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  • il y a 7 heures
Entre croissance poussive, explosion des faillites, dette publique, emploi, compétitivité et avenir des retraites, où en est réellement notre économie ? Invité exceptionnel de David Jacquot depuis les Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, Patrick Martin, président du Medef, livre son diagnostic et ses solutions. Un entretien exclusif.
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00:27Bonjour, nouveau numéro de Pourvu que c'est dur.
00:29Pour l'émission qui rend l'éco responsable sur Public Sénat, nous sommes aux Rencontres
00:34économiques d'Aix-en-Provence, 26e édition.
00:37Public Sénat, bien sûr, est partenaire de cet élément économique incontourné à votre
00:41invité, Patrick Martin, le président du MEDEF.
00:43Bonjour.
00:44Bonjour.
00:45Merci d'être avec nous sur Public Sénat.
00:47La CGT demande l'arrêt du travail physique.
00:49Ne vous évanouissez pas au-delà de 28 degrés.
00:52Pour Sophie Binet, la France ne protège pas assez les travailleurs en extérieur des
00:56périodes de fortes chaleurs.
00:58Alors, est-ce que vous en pensez quoi ? Elle veut un chômage partiel indemnisé
01:01à 100%.
01:02Vous dites pourquoi pas, vous dites non ?
01:04Non, il y a des mesures qui ont été complétées et précisées par un décret de mai 2025
01:10prenant en compte ces situations caniculaires.
01:12Nous, on est très attentifs à ce que ce décret soit respecté.
01:17mais de là à mettre en place un système de chômage partiel, non, on ne le pense pas.
01:23Après avoir, il faut qu'on parle de la croissance française, après avoir abaissé sa prévision
01:29de croissance, il se trouve que le gouvernement de la Banque de France aujourd'hui estime qu'un
01:34scénario positif est désormais possible, notamment parce que le pétrole a rebaissé.
01:39Vous y croyez ou pas ?
01:42Alors, on a été franchement très agréablement surpris par la baisse de l'inflation.
01:47Ce serait pas mal si la BCE en tirait les conséquences.
01:49Elle est passée de 2,4% à 1,8% très rapidement.
01:53Au matin.
01:53On espère que lors de sa prochaine réunion, la BCE en tira les conséquences, c'est-à-dire
01:57revienne sur l'augmentation des taux de base qu'elle a décidé il y a 15 jours.
02:05Ça n'enlève rien aux menaces beaucoup plus structurelles qui pèsent sur notre économie.
02:09Je fais évidemment référence à l'offensive systématique des Chinois sur un nombre croissant
02:13de nos secteurs d'activité, dont des secteurs très technologiques.
02:17Et puis, l'attitude des Américains, qui est assez erratique, mais qui crée de l'aléa
02:23par vraie conséquence.
02:24Donc, on est très, très mesuré quant à un rétablissement de la croissance française
02:30qui, quoi qu'il advienne, ne sera pas suffisante.
02:32Oui, et en même temps, la croissance de 2023 et de 2024 vient d'être sensiblement révisée
02:38à la hausse par l'INSEE, portée notamment par quoi ? Par l'investissement des entreprises.
02:44Tiens, et si l'économie française, finalement, elle est mieux qu'on ne le pense et qu'on
02:47ne le croit ? 1,9% de croissance en 2023, 1,4% en 2024.
02:53Et si c'était moins pire que ce qu'on aime à dire ?
02:56Oui, alors chacun a sa grille de lecture, le verre à moitié plein, le verre à moitié vide.
03:00Nous, on est, comment dire, dévorés par l'ambition et on regarde surtout ce qui se passe
03:03chez nos plus grands concurrents.
03:05Ce que je viens d'évoquer, les Etats-Unis, la Chine.
03:07Et on est par-dessus tout préoccupé par un décrochage de la France en termes de pouvoir
03:12d'achat, alors que c'est, de manière chronique, systématique, dans toutes les enquêtes d'opinion,
03:17la principale préoccupation de nos concitoyens.
03:19Donc il faut qu'on sache répondre à cette préoccupation qui est légitime.
03:23Je rappelle que dans les années 60, il fallait 16 ans pour doubler son pouvoir d'achat.
03:28Dorénavant, il faut 106 ans.
03:29C'est ce qu'on a établi dans un document de référence qu'on vient de produire, carte sur table.
03:34Donc, comment dire les choses ? On ne peut pas se satisfaire de peu.
03:39Et donc il faut que le travail paie mieux.
03:41Et pour ça, Oumedef, vous soutenez l'idée d'une baisse de cotisation de 10 milliards d'euros
03:45qui donnerait 300 euros par an en plus pour un salarié qui est au SMIC,
03:49650 euros pour un salarié qui est à 4000 euros.
03:52Sauf que vous financez... Enfin, pas sauf, mais il y a une contrepartie.
03:55Il faut augmenter la TVA de deux points, demander un effort au retraité.
03:59Et je vous dis qu'une TVA sociale en pleine remontée de l'inflation,
04:03même si elle se calme un petit peu, on se dit que ça va créer à la fois
04:06des tensions avec les partenaires sociaux, ça va provoquer une levée de boucliers.
04:10Et on a du mal à croire que le Parlement, l'État, voteraient pour ça.
04:13Non, je n'y crois pas.
