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  • il y a 38 minutes
Lundi 28 septembre 2026, retrouvez John Plassard (Associé et responsable de la stratégie d'investissement, Banque Cité Gestion) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

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Transcription
00:01Générique
00:06...
00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
00:12Chaque jour, vous nous suivez en direct à la télévision à midi 30 et à 17h30.
00:17Vous pouvez nous retrouver en rattrapage, en replay sur notre site bismart.fr
00:22et vous pouvez également nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:28Au sommaire de cette édition ce midi, Donald Trump a dit hier aux médias Axios
00:33qu'il pensait reprendre les échanges avec Téhéran très vite.
00:37C'est assez ironique parce que juste la veille, ils venaient de refuser leur plan
00:41pour débloquer le détroit d'Ormuz en 7 jours.
00:45Deux sons de cloche bien différents puisque l'agence de presse gouvernementale iranienne Irna
00:50a affirmé lundi qu'aucune nouvelle discussion n'était prévue entre l'Iran et les Etats-Unis.
00:56Cette absence de déblocage du côté du Moyen-Orient pèse sur les cours du pétrole.
01:02Le baril de Brent poursuit sa remontée et gagne encore environ 4% au moment où on parle autour de
01:08108 dollars.
01:09Le WTI américain de son côté progresse également de plus de 3% et s'établit autour de 95 dollars.
01:18Ces tensions continuent à affecter l'ensemble des marchés.
01:21Et justement, la vente massive d'obligations, c'est évidemment le sujet du moment.
01:26On en parle souvent sur ce plateau.
01:28La pression sur les obligations à long terme s'intensifie.
01:31La croissance, le coût de l'énergie, l'inflation et puis la hausse des emprunts publics
01:36poussent les investisseurs à exiger de meilleurs rendements.
01:40Dans le détail, le rendement américain à 10 ans s'est envolé de plus de 20 points de base la
01:45semaine dernière
01:46et poursuit sa remontée aujourd'hui pour atteindre le niveau de 5,25%.
01:51Le rendement américain à deux ans évolue de son côté au-delà de 4,90%.
01:57Sur la partie longue de la courbe, le rendement à 30 ans se traite désormais au-delà de 5,50%.
02:03Un seuil qu'il avait déjà touché vendredi dernier.
02:07C'est au plus haut depuis 2002.
02:10Et puis ces tensions obligataires se retrouvent un peu partout dans le monde.
02:13Le marché japonais lui aussi est impacté.
02:16Le rendement à 10 ans japonais évolue toujours autour de 3,10%.
02:20Les rendements à 20, 30 et 40 ans bondissent encore d'environ 5 points de base au cours de la
02:26séance.
02:27Côté européen, même tendance d'envoler.
02:30Le rendement allemand à 10 ans s'établit désormais autour de 3,65%.
02:35Et le rendement français de même échéance autour de 4,75%.
02:40Logiquement, le spread entre la France et l'Allemagne s'établit toujours à 110 points de base environ.
02:46Et ce, depuis quelques temps.
02:48Maintenant, depuis quelques jours du côté des devises.
02:51Enfin, le dollar progresse légèrement ce matin.
02:55Et Laura, l'euro-dollar se traite toujours sous 1,14%.
02:59A l'aube d'une semaine chargée d'ailleurs en termes de publication de statistiques.
03:05Déjà, c'est la semaine de l'emploi aux Etats-Unis qui se conclura par le fameux rapport sur l
03:10'emploi du département du travail américain.
03:13Un rapport sur l'emploi pour le mois de septembre.
03:17On attend aussi la publication des indices PCE et corps PCE américains pour le mois d'août mercredi.
03:25Ce sont des indicateurs particulièrement regardés par la Réserve fédérale américaine.
03:30Surtout que les marchés price désormais à 70% une hausse des taux le 28 octobre.
03:37Et à 60% une hausse des taux le 9 décembre prochain.
03:41Donc pour les deux réunions à venir de la Réserve fédérale américaine.
03:45Les deux dernières réunions de cette année 2026.
03:49Côté américain, toujours le PIB du deuxième trimestre.
03:52En troisième estimation est également au programme de mercredi.
03:56Enfin, en Europe, l'inflation est aussi attendue.
03:58Le taux de chômage et puis toute une série de PMI à suivre tout au long de cette semaine un
04:03peu partout dans le monde.
04:14Un invité avec nous tous les midis pour décrypter les enjeux à la mi-séance, les tendances à venir pour
04:21cette semaine.
04:22Et puis le lundi, c'est John Plassard, associé et responsable de la stratégie d'investissement pour la banque Cité
04:28Gestion.
04:29Bonjour John.
04:30Bonjour Pauline.
04:32Alors John, bienvenue dans un monde, je le disais en intro, où hier Donald Trump a dit aux médias Axios
04:38qu'il pensait reprendre les échanges avec Téhéran très vite.
04:41Sauf que l'Iran a dit qu'aucune discussion avec les États-Unis n'était au programme pour l'instant
04:47de son de cloche assez différent.
