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L’Europe est-elle devenue une maison de retraite ? Pour Jean-Marc Daniel, professeur émérite d’économie à l’ESCP, le vieillissement du continent ne condamne pas son avenir économique. L’Europe dispose d’une épargne colossale et pourrait tirer parti de la montée en puissance de l’Inde, au point que l’avenir économique européen se jouerait davantage à Bombay qu’à Bruxelles. Mais la situation française est beaucoup plus préoccupante. Dette publique, hausse de la charge des intérêts, réduction des dépenses publiques, retraites, fonction publique : Jean-Marc Daniel estime que la France doit rétablir ses comptes et remettre le pays au travail. Il revient également sur le pouvoir d’achat des Français, les délocalisations et les conséquences économiques des guerres. Enfin, l’économiste se montre particulièrement optimiste sur l’intelligence artificielle : disparition de certains métiers, gains de productivité et baisse potentiellement considérable des prix pourraient, selon lui, ouvrir une nouvelle période de prospérité comparable aux Trente Glorieuses.
A la suite de "Politique & Eco", retrouvez la chronique financière de Philippe Béchade intitulée : "Dette : la France vient de faire un pas vers l’abîme".
Téléchargez gratuitement le rapport spécial de Philippe Béchade - 2026 - Faillite de la France : Comment faire face à la Taxflation
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00:00:00Je pense qu'on ne peut pas penser à la retraite sans une politique d'épargne.
00:00:03Et donc, la capitalisation en partie, il n'a de sens que si on utilise ces fonds pour aller à
00:00:09Mumbai.
00:00:10Pour moi, l'objectif, c'est de préparer la croissance du revenu des Français par le travail des Indiens.
00:00:23Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouveau numéro de Politique et éco.
00:00:27Cette semaine, en compagnie de Jean-Marc et Daniel. Bonjour, monsieur.
00:00:31Bonjour.
00:00:32Vous êtes professeur émérite d'économie à l'ESCP, l'École supérieure de commerce de Paris.
00:00:39Jean-Marc et Daniel, vous publiez prochainement un ouvrage, La dette publique, comment on assassine Robin Desbois.
00:00:47C'est à paraître, je crois, dans les jours qui arrivent.
00:00:51Absolument, ça paraîtra le 23 septembre.
00:00:53Donc, en fonction de la date de diffusion de cette émission, ce sera apparaître ou ce sera déjà apparu.
00:00:59Alors, commençons par le budget.
00:01:02En préparation, normalement, il devrait être déposé le 30 septembre sur le bureau de l'Assemblée nationale.
00:01:08Le gouvernement avait prévu un déficit de 5% du PIB.
00:01:13Mais avec le conflit au Moyen-Orient, la hausse des hydrocarbures et puis les taux obligataires qui explosent en ce
00:01:20moment, on est sur le 10 ans à environ 4,5%.
00:01:26Cette trajectoire n'est plus tenable.
00:01:29Est-ce que le budget peut être encore considéré comme crédible dans ces conditions ?
00:01:33Le budget de l'année prochaine, on ne l'a pas encore sous les yeux.
00:01:36Donc, on ne sait pas ce qu'ils vont nous annoncer et comment ils vont...
00:01:38En tout cas, son projet.
00:01:39Oui, le projet, on ne l'a pas totalement sous les yeux.
00:01:42Et il y a une première angoisse, c'est l'exécution du budget en cours.
00:01:45Et donc, sur l'exécution du budget en cours, effectivement, la chose qui est la plus inquiétante, c'est la
00:01:50hausse des taux d'intérêt.
00:01:52Sachant que les taux d'intérêt que l'on affiche, que l'on commande, ce sont les taux de marché.
00:01:55Ce ne sont pas les taux auxquels emprunte vraiment l'État.
00:01:57L'État, il n'emprunte pas tous les jours.
00:01:59On a des taux d'intérêt tous les jours qui sont...
00:02:01Mais l'État, il n'emprunte pas tous les jours.
00:02:02Il emprunte...
00:02:03Oui, l'agence France-président.
00:02:05Non, il emprunte, oui.
00:02:06Il emprunte deux fois par mois.
00:02:07Et donc, à ce moment-là, on constate la réalité de ces taux.
00:02:11Ce qui est intéressant dans ces taux, ce n'est pas tellement l'enjeu pour l'État,
00:02:14c'est l'enjeu pour l'ensemble de l'économie et la défiance qu'ont les prêteurs vis-à-vis
00:02:18de l'État de façon très immédiate.
00:02:20Ces taux, en fait, servent de référence, après, à tout un tas de taux qui sont ceux qui sont pratiqués
00:02:26pour l'économie.
00:02:27Pour le budget en tant que tel, la chose qui va le plus concerner l'évolution de la charge de
00:02:32la dette,
00:02:32c'est la répercussion de la hausse des prix, puisqu'une partie de la dette est indexée sur la hausse
00:02:38des prix.
00:02:38C'est donc la façon dont cette hausse des prix va être répercutée.
00:02:42Après, la hausse des hydrocarbures, c'est un peu un bras de fer entre l'État et les utilisateurs d
00:02:50'essence,
00:02:50puisque l'État, pour l'instant, refuse de baisser les taxes.
00:02:56Ça ne veut pas dire qu'il est gagné à la fin, parce qu'il y a une baisse de
00:03:00consommation qui est induite par la hausse des prix.
00:03:02Et donc, in fine, le rendement des impôts sur les hydrocarbures sont plutôt stables, voire en légère diminution, effectivement.
00:03:11Alors que c'était en augmentation, n'est-ce pas ? Corrigez-moi si je me trompe.
00:03:14Il y a quelques mois, on parlait de rentrée fiscale supérieure avec, justement, les prix à la pompe qui avaient
00:03:21augmenté.
00:03:21Oui, les rentrées fiscales étaient supérieures, parce qu'il y avait effectivement les prix à la pompe qui ont augmenté,
00:03:26mais encore une fois, il y avait quand même une réaction, et c'est un message aussi pour les gens
00:03:31qui défendent la taxe carbone.
00:03:32C'est-à-dire l'idée que si on veut réduire l'utilisation de ces produits qui sont à l
00:03:38'origine d'effets de serre,
00:03:40enfin, il peut y avoir une polémique autour de ça, mais on sort de l'été qui fait que la
00:03:43population peut quand même s'interroger sur l'avenir du climat.
00:03:48Et donc, il y a eu une réduction de la consommation.
00:03:52Et donc, effectivement, les recettes étaient plutôt relativement stables.
00:03:56En revanche, les autres recettes fiscales étaient plutôt plus favorables que ce qu'on pouvait attendre au moment où on
00:04:01a voté le budget.
00:04:02Qu'est-ce que vous pouvez nous dire aujourd'hui sur ce que l'on sait du projet de budget
00:04:072027 ?
00:04:08Le gouvernement compte déjà taper sur, dit-il, les retraités les plus aisés.
00:04:17Est-ce qu'il y a, on se souvient aussi de François Bayrou, il y a quelques années,
00:04:22qui nous disait que le gouvernement devait trouver 40 milliards d'euros d'économies sur les recettes et sur les
00:04:30économies.
00:04:31Où en est-on ? Est-ce qu'il y a déjà des pistes qui circulent dont on peut parler
00:04:36?
00:04:36Les pistes, c'est d'abord des chiffres qui sont incompréhensibles pour le grand public.
00:04:42Quand François Bayrou parlait de 40 milliards d'économies, ça a débouché sur une augmentation de la dépense publique.
00:04:48Parce qu'en fait, il y a une espèce d'astuce qui consiste à considérer que si on ne faisait
00:04:54rien,
00:04:55par inertie du fait des engagements pris par l'État et du fait que la croissance économique peut s'accompagner
00:05:02d'une augmentation des dépenses,
00:05:04on aurait atteint tel niveau de dépense.
00:05:05Et comme on sera en dessous de ce niveau potentiel putatif, on aura fait des économies.
00:05:10Mais en réalité, il n'y avait aucune économie.
00:05:12Donc, on annonce 30 milliards, mais on ne sait pas si c'est 30 milliards.
00:05:15Ce sont vraiment tant de milliards d'économies ou de nouveau, par rapport à une tendance évaluée, présentée comme étant
00:05:21inéluctable
00:05:22et qui en fait n'est jamais inéluctable sur les dépenses publiques.
00:05:25Il n'y a rien d'inéluctable.
00:05:27La deuxième chose que je trouve intéressante, c'est que cette obsession de vouloir taper sur les retraités,
00:05:34c'est une obsession qui est assez singulière.
00:05:38Parce qu'en général, on s'intéresse sur le plan économique aux gens en fonction de leur revenu,
00:05:42de la quantité de travail fourni, rarement en fonction de leur date de naissance.
00:05:45Que la date de naissance devienne un critère de détermination de votre fiscalité
00:05:50est quelque chose qui est assez singulier.
00:05:52Le lieu de naissance, à une certaine époque, quand on est dans un certain clan social,
00:05:57on est échappé à l'impôt, c'est la date qui va devenir.
00:06:00Et donc, je pense que c'est à la fois une forme de provocation à l'égard d'une partie
00:06:06de la population.
00:06:08Il avait déjà d'ailleurs, excusez-moi, commencé dès son arrivée en 2017.
00:06:12Emmanuel Macron en tapant sur la CSG-CRDS des retraités.
00:06:16Oui, absolument. Il avait augmenté la CSG-CRDS de tout le monde.
00:06:18Et on avait baissé simultanément les cotisations sociales des salariés.
00:06:22Ce qui fait que les salariés avaient moins payé que les retraités,
00:06:27dont on ne baissait pas par définition les cotisations retraites.
00:06:30Mais ce genre d'opération est une opération qui, encore une fois,
00:06:35est une opération qui repose sur une espèce de vision du boomer.
00:06:41Enfin, il y a derrière tout un discours, toute une logique qui consiste à stigmatiser une partie de la population.
00:06:46Alors, je ne pense pas qu'on résoudra nos problèmes en appauvrissant une partie de la population.
00:06:50Je pense que le problème, c'est que c'est une taille du gâteau.
00:06:54La fiscalité, ce n'est jamais qu'une ponction sur le gâteau.
00:06:57Le gâteau étant la production.
00:06:58C'est-à-dire qu'on peut aborder le problème budgétaire de deux façons.
00:07:02soit en répartissant différemment les ponctions sur le gâteau.
00:07:05C'est-à-dire en désignant effectivement des gens à qui on va ponctionner plus que d'habitude.
00:07:10Donc les vieux, les riches.
00:07:12Ou on dit, écoutez, on va faire en sorte d'augmenter le gâteau.
00:07:16Vous parliez de François Béroux l'année dernière, à cette époque-ci de l'année.
00:07:19Il disait, on va travailler deux jours de plus.
00:07:21Si on travaille deux jours de plus, on produira plus.
00:07:23Si on produit plus, le gâteau va s'accroître.
00:07:25Et si le gâteau s'accroît, il sera plus facile effectivement d'obtenir des recettes.
00:07:29Alors justement, on entend des membres du gouvernement ou des premiers ministres
00:07:32nous dire que les Français doivent travailler plus.
00:07:34Mais les dépenses de fonctionnement de l'État ont explosé pendant les deux quinquennats
00:07:41du président Macron.
00:07:43On nous parle aussi de ces agences d'État, les fameuses Zodac,
00:07:46qui paraît-il coûteraient 150 milliards d'euros par an.
00:07:50Donc en fait, ces gens qui nous disent de travailler plus,
00:07:54pourquoi sont-ils incapables de réduire la taille du mammouth,
00:07:57comme l'appelait Alleg dans les années 2000 ?
00:07:59Oui, ce qui est paradoxal dans ce qui s'est passé, c'est que,
00:08:03effectivement, et ce n'est pas la première fois que ça arrive,
00:08:06le président de la République avait été élu sur la promesse
00:08:08d'une réduction des effectifs de la fonction publique.
00:08:10Et on va avoir, il a annoncé 120 000 disparitions d'emplois.
00:08:14Et on va avoir une création de 58 000 à 60 000 créations d'emplois.
00:08:18En réalité, ça va se faire de façon assez automatique.
00:08:21C'est-à-dire que quand on regarde les grandes vagues de recrutement,
00:08:24on arrive après 81, 40 ans après 81,
00:08:27après ces périodes où on a beaucoup recruti,
00:08:29il y a beaucoup de gens qui vont partir à la retraite.
00:08:31Et donc la réduction de la fonction publique sera facilitée
00:08:35par le fait qu'on n'aura pas annoncé brutalement à des gens
00:08:39qu'il va y avoir une commission de l'AH en 1946.
00:08:42Au sortir de la guerre, il y avait pléthore là aussi de fonctionnaires
00:08:45et pas uniquement de militaires.
00:08:47Et donc on a créé une commission de l'AH.
00:08:49C'est-à-dire qu'on a supprimé un certain nombre des emplois.
00:08:52– Ce que fait Milley en Argentine, par exemple.
00:08:54– Voilà, exactement.
00:08:54On a dit aux gens, écoutez, on va vous donner une indemnité,
00:08:58puis vous…
00:08:59– Vous débrouillez pour retourner dans le privé.
00:09:01– Vous repartez dans le privé, vous allez chercher un emploi par ailleurs.
00:09:03– Et donc la démographie de la fonction publique
00:09:07fait que ce n'est pas forcément cette solution un peu brutale
00:09:10qui peut être appliquée.
00:09:12Alors ce qui est intéressant aussi, c'est qu'on parle de l'État,
00:09:14mais quand on regarde les rapports de la Cour des comptes,
00:09:16les endroits où on a le plus recruté, ce sont les collectivités locales.
00:09:18– Pendant que Nicolas Sarkozy faisait du 1 sur 2,
00:09:22à l'échelle de l'État, on recrutait à la tour de bras dans les collectivités territoriales.
00:09:27Et la Cour des comptes a fait un rapport assez intéressant
00:09:29où elle dit, la première façon de supprimer des emplois,
00:09:33ce serait d'exiger des agents des collectivités territoriales
00:09:36qui fassent les 35 heures qui sont prévues par leur statut
00:09:39et par la règle commune de l'économie française.
00:09:42Et la Cour des comptes évaluée à 100 000 emplois
00:09:44qu'on pourrait supprimer ainsi si les agents des collectivités territoriales
00:09:48faisaient exactement la quantité de travail
00:09:51qui est prévue par les textes réglementaires et légaux.
00:09:54Quant au fait de travailler, je pense que le fait de travailler plus,
00:09:58ça a été une assez mauvaise démarche de Bérot,
00:10:01c'est-à-dire qu'il a présenté ça comme,
00:10:03et un peu la question que vous me posez rebondie sur cette idée,
00:10:06comme une forme de corvée, c'est-à-dire on va travailler plus pour l'État
00:10:09qui est incapable de se réformer.
00:10:11En fait, on a besoin de travailler plus pour nous,
00:10:13c'est-à-dire que le pays, globalement, vit au-dessus de ses moyens.
