- il y a 2 heures
Jeudi 1 octobre 2026, retrouvez Stéphane Lévy (Stratégiste, Irivest AM), Jacques Sudre (Cofondateur, Opora Capital) et Mehdi Rachedi (Directeur des relations investisseurs, H2O AM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.
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00:00...
00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
00:11Chaque jour, vous nous suivez en direct à la télévision à 12h30 et à 17h30.
00:16Et aujourd'hui, on vous fait vivre le salon Patrimonia depuis Lyon au sommaire de cette édition.
00:22On va parler contexte de marché, tensions politiques, tensions géopolitiques,
00:26tensions obligataires évidemment sur les taux longs.
00:29Et puis, comment les entreprises font pour naviguer dans ce marché complexe ?
00:34Et puis, on recevra l'associé fondateur d'Opora Capital.
00:37C'est une toute nouvelle société de gestion de patrimoine qui a quelques mois seulement avec Jacques Sudre.
00:44Il va nous dire justement son parcours, comment il en est arrivé là
00:46et comment une nouvelle société de gestion va naviguer dans ces marchés compliqués.
01:00Et on se retrouve en direct du salon Patrimonia à Lyon où je suis ravie d'accueillir sur ce plateau
01:06Mehdi Rachedi.
01:08Bonjour Mehdi.
01:08Bonjour Pauline.
01:09Vous êtes directeur des relations investisseurs chez H2OAM Mehdi.
01:13Merci d'être présent sur ce plateau.
01:16Alors, on va parler de pas mal de sujets du contexte économique, macroéconomique, du contexte géopolitique actuel.
01:23Juste avant de rentrer un peu dans le détail de ces marchés Mehdi, comment se sont passés les 9 premiers
01:28mois de l'année chez H2OAM ?
01:31Quelle grande tendance vous avez vu revenir ?
01:35Et puis voilà, comment ça s'est passé chez H2O tout simplement sur ce début d'année ?
01:39Oui, très bien. Écoutez, au niveau corporate, H2O se porte bien.
01:43Une collecte qui est assez dynamique sur les différentes zones sur lesquelles nous opérons.
01:50Donc, on est ravis de cela.
01:52Des performances également qui sont au rendez-vous.
01:54Bon, après, il faut être très humble sur les performances, on le sait.
01:57Mais ça fait un moment que ça dure également chez nous avec cette gestion atypique Global Macro.
02:02Et également des nouveautés produits puisqu'on a lancé deux nouveaux fonds, Générative Global Macro et Générative Global Fixed Income
02:11qui s'appuient sur notre moteur Global Macro traditionnel auquel on a ajouté un 13e homme, un 12e homme plutôt,
02:19si on veut dire, si on veut prendre l'exemple de l'image du football, qui est l'intelligence artificielle
02:24pour nous apporter un éclairage différent sur notre gestion.
02:27Et alors, ces deux fonds là, Fixed Income, c'est sur les marchés obligataires.
02:32Sur quoi ils sont basés ? Dites-nous en un peu plus peut-être rapidement sur ces deux fonds.
02:36Bien sûr, en quelques mots.
02:38Le tout premier, en fait, c'est un fonds qui investit sur toutes les classes d'actifs.
02:42Actions, obligations, mais aussi les devises qui sont une des expertises historiques chez H2O.
02:49Il se positionne comme un produit assez modéré dans la gamme.
02:54Donc, toujours sur cette expertise Global Macro historique de la maison.
02:58Et le second, qui est sorti en juin, il s'appelle Global Fixed Income.
03:02Donc, lui, il est investi sur les taux et les devises.
03:05Et il va se situer, en fait, dans notre gamme entre H2O Adagio et H2O Multimonze.
03:10Donc, en gros, c'est l'idée de certains clients qui nous disaient
03:12que Multimonze a un profil peut-être un peu trop offensif, Adagio un peu trop prudent.
03:18On aimerait bien couper la poire en deux et avoir un fonds qui se situe au milieu.
03:21Exactement.
03:21Mais justement, parlons-en des taux.
03:23C'est le sujet du moment sur les marchés, entre les pressions inflationnistes,
03:27les doutes sur la capacité des États à rembourser leurs dettes, par exemple.
