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  • il y a 45 minutes
Retrouvez le replay de Hammett Week-end sur BFMTV.

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Transcription
00:00Place à nos duelistes, à présent nos duelistes du vendredi, Raquel Garrido, face à Tugdual-Denis.
00:05Je vous laisse quitter le plateau, merci beaucoup d'être venus.
00:10Raquel Garrido et Tugdual-Denis, bonsoir.
00:14Je voulais vous faire réagir à la réaction du gouvernement,
00:16qui estime que le mouvement a désormais basculé vers des violences urbaines
00:19et qui met en cause directement la France insoumise, je cite,
00:23ses proxys d'ultra-gauche.
00:26On va écouter la réaction de Manuel Bompard aujourd'hui.
00:30Franchement, il a fallu attendre dix jours de mobilisation lycéenne
00:33pour que le gouvernement comprenne qu'il fallait renoncer à une stratégie
00:37qui était une stratégie du pourrissement et de la provocation.
00:39D'un certain point de vue, s'il doit y avoir un proxy,
00:41puisque manifestement il faut parler comme ça,
00:43il est à Matignon, il s'appelle M. Lecornu,
00:45parce que c'est lui qui est responsable de cette situation.
00:47C'est les gouvernements successifs qui ont, budget après budget,
00:50supprimé des postes d'enseignants, des postes de surveillants.
00:53Ce n'est pas de la responsabilité de la France insoumise.
00:55La France insoumise, elle assume précisément ce qu'elle a fait.
00:58C'est-à-dire qu'il y a eu un mouvement...
00:59C'est le procureur de Belfort après le lynchage d'un policier.
01:03Comment va-t-on dire ?
01:04J'aimerais en introduction dire que tout ça commence mardi matin
01:09dans le cadre d'une journée nationale d'action.
01:13Et cela a rassemblé environ 600 personnes.
01:17Des manifestants, des syndicats bien évidemment,
01:20mais aussi des jeunes gens issus des lycées.
01:24On a eu effectivement, au cours de la journée,
01:27des délégations ont été reçues,
01:29des délégations de syndicalistes,
01:31des délégations de jeunes gens, d'ailleurs,
01:32qui sont venus aussi et qui ont demandé à la préfecture d'être reçues.
01:35On les a reçues, bien sûr.
01:38On peut constater qu'à partir de ce mardi,
01:41et l'ensemble des débordements d'ailleurs qui ont eu lieu,
01:43on a assisté quand même sur les trois derniers jours
01:47à, devant les lycées en particulier,
01:48des débordements assez importants,
01:50et la mise en place, j'allais dire, extrêmement sensible
01:54d'une certaine catégorie de jeunes gens
01:57qui ont usé de tous les outils possibles,
02:01de jets de pierre, de jets de cocktails Molotov,
02:05de jets d'acide même, de bouteilles d'acide
02:07avec des morceaux d'aluminium pour en faire des bombes,
02:10de l'ensemble de ce qu'on pouvait trouver sur la voie publique,
02:14de barrières, etc.
02:15Et donc, il s'en est suivi des affrontements extrêmement importants
02:19avec les forces de l'ordre.
02:21Il a fallu plusieurs fois charger,
02:24plusieurs fois remettre de l'ordre,
02:26et je tiens à souligner comment...
02:27Et on va désormais écouter le ministre de l'Éducation
02:31qui s'exprime après la rencontre avec les syndicats lycéens.
02:36Je voulais partager avec vous deux types d'éléments.
02:39Le premier, c'est le bilan de la journée
02:41du point de vue de l'éducation nationale,
02:42en termes de perturbations à l'établissement.
02:45Et puis, le second, c'est le fruit d'une journée entière de travail,
02:49et en réalité de plusieurs jours de travail,
02:51en termes de dialogue social,
02:52avec les organisations syndicales de personnel,
02:55avec les associations de parents d'élèves,
02:57avec les associations lycéennes,
02:59et avec les élus lycéens,
03:01donc du Conseil national de la vie lycéenne,
03:03puisque je les ai tous rencontrés
03:05depuis ce matin jusqu'à l'instant.
03:07D'abord, s'agissons du bilan.
03:10Nous en sommes donc à 7 heures,
03:12à 735 établissements qui ont été perturbés
03:16d'une manière ou d'une autre sur la journée,
03:19c'est-à-dire à peu près 30% de moins qu'hier.
03:22Et globalement, nous avons également eu moins de violences
03:27contre les personnels,
03:28puisqu'aujourd'hui, 3 personnels ont malheureusement été blessés,
03:32contre 31 hier.
03:34Il n'en reste pas moins,
03:36vous l'avez vu d'ailleurs dans certains cas,
03:37qu'il y a eu des actes d'une extrême violence,
03:40encore, malheureusement,
03:41dirigés contre l'institution scolaire
03:42et contre ses personnels.
03:44La première chose que je voudrais faire,
03:45c'est vraiment témoigner de ma reconnaissance
03:47et de mon admiration
03:49pour les chefs d'établissement,
03:50pour les équipes de vie scolaire,
03:52qui sont tous les jours,
03:54j'allais dire, au premier rang pour protéger
03:56leur établissement et leurs élèves,
03:58et qui font honneur au service public.
