- il y a 3 semaines
Vendredi 25 septembre 2026, retrouvez Stéphane Marie (Responsable régional, AG2R LA MONDIALE), Neila Choukri (Directrice générale, Kolecto) et Sylvie Gamet (Evaluatrice certifiée CVA et CPVA, CEO, Finantis Value) dans SMART CAPITAL, une émission présentée par Fabrice Cousté et Arnaud Dumourier.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:08Bonjour, bienvenue dans Smart Capital.
00:10Au programme de ce numéro, on va parler de la valeur des projets numériques
00:14avec Sylvie Gamay, CEO de Finantis Value,
00:19à l'aune de l'ouvrage qu'elle vient de publier,
00:22puis place au débat qui a été tourné lors du congrès des experts comptables
00:26sur la facturation électronique.
00:29On croisera les regards français et italiens sur cette réforme
00:33avec Nella Choucri, directrice générale de Collecto,
00:37et Roberto Cassanelli, expert comptable italien.
00:41Et enfin, on conclura l'émission avec notre invité Stéphane Marie,
00:45responsable régional auprès des professions de conseil chez AG2R,
00:50la mondiale qui viendra nous parler, protection patrimoniale.
00:53Voilà pour les titres, c'est Smart Capital.
01:00On démarre tout de suite ce Smart Capital et on va parler de l'ouvrage de Sylvie Gamay,
01:06CEO de Finantis Value, piloter la valeur des projets numériques.
01:13On va voir tout de suite, on va faire le point sur cette question,
01:16avec l'autrice de cet ouvrage.
01:18Bonjour Sylvie.
01:19Bonjour Arnaud.
01:19Alors, pourquoi avez-vous décidé de consacrer un ouvrage sur cette question
01:26de la valeur des projets numériques ?
01:29C'est vrai que c'est un sujet de niche, c'est issu d'un constat professionnel en fait,
01:33je valorise des actifs immatériels pour les entreprises depuis plus de 15 ans
01:36et les logiciels, les bases de données en font maintenant partie intégrante
01:40et de plus en plus.
01:41Et quand je discute avec mes clients, entreprises, porteurs de projets,
01:45je constate qu'il y a une méconnaissance de tous les facteurs
01:47qui vont influer sur la valeur de leur développement numérique.
01:50Donc la plupart du temps, ils vont être très au fait sur les sujets techniques, fonctionnels,
01:53mais par contre, ils vont passer à côté des aspects juridiques par exemple.
01:56Donc l'idée du livre, c'est justement de donner des clés de connaissance
01:59à tous ces publics pour piloter au mieux la valeur de leur développement
02:03et ne pas passer à côté de décisions parfois catastrophiques.
02:06Enfin non, justement, ne pas les prendre, ces décisions catastrophiques.
02:09Donc vraiment un outil stratégique, un guide pour accompagner les porteurs de projets,
02:17les entreprises, mais aussi les conseils.
02:19On considère souvent le numérique comme un coût.
02:22À partir de quel moment ça devient véritablement un actif ?
02:25Alors c'est vrai qu'on parlait souvent de coût avant.
02:28Maintenant, je pense qu'on parle quand même plus d'investissement dans les entreprises
02:30et on attend un retour d'investissement justement sur ces sujets-là.
02:34Et c'est vrai que la question, c'est à quel moment on peut inscrire par exemple au bilan
02:38un logiciel, une solution digitale, voire une base de données.
02:41Et il y a deux critères majeurs à avoir en tête.
02:43Le premier critère, c'est que l'entreprise doit être propriétaire de son actif.
02:47Ça paraît bête comme ça, mais souvent on passe à côté de sujets juridiques
02:50qui mettent en danger cette propriété-là.
02:52Et le deuxième sujet, ça va être le caractère d'avantage économique.
02:57C'est-à-dire que ce logiciel, par exemple, doit pouvoir contribuer à la génération de revenus
03:01ou d'économies dans le futur pour la société.
03:04Si ces deux critères sont vérifiés, à ce moment-là, on peut réfléchir à une inscription au bilan
03:09de ces actifs-là.
03:10Mais là, on se confronte aux réglementations comptables, aux droits des affaires, etc.
03:13Donc, plusieurs situations sont possibles.
03:15Le livre décrit certaines de ces situations, quelles décisions on peut prendre
03:18et quels sont les impacts fiscaux notamment sur certaines décisions aussi.