03:32Et puis, tout le reste des marchés.
03:34Les taux se sont envolés, mais dit, je pense, notamment au rendement américain à 10 ans,
03:39qui évolue aujourd'hui entre 5,20 et 5,30%.
03:42C'est une tendance qu'on analyse aussi partout dans le monde.
03:47Au Japon, le rendement japonais à 10 ans à 3,10%.
03:51Et puis, en Europe, avec un spread franco-allemand qui dépasse maintenant les 120 points de base.
03:56Comment vous faites chez H2O, justement, pour naviguer dans ces marchés assez chahutés, Mehdi ?
04:01Oui. Alors, c'est vrai que pour nous, c'est une surprise.
04:03On ne s'attendait pas à cette réaction sur les marchés obligataires.
04:09On n'imaginait pas que la Fed puisse monter ses taux avec une croissance qui, aux États-Unis, est quand
04:15même assez faible.
04:16Mais en fait, globalement, quand vous regardez ce qui se passe au niveau de la croissance mondiale,
04:20malgré les gros chocs qu'on a pu avoir, l'économie est très résiliente.
04:24Mais finalement, il y a 3 salles, 3 ambiances.
04:27Vous avez tout d'abord l'Europe, qui est essentiellement tirée par le moteur allemand.
04:31Oui.
04:31J'ai envie de dire risque faible, performance faible.
04:34Peu de surprises.
04:35Vous avez l'Asie, qui est quand même la zone gagnante aujourd'hui,
04:40qui est, elle, portée par les gros investissements faits sur l'IA, justement,
04:45et qui en tire partie, puisque eux, finalement, ne mettent pas beaucoup d'argent sur la table,
04:50mais en tire partie grâce, ils vont fournir les composants nécessaires à cette technologie-là.
04:57Oui, et puis on pense, justement, en Asie, à des sociétés comme TSMC, évidemment,
05:02et puis en Corée, SKINIX ou même Samsung, qui tirent cet indice COSPI sur l'Asie.
05:09Et sur, oui, pardon, je ne vous ai pas laissé.
05:11Oui, non, mais après, c'est vrai, après la dernière zone, mais vous l'avez dit, c'est les US.
05:16Alors là, c'est la surprise pour nous.
05:17Les US, c'est la surprise parce qu'on ne pensait pas que l'économie serait aussi résistante
05:22malgré les droits douanes, malgré la guerre en Iran et malgré l'inflation.
05:26Et finalement, cette économie, elle tient essentiellement grâce à la confiance des consommateurs
05:30qui, elle-même, portée par l'effet richesse généré par la valorisation des marchés actions et de la tech.
05:38Et donc, ça ne tient qu'à un fil.
05:40Et globalement, pour revenir à votre question, on a quelque chose, un édifice qui est très fragile.
05:45Pourquoi ? Parce que vous avez les trois grands acteurs qui sont très endettés.
05:49Les États.
05:50Bien sûr.
05:51Vous avez les ménages qui commencent à s'endetter fortement, mais également les entreprises qui font appel à l'épargne
05:57et qui s'endettent massivement.
05:58Donc, quelque part, aujourd'hui, le risque, c'est déplacer du risque de la bulle tech vers un risque tôt.
06:06Et c'est la clé.
06:08Donc, le cycle se prolonge.
06:10Là, on le voit bien, le cycle se prolonge, mais on ne sait pas quand il va se terminer.
06:14C'est ça, parce que justement, ces taux qui ont remonté.
06:17Alors, l'information, c'est en fait, ce qui est compliqué, je pense, pour les marchés, c'est qu'ils
06:22ont remonté vite et fort, mais surtout vite.
06:25Et c'est peut-être ça aussi qui inquiète les marchés, mais ces taux qui se sont envolés aux quatre
06:30coins du monde aussi à cause, justement, de cette guerre au Moyen-Orient,
06:35les tensions entre les États-Unis et l'Iran et puis surtout cette fermeture du détroit d'Hormuz.
06:39Alors, certes, il y a quand même des barils de pétrole qui passent, mais ce sont surtout les prix du
06:45pétrole médic qui tirent ces pressions inflationnistes.
06:48En fait, c'est un choc d'offres.
