La France s’enfonce dans la dette, perd ses capacités industrielles et peine à engager les réformes nécessaires. Face à elle, les créanciers disposent d’un levier croissant, tandis que Bruxelles pourrait profiter d’une crise majeure pour accélérer la fédéralisation européenne. Dans un monde dominé par les rapports de force, la France peut-elle encore redresser la barre et défendre sa souveraineté, ou risque-t-elle de subir les décisions des autres ?
Pour en parler, nous recevons Pierre de Lauzun. Ancien élève de Polytechnique et de l’ENA, haut fonctionnaire puis professionnel du secteur bancaire, il analyse depuis de nombreuses années les liens entre économie, finance, souveraineté nationale et géopolitique. Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages.
A la suite de "Politique & Eco", retrouvez la chronique financière de Philippe Béchade intitulée : "L’Union européenne veut-elle faire tomber la France avant mai 2027 ?".
Téléchargez gratuitement le rapport spécial de Philippe Béchade - 2026 - Faillite de la France - Comment faire face à la Taxflation :
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#frexit #économie #dette
Source YouTube: https://www.youtube.com/watch?v=0A5aCRKoYao
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00:00:00Surtout pas rassurer ceux qui nous regardent. Surtout pas.
00:00:03Parce qu'il faut se dire, on vit dans un monde qui n'est pas nécessairement un enfer ou horrible,
00:00:07mais c'est un monde dur. C'est un monde où on a enlevé les gants.
00:00:13C'est-à-dire, les gens cognent beaucoup plus directement.
00:00:17Là, on rentre dans un monde qui est assez notablement différent.
00:00:19Quand on dit qu'on y rentre, on y rentre sur 10 ans, 15 ans, 20 ans.
00:00:23Mais dans 30 ans, on se rend dans un monde radicalement différent.
00:00:32Bonjour à tous. Bienvenue dans Politique et Éco.
00:00:36Ravi de vous retrouver, comme d'habitude, chaque semaine au programme.
00:00:40La France, évidemment, s'enfonce toujours plus dans la dette,
00:00:44se désindustrialise et peine à engager les réformes nécessaires.
00:00:49C'est notamment le cas avec le budget de 2027.
00:00:53Dans le même temps, les grandes puissances réarment, protègent leurs industries
00:00:57et utilisent le commerce, la monnaie et la technologie comme des instruments de puissance.
00:01:02Comment la France peut-elle retrouver sa souveraineté dans un monde
00:01:06où les rapports de force l'emportent sur les déclarations de principe ?
00:01:11Pour parler de tout cela, nous recevons aujourd'hui Pierre Delosin.
00:01:16Bonjour, monsieur.
00:01:17Oui, bonjour, monsieur.
00:01:18Pierre Delosin est ancienne élève de Polytechnique et de l'ENA.
00:01:23Vous avez été haut fonctionnaire et vous avez travaillé dans le secteur bancaire.
00:01:27Vous êtes également l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages.
00:01:32Et donc, pour commencer ce numéro de Politique et Éco, c'est parti pour le journal de l'Éco.
00:01:44Alors, le chiffre Pierre Delosin du journal de l'Éco, c'est 43 milliards d'euros de mesures nouvelles.
00:01:51Sébastien Lecornu a présenté le budget 2027 avec un objectif de déficit public ramené à 5% du PIB.
00:02:00Le gouvernement annonce donc 43 milliards d'euros de mesures nouvelles qui s'ajoutent d'ailleurs à 11 milliards de
00:02:08mesures déjà engagées.
00:02:10Comment le gouvernement va-t-il répartir cet effort entre hausse de la fiscalité et économie sur les dépenses publiques
00:02:20?
00:02:20– Je pense dire que le gouvernement va répartir est déjà extrêmement optimiste parce qu'en réalité, il envoie, comment
00:02:29dire, la chèvre au tigre.
00:02:31Et puis que la chèvre soit grosse ou petite, ce n'est pas le problème. De toute façon, ça passe
00:02:35par le tigre parlementaire.
00:02:37Donc le seul problème que se pose M. Lecornu, c'est de savoir comment il arrivera à avoir un budget
00:02:43à la fin.
00:02:43À la limite, la tête du budget, ça devient très secondaire, moyennant évidemment suffisamment de précautions
00:02:51pour éviter d'agiter un fifon rouge devant les marchés financiers ou l'opinion internationale.
00:02:57Mais son problème principal est celui-là. C'est uniquement de savoir s'il arrivera à faire voter.
00:03:02Et ça risque d'être comme l'an dernier, comment il arrive à faire monter les socialistes dans le bateau.
00:03:08– L'info du journal de l'écho, on poursuit avec cette info du diesel mis sur le marché.
00:03:15Le gouvernement a annoncé le 7 octobre la mise sur le marché de 10 millions de barils de diesel
00:03:20issus des stocks stratégiques avec une baisse attendue de 12 à 18 centimes par litre pendant trois mois.
00:03:29Est-ce que, Pierre Delosin, cette mesure peut réellement soulager les automobilistes ?
00:03:34Ou alors, est-ce que c'est un effet d'aubaine pour calmer la colère ?
00:03:39– Je pense que ça vise à calmer la colère pendant un temps,
00:03:42puisqu'il est bien évident qu'on ne pourra pas recommencer cette opération.
00:03:47Donc, sauf à espérer qu'il va y avoir une solution très vite au Moyen-Orient
00:03:50et qu'elle va se traduire par une baisse du prix du pétrole lui-même,
00:03:54c'est évidemment uniquement quelque chose de provisoire.
00:03:57Parce que le gouvernement sent la colère, il se rappelle les Gilets jaunes.
00:04:01– Moi, je vis en province, donc l'avantage, c'est que je vois énormément de gens
00:04:04qui ont besoin de leur voiture ou de leur camionnette ou quoi que ce soit.
00:04:08Et ce n'est pas qu'ils auront envie de dépenser, mais ils en ont besoin.
00:04:11Le vélo ou les transports en commun, ça ne marche pas pour énormément de gens.
00:04:15Donc, ils sont obligés.
00:04:16Et donc, pour eux, c'est quand même très cher.
00:04:19Et donc, on donne une petite aide.
00:04:21Bon, c'est gentil de donner une petite aide, mais ce n'est une petite aide.
00:04:23Ça ne résout rien en profondeur.
00:04:25– Pourquoi le président ou le gouvernement ont-ils finalement décidé
00:04:30de mettre ces barils sur le marché, alors que lors de sa dernière intervention,
00:04:35le président y avait renoncé ?
00:04:37Est-ce qu'il y a eu une pression venue de l'extérieur, peut-être outre-Atlantique ?
00:04:42– Disons, l'avantage, c'est qu'effectivement, c'est une petite résonance
00:04:47avec ce que fait M. Trump par ailleurs, qui, lui, utilise pour des pétroliers russes.
00:04:55Donc, il y a une petite résonance.
00:04:57Mais il y a un autre effet, c'est que c'est coûteux, en fait, pour les finances publiques,
00:05:01puisqu'il faudra, à un moment donné, reconstituer les stocks.
00:05:04Il y a des prix beaucoup plus élevés.
00:05:05Mais ça ne se voit pas.
00:05:06Ce n'est pas comptable.
00:05:07Donc, ça ne va pas se voir dans le budget, dans la dette, etc.
00:05:10Ça sera un coût plus élevé à un moment donné.
00:05:13Donc, finalement, politiquement, ils disent que c'est finalement une bonne affaire.
00:05:19– C'est un pansement sur une jambe de bois.
00:05:21– Oui, c'est un pansement, non, ou un pansement sur un bobo.
00:05:24Je veux dire, c'est quand même plutôt bien de mettre un pansement.
00:05:28Il ne faut pas y gérer.
00:05:29Si c'est quelque chose de profond, on n'a rien réglé.
00:05:31– La déclaration du journal de l'Éco, c'est celle de Jacques Attali,
00:05:36le prophète Jacques Attali.
00:05:38Il nous avait quand même, il y a quelques années, annoncé qu'on aurait des QR codes partout.
00:05:43Dans la société, c'est le cas.
00:05:45Il avait même annoncé qu'Emmanuel Macron serait président de la République,
00:05:48alors qu'il arrivait tout juste à Bercy.
00:05:52Donc, Jacques Attali a évoqué la possibilité d'un emprunt forcé
00:05:56auprès des épargnants en cas de crise majeure de la dette.
00:06:00On y est, avant d'affirmer, l'emprunt forcé se termine toujours par un impôt.
00:06:06Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qui se cache comme réalité
00:06:11derrière cette déclaration, Pierre Delors ?
00:06:12– L'emprunt forcé, ça veut dire que vous prenez une base,
00:06:15alors en général, ça pourrait être la fortune des gens,
00:06:19mais ça serait plutôt le revenu tel qu'il est enregistré fiscalement,
00:06:22par exemple, ou leur impôt sur le revenu.
00:06:24Et vous décidez, bon, ils vont payer tel pourcentage par rapport à ça.
00:06:28Donc, ils se rajoutent, en fait, aux impôts,
00:06:31sauf que dans le cas de l'emprunt forcé,
00:06:34on prend une espèce de déguisement, puisqu'on dit,
00:06:37mais non, mais non, attendez, ne commencez pas à crier,
00:06:39je vous rendrai l'argent, je vous rendrai l'argent un jour.
00:06:43Et donc, ça permet d'enrober la mesure
00:06:46sans donner l'impression que c'est la fiscalité.
00:06:50Et ils peuvent espérer, pour les statistiques,
00:06:53notamment reconnues au niveau européen,
00:06:55de passer à travers en expliquant que c'est un emprunt,
00:06:57ils n'ont pas un impôt.
00:06:58À ce moment-là, ce n'est pas dans les prélèvements obligatoires.
00:07:01Mais en réalité, ça y ressemble beaucoup.
00:07:03C'est-à-dire que l'hypothèse que ça soit remboursé
00:07:06est quand même forcément assez faible,
00:07:09et l'histoire l'a montré.
00:07:10– On nous promettrait 3% d'intérêt sur…
00:07:13– Ça, on ne sait pas,
00:07:15parce qu'il y a beaucoup d'emprunts forcés du passé,
00:07:17il n'y avait zéro intérêt.
00:07:18– Oui, ce qui s'est passé en Grèce,
00:07:20il y a eu un remboursement sur l'emprunt
00:07:22qui a été fait auprès de la population ?
00:07:24– En Grèce, je ne sais pas.
00:07:25Mais en France, il y a eu des cas de remboursement
00:07:28et puis des cas de non-remboursement.
00:07:30Donc, en réalité, c'est un moyen d'habiller une mesure
00:07:34qui ressemble beaucoup à une mesure fiscale.
00:07:37– Est-ce que c'est un scénario, Pierre Delosin,
00:07:39qui vous semble aujourd'hui possible,
00:07:42vu l'endettement, vu la crise politique ?
00:07:44Est-ce qu'un gouvernement, avant l'élection présidentielle,
00:07:49pourrait, ou après, prendre une telle mesure ?
00:07:53– Le problème que ça pose, c'est de savoir
00:07:56est-ce que c'est ça tout seul
00:07:57ou est-ce que c'est dans un grand plan d'ensemble ?
00:07:59Si c'est ça tout seul, c'est évident que ça effarouche les gens,
00:08:03que c'est très déplaisant.
00:08:04Ça donne quand même l'impression qu'on est un peu aux abois,
00:08:07c'est-à-dire qu'on ouvre le tiroir
00:08:08et qu'on prend les solutions de dernière mesure,
00:08:11parce qu'on n'a plus rien trouvé d'autre.
00:08:13Donc, ça ne ferait pas un très très bon effet.
00:08:17Si c'est mis dans un plan d'ensemble,
00:08:18évidemment, ça dépend du plan d'ensemble,
00:08:20mais à ce moment-là, ça ne joue qu'un rôle assez secondaire,
00:08:23parce que les mesures véritables,
00:08:25c'est la réduction du déficit.
00:08:28L'emprunt, même à la limite,
00:08:30si ça marchait, qu'il était parfait,
00:08:31ce qui ne sera sûrement pas le cas,
00:08:33mais en supposant même,
00:08:35c'est un peu comme l'histoire qu'on a dit
00:08:39des produits pétroliers,
00:08:42ça ne résout qu'un petit bout
00:08:44et que pendant un temps,
00:08:45même quand ça marche.
00:08:46Donc, la véritable question,
00:08:48c'est comment on réduit le déficit.
00:08:49– Est-ce que ce genre d'annonce,
00:08:51d'un emprunt forcé,
00:08:52est susceptible d'encourager certains Français
00:08:55à ouvrir un compte à l'étranger,
00:08:57hors de la zone euro,
00:08:59par exemple en Suisse ?
00:09:00Est-ce qu'on peut s'attendre à une fuite de capitaux
00:09:03quand on annonce ce genre de choses ?
00:09:04– Si vous sortez vos capitaux,
00:09:06en soi-même,
00:09:07vous ne faites pas nécessairement diminuer
00:09:10votre base imposable,
00:09:11votre base fiscale.
00:09:12C'est-à-dire sur quoi ils vont baser le calcul.
00:09:15Donc, ça ne vous servira à rien.
00:09:16Ce qu'il faudrait,
00:09:17pour y échapper complètement,
00:09:19c'est s'expatrier.
00:09:21Bon, mais ça, je veux dire,
00:09:22il est clair que pour la plupart des gens,
00:09:25ce n'est pas pensable,
00:09:26à tout point de vue.
00:09:28Donc, non, ça peut accélérer
00:09:30des départs de très grosses fortunes,
00:09:32parce qu'eux,
00:09:33ils ont beaucoup plus les possibilités matérielles
00:09:35de vivre à l'étranger
00:09:36et qui ont beaucoup plus d'incitations,
00:09:38vu le niveau élevé de la fiscalité en France,
00:09:40même à ces niveaux-là.
