00:00Alors Soazic, vous nous dites ce matin que la situation est en train de se décanter pour la présidentielle au
00:04centre et à droite.
00:05Oui, alors on le sait, cette semaine c'est plutôt le moment de la primaire de la gauche avec deux
00:09débats d'ici dimanche dans celui de BFM, le dernier sans doute le plus décisif.
00:14Mais une autre primaire que d'aucuns qualifient de sauvage se joue entre les candidats de la droite et du
00:20centre.
00:20Et sauvage ou pas, elle semble connaître un moment de clarification.
00:24Alors à quoi vous voyez cela ?
00:25Alors le sixième baromètre IFOP de la présidentielle a été publié hier soir.
00:29Que dit ce sondage de référence ?
00:31Edouard Philippe laisse désormais loin derrière lui Gabriel Attal et Bruno Retailleau, respectivement 8 et 9 points derrière s'ils
00:38sont testés tous les trois.
00:39Et surtout, le candidat Horizon est désormais clairement le seul, à 200 jours du premier tour, à pouvoir espérer empêcher
00:47un match Le Pen-Mélenchon au second tour.
00:49Alors cela revêt une importance toute particulière alors que nous connaissons en même temps deux faits majeurs de campagne.
00:55D'un côté, le RN confronté via l'enquête de Mediapart sur Jordan Bardella à son histoire, celle du Front
01:01National, un parti qui a longtemps flirté avec l'antisémitisme.
01:04De l'autre, LFI ramené à ses fondamentaux antiforces de l'ordre et qui soufflent sur les braises d'une
01:09jeunesse en colère, quitte à installer le désordre dans les lycées.
01:13RN et LFI, deux partis qui espéraient jouer dans le camp des raisonnables et qui sont ramenés, volontairement ou non,
01:19à leur radicalité.
01:20Et ça change quoi pour Edouard Philippe ?
01:22Alors comme me le confiait cette semaine un ancien ministre du premier quinquennat d'Emmanuel Macron, il n'y a
01:28rien de véritablement enthousiasmant chez le candidat Edouard Philippe, mais il est sérieux et raisonnable.
01:34Prenez sa réforme des retraites.
01:36Âge de départ, 65 ans, 45 années de cotisation.
01:40Rien de révolutionnaire là encore, mais il a entendu les critiques sur l'âge de départ à 67 ans qu
01:46'il avait déjà évoquées.
01:47Rien non plus qui freine sa campagne, certes un peu trop tranquille.
01:51Mais l'image que je renvoie en proposant cette réforme est sans importance.
01:55Je propose ce que je crois utile pour le pays, disait-il hier à nos confrères du Parisien.
02:00En bref, il a pris le créneau du candidat d'utilité publique.
02:04– Mais Gabriel Attal et Bruno Retailleux sont toujours là.
02:08– Oui, alors le premier s'est agité tout l'été sans récolter le soutien sondagier espéré.
02:13Sauf rebondissement majeur, il va bientôt devoir se rendre à l'évidence.
02:16Son heure présidentielle n'est pas encore venue.
02:18On l'oublie, mais le patron de Renaissance n'a que 37 ans.
02:22Le deuxième fin-lettré a dû s'étrangler en lisant le Figaro cette semaine.
02:27On parlait de lui comme du Napori, de sa campagne comme du Napori, c'est-à-dire absence de chemin.
02:34Bruno Retailleux semble tellement perdu dans cette campagne
02:37qu'il n'a toujours pas commenté les déboires du RN.
02:40Alors bien sûr, il faudra pour Edouard Philippe en tant voulu habiller les ralliements.
02:44Il devra apprendre à ouvrir les bras sans humilier, parce qu'il le sait.
02:48Enfin, du moins, c'est ce qu'il a expliqué ce dimanche dans la tribune dimanche.
02:52Le commandement, ce n'est pas inné, ça s'exerce.
02:55– Merci, Soazine Kémenor.
02:57Et c'est une chronique à retrouver en podcast et en replay sur l'application BFM Business.
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