00:10:17Quand on accumule les déficits extérieurs que nous accumulons...
00:10:19– Ah non, le déficit extérieur, c'est depuis...
00:10:23– Ah oui, non, pardon, oui.
00:10:24– Depuis 2002, c'est-à-dire depuis les 35 heures.
00:10:26Grosso modo, depuis les 35 heures, on a substitué la dette au travail,
00:10:31avec comme conséquence qu'on travaille moins,
00:10:33mais on a toujours un pouvoir d'achat qui continue à augmenter,
00:10:36et donc à partir de ce moment-là,
00:10:37ce pouvoir d'achat se déverse sous forme d'importation.
00:10:40Et donc je crois que l'enjeu de travailler plus,
00:10:42c'est pas uniquement de sauver des comptes de l'État
00:10:45et des comptes publics qui sont en déficit depuis 1974,
00:10:47mais d'éviter que le pays perde sa substance,
00:10:51qu'il perd depuis 2002, c'est-à-dire depuis les 35 heures,
00:10:54parce qu'il ne travaille pas assez.
00:10:55– Alors la dette publique, évidemment,
00:10:57c'est donc l'objet de votre prochain ouvrage,
00:11:01Jean-Marc Daniel, elle atteint plus de 3 500 milliards d'euros,
00:11:05ça sera 117,5% du PIB dès la fin du premier trimestre 2026,
00:11:11c'est déjà le cas.
00:11:12C'est-à-dire que cette dette qui explose,
00:11:15est-ce que nous sommes dans un effet boule de neige,
00:11:18ou alors est-ce qu'il y a un moyen d'arrêter
00:11:21cette espèce de fuite en avant permanente ?
00:11:24– Alors la fuite en avant permanente,
00:11:25effectivement, ce serait de redresser les comptes,
00:11:27non pas en se focalisant sur la dette,
00:11:29mais en réfléchissant au déficit.
00:11:31Parce qu'en plus, dans les commentaires,
00:11:33il y a des gens qui assimilent les deux,
00:11:35il y en a un qui est à l'origine de l'autre,
00:11:37c'est-à-dire qu'il y a de la dette parce qu'il y a du déficit.
00:11:39Sur le plan mathématique, d'ailleurs,
00:11:41les termes sont un peu inversés.
00:11:43En mathématiques, la dette, c'est la primitive du déficit.
00:11:46En économie, c'est le déficit qui est le primitif,
00:11:51qui est à l'origine de la dette.
00:11:53Et je crois qu'une reprise en main est une reprise en main
00:11:57qui suppose trois choses.
00:11:59La première, c'est non pas de revenir au quantitative easing,
00:12:02mais de retrouver la démarche qui avait été celle du quantitative easing.
00:12:05Pour l'instant, on a des charges d'intérêt
00:12:07qui sont relativement faibles par rapport à ce qu'on a connu.
00:12:10C'est-à-dire, on parlait de 1974.
00:12:12En 1974, les niveaux de taux d'intérêt étaient tels
00:12:15que la charge de la dette était pratiquement rapportée au PIB
00:12:18la même que celle d'aujourd'hui.
00:12:20Pourquoi ? Parce qu'il y avait un PIB qui était moins important
00:12:23et des taux d'intérêt qui étaient effectivement
00:12:26beaucoup plus élevés,
00:12:27une série très très élevée de taux d'intérêt qui étaient derrière nous.
00:12:30– Mais on n'avait pas du tout la même charge de la dette
00:12:32aujourd'hui que dans les années 70.
00:12:33– Si, si, en rapporté au PIB, si.
00:12:35– Oui, rapporté au PIB, mais en valeur absolue.
00:12:37– En valeur absolue, oui, mais on a un PIB.
00:12:38– On sera à 77 milliards, c'est-à-dire, cette année.
00:12:40– Oui, oui, mais par rapport au PIB,
00:12:43par rapport aux capacités, effectivement, que génère l'économie.
00:12:46Pourquoi ? Parce que les taux d'intérêt ont été,
00:12:48pendant très longtemps, très bas.
00:12:49Et donc, on a encore, effectivement,
00:12:53ce qui est dans les comptes publics, c'est la charge.
00:12:55Et la charge, elle dépend du taux d'intérêt.
00:12:56Les taux d'intérêt ont été très bas.
00:12:57Et donc, ce qui est inquiétant, et ça, c'est la première chose,
00:13:00c'est l'évolution des taux d'intérêt dont on vient de parler.
00:13:03C'est-à-dire, quand les taux d'intérêt commencent à dépasser
00:13:05le taux de croissance potentielle,
00:13:06donc la croissance potentielle, c'est grosso modo 3%,
00:13:09c'est 1% en volume, 2% d'inflation,
00:13:12à un peu plus de 4%, on a véritablement un problème.
00:13:15Et donc, la question que l'on doit se poser, c'est,
00:13:17est-ce que la Banque centrale, que nous partageons avec d'autres pays,
00:13:23est disposée à nous aider à réduire cette charge d'intérêt ?
00:13:26C'est-à-dire, à absorber une partie de la dette
00:13:29et à faire en sorte que, in fine,
00:13:30la charge d'intérêt soit moins importante.
00:13:32Le deuxième élément, c'est qu'effectivement,
00:13:35on parle beaucoup d'une règle d'or, tout ça.
00:13:38Oui, les 3%.
00:13:39Alors, les 3%, c'était Maastricht,
00:13:42ça a été un peu le pacte de stabilité,
00:13:43mais surtout, maintenant, c'est le TSCG.
00:13:45Les vraies règles européennes, c'est pas Maastricht,
00:13:47maintenant, c'est ce qu'on appelle le TSCG.
00:13:49Et donc, il y a un engagement sur le déficit structurel.
00:13:53Il y a cette idée que, quand la conjoncture va mal,
00:13:56il est normal qu'il y ait du déficit.
00:13:58On l'a vu au moment de la Covid,
00:13:59non seulement c'était la conjoncture qui allait mal,
00:14:01mais il y avait une perturbation colossale
00:14:03de l'organisation et du mode de fonctionnement de l'économie.
00:14:06Et donc, là, on a laissé, les Européens avaient dit,
00:14:09on va faire en sorte que les États puissent s'endetter
00:14:14et pour colmater une brèche qui sera,
00:14:16on l'espère, très très limitée dans le temps.
00:14:18Le véritable changement, c'est ce déficit,
00:14:20et ce déficit structurel, il est déjà moins important.
00:14:23Il est de 120 milliards d'euros.
00:14:24C'est déjà quelque chose qui est quelque chose,
00:14:27et qui est, je ne dis pas qui est faible,
00:14:29mais c'est quelque chose qui est moins important
00:14:31que les 150 ou 160 milliards.
00:14:34Et le troisième élément, là aussi,
00:14:36c'est de se donner clairement du temps.
00:14:39C'est-à-dire que les engagements européens sont aussi clairs.
00:14:41Il faudrait qu'on le réduise de 30 milliards tous les ans.
00:14:44Et donc, on dit, on ne va pas le réduire tout de suite,
00:14:47on ne va pas, on se donne du temps.
00:14:48Mais ça suppose qu'il y ait une volonté politique,
00:14:51qu'il y ait une sorte de temporalité
00:14:54sur laquelle un gouvernement en place se dit,
00:14:56voilà, moi, je vais faire ça progressivement.
00:14:59Alors, ce n'est pas l'actuel gouvernement qui peut le faire.
00:15:01L'actuel gouvernement, lui, sa temporalité,
00:15:03c'est la semaine prochaine.
00:15:04– Oui, il n'a même pas de majorité.
00:15:05– S'il n'a pas de majorité,
00:15:07il ne sait pas s'il sera encore là la semaine prochaine.
00:15:08– D'ailleurs, juste pour conclure là-dessus,
00:15:11sur le plan strictement politique,
00:15:13pour le Premier ministre et son équipe,
00:15:16l'enjeu, c'est de savoir,
00:15:17est-ce qu'ils veulent sortir par le haut sur le plan symbolique,
00:15:20c'est-à-dire faire un budget de vérité,
00:15:23quitte à subir une motion de s'assure,
00:15:27ou sachant que de toute façon,
00:15:29une nouvelle équipe arrivera au printemps prochain,
00:15:32et donc, elle…
00:15:33– Elle fera une loi de finance rectificative.
00:15:35– Oui, elle fera une loi de finance rectificative,
00:15:37et donc, on repartira sur de nouvelles bases.
00:15:39Donc, c'est l'héritage,
00:15:42et l'héritage, non pas l'héritage économique en tant que tel,
00:15:45mais l'héritage politique qu'ils veulent laisser.
00:15:47Et donc, je pense qu'ils auraient intérêt
00:15:49à sortir par le haut et dignement.
00:15:51Mais ils peuvent avoir une autre tentation,
00:15:53qui consiste à dire ce qu'on appelle l'effet du baril,
00:15:55c'est-à-dire, je tiens le plus longtemps possible,
00:15:57donnez-moi cinq minutes encore.
00:16:00– Ce qui semble être la règle depuis des décennies.
00:16:02– Oui, et là, avec des mesures,
00:16:04ce qui était le plus aberrant,
00:16:05ça a été le report de la réforme de la retraite.
00:16:09C'est-à-dire, pour gagner quelques mois,
00:16:10on a sacrifié notre régime de retraite.
00:16:13– On se souvient d'un débat d'entre deux tours,
00:16:15entre le président Macron et Marine Le Pen,
00:16:19où le premier disait à la seconde,
00:16:22vous augmenterez la dette,
00:16:23vous augmenterez les déficits,
00:16:25je ne veux pas de cela pour les Français.
00:16:28Or, c'est bien le président Macron
00:16:29qui a augmenté l'un et l'autre.
00:16:31Quel bilan faites-vous économique de la politique
00:16:35du président de la République,
00:16:37celui qu'on appelait le Mozart de la finance ?
00:16:39– Oui, alors le Mozart de la finance,
00:16:41c'était la communication de Lesbrouf.
00:16:43– C'était la communication de Lesbrouf,
00:16:45et en plus, la finance, la question,
00:16:46c'était de la finance privée.
00:16:47Et il avait été, donc, dans une banque privée,
00:16:51et ça n'a rien à voir, en fait.
00:16:53La façon de gérer l'État
00:16:54et la façon de gérer une entreprise
00:16:56sont deux choses qui ne sont pas identiques et équivalentes.
00:17:00Mais, donc, le bilan est clairement
00:17:03assez à son désavantage, ça c'est clair.
00:17:05Mais je pense que la vraie cassure,
00:17:09ce qui est assez curieux,
00:17:11est arrivé très très vite.
00:17:12C'est-à-dire que pour moi,
00:17:14dès l'année 2018,
00:17:15il y a deux événements qui sont assez marquants.
00:17:17Lorsqu'on lui remet le prix Charlemagne,
00:17:19au printemps 2018,
00:17:22donc c'est une cérémonie
00:17:23qui est une cérémonie…
00:17:24– De l'Union européenne.
00:17:25– De l'Union européenne.
00:17:25– Cérémonie mondialiste.
00:17:27– Oui, une cérémonie européenne,
00:17:28en tout cas, qui a lieu à la chapelle.
00:17:31Et donc, cette cérémonie,
00:17:34c'est un geste assez symbolique.
00:17:35On va sur le tombeau de l'empereur,
00:17:37et puis après, on va prendre
00:17:40quelques amusegueules
00:17:40et quelques champagnes
00:17:42à la mairie d'Aix-la-chapelle.
00:17:44Et donc là, il fait un discours
00:17:45qui, au lieu de remercier tous les gens
00:17:47qui l'ont invité et qui lui ont donné le prix,
00:17:49il fait un discours, il dit
00:17:50« Il faut se débarrasser du fétichisme
00:17:52des excédents budgétaires
00:17:53et des excédents commerciaux. »
00:17:55Alors, ça a d'abord été vécu
00:17:57par Mme Merkel
00:17:58et aussi par Mark Rutte,
00:18:00le Premier ministre néerlandais,
00:18:01qui était là comme une provocation
00:18:03et une forme d'impolitesse.
00:18:07On n'était pas là pour ça,
00:18:08il n'était pas là pour les provoquer.
00:18:09Et à partir de ce moment-là,
00:18:11pour moi, c'était la vision
00:18:11qu'il n'avait pas du tout l'intention
00:18:14de redresser les comptes publics.
00:18:15Ce n'était pas sa préoccupation.
00:18:17À partir du moment où il provoquait
00:18:18les gens qui l'attendaient,
00:18:20et pas uniquement le peuple français,
00:18:21les gens qui l'attendaient.
00:18:22Et la deuxième chose,
00:18:23c'est la séquence après l'affaire
00:18:26des gilets jaunes,
00:18:27la séquence de distribution.
00:18:28J'avais à l'époque,
00:18:29pour me moquer un peu
00:18:30de sa façon de gérer les finances,
00:18:33inventé une unité de gaspillage
00:18:35que j'appelais le Macron.
00:18:36Et le Macron, c'était 17 milliards.
00:18:38Dès qu'il y avait une angoisse,
00:18:40il dépensait 17 milliards
00:18:42ou un multiple de 17 milliards.
00:18:43Donc, il y a eu...
00:18:44Les gilets jaunes,
00:18:45ça a coûté 17 milliards.
00:18:46Après, il y a eu la série de grèves
00:18:47à la SNCF et la réforme du statut.
00:18:49Et donc, on a absorbé 34 milliards
00:18:51de dettes de la SNCF,
00:18:52donc de Macron.
00:18:53Après, il y a eu la réforme des retraites.
00:18:55Et dans l'évolution
00:18:56de la réforme des retraites,
00:18:57au fur et à mesure
00:18:58qu'il y avait des...
00:18:59les concessions qui étaient faites,
00:19:01on est arrivé à 51 milliards.
00:19:033 Macron.
00:19:04Et puis après, il y a eu la Covid.
00:19:05Et alors là, la Covid,
00:19:06en termes de Macron...
00:19:08C'était infini.
00:19:09C'était quasi infini.
00:19:10C'était à cœur joie.
00:19:11Voilà, on a explosé les macrons.
00:19:13Et alors, justement,
00:19:14les aides à l'Ukraine,
00:19:15on en est à combien de macrons ?
00:19:17Les aides à l'Ukraine,
00:19:18c'est difficile à chiffrer.
00:19:19C'est-à-dire, il y a des gens
00:19:19qui valuent 50 milliards,
00:19:20des gens qui mettent entre un ou deux
00:19:23Macron.
00:19:24Moi, ce que je trouve important,
00:19:27c'est effectivement qu'on fasse,
00:19:28à un moment donné,
00:19:28des choix politiques.
00:19:29On peut faire un choix
00:19:30de politique étrangère
00:19:31qui consiste à considérer
00:19:32que finalement,
00:19:34aider l'Ukraine,
00:19:34c'est un investissement
00:19:35sur l'avenir
00:19:36parce que ça contient
00:19:37un impérialisme russe
00:19:38que l'on peut analyser
00:19:39comme tel.