04:00Je pense au proviseur du lycée Mandela à Nantes,
04:03qui, hier, avec son équipe,
04:05a évacué les 160 internes
04:06qui étaient à ce mois dans le bâtiment,
04:08alors que des jeunes incendiaient l'entrée.
04:10Je pense à toutes celles et à tous ceux
04:12qui, aujourd'hui encore,
04:14ont dû faire face à des violences inacceptables.
04:17Elles sont en baisse,
04:17et contre les lycées,
04:19j'en suis évidemment,
04:20je ne peux en être que,
04:22j'allais dire, rassuré,
04:24ou en tout cas, moins triste qu'hier.
04:26Elles existent encore,
04:27et elles sont inadmissibles.
04:29Je l'ai dit,
04:30mais en démocratie,
04:31il n'y a pas d'alternative au dialogue.
04:34Nous sommes dans un état de droit.
04:36Et ce qui est en train de se passer,
04:38je l'ai dit également,
04:39mais c'est une forme de confiscation
04:40par la violence du mouvement lycéen,
04:43et des revendications des lycéens,
04:44dont d'ailleurs,
04:46plus grand monde ne parle actuellement.
04:48Donc ce que j'ai souhaité faire,
04:49justement,
04:50c'est permettre à ces revendications
04:52de pouvoir s'exprimer
04:54dans un cadre organisé, démocratique.
04:56C'est pour ça que j'ai rencontré
04:57les différents acteurs
05:00de la communauté éducative,
05:01parce que nous formons une communauté.
05:03Et dans une communauté,
05:04vous avez des personnels,
05:05vous avez des parents,
05:06et vous avez des élèves.
05:07Et il faut que les trois
05:08puissent être, j'allais dire,
05:09pleinement associés à la discussion.
05:12Des différents travaux
05:13qui ressortent de la journée.
05:15Il y a un certain nombre de revendications
05:17qui, clairement,
05:18peuvent être, j'allais dire,
05:18un peu cristallisées par le lycéen.
05:21Alors, il y a des inquiétudes,
05:22et puis il y a des demandes,
05:23j'allais dire, plus précises.
05:24Sur les demandes qui relèvent
05:26du strict champ de l'éducation nationale,
05:27on observe d'abord,
05:29et ça, c'est assez net quand même,
05:30parce que tous m'en ont parlé
05:31cet après-midi,
05:33que la démocratie scolaire
05:35n'est pas assez fonctionnelle,
05:36pour ne pas dire
05:37qu'elle est dysfonctionnelle.
05:39Autrement dit,
05:40nous avons des lycéens
05:41qui sont souvent consultés,
05:42qui ne sont pas toujours entendus.
05:45Et ça, il faut arrêter avec ça,
05:47parce que si vous consultez les gens
05:49sans jamais les associer,
05:50évidemment, au bout d'un moment,
05:51ils ont l'impression
05:52d'être consultés pour rien.
05:54Premier élément,
05:55donc, de constats
05:56et de revendications.
05:58Deuxième élément,
06:00ça porte bien sûr
06:00sur les conditions,
06:01j'allais dire,
06:02globales d'apprentissage.
06:03Il y a des enjeux
06:04qui sont revenus
06:04sur le bâti scolaire,
06:05sur lequel les régions
06:06investissent énormément,
06:07mais qui néanmoins sont revenus,
06:09notamment à la lumière
06:10de la canicule de cet été.
06:11Il y a des enjeux
06:12autour des classes,
06:13qui, dans certains cas,
06:14sont surchargées au lycée.
06:16Il y a des enjeux également
06:17autour du remplacement
06:19des professeurs.
06:22Et puis,
06:23dernier gros sujet
06:23qui a été évoqué,
06:24c'est bien sûr
06:24au sujet des rythmes scolaires,
06:26aussi bien à l'échelle
06:27de la semaine,
06:28avec des lycéens
06:28qui, vous le savez,
06:29ont parfois des calendriers,
06:31j'allais dire,
06:31un petit peu chahutés
06:32ou très étonnés
06:33de la journée.
06:34Et puis,
06:34au niveau aussi de l'année,
06:36puisque les élèves considèrent
06:37que le rythme scolaire
06:38à l'échelle de l'année
06:38reste très lourd.
06:41Par rapport à tout ça,
06:43il y a évidemment
06:43des choses qu'on peut traiter,
06:44j'allais dire,
06:44de manière assez rapide,
06:47d'autres qui nécessitent
06:47une action un peu plus longue.
06:49La première chose
06:50que j'engage,
06:51dès ce soir
06:52et dans les jours qui viennent,
06:54c'est d'abord
06:54ce travail
06:55sur la démocratie scolaire
06:57pour faire en sorte
06:58que les élus lycéens
06:59puissent être entendus
07:00non seulement
07:01dans les instances consultatives,
07:03les conseils du lycéen,
07:04les conseils de lycéen,
07:06le conseil national du lycéen,
07:07mais de manière,
07:08j'allais dire,
07:08plus intégrée
07:09à nos travaux,
07:10mais également
07:11dans les instances
07:12qui ont une vocation,
07:12j'allais dire,
07:13plus décisionnelle.