00:09:41On dit qu'ils en payent moins,
00:09:42mais ils en payent beaucoup quand même.
00:09:44– Alors, Pierre Delosin,
00:09:45vous animez votre site,
00:09:47vous rédigez sur ce site
00:09:48tout un tas d'articles extrêmement intéressants.
00:09:51c'est sur cela que l'entretien de Politique Éco va se jouer.
00:09:56Et maintenant, passons à l'entretien.
00:09:59– Alors, la France a-t-elle encore les moyens de se redresser ?
00:10:09Pierre Delosin, dans cet article,
00:10:11« La France ingouvernable »,
00:10:13leçon d'un mélodrame navrant,
00:10:15vous analysez la nature de la crise politique française.
00:10:20qu'est-ce qui empêche aujourd'hui notre pays
00:10:23d'engager les réformes économiques nécessaires ?
00:10:27– Comme vous le dites,
00:10:28le terme important, c'est le terme politique,
00:10:30c'est-à-dire qu'on n'arrive pas à dégager
00:10:34une majorité politique
00:10:36pour un plan qui soit réellement à la hauteur de la situation.
00:10:40– C'est un phénomène assez récent,
00:10:42le fait qu'il n'y ait pas de majorité,
00:10:44ça date de 2022.
00:10:44– Non, une majorité pour une politique,
00:10:47c'est-à-dire une majorité tout court,
00:10:48ça, il y en a depuis,
00:10:50en gros, depuis la Ve République,
00:10:52mais une majorité pour une politique
00:10:55de réforme profondeur,
00:10:56il n'y en a pas depuis 50 ans, tout simplement.
00:11:00Les seuls changements en profondeur
00:11:02qu'on peut signaler, finalement,
00:11:03qu'est-ce que c'est ?
00:11:06En 1981, l'arrivée de Mitterrand
00:11:09avec un programme politique ambitieux,
00:11:11à mon avis totalement erroné,
00:11:12mais qui était ambitieux, indéniablement.
00:11:15Il y a eu les privatisations
00:11:17qui étaient un peu plus ambitieuses aussi,
00:11:19et puis c'est tout.
00:11:20Mais deux programmes d'ensemble,
00:11:21il n'y en a jamais eu.
00:11:22– Mais qu'est-ce qui empêche l'émergence
00:11:25d'une création de majorité
00:11:27qui prendrait les réformes nécessaires ?
00:11:30Il y a bien des forces qui luttent.
00:11:32– Ça, c'est français,
00:11:33c'est-à-dire que le dérapage des budgets
00:11:35et la dette, on l'a dans la plupart
00:11:38des pays développés.
00:11:39Mais la différence, c'est que d'autres pays développés,
00:11:40à un moment donné, souvent,
00:11:42il finit par se dégager l'idée
00:11:44qu'il faut mettre, je dirais,
00:11:46les divergences ou les désaccords de côté
00:11:48et faire un effort en commun
00:11:50pour trouver des solutions.
00:11:51– Ce qu'il avait fait par exemple
00:11:52Jean Chrétien au Canada dans les années 90 ?
00:11:54– Il y a eu le Canada,
00:11:55alors très spectaculaire,
00:11:57il y a eu le Canada,
00:11:57il y a eu la Suède,
00:11:58le Suède c'est intéressant,
00:11:59c'est un pays social-démocrate,
00:12:01à l'époque, très orienté à gauche,
00:12:03mais il y a eu des réformes très en profondeur.
00:12:05C'est-à-dire qu'à un moment donné,
00:12:07ils le font.
00:12:08Nous, ce n'est pas du tout le cas.
00:12:10C'est ce qui fait qu'en ayant la même maladie
00:12:12que les autres des déficits et de la dette,
00:12:14on est chaque fois plus malade que les autres.
00:12:17On a quelques degrés de plus.
00:12:18– Mais comment vous voulez expliquer
00:12:18le cas particulier français ?
00:12:20Moi j'entends par exemple le président Macron
00:12:22qui parle de la puissance,
00:12:24de l'État profond,
00:12:26cette force d'inertie
00:12:27qui nous empêche d'avancer.
00:12:29Est-ce que c'est l'État profond français
00:12:32qui empêche à une majorité sérieuse
00:12:35de prendre les mains ?
00:12:36– Non, moi ça je ne crois pas.
00:12:37L'État profond, c'est l'administration,
00:12:38si vous voulez.
00:12:39Moi j'ai été dans l'administration
00:12:40au début de ma carrière.
00:12:42Quand vous avez des ministres
00:12:44qui ont des idées claires et arrêtées,
00:12:45l'administration suit.
00:12:48Je veux dire, autrement dit,
00:12:50l'administration peut gêner ou freiner
00:12:51parce que tout corps cherche à prolonger
00:12:54ce qu'il a fait avant
00:12:55et renacle à se modifier.
00:12:57Mais ce n'est pas le principal problème.
00:12:59Le principal problème,
00:13:00il est d'ordre politique.
00:13:02C'est-à-dire, à un moment donné,
00:13:03d'avoir une véritable réforme.
00:13:06Vous avez un exemple
00:13:07complètement évident aujourd'hui
00:13:08et qui est en complètement de l'actualité,
00:13:09qui est l'éducation nationale.
00:13:11L'éducation nationale,
00:13:12il est totalement évident
00:13:13que c'est une catastrophe.
00:13:15Les classements PISA montrent
00:13:17que la France a complètement rétrogradé
00:13:19d'une éducation qui était
00:13:21de qualité convenable
00:13:22il y a 40 ans ou 50 ans
00:13:23à une éducation maintenant
00:13:25qui est celle d'un pays
00:13:26franchement minable
00:13:27par rapport à la plupart
00:13:28des pays développés
00:13:29et même des pays
00:13:30beaucoup moins développés.
00:13:31D'une part.
00:13:32Et d'autre part,
00:13:32vous avez les manifestations litéennes.
00:13:34Alors, je désapprouve entièrement
00:13:37ce qui se passe
00:13:37et notamment la violence
00:13:39et puis la complète récupération
00:13:41par la gauche et l'extrême-gauche.
00:13:42Mais enfin,
00:13:43il y a manifestement
00:13:44un mécontentement
00:13:45qui n'est pas complètement
00:13:46tombé du ciel.
00:13:47Il y a un sous-investissement
00:13:49d'un côté
00:13:49et puis il y a une manière
00:13:51d'enseigner
00:13:52qui n'est pas adéquate,
00:13:53c'est manifeste.
00:13:54Donc, voilà quelque chose
00:13:56qui est à réformer en profondeur.
00:13:58Des réformettes,
00:13:59il y en a en gros
00:14:00tous les deux ans.
00:14:02Et qu'est-ce qu'on a réellement changé ?
00:14:03Rien.
00:14:04C'est-à-dire que le résultat est nul.
00:14:05Donc, ça prouve bien
00:14:06qu'on n'arrive pas
00:14:07à poser la question
00:14:09d'une manière telle
00:14:10qu'on franchit
00:14:11des pas décisifs.
00:14:12Je pense que dans le cas
00:14:14de l'éducation nationale,
00:14:16le problème central,
00:14:16c'est que quand un gros machin
00:14:18comme ça ne marche plus du tout,
00:14:19ce n'est pas en le changeant
00:14:21par en haut,
00:14:22c'est en le remplaçant
00:14:24par quelque chose
00:14:24de très différent,
00:14:26beaucoup plus décentralisé,
00:14:27beaucoup plus autonome,
00:14:29en redonnant du pouvoir
00:14:30aux chefs d'établissement,
00:14:33aux enseignants,
00:14:34mais aussi aux parents,
00:14:35éventuellement aux maires
00:14:37s'il a des ambitions
00:14:39à la matière.
00:14:39Il faut purger
00:14:40l'éducation nationale.
00:14:41Il faut désoviétiser
00:14:43l'éducation nationale.
00:14:44C'est la dernière institution
00:14:46soviétique de la planète.
00:14:48– La France finira-t-elle
00:14:50sous tutelle ?
00:14:51Pierre Delauzin,
00:14:52vous expliquez que l'endettement
00:14:54peut finir par placer
00:14:55un État sous la dépendance
00:14:57des créanciers.
00:14:58Alors, en cas de crise
00:14:59de financement,
00:15:01nous y sommes,
00:15:01le surendettement de la France.
00:15:03Quelles conditions
00:15:03les créanciers pourraient-ils
00:15:05imposer à la France ?
00:15:06– On dit que les États
00:15:08ne payent pas leurs dettes
00:15:09parce qu'ils font
00:15:11ce qu'on appelle
00:15:11le rollover,
00:15:12c'est-à-dire
00:15:12qu'ils empruntent
00:15:13pour rembourser.
00:15:13– Oui, simplement,
00:15:15en réalité,
00:15:16ce n'est pas le cas.
00:15:17En réalité,
00:15:17ils remboursent chacun
00:15:18des emprunts.
00:15:19Mais pour ça,
00:15:19il faut qu'ils puissent
00:15:20emprunter un autre emprunt.
00:15:21Donc le risque,
00:15:22c'est qu'à un moment donné,
00:15:23on n'arrive plus à lever
00:15:24les 300 et quelques,
00:15:25350 milliards
00:15:26dont on a besoin
00:15:27de lever sur les marchés financiers.
00:15:29J'en dis,
00:15:29les marchés financiers,
00:15:30ce n'est pas bien.
00:15:30Mais si vous n'aimez pas
00:15:31les marchés financiers,
00:15:32il ne faut pas aller leur demander
00:15:33l'argent.
00:15:33Et si vous ne voulez pas
00:15:33leur demander l'argent,
00:15:34il ne faut pas avoir de déficit.
00:15:36Ce n'est pas très compliqué.
00:15:38L'argent, il est là.
00:15:39Ou alors,
00:15:39vous faites des impôts.
00:15:40Ce n'est pas la même chose.
00:15:41Mais à ce moment-là,
00:15:42vous avez un problème politique
00:15:43beaucoup plus important.
00:15:44Mais donc,
00:15:45le risque,
00:15:46c'est qu'à un moment donné,
00:15:47il y a une difficulté
00:15:48sur le refinancement,
00:15:50notamment du fait
00:15:51d'un déficit
00:15:52qui fait boule de neige.
00:15:53– C'est-à-dire que les marchés
00:15:54ne veuillent plus nous prêter.
00:15:55– Ils veuillent plus,
00:15:56ils ont la trouille.
00:15:56Ils ont la trouille,
00:15:57donc ils ne prêtent plus.
00:15:58– On arrive à 80 milliards
00:16:01d'euros de dettes par an
00:16:03pour rembourser les intérêts.
00:16:04– Et pour rembourser les intérêts
00:16:05et ces intérêts
00:16:06qui ne font qu'augmenter
00:16:07puisque d'abord,
00:16:08on a eu une période
00:16:09où l'intérêt était très bas,
00:16:10on en a profité,
00:16:11mais maintenant,
00:16:11il remonte.
00:16:12– Encore une dizaine d'années.
00:16:12– Donc,
00:16:13on emprunte beaucoup plus cher.
00:16:15Tout le monde.
00:16:16Et nous,
00:16:17on emprunte encore plus cher
00:16:18puisque comme on est dégradé,
00:16:19les types se disent
00:16:20« Oh là là,
00:16:20c'est dangereux,
00:16:21il faut que je les fasse
00:16:21payer plus cher
00:16:22parce que sinon,
00:16:23il y a trop de risques. »
00:16:24Donc,
00:16:24ils font payer la prime de risque
00:16:25en quelque sorte.
00:16:26Si à un moment donné,
00:16:28ça s'arrête,
00:16:29il vous faut quand même rembourser.
00:16:31C'est parce que
00:16:31si vous faites défaut,
00:16:32c'est beaucoup plus grave
00:16:33à ce moment-là.
00:16:34C'est-à-dire,
00:16:34à ce moment-là,
00:16:34vous trouvez
00:16:36au banc,
00:16:37en fait,
00:16:38les relations économiques
00:16:39internationales.
00:16:40Donc,
00:16:41vous trouvez l'argent.
00:16:42L'argent,
00:16:42il est où ?
00:16:43Il va être en partie
00:16:44par des mesures
00:16:45sur la dette elle-même
00:16:46et puis évidemment,
00:16:47par une aide de la BCE
00:16:48ou d'autres.
00:16:49Mais cette aide de la BCE
00:16:50ne va pas venir gratuitement.
00:16:52Donc,
00:16:53si on en arrive là,
00:16:54vous allez immédiatement
00:16:55avoir une exigence
00:16:57de tous nos partenaires
00:16:58notamment européens
00:16:59pour un plan d'action
00:17:01qui va être
00:17:02un plan d'action
00:17:03relativement plus brutal
00:17:04et d'autant plus brutal
00:17:06qu'à ce moment-là,
00:17:06il est improvisé.
00:17:07C'est-à-dire qu'il faut
00:17:08en vitesse
00:17:08trouver un plan.
00:17:10C'est ce qui est arrivé
00:17:11à la Grèce.
00:17:11Alors,
00:17:11on n'a pas la même situation
00:17:12pour un tas de raisons.
00:17:13Mais il y a quelque chose
00:17:14d'analogue,
00:17:15c'est qu'à un moment donné,
00:17:18les gens avalent des couleurs
00:17:19que je n'aurais jamais imaginé
00:17:20d'avaler.
00:17:21La mise sous tutelle,
00:17:22est-ce que c'est pour vous,
00:17:23Pierre Deleuzyn,
00:17:23quelque chose d'inévitable
00:17:25aujourd'hui ?
00:17:25– Vous dites que la France
00:17:27n'est pas capable
00:17:27de trouver une majorité sérieuse
00:17:29pour prendre
00:17:29les décisions nécessaires.
00:17:31– Oui,
00:17:31tant qu'elle continue
00:17:31à faire ça,
00:17:33elle s'enfonce.
00:17:33Alors,
00:17:34elle s'enfonce.