06:50C'est ça.
06:50Ce n'est pas un choc de demandes.
06:51Donc, c'est quand même très différent de ce qu'on a pu vivre.
06:54Donc, c'est pour ça que pour nous, j'ai envie de dire oui, il faut regarder ces spreads que
06:58vous évoquiez.
06:59Il faut regarder l'endettement de ces pays là, les ratios d'aides sur PIB qui sont énormes.
07:02Et d'ailleurs, on voit, on bascule très clairement de pays développés qui ont les caractéristiques de pays émergents et
07:09de pays émergents qui ont les caractéristiques de pays développés.
07:12Donc, c'est pour ça, d'ailleurs, que chez H2O, il y a un virage extraordinaire qui s'est opéré.
07:172010-2020, vous regardiez ce qu'on faisait.
07:19On était très quelque part pays développé, long dollar.
07:23Aujourd'hui, on est plutôt pays émergents, short dollar.
07:25Ah oui.
07:26Donc, voilà, il y a vraiment pour nous un nouveau monde.
07:28Une espèce de rotation qui s'est faite.
07:30Exactement.
07:30D'ailleurs, qu'on a mis dans notre note, qu'on a appelé, il était une fois dans l'Est,
07:35un monde qui se décale de l'Ouest vers l'Est.
07:37Des déséquilibres financiers qui apparaissent.
07:39Un risque de taux qu'il va falloir surveiller de très, très près.
07:43Des endettements d'État qui sont également à surveiller.
07:48Donc, vous avez des déséquilibres importants, mais un cycle qui se prolonge.
07:53Donc, dans cette logique-là, il faut être vigilant et il faut essayer de construire des portefeuilles qui soient les
07:58plus résilients possibles en intégrant plusieurs scénarios.
08:02Et c'est ça, finalement, la difficulté qu'on peut avoir parce que le point de retournement du cycle, on
08:07ne le connaît pas.
08:07Oui, c'est ça.
08:08Le point de retournement du cycle, ce sera peut-être quand la guerre en Iran s'arrêtera.
08:13Le problème, c'est que, évidemment, vous l'avez rappelé, on n'a pas de boule de cristal et personne
08:16ne sait quand cela interviendra.
08:19Mais dit, il nous reste une minute, une minute trente pour évoquer comment vous voyez cette fin d'année chez
08:25H2O.
08:26Et puis, comment vous appréhendez aussi l'année 2027 qui va arriver vite.
08:29Alors, on a parlé des dettes des États, la soutenabilité de la dette.
08:32Je pense à ça parce que 2027 fait écho en France, en tout cas à une élection présidentielle.
08:38On n'aura pas le temps d'évoquer ça.
08:40Plus largement, comment est-ce que vous regardez ces prochains mois et cette prochaine année à venir ?
08:45Je pense que déjà, c'est vraiment notre ADN.
08:48Il faut avoir un horizon.
08:50Donc, effectivement, il y a des bruits de marché.
08:51Mais je ne dis pas qu'il faut en faire fi, il faut en tenir compte.
08:54Mais c'est clé d'avoir un horizon parce que l'horizon permet de gérer les émotions et permet d
08:59'éviter de se prendre systématiquement la porte de sa lune.
09:02Aujourd'hui, le marché nous offre l'opportunité de construire des portefeuilles qui sont multiscénarios.
09:06Donc, on reste, nous, sur cette logique-là.
09:09Même si, par exemple, on a acheté de la duration peut-être un peu trop tôt, mais cette duration, elle
09:13pourra nous servir à être quelque part protégé si demain, vous avez une croissance qui ralentit plus vite que prévu,
09:20notamment aux États-Unis.
09:21Et ça, on le fait via des stratégies de quantification de courbe aux États-Unis, par exemple.
09:26Également, si on veut être un peu plus cyclique, c'est donc, je parlais des actifs de protection.
09:31Mais si on veut être un peu plus cyclique, c'est les émergents qu'on peut acheter via des devises,
09:35devises émergentes.
09:36Vous avez du rendement embarqué, une forme de matelas et un potentiel de performance qui est élevé.
09:40Donc là aussi, je ne dis pas que c'est multiscénario, mais vous avez un peu de protection dans les
09:46portefeuilles.