07:14Je pense notamment
07:14au conseil d'administration
07:16et que dans ces instances,
07:17et c'est un sujet
07:18auquel je tiens,
07:19les lycéens professionnels
07:20puissent avoir
07:21une représentation
07:21à due proportion
07:22de leur poids.
07:23Parce que ce qu'on observe,
07:24c'est qu'ils représentent
07:24un lycéen sur trois,
07:26mais qu'ils sont
07:27très faiblement représentés,
07:28aussi bien au niveau national,
07:29au conseil social de l'éducation,
07:31que dans les autres instances.
07:32Donc nous allons avoir
07:32ce travail sur les instances
07:34et je voudrais dire
07:34ce soir aux lycéens
07:36qu'au cours des prochaines semaines,
07:37ce travail leur permettra
07:39d'être pleinement
07:40et effectivement entendus,
07:43écoutés et compris.
07:45Le deuxième sujet,
07:46c'est qu'on ne peut pas
07:47accepter objectivement,
07:48et notamment sur des classes
07:49à examen comme la première
07:50et la terminale,
07:51que des professeurs
07:53ne soient pas remplacés.
07:54Ce n'est pas leur faute
07:55qu'ils soient absents,
07:56mais c'est notre responsabilité
07:57de les remplacer.
07:58On ne peut pas accepter
07:59qu'on ait des professeurs
08:00qui puissent ne pas être remplacés
08:01pendant trois mois,
08:02quatre mois,
08:03alors que c'est une classe à examen.
08:06Donc, dès le début
08:07de la semaine prochaine,
08:08on va lancer un plan d'action
08:09avec l'ensemble des recteurs,
08:10que je vais voir d'ailleurs
08:11à cette fin,
08:12de manière à ce que
08:13les remplacements
08:14puissent être sensiblement
08:16accélérés
08:17et qu'ils soient évidemment
08:19priorisés sur les classes
08:19à examen
08:20pour que nos élèves
08:21ne soient pas pénalisés
08:22pendant les années
08:23où ils se préparent
08:24aux examens
08:24et a fortiori
08:25avec la perspective derrière
08:27de la poursuite
08:28d'études supérieures
08:29ou de l'insertion professionnelle.
08:30Ça, c'est donc
08:31le deuxième élément
08:32que je souhaitais partager
08:35avec vous.
08:36Le troisième élément,
08:38c'est que nous avons évidemment
08:40besoin également
08:41d'avoir un travail
08:42sur les rythmes scolaires.
08:43Ce travail a déjà été éclairé
08:45par la Convention citoyenne.
08:47La suite,
08:47il faut être très clair.
08:49Je vais engager le travail,
08:51j'allais dire,
08:52de fond,
08:52le travail technique
08:53qui nécessite
08:55pas seulement
08:55de penser
08:56par rapport aux lycéens
08:57d'abord,
08:58mais aussi de penser
08:58tout ce qu'il y a autour.
08:59et ça veut dire
09:00qu'il faut travailler
09:00collectivement
09:01sur les transports,
09:02sur l'organisation
09:05du temps de vie
09:05des lycéens.
09:06En revanche,
09:07et je préfère le dire
09:08tout de suite,
09:09je ne serai pas en mesure
09:10parce que je respecte
09:11le débat démocratique
09:12de prendre une décision
09:13applicable à la rentrée 27.
09:14Je préparerai le sujet,
09:17je le travaillerai
09:18de manière concertée
09:18avec les lycéens
09:19comme avec les professeurs,
09:20comme avec les parents.
09:22Mais,
09:22compte tenu des échéances
09:23qui doivent intervenir
09:24au mois de mai,
09:26c'est évidemment
09:26dans le cadre
09:27d'un débat démocratique
09:28complet et dont
09:29des élections présidentielles
09:30que les décisions
09:31et les orientations politiques
09:32auront l'occasion
09:33à être prises et détaillées.
09:34Je ne me vois pas
09:35si vous voulez
09:36prendre des décisions
09:37majeures dans ce domaine
09:37et puis éteindre la lumière
09:40en partant
09:41et dire au suivant
09:42au fait,
09:43j'ai pris ces décisions-là.
09:44C'est trop important,
09:45ça implique trop la société,
09:46l'économie,
09:47les familles,
09:48etc.
09:48pour prendre une décision
09:49définitive à ce stade.
09:50Mais en tout cas,
09:51je lance ces travaux,
09:52les verres parfaitement
09:53là aussi transparentes
09:53et démocratiques
09:54pour faire en sorte
09:55que les choses
09:56puissent déboucher.
09:59Et puis tout dernier point,
10:01parce que c'est important
10:02et qu'on en a très peu parlé,
10:04nous avons un projet
10:05de loi de finances
10:06actuellement sur la table
10:07qui va bien sûr
10:07être débattu,
10:08enrichi, etc.
10:09Mais qui doit nous permettre
10:11de répondre aussi
10:12à une partie de demandes,
10:13en tout cas d'initier
10:14ou d'amorcer une réponse
10:15à une partie des demandes
10:16des lycées.