00:19:39Ça, c'est un choix politique.
00:19:41Ce que je trouve
00:19:42le plus inquiétant,
00:19:43c'est ce que j'appelle
00:19:44la dépense insidieuse.
00:19:45C'est-à-dire,
00:19:46la dépense qui s'installe,
00:19:48qu'on ne voit pas,
00:19:48qui apparaît comme ça.
00:19:50On découvre, par exemple,
00:19:51au moment de la Covid,
00:19:52quand on a sorti un plan
00:19:55qui s'appelait
00:19:55investissement 2030,
00:19:57de ces plans
00:19:57qui sont ensuite analysés
00:19:59avec beaucoup de précision
00:20:00par la Cour des comptes
00:20:01pour arriver à la conclusion
00:20:02que finalement,
00:20:03l'argent n'a servi,
00:20:04il n'y a pas grand-chose.
00:20:05Et même, dans bien des cas,
00:20:06n'a même pas été dépensé.
00:20:07Et au passage,
00:20:08il y avait la possibilité
00:20:09de récupérer 50 euros
00:20:11pour réparer ses bicyclettes.
00:20:13Donc, vous avez comme ça
00:20:15une espèce de...
00:20:17Ça paraît, tout ça, bonbon.
00:20:18Et donc, cette absence de choix.
00:20:19Et la deuxième chose
00:20:20qui me frappe,
00:20:21c'est qu'effectivement,
00:20:23Macron...
00:20:24Et d'ailleurs,
00:20:24il est dans l'illusion,
00:20:25on a l'impression
00:20:26qu'il continue à faire des réunions
00:20:27comme s'il avait encore
00:20:28un impact.
00:20:30On est à Constantinople
00:20:32en 1453.
00:20:33C'est-à-dire,
00:20:34on discute sur le sexe des anges
00:20:35alors que les Ottomans
00:20:37sont en train d'assiéger la ville.
00:20:39Mais ce qui me frappe,
00:20:41c'est que les députés,
00:20:43enfin, personne dans la classe politique...
00:20:46– Ils sont passifs, tous ?
00:20:47– Ils ont tous été passifs.
00:20:48Moi, je me souviens,
00:20:49au moment où Raymond Barr
00:20:51a fiché des choix politiques,
00:20:52à un moment donné,
00:20:53le RPR a voté contre son budget.
00:20:55et donc l'a menacé.
00:20:57Et il a un budget
00:20:58qui a été annulé
00:20:58parce qu'il a fini
00:20:59par faire des concessions.
00:21:01Il a un budget
00:21:02qui a été annulé
00:21:03par le Conseil constitutionnel.
00:21:04– Sur l'inflation,
00:21:06la Banque de France,
00:21:06Jean-Marc Daniel estime
00:21:08qu'elle serait
00:21:09de 2,3% en moyenne
00:21:12pour cette année,
00:21:13principalement sous l'effet
00:21:15du conflit
00:21:15qui sévit au Moyen-Orient.
00:21:19Comment un tel choc géopolitique
00:21:21sur le pétrole, le gaz,
00:21:22finit-il par se tromper
00:21:24pour transmettre
00:21:25à l'ensemble
00:21:26de notre économie
00:21:28sur le prix
00:21:29que paient les Français ?
00:21:30– Alors, effectivement,
00:21:33si les auditeurs,
00:21:35téléspectateurs
00:21:35suivent un peu ce que je raconte,
00:21:36pour moi,
00:21:36il n'y a pas d'inflation.
00:21:37Alors, ça paraît surprenant,
00:21:39mais l'inflation,
00:21:40telle qu'elle est définie,
00:21:41telle qu'elle a été analysée,
00:21:42notamment par les économistes
00:21:43monétaristes,
00:21:44c'est une hausse générale
00:21:45et durable
00:21:46de l'indice des prix
00:21:47qui est liée
00:21:48à une augmentation
00:21:51systématique
00:21:51de la demande.
00:21:52Et donc,
00:21:53c'est l'inflation
00:21:53telle que nous l'avons
00:21:54connu dans les années 60-70
00:21:56et les politiques
00:21:58que réclamaient,
00:21:59que mettaient en avant
00:22:00et que souhaitaient
00:22:00mettre en avant
00:22:01les ponétaristes,
00:22:02c'est des politiques
00:22:03de limitation,
00:22:04de l'augmentation
00:22:05de la quantité de monnaie
00:22:06par la hausse
00:22:08des taux d'intérêt.
00:22:09Or, là,
00:22:10on n'est pas dans une phase
00:22:11de la même nature
00:22:12pour deux raisons.
00:22:12La première raison,
00:22:13ce sont des chocs d'offres
00:22:14et pas des chocs de demandes.
00:22:15C'est-à-dire,
00:22:15le décalage entre l'offre
00:22:17et la demande
00:22:18ne se pose pas
00:22:20sur de problèmes matériels.
00:22:21Il se pose sur,
00:22:21à un moment donné,
00:22:22effectivement,
00:22:23une offre qui se raréfie
00:22:25ou des gens
00:22:25qui sont en position
00:22:26d'augmenter leur prix
00:22:27tout en maintenant
00:22:28la quantité d'offres
00:22:29qu'ils mettent sur le marché.
00:22:31Et donc,
00:22:32ces chocs d'offres
00:22:34ne se diffusent
00:22:35que s'il y a
00:22:35une boucle prix-salaire.
00:22:37C'est-à-dire que
00:22:37si les salaires suivent.
00:22:39Or, les salaires ne suivent pas.
00:22:40C'est-à-dire que...
00:22:41Oui, d'accord.
00:22:41Le salaire n'est pas indexé
00:22:42sur l'inflation.
00:22:43Il n'y a que le SMIC
00:22:44qui est indexé
00:22:44avec comme conséquence,
00:22:45d'ailleurs,
00:22:46qu'il y a de plus en plus
00:22:47de SMIC-ars.
00:22:47C'est-à-dire qu'au fur et à mesure
00:22:48que les prix augmentent,
00:22:49le SMIC monte.
00:22:50Comme les salaires au-dessus
00:22:51ne montent pas,
00:22:52mais tout un tas de gens
00:22:52sont rattrapés
00:22:53par la remontée du SMIC.
00:22:55Et donc,
00:22:56on l'avait vu au moment
00:22:57justement parler de l'Ukraine.
00:22:59Très vite après,
00:23:00les prix redescendent.
00:23:01Je rappelle que
00:23:02avant,
00:23:04en fin de l'année dernière,
00:23:05au début d'année,
00:23:06on avait une hausse
00:23:07des prix en France
00:23:07qui était très largement
00:23:08inférieure à 2%.
00:23:10Et puis là,
00:23:10ça remondit.
00:23:11Et ça remondit,
00:23:12encore une fois,
00:23:12sur le prix du pétrole.
00:23:13Mais quand on regarde,
00:23:15tout un tas de prix baissent,
00:23:16ce qui n'était pas le cas
00:23:17dans les années 60-70.
00:23:19Et donc,
00:23:19je pense que,
00:23:21un,
00:23:22les banques centrales
00:23:23n'ont pas l'outil
00:23:24qui leur permettrait
00:23:25de répondre
00:23:26à un choc d'offres.
00:23:27Et même si elles augmentent
00:23:28leur taux d'intérêt,
00:23:29elles font elles-mêmes
00:23:30un nouveau choc d'offres.
00:23:31C'est-à-dire que...
00:23:32les BCE viennent justement
00:23:34d'augmenter de 0,25
00:23:35son taux d'intérêt.
00:23:36Oui.
00:23:37Et donc,
00:23:37vous avez...
00:23:37Donc,
00:23:38les gens qui payent plus cher
00:23:39leur énergie
00:23:39vont en plus
00:23:40payer plus cher leur crédit.
00:23:41C'est-à-dire que...
00:23:42C'est une réponse
00:23:43qui est une réponse
00:23:44pavlovienne,
00:23:45mais qui est totalement inadaptée
00:23:46à la réalité.
00:23:48Mais là,
00:23:48vous nous faites un peu
00:23:49une réponse d'économiste,
00:23:51Jean-Marc Daniel,
00:23:52sur l'inflation.
00:23:53Les Français voient bien
00:23:54le prix à la pompe
00:23:55qui augmente,
00:23:56voient bien que le caddie,
00:23:58le prix du caddie
00:24:00a augmenté.
00:24:01Donc,
00:24:01est-ce que c'est
00:24:02la résultante directe
00:24:03de ce qui se passe
00:24:04au Moyen-Orient,
00:24:05ce à quoi on assiste
00:24:06depuis le début de l'année ?
00:24:08Oui, oui.
00:24:08Et même depuis
00:24:09la guerre en Ukraine.
00:24:10Tout le monde nous dit
00:24:11finalement,
00:24:12on ne reviendra jamais
00:24:13à la situation hantée.
00:24:16On reviendra...
00:24:18Enfin,
00:24:18ça dépend de certains produits,
00:24:19mais il y a des produits
00:24:20qui sont moins chers
00:24:20qu'ils n'étaient
00:24:21dans la situation hantée.
00:24:23Et encore une fois,
00:24:24c'est ce qu'on ne voyait pas
00:24:24dans les années 60-70.
00:24:26Mais je prends l'exemple
00:24:27du prix de l'essence,
00:24:28le prix juste avant
00:24:30le choc pétrolier,
00:24:31au moment où il y avait
00:24:32le pouvoir d'achat pétrolier
00:24:33le plus important
00:24:34dans les années 70.
00:24:35Je prends assez souvent
00:24:36cet exemple.
00:24:37Un litre d'essence
00:24:37en 1970,
00:24:38c'était un franc dix.
00:24:40si vous convertissez
00:24:42ça en euros d'aujourd'hui,
00:24:43ça fait un euro cinquante.
00:24:46Donc on peut considérer
00:24:47effectivement que l'essence
00:24:48a considérablement augmenté
00:24:49du fait des chocs pétroliers
00:24:50puis ensuite du fait
00:24:52de ces chocs géopolitiques.
00:24:55Mais si vous regardez
00:24:55en pouvoir d'achat,
00:24:57le SMIC de 1970,
00:24:58c'était trois francs trente.
00:25:00Donc avec une heure de SMIC,
00:25:02on achetait trois litres d'essence.
00:25:04Aujourd'hui,
00:25:05le SMIC est à 12 euros.
00:25:06Donc avec une heure de SMIC,
00:25:08si vous ne pouviez continuer
00:25:09à acheter que trois litres d'essence,
00:25:12l'essence devrait être
00:25:13à quatre euros.
00:25:14Et donc je pense
00:25:15qu'il y a toujours
00:25:19des gains de pouvoir d'achat.
00:25:20Alors en ce moment,
00:25:21ils sont plutôt
00:25:23même stabilisés.
00:25:24Mais si on regarde
00:25:25sur moyenne longue période,
00:25:26il y a eu énormément
00:25:27de gains de pouvoir d'achat.
00:25:28Le véritable enjeu...
00:25:30Excusez-moi,
00:25:30mais c'est quand même
00:25:31extrêmement délicat
00:25:32ce que vous êtes en train
00:25:33de nous expliquer.
00:25:34Oui, oui, oui.
00:25:35Les gens sont à deux doigts.
00:25:37Les gilets jaunes
00:25:37sont à deux doigts.
00:25:38Ils organisent
00:25:39une manifestation
00:25:39pour le 17 octobre.
00:25:41Mais vous êtes en train
00:25:42de nous dire
00:25:42qu'il y a des prix qui reculent
00:25:43et que finalement...
00:25:45Oui, moi je regarde,
00:25:47j'invite les gens
00:25:48à regarder
00:25:48sur les objets
00:25:49qu'ils avaient en franc,
00:25:51qu'ils ont encore,
00:25:52de regarder les prix
00:25:53qui étaient affichés à l'époque
00:25:54et de regarder
00:25:54ce que ça signifie
00:25:55en prix d'aujourd'hui.
00:25:56Encore une fois,
00:25:57vous prenez le SMIC,
00:25:58vous regardez
00:25:58à combien a été le SMIC
00:26:02il y a 10 ans,
00:26:0320 ans,
00:26:0330 ans,
00:26:04vous regardez
00:26:04à combien il est aujourd'hui,
00:26:05vous vous apercevez
00:26:06qu'il a gagné
00:26:06en pouvoir d'achat.
00:26:07Alors c'est un phénomène,
00:26:08encore une fois,
00:26:09je ne conteste pas
00:26:10le fait que les gens
00:26:10aient l'impression
00:26:12d'avoir des problèmes.
00:26:13Mais c'est un...
00:26:15Alors là aussi,
00:26:15je parle en économiste,
00:26:17mais un des économistes
00:26:18qui a le plus étudié ça,
00:26:19c'était Jean Fourastier,
00:26:20dont on a oublié le nom.
00:26:22Jean Fourastier
00:26:22n'est plus connu
00:26:23que pour avoir écrit
00:26:24un livre qui s'appelait
00:26:25Les 30 Glorieuses.
00:26:26Alors on a oublié
00:26:27que c'était lui
00:26:28qui était à l'origine
00:26:29de cette expression,
00:26:31qui est mondialisé,
00:26:32c'est-à-dire,
00:26:32vous allez dans des revues
00:26:34économiques américaines,
00:26:35on parle des 30 Glorieuses,
00:26:37sans savoir exactement
00:26:37qui a inventé ça.
00:26:38Et donc dans ce livre,
00:26:40qu'il faut relire,
00:26:41ou lire,
00:26:42peut-être même pour certains,
00:26:44à un moment donné,
00:26:44il fait un état des lieux
00:26:45sur la situation
00:26:46de pouvoir d'achat
00:26:47de la population
00:26:47au tout début et à la fin,
00:26:49et on pose la question
00:26:50aux gens,
00:26:51est-ce que vous arrivez
00:26:53à vivre décemment ?
00:26:54Et il dit en 1950,
00:26:56les gens disent
00:26:56il me manque 15% de revenus
00:26:58pour vivre décemment.
00:26:59Et en 1975,
00:27:01on leur pose la question,
00:27:02ils disent,
00:27:02il me manque 15% de revenus
00:27:04pour vivre décemment.
00:27:05Et il dit entre-temps,
00:27:07leur pouvoir d'achat
00:27:08a été multiplié par 3.
00:27:09Et donc,
00:27:10il y a effectivement
00:27:11une attente
00:27:12en termes de pouvoir d'achat
00:27:13et c'est ce que constatent
00:27:14beaucoup de gens en fait.
00:27:15Le problème,
00:27:16à l'heure actuelle,
00:27:16de l'économie,
00:27:17c'est pas tellement
00:27:17le pouvoir d'achat
00:27:18en tant que tel,
00:27:19mais c'est l'anticipation
00:27:20que l'on fait
00:27:21de son évolution
00:27:21de pouvoir d'achat.
