- il y a 4 heures
Les Européens sont fébriles à l’approche d’une élection présidentielle en France qui pourrait marquer un tournant en Europe. Si la candidate du RN, Marine Le Pen, a renoncé à quitter l’UE, elle parle en revanche de diminuer unilatéralement la contribution française au budget européen, ce qui inquiète dans de nombreuses capitales. D’ores et déjà, la France est en difficulté économique notable en cette rentrée, avec une dette dépassant 115% de son PIB et un budget qui ne respectera pas les 5% de déficit promis pour 2026. Dans ces conditions, les marchés financiers sanctionnent l’Etat français avec les pires taux d’emprunt de l’UE, plus élevés que ceux de la Grèce ou de l’Italie. La France est-elle en train de devenir le maillon faible de l’UE ? Caroline de Camaret et Thibault Henocque ouvrent le débat dans Ici l’Europe, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe). Année de Production :
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00:00France 24, LCP, Public Sénat présente.
00:18Bonjour à tous et merci de nous rejoindre pour Ici l'Europe sur France 24 et les chaînes parlementaires.
00:23Nous allons beaucoup parler dans ce programme de la montée en puissance des droites radicales
00:27et en particulier nous ferons notre débat sur la France, la France qui inquiète l'Europe.
00:32Mais pour commencer, nous sommes au cœur de Paris, dans la résidence de l'ambassade du Luxembourg
00:37pour recevoir aujourd'hui le premier ministre luxembourgeois, Luc Friden, bonjour.
00:43Bonjour.
00:44Vous êtes depuis bientôt trois ans le chef du gouvernement de ce petit État de 670 000 habitants,
00:51enclavés entre la France, l'Allemagne et la Belgique,
00:53qui est le plus riche de l'Union européenne par habitant.
00:58Donc, grâce en particulier à son secteur bancaire, on en parlera.
01:01Vous êtes aussi président du Parti populaire chrétien social
01:05qui correspond à la droite mainstream en Europe, le Parti populaire européen.
01:10Et nous allons, pour commencer, parler de ce sommet de l'espace à Paris
01:15auquel vous participiez, 2 000 invités, 120 pays.
01:18Les Américains ont boycotté à la demande de Trump.
01:22Il ne veut pas valider le modèle européen.
01:25Mais le chancelier Friedrich Schmerz n'était pas là non plus
01:28parce que la France défend le principe d'une autonomie stratégique européenne
01:32via notamment le lanceur Ariane Space.
01:35Et les autorités allemandes, elles, veulent garder un peu la porte ouverte,
01:39notamment au lanceur américain SpaceX.
01:42Est-ce que les Européens se déchirent sur l'espace ?
01:45J'approuve l'idée du président Emmanuel Macron
01:49de réunir tous ceux qui veulent que l'Europe soit autonome et soit forte.
01:55Ce qui ne signifie pas qu'il faut exclure les autres.
01:59Nous travaillons évidemment bien avec les Américains, avec d'autres sur ces sujets.
02:03Mais l'Europe a besoin, en matière de défense, en matière d'énergie,
02:08en matière d'intelligence artificielle, en matière d'espace,
02:11de jouer aussi son propre rôle.
02:12Le Luxembourg est le premier opérateur en Europe pour les satellites commerciaux.
02:18Mais aujourd'hui, évidemment, avec la situation géopolitique,
02:21les satellites jouent un rôle en matière de défense,
02:24en matière de communication quantum, en matière de sécurité.
02:29Et donc, il faut évidemment que l'Europe soit un peu plus autonome.
02:33Et nous ne l'avons pas été suffisamment peut-être par le passé.
02:37En même temps, nous restons des amis des États-Unis.
02:41Une certaine concurrence est bonne.
02:44Mais vous voyez ce que font les États-Unis.
02:46Masque, Bezos, ils sont très actifs.
02:49Et donc, l'Europe aussi doit jouer son rôle.
02:51Il y a évidemment parfois des intersections.
02:54Alors, comme chaque semaine, monsieur le Premier ministre,
02:56nous vous proposons des nouvelles choisies de l'Union européenne.
02:59C'est l'Europe en bref, avec Isabelle Romero.
03:05Au sommet de l'espace à Paris, le président français a appelé l'UE
03:09à devenir un des tout premiers acteurs mondiaux de l'espace.
03:12Face au désengagement des États-Unis de certains programmes d'exploration lunaire
03:15communs avec l'Europe, la question des vols habités jusqu'à présent,
03:19non prioritaire pour l'UE, l'est redevenue.
03:21La capsule cargo européenne Nix effectuera sa première mission
03:25vers la Station spatiale internationale à bord d'une fusée Ariane 6
03:30dans le cadre d'un contrat de 760 millions d'euros.
03:34En déplacement au Groenland, la présidente de la Commission européenne,
03:38Ursula von der Leyen, a annoncé une enveloppe de 200 millions de dollars
03:42pour développer le territoire face aux visées impérialistes de Donald Trump.
03:47Elle a signé une déclaration commune avec la première ministre danoise
03:51et Jans-Frédéric Nielsen, premier ministre groenlandais.
03:54« Notre coopération s'étend à de nouveaux secteurs comme les infrastructures,
03:58la connectivité, la gestion maritime, la protection civile et encore davantage. »
04:03L'UE espère nouer une relation de confiance
04:06et diversifier l'accès aux matières critiques, jusqu'ici très dépendant de la Chine.
04:11Le rapport PISA évalue tous les trois ans les compétences des élèves de 15 ans
04:15en mathématiques, lecture et sciences dans 91 pays.
04:19Et le décrochage est brutal.
04:20Les pays asiatiques tiennent le haut du palmarès.
04:23Seul pays de l'UE parmi les dix premiers, l'Estonie à la sixième place.
04:28La France se maintient dans la moyenne basse à la 27e place,
04:31mais affiche une lourde chute en compréhension de l'écrit et en mathématiques.