03:21Alors, on va aller un peu plus loin parce que vous décrivez concrètement
03:26la méthode d'évaluation de ces projets.
03:30concrètement, comment on évalue les projets numériques et les actifs numériques ?
03:35Alors, ils sont assez particuliers, ces actifs, parce qu'il s'agit d'abord de bien les connaître qualitativement.
03:39C'est-à-dire de quoi on parle concrètement, techniquement, mais aussi juridiquement, économiquement parlant, etc.
03:45Et une fois qu'on a fait tout ça, qu'on a fait ces devoirs, on peut lancer différentes approches
03:49de valorisation financière
03:51qui vont être conformes à des normes internationales sur le sujet.
03:54Et on va définir... Enfin, il y a deux grosses catégories de méthodes.
03:57Il y a des méthodes qui vont regarder le passé, c'est-à-dire combien ça a coûté de développer
04:01ce logiciel, par exemple.
04:03Combien il en coûterait aujourd'hui si on devait redévelopper une solution similaire ?
04:06Ça permet de mettre en avant, par exemple, une dette technique, de l'obsolescence technologique.
04:09C'est assez intéressant de ce point de vue-là.
04:12Et l'autre catégorie de méthode, qui est en général la plus intéressante pour les entreprises,
04:15c'est de voir le futur, donc le potentiel d'exploitation de cette solution logicielle, par exemple,
04:20de voir comment elle contribue au revenu futur.
04:23Et comment ça se valorise, ça ?
04:24Il y a différentes méthodologies qui existent par rapport à ça.
04:27Il y en a qui vont être basées sur plutôt les redevances actualisées.
04:31C'est un terme un peu spécifique qu'on décrit plus spécifiquement dans le livre.
04:35C'est une approche qui permet déjà d'approcher une valeur de cette solution.
04:40Il y a une approche alternative qui consiste à aller définir quelle est la contribution de l'actif
04:46dans la génération de profits futurs.
04:48Donc là, c'est quand même tout un calcul de définir c'est quoi le poids de l'actif là
04:51-dedans.
04:52Parce qu'il n'y a pas que le logiciel qui fait tout, bien sûr.
04:55Et donc, ce sont des méthodes assez similaires à celles qu'on a pour les évaluations d'entreprise.
05:00Donc, les discounting cash flow, pour ceux qui connaissent.
05:02Et donc, voilà, de ces méthodes-là, finalement, c'est l'évaluateur après qui va statuer parmi ces valeurs
05:07si on en retient une plutôt qu'une autre.
05:09C'est le contexte qui va le définir.
05:10Ou alors, pondérer les valeurs.
05:12C'est quoi les avantages, justement, de la valorisation de ces actifs numériques ?
05:18Alors, l'avantage majeur, c'est-à-dire que, déjà, on va connaître la valeur.
05:22Ça paraît bête comme ça, mais la connaître et la documenter,
05:24ça permet de sécuriser tout un tas d'opérations qu'on peut faire à partir de ces actifs-là.
05:28Notamment, des opérations de haut de bilan, cession, transmission d'actifs,
05:32transfert d'actifs d'une entité à une autre.
05:34Renforcement des fonds propres quand on apporte cet actif au capital de la société,
05:38par exemple, quand on est en création.
05:40Et il y a aussi des sujets fiscaux où la valorisation intervient,
05:44notamment sur les démarches IP Box.
05:46C'est un dispositif fiscal qui permet d'avoir un taux réduit d'imposition de 10%
05:51au lieu de 25% de l'IS sur les revenus de licence ou de cession de logiciels,
05:56ce qui est extrêmement intéressant pour les entreprises.
05:58Et là, il y a besoin également d'évaluer la solution en question.
06:01Pour terminer, rapidement, est-ce que l'intelligence artificielle dont tout le monde parle change la donne ?
06:07Alors, elle change la donne parce que, bien sûr, elle accélère les développements.
06:10On développe beaucoup plus vite maintenant.
06:12Donc, il y a un impact fort sur le code source en lui-même.
06:16Puisque la plupart du temps, là, aujourd'hui, on évalue les logiciels en fonction du code source
06:19parce que c'est protégé par du droit d'auteur.
06:21Sauf que là, comme les codeurs utilisent beaucoup l'IA,
06:25ce n'est plus vraiment leur patte d'auteur, entre guillemets, du code source qui joue.
06:29Donc, ça peut affaiblir ce caractère de droit d'auteur.
06:32Et le code peut aussi perdre en qualité.