04:16D'abord, je voudrais rappeler que la TVA sociale, ça existe déjà.
04:19Il y a déjà 50 milliards d'euros de notre sécurité sociale qui sont payées par la TVA.
04:24Sur les 250 milliards de recettes fiscales de TVA.
04:27220 milliards, j'ai plus le chiffre en tête.
04:28Et 130 milliards payés par la CSG.
04:30Premier point.
04:31Deuxième point, je pense qu'il faut prendre acte.
04:33Et il me semble que l'opinion publique, progressivement, s'en rend compte
04:37que nos systèmes, que nos régimes sociaux sont totalement à bout de souffle,
04:41qu'ils pèsent trop sur le travail, je veux dire, sur les entreprises et sur les salariés.
04:45Et donc, la proposition que l'on a faite, qui effectivement conduirait à rehausser
04:49d'un peu plus de deux points, d'ailleurs, le taux de TVA normal,
04:52d'abord, n'affecterait pas le pouvoir d'achat des ménages modestes.
04:55C'est 50% de dépenses sur le logement.
04:57Il n'y a pas de TVA.
04:58Le reste, sur des dépenses alimentaires qui sont, au taux de TVA, réduits.
05:02Mais surtout, ça permettrait à l'État d'économiser 35 milliards d'euros par an.
05:08Notre proposition, 35 milliards d'euros par an.
05:10Ça permettrait de revaloriser les salaires nets de 10 milliards d'euros.
05:14Et à la fin des fins, aux entreprises, de regagner un petit peu en compétitivité
05:19et en marge de manœuvre pour revaloriser les salaires,
05:21puisqu'elles dégageraient 16 milliards d'euros.
05:24Mais certains vous diront que pour que le travail paie mieux,
05:26il n'y a qu'à augmenter les salaires.
05:28Bien sûr.
05:29Et d'ailleurs, on voit bien que les entreprises françaises se portent remarquablement bien.
05:33Je fais référence, évidemment, au nombre de faillites que l'on observe.
05:36Je fais référence au resserrement des taux de marge.
05:39Je fais référence à notre balance commerciale qui est chroniquement déficitaire.
05:42Aucune entreprise, dans aucun secteur, n'a les moyens d'augmenter ses salariés.
05:47Il y a 90 000 accords salariaux qui ont été signés l'année dernière dans les entreprises.
05:51Donc le dialogue social en entreprise, ça marche.
05:54Je crois que nos salariés, probablement plus qu'un certain nombre de responsables politiques,
05:59peut-être de responsables syndicaux interprofessionnels,
06:02sont parfaitement conscients de la dureté des temps
06:04et de la nécessité pour nos entreprises d'investir,
06:07d'améliorer leur compétitivité par rapport à leurs concurrents étrangers.
06:10Donc moi, je ne veux pas me laisser embarquer dans ces débats qui sont un peu hors sol.
06:15On rêve de pouvoir augmenter les salaires,
06:18mais encore faut-il que ce soit de manière robuste
06:21et sans mettre en péril les entreprises et donc les emplois.
06:24Le gouvernement qui plancherait sur le retour de la prime Macron,
06:28est-ce que vous y êtes favorable ?
06:30Parce qu'elle existe toujours, mais beaucoup d'exonérations fiscales ont été un petit peu rabotées, c'est ça ?
06:35Oui, mais ça c'est maladif de la part de l'État français.
06:37Un dispositif marche bien, on le remet en cause pour aller chercher des recettes de poches,
06:41faire les poches, faire les fonds de tiroirs.
06:43C'est vrai pour l'apprentissage, sur un autre registre.
06:48Ça ne répond pas à la question principale.
06:50Nous, on est vraiment très, très, très soucieux de restaurer les fondamentaux de l'économie française.
06:54Pour redonner à notre économie, donc à notre pays,
06:57une puissance qu'il est capable d'avoir ou de recouvrer,
07:00et donc ça veut dire quoi ?
07:02Ça veut dire qu'il faut remettre de l'or dans les finances publiques,
07:05ne pas inverser l'ordre des facteurs,
07:07parce que sinon on fait de la cosmétique, on fait du court-termisme,
07:10ce sont des feux de paille.
07:12Donc oui, oui, restons à la prime Macron dans sa pureté cristalline originelle,
07:16c'est-à-dire sans charge, sans impôts,
07:18mais ce n'est pas ça la réponse, j'allais dire, systémique au sujet.
07:22Autre question importante, Patrick Martin,
07:24les faillites qui n'ont jamais été aussi nombreuses,
07:27dans le délai de paiement,
07:28et les paiements qui sont plus hauts depuis 12 ans,
07:30on prend au sérieux, ce sont des signaux d'alerte aujourd'hui ?
07:34Bien sûr que ce sont des signaux d'alerte,
07:36et j'ajoute un point, c'est qu'il y a un nombre de dossiers qui augmente,
07:39mais c'est surtout une taille d'entreprise,
07:40un effectif par entreprise qui augmente dans un nombre croissant de secteurs d'activité,
07:44dont dorénavant l'industrie.
07:45Donc pas seulement des petites entreprises,
07:47mais de plus en plus des ETI ou des plus grandes entreprises ?
