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Retrouvez le replay de Hammett Week-end sur BFMTV.

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00:01Générique
00:04Notre invité toujours, Pierre Gattaz, ancien patron du MEDEF.
00:08On va revenir sur les prix des carburants qui explosent,
00:10l'inflation qui pourrait atteindre un pic à 3% d'ici la fin de l'année.
00:13Et dans ce climat tendu, un gouvernement qui annonce qu'il va falloir faire des efforts et non des moindres.
00:18Un effort à hauteur de 54 milliards d'euros en 2027 avec un message.
00:22Tout le monde va devoir mettre la main à la poche, les retraités, les fonctionnaires.
00:25On a quand même l'impression que les patrons sont plutôt épargnés dans le projet du gouvernement en l'État.
00:32Ils vont baisser la surtaxe impôts sur les sociétés à 5 milliards contre 8 cette année.
00:37Est-ce que vous êtes soulagé quand même de ce projet ?
00:39Je ne suis pas complètement soulagé parce que d'abord c'est le début d'une longue série budgétaire
00:43qui peut montrer des surprises, des débats épouvantables.
00:47Non, moi ce que je crois si vous voulez c'est que tout pays dans le monde que je connais
00:51qui a voulu se redresser, ils l'ont fait avec les entreprises, avec les patrons et avec les salariés.
00:55On oublie toujours les salariés derrière un patron.
00:58Moi je dis que c'est une communauté humaine.
01:00Donc chaque fois qu'on veut taxer le moteur de création de richesses, de croissance,
01:05de cohésion sociale, de formation que sont les entreprises,
01:07c'est le bijou de famille, je dirais, c'est la poule aux oeufs d'or l'entreprise.
01:11Et bien à chaque fois qu'on attaque l'entreprise, c'est de la croissance moindre.
01:15Sauf que là vous avez vu qu'il y a une ligne rouge pour le gouvernement, pas de hausse d
01:18'impôts.
01:18Et ça c'est déjà très bien. Alors après si vous voulez, on parle de 54 milliards de ce budget,
01:22ce que j'ai compris c'est qu'il y a 40 milliards qui sont un gel de l'État,
01:26des dépenses de l'État,
01:27et il y a 14 milliards d'efforts déjà.
01:29Et ensuite on ne touche pas du tout au modèle social.
01:31Parce que si vous voulez, il faut savoir que dans la dette qui augmente toutes les secondes,
01:36et bien on a la retraite, on a la sécurité sociale, on a un modèle social qui est plus sous
01:40contrôle.
01:41Alors nous on propose aussi des solutions, c'est pas de dire on va le mettre à la poubelle,
01:44parce qu'il est formidable, mais il faut beaucoup mieux l'optimiser, le gérer.
01:48Donc en effet il y a deux parties, le PLF et puis il y a le PLF-SS.
01:51Là on est parti sur le PLF, très bien, l'État, il faut gérer tout ce qu'on peut, au
01:55cordeau, faire des économies.
01:56Et je pense que là il y a des choses intéressantes, on ne touche pas les impôts, c'est d
02:00'une sagesse inouïe.
02:01Vous y croyez réellement à ça ?
02:03Non, je me trouve bien tendre, parce que la sûreté sur les grandes entreprises est censée être exceptionnelle.
02:07Moi j'appelle ça une hausse d'impôts quand même.
02:09Vous avez parfaitement raison, il y a des exceptions comme ça qui font que c'est pas bon.
02:12Et je dirais, bon après, si vous voulez, la confiance comme je dis, elle fait 50% de la croissance.
02:19Donc quand vous avez compris qu'il faut ne pas maltraiter, ne pas mépriser ceux qui créent de la croissance
02:23et de la richesse pour demain,
02:25vous avez tout compris.
02:26Et donc il faut faire attention en effet de ne pas surtaxer tous les gens qui sont des forces économiques.