00:17:34Vous savez,
00:17:35moi,
00:17:35je prends l'image
00:17:35de quelqu'un
00:17:36qui est assis
00:17:36avec un fourchon
00:17:37sur une branche,
00:17:38sur un arbre,
00:17:39et il recule
00:17:39en s'éloignant du front.
00:17:42Pendant un temps,
00:17:43il n'y a aucun problème.
00:17:44Mais il sait
00:17:44qu'à un moment donné,
00:17:45la branche cassera
00:17:46ou il va glisser.
00:17:48Donc,
00:17:48on ne sait pas quand.
00:17:49Mais forcément,
00:17:50si on continue,
00:17:51ça va aller
00:17:52dans ce sens-là.
00:17:53Et donc,
00:17:54à un moment donné,
00:17:55il faut donner
00:17:55un grand coup de barre
00:17:57pour changer les choses.
00:17:58Changer les choses
00:17:59à la fois
00:17:59pour qu'elles ne soient
00:18:00pas les mêmes,
00:18:00et puis en même temps
00:18:01d'envoyer un signal
00:18:03au marché,
00:18:03c'est-à-dire à ceux
00:18:04qui prêtent,
00:18:05alors disant,
00:18:06attendez-nous,
00:18:06on est sérieux.
00:18:07Parce que si vous prenez
00:18:07l'Italie,
00:18:08la Grèce ou l'Espagne
00:18:09ou le Portugal,
00:18:10qui n'étaient pas terribles,
00:18:11et leur dette est en proportion
00:18:13plus élevée que la nôtre
00:18:14pour l'Italie et la Grèce.
00:18:16Mais les gens ont l'impression
00:18:17qu'ils font un minimum d'efforts
00:18:18et donc,
00:18:19ils continuent à prêter.
00:18:20Nous,
00:18:20il y a l'impression
00:18:21qu'on ne fait pas d'efforts,
00:18:22en fait.
00:18:23Donc,
00:18:23on n'est pas sérieux.
00:18:24Quand on dit
00:18:25je vais vous rembourser,
00:18:26on n'est pas sérieux.
00:18:28La question de l'euro
00:18:29que vous évoquez également,
00:18:30la France pète-elle
00:18:31le prix de la monnaie unique ?
00:18:33C'est votre article
00:18:35« L'euro en sorceleur ».
00:18:36Vous estimez
00:18:37que la monnaie unique
00:18:38a pu masquer
00:18:39les déséquilibres français
00:18:41en facilitant
00:18:42le financement
00:18:43de la dette.
00:18:44Alors,
00:18:45dans quelle mesure
00:18:46l'euro a-t-il
00:18:47contribue
00:18:48à notre décrochage économique ?
00:18:50L'euro a
00:18:51une réussite technique,
00:18:52c'est incontestable.
00:18:54Mais précisément,
00:18:55le problème,
00:18:55c'est que
00:18:57c'est utilisé par des pays
00:18:58dans des situations
00:18:59complètement différentes.
00:19:00Alors,
00:19:00ça peut être gênant,
00:19:01par exemple,
00:19:01sur le plan commercial,
00:19:02c'est-à-dire que votre monnaie
00:19:03peut être surévaluée
00:19:04alors que celle du voisin
00:19:06est sous-évaluée.
00:19:07Suivez mon regard
00:19:08de l'autre côté du Rhin.
00:19:09Mais ça peut être aussi
00:19:10sur le plan politique
00:19:11parce que,
00:19:12précisément,
00:19:13comme ça marche,
00:19:13vous pouvez emprunter.
00:19:15Et pendant longtemps,
00:19:16la France avait l'image
00:19:17du brillant second.
00:19:18Moi,
00:19:18j'appelais ça
00:19:19l'Autriche-Hongrie,
00:19:19derrière l'Allemagne.
00:19:21Donc,
00:19:21les gens voulaient acheter
00:19:22de la dette allemande
00:19:23parce que l'Allemagne
00:19:24est considérée
00:19:25comme complètement sûre.
00:19:26Mais il y avait très peu
00:19:26puisque l'Allemagne
00:19:27émettait à l'époque
00:19:28très peu.
00:19:29Donc,
00:19:29ils se sont rabattés
00:19:30sur une deuxième dette
00:19:31qui était la française.
00:19:32Et donc,
00:19:33on empruntait
00:19:33dans des conditions
00:19:35qu'on n'aurait pas eues
00:19:36si on avait eu le franc.
00:19:37Certainement pas.
00:19:37L'euro.
00:19:38Si on avait eu le franc.
00:19:39Avec le franc,
00:19:40on l'aurait payé plus cher.
00:19:42On aurait dévalué aussi.
00:19:44On aurait dévalué
00:19:44et puis on se serait dit
00:19:46zut,
00:19:46il faut qu'on fasse quelque chose.
00:19:48Tandis que là,
00:19:49on n'a pas besoin
00:19:49de se dire
00:19:50qu'il y avait quelque chose
00:19:50à faire
00:19:51puisque l'Europe
00:19:52nous offre
00:19:53en gros les repas gratuits.
00:19:54Donc,
00:19:55pourquoi se fatiguer
00:19:56pour aller gagner de l'argent
00:19:56pour acheter son biftec
00:19:58puisqu'on vous le sert ?
00:19:59Est-ce que les dévaluations
00:20:00qu'on faisait
00:20:02de Gaulle,
00:20:03on avait fait une en 1960,
00:20:04est-ce que cela privait
00:20:05des gens de leur épargne ?
00:20:07Est-ce que c'était
00:20:07un choc économique
00:20:08pour l'économie nationale ?
00:20:10Si vous dévaluez,
00:20:12vous vous dévaluez vous-même.
00:20:13C'est-à-dire que
00:20:15tout ce qui est produit
00:20:16nationalement
00:20:17en monnaie internationale
00:20:18vaut moins cher,
00:20:19évidemment.
00:20:20Parce que votre monnaie
00:20:21vaut moins
00:20:21par rapport
00:20:22aux monnaies des autres.
00:20:23Donc,
00:20:24vous vous dévaluez
00:20:24d'une certaine manière.
00:20:25Sur l'extérieur,
00:20:26par rapport à l'extérieur.
00:20:27Par exemple,
00:20:28si vous voulez importer des biens
00:20:29ou aller faire
00:20:31un voyage à l'étranger,
00:20:32vous allez payer plus cher
00:20:33en dévaluant.
00:20:34Mais de ce fait,
00:20:35vous rétablissez
00:20:37plus facilement vos comptes
00:20:38si la dévaluation
00:20:39est bien faite.
00:20:40est faite au bon moment.
00:20:42Donc,
00:20:42ce n'est pas une mesure
00:20:43très heureuse en soi,
00:20:44mais c'est à un moment donné,
00:20:45c'est un coup d'éponge
00:20:46en se disant
00:20:47« Très bien,
00:20:47j'ai dérapé.
00:20:49Maintenant,
00:20:49il vaut mieux
00:20:49que je me rattrape
00:20:50plutôt que de continuer
00:20:51à glisser. »
00:20:52la France accuse un déficit
00:20:54sur son modèle social,
00:20:5723 milliards, je crois,
00:20:59par an.
00:21:00Vous contestez l'idée
00:21:01selon laquelle
00:21:02les difficultés
00:21:03de votre modèle social
00:21:05se résoudraient simplement
00:21:07par davantage de dépenses.
00:21:09Alors,
00:21:09quel dispositif
00:21:11il faudrait remettre en cause
00:21:13pour rétablir
00:21:14nos finances publiques ?
00:21:15– Disons,
00:21:16sur l'aspect social,
00:21:18le fait de base,
00:21:19si vous voulez,
00:21:19c'est que les dépenses sociales,
00:21:20c'est des consommations
00:21:21de l'année,
00:21:22ce n'est pas des investissements.
00:21:24Or,
00:21:25ça n'a de sens
00:21:26d'emprunter
00:21:27que d'emprunter
00:21:28de façon,
00:21:28sur la longue durée,
00:21:29que pour investir.
00:21:31Parce que si vous empruntez
00:21:32pour investir,
00:21:33votre argent
00:21:33va produire
00:21:36ultérieurement
00:21:36une croissance
00:21:37qui vous permet
00:21:38de rembourser.
00:21:38Quand une entreprise
00:21:40emprunte pour investir,
00:21:41elle se dit
00:21:41qu'elle va développer
00:21:42ses activités.
00:21:43et avec le développement
00:21:44de ses activités,
00:21:45elle pourra rembourser
00:21:46l'emprunt.
00:21:46Mais si vous financez
00:21:48uniquement des dépenses courantes,
00:21:50à ce moment-là,
00:21:51vous ne créez pas
00:21:52de richesse en face.
00:21:53Et si vous faites ça
00:21:54pendant la très longue durée,
00:21:55il est évident
00:21:56qu'à ce moment-là,
00:21:57vous avez une dette
00:21:58qui n'a rien en face.
00:22:00Autrement dit,
00:22:01les dépenses sociales,
00:22:02elles doivent être,
00:22:03quand elles sont
00:22:04en déficit,
00:22:05le déficit doit disparaître.
00:22:07C'est un impératif absolu.
00:22:08Alors,
00:22:08selon vos choix politiques,
00:22:09vous allez augmenter
00:22:10les impôts
00:22:11ou les cotisations
00:22:12ou vous allez
00:22:13réduire ou redéployer
00:22:14les dépenses.
00:22:15Mais c'est l'un des deux.
00:22:16Vous ne pouvez pas
00:22:17rester avec des dépenses
00:22:18de l'année.
00:22:19Par exemple,
00:22:20les dépenses de santé,
00:22:21c'est très bien
00:22:22les dépenses de santé.
00:22:23La santé des gens,
00:22:24c'est quelque chose
00:22:25auquel ils tiennent beaucoup
00:22:25et ils ont raison.
00:22:26Mais les dépenses de santé,
00:22:27c'est dans l'année,
00:22:28ce n'est pas un investissement.
00:22:30On dit que c'est un investissement
00:22:31en santé ou l'éducation,
00:22:32c'est un investissement,
00:22:33sauf que ça ne produit
00:22:33pas directement
00:22:34l'argent qui permet
00:22:35de rembourser.
00:22:36Donc, il ne faut pas
00:22:36le financer à crédit.
00:22:38Il faut le financer
00:22:38par autre chose.
00:22:43Très clairement,
00:22:44vu les niveaux
00:22:45de prélèvement français
00:22:46qui sont les plus élevés
00:22:47du monde développé,
00:22:49la solution est dans
00:22:50la restructuration,
00:22:52c'est-à-dire moins de dépenses,
00:22:55soit avec des priorités
00:22:56différentes,
00:22:56soit en étant organisé
00:22:57différemment.
00:22:58Par exemple,
00:22:59aussi bien la santé
00:23:00que l'éducation nationale,
00:23:01si vous comparez
00:23:02la France et l'Allemagne,
00:23:03même avec des dépenses
00:23:04comparables,
00:23:05il y a beaucoup plus
00:23:05d'administratifs en France
00:23:06qu'en Allemagne.
00:23:07En Allemagne,
00:23:08il y a plus de soignants
00:23:09ou de professeurs
00:23:11et ils sont mieux payés.
00:23:13C'est évident,
00:23:14je préfère qu'on paye
00:23:15des professeurs plus
00:23:16que de payer
00:23:17des administratifs,
00:23:18qui peuvent être
00:23:18des gens tout à fait
00:23:18respectables,
00:23:19mais il y en a moins besoin.
00:23:21Pour conclure cette partie
00:23:22sur les moyens
00:23:24de redresser la France,
00:23:26est-ce que vous croyez
00:23:28que notre pays
00:23:30aura le sursaut
00:23:31une fois le dos au mur,
00:23:33nous y sommes ?
00:23:34Oui, là je pense
00:23:35que malheureusement,
00:23:37le sursaut rationnel,
00:23:39c'est-à-dire se dire
00:23:40tiens, nous sommes en train
00:23:41de faire des bêtises,
00:23:42redressons-nous,
00:23:43n'est pas le plus probable.
00:23:44Le plus probable,
00:23:45c'est effectivement
00:23:46à un moment donné,
00:23:47le mur en espérant
00:23:48qu'il sera le moins
00:23:49douloureux possible
00:23:50et là,
00:23:50sans les tomberts,
00:23:51on est obligé d'agir.
00:23:52On n'a pas le choix.
00:23:53Le sursaut,
00:23:54beaucoup l'attend.
00:23:57Dans ce qui nous attend
00:23:58l'année prochaine
00:23:59avec cette élection présidentielle,
00:24:01est-ce que le Rassemblement National
00:24:02serait susceptible,
00:24:03à vos yeux d'économistes,
00:24:06d'assurer le sursaut national,
00:24:08de prendre les décisions nécessaires ?
00:24:11Si vous prenez
00:24:11le Rassemblement National,
00:24:13il a deux caractéristiques.
00:24:15Il a un côté populiste,
00:24:16indéniablement,
00:24:17et il y a ce terme national.
00:24:19Le terme national
00:24:20est celui que j'apprécie
00:24:21parce qu'il y a cette idée
00:24:22qu'on met en avant
00:24:23la communauté
00:24:23et l'intérêt de la communauté.
00:24:26Le problème,
00:24:26c'est que le côté populiste
00:24:28n'est pas cohérent
00:24:28en l'espèce
00:24:29avec le côté communauté nationale.
00:24:32Et donc,
00:24:34en supposant que,
00:24:35par exemple,
00:24:36que Mme Le Pen soit élue
00:24:37et qu'elle ait une majorité
00:24:38à la Chambre,
00:24:38ce qui ne me paraît pas
00:24:39du tout évident,
00:24:39mais en fait,
00:24:40supposons qu'elle l'ait,
00:24:41et supposons que ça ne bouge pas
00:24:43dans la rue,
00:24:44elle n'a pas un mandat politique
00:24:46pour faire le genre
00:24:47de réforme en promenade
00:24:48dont je vais parler.