09:47Alors, je ne dis pas que c'est garanti.
09:48Attention, ce n'est pas ça l'objet.
09:49Mais quand vous avez un horizon d'investissement, ça vous permet de tracer une trajectoire et de quelque part d
09:57'être beaucoup plus serein sur la performance que vous pouvez générer pour vos clients.
10:00Affaire à suivre. Merci beaucoup, Mehdi Rachedi.
10:03Vous êtes directeur des relations investisseurs chez H2O AM.
10:07Merci d'avoir été avec nous sur ce plateau délocalisé à Patrimonia.
10:11On se retrouve tout de suite dans Smart Bourse.
10:23Et on se retrouve toujours en direct du salon Patrimonia à Lyon.
10:27Et je suis ravie d'être sur ce plateau avec Jacques Sudre, associé gérant du cabinet Opera Capital.
10:35Bonjour, Jacques.
10:36Bonjour, Pauline.
10:36Alors, vous allez nous raconter la genèse de ce cabinet que vous venez de créer.
10:41Vous êtes associé gérant, donc vous êtes deux à l'avoir créé, il me semble, Jacques.
10:46Eh bien, je vous propose de nous parler de ce lancement de cabinet pour Opera Capital.
10:52Oui, merci beaucoup.
10:53C'est une société très jeune.
10:54On l'a lancé avec mon associé Benjamin Biard au début de cette année.
10:59C'est un projet sur lequel, effectivement, on réfléchissait depuis un certain temps.
11:03Et voilà, le lancement opérationnel, les premiers clients début d'année.
11:07Et l'idée pour nous a été vraiment d'apporter notre compétence de gérant d'actifs institutionnels au service de
11:14patrimoine privé.
11:15Oui, parce que justement, vous l'avez dit, votre compétence de gérant d'actifs institutionnels, vous avez déjà une expérience,
11:23évidemment, dans ces métiers de la finance.
11:25Alors, certes, un peu différente, vous allez nous raconter, mais qui a toute sa place dans la gestion de patrimoine.
11:31Jacques, qu'est-ce que vous avez fait avant et qu'est-ce qui vous a amené jusqu'à ce
11:34domaine de la gestion de patrimoine ?
11:36De formation, moi, je suis juriste et financier, ce qui, déjà, pour la gestion de patrimoine, est une combinaison qui
11:44fonctionne.
11:45Et j'ai été gérant obligataire et diversifié dans diverses maisons, gérant de fonds pour les instits, chez DNCA Finance
11:52ou chez Amiral Gestion.
11:54Et nous nous sommes associés avec Benjamin, qui était le directeur du développement d'Amiral Gestion, pour lancer cette structure.
12:00Donc, ce parcours d'acteurs des marchés et d'investisseurs, on l'amène à nos clients.
12:08L'idée, c'est vraiment, comme tous les gérants de patrimoine, d'avoir un conseil global, de répondre aux besoins,
12:14aux contraintes, aux projets de nos clients,
12:16de choisir les meilleures enveloppes, les stratégies les plus adaptées et ensuite de construire des allocations d'actifs, des sélections
12:23de produits
12:24qui correspondent bien à leurs besoins et qui s'adaptent au mieux aux conditions de marché que rencontrent nos clients.
12:30Oui, alors on va parler justement de ces conditions de marché, des marchés un peu chahutés, on le répète assez
12:36régulièrement sur notre antenne.
12:38Si on parle, Jacques, de ce contexte économique, macroéconomique, politique, géopolitique, il s'en passe des choses sur ces marchés.
12:47Comment vous faites pour naviguer dans un monde où la guerre au Moyen-Orient dure depuis maintenant plus de 7
12:55mois ?
12:55Une guerre qui était censée rester assez courte mais qui du coup pèse sur l'inflation, sur les taux longs
13:02qui s'envolent et puis sur le moral des investisseurs.
13:05Alors comment vous naviguez chez Opera Capital dans ce marché un petit peu trouble sur les derniers mois qui viennent
13:13de passer, Jacques ?