10:17Ce projet de loi de finances
10:18permettra
10:19de réduire le nombre
10:20d'années par classe
10:20aussi bien dans le premier degré
10:21que dans le second degré
10:22et donc au collège
10:23et au lycée
10:24et singulièrement au lycée
10:25puisqu'on sait que c'est là
10:26qu'il y a encore
10:26une démographie
10:28qui est plus abondante
10:29qu'au collège
10:29ou qu'à l'école.
10:30Et ce projet de loi de finances
10:32aussi permettra
10:34de recruter,
10:35de créer
10:36300 postes supplémentaires
10:38d'infirmiers et d'infirmières scolaires,
10:40de psychologie
10:40d'éducation nationale
10:41d'assistantes
10:42et d'assistants sociaux.
10:43Je dis déjà depuis l'année dernière
10:44et je l'ai déjà fait l'année dernière
10:45qu'il faut
10:47renforcer considérablement
10:49le nombre
10:50de personnels de santé
10:51et sociaux.
10:52Il faut poursuivre
10:53cette trajectoire
10:53sur plusieurs années
10:54parce qu'en réalité
10:55le vivier disponible
10:56n'est pas si étendu que ça.
10:57Là aussi,
10:57on pourrait faire des promesses
10:58en disant
10:59il y aura 10 000 recrutements
11:00où on ne saurait pas
11:01les recruter
11:01parce qu'ils n'existent pas.
11:02Mais en revanche,
11:04si nous avons cette vision
11:06consolidée annuelle
11:06de se dire,
11:07enfin pluriannuelle,
11:08consistant à se dire
11:08que chaque année
11:09nous recrutons 300 ou 400 personnes
11:11de plus dans ces secteurs-là,
11:12nous serons capables
11:12de les recruter
11:13et nous améliorerons
11:14la prise en charge
11:15de la santé physique
11:16et psychique de nos élèves
11:17ce qui est un sujet
11:17qui est aussi beaucoup revenu
11:18aujourd'hui dans la bouche.
11:20Donc,
11:21cette trajectoire-là
11:22est initiée
11:23à la fois en réduction
11:24du nombre d'élèves par classe
11:25et en renforcement
11:26du médico-social,
11:271,2 milliard supplémentaire
11:29pour l'obligation nationale
11:29l'année prochaine.
11:31Les différents points
11:32que je mentionne
11:33sont donc initiés
11:34dès ce soir
11:35et à partir de lundi
11:36pour certains d'entre eux.
11:37Nous aurons aussi évidemment
11:38un travail avec les régions
11:40qui portent le sujet
11:41bâti scolaire
11:41et qui le portent
11:42avec engagement
11:43sans parfois
11:44que les élèves
11:44en aient véritablement
11:45pleinement conscience
11:45et là aussi,
11:46ça veut dire
11:46qu'il vaut mieux
11:47les associer
11:47à ces décisions
11:48et à l'information.
11:50Mais aujourd'hui,
11:51vraiment,
11:51je le redis,
11:52chers lycéennes
11:52et chers lycéens,
11:54au nom de tous ceux
11:54qui travaillent pour vous,
11:56du 1 million
11:56de service personnel
11:57qui se lève tous les matins
11:59et qui n'a qu'une volonté,
12:01c'est de vous permettre
12:01de progresser,
12:02de vous épanouir,
12:04de grandir
12:04et de devenir citoyen,
12:06je peux vous dire
12:07que vous êtes écoutés,
12:09que vous êtes entendus,
12:10que vous êtes aussi crus
12:11dans vos angoisses,
12:13dans vos inquiétudes
12:13et dans vos demandes,
12:14dans vos espoirs aussi.
12:15Vous êtes crus,
12:16vous êtes écoutés
12:17et nous avons désormais
12:18un cadre de dialogue
12:19structuré,
12:20organisé,
12:21pérenne,
12:22avec un travail
12:22et un planning
12:23qui permettra
12:24de répondre
12:24à une grande partie,
12:25je l'espère,
12:26de vos demandes.
12:27Merci.
12:27Avant même de vous avoir entendu,
12:29les syndicats étudiants
12:31et lycéens
12:31ont dit
12:32qu'ils poursuivaient
12:32les mouvements,
12:33voire l'amplifier.
12:36J'allais dire
12:36que c'est un droit républicain.
12:38C'est une liberté fondamentale
12:39de pouvoir manifester,
12:41etc.,
12:42dans le respect,
12:42bien sûr,
12:42du cadre légal,
12:43en respectant aussi
12:44ceux qui ne souhaitent pas manifester,
12:46ceux qui veulent aller en cours,
12:48important,
12:48et aussi un droit
12:49à l'instruction
12:50qui est aussi fondamental
12:51que la liberté de manifestation.
12:53Mais dans ce cadre-là,
12:54évidemment,
12:55je respecte
12:55les prises de parole,
12:56d'autant plus
12:56que par définition,
12:57tout ne peut pas être fait
12:58en quelques secondes.
12:59Et donc,
13:00nous avons des lycéens
13:01qui peut-être
13:03souhaitent voir,
13:03j'allais dire,
13:04les travaux s'engager,
13:05mais les travaux
13:06sont d'ores engagés.
13:07Et donc,
13:07je veux aussi rassurer
13:08nos élèves.