04:35Au-delà des inégalités sociales et du manque de moyens,
04:38le rôle des écrans, des réseaux sociaux et d'un usage massif et non maîtrisé de l'IA
04:43sont pointés par l'étude.
04:45Luc Frieden, le résultat de l'étude PISA 2025 révèle une tendance inquiétante au Luxembourg
04:51comme dans l'ensemble des pays européens, compris la France d'ailleurs.
04:54Les compétences des élèves de 15 ans s'érodent en mathématiques,
04:58en compréhension de lecture et ce depuis plus d'une décennie,
05:02vous l'attribuez à qui, à quoi ?
05:05J'ai lu cette étude et effectivement, je regrette les résultats.
05:10Il faut les analyser.
05:12Un des facteurs qui m'a frappé le plus, c'est que les réseaux sociaux,
05:17apparemment, sont à l'origine du manque de compétences,
05:21notamment pour la lecture des jeunes.
05:24Et donc, il faut y travailler.
05:26Il faut voir comment est-ce qu'on peut encourager les jeunes à lire plus, à lire mieux.
05:30Et je crois qu'il faut tirer les conclusions au niveau national,
05:33évidemment, dans chaque État membre.
05:36Mais c'est ce volet des réseaux sociaux qui, selon cette étude,
05:42a un impact, au moins chez nous, à Luxembourg,
05:44sur la diminution des compétences.
05:47Et ça m'inquiète en tant que chef du gouvernement.
05:49Justement, dans une lettre adressée à Ursula von der Leyen,
05:52Emmanuel Macron a demandé à la présidente de la Commission
05:55un texte européen pour interdire l'accès aux réseaux sociaux
05:58au moins de 15 ans.
05:59La loi a été rejetée en France par le Conseil constitutionnel.
06:02Vous pensez qu'il faut une directive européenne d'interdiction ?
06:08Je soutiens cette demande du président Macron à la Commission européenne.
06:12J'ai fait d'ailleurs la même chose oralement à la présidente de la Commission,
06:15qui elle-même partage ce point de vue.
06:19L'interdiction n'est jamais quelque chose qui, dans un monde libéral dans lequel nous sommes,
06:24est la première solution.
06:26Mais quand on voit qu'il y a de tels problèmes,
06:28je crois qu'il faut protéger les jeunes dans leur développement.
06:31C'est la même chose que nous faisons avec l'alcool, avec les cigarettes, avec la conduite.
06:36Je préfère une solution européenne, puisque nous vivons dans un espace européen,
06:40donc c'est un peu dommage de le faire juste à l'intérieur de ces frontières,
06:44chez nous encore plus que dans d'autres pays, vu la taille du pays.
06:49Et donc nous avons décidé que si l'Europe n'agit pas d'ici la fin de l'année,
06:53nous allons le faire aussi au niveau luxembourgeois,
06:56tout en tenant compte aussi d'ailleurs des réflexions du Conseil constitutionnel français
07:01quant aux limites de cette restriction à la liberté.
07:04En théorie, l'Union européenne a encadré ces réseaux sociaux avec ce qu'on appelle le DSA,
07:09le Digital Service Act, y compris d'ailleurs récemment le réseau social Reddit,
07:14la plateforme de jeu Roblox, et les intelligences artificielles
07:18qui sont maintenant logées à la même ancienne,
07:20alors qu'OpenIA, on a vu une intelligence artificielle
07:24qui a désobéi à ses instructions, qui s'est échappée,
07:26qui a pris le contrôle d'un site Internet.
07:29Est-ce que la volonté politique des Européens d'encadrer,
07:33y compris de déclencher, des sanctions,
07:36elle est bien réelle ou on a trop peur des Américains et des Chinois ?
07:40Un Européen ne doit jamais avoir peur des autres.
07:42C'est un grand continent, 400 millions d'habitants,
07:44donc nous pouvons être fiers de ce que nous sommes,
07:47avec nos valeurs, nos principes.
07:49Mais en même temps, nous voulons une intelligence artificielle
07:52qui soit, je dirais, humaine.
07:55Et donc, nous voulons qu'elle respecte un certain nombre de principes.
07:59Le Luxembourg et moi-même, nous sommes très en faveur
08:02du développement de l'intelligence artificielle,
08:04mais il faut évidemment l'encadrer.
08:05Et donc, si quelqu'un ne respecte pas un certain nombre
08:08de règles fondamentales, qu'il faut probablement adapter
08:10au fil du temps, il faut aussi des sanctions.
08:14Mais les sanctions, c'est toujours la dernière étape.
08:17Il faut d'abord qu'il y ait un consensus, d'abord en Europe,
08:20sur une IA à taille humaine, et nous y travaillons,
08:23et mon pays joue un rôle de leader là-dedans aussi.
08:26Nous avons fait, comme premier pays en Europe,
08:28un accord avec la société européenne, française, Mistral,
08:32pour introduire l'IA dans l'État luxembourgeois,
08:37pour nos citoyens, pour nos fonctionnaires.
08:39Mais évidemment, il faut qu'au niveau européen,
08:41certaines règles soient respectées.
08:42C'est ça l'Europe.
08:43Les valeurs de l'Europe, elles ne sont pas les mêmes
08:45qu'en Chine, qu'aux États-Unis.
08:48Alors, parlons d'un autre sujet clivant pour les Européens,
08:50le futur budget de l'Union, 2028-2034.
08:54La Commission propose 2% du PIB,
08:57de la richesse de l'ensemble des 27.
08:59Les pays frugaux, Allemagne et Nord,
09:01donc, demandent deux fois moins.
09:03Vous dites que vous ne faites pas partie de ces frugaux.
09:05Mais finalement, si on regarde un petit peu vos déclarations,
09:08vous êtes contre des projets de taxes européennes
09:10sur le tabac,
09:11de taxation sur les multinationales
09:14qui ont profité de la crise énergétique,
09:16alors que l'Union européenne espère en faire,
09:18au contraire, des ressources propres
09:20dans leur budget européen, augmenter, donc.