13:14Le principe et c'est vraiment ce qu'il y a de plus solide comme approche, c'est d'avoir
13:18des allocations qui sont calées sur les horizons de temps et sur les projets de nos clients
13:23et ça permet d'avoir des allocations stables dans le temps et puis pour reprendre les événements récents et ce
13:30qui se passe sur les marchés actuellement,
13:32ce sont évidemment des messages de prudence que nous traduisons dans nos allocations. Sur les taux, nous avons des durations
13:39qui sont très faibles.
13:41Nous sommes prudents dans un contexte inflationniste aux Etats-Unis qui est dû à la croissance en Europe aux matières
13:47premières
13:47mais la montée des matières premières qui est suffisamment longue va commencer à infuser dans d'autres secteurs de l
13:55'économie
13:55et la crainte c'est que ça commence à toucher à la consommation et à l'investissement. Donc là-dessus
14:00c'est un message de prudence et pour les classes d'investissement
14:04ça veut dire qu'il faut faire attention aux obligations dans la durée même si les taux qui reviennent redonnent
14:11un peu d'air au rendement
14:13et sur les actions être très vigilant sur les primes de risque des actions. Aujourd'hui, on est dans des
14:21situations où si on regarde les marchés
14:23à l'exception de la France et on y reviendra peut-être, les marchés se tiennent plutôt bien, les marchés
14:28actions, alors même que l'augmentation des taux
14:31est très sensible. Et là-dessus c'est un message où il faut être un poil attentiste et regarder un
14:38peu comment vont se reconstituer les primes de risque.
14:41Vous venez de le mentionner, je vous propose qu'on revienne dessus tout de suite. La France, alors on a
14:47des taux longs, enfin un rendement français à 10 ans
14:50qui s'envolent à 4,75, 4,80% là sur les derniers jours. C'est une envolée très rapide
14:58surtout et assez forte avec un spread franco-allemand
15:02qui continue de s'écarter à 120, 130 points de base peut-être même aujourd'hui à l'heure où
15:07on parle. Des rendements qui s'envolent aussi
15:12à cause de justement les craintes sur la dette française à l'aune d'une élection présidentielle en 2027, ça
15:18va arriver vite,
15:19c'est dans quelques mois seulement, Jacques. Ça pose une question donc sur la dette et sur sa soutenabilité, Jacques.
15:26Je n'ai pas de réponse, pas plus que le marché. La défiance sur la France est très très claire,
15:32vous le disiez.
15:33Elle est immense.
15:33Le spread avec l'Allemagne est à 1,2 et on continue de s'écarter. Très nettement, le marché n
15:42'accorde pas beaucoup de crédit
15:43au gouvernement français et aux propositions des divers candidats sur une trajectoire plus raisonnable sur la dette.
15:52Là, le prochain budget va rentrer en discussion ces jours-ci. Mais le gouvernement a comme projet 5% de
16:02déficit.
16:03Donc, on ne peut pas dire que ce soit un virage très rigoureux. Et donc, les marchés, plus de la
16:07moitié de la dette française
16:08est détenue par des non-résidents. Alors, vous avez des banques centrales, vous avez tout un tas d'investisseurs.
16:13Mais ça veut dire que la confiance sur la dette aujourd'hui est un peu entamée et les investisseurs font
16:20attention.
16:21Pour nos clients, encore une fois, heureusement, j'ai envie de dire, la conséquence n'est pas immédiate parce qu
16:29'on est investi
16:30sur des marchés européens et globaux qui sont diversifiés. On fait attention à la duration de nos obligations.
16:37Mais oui, la situation économique française est vraiment aujourd'hui dans l'esprit des investisseurs.
16:44Et le climat n'est pas vraiment à la confiance. Et on doit rassurer nos clients sur ces sujets-là.
16:49Oui, la dette française, l'INSEE l'a confirmé cette semaine. C'est une dette française à près de 3600
16:57milliards d'euros,
16:58119% du PIB. C'est au plus haut depuis 1946. Une dette française qui ne cesse de s'envoler.
17:06Des chiffres impressionnants d'ailleurs, mais bon, auxquels on s'attendait un petit peu,
17:09qui ont été assez bien digérés par les marchés. Vous l'avez un petit peu mentionné, Jacques,
17:16mais sur les clients privés, est-ce qu'il faut s'inquiéter de toute cette situation globale ?