02:30Il y en a beaucoup qui la maltraitent en ce moment ?
02:31Écoutez, dans les débats politiques depuis la dissolution, c'est une horreur.
02:34Alors, je peux vous dire que c'est une horreur.
02:37Moi je suis, bon, et je vois tous mes amis qui ont créé des clubs, les 300 de Mathieu Bosch,
02:42Éric Momy qui a créé Trossetro, etc.
02:44On se coordonne, on se parle tous les jours, parce qu'ils sont tous dans un état, pas de guerre,
02:49mais si vous voulez, en disant mais on va casser le pays.
02:51C'est pas tellement pour l'entreprise, si vous voulez, c'est pour le pays et c'est pour nos
02:54salariés, c'est pour nos entreprises.
02:56C'est pour ça que si vous voulez, c'est un délire, on est reparti en 19e siècle.
02:59Mais qu'est-ce qui vous a choqué particulièrement dans les déclarations récentes ?
03:03Non mais attendez, c'est que le problème de LFI, si vous voulez, je reviens là-dessus.
03:06C'est un problème de destruction du pays.
03:08Il faut, point, qu'est-ce que je vous dise d'autre ?
03:10Il prend tout au-dessus de 12 millions de patrimoine, etc.
03:13Il y a Taxe Zuckman à 2%, si vous voulez, c'est insensé.
03:16Moi j'ai eu 20 concurrents de Radial, composants électroniques, depuis 40 ans.
03:20Il y en a 15 qui se sont vendus et qui sont partis.
03:22Pourquoi ? À cause de l'ISF.
03:24Donc si vous voulez, ces gens-là n'ont jamais créé dans une entreprise, ces gens-là n'ont jamais
03:28gagné leur vie.
03:29Parce que nous, on gagne notre vie, vous gagnez votre vie, etc.
03:30Mais eux, ce sont souvent des apparatchiks de partis, c'est là.
03:33Il n'y a pas quand même, quand vous citiez tous les entrepreneurs, Pierre Gattaz, etc.
03:37qui aujourd'hui essayent de dire « trop c'est trop »,
03:39n'y a-t-il pas une bataille culturelle qui a été quand même perdue vis-à-vis de la
03:42gauche ?
03:43Parce que Gabriel Zuckman, en tant qu'économiste, a beaucoup occupé le terrain et les plateaux, il faut le dire.
03:47Et puis il y a aussi eu cette commission d'enquête sénatoriale,
03:50menée d'une main de maître par le ministre Fabien Gué,
03:52qui a ancré dans l'imaginaire des Français ce chiffre de 211 milliards d'aides aux entreprises.
03:56C'est pour ça que j'ai créé un institut des solutions, un cercle de réflexion,
04:00qui est une sorte d'armée de guerriers, de terrains, des forces vives.
04:03J'ai des salariés, des fonctionnaires avec moi.
04:05On va se mettre à côté des 300 pour la France, des « trop c'est trop ».
04:08Et on va se dire chaque fois, et on se prépare pour faire monter plus de patrons,
04:12et de cadres, et de salariés, qui vont défendre l'outil de travail et l'économie de marché.
04:16Parce que si vous voulez, les propositions qu'on nous fait,
04:18notamment des gens que vous avez cités tout à l'heure,
04:21c'est le Venezuela, c'est l'ex-URSS, il faut appeler un chat un chat.
04:24Et vous savez comment ça se termine.
04:26Sauf que ça parle aussi au français.
04:27Quand Jean-Luc Mélenchon demande d'ailleurs à vous, directement au patron,
04:31c'était lors des rencontres avec le MEDEF,
04:33un SMIC, une hausse du SMIC à hauteur de 1700 euros,
04:37ça c'est totalement impossible, c'est une utopie ?
04:39Mais non, pas du tout.
04:40Je le propose dans mon...
04:41Ah bah voilà !
04:42Je propose 30% de cette dernière nette en plus à 10 ans.
