est-ce qu'on peut dire que,
04:09si on fait le nécessaire,
04:11on est à l'abri, finalement,
04:12d'une panne généralisée de notre économie ?
04:14Parce que demain, ça pourrait être
04:15la signalisation routière, les banques, etc.
04:18Ou est-ce qu'un jour...
04:19Ou est-ce qu'on est sous cette épée de Damoclès
04:22de la paralysie totale de notre économie ?
04:24Clément Saxe-Domingo.
04:26Aujourd'hui, je le pense,
04:28et je le dis vraiment fermement,
04:30on ne peut plus du tout se faire un peu
04:32d'une économie en disant que c'est un sujet
04:34qui est totalement secondaire,
04:36qui va être relayé à un plan
04:39absolument pas premier.
04:40Dans la mesure où, désormais,
04:41quand vous savez que notre économie
04:44peut être menacée,
04:45et surtout, surtout, on est très loin,
04:46vous savez, de ces films hollywoodiens,
04:48de ces séries hollywoodiennes,
04:50qui relevaient un peu de la science-fiction,
04:52ou un jeune derrière son écran tapé
04:54et piraté un système.
04:56Aujourd'hui, ces cyberattaques sont concrètes
04:58et il va falloir faire des choses.
04:59Heureusement, on peut encore faire des choses,
05:01mais peut-être qu'on ne prend pas totalement encore
05:03la mesure de ce qu'il y a.
05:03Ça va nous réveiller dans un sens.
05:06Mais Clément Saxe-Domingo,
05:07j'ai une question très concrète
05:08pour tous ceux qui nous écoutent.
05:09On achète des voitures connectées désormais,
05:11parfois même des voitures chinoises connectées.
05:14Est-ce que les Chinois, à un moment ou à un autre,
05:16pourraient faire ce que ceux qui sont derrière cette attaque
05:19ont fait, c'est-à-dire appuyer sur le bouton
05:20off-on de nos voitures ?
05:22On achète, je ne sais pas, des frigos connectés,
05:26des aspirateurs connectés.
05:27Est-ce qu'il faut renoncer à tous ces objets
05:30dont, finalement, on se dit,
05:32quand on pèse le pour et le contre,
05:33est-ce qu'il vaut mieux qu'ils soient connectés
05:35ou est-ce qu'il vaut mieux qu'on se protège ?
05:37Je ne dirais pas qu'il faudrait un peu se couper.
05:40Donc là, il reviendrait un peu à faire
05:41un embargo numérique, se recrevrier sur nous-mêmes.
05:44Ce n'est pas du tout la bonne solution.
05:46Mais par contre, vous le disiez, Apolline de Malherbe,
05:48lorsque vous achetez des équipements
05:49et surtout ce qu'on appelle des IoT,
05:51donc c'est vraiment des objets connectés Internet,
05:53on en a tous chez nous, y compris vous,
05:55y compris vos auditeurs.
05:56Par exemple, je pense un peu à de la domotique,
05:58je pense par exemple aussi aux lumières connectées.
06:00Vous savez, on est tellement excités,
06:02on est tellement contents d'avoir l'équipement chez soi,
06:04de le brancher.
06:05Et donc, on ne va pas prendre le temps
06:06de venir, par exemple, changer le mot de passe de base,
06:09qui est connu, ce qu'on appelle un mot de passe usine,
06:12qui est connu d'absolument tout le monde.
06:14On ne va pas prendre parfois aussi un peu le temps
06:15de bien sécuriser ça.
06:16Et donc, il faut le faire.
06:17Et surtout, je le rappelle,
06:18par exemple, cette année,
06:19il y a eu déjà des piratages,
06:21aussi bien sur des robots ménagers
06:24qui ont été piratés,
06:25mais par le passé,
06:26on a eu aussi un peu des sextoys connectés.
06:27On a eu tout un tas d'objets connectés.
06:29Et de plus en plus,
06:30on va avoir ce type de cyberattaque.
06:32Donc, il serait peut-être temps
06:34de prendre pleinement la mesure de la situation
06:37et de se dire qu'on a la possibilité de le chose.
06:40Et surtout, désormais,
06:41ce n'est plus du tout un fantasme
06:42que de dire,
06:43non, finalement, c'est cyberattaque.
06:44Donc, on change les mots de passe,
06:46on fait attention,
06:47on est beaucoup plus vigilants.
06:48Et l'État lui-même,
06:49vous nous disiez même,
06:51juste avant qu'on ne vous mette en ligne,
06:52qu'il faudrait même un ministre
06:54à la cybersécurité,
06:56c'est-à-dire pour prendre la mesure
06:57et organiser cette lutte.
06:59Merci Clément Saxe-Domingo.
07:01Je rappelle que vous êtes à cœur éthique

Recommandations