09:23Il faut éviter qu'en Europe,
09:27on fasse des choses qu'au niveau national,
09:30on ne le fait pas.
09:30Et la fiscalité est un bon exemple.
09:33Nous avons baissé l'impôt sur les sociétés dans mon pays
09:37pour que l'économie luxembourgeoise reste compétitive
09:40face à d'autres parties du monde.
09:43Et donc, on ne peut pas, au niveau européen,
09:45quel que soit l'État,
09:47augmenter les impôts pour les entreprises,
09:48parce que ça va pousser les entreprises
09:50vers d'autres continents,
09:52et je veux que les entreprises restent en Europe.
09:55Sur le budget, il faudra trouver, donc,
09:57d'autres ressources propres.
09:58Nous ne sommes pas opposés à des ressources propres,
10:01mais il faut des ressources propres
10:02qui fassent du sens,
10:03qui ne sont pas contraires
10:04à notre objectif de compétitivité,
10:06qui ne soient en même temps réparties
10:08de façon équitable entre les États membres.
10:12Et si nous trouvons là des solutions,
10:13et je crois que...
10:14Comme quoi ?
10:15Par exemple, la taxe d'importation,
10:16une taxe écologique, en fait,
10:18une taxe carbone à la frontière,
10:20une taxe sur les déchets,
10:22une taxe sur les déchets.
10:24On peut discuter de toutes sortes d'impôts
10:28à condition que ça n'impacte pas
10:30la compétitivité des entreprises
10:32et le pouvoir d'achat de nos citoyens,
10:34qui sont extrêmement importants
10:36pour la prospérité de l'Europe.
10:37Sur le budget, du côté dépenses,
10:40je voudrais juste dire que nous avons besoin
10:42de soutenir au niveau européen
10:44aussi les nouvelles politiques,
10:46l'innovation, l'espace, la technologie,
10:48les satellites, tout cela requiert...
10:50Donc on a besoin d'un gros budget,
10:52pas à 1%, plutôt à 2% ?
10:55On a besoin d'un budget qui est plus grand
10:58que le budget actuel,
11:00mais il ne faut pas qu'il soit trop grand
11:01parce qu'il peut aussi être financier.
11:03C'est la raison pour laquelle mon pays
11:04n'est ni du côté des frugaux,
11:07ni du côté des pays de cohésion.
11:09Il faut trouver un juste milieu,
11:11moins que ce que la Commission a proposé,
11:14mais on ne peut pas biffer dans toutes les catégories
11:17parce qu'il faut aussi garder une politique de cohésion.
11:19C'est essentiel pour réduire le déséquilibre
11:23entre les pays plus développés
11:24et moins développés économiquement.
11:26Et je sais aussi, notamment dans certains pays,
11:30l'importance de la politique agricole commune.
11:32Donc je suis aussi réaliste,
11:34on ne peut pas l'abolir.
11:35La France, en l'occurrence, ça.
11:37La France, mais aussi dans d'autres pays,
11:38y compris le mien.
11:40L'agriculture fait partie,
11:41non seulement de la tradition et de l'environnement,
11:44c'est aussi pour nous nourrir nous-mêmes en Europe.
11:48Je ne veux pas qu'on importe
11:49tous les produits d'agriculture.
11:51C'est aussi une question d'autonomie
11:53pour les années à venir.
11:55Luc Frieden, parlons d'un pays voisin au Luxembourg.
11:58L'Allemagne, avec une victoire de l'AFD
12:01dans le land de Sachsen-Anhalt.
12:04L'Allemagne, donc, qui est une république fédérale.
12:06Ça veut dire que les régions ont beaucoup de pouvoir.
12:09L'AFD entend, dans le monde, de la culture,
12:14donc imposer tous ses partisans au poste clé,
12:18couper les subventions,
12:19prône la fin de la culpabilité nazie
12:22dans l'éducation, l'apprentissage du russe,
12:24et veut supprimer des programmes d'intégration pour les migrants.
12:28Quelle leçon vous tirez
12:29du retour des vieux démons
12:31chez votre voisin allemand ?
12:33Ça m'inquiète profondément.
12:36J'ai toujours été opposé
12:39à toutes les solutions extrémistes.
12:41Mais si l'extrême droite gagne en Allemagne,
12:45ça, évidemment, aussi pour un voisin de l'Allemagne,
12:49dont le pays a été envahi en 1940 par les nazis,
12:55c'est évidemment extrêmement choquant et inquiétant.
12:58Et donc, j'en appelle à tous les électeurs
13:01de tous les pays européens
13:02pour regarder l'histoire.
13:04Le nationalisme, la discrimination des minorités,
13:08ça conduit à la Deuxième Guerre mondiale.
13:10Et donc, il ne faut pas oublier les leçons de l'histoire.
13:13Et donc, c'est le devoir des partis du centre,
13:16et moi, je fais partie du centre politique européen,
13:21vous l'avez dit tout à l'heure,
13:22du Parti populaire européen.
13:23Il faut que nous trouvons des solutions
13:25pour garantir la cohésion sociale,
13:27la prospérité et la paix.
13:29Et vous n'avez pas l'impression
13:30que ces solutions passent tout le temps
13:31par le fait de s'en prendre encore plus aux immigrés ?
13:34Ça ne doit pas être le cas
13:36parce que l'Europe a besoin d'une immigration.
13:40Regardez le Royaume-Uni.
13:41C'était même un débat sur le Brexit.
13:43En fait, le Royaume-Uni a besoin d'immigrés.
13:45Ce qui ne signifie pas qu'il faut permettre
13:47à tout le monde dans le monde entier
13:49de venir chez nous.
13:51Mais nos marchés du travail ont besoin
13:53d'un certain nombre d'immigrés.
13:56Et donc, il faut des solutions réalistes.
