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  • il y a 2 minutes
Tous les matins à 7h15, le parti pris argumenté d'un invité sur un sujet d'actualité, avec les témoignages et les réactions des auditeurs de RMC en direct au 3216.

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00:00Il est 7h12 et vous êtes bien sur RMC et RMC Story.
00:04Ce corps retrouvé dans le Gers, sur un site agricole que connaissait le principal suspect dans la disparition de la
00:10petite Liana, 11 ans.
00:11Bonjour Christian Flech.
00:12Bonjour Anna.
00:13Vous êtes l'ancien directeur de la police judiciaire de Paris.
00:15Tout laisse à penser qu'il s'agit bien du corps de la collégienne.
00:19Tout d'abord, comment les enquêteurs en sont venus à ce silo-là et comment ils l'ont retrouvé ?
00:24Je n'ai pas de détail bien sûr sur l'enquête.
00:26Je pense qu'il y a ce qui était visible, ce que vous avez abondamment filmé.
00:30Et puis, il y a la véritable enquête, ce que la section de recherche entreprenait,
00:34qui permettait sur la base de témoignages, sur la base d'éléments de police technique et scientifique,
00:38et sans doute là précisément sur des données numériques.
00:41Les données numériques, on pense au téléphone, on pense à la voiture,
00:44permettait de localiser particulièrement des points qui ensuite faisaient l'objet de fouilles orientées.
00:52Une autopsie est en cours pour identifier formellement le corps de cet enfant
00:59et essayer de déterminer les causes de la mort.
01:04Ça met combien de temps à être fait une autopsie comme ça ?
01:06Autopsie, elle peut être faite, peut-être elle a été faite dans la nuit.
01:10D'abord, il faut transporter le corps à un endroit, sans doute pas dans le département,
01:14mais peut-être dans des pôles un peu plus importants comme à Toulouse.
01:18Donc l'autopsie est faite, l'autopsie, prélèvement ADN, mais même sans doute,
01:24compte tenu du peu de temps entre la disparition et la découverte,
01:27sans doute même visuellement, on peut avoir une certitude sur l'identification.
01:33La recherche des causes de la mort, la recherche des liens entre cette victime
01:38et le suspect qui est incarcéré, ça veut dire les prélèvements qu'on peut faire sur le corps,
01:44sous les ongles par exemple, qui permettraient d'avoir l'ADN du suspect,
01:48ce qui conforterait l'idée que c'est bien lui.
01:51Et deuxième point, pardonnez-moi, qu'on doit aussi, quand on est enquêteur,
01:55ne pas exclure, c'est une autre personne, un complice.
01:58La question évidemment de tout cela, qui le corps parlera en quelque sorte,
02:02Christian Flech, le suspect n'a rien dit.
02:06Depuis le début, il garde le silence.
02:08Oui, mais ça c'est courant, c'est un droit qu'il a,
02:11qui a sans doute été rappelé par son avocat,
02:13et c'est le principe français, c'est à l'accusation, en l'occurrence le parquet,
02:19puis maintenant un juge qui va examiner les charges qu'il y a contre lui,
02:23et il s'expliquera ou il ne s'expliquera pas,
02:25et il sera jugé sur la base des éléments qui ont été retrouvés.
02:28Sommes-nous face à un scandale, un scandale d'État, un scandale du dysfonctionnement ?
02:33Le mot a été lâché par le ministre de la Justice,
02:36qui dit qu'il y aura des responsables, qui laisse entendre qu'il y aura des sanctions.
02:41Une défaillance majeure enchaîne, après des plaintes, les unes les autres,
02:46l'une contre une fillette de 7 ans, à qui on a dit,
02:48ben non, les faits ne sont pas suffisamment caractérisés,
02:50la plainte a été classée sans suite.
02:52Puis une plainte d'une fillette de 11 ans,
02:55qui se plaignait de plusieurs viols,
02:58elle a été examinée par les médecins,
03:00qui ont constaté des lésions qui corroboraient son récit,
03:03et puis rien, le suspect n'a pas été inquiété,
03:07n'a pas été entendu.
03:09Et puis, Liana, sommes-nous face à un scandale ?
03:12Alors, bien sûr, il y a des dysfonctionnements.
03:14Ces dysfonctionnements, ils font l'objet d'une enquête
03:16qui a été diligentée, c'est bien,
03:19par à la fois le garde des Sceaux et par le ministre de l'Intérieur,
03:22qui chapote, qui a pour emploi la gendarmerie,
03:25parce que dans l'ensemble du fonctionnement de la chaîne judiciaire,
03:29j'y ai inclus aussi les services d'enquête,
03:30il y a ce qui ressort du structurel,
03:33c'est-à-dire qu'est-ce qui dans la structure n'a pas fonctionné,
03:36de la faute personnelle éventuelle.
03:38Donc, c'est ça qu'il faut arriver à comprendre,
03:41parce que bien évidemment, quand en août 2025,
03:45les enquêteurs, le parquet de Toulouse,
03:47se retrouvent face à une plainte,
03:48et que très vite, par l'accès à des fichiers,
03:50on peut s'apercevoir que la personne mise en cause
03:53est déjà connue pour avoir fait l'objet
03:55de plaintes classées sans suite ou de signalements,
03:57bien sûr que là, ça doit mettre des feux clignotants,
04:02et bien sûr, le traitement doit être accéléré.