13:10Ce n'est pas une manœuvre
13:11dilatoire,
13:13ce que je suis en train de faire.
13:14Ce n'est pas de dire
13:14rendez-vous dans six mots
13:15dans un an.
13:15C'est très concret,
13:16c'est maintenant.
13:17Et par ailleurs,
13:18ils auront l'occasion,
13:19la possibilité,
13:19dès lundi soir,
13:21au-delà de leurs représentants
13:22que je reçois
13:23désormais régulièrement,
13:24ils auront la possibilité,
13:25dès lundi soir,
13:29et sans oui ou non
13:30de répondre eux-mêmes,
13:32d'écrire quelque chose
13:32sur quelles sont
13:33vos difficultés,
13:34quelles sont vos attentes.
13:36Tous les élèves de France,
13:37à titre individuel
13:38ou à titre collectif,
13:39pourront le faire.
13:41Tout cela sera analysé,
13:42travaillé à l'échelle
13:43des établissements,
13:44des académies
13:45et du pays.
13:46Il y aura une restitution nationale
13:47dans le courant
13:48du mois de novembre,
13:49structurée,
13:50là aussi,
13:50organisée,
13:51pour résoudre
13:51toutes les questions
13:52dont je n'ai pas parlé
13:52aujourd'hui,
13:53mais qui appellent là aussi
13:54des réponses
13:54structurées et organisées.
13:56Mais ils seront entendus,
13:57ils seront lus,
13:58et ils seront crus.
14:00Vous avez donné le bilan
14:01de la journée.
14:02Est-ce que des collèges
14:03sont également
14:05dans ces chiffres ?
14:06Et si oui, combien ?
14:07Alors, il y a effectivement
14:08des collèges
14:08qui sont concernés,
14:09notamment lorsqu'il y a
14:10des cités scolaires
14:11ou lorsque les collèges
14:12sont à proximité immédiate
14:13des lycées.
14:14Donc, si vous me permettez
14:15l'expression,
14:16c'est plutôt par débordement,
14:17si je puis dire,
14:18que par engagement
14:19des collégiens.
14:21Il y a une petite centaine
14:22de collèges
14:23qui aujourd'hui ont été
14:24concernés par ces phénomènes.
14:25Et on les inclut
14:26dans les chiffres
14:27que vous nous donnez ?
14:27On les inclut
14:28dans les 735
14:30que je vous indiquais tout à l'heure.
14:31Est-ce que vous pouvez nous dire
14:32combien d'établissements
14:33seront à nouveau
14:34en distanciel lundi ?
14:36Alors, à cette heure,
14:37je n'ai pas les chiffres.
14:38J'ai indiqué,
14:40avec la même, j'allais dire,
14:41ligne qu'il y a
14:42au chef d'établissement,
14:43que lorsque l'état
14:45du bâtiment
14:46ne permet plus
14:47d'accueillir les élèves
14:48parce qu'il a été dégradé
14:50par des voyous,
14:51notamment quand les sécurités
14:53incendies ont été détruites,
14:55ou lorsque les atteintes
14:57diriger sciemment
14:58contre les personnels,
14:59ils ne permettent plus
14:59d'assurer non plus
15:00la sécurité des personnels,
15:01ils avaient la possibilité,
15:03évidemment,
15:04de fermer leur établissement
15:05et de passer en distanciel.
15:06Mais on n'a pas encore
15:07les chiffres à ce temps-là.
15:08Est-ce que vous prévoyez
15:09le mardi,
15:10qui est apparemment
15:11apparemment,
15:12ce sera une grosse journée,
15:13de fermer les établissements
15:15de manière préventive ?
15:17Et deuxième question,
15:17où est-ce que vous prévoyez
15:18de trouver les enseignants ?
15:19Vous avez dit que vous allez voir
15:20avec les recteurs,
15:21les enseignants en remplaçant,
15:23puisqu'aujourd'hui,
15:24les recteurs n'arrivent pas
15:24à les trouver.
15:25Alors, on a...
15:26Alors, pardon,
15:27deux questions totalement différentes.
15:28Donc, pour mardi,
15:31on va évidemment clarifier les choses,
15:33j'allais dire,
15:34d'ici lundi.
15:35Donc, on va prendre les choses
15:37sereinement.
15:38J'espère que les manifestations,
15:43les mouvements de mardi
15:45seront bien des manifestations
15:46qui respecteront
15:47les droits des lycéens
15:48et donc qui ne seront pas reprises,
15:51contaminées, confisquées
15:52ou prises en otage
15:54par des gens qui n'ont absolument
15:56rien à l'heure avec les lycéens
15:57et qui ont été ce contre-fiche
15:59de l'intérêt des lycéens.
16:00Parce que quand même,
16:01on a des lycéens qui ont,
16:02au départ,
16:03porté des revendications
16:04et qui dépendent d'ailleurs
16:04aujourd'hui de la représentante
16:06autour de la qualité
16:08de leurs conditions d'apprentissage
16:10ou autour des heures de cours
16:12dont ils ont besoin.
16:13J'observe qu'aujourd'hui,
16:15le comportement destructeur
16:17de certains individus
16:18aboutit pour un certain
16:19de nos lycéens
16:20au résultat exactement inverse
16:22à celui de revendication.