17:23Non, non, il faut s'adapter. Il faut gérer les inquiétudes de nos clients qui nous posent des questions.
17:30Ça emporte plusieurs conséquences. On a parlé des allocations. On a parlé des horizons de temps.
17:35Nous, on a la chance d'être une société jeune. Et donc, pour faire prendre du risque à nos clients,
17:40aujourd'hui, on le fait de manière assez progressive en s'adaptant et en anticipant des reconstitutions
17:45de primes de risque, donc en cherchant des fenêtres d'entrée progressives.
17:50Et puis, il y a d'autres conséquences qui sont, par exemple, des demandes de clients disant,
17:54voilà, nous, on souhaite ouvrir des contrats d'assurance vie et on pense que le Luxembourg
17:58est plus protecteur de nos avoirs.
18:01Alors, est-ce que c'est la vérité ?
18:02Tout dépend des situations. Le Luxembourg est très utile pour des clients mobiles géographiquement,
18:08pour des clients qui souhaitent investir sur des fonds alternatifs, sur des structurés,
18:13sur du private equity. Les contrats sont plus flexibles que ce qu'on peut trouver en France.
18:19Maintenant, pour se protéger, il y a deux sujets. Il y a la loi Sapin 2 où, en cas de
18:24crise majeure en France,
18:27le gouvernement, enfin le Haut Conseil à la stabilité financière, pourrait bloquer les retraits
18:31sur l'assurance vie pour un maximum de six mois.
18:34Bon, ben, au Luxembourg, il est vrai que ce risque est plus limité.
18:37Maintenant, il ne faut pas investir en fonds en euros parce que sinon, le problème risque de se poser.
18:43Et puis, si jamais la politique fiscale française était plus agressive vis-à-vis des épargnants,
18:48là, le fait d'être résident français, finalement, est vraiment le critère qui importe.
18:53Et que les actifs soient détenus au Luxembourg, en Suisse ou ailleurs, finalement, si on est résident,
18:57on risque d'être impacté par ces sujets-là.
19:00Oui, c'est des réponses qu'on aura dans le budget 2027, Jacques, c'est ça.
19:06Merci beaucoup, Jacques Sudre.
19:08Vous êtes associé gérant du nouveau cabinet Opera Capital.
19:12Félicitations pour cette nouvelle création, Jacques.
19:14Merci d'avoir été sur ce plateau.
19:17Merci à vous de nous avoir suivis.
19:18On se retrouve tout de suite, toujours en direct du Salon Patrimonia à Lyon.
19:31On est toujours en direct du Salon Patrimonia à Lyon.
19:35Et on est ravis de retrouver sur ce plateau Stéphane Lévy.
19:39Vous êtes stratégiste et responsable de l'innovation chez Irivest IM.
19:43Bonjour Stéphane.
19:44Bonjour Pauline.
19:45Alors, je vous propose de commencer cette interview par nous présenter un petit peu Irivest IM.
19:52Et surtout, il me semble que vous avez une gestion à action un peu différente de ce qu'on peut
19:57connaître habituellement Stéphane.
19:59C'est exactement ça, Pauline.
20:01En fait, Irivest IM, c'est une société de gestion dont le nom est assez récent, date d'il y
20:07a à peine plus d'un an.
20:08Mais c'est le fruit de la fusion entre deux maisons de gestion qui ont un track record historique très
20:14long.
20:14D'accord.
20:14La première, c'est Chain Capital qui est bien connu depuis 1998 pour mettre en oeuvre des stratégies de gestion
20:22active, action,
20:24mise en oeuvre de manière algorithmique et exploitant le facteur momentum.
20:30Et de Dynasty IM qui est une société de gestion spécialisée en gestion obligataire crédit et convertible avec un profil
20:37plus discrétionnaire.
20:39C'est une société Irivest IM qui aujourd'hui gère 1 milliard 300 millions et nous avons une équipe de
20:4627 personnes réparties sur plusieurs géographies européennes.
20:49Et alors parlez-nous de cette gestion action qui diffère de vos confrères Stéphane.
20:53Oui, alors évidemment c'est une gestion qui me tient à cœur, c'est une gestion, une approche très différenciante
21:00de la gestion, c'est une gestion d'ingénieur, une approche scientifique de la gestion.
