00:04Smart Patrimoine, édition spéciale Patrimonia, la suite et nous accueillons David Charlet à mes côtés, le président de l'Anacofi.
00:11Bonjour et bienvenue David.
00:12Bonjour.
00:13Nous sommes à la convention Patrimonia à Lyon, bien sûr, un mot peut-être de ce qui marque l'actualité
00:18de rentrée en ce mois de septembre pour l'Anacofi.
00:21L'Anacofi, que représente aujourd'hui l'association dans l'univers de l'épargne et du conseil en gestion de
00:25patrimoine ?
00:26Comment on mesure la croissance d'une association comme l'Anacofi, David ?
00:30On a plusieurs manières de la mesurer. Soit on la mesure par le chiffre d'affaires de ses membres ou
00:34par la fraction du marché qui est accompagné.
00:36C'est toujours un peu délicat avec les différents modèles. Soit on la mesure par le nombre d'entreprises membres
00:40d'une organisation pro.
00:42Et nous, on a passé cet été les 10 500 membres. Donc 10 500 membres, ça veut dire, ça représente
00:4740% des intermédiaires bancaires.
00:49Ça représente 43% des conseils en investissement financier. Ça représente à peu près l'équivalent des intermédiaires conseils en
00:58assurance.
00:58Donc pour les CGP, ça va faire entre 40 et 50% en réalité.
01:0210 500 membres, on parle des groupes de CGP.
01:05Nous, on parle d'entreprises. Chez nous, on ne parle pas en humain. On parle en entreprise.
01:09Derrière, vous avez des entreprises d'une personne. Vous en avez des de 3 000, 4 000 personnes.
01:14Et pour les plus grandes de la gestion de patrimoine, on parle en général en centaines.
01:17Dès qu'on a le courtage, on en a un peu plus. Il faut en être conscient.
01:19Mais les grandes entreprises de la gestion de patrimoine, c'est des ETI.
01:23Au-delà, on rentre plutôt vers le monde du courtage.
01:27La montée des exigences réglementaires est un sujet sans fin pour la profession, David.
01:32Comment vous accompagnez vos adhérents vers cette nouvelle couche de réglementation européenne
01:37qui va arriver et qui va s'implémenter, se mettre en place prochainement ?
01:40Comment on accompagne ? On a eu 4 époques. Pour ceux qui sont ici, ils ont pu vivre, selon leur
01:48âge, 4 époques réglementaires.
01:50Celles d'avant 2003 et même d'avant 2007.
01:53Ensuite, on a été dans une réglementation de 2007 à 2018. Deuxième époque.
01:58Beaucoup sont marqués par celle-là. La construction de leurs entreprises avait été pensée dans ces schémas-là.
02:03Ensuite, on a eu et on est toujours dans ce qui est l'époque 2018 à maintenant.
02:09Et puis, ils se préparent.
02:11Donc là, on vit dans le monde de 2018 ?
02:13On vit dans le monde juridique de 2018, si on veut le faire de façon simple.
02:16Et on est en train de préparer le monde, on va dire, le temps que les textes européens se finissent.
02:21Et là, on est vraiment au bord de leur finalisation.
02:26Et après, ils mettent à peu près 3-4 ans à rentrer dans notre droit national.
02:29Et ils ont commencé à se finir entre, on va dire, décembre 25 et maintenant.
02:34Puisqu'on nous annonce des fins de texte pour certains pour décembre 26 ou janvier 27.
02:40Donc, on est en train de dessiner le monde de 29-30 et qui sera valable pour une 12 à
02:4515 ans derrière.
02:46Voilà.
02:46Donc, comment on accompagne ?
02:48Déjà, en essayant d'informer nos membres en amont.
02:50Parce qu'on peut déjà avoir des décisions qui arrivent.
02:53Un régulateur national peut décider d'anticiper quelque chose parce qu'il sait que ça va arriver.
02:57Nos services juridiques s'adaptent, ils suivent ça.
03:00On fait partie des débats.
03:01Donc, on a une vraie capacité d'anticipation.
03:04Et puis, quand on franchit les barres qu'on a franchies,
03:06la NACOFI a gagné près de 25 salariés en quelques années.
03:10Elle a gagné des élus.
03:12On disait qu'on était 45 élus et bénévoles.
03:14On est maintenant 85 élus et bénévoles.
