00:00Simplement Romain, parce que cette élection, ça n'est pas la sienne.
00:02Effectivement, il y a Emmanuel Grégoire qui, pour tenter de discréditer,
00:05en réalité ses adversaires coalisés, accusait le président de la République
00:09d'avoir demandé lui-même ou fait demander à Sarah Knafo de se retirer
00:12ou en tout cas d'être intervenu.
00:14Emmanuel Macron dit que c'est faux ou fait dire que c'est faux.
00:18Et c'est vrai qu'Emmanuel Macron a tenu à montrer qu'il s'impliquait
00:21le moins possible dans cette campagne.
00:23Ça n'était pas son élection, ça n'était pas ses élections municipales.
00:27Il faut dire qu'il était déjà assuré, si ça avait été le cas,
00:30de les perdre avant même le premier tour, à la seule vue des forces en présence
00:32dans les grandes villes.
00:33À Paris, son candidat, ou en tout cas le candidat du camp centriste,
00:36Pierre-Yves Bournazel, a fait une campagne assez médiocre.
00:38Et même son report de voix en faveur de Rachida Dati,
00:40qui était pourtant ministre d'Emmanuel Macron, n'est pas du tout assuré.
00:44Il y aura probablement une dispersion des voix dimanche.
00:47Ailleurs, c'est pareil, à l'exception bien sûr des quelques villes
00:49dans lesquelles des ministres sont très implantés localement.
00:52Encore, la plupart se sont bien gardés de faire campagne
00:54sous la bannière du parti présidentiel.
00:56Mais le grand enseignement du soir du premier tour
00:59et que l'on a vu se confirmer à mesure que des accords entre partis
01:02ont été conclus cette semaine, c'est que la clarté idéologique paye,
01:06en tout cas l'éloignement avec le centre.
01:08Les Français ont exigé une clarification politique
01:10et c'est finalement le vieux clivage gauche contre droite
01:12qui fait son retour.
01:13À gauche, c'est très net, le jeu des alliances montre
01:17que la logique de la gauche, c'est de faire gagner son camp
01:20coûte que coûte, à tout prix, malgré les compromissions.
01:24Ça, on l'a bien vu et c'est très clair.
01:25Mais quelque part, si déshonorante que puisse être cette stratégie
01:29après les polémiques, après les promesses des semaines passées,
01:32le plus jamais ça, au fond, cette stratégie d'un point de vue partisan
01:35ou électoral peut se comprendre.
01:37Les électeurs de gauche demandent au fond une vraie alternance de gauche
01:40et tous partis comme électeurs savent et reconnaissent
01:43que c'est du côté de la France insoumise qu'émanent à gauche
01:45les mots d'ordre, les concepts, les idées qui font au fond battre
01:48le cœur militant de cet hémisphère politique.
01:51Cette logique de quand ?
01:52C'en est une, et vous avez raison, pour l'instant,
01:54ne semble pas mettre en danger les candidats socialistes
01:57ou écologistes qui s'y prêtent.
02:00S'ils sont élus ou réélus ce dimanche,
02:02c'est que cette stratégie aura l'aval des électeurs.
02:05Au fond, le macronisme a vécu et ce que l'on voit,
02:07c'est qu'à gauche, les socialistes qui se sont compromis
02:10avec les macronistes à l'Assemblée nationale
02:11aux yeux de beaucoup de leurs électeurs
02:12ne sont plus en position de force du tout
02:14pour dicter leurs conditions à gauche.
02:16Là encore, on voit un retour des clivages qui est flagrant.
02:18Et à droite ?
02:19À droite, la victoire écrasante au premier tour
02:21de David Lissnard à Cannes, par exemple,
02:23montre bien que la ligne qui a le vent en poupe
02:26chez les Républicains et qui est voulue par les électeurs,
02:28c'est celle qui consiste à refuser toute concession à Emmanuel Macron.
02:31C'était le cas de David Lissnard.
02:32Il se fait réélire avec un score triomphal.
02:34Quant au rassemblement national,
02:36ça m'a tendu à la droite,
02:37qui est assez inédite à l'échelle nationale
02:38et assumée comme telle par Jordan Bardella.
02:41Au fond, préfigure peut-être d'une stratégie d'alliance
02:43qu'il va falloir suivre avec intérêt.
02:45Je suis certain que vous lui posez des questions à ce sujet.
02:48Si Éric Ciotti l'emporte à Nice dimanche soir,
02:51au fond, il viendrait conforter aussi le constat
02:53que la droite nationaliste se renforce
02:54là où elle peut compter sur son ancrage à droite
02:57avec des alliés en tendant la main
02:58à des forces politiques voisines.
03:00La conclusion de tout ça, Romain,
03:01c'est qu'en affaiblissant les partis politiques,
03:04Emmanuel Macron a certes ouvert en France
03:05un âge des plateformes,
03:07des rassemblements politiques entre alliés,
03:09y compris dès le premier tour.
03:10En revanche, son rêve de faire éclater la droite et la gauche
03:13en prenant leur dépassement, leur transcendement,
03:16a fait long feu.
03:17L'incapacité de son mouvement à s'implanter durablement
03:19à l'échelle locale montre que les électeurs
03:21préfèrent toujours connaître la couleur politique
03:23de ceux à qui ils ont affaire.
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