21:05Je dirais un savoir-faire qui est très moderne, qui intègre par exemple dans son algorithme des modèles d'intelligence
21:12artificielle depuis déjà 2019,
21:15mais qui pourtant pour autant dispose d'un des tracts les plus longs en action européenne,
21:20puisqu'une nouvelle fois on va bientôt fêter les 28 ans d'historique de notre fonds le plus important de
21:26la gamme qui est le Chain Equity Europe.
21:29D'accord.
21:31Donc je suis extrêmement fier de représenter ce savoir-faire qui je crois est digne d'intérêt et doit être
21:39appréhendé avec beaucoup de bienveillance par les investisseurs, c'est l'avenir.
21:42Et est-ce que vous pouvez nous expliquer en deux mots, alors je ne sais pas si c'est possible
21:46d'expliquer en deux mots,
21:47mais comment ça fonctionne votre approche un petit peu scientifique justement de la gestion action ?
21:52Merci Pauline pour cette question. En fait il faut bien réaliser une chose, c'est que des gérants actions européennes,
21:59il y en a un grand nombre. C'est un univers très compétitif et la plupart de nos confrères ont
22:05une approche qui est une approche je dirais traditionnelle,
22:09très analytique, discrétionnaire, qui consiste à passer beaucoup de temps à visiter les management de société, les sites industriels,
22:20à prendre l'avis des analystes. Nous on est sur un positionnement complètement différent.
22:24Nous notre approche c'est tout simplement d'utiliser la puissance de calcul de l'ordinateur, de l'informatique,
22:30qui n'a de cesse de croître et qui devient vraiment de plus en plus un outil redoutable,
22:36pour créer de la valeur ajoutée, quelque part mettre en oeuvre une forme d'arbitrage sur des inefficiencies de marché.
22:45Ce qui veut dire qu'on déploie des portefeuilles qui sont beaucoup plus larges,
22:49on a 150 valeurs là où nos confrères auront des portefeuilles plus concentrés.
22:54Et je dirais qu'il faut réaliser une chose, c'est qu'on a un point commun avec nos confrères,
22:58c'est qu'on a à disposition 2000 valeurs liquides et investissables en Europe.
23:022000 !
23:03Pour battre un indice de 600 titres.
23:06Alors c'est énorme c'est ça ?
23:07C'est énorme et on comprend bien que quelque part l'approche quantitative qui revisite le cas d'investissement
23:14de manière très périodique de ces milliers de titres, permet d'aligner finalement les moyens mis en oeuvre avec les
23:21objectifs
23:22et a démontré depuis 28 ans sa capacité à très bien faire.
23:26Oui alors c'est ce que j'allais dire, vous allez nous dire si ça fonctionne cette méthode d'approche,
23:31mais effectivement si ça fait environ 30 ans qu'elle est toujours d'actualité, j'imagine que c'est une
23:38méthode qui fonctionne Stéphane.
23:40Justement parlons de ce contexte de marché, un marché chahuté, des rendements obligataires qui s'envolent,
23:47des indices actions qui tiennent, qui tiennent, qui baissent un petit peu mais qui globalement tiennent.
23:52Mais c'est surtout un contexte géopolitique, politique assez compliqué à gérer.
23:58Et comment chez E-Rivestiem vous arrivez à naviguer dans ce marché compliqué aujourd'hui ?
24:04Grâce à cette modélisation du marché qui nous permet de gérer plusieurs dimensions,
24:10le stock picking, la sélection de valeurs qui est évidemment très importante
24:14et on bénéficie d'un marché qui est très, je dirais, favorable au type d'approche qui sont les nôtres
24:20puisqu'on est sur des marchés de momentum.
24:22Il y a véritablement des disruptions très fortes dans le marché qu'on est à même de capturer.
24:26Par ailleurs, on a un cadre, je dirais, top-down dans notre modèle
24:30qui s'appuie sur une modélisation du cycle
24:32et qui nous permet de guider nos allocations sectorielles ou par taille de capi au cours du temps.
24:40Je dirais qu'on est dans un contexte dans lequel notre discours a évolué.