04:49John, des tensions persistantes sur ce détroit d'Hormuz qui aurait pu rouvrir sous sept jours.
04:55Sauf que Donald Trump a refusé la proposition iranienne.
04:59Des tensions qui pèsent sur ces prix du pétrole, je le disais en intro.
05:03Qu'est-ce qu'on peut retenir de cette nouvelle séquence, John ?
05:08Peut-être que vous m'avez entendu soupirer, vous m'excuserez Pauline, mais effectivement on a l'impression qu'on
05:14n'a pas de solution.
05:16On a l'impression que le président, même pas une impression, c'est un constat.
05:19Le président Trump n'a plus aucune solution.
05:23Le président Trump sait qu'il n'y aura pas de règlement avant les élections de mi-mandat qui sont
05:29dans un mois et deux semaines.
05:31Et que c'est vraiment la problématique du moment.
05:36Téhéran a bien compris la problématique politique.
05:39Le président américain a même dit la semaine passée que l'Iran utilisait cette échéance pour mettre de la pression
05:46sur le prix du baril.
05:48Oui, il l'avait dit à l'ONU, lors de son discours à l'ONU.
05:51Voilà, exactement.
05:52Donc évidemment, on est dans une situation ultra incertaine.
05:57Je dirais que la solution pour le président Trump, ce n'est pas de régler le conflit.
06:00La solution pour le président Trump, c'est d'avoir une fenêtre de tir de quelques jours ou de quelques
06:06semaines qui pourrait faire baisser le prix du baril de pétrole.
06:10Ce qui est intéressant de noter et un peu triste, je dirais, pour les investisseurs, c'est que le marché
06:17pétrolier réagit à chaque déclaration des deux camps.
06:20Donc on a une volatilité qui s'est quasiment jamais vue sur le prix du baril de pétrole.
06:25On a vu que le prix descendait, baissait la semaine passée sur l'espoir d'un accord.
06:30Et puis là, il reprend, comme vous l'avez dit, 4%.
06:34Donc il est extrêmement difficile en termes d'investissement d'essayer de parier ou non sur cette classe d'actifs.
06:41C'est pour ça que globalement, c'est assez triste.
06:45Il faut rester neutre dessus parce qu'on ne sait pas, personne ne sait ce qui va se passer.
06:49Mais on sait que plus ça dure, plus ça peut avoir des conséquences sur l'économie mondiale.
06:55Oui, et puis est-ce que ce baril de Brent, alors c'est des niveaux qu'on a connus, qu
07:02'on a clairement connus il y a peu,
07:04des niveaux autour d'entre 100 et 110 dollars globalement.
07:07John, ça relance évidemment les craintes inflationnistes.
07:12Et je le disais aussi en intro, du coup, les anticipations d'une nouvelle hausse des taux de la Fed
07:18le 28 octobre
07:19est pricée largement à 70%.
07:21Et même pour le 9 décembre, est-ce qu'on est parti là avec ces pressions inflationnistes
07:25sur un nouveau cycle de hausse des taux ?
07:28On se demandait, alors, un peu de doute là-dessus, mais on se demandait si c'était plutôt une hausse
07:32des taux assurantielles
07:33que Kevin Warch et le board de la Fed avaient voté le mois dernier.
07:38Mais là, en fait, on se dirige plutôt vers un cycle de hausse, John.
07:43Oui, alors il faut faire très attention avec ce terme de cycle parce qu'on sait que c'est un
07:47choc d'offres.
07:48Et pour l'instant, alors évidemment, on est à 3,4% sur le corp ici aux États-Unis, sur
07:55l'inflation,
07:57donc largement au-dessus du mandat de 2%, mais effectivement, on n'a pas l'impression aujourd'hui
08:03que l'inflation a vraiment fait un dommage collatéral puisque lorsqu'on regarde l'économie américaine,
08:11on a quand même des prévisions de croissance selon la Fed d'Atlanta qui sont de 5% pour le
08:16troisième trimestre.
08:17Donc ce serait une réaccélération majeure au troisième trimestre.
08:21On a le plein emploi, on est à 4,1% ou 4,2% et on a vu que
08:27la réserve fédérale américaine
08:28avait abaissé pour cette année et l'année prochaine son objectif de taux de chômage.
08:34Donc on est dans une situation qui est toujours viable, je dirais.
08:40Et donc là-dessus, ce serait très compliqué de lancer un nouveau cycle de hausse de taux.
08:48Et pourquoi ? Parce que si on prend en moyenne les cycles de hausse de taux, ce qu'on appelle
08:53les cycles,
08:54c'est-à-dire pas juste une ou deux hausses ou une ou deux baisses,
08:58en moyenne on monte de 1%, c'est-à-dire quatre hausses de 25 points de base.
09:03Et là, ça voudrait dire que les nuages de points, les dot-plots de la Fed qui ont été publiés
09:09lors de la dernière réunion,
09:11sont faux parce que ces nuages de points montraient que l'année prochaine, il ne devrait pas y avoir de
09:18hausse de taux.