03:16Sur les salariés, c'est un doublement.
03:17Les outils techniques se sont développés.
03:20Les outils mis à disposition des membres aussi.
03:23Les services.
03:24On les accompagne avec des centrales de référencement de cabinets, d'avocats ou de sociétés de conformité.
03:29Voilà comment on fait.
03:30Mais il y a une vraie stratégie à déployer pour absorber, appréhender ces nouvelles réglementations qui s'accumulent et qui
03:36lassent la profession.
03:37Vous le savez mieux que moi, Damien.
03:39Il y a un discours quand même de prise en main de cette réglementation qui, de toute façon, va arriver.
03:46Alors là, quand même, l'avantage qu'on a en France, c'est qu'on a notre schéma dit de
03:50co-régulation.
03:50C'est-à-dire que les associations ne sont pas juste des assos de représentation.
03:53Ce sont des associations d'accompagnement et de vérification ou de contrôle selon les métiers.
03:58Mais du coup, ce que ça veut dire, c'est que nous, on n'est pas le régulateur central.
04:01On ne cogne pas parce qu'on arrive dans une entreprise et qu'elle est non conforme.
04:05On l'aide à se corriger.
04:06Si elle ne veut pas se corriger, alors on nous a délégué la fonction de coller une sanction qui n
04:11'est d'ailleurs pas du même niveau que celle que placerait un régulateur.
04:15Donc, avec ce schéma-là, qui est un schéma qui n'existe nulle part ailleurs en Europe, il faut être
04:19très clair, on a une capacité d'accompagnement.
04:21On le regarde. On est un des marchés d'Europe dans lequel nos entreprises se développent le plus.
04:25La gestion de patrimoine française en continental est devenue la plus importante de l'Union.
04:30C'est une industrie qui va bien, David ?
04:32Alors, c'est une industrie qui considère souvent qu'elle va moins bien qu'avant, mais juste pour avoir une
04:38petite histoire et voir à quel point c'est des fois un peu difficile.
04:40Je me souviens d'une discussion dans un ministère avec un membre du cabinet des ministres qui reçoit pendant toute
04:45la journée les représentants des métiers et il me reçoit à la fin.
04:48Et puis, quand il me reçoit en fin de journée, il me dit bon, comment va le métier ? Et
04:51qu'est-ce que vous voulez ? Qu'est-ce qu'on peut corriger ?
04:53Je lui dis donc un certain nombre de petites choses. Et lui, il me répond, écoutez, parce que vous ne
04:56m'en voudrez pas, David, mais vous êtes le premier métier à venir de la journée qui ne m'explique
05:02pas qu'il est en crise.
05:03Alors, vos demandes, je les entends, mais je vais m'occuper prioritairement de ceux que j'ai vus depuis le
05:08début de la matinée.
05:09C'est dur, c'est dur.
05:09Voilà. Donc, oui, on a des évolutions. Oui, les coûts fixes. Oui, les outils coûtent plus cher. Oui, la réglementation,
05:16c'est compliqué. Donc, il faut réfléchir des schémas des fois collectifs.
05:20Nous, les associations, il faut pousser dans la production de documents type. C'est exact. Mais on ne peut pas
05:26dire qu'on soit une industrie en crise.
05:28Attention, dans certains domaines, immobilier ou autre, ça peut ne pas aller. Bien sûr. Mais les entreprises, la gestion de
05:34patrimoine ne vont pas mal.
05:36Oui, il y a un savoir-faire, une excellence française de ce point de vue. Il y a une excellence
05:39française. Et d'ailleurs, il faudrait exporter plus.
05:42C'est anormal que nos concurrents directs en Europe soient les Anglais en termes de niveau et de ce qu
05:48'on peut faire et qu'eux s'exportent et nous qu'on s'exporte aussi peu.
05:52Comment on accompagne ? Au-delà de l'aspect réglementaire, comment on accompagne en permanence, là aussi, la montée en
05:57compétence des adhérents et des CGP ?
05:59C'est un travail de formation continue, j'imagine, face à un environnement de produits toujours plus complexe.
06:04Alors, la profession, évidemment, s'est familiarisée avec des produits SCPI, structurés, etc. Là, aujourd'hui, c'est le private
06:10equity qui est peut-être au démarrage de quelque chose vis-à-vis de la clientèle de CGP.
