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  • il y a 11 minutes
Retrouvez le replay de Signé Consigny sur BFMTV.

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Transcription
00:00Dans 40 minutes maintenant, on suivra en direct l'intervention du Premier ministre Sébastien Lecornu à propos de la révolte
00:06lycéenne.
00:07Quelle réponse peut-il y apporter ? D'après ce que l'on sait, Sébastien Lecornu, le chef du gouvernement,
00:11veut aller sur un spectre un peu plus large des colères d'une manière générale.
00:14En attendant, la colère des lycéens, on l'entend, elle se focalise notamment sur un point.
00:20Parcoursup dont on va parler maintenant dans le signé Consigny, avec vous Charles Consigny, bonsoir.
00:24Bonsoir.
00:25Et l'homme de la colère qui provoque la colère, l'ancien ministre de l'Éducation nationale.
00:28Le responsable.
00:30Monsieur Jean-Michel Blanquer, bonsoir.
00:32Permettez qu'on commence avec vous.
00:34C'est vous qui cristallisez toute la colère, la crispation avec Parcoursup, alors ?
00:38Il faut se débarrasser de Parcoursup ?
00:39Je pense qu'on ne peut pas dire ça, heureusement, et que surtout, on est devant un exercice démocratique.
00:44Moi, ça ne me dérange absolument pas qu'on mette Parcoursup sur la table.
00:48Vous savez, quand on fait une réforme comme Parcoursup, on a en tête quoi ?
00:51L'intérêt général, l'avenir des enfants et l'avenir du pays.
00:54Rien d'autre.
00:55Donc c'est à cette aune-là qu'il faut juger Parcoursup.
00:57Est-ce que Parcoursup a été un progrès par rapport au système antérieur ?
01:01À mes yeux, incontestablement, oui.
01:03Souvenez-vous, il y avait du tirage au sort.
01:05Lorsque je vois M. Mélenchon, quand on lui dit, mais qu'est-ce que vous feriez à la place de
01:09Parcoursup ?
01:09Dire, quand j'étais jeune, on allait avec nos dossiers.
01:13C'est effectivement ce que j'ai connu, moi aussi.
01:16Si c'est ça, son programme, sur tous les sujets, de revenir à comment on faisait quand il avait 20
01:20ans,
01:21vous verrez qu'évidemment, ça n'est pas tenable et que ce serait insupportable pour tout le monde d'avoir
01:25à faire la queue devant chaque université.
01:27Et ça ne donnerait évidemment pas un meilleur résultat.
01:29Donc c'est un exercice démocratique intéressant que de mettre Parcoursup sur la table
01:34et que chacun dise en quoi ils pensent pouvoir l'améliorer.
01:37Mais n'oublions pas ce que c'est que Parcoursup, c'est une plateforme de rencontre,
01:40des aspirations des élèves de terminale avec ce qu'offrent les établissements.
01:45Est-ce qu'il y a priorité au direct ?
01:48En se renvoyant la balle les uns les autres sur la question des APL,
01:50en nous disant que ce n'est pas ma faute, c'est le ministère du Logement.
01:54Sur la question du Parcoursup, qui est quand même une des nos revendications principales,
01:59en nous disant que six fois, six ou sept fois qu'il faut plus de transparence.
02:03Nous on sait comment se sélectionner, on n'a pas besoin qu'on nous l'explique.
02:06Ce qu'on veut c'est des garanties tout de suite maintenant.
02:09Et les réponses n'ont été aucunement satisfaisantes.
02:12Il nous a répété encore une fois qu'il allait parler à son gouvernement,
02:18qu'il allait parler à Matignon, qu'il comprenait qu'il fallait des moyens,
02:21mais que c'était compliqué.
02:22Donc nous ce qu'on dit, si monsieur le ministre, qui est un irresponsable,
02:28ne sait pas prendre des décisions,
02:30dans ce cas-là adressons-nous directement à monsieur Lecornu.
02:32Et pour compléter, oui, on a brassé du vent pendant globalement une heure.
02:39On s'est retrouvé dans une situation où malgré une plateforme revendicative particulièrement claire
02:44et des propositions interorganisationnelles chiffrées en termes de nombre de places,
02:51monsieur le ministre n'a pu nous donner aucune garantie,
02:54n'a rebondi sur absolument rien et n'a repris aucune de nos propositions.