07:50Oui, et on est aux premières loges pour le mesurer,
07:52parce que je rappelle que ce sont les entreprises
07:54qui prennent en charge les salaires des salariés,
07:59par définition des entreprises en procédure collective,
08:01avec le régime HGS qu'on finance intégralement.
08:04Donc on est parfaitement conscient de la dangerosité de cette situation.
08:10Enfin, si on avait besoin, ou si on avait le moindre doute,
08:13quant à la fragilité de la situation économique,
08:16ça serait un sérieux rappel à l'ordre.
08:18Moi, mon désespoir, c'est que le débat public,
08:21le débat politique ne prend pas suffisamment en compte cette situation,
08:24ne prend pas suffisamment en compte la rudesse de la compétition internationale,
08:28et on est en train de tourner en rond sur des enjeux court-termistes,
08:32sur des enjeux étriqués,
08:33alors que nous, on veut redonner au pays,
08:35à la jeunesse en particulier, un espoir.
08:38Est-ce que, que disent les adhérents en termes de, je ne sais pas,
08:41d'activité, de carnet de commande ?
08:42Comment ça se passe aujourd'hui ?
08:44Est-ce que les marges, elles sont fragilisées par le retour de l'inflation ?
08:47Alors, il y a des disparités sectorielles très fortes.
08:49On se porte bien d'avoir un secteur aéronautique,
08:52un secteur de la défense, un secteur de l'énergie,
08:54qui sont en plein boom,
08:56mais, hormis ces trois secteurs,
08:58la plupart des autres se trouvent en difficulté,
09:00voire en grande difficulté.
09:01Par exemple, la relance, qu'on appelait de nos voeux,
09:04du logement, de la construction,
09:06n'arrive toujours pas.
09:08Donc, il y a une inquiétude.
09:10Ce qui est assez impressionnant,
09:11c'est que, quand on regarde les enquêtes d'opinion auprès des dirigeants,
09:14cette inquiétude, elle tient, pour une partie minoritaire,
09:17à la situation internationale,
09:19et essentiellement, à la situation politique française.
09:22D'où notre appel insistant à nos responsables politiques,
09:26quels qu'ils soient,
09:27à ce qu'ils se ressaisissent,
09:28et à ce qu'ils lèvent le nez du guidon,
09:30au-delà de la seule échéance présidentielle de 2027.
09:33– Vous sentez ou pas des signes de découragement
09:36chez certains de vos adhérents ?
09:38Il y a vraiment des chaînes d'entreprise qui disent
09:40« Ben voilà, je lève le pied, j'embauche plus,
09:43j'investis plus, je vends ma boîte ».
09:44C'est sporadique ou vraiment il y a quelque chose ?
09:46– Alors, le sentiment dominant, c'est de l'incompréhension,
09:50au regard de tout ce que je viens d'évoquer,
09:52c'est-à-dire une forme de déconnexion du débat politique
09:55au regard de la réalité, en tout cas telle qu'on l'aperçoit.
09:59Ensuite, il y a progressivement une réaction de colère,
10:03pour la même raison, en disant « Mais ils sont vraiment
10:05à côté de la plaque ».
10:06Et enfin, c'est nouveau, c'est récent, c'est minoritaire,
10:10mais ça monte, un sentiment de découragement.
10:12À quoi le mesure-t-on ?
10:13Moi, je le vois à travers les réactions,
10:17les commentaires d'un certain nombre de dirigeants
10:19d'entreprises familiales qui disent
10:21« Je ne vais pas transmettre mon entreprise,
10:23qui est l'œuvre de leur vie.
10:24Je ne vais pas transmettre mon entreprise à mes enfants,
10:27parce que ça ne serait pas un cadeau à leur faire. »
10:29Ou au contraire, des enfants qui disent
10:30« Je ne veux surtout pas récupérer l'entreprise de mes parents,
10:33parce que je vois le lot d'emmerdements
10:35que chaque jour un peu plus, ils ont à gérer. »
10:38Tout ça est quand même à prendre en compte,
10:40surtout quand on se rappelle qu'on a une démographie patronale
10:42qui est assez inquiétante.
10:44500 000 entreprises qui devront changer de main d'ici 2035.
10:49Après, est-ce qu'il y a les signes d'écouragement, évidemment.
10:55Après, quand on voit le gouvernement qui confirme
10:58le gène des allégements de charges,
11:00malgré la hausse de 24% du SMIC, c'était début juin,
11:04un surcoût de 2 milliards d'euros pour les entreprises,
11:06vous n'êtes pas content qu'on voyait ça ?
11:08Oui, mais ce n'est pas un mouvement d'humeur.
11:10C'est simplement que... Enfin, c'est simplement, si je puis dire,
11:13parce qu'on considère que ça va complètement
11:14à contresens de ce qu'il faudrait faire.
11:17Depuis la dissolution, la politique dite de l'offre
11:20est systématiquement détricotée,
11:22même si c'est inavoué.
11:24Depuis 2024 ?
11:25Oui, il y a eu la suspension de la réforme des retraites
11:28qui est une folie pour les salariés
11:30et les retraités au premier chef.
11:32Il y a eu un recul sur la réforme de l'assurance chômage,
11:35il y a eu ce rabotage des allégements de charges,
11:38il y a un certain nombre de dispositions
11:40qui se profilent et qui, d'ailleurs, vont amplifier d'autres
11:42qui ont déjà été prises, par exemple,
11:43de transférer au complémentaire santé
11:46un certain nombre de dépenses
11:47d'assurance maladie
11:49ou d'accident du travail maladie professionnelle.
