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  • il y a 11 mois
Dans son édito du 02/10/2025, Paul Sugy revient sur la rentrée de l'Assemblée nationale.

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Transcription
00:00Oui, en principe, Romain, ça n'aurait même pas dû être un événement.
00:02En réalité, Sébastien Chenu et Hélène Laporte, qui ont été élus vice-présidents de l'Assemblée nationale,
00:07retrouvent une fonction qu'ils occupaient déjà avant les législatives de l'an passé.
00:12Et en réalité, l'événement principal est qu'ils avaient perdu cette fonction,
00:16puisque à l'époque, la gauche et les troupes macronistes avaient décidé d'écarter ces deux élus proches de Marine Le Pen
00:22et membres du Rassemblement national, puisqu'ils avaient considéré qu'il fallait prolonger le front républicain,
00:27qui avait été la technique utilisée par les macronistes et la gauche pour empêcher le RN de conquérir la majorité des sièges à l'Assemblée,
00:35et que donc c'était légitime d'essayer aussi de les écarter des postes de pouvoir au RN.
00:40La situation était assez invraisemblable.
00:41On avait vu le Rassemblement national pratiquement doubler le nombre de sièges de députés qu'il avait avant la dissolution,
00:47atteindre un record historique de nombre de députés dans son histoire,
00:51et pour autant, son influence au sein de l'Assemblée nationale avait donc reflué.
00:54Mais il faudrait rappeler peut-être que, si bien sûr les députés peuvent voter comme ils l'entendent,
01:00la démocratie au sein des votes à l'Assemblée nationale n'a quand même pas le même sens
01:03que lorsque les électeurs, eux, votent pour des élections législatives.
01:06Les électeurs votent et ils font bien ce qu'ils veulent,
01:08et s'il y a un front républicain, c'est leur liberté la plus stricte.
01:10En revanche, quand on vote pour des postes clés à l'Assemblée nationale,
01:13l'idéal, et c'est d'ailleurs dans les textes,
01:15c'est d'essayer d'offrir une représentation qui correspond à peu près à la réalité électorale du pays.
01:21De toute évidence, le vote de l'an passé n'y était pas conforme.
01:23Alors, ça paraît normal, ça paraît évident, mais à gauche, beaucoup trouvent ça scandaleux.
01:27Oui, en réalité, la gauche a perdu une bataille importante, effectivement, hier,
01:31puisqu'elle avait réussi l'an dernier à passer un accord avec les macronistes pour écarter le RN,
01:35et que cette fois-ci, elle n'y est pas parvenue.
01:37Les macronistes, au fond, se sont retournés, ont changé d'avis.
01:39Alors évidemment, tous les élus de gauche que vous interrogez se scandalisent
01:43et poussent des cris d'orfraie.
01:45Alors, hier, le Figaro qui traînait ses oreilles près du Figaro, on en entendait certains.
01:48Vous aviez Cyril Châtelain, du groupe écologiste, qui disait que c'était insupportable,
01:52ça posait un gros problème à son collègue socialiste Laurent Baumel.
01:54Et puis même les partis s'y sont mis.
01:56Le parti socialiste accuse donc les députés macronistes d'avoir, je cite,
01:59décidé de rompre le front républicain dans une décision qui est jugée grave.
02:05Et les écologistes ont publié un cours visuel,
02:09dans lequel il a simplement marqué une honte.
02:11Marine Tondelier considère que c'est un affront républicain.
02:14Je la cite encore.
02:15La notion de démocratie semble donc échapper à certains.
02:17Mais en réalité, ce n'est pas nouveau.
02:18La gauche est dans une espèce de double mystification
02:20dans l'interprétation qu'elle fait du résultat des élections législatives de l'an dernier.
02:24D'abord, elle pense avoir gagné les élections.
02:25Ce n'est pas le cas, puisqu'il a été démontré à plusieurs reprises
02:28qu'elle n'est pas en mesure d'imposer le choix d'un gouvernement au président de la République.
02:32Et par ailleurs, la gauche oublie qu'elle a gonflé artificiellement ses propres résultats
02:36grâce au front républicain et grâce au concours des troupes macronistes.
02:40Mais encore une fois, ça ne signifie pas que le poids qu'elle représente à l'Assemblée nationale
02:44correspond à son poids réel et elle est donc d'autant moins légitime
02:46pour essayer d'écarter les députés du Rassemblement national de ses postes clés.
02:50C'est hallucinant en fait.
02:52Qu'est-ce qui explique que cette fois, les macronistes aient changé d'avis ?
02:56On peut supposer qu'il y a une forme de volonté, de représentation démocratique plus fidèle.
03:01Mais il y a un pragmatisme aussi qui s'impose
03:03et qui lui, évidemment, semble beaucoup plus clair dans leurs intentions.
03:07C'est que quelques mois seulement après avoir passé cet accord avec la gauche,
03:11un premier gouvernement, celui de Michel Barnier, était renversé
03:14avec le vote de la censure permis par les voix du Rassemblement national.
03:17Pour la première fois de son histoire, le RN était en mesure de faire tomber un gouvernement.
03:21Et donc, bien sûr, certains se sont dit qu'il faut peut-être changer d'attitude.
03:25Marc Fénaud, par exemple, a déclaré hier que les députés du RN étaient des députés comme les autres.
03:30Ça tombe sous le sens, mais c'est peut-être déjà un petit peu tard pour s'en rendre compte.
03:32Sous-titrage Société Radio-Canada
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