13:59Les gens vont réaliser
14:00que ce que proposent les partis extrémistes
14:02de droite et de gauche,
14:04ce sont des solutions qui sonnent bien
14:07à première vue,
14:08mais qui ne résoutent aucun problème.
14:10Vous l'avez vu aux Pays-Bas
14:11où un parti d'extrême droite avait gagné.
14:13Il n'a pas réalisé un seul point
14:15dans la coalition à laquelle il a appartenu.
14:19Mais c'est un énorme défi
14:21pour les partis du centre politique.
14:24Nous devons y travailler.
14:25Nous devons analyser cela en commun
14:26aussi au niveau européen.
14:28Mais encore une fois,
14:30c'est une tendance extrêmement dangereuse
14:33pour l'Allemagne et pour l'Europe.
14:34D'ailleurs, l'année à venir
14:35est ponctuée d'élections.
14:36En 2026, la Suède en septembre,
14:38la Lettonie en octobre en 2027,
14:41Espagne, Italie, Pologne, Estonie,
14:43Finlande, Grèce et bien sûr la France
14:45en avril 2027 avec Marine Le Pen.
14:48Est-ce que vous craignez partout
14:50une montée de cette droite radicale ?
14:52Est-ce qu'il y a un enjeu de survie
14:54pour l'Union européenne ?
14:56Nous vivons en démocratie
14:57et donc à chaque peuple désigner
14:59ses responsables politiques.
15:02Nous sommes très attachés à la démocratie.
15:04Il ne faut surtout pas voter pour des gens
15:06qui, in fine, veulent,
15:08sur certains aspects,
15:09détruire la démocratie.
15:11Regardez ce qui se passe
15:12dans un certain nombre de pays
15:13où des populistes ont gagné aussi
15:15en dehors de l'Europe.
15:17Oui, je suis inquiet face à ces tendances
15:20que j'observe dans d'autres pays.
15:23Mais nous avons encore,
15:24jusqu'à ces élections,
15:25dans tous les pays que vous avez cités,
15:27des mois pour réagir
15:29et pour montrer que des compromis
15:31qui sont nécessaires en politique,
15:32en démocratie,
15:33peuvent aussi contribuer
15:36à améliorer la situation des gens,
15:38notamment en termes de pouvoir d'achat,
15:40de création d'emplois.
15:41Nous sommes dans un monde géopolitique
15:43extrêmement compliqué.
15:45Et si l'Europe est la meilleure réponse
15:47face aux défis
15:49qui nous sont lancés
15:50par la Russie en Ukraine,
15:52par les États-Unis
15:53qui ont changé leur attitude
15:56vis-à-vis des institutions internationales,
15:58vis-à-vis de la Chine
16:00qui est extrêmement ambitieuse
16:01et dominante en termes de technologie et autres,
16:03donc l'Europe a tout intérêt
16:05à être unie,
16:07à être soutenue,
16:08parce que c'est la seule réponse
16:09pour survivre dans ce monde très compliqué.
16:12L'extrême droite est aussi
16:13assez sensible au narratif pro-russe.
16:16Peut-être que le soutien à l'Ukraine
16:17peut s'éroder
16:18sous la poussée de cette droite radicale.
16:21Vous étiez en visite récemment à Kiev.
16:23Vous croyez une attaque possible
16:24sur un pays de l'OTAN ?
16:25Je ne l'exclus certainement pas
16:27et je crois que si l'Ukraine
16:30perdait cette guerre,
16:32la Russie et son président
16:35ce seraient quasiment une invitation
16:38pour essayer dans d'autres pays
16:41de l'Europe de l'Est.
16:42Et d'ailleurs,
16:42au-delà de l'attaque de l'invasion,
16:46il y a déjà aujourd'hui
16:47des attaques hybrides.
16:48La cybersécurité,
16:50nous sommes attaqués tous les jours.
16:51Nos systèmes informatiques,
16:53les drones qui arrivent,
16:54tout cela,
16:55ce n'est pas de la science-fiction.
16:57C'est déjà une réalité.
16:59Je crois que Poutine teste un peu l'Europe
17:03et nous sommes unis.
17:04Nous sommes unis face à ces menaces.
17:07Mais c'est pour ça qu'il faut l'Europe.
17:08Parce que chaque pays seul
17:10est faible même s'il est grand.
17:13Merci Luc Frieden,
17:14Premier ministre du Luxembourg,
17:15d'avoir été notre invité aujourd'hui
17:17pour France 24
17:18et les chaînes parlementaires.
17:19Restez avec nous.
17:21Nous continuons sur la question
17:22de savoir si la France inquiète l'Europe,
17:25sa situation économique, bien sûr,
17:27et puis les élections à venir.
17:29C'est tout de suite notre débat.
17:38Bienvenue au Parlement européen à Bruxelles
17:41qui, dès cette rentrée,
17:42a les yeux tournés vers la France.
17:45Les Européens sont en effet fébriles
17:47à l'approche d'une élection présidentielle
17:50qui pourrait être remportée par Marine Le Pen
17:53et marquer un tournant en Europe.
17:54Si la candidate du RN a renoncé à quitter l'UE,
17:58elle parle en revanche de diminuer unilatéralement
18:01et drastiquement la contribution française
18:03au budget européen,
18:04ce qui inquiète dans de nombreuses capitales.
18:06Une élection française où l'on retrouve aussi
18:09toutes les craintes du moment,
18:10les risques d'ingérence étrangère,
18:12une captation du débat politique par les extrêmes
18:14et une polarisation du pays.
18:16Oui, et puis d'ores et déjà,
18:18la France est en difficulté notable
18:21vis-à-vis de ses partenaires européens
18:23en cette rentrée,
18:24une dette qui dépasse 115% de son PIB,
18:27deux fois plus que les recommandations
18:29du pacte de stabilité.