03:00Globalement, je pense pouvoir dire collectivement qu'on est particulièrement déçus
03:03et que par ailleurs la mobilisation va continuer jusqu'à temps qu'on ait l'argent de l'ensemble de
03:10nos propositions.
03:11Et par ailleurs, et pour terminer, nous n'avons eu également aucune réponse sur la répression absolument inacceptable
03:17qui se fait aujourd'hui à la fois sur les mouvements lycéens, mais également sur les mouvements étudiants.
03:22Encore aujourd'hui, on a vu des interventions policières sur l'ensemble des campus qui étaient mobilisés
03:27avec des policiers qui ont de manière gratuite joué avec la franchise universitaire.
03:34Ils ont parfois rentré sur des campus sans l'autorisation des présidences d'universités.
03:38Je vais citer Dijon et Besançon comme exemple.
03:41Et aujourd'hui, le ministre ne nous a rien promis en termes de protection des mouvements étudiants,
03:46en termes de protection des mouvements lycéens.
03:47Et on se rend bien compte que là, ça va encore être nous seuls face à la répression,
03:51nous seuls face aux forces de l'ordre qui nous gazent, qui nous chargent et qui nous matraquent.
03:55Et qu'en fait, là, on ne va pouvoir compter que sur nous-mêmes
03:59pour aller arracher les 10 milliards qu'il faut pour nos mesures d'urgence,
04:04et bien plus, plus de 60 milliards.
04:07Et on n'arrêtera pas, en effet, et on continuera en intersyndicale unitaire tant qu'il le faudra.
04:12– Écoutez, il y en a marre.
04:17Il y en a marre que le ministre de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur,
04:23successivement, ne nous donne aucune mesure concrète.
04:26Il y en a marre, les lycéens, les lycéennes, les étudiants, les étudiantes,
04:29attendent des réponses concrètes.
04:31Alors oui, bien évidemment, là, je tiens à m'adresser aux étudiants,
04:34aux étudiantes, aux lycéens et lycéennes, de rester mobilisés, dès demain.
04:37Parce que oui, le rapport de force est de notre côté.
04:41Ne lâchez rien, ils vont finir par céder.
04:43Nous avons des propositions chiffrées que nous allons présenter.
04:46Et c'est pour ça que nous demandons, dès la semaine prochaine,
04:48un rendez-vous avec M. le Premier ministre Sébastien Lecornu.
04:51– Qu'est-ce que vous prévoyez de faire demain ?
04:53– Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'aujourd'hui, ce rendez-vous,
04:56il nous montre une fois de plus que les négociations qu'il tente de faire,
04:58c'est des négociations qui sont au rabais.
05:00C'est en aucun cas connecté aux demandes des étudiants,
05:03qui se font, encore une fois, et je le répète,
05:05étudiants et lycéens, qui se font frapper,
05:07qui se font arracher des mains, détruire les yeux, édenter.
05:11Et aujourd'hui, on nous propose une négociation molle.
05:13On nous dit qu'on ne peut pas nous répondre sur les revendications qu'on a.
05:18On nous dit qu'on ne s'adresse jamais à la bonne personne.
05:20Effectivement, du coup, je rejoins le camarade de l'USL.
05:23Adressons-nous à la bonne personne et laissons-nous nous adresser à la bonne personne.
05:26Ça suffit la langue de bois, ça suffit les paroles en l'air.
05:29Nos revendications, elles sont claires.
05:30On veut l'arrêt de la répression extrêmement violente
05:33et on veut être écouté sur les revendications
05:36sur lesquelles on ne fera aucun rabais.
05:39Face à cette déception,
05:40qu'est-ce que vous prévoyez de faire exactement demain ?
05:42La question qui est en jeu, c'est qu'on n'a même pas eu des miettes.
05:45Même pas juste des miettes de quelque chose,
05:47d'une moindre annonce,
05:49d'un peut-être quelque chose,
05:50d'un espoir finalement de sortir de cette mobilisation.
05:52Alors pourtant, on le rappelle et on l'a rappelé encore aujourd'hui,
05:55il y a ces 10 revendications qui sont sur la table,
05:57qui doivent être écoutées,
05:58qui doivent être au moins entendues et débattues.