16:23C'est-à-dire qu'on est obligé
16:24de fermer certains établissements,
16:27on est obligé de faire des éves
16:28qui sont privés de cours.
16:31C'est exactement l'inverse
16:32de ce qu'ils souhaitaient.
16:33Et donc, vraiment,
16:34j'en appelle là aussi
16:35au calme et à l'apaisement,
16:36nous vivons dans un état de droit,
16:37dans un pays démocratique
16:39et des libertés fondamentales.
16:40La liberté manifestée,
16:41la liberté de ne pas manifester,
16:43le droit à l'instruction,
16:44le droit d'aller en cours.
16:45Et c'est la conciliation
16:46de ces libertés
16:47qui fait que nous formons
16:47une société.
16:48Donc j'espère que mardi,
16:50il n'y aura pas de débordement
16:51d'aucune sorte
16:52et encore moins
16:53contre le service public
16:53de l'éducation.
16:55S'agissant de votre deuxième question,
16:58c'est-à-dire sur les professeurs,
17:00bon,
17:02on a deux sujets.
17:03On a un sujet de vivier
17:05et on a un sujet d'organisation,
17:06c'est-à-dire de rapidité
17:08de la réponse administrative
17:09une fois qu'on a le vivier.
17:10La première chose,
17:11c'est que nous sommes
17:13dans une situation
17:13objectivement sensiblement meilleure
17:15que l'année dernière.
17:16Et l'Issien, évidemment,
17:16ne le voit pas sur le coup,
17:17mais la réalité,
17:18c'est que nous ne commençons
17:19pas l'année de la même façon.
17:20Si je prends le cas
17:21du second devait,
17:21c'est-à-dire les collèges
17:22et les lycées,
17:23nous avons commencé l'année
17:24avec 57% de postes vacants
17:25en moins par rapport
17:27à l'année dernière.
17:28Donc notre situation de départ
17:29est beaucoup plus saine
17:29parce qu'il y a un travail
17:30qui a été fait depuis un an
17:32avec les services académiques.
17:34S'agissant ensuite
17:35de la réactivité collective,
17:37c'est là qu'objectivement,
17:38probablement,
17:40à mon avis,
17:40de gagner en efficacité,
17:41c'est-à-dire entre le moment
17:42où on a identifié une personne
17:43et le moment où elle est
17:44effectivement affectée
17:44devant la classe,
17:46nous avons une tâche
17:48aujourd'hui à réaliser
17:50et donc on va travailler ça
17:51avec les recteurs
17:51et j'espère qu'on en verra
17:53très rapidement les fruits.
17:54Est-ce que cette solution
17:54des cours en distanciel,
17:56pour vous,
17:56c'est un pisalet,
17:57une forme de renoncement
17:59où vous estimez
17:59que c'était la seule solution
18:01viable en l'état des lycées ?
18:03C'est jamais une solution,
18:05c'est pas une solution préférable.
18:07C'est-à-dire que le principe,
18:08c'est qu'on a cours
18:08dans une salle
18:09avec un professeur.
18:11Mais moi, si vous voulez,
18:12j'ai une double responsabilité.
18:14En tant que ministre,
18:15j'ai une responsabilité
18:16vis-à-vis de mes personnels
18:17parce que je suis employeur
18:18et j'ai une responsabilité
18:20vis-à-vis de mes élèves
18:21parce que j'ai 12 millions d'élèves
18:22dont nous devons assurer
18:23la sécurité.
18:24Vous comprenez bien
18:25que si on n'est pas en mesure
18:27compte du comportement
18:28de certains individus
18:29d'assurer la sécurité
18:31de nos personnels
18:31ou de nos élèves,
18:33en réalité,
18:33la seule mesure de protection
18:36possible,
18:36pour une durée limitée,
18:37évidemment,
18:38c'est de fermer l'établissement.
18:40Donc, c'est pas quelque chose
18:41que je poursuis de mes voeux,
18:42loin de là.
18:43Mais c'est quelque chose
18:44qu'il faut savoir faire
18:44dans l'intérêt général.
18:46Ce qui, au passage,
18:47pardon,
18:48l'intérêt général
18:49qui, au passage,
18:49doit être notre seule
18:50boussole collective.
18:51Et je dis bien collective
18:52sur l'intégralité
18:54du spectre politique
18:55et dans toute la société.
18:56C'est pas un gros mot,
18:57l'intérêt général.
18:57Il y a des hommes
18:58et des femmes
18:58qui le servent tous les jours.
19:00Les lycéens fustigent
19:01beaucoup la réponse.
19:03Voilà.
19:03Les annonces du ministre
19:05de l'Éducation
19:06après sa rencontre
19:06avec les syndicats lycéens.
19:08Un chiffre
19:09qu'a donné le ministre.
19:10735 établissements
19:11perturbés sur la journée.
19:13C'est beaucoup,
19:14mais c'est quand même
19:1530% de moins
19:16par rapport à hier.
19:18Alexis Cubillier
19:18nous a rejoint.
19:19Un point sur les mesures,
19:20les annonces à retenir
19:21donc ce soir.