11:51Qu'on se comprenne bien, ça veut dire quoi ?
11:53Ça veut dire qu'on va encore rengérir le coût du travail
11:55au même moment où le marché de l'emploi se retourne,
11:58au même moment où légitimement nos salariés
12:00nous demandent des augmentations de salaires,
12:02on va encore amputer nos marges de manœuvre,
12:05alors qu'il faudrait tout au contraire libérer les énergies,
12:08donner aux entreprises la capacité d'investir
12:10sur la décarbonation, sur l'intelligence artificielle,
12:13sur la compétitivité.
12:15Donc nous, on n'accable pas le gouvernement,
12:16il n'a aucune marge de manœuvre,
12:18ni budgétaire, ni politique au Parlement.
12:20Mais tout ça, on va le payer très cher.
12:23On va le payer très cher.
12:24À ceux qui doutent que la politique de l'offre
12:26d'Emmanuel Macron ait produit des résultats,
12:29vous leur répondez quoi ?
12:30Ceux qui contestent...
12:31Oui, ceux qui doutent qu'il y ait eu des résultats
12:33alors qu'elle a coûté cher.
12:35Ah mais ce sont des bonimenteurs.
12:37Ce sont des bonimenteurs.
12:38Enfin, les chiffres sont les chiffres.
12:41D'ailleurs, nous, on est très souciaux au MEDEF,
12:43c'est vrai dans nos récentes propositions,
12:44de s'appuyer sur les analyses de l'OCDE,
12:48du FMI, d'Eurostat, de la Cour des comptes.
12:51Enfin, voilà, ce ne sont pas les chiffres du MEDEF.
12:54Et donc, ces chiffres établissent
12:56que dans la première partie de la présidence Macron,
13:00on a rééquilibré les finances publiques,
13:02on a créé 2 millions d'emplois,
13:04on a renforcé l'attractivité de la France,
13:07etc.
13:08Donc, on peut tout faire dire aux chiffres,
13:10on peut tout faire dire à l'histoire,
13:12mais à un moment donné,
13:13c'est ça notre souci principal,
13:14il faut objectiver les débats
13:16et arrêter de se balancer à la figure
13:19de manière dogmatique et partisane
13:20des slogans
13:22et d'induire en erreur l'opinion publique.
13:24Est-ce que le Premier ministre vous a donné
13:26des garanties, des assurances,
13:28ou sa parole,
13:28qu'il n'y aurait pas de hausse d'impôts
13:30pour les entreprises en 2027 ?
13:33Alors, il n'a pas spécifié
13:35que ce serait pour les entreprises,
13:37mais il a bien annoncé à 2 reprises
13:38ou 3 reprises qu'il n'y aurait pas
13:39de hausse d'impôts.
13:40Bon, maintenant,
13:41on est un peu rodé,
13:42si je puis dire,
13:43et on connaît la subtilité
13:45de la terminologie de Bercy,
13:47c'est-à-dire que
13:48quand vous réduisez
13:49des crédits d'impôts
13:50ou ce qu'on appelle
13:51des dépenses fiscales,
13:52c'est-à-dire quand vous renchérissez
13:54les prélèvements obligatoires
13:55pour les entreprises,
13:55en première lecture,
13:57ce n'est pas une hausse d'impôts.
13:58Donc, j'attends de voir,
13:59mais de manière assez méfiante.
14:00Oui.
14:01Après, il y a cette charge financière
14:03de la dette aujourd'hui.
14:05C'est 77 milliards d'euros.
14:07C'est 12 milliards de plus
14:08selon la Cour des comptes.
14:10On est déjà étouffé
14:11par la dette aujourd'hui.
14:12Bien sûr.
14:13C'est ce que dit la Cour des comptes.
14:14Bien sûr qu'on est étouffé
14:15par la dette
14:15et ça ira de mal en pire.
14:16Bien sûr, on le sait.
14:17Parce qu'il faut renouveler
14:18cette dette qui, de surcroît,
14:19s'amplifie.
14:2075 milliards d'euros
14:22de dette de plus
14:22sur le seul premier trimestre
14:242026.
14:26Donc, c'est inscrit.
14:27Et par comparaison,
14:30les frais financiers
14:31sur notre dette,
14:32c'est d'orser déjà
14:334 fois le budget du travail.
14:35C'est 7 fois le budget
14:36de la justice.
14:37Donc, si on avait
14:38le moindre doute
14:39quant au fait
14:39qu'on s'étrangle
14:40et en regard
14:41quelles sont les économies
14:43que fait le gouvernement.
14:44Parce qu'il fait
14:44quelques économies
14:45en dehors du fait
14:45qu'il surcharge
14:46encore les entreprises.
14:48Il fait des économies
14:49sur des dépenses d'avenir.
14:50L'apprentissage,
14:51le fonds vert,
14:53France 2030.
14:54Donc, sous la contrainte,
14:55j'insiste,
14:56ce gouvernement
14:56fait exactement l'inverse
14:57de ce qu'il faudrait faire
14:58pour assurer l'avenir du pays.
15:00Et pour vous,
15:00il faudrait faire quoi ?
15:01Il faudrait...