06:00Et là, on a eu juste des surjustifications
06:02sur les questions de la recherche,
06:03sur les questions de l'adéquationnisme
06:04ou des entreprises ou du privé
06:06qui n'avaient rien à voir avec ces 10 revendications.
06:07Donc on a juste passé une heure à brasser du vent.
06:10Et donc c'est quelque chose qu'on ne tolérera pas.
06:12Et c'est pour ça qu'on continuera à se mobiliser,
06:14notamment par des rassemblements qui sont prévus dès demain
06:16pour pouvoir continuer cette mobilisation,
06:18des manifestations de plus grande ampleur sur la semaine prochaine
06:20qui continueront à se mettre en place.
06:22Et en tout cas, nos différentes organisations,
06:23elles resteront unies face à tout ce qui se passe
06:26parce que c'est tout simplement plus tolérable
06:27de voir des étudiants qui arrêtent leurs études
06:29sous des conditions de précarité
06:31qui sont tout simplement insoutenables,
06:32notamment les étudiants extracommunautaires
06:34qui se sont fait littéralement mettre à la porte
06:35de l'enseignement supérieur,
06:37de voir des étudiants qui ne mangent pas à leur faim,
06:39qui sont obligés de se sursalarier à côté de leurs études.
06:41Et c'est tout simplement des situations
06:42qui ne pourront plus continuer.
06:43Donc les étudiants en ont marre.
06:45Les étudiants ont des colères.
06:46Ces colères, elles sont légitimes
06:46mais elles doivent être entendues par le gouvernement
06:48qui a toutes les clés de l'apaisement entre ses mains.
06:50C'est d'écouter ces mesures.
06:51Ça tombe bien, on est en pleine période budgétaire.
06:53Donc c'est le moment d'être responsable de ce qui se passe
06:55et d'arrêter d'envoyer juste de la répression
06:57face à ces mobilisations.
06:58Et par rapport à...
06:59Voilà, vous venez d'entendre les représentants
07:01des différents syndicats étudiants, lycéens,
07:04dire on ne nous a pas entendus, c'est du vent.
07:07On va continuer la mobilisation.
07:08L'acte 4, d'ailleurs, c'est demain.
07:09Et ils sont un peu soutenus par...
07:11C'est ce que révèle notre sondage Elab pour BFMTV.
07:1474% des gens ne comprennent pas non plus Parcoursup,
07:17M. Blanquer.
07:17Je trouve que ça fonctionne mal.
07:19Alors d'abord, les Français sont solidaires de leur jeunesse,
07:22c'est bien normal, et après tout, on l'est tous.
07:23On a tous envie que la jeunesse ait un avenir.
07:26Vous savez, je vais quand même vous citer un chiffre.
07:29En 2017, il y avait 60% d'échecs
07:32en fin de première année d'enseignement supérieur.
07:34C'est un chiffre honteux et scandaleux pour la France
07:36qui durait depuis des décennies.
07:39Si nous avions un point de repère, c'était celui-là.
07:41En faisant tout ce que nous avons fait,
07:42la réforme du lycée, la réforme du bac, Parcoursup.
07:44Aujourd'hui, ce chiffre est en train d'approcher 50%.
07:47C'est une amélioration silencieuse,
07:50comme souvent les améliorations,
07:51mais c'est le juge de paix des discussions
07:54que nous avons aujourd'hui sur ces questions-là.
07:56C'est-à-dire qu'aujourd'hui, par Parcoursup,
08:00la répartition des élèves dans le système
08:02a été plus au bénéfice des élèves
08:03parce qu'ils réussissent davantage.
08:05Ils sont aussi mieux préparés
08:06parce que ce qu'ils font au lycée,
08:08aujourd'hui, par des programmes plus exigeants,
08:10plus d'heures dans les domaines
08:11dans lesquels ils se spécialisent,
08:13leur permettent d'être plus préparés à la réussite.
08:15Ça, c'est des choses, si vous voulez,
08:16le bien ne fait pas de bruit
08:17et le bruit ne fait pas de bien.
08:19Et sur cette question-là,
08:20mais encore une fois...
08:21– Il faut garder Parcoursup,
08:22mais vous dites, il faut bien un outil de sélection.