19:22En effet,
19:23ce chiffre que vous évoquiez,
19:24un recul
19:25qui a été observé
19:26même si le ministre
19:26parle toujours
19:27d'actes d'extrême violence.
19:29Nous en avons fait l'écho
19:31tout au long de la journée.
19:32Il a annoncé
19:33un certain nombre
19:34de chantiers.
19:35L'accélération
19:36de la démocratie scolaire,
19:38les consultations,
19:39les échanges
19:39avec les lycéens,
19:40le sujet des rythmes scolaires,
19:42autant de sujets
19:43qui sont suspendus.
19:44Il le reconnaît,
19:45le ministre,
19:46aux échéances
19:47de mai prochain.
19:48Il parle de ce débat
19:49démocratique
19:49qui aura lieu
19:50au moment de la présidentielle.
19:52Il évoque aussi
19:53les échéances du budget.
19:54Nul doute que ce sujet
19:55de l'éducation nationale
19:56va revenir sur la date.
19:58On se projette
19:59sur deux journées importantes.
20:00La journée de lundi,
20:03comment se fera
20:04l'accueil des étudiants,
20:05des élèves lundi ?
20:07Le ministre parle
20:08de possibilité
20:09de maintenir
20:09du distanciel
20:10lorsque des bâtiments
20:11ont été dégradés.
20:12Sans donner de chiffres ?
20:13Sur la situation de lundi,
20:15pour l'instant,
20:16il ne s'avance pas.
20:16Mais il y aura du distanciel.
20:17Mais il y aura du distanciel.
20:19Et il craint,
20:19en effet,
20:20que la mobilisation de mardi
20:21complique encore
20:23la situation.
20:24Il espère
20:25qu'il n'y aura pas
20:26de débordement.
20:27Donc,
20:28un travail sur la démocratie scolaire
20:30pour que les lycéens
20:31puissent être
20:32plus entendus,
20:34une accélération
20:34du remplacement
20:35des professeurs absents,
20:37et puis un chantier
20:38sur les rythmes scolaires.
20:39Mais effectivement,
20:39vous l'avez dit,
20:40Alexis Cuvillier,
20:41derrière,
20:41il dit,
20:42bon,
20:42je lance les chantiers,
20:43mais bon,
20:44je ne pourrais pas faire
20:44de réformes
20:45parce qu'à la présidentielle.
20:46Est-ce que c'est de nature
20:46à calmer la colère,
20:47ça,
20:47Tugdual-Denis ?
20:48Non seulement,
20:49il y a ce calendrier impossible,
20:50mais je crois surtout,
20:51de toute façon,
20:52qu'il y a un décalage total
20:55entre le discours institutionnel
20:57du ministre de l'Éducation nationale,
20:59qui est sûrement
20:59de très bonne volonté,
21:01et la nature de ce
21:02à quoi on a affaire.
21:03Ce n'est pas un mouvement lycéen,
21:04c'est un concours Snapchat
21:05de feu de poubelle.
21:06Ce ne sont pas des manifestations,
21:07ce sont des émeutes.
21:09Quelles sont les revendications ?
21:10Mais attendez,
21:10les revendications,
21:11elles sont quand même légitimes,
21:12mais elles sont assez claires,
21:13on les a entendues à nouveau
21:14cet après-midi.
21:14il y a des revendications
21:15de quelques têtes de pont
21:16qui ne sont absolument
21:18pas représentatives.
21:18Je pense que le ministre
21:20s'adresse à des gens
21:21qui ne sont pas représentatifs.
21:22La foule des lycéens
21:23qui se massent devant
21:25les lycées et les établissements
21:26en ce moment
21:27ne veulent qu'en découdre,
21:28ne veulent que brûler
21:29des camions de pompiers,
21:30agresser des policiers,
21:32agresser des proviseurs,
21:33agresser des professeurs.
21:35Vous leur demandez,
21:35et vos collègues l'ont fait...
21:36Ce ne sont pas une minorité
21:38des manifestants
21:39qui sont violents ?
21:40L'immense majorité
21:41ne sait absolument pas
21:42pourquoi elle est là
21:43et c'est pourquoi
21:43il y a un décalage de nature
21:45entre le discours institutionnel
21:46et ces émeutes urbaines
21:47auxquelles on assiste.
21:49Tu l'as dit qu'on ne peut
21:49même plus parler de manifestations,
21:51ce sont des émeutes.
21:51Est-ce qu'on peut résumer
21:52la situation à cela ?
21:53C'est une position,
21:54votre position est une position
21:55assez classique
21:56de celle de l'extrême droite
21:57mais qui a été reprise
21:58aussi par Laurent Nunez
22:00en entame de la semaine dernière.
22:02C'est ce qu'on entend.
22:02Il y a eu ce terme dégradant.
22:04Et c'est très caractéristique
22:08aussi du macronisme
22:09en fait au fond
22:09parce que depuis 2018
22:11ce qu'a tenté le macronisme
22:12vis-à-vis de tous
22:14les mouvements sociaux,
22:15de tous les mouvements
22:16revendicatifs,
22:18ça a été ce qu'on appelle
22:19la militarisation
22:20du conflit social.
22:21C'est-à-dire un conflit social
22:22il est par nature
22:23on va dire pacifique,
22:24c'est l'expression démocratique.