00:27:22Vous prenez quelqu'un
00:27:23qui vit dans les années 60,
00:27:25il n'a pas de téléphone,
00:27:26il n'a pas de voiture,
00:27:27il n'est pas concerné
00:27:27par les problèmes
00:27:28de prix de l'essence,
00:27:29il a un appartement
00:27:30dans lequel il n'y a pas
00:27:31de salle de bain,
00:27:31il est chauffé au charbon.
00:27:33Mais il anticipe,
00:27:35parce qu'il le voit
00:27:36autour de lui,
00:27:36qu'un jour,
00:27:37il aura le chauffage central,
00:27:38il aura le téléphone,
00:27:39il aura une voiture.
00:27:40Vous prenez quelqu'un aujourd'hui,
00:27:41il n'anticipe pas vraiment
00:27:43une amélioration de sa vie.
00:27:44Et je crois que c'est ça
00:27:45qui est le vrai problème.
00:27:46Vous êtes en train
00:27:47de nous expliquer
00:27:47que la génération
00:27:48de Français d'aujourd'hui,
00:27:49au final,
00:27:50est une génération
00:27:51d'enfants gâtés
00:27:52qui se plait trop.
00:27:54Totalement.
00:27:55Vous allez avoir des ennuis
00:27:57quand vous allez vous promener
00:27:58dans la rue.
00:27:58Oui, mais non, non, non.
00:27:59Écoutez, ce qui est intéressant,
00:28:01c'est que les gens disent
00:28:02effectivement,
00:28:02le véritable problème,
00:28:03vous savez,
00:28:04il y a un personnage,
00:28:05peut-être que ça ne le satisfait pas
00:28:07que je le cite,
00:28:07qui est Antoine Fouché,
00:28:08qui a écrit un livre
00:28:09en disant que le travail
00:28:10ne le fait pas assez
00:28:11et qui défend en ce moment
00:28:13la TVA sociale.
00:28:14Et ce qu'il explique bien,
00:28:16c'est à partir
00:28:16des données objectives
00:28:17et des données à la fois
00:28:18de l'INSEE,
00:28:19mais aussi des documents
00:28:20de l'époque,
00:28:21qu'on n'a jamais eu
00:28:22autant de pouvoir d'achat
00:28:23qu'aujourd'hui.
00:28:23Le seul vrai problème,
00:28:25c'est l'anticipation
00:28:26de ce que ça va devenir.
00:28:27Et donc,
00:28:28le véritable enjeu,
00:28:29c'est effectivement,
00:28:31je pense,
00:28:31est-ce que nous sommes
00:28:32dans une société
00:28:33qui va,
00:28:33grâce à des gains
00:28:34de productivité
00:28:35liés à l'intelligence
00:28:36artificielle,
00:28:37de nouvelles technologies,
00:28:38qui va connaître
00:28:39un nouveau boom,
00:28:40une nouvelle période
00:28:41de 30 glorieuses,
00:28:42où est-ce qu'on va
00:28:43continuer à stagner ?
00:28:44Au rythme de la croissance
00:28:45actuelle,
00:28:460,7% par an,
00:28:48je mets de côté
00:28:49l'inflation,
00:28:50il faut 100 ans
00:28:51pour doubler le PIB,
00:28:53alors que dans les années 60,
00:28:5525 ans,
00:28:55on doubleait le PIB.
00:28:57Donc,
00:28:58si vous avez
00:28:59cette espèce de,
00:29:00ce que souffrent,
00:29:02ce dont souffrent les années,
00:29:02ce n'est pas
00:29:03d'un niveau absolu,
00:29:04c'est d'un mécanisme
00:29:05de stagnation.
00:29:06Et je crois que
00:29:07le véritable enjeu
00:29:08pour la société,
00:29:09c'est de sortir
00:29:10de la stagnation,
00:29:11de reprendre
00:29:11une dynamique.
00:29:12On a vu que
00:29:13la croissance française
00:29:15au deuxième trimestre
00:29:16est à zéro,
00:29:16c'est justement
00:29:17la stagnation
00:29:18dont vous parlez ?
00:29:19Oui,
00:29:19non,
00:29:20parce que zéro,
00:29:20c'est conjoncturel,
00:29:21le véritable enjeu,
00:29:22c'est la croissance tendancielle,
00:29:23la croissance d'autantime.
00:29:24Enfin,
00:29:24ça fait des années
00:29:25qu'on est à zéro
00:29:26et quelques.
00:29:27Oui,
00:29:270,7%.
00:29:28Je me souviens,
00:29:28vous êtes un européiste
00:29:30convaincu,
00:29:31selon mon souvenir,
00:29:32Jean-Marc Daniel,
00:29:33et je me souviens,
00:29:35j'étais jeune,
00:29:36mais je regardais
00:29:36des émissions encore
00:29:38il y a peu,
00:29:38on nous expliquait
00:29:39que l'Union européenne,
00:29:42telle que promis
00:29:43par Maastricht,
00:29:44serait la prospérité,
00:29:46serait le plein emploi,
00:29:47la croissance.
00:29:49Quel bilan
00:29:50faites-vous aujourd'hui
00:29:51des résultats
00:29:52de l'Union européenne ?
00:29:53Écoutez,
00:29:54sur le plan
00:29:54du plein emploi,
00:29:55il y a à peu près
00:29:56acquis,
00:29:57à part dans quelques pays.
00:29:58En France,
00:29:59ce n'est pas le cas.
00:29:59En France,
00:29:59ce n'est pas le cas.
00:30:00On est à plus de 8,
00:30:01là.
00:30:01On est à 8%.
00:30:02Vous avez un problème.
00:30:03Effectivement, oui.
00:30:06Les délocalisations...
00:30:07Ça, c'est une excellente chose,
00:30:08les délocalisations.
00:30:09Ah oui, alors ça...
00:30:10Je vais vous expliquer pourquoi
00:30:11si vous me donnez 30 secondes.
00:30:12Oui, bien sûr.
00:30:13Parce que le véritable problème
00:30:14de l'Europe,
00:30:15c'est que c'est une maison
00:30:17de retraite.
00:30:18Pour qu'il y ait de la croissance,
00:30:19pour qu'il y ait du dynamisme
00:30:20économique,
00:30:21il faut qu'il y ait de la jeunesse.
00:30:22Or, il n'y a plus de jeunesse
00:30:23en Europe.
00:30:24Est-ce qu'on a découragé
00:30:25les Français
00:30:25de faire des enfants ?
00:30:26Non, pas que les Français.
00:30:27Il n'y a plus d'enfants
00:30:28en Europe.
00:30:29De toute façon,
00:30:29il n'y a pas que les Français.
00:30:30Vous regardez la population
00:30:31de l'Italie,
00:30:32ça a une vitesse spectaculaire.
00:30:34Vous regardez la situation
00:30:35de l'Allemagne,
00:30:36c'est tout aussi spectaculaire.
00:30:38Et encore une fois,
00:30:38les pays de vieilles
00:30:39traditions catholiques
00:30:40comme l'Irlande ou l'Italie
00:30:41que l'on présentait
00:30:42comme ayant des pays
00:30:43et il y a une démographie
00:30:44préservée,
00:30:45sont les endroits
00:30:45où il y a le moins
00:30:46d'enfants maintenant.
00:30:47Et donc, l'Europe
00:30:49ne fait plus d'enfants.
00:30:50Donc, l'Europe est en train
00:30:50de devenir une maison de retraite.
00:30:52Et à partir de ce moment-là,
00:30:53il faut qu'elle se pose
00:30:54la question de savoir
00:30:55comment on fait les pays
00:30:56qui avaient anticipé
00:30:57cette évolution
00:30:58quand le plus typique,
00:30:59c'est le Japon.
00:31:00Vous regardez la situation
00:31:01du Japon,
00:31:03on désindustrialise le Japon
00:31:04à grande vitesse
00:31:04parce qu'il n'y a personne
00:31:05à mettre dans les usines.
00:31:06Et pourtant,
00:31:07le Japon accumule les revenus.
00:31:09Pourquoi ?
00:31:10Parce qu'il a placé son argent
00:31:11dans les pays jeunes.
00:31:13C'est-à-dire que,
00:31:14vous vouliez qu'on parle,
00:31:15je crois,
00:31:15de Mme von der Leyen
00:31:16et d'un discours sur l'épargne
00:31:18et tout ça.
00:31:18– Oui, on va y venir.
00:31:19– Oui.
00:31:19Et donc, l'Europe
00:31:21est une réserve d'épargne colossale.
00:31:23L'Europe est l'endroit
00:31:24où il y a le plus d'excédents commerciaux
00:31:25et donc d'excédents
00:31:26de balance des paiements courants
00:31:27au monde avec la Chine.
00:31:28Et en Europe,
00:31:29c'est des vrais chiffres
00:31:30alors qu'en Chine,
00:31:31on peut avoir des doutes
00:31:32sur la sincérité
00:31:34du service statistique.
00:31:35On peut avoir des doutes.
00:31:37J'ai quelques doutes,
00:31:38mais bon,
00:31:40c'est-à-dire que,
00:31:41quand même,
00:31:41la question fondamentale,
00:31:43c'est que la Chine
00:31:44a plus d'excédents
00:31:45que le reste du monde
00:31:46n'a de déficit.
00:31:47Au niveau de la planète,
00:31:48il faut que les excédents
00:31:50des uns
00:31:50se retrouvent
00:31:51dans le déficit des uns.
00:31:52Il y a un moment
00:31:53où il y a quelque chose
00:31:54qui ne fonctionne pas.
00:31:55Soit on est plus en déficit,
00:31:57soit ils sont moins en excédents
00:31:58que ce qu'ils ne prétendent.
00:31:59Mais je reviens à l'Europe.
00:32:00L'Europe est l'endroit
00:32:01où il y a le plus d'excédents
00:32:02d'épargne,
00:32:03d'excédents extérieurs.
00:32:04Parce qu'un excédent d'épargne,
00:32:06ça se mesure
00:32:06par les comptes extérieurs,
00:32:07par l'excédent
00:32:08de balance des paiements courants.
00:32:10Et pourquoi il y a
00:32:10un tel excédent ?
00:32:11Parce qu'on ne va pas
00:32:13investir en Europe.
00:32:14Investir en Europe,
00:32:15on va mettre qui
00:32:16dans les usines ?
00:32:17Il n'y a plus personne.
00:32:18Et donc,
00:32:19il faut faire comme
00:32:20les Japonais.
00:32:20Les Japonais,
00:32:21ils vivent des usines
00:32:22qu'ils ont acquises,
00:32:24construites,
00:32:25faites vivre en Indonésie,
00:32:26en Inde,
00:32:27dans les pays jeunes.
00:32:29La croissance mondiale,
00:32:30vous avez trois pays au monde
00:32:31qui ont plus de 6% de croissance
00:32:33en ce moment,
00:32:34sur cette année.
00:32:34C'est l'Inde,
00:32:35l'Indonésie et la Côte d'Ivoire.
00:32:37C'est là qu'il faut aller.
00:32:39Nous,
00:32:39on restera toujours
00:32:40à 0,7%.
00:32:42Sauf...
00:32:42Oui, mais pourquoi
00:32:43sous les 30 glorieuses,
00:32:45la France avait
00:32:47une grande croissance
00:32:48et des industries
00:32:49qui fonctionnaient.
00:32:50Ça arrangeait tout le monde.
00:32:52Non, non.
00:32:52Pourquoi elle avait
00:32:53cette situation ?
00:32:54Elle avait cette situation
00:32:55parce qu'elle avait des jeunes.
00:32:56Elle avait une pyramide des âges.
00:32:58C'était une pyramide des âges
00:32:59quasiment indienne.
00:33:01Ensuite,
00:33:01ces jeunes,
00:33:02elle a géré
00:33:03un exode rural.
00:33:04Et si vous regardez
00:33:05historiquement,
00:33:06la croissance économique
00:33:06s'est faite justement
00:33:08par l'émergence
00:33:09d'une population jeune
00:33:10quittant la campagne
00:33:11pour aller dans...
00:33:13Et le gros problème,
00:33:14d'ailleurs,
00:33:15non pas pour la France,
00:33:16mais le gros problème
00:33:17pour des pays comme l'Inde
00:33:18et l'Afrique,
00:33:19c'est où on distribue,
00:33:22où on envoie
00:33:22ces exodes rurales.
00:33:24Cet été,
00:33:24j'invite les auditeurs
00:33:26et les spectateurs
00:33:26à vérifier,
00:33:27à regarder ce qui s'est passé
00:33:28en Inde, justement.
00:33:29Le ministre de l'Éducation
00:33:30a démissionné
00:33:32à la suite d'événements
00:33:33qui rappelaient un peu
00:33:34mai 68 en Europe.
00:33:36Pourquoi ?
00:33:36Parce que...
00:33:38Et c'était la même chose
00:33:39qui s'était passée
00:33:40l'année précédente
00:33:41au Bangladesh.
00:33:42Les autorités
00:33:43ne veulent pas
00:33:44que les gens
00:33:45qui arrivent de la campagne,
00:33:46une fois qu'ils ont des diplômes,
00:33:48aillent dans la fonction publique.
00:33:49Ils veulent qu'ils aillent
00:33:50dans des secteurs
00:33:51beaucoup plus productifs.
00:33:53Et donc,
00:33:54si l'Inde
00:33:54fait de sa jeunesse
00:33:55des fonctionnaires,
00:33:56l'Inde ne connaîtra pas
00:33:57la croissance.
00:33:58Si l'Inde fait de sa jeunesse
00:33:59des ingénieurs et tout ça,
00:34:01elle connaîtra
00:34:01les temps glorieux
00:34:02que nous avons connus
00:34:03dans les années 60.
00:34:04– La politique nataliste
00:34:05n'est pour le moins
00:34:06pas du tout
00:34:07encouragée en France.
00:34:10Vous semblez fataliste
00:34:11sur la pyramide
00:34:13des âges françaises.
00:34:14– Oui.
00:34:14– Il y a une fatalité
00:34:16au fait que les...
00:34:16– Oui, oui.
00:34:18Là aussi,
00:34:18je pense que
00:34:20c'est une illusion
00:34:21de croire
00:34:21qu'on puisse
00:34:23prédéterminer
00:34:24l'évolution de la population
00:34:25par des politiques natalistes.
00:34:26On le voit bien.
00:34:27– Donc,
00:34:27les gens qui nous ont expliqué
00:34:29en 1992
00:34:30que l'Union européenne
00:34:32était un projet d'avenir,
00:34:34de croissance
00:34:34et de plein emploi
00:34:35nous ont menti alors.
00:34:36Parce qu'ils connaissaient
00:34:37la pyramide des âges
00:34:38à l'époque.
00:34:39– Oui, oui.
00:34:40Non, non.
00:34:40C'est pas du tout.
00:34:42L'Union européenne
00:34:43par rapport à cette situation
00:34:44qui ne dépend pas
00:34:45de l'Union européenne.
00:34:46Encore une fois,
00:34:46ce n'est pas Bruxelles
00:34:47qui gère les maternités.
00:34:49Ce n'est pas Bruxelles
00:34:50qui organise
00:34:52la vie quotidienne
00:34:52de la population.