08:25– Mais ce qui est très sain,
08:26je trouve ça bien qu'on conteste Parcoursup,
08:28je n'ai pas de problème,
08:29je veux juste qu'on soit rationnel.
08:31– Mais si on l'enlève,
08:32il faut le remplacer par quelque chose d'efficace.
08:33– Évidemment, c'est comme d'autres sujets.
08:35La critique est tout à fait légitime
08:37et il faut dire...
08:38– Mais pas de démagogie.
08:39– Évidemment, et puis il faut être rationnel.
08:41Évidemment, là, on est dans une période de colère,
08:43donc je comprends...
08:45Alors, il y a d'autres sujets que Parcoursup,
08:47on peut se focaliser sur celui-là.
08:48Moi, je ne fais aucun fétichisme sur Parcoursup,
08:51je dis, c'est incontestablement une amélioration
08:53par rapport à ce qu'il y avait avant.
08:54Il y a sûrement des améliorations de terrain à faire,
08:57d'ailleurs, aucun cas.
08:57Parce que derrière Parcoursup,
08:59vous avez des établissements d'enseignement supérieur,
09:01tout simplement.
09:01Donc, chaque cas est un cas particulier.
09:04Ça peut certainement s'améliorer,
09:05mais faisons-le de manière rationnelle
09:07et posée dans l'intérêt des élèves.
09:08– Alors, Charles Consigny,
09:09est-ce que tout ça est la faute de Parcoursup ?
09:11On a aussi beaucoup critiqué la réforme Blanquer
09:14sur les spécialités au lycée.
09:16Et ça rend les emplois du temps plus complexes à organiser.
09:19C'est quelque chose qu'on entend aussi souvent.
09:21– Et ça augmenterait le nombre d'élèves par classe,
09:24si j'ai bien suivi.
09:26Moi, je pense que Parcoursup fait l'unanimité contre lui.
09:30Il faut dire les choses comme elles sont.
09:31Je ne connais pas.
09:31– Je crois que c'est faux.
09:32Non, non, non.
09:32C'est déjà ça, c'est très faux.
09:33– Franchement, M. Blanquer, honnêtement,
09:35vous êtes la première personne que j'entends
09:37qui me dit du bien de Parcoursup.
09:39– Non, non, mais c'est moi que je veux bien, mais…
09:40– Vous avez les étudiants qui sont parfaitement affectés
09:42par Parcoursup,
09:43et simplement, par définition, ils ne font pas de bruit.
09:45– Le nombre de plaintes qu'on entend tous les ans,
09:48c'est une espèce de traumatisme national annuel, Parcoursup.
09:51– Moi, je pense qu'en tout cas…
09:53– Quand vous dites ça, vous sombrez dans la facilité
09:55qui ne vous ressemble pas.
09:55– Non, mais en tout cas, il faut l'améliorer.
09:58– Ça ne vous ressemble pas du tout, cette facilité-là ?
09:59– Au minimum, il faut l'améliorer.
10:01– Qu'il y ait des angoisses dans notre société,
10:03elles sont nombreuses et à mon avis, elles sont légitimes
10:05et les étudiants la traduisent.
10:08Et elles se focalisent sur Parcoursup.
10:10Il peut y avoir parfois des insatisfactions.
10:12Mais si on prend le système en tant que tel,
10:15il est un système d'affectation la meilleure possible
10:19pour les élèves concernés.
10:21Alors après, il n'y a jamais eu autant de choix
10:23pour les élèves aujourd'hui grâce à Parcoursup.
10:26Si vous regardez les choix que vous aviez il y a 10 ans
10:28ou il y a 20 ans, ils étaient beaucoup moins transparents.
10:30– Mais en tout cas, il y a énormément de plaintes.
10:32Vous ne pouvez pas dire que c'est un système parfait.
10:34– Dans tous les cas, les lycéens sont toujours en colère.
10:36Ils disent que le gouvernement tremble,
10:38le gouvernement a peur avec les lycéens.
10:39– Donc Parcoursup, moi je pense quand même
10:41qu'au minimum, ça mériterait d'être amélioré,
10:43d'être plus transparent.
10:45– Certainement.
10:45– Voilà.
10:46Ensuite, parce que franchement, tous les ans,
10:48on entend une espèce de stress.