04:04Et ça n'a donc pas été le cas,
04:06vous êtes nombreux à réagir.
04:07Nicolas, qui nous appelle de Leville-sur-Orge,
04:10dans l'Essonne,
04:12la France entière est en état de très grande tristesse
04:15et d'émotion, mais aussi de stupéfaction.
04:18Nicolas, vous êtes chauffeur-livreur,
04:19comment vous réagissez ce matin ?
04:21Bonjour Apolline, bonjour l'équipe.
04:22Moi, je réagis que je n'appelle pas ça un dysfonctionnement,
04:25j'appelle ça de la complicité.
04:27Vous vous rendez compte qu'on est en train d'expliquer
04:29à cette pauvre famille,
04:31qu'ont perdu leur fille,
04:33j'ai une fille du même âge,
04:34qu'il y a eu un dysfonctionnement.
04:37Mais c'est une honte de la part de la justice,
04:40de nos gouvernants.
04:44Moi, on parle d'une enfant,
04:46et c'est toujours pareil.
04:47C'est des pédocriminels qui ont le même profil,
04:49et on ne fait jamais rien.
04:51Et là, on explique aux familles un dysfonctionnement.
04:54Ce n'est pas un dysfonctionnement,
04:55c'est une complicité.
04:57Ils sont complices.
04:58Pour vous, il y a une forme de responsabilité ?
05:00Mais ils doivent être jugés au même titre
05:02que ce monsieur,
05:04je ne serai pas vulgaire, je suis à l'antenne,
05:05qu'au même titre que ce monsieur-là.
05:07Ils doivent avoir la même sanction pénale.
05:09Ils sont autant responsables que lui.
05:11Et ce qui est sûr, en tout cas,
05:12c'est que ça provoque beaucoup, beaucoup de colère.
05:14On l'entend depuis le début de la semaine,
05:15vous êtes nombreux au fur et à mesure des jours
05:17où l'on découvrait l'ampleur,
05:19le nombre de plaintes, de signalements
05:21qui étaient restés lettres mortes.
05:23C'est effectivement la question de l'État.
05:27A-t-il protégé ou n'a-t-il pas protégé ses enfants ?
05:32Est-ce que c'est un manque de moyens, Christian Flèche ?
05:35Est-ce que c'est une sorte de France
05:36de l'à-peu-près que l'on a sous les yeux ?
05:38Alors, c'est clairement ce que l'inspection devra déterminer.
05:42Est-ce que c'est un manque de moyens ?
05:43Bien sûr, il y a des problèmes de moyens.
05:45Bien sûr qu'il peut toujours y avoir des moyens.
05:48Mais déjà, faisons fonctionner ce qui existe.
05:50Il y a donc une plainte qui a été prise,
05:52qui a été prise en considération,
05:54puisque, comme vous l'avez rappelé,
05:56il y a eu des examens médicaux qui ont été faits,
05:58des examens psychologiques qui ont été faits,
06:00qui ont conforté l'idée que...
06:02Cette petite fille avait bien été violée en 2025
06:06par une personne qui faisait l'objet,
06:08par l'accès au fichier, c'est très facile,
06:10qui faisait l'objet...
06:11D'une précédente plainte deux ans plus tôt ?
06:13Même classée sans suite.
06:14Vous savez, on a l'habitude de dire
06:15« il n'y a pas de fumée sans feu ».
06:17Au bout de combien de plaintes il va falloir commencer ?
06:19Donc derrière, il y a un traitement accéléré,
06:21ça veut dire transmission du dossier.
06:23Il semble que le dossier était sous forme de papier,
06:26transmis par courrier.
06:26La maman de la petite Rosa,
06:28celle qui a porté plainte en août dernier,
06:30elle a ses mots, elle dit
06:31« si la plainte de ma fille avait été prise au sérieux,
06:35sans doute, Liana n'aurait jamais disparu ».
06:38Et évidemment qu'on se dit tous cela.
06:40Bien sûr.
06:42On en est là aujourd'hui.
06:44La réunion politique à Matignon ce matin,
06:46est-ce qu'elle calmera la colère,
06:48le sentiment que la justice n'a pas été faite
06:51ou que la protection que l'on doit à nos enfants
06:53n'a pas été à la hauteur ?
06:55Merci Christian Flech en tout cas
06:56d'avoir répondu à mes questions ce matin.
06:58Vous êtes l'ancien directeur de la police judiciaire de Paris.
07:00Je vous rappelle qu'à 8h30,
07:01un face-à-face exceptionnel avec deux invités.
07:04Le maire de Florence,
07:05Florence où était scolarisée,
07:07Liana,
07:08qui s'exprimera et qui dira ce matin
07:10l'émotion de tous les habitants.
07:12Et puis la magistrate,
07:14Béatrice Brugière,
07:15précisément sur cette question
07:17des dysfonctionnements.
07:18Et je suis d'accord avec vous,
07:19le mot dysfonctionnement
07:20paraît tristement faible.
07:24Sommes-nous face à un scandale ?
07:25C'est évidemment la question que je lui poserai
07:27et surtout comment faire
07:28pour que ça ne se renouvelle pas.
07:29Merci.
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