06:16Mais ce besoin de formation, il est continu, évidemment.
06:18Oui, avec quand même quelque chose qui est spécifique, pas à nos métiers, mais à la plupart des professions réglementées.
06:23Mais ce que nous sommes devenus, alors on n'est pas devenus profession réglementée en tant que CGP, mais en
06:27tant qu'entreprise du courtage, dans les différents domaines, de CIF, etc.
06:31Nous avons des obligations de formation continue. Elles sont assez volumineuses pour permettre à chacun d'aller choisir ses formations
06:39dans les domaines.
06:41De toute façon, il est obligé d'en suivre. Donc, d'aller les choisir dans les domaines où il a
06:44besoin d'une montée en compétence.
06:46Et puis, le monde est devenu un monde dans lequel, entre l'accompagnement, il y a toute la sphère de
06:51l'information dont vous êtes, dont est Patrimonia et tout un tas d'autres organisations.
06:56Regardez, on est un des mondes dans lequel il y a le plus de médias métiers et vous tournez, et
07:01dans lequel on a le plus de salons professionnels et ils tournent.
07:04Alors même que pour les salons, le monde du présentiel est censé avoir beaucoup baissé.
07:10On va regarder, c'est plein, les gens sont dans des conférences.
07:12Un succès, bien sûr.
07:13Donc, il y a une obligation, mais on ne peut pas dire que les gens ne se rendent pas compte.
07:17Ils y sont.
07:18Par contre, c'est vrai que la manière d'envoyer cette information ne se fait plus de la même manière.
07:23On fait plus de webinaires, on fait plus d'utilisation de médias qu'à une certaine époque.
07:27Les CGP doivent devenir leurs propres médias, vous dites, David ?
07:30Certains d'entre eux.
07:31Un sujet qui m'intéresse.
07:31Mais ils disposent d'un nombre de médias importants qu'ils consomment.
07:36S'ils ne les consommaient pas, vous n'existeriez pas.
07:38Il y a des univers dans lesquels les médias métiers sont peu nombreux.
07:41Vous, vous êtes nombreux et vous tenez.
07:44C'est juste ça.
07:46Et maintenant, on parle en plus de l'IA qui peut aider.
07:48Mais vous allez dire, c'est en plus.
07:49C'est une nouvelle manière.
07:51Pour l'instant, elle ne vous remplace pas.
07:52Ça remplacera peut-être le journaliste.
07:53Mais comme dans le cabinet de gestion de patrimoine, ça remplace peut-être l'assistant, pas l'entreprise.
07:58Dernière question, David.
08:00Comment est-ce que vous...
08:01Où ?
08:01Et comment est-ce que vous comptez peser dans le débat public, dans ce cycle politique français qui s'annonce
08:06intense ?
08:07Alors, l'avantage qu'a l'Anacofi, c'est qu'on est une association de représentation tout domaine.
08:12Ça veut dire que peu d'organisations pro sont à la fois une organisation de représentation reconnue dans différents domaines.
08:19On siège dans toutes les commissions nationales qui existent de représentation.
08:23Ce qui fait qu'on est devenu assez incontournable.
08:25Mais on est aussi, nous, dans le paritarisme.
08:26C'est-à-dire le monde de la représentation des entreprises en général et des chefs d'entreprise.
08:32Donc là, en fait, on a, nous, une particularité.
08:34C'est qu'on est appelé un peu partout de façon automatique.
08:37Et ensuite, on a notre côté proactif.
08:41C'est-à-dire que nous-mêmes, à chaque fois qu'il y a eu un débat, vous avez vu
08:43sortir les positions publiques de l'Anacofi.
08:46Vous nous avez vu aller rencontrer les grands dirigeants des partis qui prétendaient à la présidence.
08:54Donc, on a toujours fait ça.
08:56En plus d'avoir un avantage, 10 500, pardon, mais ça donne une position automatique.
09:02Donc, on a les deux.
09:03Le fait qu'on vienne nous chercher et le fait que nous, on y va.
09:06Et donc là, on prépare d'ailleurs notre manière d'y aller pour la campagne qui démarre.
09:09Merci beaucoup, David.
09:10On aura l'occasion d'en reparler.
09:11David Charlet, le président de l'Anacofi, avec nous depuis cette convention patrimoniale à Lyon, bien sûr.