18:30Son budget ne respectera pas
18:32les 5% de déficit promis pour 2026
18:35et dans ces conditions,
18:36les marchés financiers sanctionnent l'État français
18:39avec les pires taux d'emprunt de l'Union européenne,
18:42plus élevés d'ailleurs que ceux de la Grèce
18:44ou de l'Italie.
18:45Et alors, pour en parler aujourd'hui,
18:47nous recevons des invités,
18:48trois invités en duplex,
18:49d'abord depuis Budapest.
18:51Bonjour Andras Laszlo,
18:54vous êtes eurodéputé hongrois,
18:56vous êtes membre du FIDES,
18:58donc c'est l'ancien Premier ministre
19:00Victor Orban.
19:01Ici au Parlement de Bruxelles,
19:03vous siégez au sein du groupe
19:05des Patriotes pour l'Europe,
19:08qui est dirigé justement
19:09par Jordan Bardella.
19:10Et avec nous en plateau à Bruxelles,
19:13nous accueillons aussi Charles Guerinz.
19:15Bonjour, vous êtes luxembourgeois
19:17et siégé au sein du groupe Renew,
19:18ici au centre de l'hémicycle.
19:21Et puis Daniel Freund,
19:23eurodéputé allemand,
19:24membre du groupe des Verts.
19:25Daniel Freund,
19:27depuis l'Allemagne justement,
19:28comment est-ce qu'on voit les choses ?
19:29Est-ce qu'on est entré en mode panique
19:31vis-à-vis de la France ?
19:33Pas panique,
19:34mais il y a une certaine inquiétude.
19:36Voir que l'extrême droite
19:38est devant dans les sondages,
19:40qu'apparemment,
19:41il y a une chance
19:43que l'extrême droite
19:44et l'extrême gauche
19:45arrivent au deuxième tour
19:47et que tout le centre,
19:49le côté progressiste,
19:50les Verts,
19:51les social-démocrates,
19:52les libéraux
19:53n'arrivent pas
19:55même à arriver au deuxième tour.
19:57Évidemment,
19:58ça inquiète pour la France.
20:00Alors Andras Laszlo,
20:01votre champion,
20:03Viktor Orban en Hongrie,
20:04vient de perdre une élection
20:05et d'ailleurs,
20:06il incarnait finalement
20:07un certain leadership
20:09de cette droite radicale.
20:10Est-ce que vous allez faire campagne
20:12maintenant activement
20:13pour votre groupe
20:15Les Patriotes
20:15qui est dirigé,
20:16je le disais,
20:17par Jordan Bardella
20:18et puis au-delà,
20:18bien sûr,
20:19Marine Le Pen ?
20:19Nous attendons l'année prochaine
20:21un changement en France
20:22et un changement
20:23puis après
20:23dans la politique européenne.
20:25Ce qu'on voit
20:26ces dernières années,
20:27c'est que la politique migratoire
20:30de l'Union européenne,
20:31c'était un échec.
20:32La politique des sanctions
20:35et d'énergie
20:36était un échec.
20:38L'idéologie du Green Deal
20:39qui incarne tout,
20:41ça n'a pas mené
20:42à la croissance
20:43mais en fait,
20:44ça a fait chuter
20:45la compétitivité européenne.
20:47C'est pourquoi
20:48on voit cette crise
20:49au niveau européen,
20:51c'est pourquoi
20:51on a eu des difficultés
20:52en Hongrie,
20:53c'est pourquoi
20:53il y a des difficultés
20:54en France
20:54et en fait,
20:56l'Union européenne
20:58est maintenant aussi
20:59endettée,
20:59pas que la France.
21:00C'est que dans ces
21:01quelques dernières années
21:03que l'Union européenne
21:04a commencé à emprunter
21:05énormément de l'argent
21:06mais ça n'a pas mené
21:08à la croissance
21:08que Ursula von der Leyen
21:10et le mainstream
21:11espéraient.
21:12Donc en fait,
21:13justement,
21:14ça démontre
21:15qu'il faut du changement.
21:16On a déjà vu ça,
21:18ce sentiment
21:18de la part des citoyens
21:19européens
21:20et français,
21:21notamment en 2024
21:23lors des élections européennes
21:24puis des élections françaises,
21:26qu'il est temps
21:27du changement
21:28puisque la politique
21:30idéologique
21:31qui était menée
21:31ces dernières années
21:32n'a pas réussi
21:33à faire plaisir
21:35aux citoyens.
21:36Vous parlez de changement
21:36et quel changement,
21:37Charles Gurens ?
21:38L'extrême droite française
21:39a officiellement renoncé
21:40au Frexit,
21:41la sortie de l'Union européenne
21:43et de la zone euro.
21:44Le risque pour l'Union européenne
21:45est-il moindre à vos yeux
21:47qu'il y a quelques années
21:48ou est-ce qu'il est toujours
21:49aussi important
21:50si ces parties
21:51arrivaient au pouvoir ?
21:52Le risque est important
21:53au niveau économique,
21:54le risque est important
21:55au niveau des politiques
21:56institutionnelles.
21:58Je ne sais pas
21:59quelle est la position
22:00de Mme Le Pen
22:01quant à la primauté
22:03du droit européen
22:04sur le droit national.
22:05Je sais qu'elle n'est pas
22:06le seul à avoir des doutes
22:07sur le maintien
22:07de ce principe.
22:08Il y a aussi
22:08M. Retailleau.
22:10Donc on voit
22:10avec inquiétude
22:12des Français
22:13qui prennent leur distance
22:14par rapport
22:15aux piliers
22:15de la construction européenne
22:16qui ont permis
22:17de consolider
22:18ce que d'autres Français
22:20comme Robert Schumann
22:21et Jean Monnet
22:22ont mis en place.
22:23Il y a une autre inquiétude
22:25qui va au-delà
22:26du domaine économique.
22:29Permettez-moi
22:29d'insister là-dessus,
22:30c'est tellement fondamental.