15:02J'ai vu passer une note
15:03comme quoi il faudrait
15:05réduire le nombre
15:06de fonctionnaires,
15:07demander aux retraités
15:08de faire un effort.
15:09Oui, alors...
15:10Là encore,
15:11on dit que ça a du mal
15:12à passer.
15:12Ça ne passera jamais
15:13par l'Assemblée.
15:13Le MEDEF,
15:14par définition,
15:15je ne pense que du bien,
15:17a une capacité unique
15:18à produire des analyses
15:20et à produire des idées.
15:22Donc, on a fait des propositions
15:23sur le financement
15:23de la protection sociale.
15:24On les évoquait tout à l'heure.
15:26On a fait des propositions
15:27pour les budgets 2027,
15:29mais au-delà,
15:29en enjambant l'élection présidentielle.
15:31Les voies de passage,
15:32elles existent.
15:33Quand on dit supprimer
15:35les emplois de fonctionnaires,
15:36il faut s'entendre,
15:36c'est ne pas renouveler
15:38les emplois de fonctionnaires
15:39partant en retraite.
15:41On peut prendre
15:41tous les chiffres,
15:42là aussi,
15:42on a proportionnellement
15:43à la population,
15:44en France,
15:45plus de fonctionnaires.
15:46On a plus de dépenses
15:47de fonctionnement
15:48de la fonction publique.
15:49On a en regard,
15:50et chaque jour un peu plus,
15:51et je m'en désole sincèrement,
15:53une efficacité,
15:54une efficience
15:54de nos services publics
15:55qui se dégradent.
15:56Donc,
15:57ce n'est pas injurieux,
15:58ce n'est pas calomieux,
15:59ce n'est pas violent
16:00que de dire,
16:01avec l'intelligence artificielle,
16:03avec cette démographie
16:04singulièrement
16:04sur les fonctions publiques,
16:06on peut réduire
16:07le nombre de fonctionnaires
16:08et en même temps,
16:09améliorer l'efficacité
16:10des services publics.
16:11Et j'insiste sur un point.
16:14Non seulement,
16:15nous n'aurions aucune objection,
16:16mais nous serions demandeurs
16:17à ce qu'on revalorise
16:20les salaires
16:20des fonctionnaires
16:21de première ligne,
16:22les enseignants.
16:23On a besoin d'enseignants
16:24de qualité et motivés.
16:25Les policiers,
16:26les gendarmes,
16:27les infirmiers,
16:28les aides-soignants.
16:29Donc, il en faut moins,
16:29mais mieux rémunérés.
16:31Ce que d'autres pays
16:31ont fait très bien.
16:32Quant aux retraités,
16:34là aussi,
16:35il faut prendre...
16:36Vous demandez un gel
16:36des pensions.
16:37Mais on demande...
16:38Voir une sous-indexation
16:40pour les années suivantes.
16:41Mais d'abord,
16:41on demande,
16:42et je m'emploie à le faire,
16:44de crever une baudruche.
16:45Parce qu'assez curieusement,
16:46et de bonne fois,
16:47beaucoup de nos concitoyens
16:48s'imaginent
16:48qu'en cotisant en retraite,
16:50ils payent leur propre retraite.
16:51Non.
16:51Ils payent la retraite
16:52des gens qui sont déjà
16:53à la retraite.
16:54Donc, ce n'est pas très compliqué.
16:56En maintenant,
16:56à ce niveau,
16:58les pensions de retraite
16:59actuelles,
16:59on alourdit encore
17:00le coût du travail,
17:01on affecte le pouvoir
17:02d'achat des actifs,
17:03et on est dans un pays,
17:05c'est bien d'une certaine manière,
17:06mais où les retraités
17:07ont un niveau de vie comparable,
17:08voire légèrement supérieur
17:10à celui des actifs.
17:11À part qu'on a une démographie,
17:12là aussi,
17:13qui fait qu'il y aura
17:13de moins en moins d'actifs
17:14qui devront payer
17:15de plus en plus de retraites.
17:17À un moment donné,
17:17on touche aux limites
17:18de l'exercice,
17:19donc de manière factuelle,
17:21de manière objective,
17:22de manière constructive,
17:23et pour préparer
17:24l'avenir de nos jeunes,
17:25on demande
17:25qu'il y ait un rééquilibrage.
17:27Oui.
17:27Mais pour enrayer
17:28cet accroissement
17:29du défi public,
17:32vous craignez
17:33que les patrons
17:33soient contraints,
17:34encore une fois,
17:34à remettre la main
17:35au portefeuille ?
17:36Vous estimez,
17:36j'imagine,
17:37que vous avez largement
17:38payé votre écho
17:39en 2025 et 2026 ?
17:42Bien sûr qu'on le craint.
17:43Bien sûr qu'on le craint,
17:45ce qui me fait
17:45tirer le signal d'alarme,
17:46d'une certaine manière.
17:47La surtaxe d'impôt
17:49sur les sociétés,
17:49c'est une aberration.
17:50Elle sera repoussée,
17:51enfin, elle sera repoussée,
17:52elle continuera en 2027.
17:54Oui, alors ça pose
17:54le problème.
17:55Vous ne faites pas
17:55trop d'illusions, non ?
17:57On va se battre
17:58pour que ça n'advienne pas.
18:01C'est absurde,
18:02cette mesure.