00:24:49Elle ne l'a pas.
00:24:49Parce qu'elle ne l'a pas demandé.
00:24:51Parce qu'elle ne l'a pas demandé.
00:24:53Est-ce que, par exemple,
00:24:53je reprends l'éducation nationale,
00:24:55est-ce qu'elle demande
00:24:55un changement radical
00:24:56de l'organisation
00:24:57de l'éducation nationale ?
00:24:58Non.
00:24:59Oui, mais c'est le problème.
00:25:01Donc,
00:25:03évidemment,
00:25:04elle peut se dire
00:25:04je vais mettre à dos
00:25:05les profs, etc.
00:25:06Le problème,
00:25:07ce n'est pas de mettre en cause
00:25:08la qualité des professeurs.
00:25:10La question,
00:25:11c'est qu'ils travaillent
00:25:12dans un environnement
00:25:12qui n'utilise pas leur talent,
00:25:14l'utilise mal
00:25:15et d'une manière
00:25:16qui ne convainc pas les élèves.
00:25:18Mais par exemple,
00:25:18sur la question
00:25:19du pouvoir d'achat,
00:25:20elle assure,
00:25:21elle et ses lieutenants,
00:25:23faire des économies
00:25:25dans le train de vie
00:25:27de l'État
00:25:27pour redonner
00:25:28du pouvoir d'achat
00:25:29aux Français.
00:25:30Oui, mais l'économie
00:25:31sur le train de vie
00:25:31de l'État,
00:25:32ça supporte des mesures
00:25:33très structurelles,
00:25:34très profondes,
00:25:35notamment dans ce genre
00:25:36de secteur.
00:25:37Il est clair
00:25:38que ce n'est pas
00:25:39dans l'administration
00:25:39d'État
00:25:40ou dans les ministères
00:25:40que vous trouverez
00:25:41beaucoup à gratter.
00:25:42Mais vous pourrez trouver
00:25:44effectivement
00:25:45dans l'éducation,
00:25:47vous pourrez trouver
00:25:47dans tout un ensemble
00:25:49de prestations sociales
00:25:51où on n'a pas
00:25:52les moyens
00:25:53de continuer.
00:25:53Vous avez la question
00:25:54des retraites,
00:25:55c'est évident.
00:25:56C'est-à-dire,
00:25:56là,
00:25:57je...
00:25:59Il est bien évident
00:26:00que plus la durée
00:26:01de vie s'allonge,
00:26:02plus il faut travailler
00:26:04en G.
00:26:04C'est du simple bon sens.
00:26:08En 1945
00:26:08ou 1950,
00:26:10les gens à la retraite
00:26:11avaient une espérance
00:26:11de vie
00:26:12qui était de 4,
00:26:135,
00:26:136 ans,
00:26:138 ans.
00:26:14Donc,
00:26:15les retraites,
00:26:15ça ne coûtait pas cher
00:26:16parce que c'était
00:26:17très court.
00:26:17Donc,
00:26:18on pouvait parfaitement
00:26:20les financer
00:26:20avec des niveaux
00:26:21de cotisation
00:26:21beaucoup plus bas.
00:26:22Et puis,
00:26:23on a continué
00:26:23à augmenter
00:26:26la durée de vie
00:26:27des gens,
00:26:28ce qui est très bien.
00:26:29Et on a retardé
00:26:30le départ...
00:26:31On a avancé
00:26:32le départ à la retraite.
00:26:33Ce qui fait que
00:26:33la période à la retraite
00:26:34maintenant est très,
00:26:35très longue.
00:26:36Si vous avez
00:26:37une période à la retraite
00:26:37très longue,
00:26:38les retraites coûtent
00:26:38très cher,
00:26:39forcément.
00:26:40Forcément.
00:26:41Et donc,
00:26:42tous les pays
00:26:43à l'extérieur
00:26:44ont reporté
00:26:46le départ à la retraite.
00:26:48Et les pays voisins,
00:26:49c'est plutôt
00:26:49du 67 ans,
00:26:5068 ans.
00:26:52Donc,
00:26:52il y en a
00:26:52dans les pays scandinaux
00:26:53où ils parlent
00:26:54de 70 ans.
00:26:55Donc,
00:26:56avant de parler,
00:26:57de dire aux Français
00:26:59qu'ils devraient
00:26:59plus travailler,
00:27:00n'avons-nous pas aussi
00:27:01l'État
00:27:02qui dépense le plus ?
00:27:04Ah, mais ils dépensent
00:27:05On a 57%
00:27:07de dépenses publiques
00:27:08par rapport au PIB.
00:27:09Peut-être faut-il
00:27:09faire maigrir l'État
00:27:11avant de demander
00:27:11aux Français
00:27:12de payer plus ?
00:27:12Oui, mais le problème,
00:27:13ce n'est pas l'État
00:27:14pour lui-même.
00:27:14Dans les dépenses
00:27:15de l'État,
00:27:16il y a, par exemple,
00:27:17on l'a vu récemment,
00:27:18et les chiffres
00:27:19qui sont sortis
00:27:19qui ont fini par montrer
00:27:21que dans les budgets
00:27:21des ministères,
00:27:22toute une partie
00:27:23était les retraites
00:27:24des fonctionnaires.
00:27:26Autrement dit,
00:27:27ce qu'on croyait dépenser
00:27:28sur l'Éducation nationale,
00:27:29il y en avait un tiers
00:27:30qui était pour payer
00:27:31les retraites.
00:27:32Qu'il faut payer,
00:27:32évidemment,
00:27:33mais ce n'est pas
00:27:34des dépenses
00:27:34sur l'Éducation.
00:27:35Et donc,
00:27:36forcément,
00:27:38les dépenses de l'État,
00:27:39ce sont des dépenses
00:27:40qui touchent
00:27:40beaucoup le monde.
00:27:43ça veut dire
00:27:43qu'il faut faire maigrir
00:27:44effectivement la structure,
00:27:45mais faire maigrir
00:27:46la structure,
00:27:46ça suppose
00:27:47de la transformer
00:27:48en profondeur.
00:27:48Ce que je vous dis
00:27:49sur l'Éducation nationale,
00:27:50ça suppose
00:27:50de la changer
00:27:51en profondeur.
00:27:52Ce n'est pas
00:27:52en décidant par en haut.
00:27:54On fait trop du budgétaire
00:27:55à la française,
00:27:55c'est-à-dire on se dit
00:27:56tiens,
00:27:57il y a un budget
00:27:57de 100 milliards,
00:27:58donc je vais prendre
00:27:5910 milliards,
00:28:00pour que je prends
00:28:002 milliards,
00:28:01je prends un arabeau
00:28:02et hop,
00:28:02j'y vais à la cantonade.
00:28:03Vous n'êtes pas
00:28:04pour supprimer
00:28:05les ZODAC,
00:28:06comme certains le disent,
00:28:07supprimer l'AME,
00:28:09supprimer l'aide
00:28:10au développement ?
00:28:11Non,
00:28:12l'aide au développement,
00:28:13moi je suis plutôt
00:28:14pour qu'elle soit dit,
00:28:15mais elle a besoin
00:28:16d'être réformée.
00:28:17L'AME,
00:28:18c'est évidemment
00:28:18le seul pays
00:28:19à faire ça comme ça,
00:28:20donc c'est une aberration.
00:28:21Il y a quand même
00:28:21des réflexes de base,
00:28:22c'est de regarder
00:28:22ce que font les autres.
00:28:24On n'a pas de pandémie
00:28:25en France,
00:28:26enfin en tout cas
00:28:27à cause de l'immigration,
00:28:28les Italiens reçoivent
00:28:30plein d'immigrés
00:28:31sur leur territoire.
00:28:32L'immigration pose
00:28:32des tas de problèmes,
00:28:33mais pas tellement celui-là.
00:28:35C'est un mille à cinq
00:28:36qui ne servent à rien.
00:28:38Je veux dire,
00:28:39il y en a une petite partie
00:28:40qui sont les urgences absolues,
00:28:41parce que quand quelqu'un
00:28:42est en urgence,
00:28:44là évidemment,
00:28:44il faut l'aider,
00:28:45mais c'est tout,
00:28:46c'est tout.
00:28:49Mais là,
00:28:49je dirais,
00:28:50c'est plus facile,
00:28:51parce que c'est facile
00:28:51d'individualiser.
00:28:52C'est plus difficile
00:28:53quand vous avez une structure,
00:28:55vous voyez ce que je veux dire ?
00:28:56C'est-à-dire,
00:28:57individualiser des choses
00:28:57comme ça qu'il faut supprimer,
00:28:59c'est faisable.
00:29:00Donc il faut le faire,
00:29:00évidemment,
00:29:01mais ça ne suffira pas.
00:29:02À un moment donné,
00:29:03il faut,
00:29:04comme disait quelqu'un,
00:29:05dégraisser le mammouth.
00:29:07– Monsieur Claude Allègre,
00:29:08alors,
00:29:08comment reconstruire
00:29:10une puissance économique
00:29:11en France ?
00:29:12On s'est rendu compte
00:29:13pendant la crise du Covid
00:29:14que certaines productions
00:29:16essentielles
00:29:16pouvaient devenir
00:29:18un enjeu
00:29:18de sécurité nationale.
00:29:21On a vu
00:29:23sous le double quinquennat
00:29:25d'Emmanuel Macron
00:29:26qu'un certain nombre
00:29:27de nos fleurons nationales
00:29:28avaient été vendus
00:29:29à l'étranger.
00:29:30Lesquels faudrait-il
00:29:31récupérer aujourd'hui,
00:29:33selon vous ?
00:29:33– Je veux dire,
00:29:34il ne s'agit pas nécessairement
00:29:35de récupérer des choses
00:29:36qui sont parties
00:29:37de manière ou de l'autre.
00:29:38Il s'agit de discerner
00:29:40les choses,
00:29:41un,
00:29:41qu'on estime
00:29:42tout à fait vitales,
00:29:44par exemple,
00:29:45toute une partie
00:29:46de l'armement,
00:29:46c'est assez évident,
00:29:48mais deuxièmement,
00:29:49les choses
00:29:49où on est bon
00:29:51et durablement bon,
00:29:52où on peut devenir bon.
00:29:54Quand vous pensez
00:29:55que dans les start-up
00:29:57de la Silicon Valley
00:29:58en Californie,
00:30:00vous avez,
00:30:00en dehors des Américains,
00:30:02énormément de Français.
00:30:03énormément de Français.
00:30:04Ça veut dire
00:30:05qu'on produit,
00:30:07évidemment,
00:30:07des gens qui mettent
00:30:08le feu au lycée,
00:30:09mais on produit
00:30:09beaucoup de gens
00:30:11talentueux
00:30:11et qui sont entrepreneurs.
00:30:13Ils sont entrepreneurs
00:30:15chez M. Trump
00:30:17ou en Californie,
00:30:18chez les démocrates,
00:30:19peu importe,
00:30:20mais qui sont entrepreneurs
00:30:21chez les autres.
00:30:22Autrement dit,
00:30:22des ressources,
00:30:23on en a,
00:30:24mais ces ressources-là,
00:30:26on les utilise
00:30:26pas assez
00:30:27parce qu'on n'a pas
00:30:28l'esprit collectif
00:30:29tourné dans ce sens-là.
00:30:30Je prends un exemple
00:30:31tout simple
00:30:32qui est tout simplement
00:30:33l'argent.
00:30:34Aux États-Unis,
00:30:35vous avez énormément
00:30:36d'argent prêt
00:30:37à s'investir,
00:30:38de l'argent à risque.
00:30:40– Des actions ?
00:30:41– Il y a des actions.
00:30:42C'est-à-dire,
00:30:42le financement
00:30:43du développement
00:30:44à risque,
00:30:45c'est des actions.
00:30:46Les Français croient
00:30:46que c'est de la dette.
00:30:48Non, c'est des actions
00:30:49parce que l'action
00:30:49de l'argent
00:30:50qui est investie
00:30:51dans l'entreprise,
00:30:52bien entendu,
00:30:52le propriétaire
00:30:53de l'action
00:30:54peut la vendre,
00:30:54mais il faut que
00:30:55il trouve quelqu'un
00:30:55qui achète.
00:30:56Mais dans ce temps-là,
00:30:57l'argent,
00:30:57il reste dans l'entreprise
00:30:58et il reste
00:30:59sur la durée longue
00:31:00et il reste
00:31:01en prenant les risques.
00:31:02C'est-à-dire que
00:31:02si l'entreprise
00:31:03casse la figure,
00:31:05le propriétaire
00:31:06perd l'argent,
00:31:07il n'a plus d'argent.
00:31:09– Comment du coup
00:31:09amener les Français
00:31:13à vouloir investir
00:31:15national ?
00:31:16– Il faut investir
00:31:16sur le secteur
00:31:17où la France
00:31:18est le pays développé
00:31:19où les gens
00:31:20investissent le moyen
00:31:20en action.
00:31:21Or, il y a plusieurs moyens.
00:31:23Il y a évidemment
00:31:23les particuliers, etc.
00:31:24Il ne faut pas
00:31:25leur faire croire
00:31:25comme avec les parfums
00:31:26et des actions
00:31:27qui font de l'argent facile.
00:31:28Les actions,
00:31:29ce n'est pas de l'argent.
00:31:30Ça peut être
00:31:31l'argent facile
00:31:31pour des petits manins,
00:31:32mais fondamentalement,
00:31:34ce n'est pas ça.
00:31:34C'est un investissement
00:31:35sur la longue durée
00:31:36parce que sur le court terme,
00:31:38c'est risqué.
00:31:39Donc, ça devient sûr
00:31:41si vous êtes
00:31:41sur des durées
00:31:42suffisamment longues.