22:32Je crois que 83 ans
22:35après la Shoah,
22:36plus aucun juif
22:37en Europe
22:38ne devrait plus avoir peur
22:39de rester dans le pays
22:41où il réside.
22:42Il y a une reconnaissance
22:43de l'antisémitisme
22:44un peu partout
22:45et la façon
22:46dont il se développe
22:47en France
22:47m'inquiète
22:48au plus haut degré.
22:50Ce n'est pas une question
22:50d'opinion
22:53comme disait l'autre
22:53mais c'est un délit.
22:55L'antisémitisme
22:55est un délit.
22:57Donc en ce qui concerne
22:58les valeurs fondamentales,
22:59c'est aussi important
23:00que le problème économique
23:02dont il ne faut pas
23:02sous-estimer.
23:03Alors le problème économique
23:04c'est que par exemple
23:05Jordan Bardella
23:06propose de diminuer
23:06de moitié
23:07la contribution française
23:09au budget
23:10de l'Union Européenne
23:10qu'elle est actuellement
23:11de 28 milliards d'euros.
23:14Nous sommes très légèrement
23:15contributeurs nets
23:16les Français
23:18mais ça vous paraît
23:20faisable
23:20par la négociation,
23:21par la force,
23:22c'est-à-dire
23:22unilatéralement ?
23:23Non,
23:24c'est les négociations
23:26budgétaires
23:26qui d'ailleurs
23:27sont en cours
23:28actuellement
23:28pour les prochaines
23:29sept années.
23:31Ça ne se fait pas
23:32qu'un pays dit
23:33non mais nous
23:33on ne va plus payer
23:34parce que ça
23:35c'est la sortie
23:36unilatérale
23:37de l'Union Européenne
23:38et ça,
23:38ça va tuer
23:39l'économie française.
23:40C'est une sortie
23:41de la zone euro
23:41qui ne dit pas son nom
23:42en fait,
23:43cette proposition
23:43du Rassemblement National
23:44à vos yeux ?
23:45C'est tout simplement
23:46légalement impossible
23:47et d'ailleurs
23:48si la France
23:49arrête de payer,
23:50l'Union Européenne
23:51va arrêter
23:52de verser l'argent
23:53donc en fait
23:54les premiers
23:55qui vont le sentir
23:56c'est les agriculteurs
23:57français
23:57qui ne vont plus
23:59recevoir
23:59leur subvention
24:01et je ne sais pas
24:03comment
24:03M. Bardella
24:04va expliquer
24:04à l'agriculture française
24:06qu'il n'y a plus d'argent.
24:07Andras Laslon
24:08on parlait de cette
24:09contribution au budget
24:10de l'Union Européenne
24:12votre pays
24:12la Hongrie
24:13sous l'erreur ban
24:13qui a pourtant
24:14été marqué
24:15par une assez forte défiance
24:16envers les institutions
24:17de Bruxelles
24:18n'a jamais suspendu
24:19sa contribution
24:19dites-moi si je me trompe
24:20comment est-ce que
24:21vous accueillez
24:22cette proposition
24:22du Rassemblement National
24:24votre allié français ?
24:25Ce qu'il faut fixer
24:27tout d'abord
24:28ce qu'il faut réparer
24:29c'est la politique même
24:31il faut un changement
24:32avant qu'on puisse parler
24:34de la somme nécessaire
24:35pour mettre
24:36l'économie européenne
24:38debout
24:38de nouveau
24:39ça n'a pas de sens
24:41ça ne va rien achever
24:42si on met encore
24:43plus de l'argent
24:43dans une direction
24:44dans des politiques
24:45qui ne fonctionnent pas
24:46on voit très bien
24:47ces dernières années
24:48qu'au niveau
24:49de l'industrie européenne
24:51l'industrie de défense européenne
24:54l'industrie numérique
24:56le secteur énergétique
24:59le secteur automobile
25:01ça ne fonctionne pas
25:02il faut avoir
25:03un débat
25:04sur le contenu
25:06avant qu'on ait
25:07le débat
25:08sur l'argent nécessaire
25:09pour enfin
25:10achever
25:11ce qu'on veut
25:12achever
25:13au niveau européen
25:13et aussi en France
25:14alors c'est vrai
25:16qu'on discute
25:16en ce moment
25:17du budget
25:18de l'Union Européenne
25:18pour les six prochaines années
25:20certains états
25:21poussent à une adoption
25:22rapide
25:23justement
25:23avant la présidentielle
25:24française
25:25le président
25:26du rassemblement national
25:27Jordan Bardella
25:28s'insurge en ces termes
25:29l'idée est évidemment
25:31de verrouiller le budget
25:32avant potentiel changement
25:34de majorité en France
25:35l'Union Européenne
25:36poursuit sa politique
25:37et sa philosophie
25:38profondément antidémocratique
25:40je cite
25:41est-ce que les Européens
25:42sont en train
25:43d'anticiper cette victoire
25:45du rassemblement national
25:46et se rue
25:47pour conclure
25:48ce budget
25:482028
25:502034
25:51non
25:51en aucune façon
25:52le budget
25:53des sept prochaines années
25:54a été inscrit
25:55dans l'agenda
25:55politique européen
25:57c'est connu
25:58depuis l'an 2000
25:59et même avant
25:59que tous les sept ans
26:01on doit négocier
26:02et suffisamment longtemps
26:03à l'avance
26:03pour qu'en
26:052028
26:05pardon
26:06ce budget
26:07pour les sept prochaines années
26:09puisse entrer en vigueur
26:10c'est ça
26:10c'est nullement
26:11contre le
26:13rassemblement national
26:13ou quiconque
26:14c'est simplement
26:15parce qu'on a besoin
26:16du financement
26:17des politiques
26:17de l'Union Européenne
26:18sinon il faut
26:19aller expliquer
26:20aux agriculteurs français
26:21qui ne touchent pas
26:21des primes à l'hectare
26:22qui ne touchent pas
26:23des programmes
26:25des subventions
26:28sous-appliques
26:28de financer
26:29des programmes
26:30environnementaux
26:30etc.