18:03On commence à en avoir
18:04la trace dans les créations
18:05d'emplois,
18:05dans l'investissement,
18:06et ça ruisselle,
18:08comme on dit,
18:08surtout l'aval
18:09de ces entreprises
18:10qui sont concernées.
18:11Certains se disent
18:11que ça ne concerne
18:11que 400 entreprises.
18:13Non, mais c'est...
18:14Alors, certains peuvent le dire,
18:16mais pas beaucoup d'ailleurs.
18:17Si vous regardez
18:18dans les rangs
18:18des chefs d'entreprise,
18:20y compris ceux très nombreux
18:21qui ne sont pas touchés
18:22directement par cette surtaxe d'IS,
18:24ils sont opposés
18:25parce qu'ils savent très bien
18:26que c'est en ce tenant
18:27que leurs grands donneurs d'ordre
18:28vont leur demander
18:29de baisser leur prix
18:31pour se refaire,
18:32entre guillemets,
18:33des 7 milliards et demi d'euros
18:36qui leur ont été taxés.
18:39En plus,
18:39on a un taux d'impôt
18:40sur les sociétés maintenant,
18:41sur ces grandes entreprises,
18:42qui est à 35%.
18:43C'est un record mondial
18:44dans un monde ouvert
18:45et hyper compétitif.
18:47Et pardon d'être un peu long,
18:48ça pose un deuxième problème.
18:50C'est que quand l'État s'engage,
18:52que ce soit en matière fiscale,
18:53en matière de sécurité
18:55ou quoi que ce soit d'autre,
18:56il est quand même intéressant,
18:58il est nécessaire
18:59que la parole de l'État
19:00soit tenue par lui-même.
19:01Et donc ça crée
19:02Et vous la remettez en doute,
19:03vous la remettez en question
19:04parce que les impôts de production
19:05ont commencé à baisser
19:06et puis ça s'est arrêté.
19:08Et puis la surtaxe d'impôt
19:09sur les sociétés,
19:09elle devait démarrer
19:10et être présente pour un an
19:11et on est a priori peut-être
19:13en troisième année en 2027.
19:14Absolument.
19:15Absolument.
19:15Mais je ne crois pas
19:16que les seules entreprises
19:17soient, comment dire,
19:20émues, émues,
19:21que l'État ne tienne pas,
19:22en tout cas pas toujours,
19:23sa parole.
19:24Nous, on est prêts
19:24à entendre beaucoup de choses,
19:25on est prêts à faire
19:26beaucoup de choses,
19:27mais il faut de la confiance.
19:28Et toutes les propositions
19:29que l'on fait,
19:30qui dans un premier temps
19:31peuvent être,
19:32j'allais dire,
19:33sensibles
19:33pour certaines catégories
19:36de contribuables,
19:36toutes les propositions
19:37que l'on fait,
19:38elles visent précisément à ça,
19:39à dire les choses,
19:42à refonder le système
19:43pour assurer sa pérennité.
19:45C'est quand même
19:45assez incroyable
19:46que dorénavant
19:47une grande majorité
19:48de Français considèrent
19:49qu'ils n'auront pas droit
19:50à des retraites.
19:51Et on leur demande
19:52pour autant
19:53de continuer à cotiser.
19:54Donc ça pose
19:55un problème civique,
19:57civique donc très grave,
19:59de confiance
20:00dans notre avenir collectif.
20:01Mais certains disent
20:02que les entreprises
20:03doivent elles aussi
20:04contribuer peut-être
20:05un peu plus,
20:06comme peut-être
20:06des ménages aussi,
20:08à l'effort
20:08de redressement
20:09des comptes de la nation.
20:10Vous pouvez l'entendre
20:11ou vous vous dites
20:12non,
20:12vu la pression fiscale
20:13qu'ont les entreprises,
20:15c'est bon,
20:15on a payé notre écho ?
20:17C'est quoi les entreprises ?
20:19Les entreprises,
20:20ce n'est pas une abstraction,
20:21ce sont des actionnaires,
20:22c'est vrai,
20:23ce sont des salariés,
20:24ce sont des fournisseurs
20:24et ce sont des clients,
20:26ce qu'on appelle
20:26dorénavant
20:26les parties prenantes
20:27et des territoires.
20:29Immanquablement,
20:30quand vous retirez
20:30de l'argent aux entreprises,
20:32eh bien,
20:32toutes les parties prenantes
20:33en souffrent.
20:35dans le pays
20:35où les entreprises
20:36supportent le plus haut niveau
20:38de prélèvement obligatoire
20:39au monde,
20:39en termes de fiscalité,
20:41en termes de charges sociales,
20:43on peut tout imaginer,
20:44on peut tout imaginer,
20:45mais on a d'ores et déjà
20:46la trace
20:47dans notre performance
20:48économique et sociale
20:49qu'on est au bout
20:50de l'exercice.
20:51Donc,
20:52pour la symbolique
20:52des choses,
20:53si je dois dire
20:54oui,
20:54les entreprises sont prêtes
20:55à faire un effort supplémentaire,
20:57je ne serai pas responsable.