00:34:54– Mais les grandes...
00:34:55les grandes politiques
00:34:56d'économie,
00:34:57les fameuses GOPÉ
00:34:59sont bien impulsées
00:35:00à Bruxelles.
00:35:01– Oui, j'entends bien.
00:35:02Mais toutes ces politiques,
00:35:03encore une fois,
00:35:03n'ont pas de...
00:35:04Heureusement
00:35:05qu'on n'est pas
00:35:06dans un État
00:35:07où chaque élément
00:35:09de notre vie quotidienne
00:35:10est décidé
00:35:10par des fonctionnaires.
00:35:11Ça n'a pas de conséquences
00:35:13sur le comportement général
00:35:15de la population.
00:35:16Et encore une fois,
00:35:16vous regardez,
00:35:17ça concerne
00:35:18tout le continent européen
00:35:19mais ça concerne aussi
00:35:19le Japon.
00:35:20Ça concerne la Corée.
00:35:21Mais il y a un petit
00:35:22redressement en Corée
00:35:23qui est lié
00:35:24à des mécanismes
00:35:25et là aussi
00:35:26de décalage
00:35:26dans le temps
00:35:27du moment
00:35:27où les femmes
00:35:28ont des enfants.
00:35:29Mais vous regardez,
00:35:30ça concerne aussi
00:35:31certains États
00:35:31des États-Unis.
00:35:33Le Nord,
00:35:33ce des peuples,
00:35:34et d'ailleurs,
00:35:35vous avez des projections
00:35:36démographiques,
00:35:37indépendamment
00:35:37de l'Union européenne,
00:35:39de l'euro et tout ça,
00:35:40vous avez des gens
00:35:41qui en soient dire
00:35:41qu'on sera 4 milliards
00:35:42d'habitants
00:35:42à la surface de la planète
00:35:43dans un siècle.
00:35:45On est 8 milliards
00:35:45en ce moment.
00:35:46Au moment où
00:35:47on a commencé
00:35:48véritablement à faire
00:35:49des projections démographiques
00:35:50au niveau des Nations Unies
00:35:52dans les années 50-60,
00:35:53on a anticipé
00:35:54qu'on irait
00:35:54jusqu'à 12 milliards
00:35:55d'habitants
00:35:55sur la surface
00:35:56de la planète.
00:35:57On est 8 milliards,
00:35:58il est probable
00:35:58qu'on n'atteindra
00:35:59jamais les 10 milliards.
00:36:01Justement,
00:36:02sur l'épargne
00:36:03des Européens,
00:36:04c'était Ursula
00:36:05Van der Leyen
00:36:06qui a encore placé
00:36:07l'Union de l'épargne
00:36:08et de l'investissement
00:36:09au cœur de son discours
00:36:11sur l'état de l'Union,
00:36:13elle explique que l'Europe
00:36:14dispose d'un immense
00:36:16réservoir d'épargne
00:36:17mais qu'il faut davantage
00:36:18orienter cette épargne
00:36:19vers l'investissement européen.
00:36:22Pourquoi Bruxelles
00:36:23veut-elle désormais
00:36:24mobiliser davantage
00:36:25l'épargne des Européens ?
00:36:27C'est quoi le projet ?
00:36:28Le projet,
00:36:29c'est de constater
00:36:29effectivement que l'Europe,
00:36:31pas la France,
00:36:32la France est en manque
00:36:33d'épargne.
00:36:34Parce que pour avoir
00:36:35de l'épargne,
00:36:35il faut travailler.
00:36:37La France est en manque
00:36:38de travail,
00:36:38donc en manque d'épargne.
00:36:40Mais l'Union Européenne,
00:36:41encore une fois,
00:36:41de l'épargne,
00:36:42je rappelle,
00:36:43c'est ce que j'ai déjà dit
00:36:44dans cette émission,
00:36:44mais l'épargne globale,
00:36:46ça se mesure au sol
00:36:47de la balance
00:36:48des paiements courants.
00:36:49Et donc,
00:36:50on est le principal excédent
00:36:51de la balance
00:36:51des paiements courants
00:36:52avec la Chine
00:36:53à la surface de la planète.
00:36:54Et en revanche,
00:36:55le principal déficit,
00:36:57ce sont les États-Unis.
00:36:58D'ailleurs,
00:36:59c'est une des raisons
00:36:59pour lesquelles
00:37:00Trump essaie
00:37:01de faire du protectionnisme.
00:37:04Le but du protectionnisme
00:37:05de l'administration Trump,
00:37:07c'est de baisser
00:37:07le pouvoir d'achat
00:37:08des Américains
00:37:09de façon à ce qu'ils
00:37:10réduisent leur consommation.
00:37:11Parce que les droits de douane,
00:37:13c'est des impôts
00:37:13que paient les Américains.
00:37:14Et donc,
00:37:15quand il dit,
00:37:16j'ai ramassé
00:37:17120 milliards
00:37:18de droits de douane
00:37:20pour l'Amérique,
00:37:20il l'a ramassé
00:37:21sur le dos de l'Amérique.
00:37:23Les 120 milliards
00:37:24de droits de douane,
00:37:25c'est...
00:37:25– Mais en protégeant
00:37:26aussi des emplois.
00:37:27– L'intérêt des droits de douane,
00:37:29ça n'est pas
00:37:30de protéger
00:37:31les industries
00:37:32susceptibles
00:37:32d'être concurrencées
00:37:33par l'extérieur ?
00:37:34– J'entends bien,
00:37:35mais l'intérêt,
00:37:35normalement,
00:37:36d'une société,
00:37:37ce n'est pas
00:37:38l'emploi pour l'emploi,
00:37:39c'est l'emploi
00:37:40pour son efficacité.
00:37:41C'est de réaliser,
00:37:43effectivement,
00:37:45le bien-être
00:37:45de la population
00:37:46en lui donnant
00:37:46un maximum
00:37:47de pouvoir d'achat.
00:37:48C'est-à-dire,
00:37:48en orientant
00:37:49son activité
00:37:50vers les emplois
00:37:51les plus productifs.
00:37:52Je pense que
00:37:53quand il essaie
00:37:54de sauver
00:37:54la sidérurgée
00:37:55aux États-Unis,
00:37:56il pénalise
00:37:57les États-Unis
00:37:58parce qu'on peut
00:37:59faire autre chose
00:38:00que la sidérurgie
00:38:00aux États-Unis.
00:38:02Et d'ailleurs,
00:38:02certains de ses prédécesseurs,
00:38:04je rappelle assez souvent
00:38:05sur la sidérurgie
00:38:06que Clinton avait fait campagne
00:38:07en disant
00:38:08je fermerai
00:38:09les usines sidérurgiques
00:38:10parce que l'enjeu,
00:38:11ce n'est pas
00:38:11que les Américains
00:38:12soient sidérurgistes,
00:38:13c'est que les Américains
00:38:14aient un travail lucratif.
00:38:17Et donc,
00:38:17il faut avoir
00:38:18un travail lucratif,
00:38:18pas un travail protégé.
00:38:20Je reviens à l'Europe.
00:38:22L'Europe a énormément
00:38:22d'épargne.
00:38:23Et donc,
00:38:23effectivement,
00:38:23il y a un double enjeu
00:38:24sur cette épargne.
00:38:26Qu'est-ce qu'on en fait
00:38:28et où on l'utilise ?
00:38:29Alors,
00:38:30qu'est-ce qu'on en fait ?
00:38:31La grande critique,
00:38:32c'est qu'on en fait
00:38:32beaucoup du financement
00:38:33des États.
00:38:34C'est-à-dire que
00:38:35c'est le cas en France,
00:38:37c'est le cas en Italie,
00:38:38c'est le cas…
00:38:38Bon,
00:38:39et donc,
00:38:39il y a une première priorité,
00:38:41c'est ce que dit d'ailleurs
00:38:41pas que Mme Mandarien,
00:38:44la présidente,
00:38:44la directrice générale
00:38:46du FMI,
00:38:46le dit aussi.
00:38:47Elle est européenne,
00:38:48par ailleurs,
00:38:48elle est bulgare,
00:38:49mais bon,
00:38:50elle dit aussi…
00:38:51– Cristalina Georgieva.
00:38:52– Oui,
00:38:52exactement,
00:38:53Cristalina Georgieva.
00:38:54Donc,
00:38:55elle dit aussi,
00:38:56il y a un problème
00:38:56de gaspillage de l'épargne
00:38:57par le financement
00:38:58et donc là,
00:38:59je crois qu'on peut être d'accord
00:39:00sur le fait que
00:39:01payer les 100 000 fonctionnaires
00:39:03des collectivités territoriales
00:39:04qui pourraient travailler plus,
00:39:08c'est aberrant.
00:39:09Et donc,
00:39:10la deuxième question,
00:39:10c'est où on met cette épargne ?
00:39:12Et donc,
00:39:12si vous relisez
00:39:13le rapport Draghi,
00:39:15il y a une interrogation
00:39:16dans le rapport Draghi
00:39:17sur la façon
00:39:19dont on peut associer
00:39:20l'Union européenne
00:39:21à l'intelligence artificielle,
00:39:23aux inventions,
00:39:24aux nouvelles technologies.
00:39:26– Il y a la défense aussi.
00:39:27– Alors,
00:39:27il y a la défense
00:39:28et puis…
00:39:29– Est-ce que
00:39:29cette épargne
00:39:30doit aussi
00:39:32financer
00:39:33une éventuelle
00:39:34guerre contre la Russie ?
00:39:35On voit bien
00:39:36l'effort
00:39:37de l'Union européenne
00:39:38à vouloir soutenir
00:39:39à bout de bras
00:39:39cette Ukraine.
00:39:41Je crois que
00:39:41c'est 190 millions
00:39:42de dollars par jour
00:39:44ce que coûte
00:39:45la guerre en Ukraine
00:39:46aux Européens.
00:39:47– Oui,
00:39:48alors,
00:39:49l'aspect
00:39:50guerre en Ukraine
00:39:51et tout ça,
00:39:53objectivement,
00:39:53c'est quand même
00:39:53les Russes qui ont attaqué
00:39:54après qu'on n'en choisit
00:39:56– Moi,
00:39:56je croyais que c'était Kiev
00:39:57qui avait commencé
00:39:58à bombarder le Donbass
00:39:59en premier.
00:39:59– Oui,
00:40:00oui.
00:40:01– Ce qui a incité
00:40:01légèrement
00:40:03Poutine
00:40:03à défendre
00:40:04les russophones
00:40:05d'Ukraine.
00:40:06– Oui,
00:40:06et puis il nous explique
00:40:07aussi qu'en Estonie
00:40:08il va défendre
00:40:08les russophones
00:40:09et puis en Pologne aussi.
00:40:10– Mais c'est bien
00:40:11le cas quand même
00:40:12que la guerre civile
00:40:13a éclaté
00:40:15en Ukraine
00:40:16et que Kiev
00:40:17a quand même fait
00:40:18il a tiré
00:40:19sur le Donbass.
00:40:20– Oui,
00:40:20ils ont commencé
00:40:21les russes
00:40:21à s'intéresser
00:40:22au Donbass
00:40:22quand le pouvoir
00:40:24à Kiev
00:40:25n'était plus
00:40:26entre les mains
00:40:26d'anciens oligarques
00:40:27qui étaient
00:40:28dans le réseau
00:40:30issu de l'Union soviétique.
00:40:31– La guerre n'avait pas
00:40:32commencé.
00:40:33– Oui,
00:40:33je ne vais pas rentrer
00:40:34là-dedans,
00:40:35ça ne s'est pas
00:40:36de l'économie,
00:40:36c'est de la géopolitique.
00:40:37– C'est de la géopolitique.
00:40:38– Alors après,
00:40:38effectivement,
00:40:40je ne veux pas caricaturer
00:40:42ni dire
00:40:42est-ce qu'il faut mourir
00:40:44pour dancing ou pas ?
00:40:44C'est toujours
00:40:45la même question.
00:40:46– Et le réarmement
00:40:46alors ?
00:40:47– Alors le réarmement,
00:40:48oui,
00:40:48le réarmement,
00:40:49d'abord,
00:40:50effectivement,
00:40:50moi je pense que
00:40:52derrière ce mot,
00:40:53il y a une vraie question
00:40:54là aussi politique,
00:40:54c'est-à-dire on s'arme
00:40:55contre une menace.
00:40:56Donc quelle est la menace ?
00:40:58Donc pour vous,
00:40:59vous considérez
00:40:59que ce n'est pas Poutine,
00:41:00certains considèrent
00:41:00que c'est Poutine,
00:41:01mais il y a d'autres menaces.
00:41:03Le véritable enjeu,
00:41:04c'est d'identifier la menace.
00:41:05Bon,
00:41:06la deuxième chose,
00:41:06c'est que l'armée,
00:41:08la défense,
00:41:08c'est quelque chose
00:41:09qui est quelque chose
00:41:10de structurel
00:41:11et donc qui ne relève pas
00:41:12de la dette publique,
00:41:12qui ne relève pas
00:41:13de l'épargne,
00:41:14qui relève de l'impôt.
00:41:15Donc je trouve
00:41:16qu'il y a une sorte
00:41:17d'erreur à vouloir dire
00:41:19qu'on va utiliser l'épargne
00:41:21pour fabriquer des armes.
00:41:22Il faut demander,
00:41:23si on considère
00:41:24que les gens sont menacés,
00:41:26quand on regarde
00:41:26les budgets militaires
00:41:27de la France
00:41:28entre 1870,
00:41:29après 1875 et 1914,
00:41:32le budget était équilibré
00:41:34et les dépenses militaires
00:41:35étaient élevées
00:41:35et le pays était armé.
00:41:37Il a tenu en 1918
00:41:39parce qu'il était armé.
00:41:40Parce qu'effectivement,
00:41:41ça faisait partie
00:41:41des prérogatives de l'État
00:41:43sur la base
00:41:43de la logique de l'impôt
00:41:45qui est un moyen
00:41:45de financer l'État.
00:41:46En revanche,
00:41:48financer,
00:41:49effectivement,
00:41:49contribuer par l'épargne
00:41:50et pas par l'action publique,
00:41:53mais mettre à la disposition
00:41:54des entreprises
00:41:55les moyens financiers
00:41:56d'innover et tout ça,
00:41:57c'est à ça qu'il faut
00:41:58effectivement s'atteler.
00:41:59Sauf que,
00:42:00je maintiens,
00:42:01les entreprises
00:42:02qui sont innovantes
00:42:03et les entreprises
00:42:04qui n'ont pas besoin
00:42:05forcément d'être localisées
00:42:07en Europe,
00:42:08la croissance,
00:42:09elle va être dans des endroits
00:42:10où il y a de la dynamique,
00:42:12de la jeunesse.
00:42:13Je pense que nous sommes
00:42:14plus proches,
00:42:15normalement,
00:42:15d'un modèle nippon
00:42:16que d'un modèle
00:42:20des Trente Glorieuses.