26:31Non
26:31nullement
26:32c'est l'intention
26:33de personne
26:34de bouleverser
26:35les calendriers
26:36européens
26:37à cause
26:37des élections
26:37françaises
26:38Alors Daniel Freud
26:39il y a eu
26:39un fait intéressant
26:40la candidate
26:41du rassemblement
26:42national
26:42Marine Le Pen
26:42a opéré
26:43un virage
26:43sur la question
26:44de la dette
26:44vous l'avez peut-être
26:45observé
26:45depuis l'Allemagne
26:46elle propose
26:46d'adopter
26:47une règle d'or
26:47budgétaire
26:48ça normalement
26:49l'orthodoxie budgétaire
26:50c'est le grand
26:51credo
26:51le grand credo
26:52allemand
26:53on applaudit
26:54en Allemagne
26:54où on se méfie
26:56Bon
26:57nous
26:57on est pour
26:58les investissements
26:59européens
27:00si c'est des investissements
27:02vraiment dans le futur
27:04donc nous
27:05on a toujours
27:06en tant que vert allemand
27:07lutté
27:07contre
27:08une dette
27:09trop contraignante
27:10on a aujourd'hui
27:12besoin d'investissement
27:13on perd
27:14la chasse
27:15à l'intelligence
27:17artificielle
27:17on est derrière
27:19sur la défense
27:20on a besoin
27:22aussi
27:22un investissement
27:23pour transformer
27:24nos économies
27:25vers plus
27:27renouvelables
27:27donc il faut
27:28un investissement
27:29et ça c'est bien
27:30pour le futur
27:31c'est aussi pour
27:31les futures générations
27:33qu'on fait ça
27:35évidemment
27:35il faut garder
27:38tout ça
27:38dans un certain contrôle
27:40pour qu'on arrive encore
27:41de se financer
27:42sur les marchés
27:45financiers
27:46voilà
27:47c'est cet équilibre
27:48à trouver
27:48mais
27:50pour moi
27:51il faut cet investissement
27:52on est déjà
27:53mauvais élève
27:54de toute façon
27:54au point
27:54on en est
27:55j'ai envie de dire
27:56on est hors les clous
27:57du pacte de stabilité
27:58des 3% de déficit
27:59on n'arrive même pas
28:01à promettre 5%
28:02pour 2026
28:03je ne parle même pas
28:04du doublement
28:05de la dette
28:06c'est le maillon
28:07faible
28:08de l'Union Européenne
28:09quels que soient
28:10les résultats
28:10en mai
28:11ou ça peut
28:12encore être pire
28:13écoutez
28:14écoutez
28:14moi j'ai entendu
28:15le prix Nobel
28:16de l'économie
28:17français
28:17monsieur Arion
28:18je crois que c'est
28:19comment il s'appelle
28:20qui a dit des choses
28:21très intelligentes
28:22sur les étapes
28:23qu'il faut prévoir
28:24pour réduire le déficit
28:25à moyen terme
28:26donc commencer à réduire
28:28les dépenses
28:28de façon à ce qu'on
28:29atteigne
28:315% la première année
28:334% la deuxième
28:343% la troisième
28:36sans que ça remette
28:37en question
28:37tous les acquis sociaux
28:38en France
28:40et puis admettons aussi
28:41quand même
28:42que c'est le secteur privé
28:43qui doit être mobilisé
28:44pour financer
28:45les investissements
28:46et de ce point de vue
28:47je crois que tous
28:48les candidats
28:49à la présidence française
28:50devraient admettre
28:51que l'Europe
28:51fait partie
28:52de la solution
28:53si on veut
28:54quand vous entendez
28:55le candidat de la France
28:55Insoumise
28:56Jean-Luc Mélenchon
28:56qui propose d'annuler
28:57la dette française
28:59auprès de la Banque
28:59Centrale Européenne
29:01c'est le genre de discours
29:02qui peut inquiéter
29:03en Europe
29:03mais tous les experts
29:04qui sont consultés
29:05à ce propos
29:06disent que c'est une hérésie
29:08on peut annuler
29:09la dette française
29:10ou la dette
29:12du cours
29:12auprès de la Banque Centrale
29:13si tous les états membres
29:14de l'Union Européenne
29:15sont d'accord
29:16unanimement
29:17donc le traité
29:18prévoit cette possibilité
29:20il n'y a pas
29:20d'autre solution
29:21et ne perdons pas
29:23notre temps
29:25à souhaiter
29:26que tous les états membres
29:27le fassent
29:27l'Allemagne ne veut pas
29:28l'Allemagne est suffisamment
29:29agacée
29:30je pense que ça va être
29:3226 contrats
29:32c'est très clair
29:34si Mélenchon
29:35est président
29:36il y a deux chances
29:37alors
29:38monsieur Laszlo
29:39est-ce que la France
29:40peut représenter
29:41un nouveau leader
29:43de cette droite
29:44des patriotes
29:45capable de booster
29:46justement
29:47partout
29:48en Europe
29:49c'était un peu
29:50le rôle
29:51central
29:52de la Hongrie
29:52voire d'infléchir
29:54la position
29:54des 27
29:55sur l'Ukraine
29:56parce que la question
29:56aussi
29:57de notre positionnement
29:58vis-à-vis de la Russie
29:59et de l'Ukraine
30:00se pose énormément
30:01dans cette élection
30:02je pense que
30:04la politique étrangère
30:05fait rarement
30:06la question centrale
30:08des élections
30:09bien que
30:10ça pèse
30:11la guerre en Ukraine
30:12pèse lourdement
30:13sur l'économie
30:14européenne
30:15la dette
30:16et l'argent
30:17qu'on donne
30:18à l'Ukraine
30:19et si on regarde
30:20le draft
