00:00Oui, c'était une déclaration de l'Elysée, pratiquement comme si de rien n'était.
00:02Il faut dire que, malgré, bien sûr, le soutien poli affiché par Emmanuel Macron
00:06en façade à son Premier ministre depuis une dizaine de jours,
00:08en réalité, on sait bien que le Président de la République a recommencé à consulter
00:11bien avant que le vote de confiance ne soit perdu.
00:15Et pourtant, c'est lui, le responsable de la crise politique,
00:18qui a fait tomber François Bayrou.
00:19Alors certes, le Premier ministre n'a pas su l'endiguer.
00:22C'était pourtant sa seule et unique mission
00:23depuis qu'il avait récupéré son Marocain de Premier ministre en décembre.
00:27Mais enfin, les députés ont fait payer à François Bayrou hier son soutien à Emmanuel Macron.
00:32C'était ce qui ressortait des principaux discours des oppositions à la tribune de l'Assemblée nationale.
00:36Et toute la crise tient dans le fait qu'Emmanuel Macron,
00:38qui avait voulu laver sa défaite aux élections européennes par de nouvelles élections législatives,
00:42qu'il a ensuite perdu,
00:43n'a pas su en tirer les leçons dans la Ve République
00:45quand on perd des élections législatives, soit on cohabite, soit on démissionne.
00:49Alors vous ne l'appelez tout de même pas une cohabitation avec la gauche ?
00:52Non, parce que la victoire de la gauche est un effet de trompe-l'œil.
00:55En réalité, dire que la gauche a gagné,
00:56c'est ne pas voir que le nouveau Front populaire,
00:59au fond, n'a jamais réellement signifié quoi que ce soit.
01:01Et d'ailleurs, certains des députés élus socialistes,
01:04députés élus à la faveur de cette alliance,
01:06ont déjà déclaré qu'ils n'adhèrent même pas véritablement
01:08au programme pour lequel ils sont fait élire.
01:10C'est le cas du député Philippe Brun,
01:12dont une interview sur une chaîne concurrente est ressortie,
01:14et que les Insoumis, donc,
01:16accusent d'être, au fond, un social traître,
01:18selon le mot historique des communistes à l'égard des socialistes,
01:21puisque, eh bien, dans cette interview,
01:23il reconnaît qu'il n'est pas forcément pour l'application
01:25de toutes les mesures qui étaient contenues dans le programme législatif.
01:27Donc, la gauche socialiste,
01:29si elle est la seule option de sortie pour Emmanuel Macron,
01:32ne représente rien à elle seule,
01:33ou du moins pas grand-chose,
01:34et elle n'a pas à elle seule les clés d'une sortie de crise.
01:37En revanche, elle a des prétentions intenables
01:39qui rendraient impossible toute alliance durable
01:40avec l'aile droite de la Macronie et avec les Républicains.
01:43Alors, ça ne laisse pas mille options au président de la République.
01:46C'est vrai, et il se retrouve toujours dans cette même situation
01:48de quasi-blocage,
01:49donc, il est encore une fois le seul,
01:52si ce n'est le plus important des responsables, en tout cas.
01:55Et le plus probable est qu'il choisisse un autre candidat
01:58qui incarnera un centrisme un peu à bout de souffle.
02:00L'idéal serait que ce soit une personnalité
02:03qui n'a encore jamais été au gouvernement.
02:05C'est pour ça que les regards se tournent vers,
02:07par exemple, Xavier Bertrand,
02:09qui ne porte pas la responsabilité des gouvernements précédents,
02:11même si on sait que depuis notamment l'été dernier,
02:14il s'est beaucoup rapproché du président de la République.
02:16Ce qui est chose étrange,
02:17c'est que plus la tâche de Premier ministre est ingrate
02:19et plus les candidats semblent nombreux.
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