22:26Le fait d'isoler
22:28et de conflictualiser
22:29dans un affrontement physique
22:33rend la contestation
22:36moins populaire,
22:37plus minoritaire.
22:39Qui demande à ces jeunes
22:40de brûler un camion de son pied ?
22:41Je parle du macronisme,
22:42ce qu'il fait depuis 2018
22:43c'est ce qu'on appelle
22:44la doctrine Benalla,
22:45c'est ce qu'ils ont fait
22:45contre les gilets jaunes.
22:46Edouard Philippe a été
22:47vraiment l'archétype de ça.
22:49Et effectivement,
22:50la semaine dernière,
22:51enfin au début de semaine,
22:52lundi,
22:52quand moi j'ai entendu
22:53une ministre de l'Intérieur
22:55parler de la jeunesse,
22:56des lycées, etc.
22:57Je me suis dit
22:58c'est ce qu'ils sont en train
22:58d'essayer de faire.
22:59Mais là, le résultat,
23:00au bout de 5 jours,
23:01c'est qu'il y a des blessés,
23:02trop de blessés,
23:02trop de blessés.
23:03On ne peut pas tolérer
23:04qu'il y ait des policiers
23:06comme ce matin à Bellefort
23:07qui soient frappés, lynchés.
23:1040 proviseurs blessés également.
23:13Qu'est-ce qui peut calmer
23:14cette colère ?
23:15On a du mal à voir le bout.
23:17Ce qu'on veut,
23:17ce qu'on veut,
23:19c'est des gouvernants
23:21qui assurent la paix,
23:23qui assurent la justice sociale.
23:25Or, le problème des macronistes,
23:27c'est qu'ils comptent sur,
23:28au fond,
23:30cette conflictivité
23:31pour essayer
23:32de délégitimer le mouvement.
23:33Mais ce que j'entends
23:33tout à l'heure,
23:34ce que je viens d'entendre
23:35du ministre,
23:36pour moi,
23:36ce n'est pas la même tonalité
23:37exactement que ce que j'ai entendu
23:38lundi chez Laurent Nunez.
23:40Je préférerais un peu plus.
23:41Je trouve que, déjà,
23:43le filon, on va dire,
23:44de la démocratie,
23:45déjà, c'est plus intéressant.
23:46Alors, c'est tout à fait contradictoire
23:47avec ce qu'ils font dans les faits.
23:48Mais vous pensez qu'il parle à qui ?
23:49Parce que dans les faits...
23:50Vous pensez que le ministre,
23:51il parle à 2 millions de lycéens,
23:54il parle à 10 millions de collégiens,
23:55il parle à leur famille...
23:56Il parle à des lycéens qui se filment
23:56en train de...
23:57Non, non, non, non.
23:57sur Snapchat,
23:58en train de brûler des poubelles ?
23:59Je pense que vous avez tort
24:01de sous-estimer
24:02la vraie aspiration des jeunes
24:04à être entendus,
24:06à être éduqués.
24:07Quand on brûle le lycée Nelson Mandela
24:08à Nantes,
24:08qui est tout neuf
24:08et qu'on rouspète,
24:10soi-disant,
24:10contre les conditions d'études...
24:12Mais personne n'est pour ça.
24:12Je trouve ça assez contradictoire
24:13et assez pathétique
24:14en termes de messages.
24:15Personne n'est pour ça.
24:16Mais moi, je peux vous dire,
24:17moi, ma fille,
24:17moi, j'habite en Seine-Saint-Denis,
24:18ma fille,
24:18elle est scolarisée
24:19dans un collège Red Plus.
24:21Oui.
24:21Il n'y a pas d'eau potable.
24:23D'accord ?
24:23Elle n'a pas eu de prof de SVT
24:25depuis la rentrée.
24:26Elle manifeste aussi, votre fille ?
24:28Alors, ils sont collégiens,
24:29mais il y a une petite tension.
24:30Les petits,
24:31ils m'aiment les petits,
24:32ils veulent essayer d'y aller.
24:33Donc, on essaye,
24:34nous, les parents, les profs,
24:35mais tout le monde
24:36est d'un dévouement extrême.
24:39Vraiment, vraiment.
24:40Et je remercie, moi,
24:41tous les profs
24:41qui font preuve
24:42d'énormément de sang-froid,
24:43tous les parents d'élèves, etc.
24:45Toute la communauté adulte
24:46essaye de faire au mieux.
24:48Mais quand vous avez
24:49un gouvernement
24:50qui vous explique
24:51que là, ce que j'entends,
24:52qui va essayer de faire baisser
24:53le nombre d'élèves par classe,
24:54mais qui maintient,
24:55qui n'a rien dit
24:56sur le sujet fondamental
24:57de la suppression de profs,
24:59c'est ces 3 000 profs
25:00qui vont être supprimés
25:01dans le budget, là.
25:023 000 profs
25:03pour être supprimés.
25:04Et en attendant,
25:04les lycéens
25:05donnent déjà rendez-vous
25:06mardi prochain
25:07pour une nouvelle mobilisation.
25:08Et il faudrait qu'on soit tous ensemble
25:09en paix pour les soutenir.

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