30:21pour le prochain
30:22budget européen
30:23la somme
30:24pour l'Ukraine
30:25et ce que ça va peser
30:27sur les états membres
30:28c'est énorme
30:29et vous êtes compte
30:30que ce soit aussi énorme
30:32oui tout à fait
30:32il faut arrêter
30:34cette guerre
30:34le plus tôt possible
30:37aussi pour soulager
30:38l'économie européenne
30:39mais aussi
30:40puisque
30:40la perte
30:42qui se passe
30:43et la promesse
30:44de l'intégration européenne
30:46c'était la paix
30:47en Europe
30:47maintenant
30:48on n'essaye même pas
30:49de négocier
30:50une paix
30:50en Ukraine
30:51mais je dis
30:52en premier mot
30:54c'est toujours
30:55les questions économiques
30:56c'est toujours
30:56la question
30:57de coût de vie
30:58qui détermine
30:59les élections
31:00bien que
31:01la guerre en Ukraine
31:03et d'autres politiques
31:04pèsent
31:05sur ce sujet là
31:06le problème
31:08essentiel
31:08c'est qu'on ne voit pas
31:10le succès
31:12on ne voit pas
31:13que la politique
31:14le chemin
31:15sur lequel se trouve
31:16l'Union Européenne
31:17maintenant
31:17ça va aboutir
31:19à la prospérité
31:20et à la paix
31:21c'est pourquoi
31:22que j'avais dit
31:22qu'il faut d'abord
31:23changer la politique
31:24avant qu'on parle
31:25combien de l'argent
31:26on va mettre
31:26on a une dette
31:27déjà énorme
31:28en Europe
31:29et donc
31:30ça va être
31:30une question
31:31de plus en plus centrale
31:32pas seulement
31:33en France
31:34et pas seulement
31:35à propos du budget
31:36européen prochain
31:37mais partout en Europe
31:38alors Daniel Freud
31:39je voudrais revenir
31:40je vous voyais
31:41réagir aux propos
31:42d'Andras Laszlo
31:43sur l'Ukraine
31:44sur la Russie
31:45vous n'êtes pas d'accord
31:46et c'est l'occasion
31:46de parler peut-être
31:47d'un autre risque
31:48de cette élection
31:48c'est celle
31:48des ingérences étrangères
31:50notamment la Russie
31:52on l'a vu
31:53dans plusieurs élections
31:54nationales
31:55récemment
31:56dans l'Union Européenne
31:57cette tentative russe
31:58d'ingérer
32:00heureusement
32:01en Hongrie
32:01ça n'a pas marché
32:03et il faut dire
32:04quand même
32:04on veut tous
32:06la paix en Ukraine
32:06mais la personne
32:08qui envoie des missiles
32:09et des drones
32:09chaque nuit
32:10c'est Vladimir Poutine
32:11nous on est prêts
32:12à négocier
32:13les Ukrainiens
32:14sont prêts
32:14à négocier
32:15on l'a dit
32:15encore et encore
32:17on le dit
32:17tous les jours
32:18mais c'est Poutine
32:19qui ne veut pas
32:20c'est Poutine
32:21qui fait cette guerre
32:22donc la position
32:23de la France
32:23sur ce dossier
32:24elle est centrale
32:26elle peut faire basculer
32:27aussi la guerre
32:28vous dites
32:29l'élection
32:30de mai
32:312027
32:32je pense
32:33il y a
32:34vraiment une grande unité
32:35parmi les Européens
32:36d'autant plus
32:37maintenant que
32:37Viktor Orban
32:38a disparu
32:39du Conseil Européen
32:40évidemment
32:41si on perd
32:42la France
32:43dans cette alliance
32:44ça change
32:45quelque chose
32:46mais ça ne va pas
32:46changer
32:47que l'Allemagne
32:48l'Italie
32:49les Pays-Baltes
32:51la Pologne
32:52et tout ça
32:52qu'on soutient
32:53cette Ukraine
32:54il faut dire
32:55que déjà aujourd'hui
32:56le support
32:57militaire
32:58et financier
32:59de la France
33:00n'est pas complètement
33:01à la hauteur
33:02alors justement
33:04on est en train
33:05de dire
33:05la France
33:06ça n'est pas
33:06la Hongrie
33:07on l'a dit
33:08qui a vécu
33:09sous Viktor Orban
33:10pendant 10 ans
33:11peut-être même
33:11pas l'Italie
33:12qui est en effet
33:13pays fondateur aussi
33:14mais avec
33:15Georgia Méloni
33:16les droites radicales
33:17déjà au pouvoir
33:17ça aurait un impact
33:19beaucoup plus fort
33:19deuxième pays
33:20de la zone euro
33:21si l'extrême droite
33:23se hissait au pouvoir
33:24bien entendu
33:25ça aurait un impact
33:27désastreux
33:29en ce qui concerne
33:30la paix
33:30tout le monde
33:31veut la paix
33:31mais qui veut négocier
33:33Poutine ne veut pas
33:34négocier avec
33:35les Européens
33:36il ne veut pas
33:36non plus négocier
33:37avec Zelensky
33:39il ne veut négocier
33:40avec personne
33:40alors on n'a pas
33:42d'autre choix
33:42que de soutenir
33:44l'Ukraine
33:45de ce point de vue
33:46mais si la France
33:48devait faire défaut
33:49en matière de solidarité
33:50européenne
33:51vis-à-vis de l'Ukraine
33:52ça ce serait
33:53un sacré pas
33:54en arrière
33:54et je crois
33:55que ce serait un pas
33:57une catastrophe
33:58de laquelle
33:58l'Union Européenne
33:59ne se remettrait pas
34:00de si tôt
34:02Merci à vous
34:03d'avoir très bien
34:03illustré ce débat
34:04merci à vous
34:05de l'avoir suivi
34:06sur nos antennes
34:07Merci à tous
34:08et bonne suite
34:09de programme
34:09sur nos chaînes
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