10:50– D'accord, mais le reste…
10:51– Alors, s'agissant de ces syndicats,
10:53moi je veux dire les choses comme je les pense.
10:55Qu'est-ce que c'est que ces mini-tondeliers,
10:59mini-mélenchons,
11:00qui…
11:01je ne veux pas avoir de mépris ni de condescendance,
11:04mais il y a quand même,
11:05ils sortent avec des airs de matamor du ministère,
11:09et qu'est-ce qu'ils revendiquent ?
11:12Du gauchisme,
11:13mais du gauchisme en barre,
11:15c'est-à-dire on ne nous a pas entendus,
11:17qu'est-ce qu'on veut ?
11:17On veut 60 milliards d'euros,
11:19demande Miniton Delier.
11:21Moi, je trouve qu'il faut être un peu raisonnable.
11:24Je pense que, sans doute,
11:26ont-ils des raisons de se plaindre.
11:27À mon avis, surtout,
11:29il y a eu en fait trop de ministres.
11:31Ça, je pense que vous serez d'accord.
11:32Il aurait fallu un seul et même ministre
11:35pendant tout le quinquennat,
11:36avec une ligne claire.
11:37– Le deuxième quinquennat,
11:37parce que le premier quinquennat,
11:38il n'y a eu qu'un seul ministre,
11:39c'est Jean-Michel Blanquer.
11:40– Oui, mais le deuxième…
11:40– Et après, ça s'est accéléré, effectivement.
11:42– Il y en a eu le deuxième,
11:42il y en a…
11:43je ne sais même pas…
11:44– Six ministres en…
11:45– On a battu tous les records, là.
11:46– En moins de cinq ans,
11:47donc ça me paraît quand même être un problème.
11:51Et ensuite, s'agissant des revendications,
11:54on commence à les identifier.
11:55Moyens pour le quotidien,
11:57plus d'enseignants,
11:58ou en tout cas des enseignants plus présents,
12:01et donc une réforme de Parcoursup.
12:03Je dis ça parce que j'ai lu l'édito du Monde
12:05qui, avec des trémolos sous la plume,
12:07titre « Mobilisation lycéenne,
12:09l'affirmation d'un mouvement social ».
12:11Et on sent qu'en fait,
12:13moi, je trouve quand même
12:15que c'est un mouvement
12:16qui est noyauté,
12:18instrumentalisé par la gauche,
12:19qui essaye d'en faire un truc national,
12:21mais qui, à mon avis,
12:22est quand même très instrumentalisé.
12:23– D'accord avec ça,
12:24c'est un mouvement qui est noyauté
12:25par la gauche, l'ultra-gauche ?
12:26– Non, mais c'est multidimensionnel,
12:27il y a des aspects très légitimes.
12:29Et à mon avis,
12:30le grand sujet,
12:31c'est l'angoisse de la jeunesse
12:32par rapport à l'avenir,
12:33sur des sujets extrêmement globaux,
12:36je pense aux enjeux d'environnement,
12:38aux enjeux géopolitiques,
12:39– À l'IA.
12:40– À l'intelligence artificielle
12:41et aux questions qu'elle pose.
12:42Donc c'est un effet générationnel
12:44qu'il faut prendre très au sérieux.
12:45– Donc au-delà des revendications concrètes,
12:47c'est une angoisse de la jeunesse.
12:48– Bien sûr,
12:48parce que ce qui manque dans ce pays,
12:50c'est un projet de société,
12:51un cap.
12:52Le fait qu'il y ait une élection présidentielle
12:54en 2027,
12:54de ce point de vue-là,
12:55est une bonne chose.
12:56– Vous trouvez qu'on parle beaucoup
12:57des jeunes dans cette campagne présidentielle ?
12:58– Il faut que ce soit que les jeunes…
13:00Pour moi, il y a deux priorités
13:01à avoir dans notre pays,
13:02c'est revitaliser tout notre territoire,
13:03je pense notamment aux petits villages,
13:05aux petites villes de notre pays,
13:07et ça va ensemble,
13:07parce qu'il y a une jeunesse rurale
13:09à laquelle il faut penser aussi.
13:11Et puis, deuxièmement, la jeunesse.
13:12L'enfance et la jeunesse
13:13comme étant, comme dans une famille,
13:15la première des priorités.