00:31:43Donc, il y a
00:31:44une éducation du public
00:31:45et puis évidemment,
00:31:46il y a un instrument de base
00:31:47que les autres ont
00:31:48et qu'on n'a pas
00:31:48qui sont les fonds de pension.
00:31:50Parce que les fonds de pension,
00:31:51quand vous avez
00:31:52un fonds de pension,
00:31:53comme les gens investissent
00:31:54pour leur retraite,
00:31:55c'est-à-dire quelque chose
00:31:56qui sera en moyenne
00:31:5730 ans ou 40 ans plus tard.
00:31:59– Des black rocks
00:32:00aux États-Unis.
00:32:01– Voilà,
00:32:01mais c'est de l'argent très long.
00:32:03Comme c'est de l'argent très long,
00:32:04vous pouvez investir
00:32:05en actions sans problème
00:32:06parce que sur 30 ans,
00:32:08vous êtes sûr
00:32:08de retrouver
00:32:09non seulement votre mise
00:32:10mais beaucoup plus.
00:32:11Vous ne pouvez pas
00:32:12investir en actions
00:32:12sur 3 ans,
00:32:13sur 2 ans,
00:32:13c'est risqué.
00:32:15– Ce qui implique
00:32:15de revoir complètement
00:32:16notre système de retraite.
00:32:18– Ah ben oui, bien sûr.
00:32:18– Avec la capitalisation.
00:32:19– Avec de la capitalisation.
00:32:20Et moi, j'avais proposé
00:32:22à l'époque,
00:32:22quand je m'occupais
00:32:23de l'Association française
00:32:25des marchés financiers,
00:32:26d'un endroit
00:32:27où on ne s'entendrait
00:32:28absolument pas
00:32:28ce genre de proposition,
00:32:30on avait proposé
00:32:31de prendre le fonds
00:32:32de réserve des retraites
00:32:32qui avait été fondé
00:32:34par Jospin
00:32:35et en gros,
00:32:37de développer son rôle
00:32:38comme fonds
00:32:39de capitalisation
00:32:40national,
00:32:42jouant un rôle
00:32:43un peu analogue
00:32:44au fonds souverain
00:32:45d'un certain nombre
00:32:46de pays.
00:32:47et bien on a fait
00:32:48les demandes inverses,
00:32:49c'est-à-dire qu'on a organisé
00:32:50sa disparition progressive,
00:32:52ce qui était une erreur majeure.
00:32:54Elle a été sous Sarkozy,
00:32:55ce n'est pas les socialistes.
00:32:56Donc, il y a,
00:32:57sur ce plan-là,
00:32:59il y avait eu des outils,
00:33:00mais même quand il y avait
00:33:01des outils,
00:33:02et même quand ils avaient
00:33:02la bénédiction des socialistes,
00:33:04on se débrouillait
00:33:05pour s'en débarrasser.
00:33:06C'est une sottise totale.
00:33:08Alors, il y a des choses
00:33:09qui font un peu mieux.
00:33:09Prenons la BPI,
00:33:15qui investit ici ou là,
00:33:16qui fait plutôt,
00:33:17autant que je puis juger
00:33:18vu de loin,
00:33:19un bon travail.
00:33:20Beaucoup de cadeaux
00:33:21aux amis du président
00:33:22de la République,
00:33:22notamment M. Niel.
00:33:25Voilà,
00:33:25tout le problème,
00:33:27évidemment,
00:33:27quand l'outil est trop public,
00:33:29c'est qu'à un moment donné,
00:33:30il y a des grosses pattes velues
00:33:31qui se mettent dessus
00:33:32et qui tirent un peu.
00:33:33Mais l'idée est bonne.
00:33:35Donc, ce genre de choses,
00:33:36évidemment,
00:33:37il ne faut pas
00:33:37que tout soit public.
00:33:38Dans un pays comme la France,
00:33:39c'est bon qu'il y ait
00:33:39du public
00:33:40parce que ça rassure les autres.
00:33:42Mais, évidemment,
00:33:44les fonds de pension,
00:33:44il faut aussi
00:33:45des fonds de pension privés.
00:33:47Et puis,
00:33:48il faut aussi
00:33:48une fiscalité
00:33:49qui soit résolument favorable
00:33:51aux actions.
00:33:51Parce que,
00:33:52alors qu'actuellement,
00:33:53comme dans beaucoup de pays,
00:33:54d'ailleurs,
00:33:54la fiscalité favorable
00:33:55à la dette
00:33:56est défavorable aux actions.
00:33:57Ça veut bien dire
00:33:58un état d'esprit.
00:34:00On n'a pas vu
00:34:01les priorités.
00:34:02Les gens voient tous
00:34:03les actions,
00:34:04ils imaginent
00:34:04M. le haut de forme,
00:34:06un gros cigare
00:34:06qu'on met en 1928,
00:34:08etc.
00:34:08Bon,
00:34:10ça, c'est une question
00:34:11qui est la question
00:34:11des inégalités
00:34:12ou du pouvoir.
00:34:12C'est une vraie question.
00:34:13Mais c'est une autre question.
00:34:15Parce que, par ailleurs,
00:34:16il y a besoin
00:34:16d'avoir des actions.
00:34:17Et notamment,
00:34:18en faisant comme les autres,
00:34:19c'est-à-dire le gros
00:34:20des actions
00:34:20qui sont détenues
00:34:21aux États-Unis,
00:34:23en Grande-Bretagne et autres,
00:34:24est détenue
00:34:24par le gros des gens.
00:34:26À travers les fonds de pension.
00:34:27Ce n'est pas détenu
00:34:28uniquement par les milliardaires.
00:34:30Vous avez beaucoup travaillé
00:34:31également sur
00:34:32le défi,
00:34:33les défis
00:34:34de l'intelligence artificielle.
00:34:36dans quelles conditions,
00:34:37selon vous,
00:34:37l'Europe peut-elle
00:34:38encore rivaliser
00:34:39par une industrie
00:34:41avec la Chine
00:34:43et les États-Unis ?
00:34:44Il faut regarder
00:34:45pourquoi ils ont réussi.
00:34:47Pourquoi ils ont réussi ?
00:34:48Parce que, précisément,
00:34:50il y a eu...
00:34:50Pas de réglementation,
00:34:51c'est ça, la réussite ?
00:34:52Non, ce n'est pas
00:34:53pas de réglementation.
00:34:54D'ailleurs, vous remarquez
00:34:54que les patrons
00:34:55de l'IA américaine
00:34:56demandent un certain encadrement.
00:34:58Donc, ce n'est pas
00:34:59nécessairement ça.
00:35:01Mais au moins,
00:35:02pas un encadrement
00:35:03de l'IA elle-même.
00:35:04Mais d'avoir de l'argent
00:35:06qui vienne aux entrepreneurs.
00:35:09Or, des entrepreneurs,
00:35:09on en a plus que les autres.
00:35:11On est plutôt plus doués là-dessus.
00:35:13On ne le sait pas,
00:35:14mais on est plutôt plus doués
00:35:16que les autres.
00:35:16C'est à un moment,
00:35:17évidemment,
00:35:18les facilités qu'ils ont
00:35:19s'ils vont en Californie,
00:35:20n'ont pas rien à voir
00:35:21avec celles qu'ils ont
00:35:21en étant ici.
00:35:23Plus la réglementation.
00:35:24La réglementation française
00:35:26mais la réglementation européenne.
00:35:27Parce que l'Europe
00:35:28n'a pas été faite
00:35:29pour fabriquer
00:35:30une politique industrielle.
00:35:31L'Europe a été faite
00:35:32pour mettre des règles
00:35:35du jeu juridique,
00:35:37général,
00:35:39dans un jeu supposé ouvert
00:35:40et où tout le monde
00:35:41joue le jeu.
00:35:43On se trouve qu'on est
00:35:44dans un monde
00:35:45où les autres ne jouent pas
00:35:46le jeu
00:35:46ou pas du tout
00:35:47le même jeu.
00:35:48Ils jouent un autre jeu.
00:35:49prenez le gouvernement chinois,
00:35:51je veux dire,
00:35:52peut-être qu'ils se casseront
00:35:53la figure,
00:35:53mais pour le moment,
00:35:55ils réussissent très bien
00:35:56à avoir créé
00:35:57tout un système
00:35:58dans ces domaines
00:35:59des nouvelles technologies,
00:36:00notamment informatiques,
00:36:01et en particulier en IA,
00:36:03extrêmement autonome
00:36:04par rapport aux États-Unis.
00:36:06Et ils le font comment ?
00:36:07Par cette espèce de mélange
00:36:09du rôle public,
00:36:11éventuellement à la chinoise
00:36:13avec la violence
00:36:14que vous imaginez,
00:36:15ou le favoritisme
00:36:17ou la corruption,
00:36:17comme ils le disent eux-mêmes
00:36:18d'ailleurs,
00:36:19et aussi
00:36:21un formidable entrepreneuriat
00:36:22et une formidable concurrence.
00:36:24C'est un pays
00:36:24où la concurrence
00:36:25est très intense à la base,
00:36:27sous l'œil
00:36:28du Parti communiste.
00:36:30Mais il y a les deux
00:36:31à la fois.
00:36:31Mais ça veut dire
00:36:32qu'ils se sont organisés
00:36:33pour trouver une manière
00:36:34dans laquelle
00:36:35l'initiative a pu jouer
00:36:37pleinement.
00:36:37Alors,
00:36:38est-ce qu'ils continueront ?
00:36:39Ce n'est pas sûr
00:36:39parce que Xi Jinping
00:36:40a quand même un goût
00:36:41un peu prononcé
00:36:42pour l'étouffoir,
00:36:43donc il appuie un peu fort.
00:36:44Mais jusqu'à une période récente,
00:36:47le système,
00:36:48dans sa logique,
00:36:50marchait plutôt bien
00:36:51comme ça.
00:36:52Et on a plutôt
00:36:52les intérêts
00:36:53à s'inspirer,
00:36:53non pas pour faire
00:36:54la même chose,
00:36:54évidemment,
00:36:55mais pour savoir
00:36:56qu'effectivement,
00:36:57en choix,
00:36:58il est bon
00:36:58d'avoir cette espèce
00:37:00d'efflorescence
00:37:01d'entreprise,
00:37:02évidemment,
00:37:03dans un écosystème
00:37:04qui est convenable.
00:37:05Si vous supprimez
00:37:06l'oxygène
00:37:06et que vous croyez
00:37:07que les animaux
00:37:08vont courir vite,
00:37:09eh bien non,
00:37:10ils ne courent pas vite.
00:37:10On assiste
00:37:12depuis une quinzaine
00:37:12d'années
00:37:13à un retour
00:37:14des rapports de force
00:37:15à l'échelle internationale.
00:37:18Le calme
00:37:18avait été
00:37:19relativement
00:37:20assuré
00:37:21depuis la chute
00:37:22de Mür
00:37:23de Berlin.
00:37:24Donc justement,
00:37:25vous analysez
00:37:27le recentrage
00:37:28américain
00:37:28sur ses intérêts
00:37:30stratégiques.
00:37:31Comment la rivalité
00:37:32avec Pékin
00:37:34est-elle en train
00:37:34de redessiner
00:37:36les intérêts
00:37:38internationaux ?
00:37:39Ça, c'était très intéressant.
00:37:40Il y a quelques années,
00:37:41il y avait eu
00:37:41des têtes bouquins
00:37:42sur ce qu'ils appelaient
00:37:43la Chine-Amérique,
00:37:44c'est-à-dire
00:37:45le mélange
00:37:46extraordinairement
00:37:47étroit
00:37:47d'intérêts économiques
00:37:48entre les deux
00:37:49et d'investissements,
00:37:50notamment
00:37:51en investissement
00:37:52américain en Chine.
00:37:53Et puis les achats
00:37:54massifs
00:37:54de produits.
00:37:56En gros,
00:37:56Apple n'existerait pas
00:37:58comme elle existe
00:37:59s'il n'y avait pas
00:38:00un arrière-plan
00:38:01industriel chinois.
00:38:02Donc,
00:38:03il y a un mélange
00:38:04et des liens
00:38:06réciproques
00:38:06extraordinairement intenses.
00:38:07Il faut savoir
00:38:08que ça n'existait
00:38:09absolument pas
00:38:10autrefois
00:38:10avec l'URSS.
00:38:11L'URSS n'avait
00:38:12aucune relation économique
00:38:13avec les pays développés
00:38:14en dehors
00:38:15de quelques produits,
00:38:16quelques matières premières.
00:38:17Donc,
00:38:18il n'y avait aucun enjeu
00:38:19là-dessus.
00:38:19Là,
00:38:20en gros,
00:38:20ils se tiennent l'un l'autre
00:38:21par la barbichette
00:38:22dans une mesure importante.
00:38:24Mais celui...
00:38:24la Chine rachète la dette américaine.
00:38:26Le plus astucieux
00:38:27entre les deux,
00:38:29au moins actuellement,
00:38:30c'est quand même la Chine
00:38:31qui se débrouille plutôt mieux.
00:38:33Probablement aussi
00:38:33parce qu'il a une vision
00:38:34à long terme.
00:38:36On peut dire ce qu'on veut
00:38:37de M. Trump,
00:38:38mais en dehors
00:38:39de sa grossièreté personnelle,
00:38:40le principal problème
00:38:41qu'il a,
00:38:41c'est qu'il ne regarde pas
00:38:43à long terme.
00:38:43Il regarde à l'ultra court terme.
00:38:46Là, regardez,
00:38:46il a les mi-terme devant lui.
00:38:48Donc,
00:38:49il prend des mesures
00:38:51parce qu'il a les mi-terme
00:38:51devant lui.
00:38:53Il est évident
00:38:53que Xi Jinping
00:38:55n'a absolument pas ce problème.
00:38:57Alors,
00:38:57ça ne veut pas dire
00:38:57que le système soit bon
00:38:58parce qu'il peut mourir autrement.
00:39:00Il peut reboutir
00:39:01par étouffement précisément,
00:39:02par excès de pouvoir.