00:42:21Il faut aller.
00:42:22Et donc,
00:42:22une de mes obsessions,
00:42:24c'est de dire
00:42:24l'avenir va se jouer,
00:42:26de l'Europe va se jouer
00:42:27à Mumbai
00:42:27et pas à Bruxelles.
00:42:29si nous sommes capables
00:42:30effectivement
00:42:30d'être propriétaires
00:42:31des usines
00:42:32qui sont en train
00:42:32d'apparaître à Mumbai,
00:42:34il y a en ce moment
00:42:35le premier réseau
00:42:36de chemin de fer au monde,
00:42:38c'est le réseau
00:42:38de chemin de fer indien.
00:42:40Il est à vendre.
00:42:43Les autorités indiennes
00:42:44ont dit,
00:42:45on va privatiser.
00:42:46Ils se sont tournés
00:42:47vers les Japonais,
00:42:48vers les Européens.
00:42:50Les Japonais sont là.
00:42:51Donc,
00:42:52vous encouragez,
00:42:52en fait,
00:42:53Jean-Marc Daniel,
00:42:53toute la jeunesse de France
00:42:55à aller travailler
00:42:56hors de son pays ?
00:42:58Non,
00:42:59non,
00:42:59j'encourage la jeunesse
00:43:00de France
00:43:00à rester ici.
00:43:01Et j'encourage
00:43:02la jeunesse de France.
00:43:03Et à faire quoi,
00:43:04du coup ?
00:43:04Ah,
00:43:04écoutez,
00:43:05on forme je ne sais
00:43:06combien d'ingénieurs,
00:43:07pas assez d'ailleurs,
00:43:08et ces ingénieurs,
00:43:09qui plus est,
00:43:10ils sont encore recherchés
00:43:11au niveau mondial,
00:43:12mais ils sont aussi
00:43:13recherchés par les entreprises françaises.
00:43:15Donc,
00:43:15ils travaillent
00:43:16dans des entreprises françaises.
00:43:18On a besoin de start-up,
00:43:19on a besoin,
00:43:19mais on n'a pas besoin
00:43:20de gens qui travaillent
00:43:21dans des usines automobiles
00:43:22ou dans des usines sidérurgiques.
00:43:24On a besoin de gens
00:43:25qui fassent des programmes
00:43:26d'intelligence artificielle.
00:43:27On a besoin de gens
00:43:28qui répondent,
00:43:29effectivement,
00:43:30à cette mutation colossale
00:43:32que va être
00:43:32l'apport de l'intelligence artificielle.
00:43:33Justement,
00:43:34parlez-nous
00:43:34de cette mutation colossale
00:43:36en cours.
00:43:37Je recevais encore,
00:43:38il y a quelques jours,
00:43:39Pierre-Alexandre Ponant
00:43:39qui pense,
00:43:41estime que jusqu'à 75%
00:43:44des métiers actuels
00:43:45vont disparaître
00:43:46d'ici quelques années.
00:43:48quand le travail
00:43:49va être réparti,
00:43:51est-ce qu'il faut,
00:43:52à qui appartiendront
00:43:54les machines ?
00:43:55Est-ce que la population
00:43:57vivra sous un crédit social
00:43:58parce qu'ils seront tous
00:43:59au chômage technologique ?
00:44:01Oui, oui.
00:44:01On nous a raconté ça aussi
00:44:03quand les paysans
00:44:04ont commencé
00:44:04à quitter la Terre.
00:44:05Vous savez,
00:44:05c'est la Terre
00:44:06qui ne ment pas.
00:44:07Là, maintenant,
00:44:07c'est l'usine
00:44:08qui ne ment pas.
00:44:09Et puis,
00:44:09s'ils quittent l'usine,
00:44:11si on ferme
00:44:12le textile à Rouen
00:44:13ou à Troyes,
00:44:14c'est dramatique.
00:44:14Qu'est-ce qu'ils vont devenir ?
00:44:16Alors, effectivement,
00:44:16il va y avoir des métiers
00:44:18qui vont disparaître
00:44:19mais très rapidement.
00:44:20Et face à ça,
00:44:21chaque fois que vous avez
00:44:22des métiers qui disparaissent,
00:44:23il y a des luddites,
00:44:24des gens qui se révoltent
00:44:25pour essayer
00:44:26de préserver leur emploi.
00:44:27Donc, on assiste à ça
00:44:28en ce moment.
00:44:29Vous avez un discours
00:44:30sur l'intelligence artificielle
00:44:31qui consiste à dire
00:44:32que ça va menacer
00:44:33jusqu'à l'existence même
00:44:34de l'humanité.
00:44:36On m'a raconté
00:44:36la même chose
00:44:37au XIXe siècle
00:44:38sur les chemins de fer.
00:44:39Il y a un texte célèbre
00:44:40de Arago
00:44:40qui était le grand physicien
00:44:42de la monarchie de Juillet
00:44:43disant qu'au-delà
00:44:44de 50 km heure,
00:44:46le corps humain
00:44:46exploserait.
00:44:47Donc, le chemin de fer
00:44:48va conduire
00:44:49à la destruction des hommes
00:44:50par une espèce d'hubris
00:44:52à vouloir aller
00:44:53de plus en plus vite.
00:44:55Donc, il y a un enjeu
00:44:56qui va être un enjeu politique
00:44:57sur la gestion des luddites.
00:44:59Et donc, les luddites,
00:45:00c'est qui ?
00:45:00C'est les avocats,
00:45:02les médecins,
00:45:02les professeurs.
00:45:03– Les économistes,
00:45:04les journalistes.
00:45:05– Ah oui, les journalistes.
00:45:05Tous ces gens-là
00:45:06vont se révolter
00:45:08parce qu'effectivement,
00:45:09leur métier va disparaître.
00:45:10Ça, c'est clair.
00:45:11La deuxième chose,
00:45:12c'est que comment est-ce
00:45:14qu'on va distribuer
00:45:15du pouvoir d'achat ?
00:45:16Comment est-ce qu'on va...
00:45:16Et je pense qu'on va assister...
00:45:18Alors, on parle d'inflation,
00:45:19on va assister à une phase
00:45:20de déflation colossale
00:45:22parce que les prix issus...
00:45:24– Rappelez-nous
00:45:24ce que c'est la déflation.
00:45:25– C'est la baisse des prix.
00:45:26– Voilà.
00:45:26– C'est la baisse des prix.
00:45:27Et vous le voyez bien,
00:45:29c'est-à-dire que dans le traitement
00:45:30de l'information,
00:45:32que vous partagiez une information,
00:45:34que vous accédez à une information,
00:45:35ça ne prive personne d'autre
00:45:36de cette information.
00:45:37Si vous achetez cette case célèbre
00:45:39en économie,
00:45:40si vous achetez un pain,
00:45:40il n'y a que vous qui...
00:45:41Il y a quelqu'un
00:45:42qui aurait pu vouloir ce pain
00:45:44et qui ne l'aura pas
00:45:45parce que vous,
00:45:45vous l'avez acheté.
00:45:46En revanche,
00:45:47si vous accédez à une information,
00:45:48tout le monde peut accéder
00:45:49à cette même information
00:45:50sans que vous en soyez privé.
00:45:52La conséquence de ça,
00:45:53c'est qu'il y a tout un tas
00:45:54de choses qui sont
00:45:55potentiellement gratuites.
00:45:56Et on le voit d'ailleurs
00:45:57dans l'évolution
00:45:58de la façon dont...
00:45:59– Oui, j'ai ma professeure
00:46:00d'économie qui nous expliquait
00:46:01justement que rien
00:46:02n'est jamais gratuit
00:46:03sur cette Terre.
00:46:03– Oui, mais justement,
00:46:04voilà.
00:46:04Et justement,
00:46:05parce que...
00:46:05Pourquoi elle vous expliquait ça ?
00:46:06Elle avait raison.
00:46:07– D'ailleurs,
00:46:08on me la salue,
00:46:08Madame Chabin.
00:46:09– Vous pouvez la saluer,
00:46:11elle avait raison.
00:46:11Parce qu'elle vous expliquait
00:46:12le modèle qu'on appelle
00:46:14le modèle d'équilibre valoratien
00:46:15dans lequel, effectivement,
00:46:17il y a des rendements décroissants.
00:46:18C'est-à-dire que ça coûte
00:46:20de plus en plus cher
00:46:21de produire
00:46:21parce que, effectivement,
00:46:23la Terre
00:46:24est de moins en moins fertile,
00:46:25les machines s'usent,
00:46:27les hommes sont
00:46:27de moins en moins compétents,
00:46:29donc il y a des rendements décroissants.
00:46:30L'économie de l'intelligence artificielle
00:46:33est un rendement croissant.
00:46:35Donc, votre professeure d'économie
00:46:37va être obligée
00:46:37de rajouter à son cours,
00:46:40elle va faire continuer
00:46:41à son cours
00:46:41rendement décroissant,
00:46:42en disant, voilà,
00:46:43rien n'est gratuit,
00:46:44il n'y a pas...
00:46:45There is no free lunch.
00:46:46Et puis ensuite,
00:46:47un endroit où elle dira,
00:46:48oui, mais il y a maintenant
00:46:49une économie
00:46:49du rendement croissant.
00:46:50Et vous le voyez au quotidien,
00:46:52on parle des journaux
00:46:53et tout ça.
00:46:55Maintenant,
00:46:55les journaux
00:46:56et tout un tas d'activités
00:46:58sont sur la base
00:46:59de l'abonnement.
00:47:00C'est-à-dire,
00:47:01quand vous allez consulter
00:47:02le site d'un journal,
00:47:03il vous dit,
00:47:04si vous voulez accéder
00:47:05à cet article,
00:47:07il faut être abonné.
00:47:08C'est-à-dire qu'on vous facture
00:47:10votre communication téléphonique.
00:47:12Dans les années 60,
00:47:13c'était temps de la minute.
00:47:16Votre communication téléphonique,
00:47:17maintenant,
00:47:17c'est un abonnement.
00:47:19Donc, on va avoir
00:47:20un mécanisme
00:47:21qui va être de plus en plus
00:47:22un mécanisme d'abonnement.
00:47:23Donc, de modification
00:47:24du rapport au prix,
00:47:26de modification du rapport
00:47:26au pouvoir d'achat
00:47:27et de modification
00:47:28du rapport de la consommation.
00:47:30Ensuite,
00:47:31il va y avoir
00:47:31de nouveaux métiers
00:47:32qui vont apparaître,
00:47:33en particulier,
00:47:34à partir du moment
00:47:35où c'est du traitement
00:47:36de l'information.
00:47:38Les gens qui ont été
00:47:39des 75% de gens
00:47:40dont le métier
00:47:41aura disparu,
00:47:42il va falloir qu'ils apparaissent
00:47:43dans deux types de fonctions.
00:47:45Des fonctions de vérification
00:47:47et des fonctions
00:47:48de ce qu'on appelait
00:47:51dans les années 60-70
00:47:52l'économie spectacle.
00:47:53C'est-à-dire la capacité
00:47:54des individus
00:47:55à faire partager,
00:47:57commenter,
00:47:58agréer l'information
00:47:59qu'on leur apporte.
00:48:01L'avenir,
00:48:01c'est le théâtre.
00:48:03L'avenir,
00:48:04ce n'est pas la sidérurgie.
00:48:06C'est la capacité
00:48:07à mobiliser les gens
00:48:08autour d'une information
00:48:09et à partager cette information.
00:48:10Est-ce que la sidérurgie
00:48:12sera entre les mains
00:48:13des robots
00:48:13et de l'intelligence artificielle ?
00:48:15Parce que la scie
00:48:15sera fabriquée
00:48:16par des robots.
00:48:17En revanche,
00:48:19jouer le sid,
00:48:22il y aura des robots.
00:48:23Mais ça ne nous intéressera pas.
00:48:25Vous regardez,
00:48:26si vous regardez le sport...
00:48:28L'humain va être forcé
00:48:29d'être encore plus humain.
00:48:31Exactement.
00:48:33Exactement.
00:48:35On est quand même
00:48:36dans une situation
00:48:37assez exceptionnelle
00:48:38avec une dette
00:48:39qui explose en France
00:48:42qui menace
00:48:42pour certains économistes
00:48:45la zone euro
00:48:46d'explosion.
00:48:47On a des déficits
00:48:48qui explosent,
00:48:48on a des guerres.
00:48:50Mais vous,
00:48:51Jean-Marc Daniel,
00:48:51vous semblez inexorablement
00:48:54optimiste.
00:48:54Oui, oui.
00:48:55C'est-à-dire...
00:48:55Pourquoi vous n'êtes pas
00:48:56pessimiste comme tout le monde ?
00:48:57Oui.
00:48:57Alors, d'abord,
00:48:58je ne suis pas le seul
00:48:59à être optimiste.
00:49:00C'est-à-dire que
00:49:00sur l'intelligence artificielle
00:49:02et tout ça,
00:49:02vous avez un vrai débat.
00:49:03Effectivement,
00:49:04vous avez des économistes.
00:49:05Si je prends les deux
00:49:06prix Nobel,
00:49:06celui de 2025
00:49:08et celui de 2024,
00:49:09on attend donc celui de 2026
00:49:10dans quelques semaines.
00:49:12Donc, en 2025,
00:49:13c'était Philippe Aguillon.
00:49:15Enfin, ils étaient trois,
00:49:16mais il y avait notre ami
00:49:17Philippe Aguillon dans les deux.
00:49:18Et en 2024,
00:49:19il y avait
00:49:20Daron Assemo-Glou.
00:49:21Ils étaient plusieurs aussi,
00:49:22mais il y avait
00:49:22Daron Assemo-Glou.
00:49:24Pourquoi je pense
00:49:24à ces deux personnages ?
00:49:25Parce que Daron Assemo-Glou
00:49:27disait, écoutez,
00:49:27l'intelligence artificielle,
00:49:29c'est un leurre.
00:49:30L'intelligence artificielle,
00:49:31ça ne va pas faire
00:49:32de gains de productivité.
00:49:33Or, l'économie n'avance,
00:49:34ne donne du pouvoir d'achat
00:49:35à la population
00:49:36que par l'intermédiaire
00:49:37des gains de productivité
00:49:38qu'elle suscite.
00:49:39Donc, effectivement,
00:49:40on va vers un vrai problème
00:49:42parce que, finalement,
00:49:43toutes ces dettes
00:49:44auraient été, en quelque sorte,
00:49:44une anticipation
00:49:45des gains de productivité
00:49:46à venir
00:49:47et ils ne seront pas au rendez-vous.
00:49:49Et Philippe Aguillon,
00:49:50mais il n'est pas le seul
00:49:51parce qu'il est dans
00:49:52cette école
00:49:53des néo-chumpeteriens
00:49:54et tout ça,
00:49:55qui disent,
00:49:55écoutez,
00:49:56à chaque fois,
00:49:57il y a une rupture technologique,
00:49:58l'intelligence artificielle
00:49:59et cette rupture technologique
00:50:01et on va vers
00:50:03une augmentation considérable
00:50:05de la productivité
00:50:06et donc de la croissance économique.