24:46Il faut bien réaliser là où on se trouve.
24:49On vient de vivre un véritable changement d'air à plusieurs égards.
24:54Alors dites-nous !
24:55Depuis 2020, on a changé d'air.
24:58On a changé d'air sur les taux d'intérêt avec la normalisation de la courbe des taux,
25:02une pente qui est normale, des taux longs qui sont redevenus en tout cas normaux au sens des moyennes historiques.
25:09On a quelque part un changement d'air au niveau industriel avec l'intégration de cette révolution industrielle qu'est
25:14l'AI.
25:15Et on a un changement d'air politique et géopolitique qui n'aura échappé à personne
25:20et qui n'est pas sans conséquence sur l'appréhension des marchés par un allocataire d'actifs.
25:26Et c'est un moment évidemment passionnant.
25:28Et aujourd'hui, nos modèles, en tout cas appliqués à l'Europe, nous incitent à une certaine prudence.
25:35Nous avons été extrêmement pro-cycliques, extrêmement agressifs dans la promotion de l'actif depuis ces dernières années.
25:44Mais il faut réaliser une chose, c'est qu'on est probablement dans un point de respiration nécessaire.
25:49Donc aujourd'hui, là où on avait énormément profité de paris cycliques, aussi bien sectoriels que dans le choix de
25:57valeur,
25:59c'est désormais moins vrai depuis le cœur du printemps dans notre portefeuille.
26:03On a quelque part réduit nos paris actifs, on a augmenté la liquidité et la diversification de nos portefeuilles
26:10parce qu'objectivement, les perspectives sur la classe d'actifs dans les 12 prochains mois, sur les actions européennes,
26:17n'est probablement pas aussi positive qu'elle n'a été lors des dernières années.
26:22Donc bien gérer, je dirais, une performance, une gestion dans la durée,
26:26c'est savoir peut-être identifier des moments potentiellement à risque.
26:31Peut-être ces risques-là ne se matérialiseront pas, je n'en sais rien.
26:35Mais très clairement, la probabilité qu'on ait des marchés difficiles est toujours de plus élevée
26:39qu'elle n'était qu'à un an, il y a deux ans, il y a trois ans, pour plein
26:42de raisons.
26:43Bon, et qu'est-ce que vous anticipez ?
26:44Vous parlez de marchés difficiles pour les trois mois qui nous restent jusqu'à la fin d'année 2026
26:49et puis pour l'année 2027, est-ce que, alors vous n'avez pas de boule de cristal et moi
26:53non plus,
26:54mais est-ce qu'on anticipe des marchés toujours aussi difficiles ?
26:57Comment vous anticipez l'année prochaine, Stéphane ?
27:02Je ne me prononcerai jamais sur une anticipation à trois mois, malgré votre tentative.
27:09Mais très clairement, je pense qu'aujourd'hui, c'est également vrai peut-être pour les trois mois qui viennent,
27:18l'espérance de gain au travers de la directionnalité haussière des indices
27:23me paraît toujours possible, mais beaucoup plus hypothétique.
27:29Ce que je pense, c'est qu'il y a en revanche beaucoup de valeurs relatives à créer
27:33par le stock picking, par la gestion active,
27:39parce qu'on est dans des marchés qui sont extrêmement polarisés,
27:45qui ont intégré toutes ces révolutions dont on a parlé
27:48et c'est une source d'opportunités extraordinaires pour un gérant actif
27:53qui s'adresse à un univers d'investissement aussi large que celui qui nous est offert.
27:57Donc gestion active, sélection des valeurs et puis diversification,
28:01ce sont les mots d'ordre.
28:03Stéphane, on n'a pas de boule de cristal, on le rappelle,
28:05on ne se prononce pas sur ce qui pourrait se passer dans trois mois ou dans un an,
28:09évidemment, ce n'est qu'hypothétique.
28:11Merci beaucoup Stéphane Lévy, vous êtes stratégiste et responsable de l'innovation chez E-Rivestiem.
28:17Merci d'avoir été sur ce plateau avec nous en direct de Patrimonia
28:21et puis merci à vous de nous avoir suivis.
28:24On se retrouve très vite pour une nouvelle édition de Smart Bourse sur Be Smart for Change.