00:39:03Mais indéniablement,
00:39:05sur ce plan-là,
00:39:06il tire mieux
00:39:07leur épreuve du jeu.
00:39:09Ceci dit,
00:39:09il y a une prise de conscience
00:39:10réelle aux États-Unis,
00:39:12en partie du fait de Trump,
00:39:13d'ailleurs,
00:39:13mais pas uniquement.
00:39:15D'ailleurs,
00:39:15il y a une continuité
00:39:16entre Trump et Biden
00:39:18qui est absolument impressionnante
00:39:19en matière de politique économique.
00:39:21compte en bas
00:39:22de ce qu'on raconte.
00:39:23Donc,
00:39:24il y a une prise de conscience.
00:39:25Alors,
00:39:25est-ce qu'ils arriveront
00:39:26à redresser suffisamment ?
00:39:27Ce n'est pas sûr.
00:39:29Mais,
00:39:29je prends un exemple
00:39:30qui est la construction navale.
00:39:32La marine impériale japonaise
00:39:34savait qu'elle prenait
00:39:35un énorme risque
00:39:36en attaquant les États-Unis
00:39:37parce que les États-Unis
00:39:38étaient industriellement
00:39:39surpuissants.
00:39:40Et c'est ce qui s'est vérifié.
00:39:42Là,
00:39:42on a l'inverse.
00:39:43La construction navale américaine,
00:39:45maintenant,
00:39:46c'est trois fois rien.
00:39:47La construction navale chinoise
00:39:49est la première de la planète.
00:39:50Donc,
00:39:51une guerre prolongée navale,
00:39:53ceux qui ont l'arsenal
00:39:55et les outils,
00:39:55c'est les Chinois.
00:39:57Alors ça,
00:39:57ça ne se construit pas
00:39:58en tant qu'au Europe,
00:39:58une grosse industrie
00:40:00de construction navale.
00:40:02Vous envisagez
00:40:03qu'une crise majeure
00:40:04puisse concentrer davantage
00:40:06encore les pouvoirs
00:40:08de Bruxelles,
00:40:10les pouvoirs
00:40:10de la Commission européenne.
00:40:12À quel type de crise
00:40:13vous pensez ?
00:40:14Je dirais que,
00:40:16j'avais fait un raisonnement
00:40:18sur comment l'Europe
00:40:20qui se veut aller
00:40:23dans une voie fédérale,
00:40:24en fait,
00:40:25parce que c'est en réalité
00:40:26ce que les gens
00:40:28tendent à faire
00:40:28sans le dire
00:40:29et sans l'avouer,
00:40:30comment elles pourraient
00:40:31passer d'un secours
00:40:32à un stade
00:40:33où ça y aurait
00:40:33un véritable État.
00:40:35Bon,
00:40:35je ne vois pas
00:40:36tellement de possibilités
00:40:38en dehors
00:40:38d'une crise majeure
00:40:40parce que sinon,
00:40:41les gens ne transféreront pas
00:40:42de la même manière.
00:40:43Ils ont créé
00:40:44un outil fédéral,
00:40:45évidemment,
00:40:46le plus connu,
00:40:46c'est la BCE
00:40:47avec l'euro,
00:40:48mais parce que
00:40:49l'enjeu politique
00:40:50n'était pas ressenti
00:40:51par les gens.
00:40:51Donc,
00:40:51c'était faisable
00:40:52politiquement.
00:40:53Ce n'est pas faisable
00:40:54dans les autres domaines.
00:40:55Vous n'allez pas transférer,
00:40:56par exemple,
00:40:56la Sécurité sociale
00:40:57ou des choses comme ça.
00:40:58Donc,
00:41:00le transfert
00:41:00est très difficile.
00:41:01Donc,
00:41:02le seul moyen,
00:41:02ça serait une crise
00:41:03extrêmement grave
00:41:04et qu'à ce moment-là,
00:41:05les gens affolés
00:41:07se retournent
00:41:07vers un pouvoir
00:41:08à Bruxelles.
00:41:09Est-ce que ça ne serait pas
00:41:09justement une guerre
00:41:10avec la Russie ?
00:41:12Oui.
00:41:12Est-ce que certains
00:41:15dirigeants européens
00:41:15semblent vouloir chercher
00:41:17qui pourraient accélérer
00:41:18le processus ?
00:41:19Certains ont ça en tête,
00:41:20je pense.
00:41:21Certains ont ça en tête.
00:41:22L'ennui,
00:41:22c'est que c'est un mauvais calcul
00:41:23pour deux raisons.
00:41:24D'abord,
00:41:24parce que les Européens
00:41:25ne sont absolument pas d'accord
00:41:26entre eux
00:41:27par rapport à la Russie.
00:41:28Si vous voulez,
00:41:29entre la surexcitation
00:41:31extrêmement émotionnelle
00:41:32et compréhensible
00:41:33des Baltes
00:41:34ou des Polonais
00:41:34et puis la position,
00:41:36par exemple,
00:41:37des Espagnols,
00:41:37on est quand même
00:41:38extraordinairement loin,
00:41:39y compris physiquement.
00:41:40Donc,
00:41:40ils ne sont pas d'accord
00:41:41et puis deuxièmement,
00:41:42parce qu'il n'y a pas
00:41:43d'Europe de la défense
00:41:44dans les États-Unis.
00:41:46Donc,
00:41:46il est parfaitement impossible
00:41:48d'imaginer un pouvoir européen
00:41:50s'affirmant
00:41:51dans l'omène de la défense
00:41:52de manière autonome
00:41:52par rapport aux États-Unis.
00:41:53Il n'y a absolument pas les bases.
00:41:55– Oui,
00:41:55les Polonais,
00:41:56les Allemands
00:41:57achètent des F-35.
00:41:58– Ils achètent des F-35,
00:42:00donc ils utilisent
00:42:01du matériel américain
00:42:02alors qu'il y a
00:42:03un produit européen,
00:42:05mais dans d'autres domaines,
00:42:06il n'y a rien
00:42:06ou pas assez.
00:42:08Je veux dire,
00:42:08entre la couverture,
00:42:10par exemple,
00:42:11par satellite
00:42:11qu'actuellement,
00:42:12les Américains
00:42:13donnent à l'Ukraine
00:42:14et qu'on commence
00:42:15à le retirer
00:42:16au compte-gout
00:42:17dans l'actualité,
00:42:19mais ça montre très bien
00:42:20qu'effectivement,
00:42:20ils ont un outil
00:42:21qu'on n'a pas
00:42:22ou pas du tout
00:42:23dans les mêmes proportions.
00:42:23On en a un peu,
00:42:24mais on n'a pas du tout
00:42:24dans les mêmes proportions.
00:42:26Donc on est très loin.
00:42:26– Ce serait l'intérêt
00:42:27des Américains
00:42:28que l'Union européenne,
00:42:29c'est ce qu'elle est en train
00:42:30de faire,
00:42:30fasse le boulot,
00:42:31c'est-à-dire fasse la guerre
00:42:33à la Russie ?
00:42:33– Non,
00:42:34parce que je ne pense pas
00:42:34que ce soit nécessairement
00:42:35l'intérêt des États-Unis
00:42:37directement.
00:42:39Parce que,
00:42:39les États-Unis de Trump,
00:42:41c'est clair,
00:42:42préfèreraient une paix
00:42:43et puis faire des affaires
00:42:44avec les Russes.
00:42:44Il n'y a pas le moins de doute.
00:42:46Parce que le partenaire
00:42:46économique russe
00:42:47est mille fois plus intéressant
00:42:48que le partenaire ukrainien.
00:42:50Bon,
00:42:51mais lui préfèrerait ça.
00:42:52Mais ce n'est pas que lui.
00:42:53C'est-à-dire,
00:42:54encore une fois,
00:42:55autant dans le style
00:42:56et l'idéologie utilisée,
00:42:59Trump est très différent
00:43:00des autres,
00:43:00des démocrates,
00:43:01autant sur la politique réelle
00:43:03qui est menée,
00:43:03la continuité est beaucoup
00:43:05plus grande,
00:43:05beaucoup plus grande.
00:43:06Et d'ailleurs,
00:43:07les désaccords de fonds
00:43:08au Congrès
00:43:09sont beaucoup plus faibles
00:43:10que ce qu'on pourrait
00:43:12s'attend de ce côté-ci
00:43:13de l'Atlantique.
00:43:14– La France reste sous
00:43:16la menace
00:43:17d'un choc économique
00:43:18à cause de cette guerre
00:43:20au Moyen-Orient
00:43:20qui pèse sur l'inflation,
00:43:23sur notre croissance.
00:43:24Quelles peuvent être
00:43:25les conséquences économiques
00:43:26pour la France
00:43:27si le conflit
00:43:28devait durer encore
00:43:29jusqu'en 2027 et plus ?
00:43:31– Oui, durer
00:43:32ou surtout s'aggraver.
00:43:33Parce qu'il faut voir
00:43:34qu'il y a quand même
00:43:35un effort considérable
00:43:36qui est fait par les pays
00:43:37du Golfe
00:43:38pour contourner le problème.
00:43:39C'est-à-dire
00:43:40pour acheminer le pétrole
00:43:41autrement,
00:43:43acheminer le pétrole
00:43:44par voie terrestre.
00:43:45C'est ce que font maintenant
00:43:46de façon importante
00:43:47les Séoudiens.
00:43:48Ce que tentent à faire
00:43:50les Émirats
00:43:50puisqu'ils sont
00:43:52des deux côtés
00:43:53du détroit d'Hormuz.
00:43:56Ce qui pourrait être fait
00:43:57pour l'Irak
00:43:57en en passant
00:43:58plus au nord.
00:43:59C'est-à-dire
00:43:59tout le monde cherche
00:44:01d'autres voies
00:44:01ou avec des pétroliers
00:44:02beaucoup plus petits
00:44:03qui passent à travers.
00:44:04Donc il y a ces voies-là.
00:44:06Et puis tout simplement
00:44:07d'ailleurs acheter
00:44:08du pétrole ailleurs
00:44:08ou en faisant
00:44:09comme fait M. Trump
00:44:10c'est-à-dire en disant
00:44:11bon ben écoutez juste
00:44:12il y a des priorités.
00:44:13Moi je veux faire baisser
00:44:15le prix du pétrole
00:44:16donc je relâche
00:44:18la pression sur les Russes.
00:44:19Il lève les sanctions.
00:44:20Il lève certaines sanctions
00:44:22et notamment
00:44:23en matière pétrolière.
00:44:25Donc autrement dit
00:44:27même si ça continue
00:44:30de manière analogue
00:44:31à ce que c'est aujourd'hui
00:44:33c'est pénible
00:44:34c'est pénible
00:44:34mais ça ne radicalise pas.
00:44:37Alors évidemment
00:44:37la situation peut se radicaliser
00:44:39sur le terrain militaire.
00:44:40Parce que regardez
00:44:41les outils
00:44:41sont quand même capables
00:44:42de neutraliser
00:44:44l'aéroport de Riyad.
00:44:46M. Mohamed Ben Salman
00:44:47n'est pas très content
00:44:48actuellement.
00:44:49– Et de boucher le détroit
00:44:50de la pandémie.
00:44:50– Et puis il appelle
00:44:51son ami Trump
00:44:53et il fait du golfe.
00:44:55Donc il y a un vrai
00:44:58là il peut y avoir
00:44:59une radicalisation militaire
00:45:01parce qu'on s'aperçoit
00:45:03que le petit peut
00:45:04s'il s'y prend bien
00:45:05et ils ne sont pas idiots
00:45:06peut non pas gagner une guerre
00:45:08mais il peut gêner
00:45:09très considérablement.
00:45:11Est-ce que ça entraîne
00:45:12une aggravation massive
00:45:13sur le marché pétrolier ?
00:45:15Ce n'est pas évident.
00:45:16Il me semble qu'il y a
00:45:16plutôt pas mal de résilience
00:45:18là-dessus.
00:45:19Parce que visiblement
00:45:20au début les gens
00:45:21sont complètement saisis
00:45:23et surpris.
00:45:23Je veux dire
00:45:24les exportateurs de pétrole
00:45:27et puis après
00:45:27ils réagissent
00:45:28et ils cherchent
00:45:28à trouver d'autres moyens.
00:45:30– La guerre en Ukraine
00:45:32se poursuit
00:45:33depuis février 2022.
00:45:36Selon vous
00:45:36quels critères
00:45:38devraient conduire
00:45:39un pays à négocier ?
00:45:41– Moi j'avais écrit
00:45:42un livre sur la guerre juste.
00:45:44Vous savez
00:45:44la théorie catholique
00:45:45de la guerre juste
00:45:46qui à mon avis
00:45:46là je suis en désaccord
00:45:48templé avec le pape François
00:45:49je pense qu'elle est
00:45:50complètement pertinente.
00:45:51C'est-à-dire que
00:45:52dans la guerre juste
00:45:53il y a l'idée
00:45:53qu'elle est juste
00:45:54évidemment
00:45:54que vous avez
00:45:55une juste cause
00:45:56etc.
00:45:56Tout ce qu'on peut imaginer.
00:45:58Et puis il y a aussi
00:45:58le fait que vous avez
00:46:00des chances raisonnables
00:46:01de gagner
00:46:02et deuxièmement
00:46:03que vous êtes sûr
00:46:03qu'en faisant la guerre
00:46:04ou en la continuant
00:46:05la situation
00:46:07peut raisonnablement
00:46:08être meilleure
00:46:08que si vous ne la faites pas.
00:46:10Donc il y a une considération
00:46:11de réalisme.
00:46:12Parce que de toute façon
00:46:12comme la guerre
00:46:13est mauvaise en soi
00:46:14le fait de la faire
00:46:15est mauvais.
00:46:16Il faut que vous ayez
00:46:16convaincu
00:46:17que ça va être
00:46:18nettement mieux.
