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  • il y a 5 minutes
Dans son édito du 06/10/2026, Paul Sugy revient sur la désinformation numérique liée au gouvernement.

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Transcription
00:00Alors c'est un iteux de geek ce matin, si vous passez plus d'une heure par jour sur le
00:03réseau social X,
00:04vous connaissez forcément déjà French Response, le compte créé par le Quai d'Orsay pour lutter contre la désinformation numérique
00:10ou les tentatives d'ingérence dirigées depuis l'étranger pour écorner l'image de la France sur Internet.
00:15C'est un compte qui est tenu par des fonctionnaires qui travaillent pour le ministère des Affaires étrangères
00:18et qui nous rassurent régulièrement sur l'état du pays en rétablissant la vérité.
00:23Par exemple, les trois derniers posts de French Response, c'était pour réagir à des vidéos d'émeutes et de
00:28violences urbaines
00:28publiées par des comptes anglo-saxons, notamment ceux du militant identitaire britannique Tommy Robinson
00:33et qui faisait croire, à tort bien entendu, que la France est en proie à des émeutes.
00:38Mais non, voyons nous rassurer les fonctionnaires du Quai d'Orsay, ces images sont vieilles de 4 ans, tout va
00:43bien, nous sommes un pays calme.
00:44Après French Response donc, voici, soyons précis, cette fois en pleine discussion sur le budget 2027,
00:50les services de Matignon, qui sont derrière ce nouveau compte, assurent que l'objectif est de répondre aux informations fausses
00:56ou trompeuses
00:57qui circulent sur l'action du gouvernement, mais en réalité surtout sur les débats budgétaires à venir.
01:02Chaque publication est en vocation à être documentée, appuyée par des faits.
01:05Donc le but, c'est surtout de contrôler les commentaires en lien avec la discussion du budget.
01:09Exactement, c'est un compte qui vise à s'assurer de la sincérité des débats en ligne sur le budget.
01:14Et le premier à en faire les frais, c'est Patrick Martin, président du Medef,
01:17qui relevait il y a quelques jours dans un post sur LinkedIn,
01:20qu'au total, les entreprises françaises, selon lui, vont supporter l'an prochain environ 20 milliards d'euros de prélèvements
01:26obligatoires supplémentaires.
01:27C'est faux, répond Matignon.
01:29La hausse de la fiscalité en 2027 sera seulement de 6 milliards et demi, soit trois fois moins que le
01:34chiffre avancé par Patrick Martin.
01:36L'ennui, c'est que Matignon et le Medef ne parlent pas tout à fait des mêmes choses.
01:41Patrick Martin s'était fondé sur des chiffres, notamment ceux de l'IFRAP et de RECECODE,
01:44qui englobent la hausse de toutes les contributions que l'on demande aux entreprises et qui les comparent avec l
01:50'état du droit existant.
01:51Et donc, hors fiscalité exceptionnelle comme la taxe et les super profits.
01:55Les services du gouvernement répondent, eux, en excluant certaines contributions qu'ils seront demandées l'année prochaine aux entreprises.
02:00Par exemple, celle d'un demi-milliard pour lutter contre la fraude et sortie de leurs calculs.
02:04Et puis surtout, ils comparent 2027 à 2026, puisque Sébastien Lecornu, par exemple, qui veut faire baisser la taxe sur
02:09les sur profits,
02:10considèrent que c'est une baisse d'impôt. Mais pour les entreprises, c'est en fait quand même un impôt
02:14supplémentaire,
02:15puisque cet impôt devait être exceptionnel et que même si son montant est revu à la baisse, ça reste un
02:20impôt supplémentaire.
02:22Donc, vous voyez bien que chacun ne parle pas exactement de la même chose.
02:26Alors, tout dépend de la façon dont on fait les comptes.
02:28Oui, et c'est l'inconvénient d'un compte officiel qui prétend rétablir des vérités d'état sur Internet.
02:32En matière de débat public, en particulier dans les discussions budgétaires, chaque chiffre, chaque argument donc,
02:38dépend du raisonnement qu'a permis de le construire.
02:40Et la vérité n'est pas aussi simple que de savoir s'il fait nuit ou s'il fait jour
02:44dehors.
02:45C'est tout l'intérêt d'ailleurs du débat public, en particulier sur les réseaux sociaux,
02:48où chaque acteur peut, selon son point de vue, sa méthodologie ou ses intérêts, faire valoir son analyse.
02:53Bien sûr, le gouvernement a toute sa place dans ce débat.
02:56Mais soyons précis, il peut aussi se tromper.
02:58Et ses commentaires ne valent pas toujours parole d'évangile.
03:01Prétendre donc fact-checker ses interlocuteurs pour séparer la vérité de l'erreur,
03:06c'est instaurer un monopole de l'honnêteté et prétendre que les autres sont tous des menteurs ou des manipulateurs.
03:11Ce n'est pas la meilleure manière d'aborder le débat public, me semble-t-il.
03:14Merci.

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