20:59Le vrai effort
20:59que doivent faire
21:00les entreprises,
21:01encore font-ils
21:01qu'on leur en laisse
21:02les moyens,
21:02c'est d'investir,
21:04c'est d'innover,
21:05c'est de créer des emplois,
21:07c'est d'assumer
21:08leurs responsabilités territoriales
21:09et c'est de revaloriser
21:10les salaires.
21:11Ça,
21:11c'est la fonction
21:12de l'entreprise.
21:13Si on appréhende
21:13l'entreprise
21:14uniquement
21:15comme un contributeur,
21:17ça n'ira pas.
21:17Et de garder aussi
21:18leurs salariés
21:19de plus de 55 ans.
21:20C'est important.
21:21Ou 55,
21:2258,
21:2360.
21:23Ah,
21:24mais non,
21:24mais c'est un excellent sujet.
21:25Le taux d'emploi
21:25des 60,
21:2664 ans,
21:27on le sait,
21:27en France,
21:27c'est plus faible qu'ailleurs.
21:28Oui,
21:29et alors,
21:29les mêmes causes produisant
21:31les mêmes effets,
21:31je vous rappelle
21:32parce que vous le savez pertinemment
21:33que sur la tranche 55,
21:3560 ans,
21:36où la France était très défaillante
21:38par rapport en tout cas
21:39à la moyenne européenne,
21:40nous sommes dorénavant
21:41légèrement au-dessus
21:42de la moyenne européenne.
21:43Ça tient à quoi ?
21:44Ça tient en particulier
21:45aux réformes
21:46des retraites antérieures.
21:48Sur la tranche 60,
21:5065 ans,
21:50on est toujours très décroché
21:52par rapport à la moyenne européenne.
21:54Et on vient suspendre,
21:55on vient suspendre
21:56les réformes des retraites
21:57qui non seulement sont de nature
21:59et il le faut
22:00d'équilibrer dans la durée
22:01les finances des régimes de retraite
22:03mais qui de surcroît
22:04augmenteraient le taux d'emploi,
22:05donc la richesse nationale.
22:07On fait l'inverse
22:08de ce qu'il faut faire.
22:09Et les démagogues
22:10en jouent et en surjouent.
22:11Et c'est pourquoi
22:12M. Macron vient de nous dire
22:13que son successeur
22:14devra reprendre
22:15le chantier
22:16de la réforme des retraites.
22:18Qu'est-ce que vous dites
22:20aux candidats
22:21qui vont faire campagne
22:23sur le retour
22:24de la retraite
22:24à 62 ans ?
22:25Les Français sont favorables
22:27majoritairement
22:27à l'abrogation
22:28de la réforme des retraites
22:30à 64 ans.
22:32Je reviens sur ce que je disais
22:33tout à l'heure
22:34parce qu'il faut essayer
22:34d'appréhender les choses
22:36avec nuance.
22:37Très majoritairement,
22:38les Français
22:39et encore plus les jeunes
22:40considèrent
22:41qu'ils n'auront pas
22:42de retraite.
22:44C'est quand même pas indifférent.
22:46Donc,
22:46il ne faut pas faire prendre
22:47des vécis pour des lanternes
22:49à nos concitoyens.
22:50C'est évidemment
22:51très séduisant
22:52de dire
22:52qu'on va renoncer
22:53à l'âge légal
22:54ou on va le ramener
22:55à 62 voire à 60 ans
22:56dont acte.
22:57Mais il faut aller
22:58au bout de la proposition.
22:59Ça veut dire quoi ?
23:00Ça veut dire
23:00qu'il y aura des retraites
23:01beaucoup plus faibles,
23:02beaucoup plus faibles
23:03et si on compense ça
23:04par une durée
23:05de cotisation accrue,
23:07il faut là aussi
23:07dire les choses.
23:08Ça va durement pénaliser
23:10toutes les personnes
23:11qui ont des carrières hachées
23:12dont principalement
23:13les femmes.
23:14Après,
23:14c'est un choix collectif.
23:15si ceux et celles
23:17qui ont des carrières hachées
23:18dont les femmes
23:19considèrent
23:19qu'elles pourront cotiser
23:20pendant 3 ans,
23:214 ans,
23:215 ans
23:22sans coup férir,
23:23ok,
23:23allons-y.
23:26Après,
23:26quand on voit
23:27en 2030
23:28le déficit
23:28du système
23:29des retraites,
23:30il sera de 7 milliards
23:30d'euros,
23:31Patrick Martin,
23:33dernière projection
23:33du corps
23:34quand c'est
23:34l'entention des retraites.
23:35On se dit
23:35qu'il n'y a pas
23:35le feu au lac,
23:36c'est gérable,
23:37non ?
23:377 milliards d'euros
23:38à l'horizon de 2030.
23:39Oui,
23:39mais après,
23:40c'est exponentiel.
23:40Oui,
23:41jusqu'en 2070.
23:42Je suis désolé,
23:43en 2070,
23:44vous serez encore là,
23:45moi pas.
23:48Et ça ne prend pas en compte
23:49les déficits abyssaux
23:51des retraites publiques.
23:53Oui.
23:53Je le glisse.
23:54Ils ne sont pas réintégrés.
23:54Alors,
23:55on en est arrivé
23:56à un stade
23:56assez dément
23:57où on considère
23:58que 7 milliards et demi
23:59de déficit,
24:00ça n'est pas grave.
24:02Enfin,
24:03on sait compter
24:047 milliards et demi,
24:05c'est énorme.