00:46:19Bon, est-ce qu'on peut
00:46:21raisonnablement espérer
00:46:22du point de vue ukrainien
00:46:23qui regagne leur territoire
00:46:25actuellement occupé
00:46:26par les Russes ?
00:46:26La seule hypothèse
00:46:28c'est un effondrement
00:46:28de la Russie.
00:46:29C'est possible
00:46:30intellectuellement
00:46:30c'est concevable
00:46:31mais ce n'est pas jouable.
00:46:32On ne peut pas
00:46:33raisonnablement parier
00:46:34là-dessus.
00:46:35Donc à un moment donné
00:46:36il faut arrêter.
00:46:36– Et surtout
00:46:37est-ce que les habitants
00:46:38du Donbass
00:46:38voudraient être
00:46:39réintégrés à l'Ukraine ?
00:46:41– En plus
00:46:41les habitants du Donbass
00:46:42sont bombardés depuis 2014.
00:46:43– C'est des russophones
00:46:44qui sont bombardés
00:46:44depuis l'époque.
00:46:45Donc c'est clair
00:46:47qu'au moment de Maïdan
00:46:48l'Ukraine a pris
00:46:50une option
00:46:50à mon avis
00:46:51très dangereuse
00:46:52d'antagoniser
00:46:53sa population russophone
00:46:55qui se sentait
00:46:56dans une certaine mesure
00:46:57russe
00:46:57mais s'accommodait
00:46:58d'être dans l'Ukraine.
00:46:59Et donc
00:47:00ils ont pris
00:47:00un virage dangereux.
00:47:03Le Poutine
00:47:03avec ses méthodes
00:47:04ultra-violentes
00:47:05a réagi
00:47:06comme il a réagi.
00:47:07Il se trouve
00:47:08que l'armée de Poutine
00:47:09n'était pas autant
00:47:10à la hauteur
00:47:10qu'il le croyait
00:47:11et donc
00:47:12il n'a pas eu
00:47:12la victoire facile
00:47:14qu'ils espéraient
00:47:15et que d'ailleurs
00:47:15la plupart des gens
00:47:16croyaient
00:47:16qu'il allait se produire.
00:47:18– Les méthodes
00:47:18ultra-violentes
00:47:19il n'a fait que défendre
00:47:20les russophones
00:47:21qui l'appelaient
00:47:22à un secours.
00:47:23– Non, parce qu'il pouvait
00:47:24faire ça
00:47:24en n'envahissant
00:47:25que le Donbass
00:47:26pas en allant
00:47:26jusqu'à Kiev.
00:47:27Donc là
00:47:28il est allé
00:47:29beaucoup plus loin.
00:47:29C'est-à-dire qu'à un moment donné
00:47:30au lieu de jouer
00:47:31dans un coin
00:47:33il a renversé la table.
00:47:36Si son armée
00:47:37était autant
00:47:38à la hauteur
00:47:38qu'il le croyait
00:47:39c'était jouable
00:47:40cyniquement
00:47:40de son côté.
00:47:41Mais elle n'était pas.
00:47:43Et les Ukrainiens
00:47:44il faut bien le dire
00:47:45se sont plutôt bien défendus
00:47:46ils ont été courageux
00:47:47très résilients
00:47:48et puis ils ont été
00:47:49beaucoup aidés
00:47:49par les occidentaux
00:47:51les américains
00:47:51et les européens
00:47:52maintenant un peu moins
00:47:53les américains
00:47:54mais quand même
00:47:55de façon décisive.
00:47:56Si les américains
00:47:56arrêtaient complètement
00:47:57il n'y aurait plus rien.
00:47:58– Vous évoquiez à l'instant
00:47:59Pierre Delosin
00:48:00le fait que les américains
00:48:02sont en train
00:48:02de retirer
00:48:03leur appui
00:48:05technologique
00:48:06à l'Ukraine
00:48:06avec ce réseau satellitaire
00:48:08celui de M. Musk
00:48:11Kiev n'aurait pas été averti
00:48:13semble-t-il
00:48:13que les russes
00:48:14allaient attaquer
00:48:15est-ce qu'on est
00:48:15au début
00:48:16de la fin
00:48:17de cette guerre
00:48:18finalement ?
00:48:18– Ça dépend
00:48:18le problème avec M. Trump
00:48:20qui joue d'ailleurs
00:48:21c'est sur la certitude
00:48:22sur ses intentions
00:48:23c'est-à-dire
00:48:24est-ce qu'il est en train
00:48:24d'envoyer une baffe
00:48:26à Zelensky
00:48:26pour l'obliger
00:48:27à faire ceci ou cela
00:48:28et notamment à négocier
00:48:29ou est-ce qu'il a
00:48:31un virage stratégique ?
00:48:33Bon c'est pas
00:48:34vu le personnage
00:48:35c'est pas facile
00:48:35parce qu'il n'est pas évident
00:48:36qu'il le sache lui-même
00:48:38parce que c'est un négociateur
00:48:40c'est un promoteur immobilier
00:48:42il est en négociation
00:48:43et il vous regarde
00:48:44comme il discute
00:48:45discuter avec un maire
00:48:46ou un gouverneur d'État
00:48:47pour implanter un casino
00:48:49donc c'est pas
00:48:51le mot de raisonnement
00:48:52classique des politiques
00:48:54– C'est le joueur de poker
00:48:56contre le joueur d'échec
00:48:57– C'est un joueur de poker
00:48:59mais joueur de poker
00:49:00à terme un peu trop court
00:49:02à mon avis
00:49:02– Il n'y a pas un super beau jeu
00:49:04– C'est pas le meilleur
00:49:05joueur de poker
00:49:05il y a mieux
00:49:06– Alors
00:49:07le nouvel ordre économique
00:49:09monétaire
00:49:11international
00:49:12Pierre Delosin
00:49:13on voit l'émergence
00:49:14des BRICS
00:49:15remettre en cause
00:49:16la monnaie
00:49:18dollar
00:49:19est-ce que
00:49:20ces puissances
00:49:22peuvent transformer
00:49:23le système monétaire
00:49:25international
00:49:25selon vous ?
00:49:26– Je dirais
00:49:27l'intention
00:49:28qui est affichée
00:49:29c'est clair
00:49:29c'est une intention
00:49:30d'autonomisation
00:49:31donc ils veulent faire
00:49:32sur le plan monétaire
00:49:33ce que se produit déjà
00:49:34sur le plan économique
00:49:35et notamment industriel
00:49:36sur le plan économique
00:49:37et industriel
00:49:38il y a 50 ans
00:49:40la suprématie occidentale
00:49:41était totale
00:49:41maintenant on est
00:49:43dans une situation
00:49:43où la Chine
00:49:46elle-même
00:49:46a émergé
00:49:47comme de très loin
00:49:48la première puissance
00:49:48industrielle de la planète
00:49:49donc là
00:49:50il y a eu
00:49:51un basculement
00:49:52et c'est pas limité
00:49:52à la Chine
00:49:53les pays
00:49:54prenons l'Inde
00:49:54par exemple
00:49:55qui a des très grandes ambitions
00:49:56aussi
00:49:57à mon avis
00:49:57assez fondées
00:49:58parce que c'est un pays
00:49:59de gens très compétents
00:50:00et très travailleurs
00:50:02et donc
00:50:03l'Inde a bien l'intention
00:50:04d'être une puissance
00:50:05et puis il y a des puissances
00:50:06moyennes
00:50:06qui comptent
00:50:07on le voit
00:50:07au Moyen-Orient
00:50:08même puissance moyenne
00:50:10même aux abois
00:50:11comme l'Iran
00:50:11arrivent à résister
00:50:12donc il y a
00:50:14un éclatement
00:50:15du pouvoir
00:50:15qui est considérable
00:50:18avec des gens
00:50:19qui sont de plus en plus
00:50:19différents
00:50:20convergent pas
00:50:21du tout
00:50:21comme on croyait
00:50:22après la tombée
00:50:22de l'URSS
00:50:23convergent pas
00:50:24ils sont divergents
00:50:25donc faire un ordre
00:50:27sur ces bases là
00:50:28c'est pas simple
00:50:28alors vous avez des éléments
00:50:30qui restent
00:50:31par exemple
00:50:31le rôle du dollar
00:50:32subsiste
00:50:33mais subsiste en partie
00:50:35par défaut
00:50:35parce que c'est un truc
00:50:37pratique qui reste
00:50:38faire l'équivalent
00:50:40surtout sur la base
00:50:41du yann chinois
00:50:42alors que les chinois
00:50:43ne veulent pas
00:50:44une liberté de circulation
00:50:45des capitaux
00:50:46parce qu'ils veulent contrôler
00:50:47à mon avis
00:50:48c'est pas très facile
00:50:49en revanche
00:50:50ce qu'ils peuvent développer
00:50:50c'est des moyens de paiement
00:50:51ou des moyens
00:50:53d'investissement
00:50:54alternatifs
00:50:55par exemple
00:50:56des échanges basés
00:50:57sur les monnaies réciproques
00:50:58comme ils le font
00:50:58de plus en plus
00:50:59ou basés sur d'autres monnaies
00:51:02ça ils peuvent le faire
00:51:03mais ça ne remplace pas
00:51:06le rôle qu'avait le dollar
00:51:07donc il y a deux hypothèses
00:51:08c'est-à-dire
00:51:09où il reste malgré tout
00:51:10un certain rôle du dollar
00:51:11ou alors il y a un éclatement
00:51:13avec une multitude de systèmes
00:51:15On assiste
00:51:16ce sera ma dernière question
00:51:18Pierre Delosin
00:51:18à une accélération
00:51:19de l'histoire
00:51:20notamment depuis
00:51:22cette crise
00:51:23du Covid
00:51:24dans les mois à venir
00:51:26qu'est-ce que vous pourriez dire
00:51:27pour rassurer
00:51:29ceux qui nous regardent ?