09:18Donc on est dans une situation où si ça devait être le cas, la Réserve fédérale américaine serait obligée de
09:26réviser totalement son scénario économique.
09:29Parce que pour l'instant, son scénario économique table sur une légère hausse de l'inflation, mais elle n'est
09:34pas dramatique.
09:35Et sur un taux de chômage qui reste bien ancré à 4% et qui alimente la consommation et la
09:43croissance américaine.
09:44Donc si on change et on se dit qu'on rentre dans un cycle de hausse de taux,
09:49c'est pour casser cette demande et casser, c'est l'ancien président de la Fed qui le disait,
09:55casser le taux de chômage, qu'il remonte pour qu'il y ait moins de demandes et que l'inflation
10:00au final baisse.
10:01On en saura déjà un peu plus cette semaine avec la nouvelle publication des indices PCE, CORE-PCE mercredi.
10:08Et puis ce rapport sur l'emploi qui est attendu et finalement, évidemment, puisque la Réserve fédérale a deux priorités
10:15dans son mandat,
10:16l'inflation et l'emploi, donc ça tombe bien, tout sera publié là cette semaine.
10:20Et d'ailleurs un taux de chômage qui est attendu toujours stable à 4,1% de la population active.
10:25Pendant ce temps-là, John, les rendements obligataires poursuivent leur hausse.
10:29Alors peut-être un mot de ce rendement américain à 10 ans qui évolue maintenant autour de 5,25%
10:35et puis d'une tendance qu'on remarque à l'échelle mondiale.
10:40C'est la même tendance de remonter de ces taux partout dans le monde, John ?
10:45Alors je dirais qu'à 5,25%, paradoxalement, ce n'est pas très grave, on peut vivre avec.
10:53On peut vivre avec si, comme on vient de le dire, il y en a une inflation qui est au
10:58-dessus,
10:58je suis tout à fait d'accord, qui est au-dessus du mandat de la Fed ou même de la
11:02BCE,
11:03mais avec un taux de chômage qui tient, avec une consommation qui tient,
11:07et puis avec des perspectives, des entreprises qui tiennent, voire qui sont en croissance.
11:11Donc là, je dirais que c'est potentiellement une nouvelle norme,
11:15et notamment tirée par l'intelligence artificielle.
11:17Le problème ici, c'est plutôt la rapidité de la remontée des rendements.
11:23On s'est rendu compte, et vous l'avez dit en préambule,
11:26que ça a monté de 20 points de base la semaine passée,
11:29ce rendement à 10 ans par exemple, et on voit que ça s'accélère.
11:33Si je vous avais dit, il y a une semaine, on sera à 5,25%, lundi prochain,
11:38eh bien vous ne m'auriez pas cru.
11:39Et là, on y est, donc ça va très vite.
11:42Et c'est souvent quand on a des mouvements erratiques comme ça qui arrivent,
11:46que ça a un impact dommageable sur les actifs, et notamment les actions.
11:53Évidemment, vous l'avez dit, ça dépasse les États-Unis,
11:56ça frappe très fort les pays qui sont endettés,
11:59ça frappe très fort les pays qui n'ont pas de budget,
12:02et ça frappe très fort les pays qui n'ont pas de visibilité sur leur croissance.
12:07Alors ne pensez pas, Pauline, que je parle de la France,
12:09je parle en général, et là, évidemment, ça a un problème sur le coût de refinancement.
12:14Alors on peut faire, on peut extrapoler, on peut parler de ce qui se passait
12:18il y a des années lorsque le rendement du 10 ans américain était plus élevé,
12:23et il était plus élevé avec une inflation qui s'approchait quelquefois
12:28de ce qu'on avait aujourd'hui, mais à l'époque, il y avait moins d'endettements.
12:34Qu'on le veuille ou non, les pays et les États-Unis étaient moins endettés.
12:38Et aujourd'hui, on a la charge de la dette qui est directement impactée
12:42lorsqu'elle doit être refinancée ou lorsqu'on a des nouvelles émissions
12:46par cette hausse des rendements.
12:48Oui, c'est sûr, ça pose une vraie question sur cette soutenabilité de la dette
12:52pour des pays comme la France, mais même aussi comme l'Allemagne,
12:56et puis évidemment les États-Unis.
12:58John, on voulait parler de l'or, mais on n'aura pas le temps.
13:00Alors je vais juste le dire, l'or a cédé 6% sur le mois de septembre.
13:06Alors on n'aura pas le temps de détailler les causes,
13:10mais bon, globalement, tout est corrélé avec ces marchés obligataires
13:13et tout ce qui se passe actuellement.
13:15John, merci beaucoup, John Plassard, d'avoir été avec nous,
13:18associé et responsable de la stratégie d'investissement
13:20pour la banque Cité Gestion.
13:22Merci d'avoir été avec nous dans cette édition à midi.
13:26Et puis tous les lundis, John, c'est un plaisir de vous recevoir.
13:29Merci à vous de nous avoir suivis.
13:31Et on se retrouve ce soir en direct à 17h30 sur BISMART.

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