13:16Et je pense que la campagne présidentielle
13:19doit être l'occasion de dire
13:20ces deux choses-là.
13:21Et donc, évidemment,
13:22que la situation universitaire
13:23fait partie de ça.
13:24Il y a une paupérisation
13:26de l'université française
13:26qui est en route depuis très longtemps,
13:29depuis une cinquantaine d'années.
13:31– Et pourquoi on n'arrive pas justement
13:32à inverser les choses ?
13:34Parce que j'ai l'impression
13:35qu'on a beaucoup fait pour le lycée,
13:38le collège, les primaires,
13:39et que l'université,
13:40ça a toujours été
13:40de parents pauvres en France.
13:41– Alors, il me ferait un long…
13:43– Parce qu'on n'a pas le droit
13:43d'y toucher.
13:45– Alors, il y a plusieurs paramètres
13:47qui ont joué,
13:47y compris notre conception de l'université
13:48qui a fait parfois des distinctions
13:51entre grandes écoles, universités,
13:53des filières qui sont parfois
13:54difficiles à lire,
13:55et parfois les frustrations
13:55sur Parcoursup.
13:56C'est aussi la complexité
13:58de notre système
13:59que cela traduit.
14:00Et puis, il y a le fait
14:01qu'en France,
14:03on n'a pas un système
14:04suffisamment intégré
14:05entre l'enseignement
14:07à l'université,
14:07la recherche,
14:09et donc, ce qui fait notamment
14:10la recherche,
14:11c'est le prestige
14:12des universités dans d'autres.
14:13– Vous avez répondu
14:13sur le mouvement noyauté
14:15par l'ultra-gauche,
14:16par les gauchistes.
14:17– Cette dimension,
14:17elle existe, bien sûr.
14:18Elle a souvent existé
14:19dans des mouvements précédents.
14:21On ne peut pas résumer
14:23ce qui se passe à ça.
14:25Mais à l'heure, ça existe.
14:26– Mais, M. Blanquer,
14:26quand même,
14:27je pense que vous avez été
14:29un bon ministre
14:30de l'éducation nationale
14:31parce que vous avez essayé
14:32de remettre un peu d'exigence.
14:33et c'est quand même
14:34quelque chose
14:35dont on avait besoin.
14:36Mais au bout de 10 ans
14:38de votre famille politique
14:40au pouvoir,
14:41on a toujours
14:42plus de 90%
14:43de succès au BAC,
14:45ce qui, en fait,
14:45on voit bien,
14:46est un chiffre soviétique.
14:47– Du coup,
14:48on sélectionne après.
14:49– Le successeur,
14:50Gabriel Attal,
14:51a reconnu que les chiffres
14:52étaient truqués
14:53ou plus ou moins truqués.
14:55et on a toujours
14:56des gens
14:57qui végètent
14:58en première année,
14:59deuxième année
15:00d'université
15:00pour ensuite
15:01s'orienter plus tard,
15:03etc.
15:04Donc, en fait,
15:04quand même,
15:05en 10 ans,
15:06il n'y a pas grand-chose
15:07qui a été fait
15:08sur ce qui...
15:09– Je pense que,
15:10si vous voulez,
15:10franchement,
15:11vous voyez l'enfer.
15:12– Moi, je veux bien,
15:13mais on a toujours
15:14un bac fantoche,
15:15on a toujours une université
15:16qui sert
15:17à orienter les élèves,
15:19on a toujours
15:21presque une culture
15:22de l'absentéisme,
15:23je sais que ça ne plaît pas
15:24quand je dis ça,
15:25je reçois plein
15:26de messages d'insultes,
15:27mais en même temps,
15:28j'ai plein de témoignages
15:30parmi les professeurs
15:31au collège de l'Ussé,
15:32il y a beaucoup d'absents,
15:33on parle du non-remplacement,
15:34mais il y a quand même
15:34un problème d'absents.
15:36Tout ça avec une administration
15:37qui a le premier budget
15:38de l'État.
15:38– Là, vous venez
15:39d'additionner plein de sujets
15:40assez différents.
15:42– Qui sont des sujets
15:42prévignants ?