00:51:31Alors
00:51:32le objectif premier
00:51:33surtout pas rassurer
00:51:34ceux qui nous regardent
00:51:35surtout pas
00:51:36parce qu'il faut se dire
00:51:37on vit dans un monde
00:51:38qui n'est pas nécessairement
00:51:39un enfer ou horrible
00:51:40mais c'est un monde
00:51:42c'est un monde dur
00:51:43c'est un monde
00:51:44où on a
00:51:45on a enlevé les gants
00:51:46c'est-à-dire
00:51:47les gens cognent
00:51:48beaucoup plus directement
00:51:49bien sûr
00:51:50il y avait la concurrence
00:51:51et il y avait la violence avant
00:51:52mais c'était plus enrobé
00:51:53c'était plus gentil
00:51:55et puis surtout
00:51:55il y avait des dominantes
00:51:57qui restaient
00:51:57il y avait
00:51:59l'ombre des Etats-Unis
00:52:00surtout
00:52:01qui avait des gros défauts
00:52:02mais qui avait un avantage
00:52:03de stabilité relative
00:52:05là on rentre dans un monde
00:52:06qui est assez notablement différent
00:52:07quand on dit qu'on y rentre
00:52:08on y rentre
00:52:09sur 10 ans
00:52:1015 ans
00:52:1020 ans
00:52:10mais dans 30 ans
00:52:11on se rend dans un monde
00:52:12radicalement différent
00:52:13qu'on a dû la peine
00:52:15à imaginer
00:52:15surtout qu'on a encore
00:52:16comment vous pourriez le qualifier
00:52:17vous dites un monde différent
00:52:18un monde différent
00:52:19c'est-à-dire un monde
00:52:20par exemple
00:52:21comme on dit multipolaire
00:52:22beaucoup plus multipolaire
00:52:23mais multipolaire
00:52:24extrêmement hétérogène
00:52:25à la grosse masse
00:52:27multipolaire c'est-à-dire multirisque
00:52:28ça veut dire
00:52:29que vous avez un tas
00:52:29de centres de pouvoir
00:52:30très différents
00:52:31en compétition
00:52:32ou en coopération
00:52:34qui vont du très gros
00:52:36américain au chinois
00:52:37ou tout petit local
00:52:38mais qui peut casser
00:52:39des pieds au très gros
00:52:40et vous avez
00:52:42entre ces mondes-là
00:52:44beaucoup moins de
00:52:46ou de règles du jeu
00:52:47ou de pratiques prévisibles
00:52:49donc l'imprévisible
00:52:50est beaucoup plus important
00:52:51et en même temps
00:52:52c'est un monde
00:52:53où les relations réciproques
00:52:55sont beaucoup plus fortes
00:52:56donc on m'en dit
00:52:56les gens ont la possibilité
00:52:58de vous embêter
00:52:58bien plus qu'ils ne l'avaient avant
00:53:00encore une fois
00:53:01l'URSS
00:53:01pouvait nous envahir
00:53:03militairement
00:53:03mais en dehors de ça
00:53:04elle n'existait pas pour nous
00:53:06là
00:53:06il faut imaginer
00:53:07une URSS
00:53:08qui aurait un rôle majeur
00:53:09dans nos économies
00:53:12Merci à vous Pierre
00:53:14Delosin
00:53:14d'avoir accepté
00:53:15notre invitation
00:53:16vous serez
00:53:17réinvité
00:53:18avec plaisir
00:53:19merci à vous tous
00:53:20de nous avoir suivis
00:53:22tout de suite
00:53:23après cet entretien
00:53:24vous pouvez
00:53:25comme d'habitude
00:53:25retrouver
00:53:26la chronique économique
00:53:27et financière
00:53:27de Philippe Béchade
00:53:28et quant à nous
00:53:29on se retrouve
00:53:29la semaine prochaine
00:53:31à bientôt
00:53:31salut
00:53:52Bonjour et bienvenue
00:53:54pour ce rendez-vous
00:53:55hebdomadaire
00:53:56de décryptage
00:53:56de l'actualité économique
00:53:57et géopolitique
00:53:58en mode affranchi
00:54:00et je salue tous les abonnés
00:54:01de TV Liberté
00:54:02pour cette édition
00:54:04que je vais intituler
00:54:05l'Europe veut-elle finir
00:54:07de tout effondrer
00:54:09en France
00:54:09avant mai 2027
00:54:12la question
00:54:13se pose
00:54:15littéralement
00:54:17avec
00:54:18de nouvelles
00:54:19directives
00:54:20qui continuent
00:54:21de pleuvoir
00:54:22une
00:54:23de celles
00:54:24dont on devrait
00:54:24réellement se préoccuper
00:54:26c'est
00:54:27une proposition
00:54:29qui
00:54:31interdirait
00:54:31au Parlement
00:54:33des pays membres
00:54:34de l'UE
00:54:35de s'opposer
00:54:37à des décisions
00:54:39venant
00:54:39de Bruxelles
00:54:40ce serait
00:54:41le dernier
00:54:42clou planté
00:54:43dans la perte
00:54:44de souveraineté
00:54:46des différents
00:54:46États
00:54:47alors la France
00:54:48je dirais
00:54:48qu'elle n'a pas
00:54:49de soucis à se faire
00:54:49puisque c'est
00:54:51l'élève
00:54:51le plus
00:54:52zélé
00:54:53de la trajectoire
00:54:54vers l'eurofédéralisation
00:54:56mais la France
00:54:58est dans une situation
00:54:59quand même
00:54:59assez particulière
00:55:01avec une dette
00:55:02qui atteindra
00:55:03prochainement
00:55:04les 3600 milliards
00:55:07qui pourrait bien
00:55:08atteindre
00:55:083008
00:55:09en 2027
00:55:12avec
00:55:13un budget
00:55:14qui apparaît
00:55:15aujourd'hui
00:55:15comme une équation
00:55:17impossible
00:55:18mais l'UE
00:55:20qui continue
00:55:20d'imposer
00:55:21par exemple
00:55:22son Green Deal
00:55:23c'est-à-dire
00:55:24toujours plus
00:55:25d'investissement
00:55:25dans les moulins
00:55:26à vent
00:55:27dans les panneaux
00:55:28photovoltaïques
00:55:29dans le renouvelable
00:55:31en général
00:55:32alors que la France
00:55:32ne manquait évidemment
00:55:33pas de kilowatts
00:55:35mais aujourd'hui
00:55:36elle croule
00:55:36sous les kilowatts
00:55:38qui lui coûtent
00:55:39une blinde
00:55:40en tout cas
00:55:41à chaque citoyen français
00:55:42à chaque PME
00:55:44et ses coûts énergétiques
00:55:46sont tellement élevés
00:55:47aujourd'hui
00:55:47que l'on en est
00:55:49maintenant
00:55:49à 72 000
00:55:51faillites
00:55:52en rythme annuel
00:55:54enfin
00:55:54sur 12 mois glissants
00:55:56il y a un mois
00:55:57c'était 70 000
00:55:59c'était déjà un record
00:56:0072 000
00:56:01en voici
00:56:02un nouveau
00:56:03et quand il y a
00:56:05autant de faillites
00:56:06et compter
00:56:07environ
00:56:085 chômeurs
00:56:09par entreprise
00:56:09qui met la clé
00:56:10sous la porte
00:56:11eh bien
00:56:12il est évident
00:56:14que
00:56:14les recettes
00:56:16assises
00:56:16sur les salaires
00:56:18vont diminuer
00:56:19bah oui
00:56:19moins de salariés
00:56:20plus de chômeurs
00:56:22mais surtout
00:56:2272 000 entreprises
00:56:24qui font faillite
00:56:26eh bien
00:56:26ce sont des impayés
00:56:29pour les banques
00:56:30or
00:56:30aujourd'hui
00:56:31on a un véritable
00:56:32souci
00:56:33au niveau
00:56:34non seulement
00:56:35de la dette
00:56:35de l'État français
00:56:36mais également
00:56:37des entreprises
00:56:39alors certes
00:56:40ça n'atteint pas
00:56:41l'échelle qu'on connaît
00:56:42aux États-Unis
00:56:42avec le boom
00:56:44de l'IA
00:56:44néanmoins
00:56:46en France
00:56:47comme aux États-Unis
00:56:48on commence à voir
00:56:49toutes les catégories
00:56:50de crédit
00:56:52faire l'objet
00:56:53d'une forte hausse
00:56:54des taux de défaut
00:56:55crédit à la conso
00:56:57crédit auto
00:56:58et crédit immo
00:57:00bon
00:57:00en France
00:57:01évidemment
00:57:01avec des taux
00:57:02à 4,75
00:57:03il n'y a plus
00:57:04ou quasiment plus
00:57:06aucun crédit immobilier
00:57:08qui se signe
00:57:09et ça pourrait être
00:57:10définitivement gelé
00:57:12d'ici fin octobre
00:57:13si jamais la Fed
00:57:14décidait d'augmenter
00:57:16ses taux
00:57:16on ne doute pas
00:57:17que la BCE
00:57:18ne tarderait pas
00:57:19à en faire autant
00:57:20et ça c'est vrai
00:57:21que si les taux
00:57:22grimpent
00:57:23et bien pour la France
00:57:24c'est évidemment
00:57:24un poison mortel
00:57:27on a un refinancement
00:57:29sur une durée moyenne
00:57:31de 8 ans
00:57:32et 3 mois
00:57:32en France
00:57:33aujourd'hui
00:57:348 ans
00:57:343 mois
00:57:35vous faites la moyenne
00:57:35on est à 4,3%
00:57:38de coût de refinancement
00:57:40c'est juste
00:57:42gigantesque
00:57:43donc la France
00:57:44est bien sûr
00:57:45sous pression
00:57:46on nous dit
00:57:47que la France
00:57:48est la nouvelle Grèce
00:57:50alors c'est vrai
00:57:51que quand on voit
00:57:52l'état de nos finances
00:57:54et la trajectoire
00:57:55on peut se montrer
00:57:56inquiet
00:57:57mais
00:57:58alors là
00:57:58je vais essayer
00:57:59de vous rassurer
00:58:01bien sûr
00:58:02la France
00:58:02n'est pas la Grèce
00:58:03avec une dette
00:58:05supérieure
00:58:07par un facteur 10
00:58:08à ce qui était
00:58:09celle de la Grèce
00:58:10au moment de sa faillite
00:58:11mais surtout
00:58:12aujourd'hui
00:58:12regardez en Europe
00:58:13il y a également
00:58:14l'Italie
00:58:15dont les taux longs
00:58:17flirtent avec
00:58:18les 4,40%
00:58:19les 4,50%
00:58:21et avec une dette
00:58:23qui est supérieure
00:58:25en masse
00:58:26à celle de la France
00:58:27on est au-delà
00:58:27de 4 000 milliards
00:58:28vous rajoutez
00:58:30là-dessus
00:58:30la Belgique
00:58:32qui connaît
00:58:34également
00:58:34une situation
00:58:35de déficit
00:58:36et de non-croissance
00:58:37comparable à la France
00:58:39et là vous voyez
00:58:39que ça fait au moins
00:58:40trois pays
00:58:41où la trajectoire
00:58:42de la dette
00:58:43n'est pas tenable
00:58:44quoi qu'on fasse
00:58:45si on reste
00:58:47au-delà
00:58:47de 4,5%
00:58:50ce qui signifie
00:58:51que la BCE
00:58:52ne doit pas
00:58:53traiter seulement
00:58:54le cas
00:58:54de la France
00:58:56auquel cas
00:58:56elle pourrait
00:58:57effectivement
00:58:57nous faire
00:58:58les gros yeux
00:59:00nous imposer
00:59:01des réformes
00:59:02etc
00:59:02non là
00:59:03ça devient
00:59:04carrément
00:59:04systémique
00:59:05au niveau
00:59:06européen
00:59:07donc la BCE
00:59:08va certainement
00:59:09devoir intervenir
00:59:11pour sauver
00:59:12quelque part
00:59:13nos émissions
00:59:15obligataires
00:59:15mais également
00:59:16celles de l'Italie
00:59:17celles de la Belgique
00:59:18et puis un autre aspect
00:59:19qu'il ne faut pas négliger
00:59:20BlackRock
00:59:22est le premier
00:59:23créancier
00:59:24privé
00:59:25de la France
00:59:26BlackRock
00:59:27dont le président
00:59:28d'Arifing
00:59:29souligne
00:59:29qu'à l'échelle mondiale
00:59:32on manque maintenant
00:59:33de liquidités
00:59:33pour faire face
00:59:34à toutes les dettes
00:59:35celles des états
00:59:36puis les investissements
00:59:38massifs dans l'IA
00:59:39plus de 1000 milliards
00:59:40aux Etats-Unis
00:59:41et BlackRock
00:59:43évidemment
00:59:43c'est un espèce
00:59:45de paquebot
00:59:46énorme
00:59:47un super tanker
00:59:48de 15 500 milliards
00:59:51d'encours
00:59:52sous gestion
00:59:53et là
00:59:55BlackRock
00:59:55n'a pas trop
00:59:56le choix
00:59:57finalement
00:59:57que de continuer
00:59:58à acheter
00:59:59des OAT françaises
01:00:01parce que
01:00:01quand on est aussi gros
01:00:03on est obligé
01:00:04évidemment
01:00:05de puiser
01:00:06dans un gisement
01:00:07d'emprunt
01:00:08qui a une certaine
01:00:09profondeur
01:00:11imaginez pas
01:00:12que BlackRock
01:00:12fasse des lignes
01:00:13à moins de 50 milliards
01:00:15donc
01:00:15la dette française
01:00:17la dette italienne
01:00:18dans une moindre mesure
01:00:19la dette allemande
01:00:21moins intéressante
01:00:22sur un plan
01:00:23de rémunération
01:00:24et bien
01:00:24ont la bonne taille
01:00:26pour un géant
01:00:28comme BlackRock
01:00:29alors évidemment
01:00:30il y a eu une alerte
01:00:31avec la liquidation
01:00:33de ces OAT
01:00:35par la banque
01:00:35Sumitomo Mitsui
01:00:37il y a une dizaine
01:00:38de jours
01:00:39mais ça
01:00:41c'est peut-être
01:00:41une des conséquences
01:00:42secondaires
01:00:44de l'effort
01:00:45de Scott Besant
01:00:46pour faire remonter
01:00:48le Yen
01:00:48sans faire trop baisser
01:00:50le dollar
01:00:50et oui
01:00:51Scott Besant
01:00:51a recommandé
01:00:52aux institutionnels
01:00:53japonais
01:00:53de vendre d'abord
01:00:54des dettes en Europe
01:00:55plutôt qu'aux Etats-Unis
01:00:56bon
01:00:56quand on vend
01:00:57on commence par celle
01:00:58qui a la pire allure
01:01:00et là évidemment
01:01:01il n'y a pas en photo
01:01:02c'était la dette française
01:01:03mais globalement
01:01:05des titans
01:01:06comme BlackRock
01:01:07comme Vanguard
01:01:08comme Fidelity
01:01:09State Street
01:01:10et d'autres institutions
01:01:12bancaires européennes
01:01:13vont nécessairement
01:01:15continuer d'acheter
01:01:16de la dette française
01:01:17alors ils vont
01:01:17effectivement
01:01:18se faire payer
01:01:19plus cher
01:01:20mais ils vont
01:01:21continuer d'acheter
01:01:23en ce qui concerne
01:01:25l'inflation
01:01:26qui conditionne
01:01:27les futures hausses
01:01:28de taux
01:01:28et bien sachez
01:01:29que pour l'instant
01:01:30le prix du baril
01:01:32ne rebaisse pas
01:01:33mais c'est surtout
01:01:33le coût des carburants
01:01:35qui lui va rester
01:01:36extrêmement élevé
01:01:36parce que
01:01:38Zelensky continue
01:01:39de bombarder
01:01:40les raffineries
01:01:42russes
01:01:43même très très loin
01:01:45de ses frontières
01:01:47de couler
01:01:48des pétroliers
01:01:49en mer noire
01:01:51tandis que
01:01:52les Houthis
01:01:52eux ont pris
01:01:53pour cible
01:01:54les installations
01:01:55pétrolières
01:01:56de Saoudi
01:01:56à Ramco
01:01:57alors on avait déjà
01:01:58l'embrasement
01:02:00du golfe Persique
01:02:01maintenant
01:02:01vous avez
01:02:03l'Arabie saoudite
01:02:04qui est sous le feu
01:02:05des rebelles Houthis
01:02:07ces installations
01:02:08pétrolières
01:02:09sont port pétrolier
01:02:10de Yanbu
01:02:10et c'est par là
01:02:11que sort
01:02:12une partie du carburant
01:02:13qui arrive
01:02:14en Europe
01:02:15donc
01:02:16vous avez bien compris
01:02:17que
01:02:17avec
01:02:18la non-résolution
01:02:20des conflits
01:02:20le prix des carburants
01:02:21va demeurer
01:02:22élevé
01:02:23et ne comptez pas
01:02:24sur les Américains
01:02:25qui vont acheter
01:02:26du diesel
01:02:28auprès de la Russie
01:02:29et qui vont ensuite
01:02:30le faire livrer
01:02:31directement de Sibérie
01:02:32jusqu'à Hambourg
01:02:34ou Rotterdam
01:02:34pour nous faire
01:02:36un prix
01:02:36d'amis
01:02:37c'est pas le genre
01:02:38de la maison
01:02:38pour vous remercier
01:02:39de votre fidélité
01:02:40vous pouvez télécharger
01:02:41gratuitement
01:02:41notre rapport spécial
01:02:43qui contient
01:02:44nos solutions
01:02:45pour préserver
01:02:46votre épargne
01:02:47face à la faillite
01:02:48économique
01:02:48de la France
01:02:50laquelle met en danger
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01:02:57merci
01:02:59et à bientôt
01:03:00merci
01:03:01merci
01:03:04à bientôt