00:50:08Et donc,
00:50:09le véritable problème,
00:50:10c'est qu'il faut savoir
00:50:13à quel moment
00:50:14ça va véritablement...
00:50:16Est-ce que c'est en 2030
00:50:17ou en 2050
00:50:18qu'on va retirer
00:50:19les bénéfices positifs ?
00:50:21Vous êtes en train
00:50:21de nous dire,
00:50:22Jean-Marc Daniel,
00:50:22en réalité,
00:50:23ce dont j'ai l'impression,
00:50:25c'est qu'il faut arrêter
00:50:27de voir l'économie
00:50:30avec nos yeux
00:50:32des années 2000
00:50:33et 2010,
00:50:34à l'aune
00:50:35de ce qui est en train
00:50:36de se développer
00:50:36avec l'IA ?
00:50:37Oui,
00:50:37je pense effectivement
00:50:38qu'il faut avoir
00:50:39un regard neuf,
00:50:40ne pas se contenter
00:50:41de se dire,
00:50:42oh là là,
00:50:43mais on va avoir...
00:50:44On va tous se faire manger.
00:50:45On va tous se faire manger.
00:50:46Mais de notre côté,
00:50:47encore une fois,
00:50:47il y a un problème
00:50:48de temporalité,
00:50:49c'est-à-dire que
00:50:49c'est ce que disait Keynes.
00:50:51Il dit,
00:50:51vous pouvez dire
00:50:52que le problème
00:50:52sera résolu à long terme
00:50:54parce que la phrase
00:50:54de Keynes,
00:50:56c'est,
00:50:56vous savez,
00:50:57la célèbre phrase
00:50:57à long terme,
00:50:58nous serons tous morts.
00:50:59C'était une façon
00:51:00où il disait,
00:51:01écoutez,
00:51:01vous dites que,
00:51:02il disait aux économistes
00:51:04néoclassiques libéraux
00:51:05qu'il disait,
00:51:06il suffit de laisser
00:51:06faire marcer le marché,
00:51:08de laisser faire le marché
00:51:10à long terme,
00:51:12tout va se rééquilibrer,
00:51:13il y a une phase
00:51:13d'adaptation et ça.
00:51:14Il dit,
00:51:15mais non,
00:51:15à long terme,
00:51:16si vous ne faites rien,
00:51:17nous serons tous morts
00:51:18et on sera morts,
00:51:19non pas uniquement
00:51:20pour des raisons biologiques,
00:51:21mais on sera morts,
00:51:22disait-il,
00:51:24une situation de crise
00:51:24qui aura provoqué
00:51:25des drames politiques.
00:51:27Si les communistes
00:51:28prennent le pouvoir,
00:51:29je peux vous dire
00:51:29que le marché
00:51:30comme solution
00:51:31ne sera plus d'actualité.
00:51:32Donc,
00:51:32il faut répondre
00:51:33à l'immédiateté.
00:51:35Et donc,
00:51:35je pense qu'il y a
00:51:36deux niveaux
00:51:37dans la réflexion économique
00:51:38qu'on doit avoir.
00:51:38L'immédiateté,
00:51:39c'est de mettre
00:51:39le pays au travail
00:51:40et à moyen terme,
00:51:42c'est de se dire,
00:51:43il va y avoir de la croissance.
00:51:44Mais immédiatement,
00:51:45il faut travailler.
00:51:46Jean-Marc Daniel,
00:51:47on est à quelques mois
00:51:48de la prochaine élection présidentielle.
00:51:50J'aimerais que vous nous fassiez
00:51:51rapidement le portrait robot
00:51:54votre candidat idéal.
00:51:55Que ferait-il ?
00:51:56Que dirait-il ?
00:51:58Alors,
00:51:59mon candidat idéal,
00:52:00là aussi,
00:52:00ça dépend.
00:52:01Est-ce qu'il a 100 jours ?
00:52:03Il aurait 5 ans
00:52:04comme les autres.
00:52:05Normalement,
00:52:05il aura 5 ans.
00:52:06Alors après,
00:52:07il y a des gens
00:52:07qui disent qu'il n'aura
00:52:08même pas 5 heures
00:52:09parce qu'il va dissoudre
00:52:10l'Assemblée.
00:52:11Il va se retrouver
00:52:11dans la même situation
00:52:12que l'Assemblée actuelle.
00:52:14C'est-à-dire une Assemblée
00:52:15sans majorité
00:52:16avec 3 blocs
00:52:17qui sont des blocs
00:52:18plus ou moins irréconciliables.
00:52:20Mais en supposant
00:52:21qu'il y ait une majorité
00:52:21qui est la capacité d'action
00:52:23qui émerge,
00:52:24je pense que très rapidement,
00:52:25il faut qu'il prenne
00:52:253 décisions.
00:52:26La première décision,
00:52:27effectivement,
00:52:28il faut redresser
00:52:28les comptes publics
00:52:29et pour redresser
00:52:30les comptes publics,
00:52:31je pense que l'action immédiate,
00:52:33c'est ce que proposait déjà
00:52:34Michel Pembro,
00:52:35c'est au moins
00:52:35une année blanche.
00:52:36C'est-à-dire de dire,
00:52:37non pas qu'on gèle
00:52:38toutes les dépenses publiques,
00:52:39mais de dire
00:52:39la dépense publique,
00:52:40c'est 1720 milliards d'euros.
00:52:42L'année prochaine,
00:52:42la dépense publique,
00:52:43ce sera 1720 milliards d'euros.
00:52:45Et à partir de là,
00:52:46on regarde comment on répartit,
00:52:47quelles sont les nécessités
00:52:48et tout ça.
00:52:49En audite.
00:52:50Une sorte de...
00:52:51Oh, mais l'audite,
00:52:51il est déjà fait,
00:52:52la Cour des comptes.
00:52:53Oui, il a fait ça depuis...
00:52:54Oui, il a fait ça depuis 1807.
00:52:56On peut considérer
00:52:57qu'on sait ce qui se passe.
00:52:58Là aussi,
00:52:59il y a des gens qui disent
00:52:59ah oui, il faut regarder.
00:53:00Non, on sait,
00:53:01c'est pas la peine.
00:53:02Ils ont encore nommé
00:53:024 économistes là pour faire...
00:53:04Enfin, les aides aux entreprises.
00:53:05Oui, les aides aux entreprises,
00:53:06on s'est rendu compte
00:53:07il y a quelques temps
00:53:08que c'était pas très clair,
00:53:09qu'on savait pas trop
00:53:10où ça allait.
00:53:11Ah, on sait pas où ça va,
00:53:12mais on sait que ça...
00:53:12On sait que la dépense,
00:53:13on sait pas où ça va.
00:53:14Et puis, si on demande
00:53:15à la Cour des comptes,
00:53:16elle a fait des rapports
00:53:17sur l'acte,
00:53:19sur EDF,
00:53:19on sait pas,
00:53:20mais la Cour des comptes
00:53:20vient encore de sortir
00:53:21un rapport sur le coût
00:53:22de la gratuité,
00:53:24enfin, du tarif privilégié
00:53:25accordé aux agents,
00:53:26on sait combien ça coûte,
00:53:27tout ça.
00:53:28Donc, on fait...
00:53:29Une année blanche.
00:53:30Une année blanche.
00:53:30La deuxième chose,
00:53:31c'est que je pense
00:53:32que sur le plan
00:53:35de la quantité de travail,
00:53:36il faut remettre
00:53:37le pays au travail.
00:53:37Donc, on supprime
00:53:39les 2 jours,
00:53:393 jours, 4 jours fériés
00:53:41pour que le pays
00:53:42se remette au travail,
00:53:43mais sans dire,
00:53:44comme l'avait fait Bérou,
00:53:45que c'est pour rééquilibrer
00:53:46les comptes publics.
00:53:47C'est pas la corvée
00:53:48dont a besoin le pays.
00:53:48Il a besoin que l'on crée
00:53:49de la richesse.
00:53:50Vous êtes pas pour réduire
00:53:51le coût du travail ?
00:53:53Ah, mais moi,
00:53:53je suis pour que le marché
00:53:54détermine le coût du travail.
00:53:56C'est-à-dire que le travail
00:53:57doit être déterminé
00:53:58par les entreprises
00:53:59dans une négociation
00:54:00avec les salariés.
00:54:01C'est pas le cas aujourd'hui ?
00:54:02Ce qui est en partie
00:54:03le cas aujourd'hui,
00:54:04mais c'est qu'on n'arrête
00:54:05pas de dire,
00:54:06écoutez,
00:54:07les gens gagnent pas assez,
00:54:09mais les gens
00:54:09ne gagnent pas assez
00:54:10parce qu'ils ne travaillent pas assez.
00:54:11Et alors,
00:54:11troisième chose.
00:54:12Et la troisième chose,
00:54:15c'est que...
00:54:15Dis-moi ce que je veux entendre.
00:54:17C'est que j'amorce
00:54:19la mise en concurrence
00:54:21sur un certain nombre
00:54:22d'activités.
00:54:24Donc, j'envoie
00:54:25ce programme de privatisation
00:54:26avec des mises en concurrence.
00:54:28Et donc,
00:54:30la privatisation
00:54:31de la sécurité sociale,
00:54:32en particulier,
00:54:32la mise en concurrence
00:54:33de la sécurité sociale
00:54:34de façon à...
00:54:36Ça, c'est le premier temps.
00:54:37Dans un deuxième temps,
00:54:38je supprime le statut
00:54:39de la fonction publique.
00:54:40Bonne idée.
00:54:43Et dans un troisième temps,
00:54:45effectivement,
00:54:46une fois que j'ai engagé
00:54:46le programme de privatisation,
00:54:49je privatise les universités.
00:54:52Oui, parce que vous êtes professeur.
00:54:54D'ailleurs,
00:54:54vous êtes dans une école privée.
00:54:55Dans une école
00:54:56qui est plus ou moins privée.
00:54:57Alors, les dépenses,
00:54:58le train de vie de l'État,
00:55:00vous ne le réduisez pas.
00:55:01Mais le train de vie de l'État,
00:55:02écoutez, c'est...
00:55:04150 milliards dans les ODAC,
00:55:05mais c'est quand même délirant.
00:55:07Oui, oui, non,
00:55:07je suis d'accord avec vous.
00:55:09Mais si...
00:55:10Vous êtes du côté
00:55:10des fonctionnaires ou quoi ?
00:55:11Pas du tout.
00:55:12De la fonction publique,
00:55:13les fonctionnaires sont nos amis.
00:55:14Non, non, non, non.
00:55:15J'entends bien,
00:55:15mais à partir du moment
00:55:16où je dis
00:55:16qu'il va falloir privatiser tout ça,
00:55:18je pense que l'enjeu,
00:55:19c'est plus de supprimer
00:55:20le statut de la fonction publique
00:55:21que de s'engager.
00:55:23Une fois qu'on a commencé
00:55:24à supprimer le statut
00:55:25de la fonction publique
00:55:26et qu'on a cette situation
00:55:27qui est une situation
00:55:28à la fois avantageuse
00:55:31et qui ne se retrouvera pas
00:55:33avant un certain temps.
00:55:34Il y a un nombre de départs
00:55:35considérable de gens
00:55:35à la retraite.
00:55:36À partir de ce moment-là,
00:55:40je supprime
00:55:41les emplois de fonctionnaires.
00:55:42Quant à la retraite,
00:55:43je pense qu'on ne peut pas
00:55:44penser à la retraite
00:55:45sans une politique d'épargne.
00:55:47Et donc,
00:55:49la capitalisation...
00:55:49Oui, il n'a de sens
00:55:50que si on utilise ces fonds
00:55:52pour aller à Mumbai.
00:55:53Pour moi,
00:55:54l'objectif,
00:55:55c'est de préparer
00:55:56la croissance
00:55:57du revenu des Français
00:55:58par le travail des Indiens.
00:56:01Ah ben là,
00:56:02on n'est plus dans la souveraineté.
00:56:04On dépend,
00:56:05en fait,
00:56:05c'est le larbina moderne.
00:56:08On a des larbins en Inde
00:56:09qui vont travailler pour nous
00:56:10qui sommes dans un salon du 16e.
00:56:12Oui, non, non.
00:56:13Un peu, non.
00:56:13Non, non, c'est pas ça.
00:56:14Parce que, justement,
00:56:16on a des gens
00:56:17qui travaillent en Inde
00:56:18parce qu'on leur a porté
00:56:19notre épargne,
00:56:20on leur a apporté
00:56:21notre savoir-faire
00:56:21et on a le véritable enjeu
00:56:23et ça,
00:56:23c'est très important,
00:56:25c'est de se poser la question
00:56:26de savoir pourquoi
00:56:26ils accepteraient
00:56:27de travailler pour nous.
00:56:28Ça va vous poser
00:56:29la bonne question.
00:56:30Est-ce qu'ils accepteraient
00:56:31d'être des larbins ?
00:56:32Et donc,
00:56:32si on les traite
00:56:33comme des larbins,
00:56:33ils ne l'accepteront pas.
00:56:35En revanche,
00:56:35si on crée
00:56:36un nouveau partenariat,
00:56:37un vrai partenariat avec eux,
00:56:39à ce moment-là,
00:56:39ils accepteront de travailler
00:56:41pour les gens
00:56:42qui leur apportent
00:56:42les nouvelles technologies.
00:56:43Vous êtes plein de surprises
00:56:44et je ne regrette pas
00:56:45de vous avoir invité
00:56:46sur notre plateau,
00:56:47Jean-Marc Daniel.
00:56:48Merci en tout cas
00:56:49d'avoir accepté
00:56:50notre invitation
00:56:51et dans un instant,
00:56:52vous pourrez retrouver
00:56:52la chronique économique
00:56:54et financière
00:56:55de Philippe Béchade
00:56:57et quand elle nous se retrouve
00:56:58la semaine prochaine.
00:56:58À bientôt, salut.
00:57:13Bonjour et bienvenue
00:57:15pour cette synthèse hebdomadaire
00:57:18de l'actualité économique
00:57:19et géopolitique
00:57:20en mode affranchie.
00:57:22Je salue tous les abonnés
00:57:23de TV Liberté
00:57:25pour cet épisode
00:57:27que je vais intituler
00:57:28« Nous étions au bord
00:57:30de l'abîme
00:57:31et nous avons fait
00:57:32un grand pas en avant ».
00:57:35Vous voyez,
00:57:35depuis ma précédente vidéo,
00:57:39les taux d'intérêt
00:57:40sur lesquels j'attirais
00:57:41votre attention
00:57:42viennent littéralement
00:57:44d'exploser
00:57:46avec un disant français
00:57:48qui a atteint
00:57:50les 4,70%,
00:57:52mais qui surtout
00:57:54vient de passer
00:57:56la barre des plus
00:57:58110 par rapport
00:58:00au Bund allemand.