04:45Mais en faisant quoi ?
04:46En travaillant un peu plus,
04:47en faisant des réformes de la retraite,
04:49un peu de l'assurance-chamage, un peu de la sécurité sociale,
04:51de prendre ce qui a marché au Canada, en Suisse, à Singapour, en Allemagne.
04:55Du benchmarking.
04:56Parce que ces gens-là, je suppose qu'ils ne voyagent même pas,
04:57je ne suis même pas sûr qu'ils parlent l'anglais.
04:59Donc si vous voulez, nous, on voit toute la journée,
05:01moi j'ai exporté toute ma vie,
05:02j'ai vu des pays qui marchaient,
05:04parce qu'ils ont fait attention à leur entreprise,
05:06parce qu'ils ont motivé les innovateurs, les entrepreneurs, les start-up, etc.
05:10Ils ont fait attention à tous ceux qui créent la richesse de l'emploi,
05:12et c'est le modèle suisse, qui est un modèle absolument phénoménal.
05:14Ils sont à 3800 euros nets de SMIC à Genève.
05:19Ils ont 64 pages au code du travail.
05:21C'est difficile de comparer la Suisse avec la France.
05:23Non, mais non, mais non, mais non.
05:24Moi je suis désolé, parce que la Suisse, c'est la taille d'une région en France.
05:28Vous faites 10 régions grosses comme la Suisse, vous avez la France.
05:31Donc il y a un problème, et je rejoins tout ce que fait l'ami Borloo,
05:33où il dit, c'est un bousin épouvantable,
05:36il faut redonner la main au terrain, au territoire,
05:39aux hommes et aux femmes du terrain.
05:40Là, vous êtes gérés par des gens qui ont fait les meilleures écoles,
05:44et qui ont géré, si vous voulez, extrêmement mal la France depuis 40 ans.
05:48La France est incroyablement résiliente,
05:49parce qu'en réalité, sur ce deuxième quinquennat d'Emmanuel Macron,
05:53il n'y a quasiment pas eu un budget, en vrai, quand on regarde de près.
05:56Celui de 2023-2024, il affiche un trou dans la caisse de 30 milliards
06:01qu'on ne s'est pas expliqué.
06:02Après, il y a la dissolution, donc on passe notre temps à dire,
06:06c'est pas un bon budget, mais c'est mieux, pas de budget du tout,
06:09et on va nous refaire la même chose cette année.
06:10Ça veut dire qu'il n'y a eu aucune orientation depuis 3-4 ans.
06:14Et c'est incroyable qu'on soit encore debout, j'ai envie de dire.
06:16C'est la fin d'Hérico.
06:17Enfin, je dirais, l'élastique dette est tendue à mort,
06:19on voit bien qu'on n'a plus d'argent, et c'est très grave.
06:21Pourquoi ? Parce que supposé qu'il y a un Covid-2 qui arrive en mars prochain,
06:25un Covid, il faut remettre 500 millions de rétables.
06:27On le voit avec l'Iran en ce moment, on ne peut plus rien mettre.
06:29Non, mais on ne peut plus.
06:29Donc, si vous voulez, il est fondamental que l'entreprise France
06:33revienne compétitive et profitable.
06:35Il faut régler nos problèmes de dépenses publiques et de dettes et de déficits.
06:38Moi, dans une entreprise, j'ai vécu 4 crises arières en 35 ans.
06:41Quand j'étais en crise, je n'ai plus de pognon, je n'ai plus de trésorerie,
06:44je ne donne plus de salaire, plus de primes, mes fournisseurs, je leur sers le kiki.
06:48Il ne faut pas que ça dure longtemps.
06:50Non, mais attendez, après vous repartez, et après vous redonnez des primes.
06:54La France est en crise depuis 45 ans, enfin depuis 3 ans très dur.
06:57C'est trop long.