15:43– D'abord,
15:44vous comprendrez
15:44que je fais une différence
15:45entre le premier quinquennat
15:46et le deuxième quinquennat
15:46et que donc,
15:48pour ma part,
15:48je ne fais pas
15:51une agglomération
15:52des deux sujets.
15:53– Vous ne prenez pas
15:54à votre compte
15:55le deuxième quinquennat ?
15:56– Non, parce qu'il y a eu
15:56trop de zigzags
15:57sur trop de sujets,
15:58mais il y a quand même
15:58des sillons qui ont été mis
15:59lors du premier quinquennat,
16:01je pense notamment
16:01aux savoirs fondamentaux
16:02à l'école primaire,
16:04le dédoublement des classes,
16:05ça concerne encore
16:05400 000 élèves par an,
16:07les progrès sont là.
16:08En matière d'éducation,
16:09c'est sur 10 à 20 ans
16:10que les choses se passent.
16:11Évidemment que je regrette
16:12certains zigzags
16:13du deuxième quinquennat,
16:14mais il y a quand même
16:14des choses qui ont continué.
16:19Je ne vais pas
16:19toutes vous les égrener,
16:21devoir fait au collège,
16:22ce que nous avons fait aussi
16:23pour par exemple
16:24ce qu'on appelle
16:25les cités éducatives,
16:26toute une série de progrès
16:26comme ça.
16:27Ou que vous preniez
16:28la réforme du lycée,
16:29du bac et de parcours sup.
16:31Si l'on n'avait pas fait
16:32ces réformes,
16:33aujourd'hui vous seriez là,
16:34il y aurait des révoltes lycéennes
16:35quand même parce que les sujets
16:36sont en réalité autres.
16:37Et vous seriez là
16:38en train de me dire
16:39mais finalement les hommes politiques
16:40ils ne pensent pas au long terme,
16:42ils n'ont pas le courage
16:43de faire des réformes profondes,
16:44ils n'ont pas le sens
16:46de l'intérêt des élèves.
16:48Cette réforme du baccalauréat
16:49et du lycée
16:50et on peut y passer
16:51le temps qu'il faut,
16:52elle a été pensée,
16:53elle a fait l'objet
16:54de consultations
16:55pour préparer
16:56l'avenir du pays.
16:56Vous prenez par exemple
16:57des nouvelles disciplines,
16:58on a créé une discipline
16:59qui s'appelle
16:59numérique et sciences informatiques.
17:01Ça veut dire qu'en 2018
17:02on a pensé que l'intelligence
17:03artificielle et la cybersécurité
17:04étaient des sujets d'avenir
17:06et qu'il fallait préparer
17:06les élèves à ça.
17:07Qui parle de ça ?
17:08Personne bien sûr,
17:09mais quand on analyse sérieusement
17:11ce que c'est cette réforme,
17:12elle illustre exactement
17:14le contraire des reproches
17:15que l'on fait habituellement
17:16à la classe politique.
17:17C'est-à-dire la ténacité,
17:18le sens du long terme,
17:20le sens de l'intérêt général
17:21et tenir malgré les invectives.
17:24Et en réalité,
17:25en profondeur,
17:26les lycéens savent
17:26que cette réforme
17:27a été faite dans l'intérêt.
17:28D'ailleurs,
17:29ce n'est pas la réforme
17:30qui est contestée,
17:30ce n'est pas vrai,
17:30c'est les emplois du temps.
17:31C'est l'emploi du temps.
17:32Et encore, pas partout,
17:34pas de la même façon,
17:34c'est le sujet des bâtiments,
17:36c'est le sujet de Parcoursup.
17:37Eh bien ces sujets-là,
17:39moi je suis vraiment
17:40un démocrate profondément.
17:41Mais tournez sur la table.
17:42Ils doivent être sur la table,
17:43mais ça doit être dit rationnellement.
17:44Ça ne peut pas être...
17:44Sinon, notre pays
17:45ne pourra jamais se réformer
17:47s'il y a toujours
17:49justement ces zigzags
17:50et cette incapacité
17:52à pouvoir faire des réformes
17:53parce qu'on veut toujours contester
17:54quelque chose
17:55qui a à peine commencé.
17:56Et ça doit être ce que vous disiez
17:57au cœur du débat présidentiel.
17:58Merci Jean-Michel Blanquer,
18:00ancien ministre de l'Éducation nationale.

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