00:58:02Oui,
00:58:02aujourd'hui,
00:58:03la France
00:58:03doit mettre
00:58:05110 points
00:58:06de plus
00:58:07que l'Allemagne
00:58:08pour se refinancer
00:58:09avec une trajectoire
00:58:12de réduction
00:58:13des taux
00:58:13qui, manifestement,
00:58:15n'a convaincu
00:58:16personne.
00:58:17Alors,
00:58:17est-ce que nos créanciers
00:58:19nous envoient
00:58:19déjà un avertissement ?
00:58:21Est-ce que certains
00:58:23se désengagent
00:58:24de nos OAT,
00:58:26de nos émissions
00:58:27obligataires
00:58:28en prévision
00:58:29d'une dégradation
00:58:31par les agences
00:58:33de notation américaines
00:58:34mi-octobre
00:58:35puis mi-novembre ?
00:58:37En réalité,
00:58:38nous sommes encore
00:58:39à trois semaines
00:58:40de l'échéance.
00:58:42Il faut donc peut-être
00:58:43regarder davantage
00:58:44ce que nous avons
00:58:44devant nous.
00:58:46Et ce que nous avons
00:58:47devant nous,
00:58:47eh bien,
00:58:48c'est des coûts énergétiques
00:58:50qui explosent.
00:58:52Et comme je l'ai déjà
00:58:54largement développé,
00:58:57le prix des carburants,
00:58:58des matières premières,
00:58:59tout cela se diffuse
00:59:00maintenant
00:59:00à l'ensemble
00:59:02des secteurs économiques,
00:59:04y compris
00:59:05les services.
00:59:07Les services
00:59:08qui sont,
00:59:08soi-disant,
00:59:09la bouée
00:59:10de sauvetage
00:59:11de la France
00:59:12et les services
00:59:13qui continuent
00:59:14de s'enfoncer.
00:59:16Alors,
00:59:17il y a eu
00:59:17une grosse alerte
00:59:18sur les marchés
00:59:19de taux
00:59:19mercredi dernier.
00:59:20Là,
00:59:20la France,
00:59:21il n'y est pas
00:59:22pour grand-chose.
00:59:23Il ne faut quand même
00:59:23pas toujours
00:59:24tout mettre
00:59:25sur le compte
00:59:27du gouvernement.
00:59:29Mais aux États-Unis,
00:59:31figurez-vous,
00:59:32ça va
00:59:33trop bien.
00:59:34En tout cas,
00:59:34c'est ce qu'on nous a expliqué
00:59:37avec des indices
00:59:38PMI,
00:59:39c'est-à-dire
00:59:41Purchase Managers Index,
00:59:43c'est-à-dire
00:59:43qu'est-ce que les entreprises
00:59:44américaines
00:59:45sont en train
00:59:46de commander
00:59:47en vue de la demande
00:59:49future,
00:59:51ça a accéléré
00:59:52de près de 2,5%
00:59:54au mois de septembre.
00:59:57On atteint
00:59:57les meilleurs niveaux
00:59:59qu'on n'avait
00:59:59plus revus
01:00:01depuis
01:00:032022,
01:00:05vous voyez,
01:00:05la pré-Covid.
01:00:06et logiquement,
01:00:08on se dit,
01:00:08vraiment,
01:00:09les États-Unis,
01:00:09ça carbure du feu
01:00:10de Dieu.
01:00:12La réalité,
01:00:13en fait,
01:00:13c'est que les entreprises
01:00:15pointent surtout du doigt
01:00:16la hausse
01:00:17des prix énergétiques,
01:00:18la hausse
01:00:19des matières premières,
01:00:21de tous les produits
01:00:22importés,
01:00:23et que,
01:00:25face à une inflation
01:00:28qui apparaît maintenant
01:00:29ancrée
01:00:30pour le cours
01:00:32et le moyen terme,
01:00:33les entreprises
01:00:34devancent
01:00:35les achats
01:00:36pour essayer
01:00:38d'acheter
01:00:39du matériel
01:00:40avant que les prix
01:00:40augmentent davantage.
01:00:42Alors là,
01:00:42c'est typiquement
01:00:44le comportement
01:00:46d'une entreprise
01:00:46qui veut prendre
01:00:48de vitesse
01:00:49l'inflation
01:00:49et qui,
01:00:50de ce fait,
01:00:52l'entretient.
01:00:53Bon,
01:00:54je pense qu'en France,
01:00:55on ne va pas tarder
01:00:55à avoir le même phénomène.
01:00:58Mais le péril
01:00:59qui nous guette
01:01:00en France,
01:01:01outre des taux
01:01:03démesurément
01:01:04chers
01:01:04par rapport
01:01:05à tous les autres
01:01:06pays européens,
01:01:08et je parle bien
01:01:09de pays comme
01:01:09l'Italie
01:01:10ou la Grèce
01:01:10qui sont plus
01:01:11endettés que nous,
01:01:12le vrai péril
01:01:13qui nous menace,
01:01:14c'est Trump
01:01:16qui a fait
01:01:18appeler
01:01:19tous les patrons
01:01:20de groupes
01:01:24pétroliers
01:01:24américains
01:01:25et de raffinage
01:01:25pour leur dire
01:01:26bon,
01:01:27là maintenant,
01:01:288 dollars
01:01:29le gallon
01:01:29de diesel,
01:01:30on ne peut plus
01:01:31se le permettre.
01:01:32il faut que les prix
01:01:33redescendent
01:01:34aux États-Unis
01:01:35avant les mid-term,
01:01:37le 3 novembre,
01:01:38et on va se garder
01:01:40maintenant le diesel
01:01:41pour nous
01:01:42et vous allez cesser
01:01:43d'accepter
01:01:45des commandes
01:01:46émanant
01:01:46de nos principaux
01:01:47partenaires,
01:01:48l'Europe
01:01:49et l'Amérique
01:01:50du Sud
01:01:51notamment.
01:01:52Alors là,
01:01:53si vraiment
01:01:54Trump va au bout
01:01:55de son idée
01:01:56d'interdire
01:01:58temporairement
01:01:59les exportations
01:02:00de diesel,
01:02:01alors là,
01:02:02on va vers
01:02:03une désintégration
01:02:06des économies
01:02:07européennes.
01:02:08Ils ne peuvent plus
01:02:08faire venir
01:02:09de diesel
01:02:10du Russie
01:02:12qui, de toute façon,
01:02:13n'en exportent plus.
01:02:14Le diesel
01:02:15raffiné
01:02:16par les Indiens,
01:02:17et bien sûr,
01:02:18c'est du pétrole russe,
01:02:19il ne faut pas
01:02:20se le cacher.
01:02:21Donc,
01:02:21le diesel
01:02:22passe par
01:02:24Babel Mandeb.
01:02:25Aujourd'hui,
01:02:26les tarifs d'assurance,
01:02:27ils sont motivés
01:02:28par 6, voire par 10.
01:02:29Donc,
01:02:30dans un baril
01:02:31de diesel
01:02:32livré depuis l'Inde,
01:02:33maintenant,
01:02:33il y a pratiquement
01:02:3420 ou 23 dollars
01:02:36de prix d'assurance.
01:02:37Donc,
01:02:38on va avoir
01:02:39du diesel
01:02:41aujourd'hui,
01:02:42non pas,
01:02:42évidemment,
01:02:43à 103 ou 104 dollars
01:02:45le baril,
01:02:45mais on est au-delà
01:02:46de 200.
01:02:48Donc,
01:02:48on peut toujours
01:02:49accuser
01:02:50les raffineurs
01:02:51de s'en mettre
01:02:51plein les poches.
01:02:52En réalité,
01:02:53le prix marché,
01:02:54il a littéralement
01:02:55explosé.
01:02:56Et c'est celui-là
01:02:57que nous payons.
01:02:59Bien sûr que
01:02:59si vous avez
01:03:00un bobard de Trump
01:03:02qui fait rebaisser
01:03:03le baril
01:03:03de 4-5%
01:03:04avec le 74e
01:03:07accord imminent
01:03:08pour la réouverture
01:03:10d'Ormousse
01:03:10qui n'arrivera pas,
01:03:11oui,
01:03:12on peut faire baisser
01:03:12le pétrole,
01:03:13mais celui physique
01:03:15que nous consommons,
01:03:16que nos industries
01:03:17consomment,
01:03:18celui-là,
01:03:19eh bien,
01:03:19il continue de flamber,
01:03:20va continuer de flamber.
01:03:22Et les banques centrales,
01:03:24maintenant,
01:03:25en sont convaincus
01:03:26et préviennent
01:03:27les marchés.
01:03:28La Fed l'a fait
01:03:30au travers
01:03:31des interventions
01:03:31de plusieurs
01:03:32de ses membres
01:03:33pour dire,
01:03:33oui,
01:03:34il va falloir
01:03:34plusieurs tours
01:03:36de vis monétaires
01:03:36pour arriver
01:03:37à contenir
01:03:38l'inflation.
01:03:39Alors,
01:03:40l'inflation
01:03:41par l'énergie,
01:03:43par les dérivés
01:03:44pétroliers,
01:03:45plus une éventuelle
01:03:46vraie pénurie
01:03:48de diesel
01:03:49qui impacterait
01:03:51l'industrie,
01:03:52qui impacterait
01:03:53le transport routier,
01:03:55aérien,
01:03:55etc.
01:03:56Alors là,
01:03:57on est dans
01:03:57le scénario noir
01:03:59le plus sombre
01:04:00de la stagflation.
01:04:02Certains pays
01:04:03vont peut-être
01:04:04pouvoir
01:04:05y faire face,
01:04:07mais ce sont
01:04:08ceux qui ont encore
01:04:09des marges
01:04:10de manœuvre budgétaire,
01:04:11ce qui n'est
01:04:12évidemment pas
01:04:13le cas
01:04:14de la France.
01:04:15Alors,
01:04:16quand je vous disais
01:04:16qu'on est au bord
01:04:17du précipice
01:04:17et qu'on fait
01:04:18un grand pas en avant,
01:04:19c'est qu'on nous a
01:04:20un peu poussés
01:04:21dans le dos,
01:04:21quand même.
01:04:21nos créanciers
01:04:23avec les taux
01:04:24d'intérêt
01:04:24et Trump
01:04:26éventuellement
01:04:26en rationnant
01:04:28les exportations
01:04:30de diesel.
01:04:32Et puis,
01:04:33il y a autre chose
01:04:33également
01:04:34qui va peut-être
01:04:35avoir un impact
01:04:36qu'on ne mesure pas
01:04:37encore pleinement.
01:04:39Les taux
01:04:40ne gramment pas
01:04:40qu'en France.
01:04:41Ils montent également
01:04:42à des niveaux
01:04:43inconnus
01:04:43depuis,
01:04:45je crois,
01:04:47mai 2004
01:04:48pour le 30 ans.
01:04:50la plupart
01:04:51des géants
01:04:51de l'IA
01:04:52ont financé
01:04:53la construction
01:04:54de méga
01:04:55data centers
01:04:56avec des mégas
01:04:59emprunts,
01:04:59des méga
01:05:00émissions
01:05:01obligataires.
01:05:02Et tout cela
01:05:03sera remboursé
01:05:05si les géants
01:05:07de l'IA
01:05:08parviennent
01:05:09à générer
01:05:10du chiffre d'affaires
01:05:11avec les tokens,
01:05:12c'est-à-dire
01:05:12les unités
01:05:13de calcul.
01:05:14Or,
01:05:15aujourd'hui,
01:05:16on est sur
01:05:16des hypothèses,
01:05:17par exemple,
01:05:18pour prendre
01:05:19Batchat GPT,
01:05:21au minimum,
01:05:22vous mettez
01:05:232 dollars
01:05:23pour avoir
01:05:24une capacité
01:05:25de calcul
01:05:26de quelques millions
01:05:26de tokens.
01:05:27Et à la sortie,
01:05:28si vous voulez
01:05:29finir
01:05:31votre process,
01:05:33ça vous revient
01:05:33environ à 15 dollars.
01:05:35Je vous parle
01:05:35de ce que l'on constate
01:05:37aujourd'hui.
01:05:38C'est une hypothèse,
01:05:39j'aurais pu dire
01:05:4010 dollars à la base
01:05:41et 150 dollars
01:05:42à la sortie.
01:05:43Mais disons qu'aujourd'hui,
01:05:44c'est un petit peu
01:05:45le panier moyen.
01:05:47Eh bien,
01:05:48figurez-vous
01:05:48que les Chinois,
01:05:50grâce à une nouvelle
01:05:52architecture
01:05:52de calcul,
01:05:54grâce à une amélioration
01:05:56de l'efficacité
01:05:59de l'inférence,
01:06:00eh bien,
01:06:00eux,
01:06:01ce n'est pas
01:06:022 dollars de base,
01:06:03c'est 20 centimes.
01:06:06Et à la sortie,
01:06:07ce n'est pas
01:06:0815 dollars,
01:06:09non,
01:06:10on est entre
01:06:1160 et 70 centimes.
01:06:13Donc,
01:06:14on a emprunté
01:06:15des centaines
01:06:16de milliards
01:06:17en se disant
01:06:17que des tokens,
01:06:19mettons,
01:06:20à 2 dollars,
01:06:21multipliés par
01:06:22des millions
01:06:22d'usagers,
01:06:23ça les permet
01:06:24de rembourser
01:06:24les emprunts.
01:06:25Et vous avez
01:06:26des Chinois
01:06:27qui cassent
01:06:28complètement
01:06:29le marché.
01:06:31Autrement dit,
01:06:32comment on va
01:06:34réussir
01:06:35à amortir
01:06:37la capacité,
01:06:39la puissance
01:06:39de calcul
01:06:40qu'on est
01:06:41en train
01:06:41d'installer
01:06:42aux États-Unis
01:06:42avec de grandes
01:06:43difficultés,
01:06:44d'ailleurs,
01:06:44parce que vous voyez
01:06:45qu'il y a des problèmes
01:06:46d'adduction d'eau
01:06:47pour enfroidir
01:06:48les data centers,
01:06:49vous avez des problèmes
01:06:50d'installation
01:06:51des centrales
01:06:52au gaz,
01:06:52et donc,
01:06:53il faut aussi
01:06:54créer des gazoducs,
01:06:56il faut des autorisations,
01:06:58ça ne se passe pas
01:06:58toujours très très bien.
01:07:00Bref,
01:07:00les projets
01:07:01de data centers
01:07:01sont en train
01:07:02de prendre du retard
01:07:03alors que le compteur
01:07:05des sommes empruntées,
01:07:07lui,
01:07:07il ne s'arrête pas
01:07:09et au premier défaut
01:07:10d'un emprunteur,
01:07:12c'est tout
01:07:12le château de cartes
01:07:14des modèles d'IA
01:07:17qui risquent
01:07:18de s'effondrer
01:07:18et aujourd'hui
01:07:19qui est en train
01:07:20de secouer la table
01:07:21sous le château de cartes,
01:07:23eh bien,
01:07:23ce sont les Chinois.
01:07:25Pour vous remercier
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