06:58Et donc, il faut vraiment que les gens comprennent que c'est comme gérer une entreprise.
07:02Est-ce que vous incluez Emmanuel Macron quand vous dites
07:05qu'il y a une ignorance chez les politiques du monde entrepreneurial ?
07:08Pour le coup, Emmanuel Macron, il vient de ce monde-là, il a travaillé avant de devenir président.
07:12J'ai une parole très libre, vous voyez.
07:14Ah, c'est ce qu'on aime.
07:15Oui, c'est ce que vous aimez.
07:17Moi, ma très grande réception, si vous voulez, c'est que voilà un jeune homme
07:19qui aurait pu être le Kennedy de la France
07:21et qui a fait des tas de choses pour libérer l'entreprise, le Tchou de France.
07:25Bon, et là, on était très contents.
07:27Il y a eu deux ans formidables d'Emmanuel Macron en 2017-2019.
07:29Il a fait le loi Pénicaud, il a plafonné les prud'hommes.
07:32Bon, il y a eu plein de choses en continuité de ce qu'a fait Emmanuel Valls avec le CSE.
07:36Donc, la politique de l'offre a été mise en place.
07:38Ça a créé 2 millions d'emplois, on ne dit jamais assez.
07:40On est passé de 10,2% du chômage à 7,2%.
07:43Donc, ça a marché, sauf qu'ils l'ont fait à moitié
07:46parce qu'ils n'ont pas du tout fait d'économie sur la sphère publique.
07:49Dans une entreprise, vous n'attendez pas la croissance.
07:52Emmanuel Macron a géré la croissance, c'est très bien.
07:55Il a fait des choses pour motiver tout le monde.
07:57Sauf qu'en parallèle, la bureaucratie n'a pas été gérée.
08:01Il n'y a rien eu.
08:03Je dirais, on a rajouté...
08:04Vous vous rendez compte qu'en fait, en 40 ans,
08:06on a perdu 2 millions d'emplois industriels
08:08et on a rajouté 2 millions de fonctionnaires.
08:11Il y a 2 millions qui ont été transformés.
08:13Et donc, Emmanuel Macron n'a pas géré ce bloc-là.
08:15Et moi, c'est ma plus grande reproche, si vous voulez.
08:17Alors après, on nous dit...
08:18Qui gérerait le mieux parmi tous les candidats possibles ?
08:20Vous qui avez une parole très libre, comme vous dites.
08:22Oui, mais après, je ne veux gêner personne.
08:24Je ne veux gêner personne.
08:26Non, mais si vous voulez, il y a plein de gens au milieu,
08:28dans le cercle que vous connaissez.
08:29Bon, personnellement, le discours de David Lysnard
08:32m'interpelle très positivement,
08:34parce qu'il a un discours comme des commerçants,
08:37des artisans, des chaises entreprises tiennent.
08:39Et en fait, si vous voulez, c'est le retour à la réalité du terrain.
08:42Et ce qui marche.
08:43Ce n'est pas de la philo, quoi.
08:45On en a marre, je dirais, des intellectuels
08:47qui ont fait les meilleurs écoles,
08:48qui vont nous dire des tas de choses,
08:50qui n'ont jamais vu une entreprise de leur vie.
08:51Et ça, ce n'est plus possible.
08:53Il faut vraiment, je dirais maintenant,
08:55que des gens qui connaissent l'économie d'entreprise,
08:57l'aiment, la connaissent de l'intérieur,
08:59puissent dire, c'est avec vous qu'on va redresser le pays.
09:01Ce n'est pas contre vous.
09:02Ce n'est pas en vous maltraitant.
09:04Merci beaucoup.
09:05Mais je vous en prie.
09:05Merci, Pierre Gattas.
09:07Je rappelle le titre de votre livre,
09:08Gagnez plus, c'est maintenant.
09:11Merci à vous d'être venu nous voir.
09:13Merci à tous les deux.
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