24:06Mais surtout,
24:06c'est 7 milliards et demi
24:07qui viendrait creuser
24:08encore nos déficits
24:10et notre dette.
24:11À un moment donné,
24:12étant rappelé
24:12que la France
24:14est au niveau européen
24:15le pays
24:16qui a le deuxième
24:16plus gros déficit,
24:18elle est au troisième rang
24:19sur sa dette,
24:20que notre dette,
24:20contrairement à celle
24:21des Italiens par exemple,
24:22est majoritairement détenue
24:23par des créanciers étrangers.
24:25Oui.
24:25On s'expose.
24:27On s'expose.
24:27Moi,
24:28je ne suis pas,
24:29je ne suis pas,
24:30comment dire,
24:31demandeur de toute façon
24:32et ni même convaincu
24:34que le FMI va débarouler.
24:36En revanche,
24:36ce dont je suis convaincu,
24:37c'est que si le FMI débaroule
24:39ou si la Banque Centrale Européenne
24:40ou si nos associés
24:43au sein de l'Union Européenne
24:44nous rappellent au règlement,
24:45ça sera autrement plus douloureux
24:46que les quelques mesures
24:48de salubrité
24:49que le MEDEF propose.
24:50Patrick Martin,
24:51la CPME
24:52vient de se rebaptiser
24:53les entrepreneurs.
24:55Ça vous agace ?
24:57Je crois que ça doit être acté
24:59lors d'une assemblée générale
25:00à l'automne prochain.
25:02Non,
25:02ça ne m'agace pas.
25:03je suis dans la responsabilité
25:06singulière qui est la sienne
25:07de première organisation patronale
25:09et a fortiori au regard
25:10des circonstances
25:11assez exigeantes
25:12qu'on vient d'évoquer.
25:14Moi,
25:14mon enjeu,
25:15c'est de maintenir
25:16l'unité patronale.
25:17Ça a toujours été le cas
25:18dans l'histoire.
25:19Donc,
25:20je n'imagine pas un instant
25:21que la CPME
25:22ou les entrepreneurs
25:24ou leur président
25:27privilégient une rivalité
25:28entre organisations patronales
25:29alors qu'au contraire,
25:30il nous faut faire face
25:31collectivement
25:32à tous ces grands défis
25:33qu'on a devant nous
25:34y compris sur le plan politique.
25:35Patrick Martin,
25:36vous allez sortir un livre
25:37à la rentrée
25:38au titre évocateur
25:39Génération empêchée,
25:41celle de notre jeunesse.
25:42Pour vous,
25:43il faut que ce soit
25:43un sujet prioritaire
25:45pour 2021.
25:45Bien sûr.
25:47Alors qu'on ne se m'éprenne pas,
25:48on vient d'évoquer les seniors,
25:49il faut continuer à cheminer,
25:51je dirais,
25:53pour garantir les retraites.
25:56Mais en comparaison,
25:57il y a un angle mort
25:58que je ne m'explique pas
25:59dans le débat
26:00et dans les politiques
26:01publiques français,
26:03c'est qu'on ne parle pas
26:04des jeunes.
26:04Je rappelle juste
26:05quelques chiffres.
26:07Taux de chômage
26:08des jeunes en France,
26:0822%.
26:09En Suisse,
26:107 fois moins,
26:113,2%.
26:12Taux d'emploi des jeunes,
26:13et ça embarque
26:14beaucoup de sujets,
26:15dont le financement
26:16de la protection sociale.
26:17Taux d'emploi des jeunes,
26:1835%.
26:19En Allemagne,
26:2051%.
26:21Aux Pays-Bas,
26:2375%.
26:23Et donc,
26:24c'est à la fois
26:25désespérant pour les jeunes,
26:27singulièrement pour le million
26:28400 000 NITS,
26:29sans emploi,
26:31sans formation
26:31et qui ne sont pas en études.
26:33Mais ça pose des problèmes
26:35de production,
26:37ça pose des problèmes,
26:37je le redis,
26:38d'équilibre
26:39de nos finances publiques,
26:40de nos régimes sociaux,
26:41singulièrement.
26:42Ça pose des problèmes
26:43d'équilibre territoriaux,
26:45ça pose des problèmes
26:45de tension de recrutement
26:47pour nos entreprises,
26:49ça pose surtout
26:49des problèmes
26:49d'épanouissement,
26:50de perspective
26:51pour les jeunes.
26:52Donc moi,
26:53j'ai fait pour le MEDEF
26:54de la jeunesse
26:55la première priorité,
26:57la première priorité
26:58et on ne lâchera rien
27:00dans le débat
27:01à la place
27:02qui est la nôtre
27:03pour que cette priorité
27:04du MEDEF
27:05devienne la grande cause
27:06de la nation.
27:07Allez,
27:07merci à vous,
27:08Patrick Martin,
27:09donc le président du MEDEF
27:10pour cet entretien.
27:11Nous sommes
27:12aux rencontres économiques
27:14d'Aix-en-Provence
27:14organisées par
27:15le Cercle des économistes,
27:1726e édition.
27:18Merci à vous,
27:19Patrick Martin.
27:20Merci.
27:20Et pourvu que ça dure,
27:21c'est aussi du replay
27:22sur Public Sénat.
27:23A très vite.

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