06:34C'est-à-dire que s'il n'est pas bien encadré,
06:36on peut perdre de la qualité documentaire, etc.
06:40Ce qui fait que c'est difficile de revenir dessus, par exemple.
06:43Donc, pareil, on va créer de la dette technique
06:44qui n'est pas forcément bien pour la valeur de la solution.
06:49Donc, de ce point de vue-là, il faut être vigilant.
06:51Et je pense que, finalement, la valeur des logiciels, dans les années à venir,
06:54va être transférée, non plus sur le code source, peut-être,
06:56mais sur des actifs connexes, comme les bases de données, les algorithmes, le secret d'affaires.
07:00On va conclure là-dessus. Merci, Sylvie Gamay.
07:02Je rappelle que vous êtes CEO de Finantis Value.
07:05Tout de suite, place au débat.
07:07On va parler facturation électronique en Europe.
07:11Ce débat a été tourné lors du congrès des experts comptables.
07:19On poursuit ce Smart Capital.
07:22Et je suis en direct du congrès des experts comptables,
07:26le 81e congrès des experts comptables, ici à Paris.
07:30Et on parle facturation électronique,
07:33puisque la France a passé le cap le 1er septembre dernier.
07:37Et Collecto, dans ce contexte, organise une conférence pour avoir des retours d'expérience
07:43sur ce qui s'est passé en Europe, en Belgique et en Italie.
07:48Et on va faire le point avec mes invités, plus particulièrement sur ce qui s'est passé en Italie,
07:52pour voir les bénéfices que ça a apporté cette réforme pour les entreprises
07:57et, bien sûr, les experts comptables.
07:59J'ai le plaisir d'avoir à mes côtés Neila Choukri, directrice générale de Collecto,
08:06et Roberto Cassanelli, expert comptable italien,
08:09avec qui on va parler de cette réforme de la facturation électronique en Europe.
08:14Bonjour à tous les deux.
08:16Bonjour.
08:16Et je vais commencer avec Neila, puisque la France vient de passer le cap le 1er septembre dernier.
08:23Pour avoir votre réaction, Neila, tout simplement sur ce passage.
08:28Comment ça s'est passé ?
08:30Alors, c'est un passage qu'il y a quelques jours, évidemment,
08:34donc beaucoup moins que nos camarades italiens.
08:38Le passage à la réforme a montré, je dirais, de bonnes surprises
08:43et a montré aussi des axes de progression sur la partie opérationnelle,
08:48notamment, alors plus exactement, sur les bonnes surprises,
08:52la stabilité technique, la robustesse entre l'écosystème,
08:56la capacité de communiquer avec les différentes plateformes.
09:00On craignait cette capacité-là et, au contraire, ça s'est avéré quelque chose de positif.
09:06Donc, ça a bien fonctionné.
09:07Il y a déjà des millions de factures aujourd'hui qui transitent en quelques jours.
09:11Donc, ça, c'est une très bonne nouvelle.
09:14Une chose qu'on n'avait peut-être pas anticipée, c'est ce qu'on appelle la portabilité,
09:19c'est-à-dire la capacité de changer de plateforme.
09:22Je pense qu'on avait sous-estimé la volonté, en tout cas, des acteurs
09:27de passer d'une plateforme à une autre.
09:29Et pourquoi c'est important, cette question de la portabilité ?
09:31Parce qu'elle suppose de s'organiser pour savoir quelle vérification faire,
09:37quelle transmission, sous quel délai, la reprise de l'historique des factures
09:42qui, finalement, portent la responsabilité en termes de format, d'archivage,
09:48quand on change de plateforme.
09:50Donc, voilà, c'est des cas d'usage qui, à mon sens, vont mériter de se coordonner
09:55pour avoir un meilleur standard, pour permettre, en tout cas, aux clients
09:59de pouvoir changer de plateforme selon leur volonté,
10:02sans créer de flou ou de tension au départ de cette réforme.
10:07Et le troisième aspect, je pense que c'est aussi les acteurs
10:10qui ne sont pas passés encore, puisqu'on a une période de tolérance
10:15dans ces prochains mois.
10:16Donc, on a du progressif aujourd'hui en termes de passage.
10:20Et je pense qu'il y a une attente de bénéfices concrets.
10:23Donc, nous, on a reçu beaucoup d'idées terrain avec la volonté
10:28de, finalement, bénéficier de cette réforme en faisant de l'État
10:32la capacité de relancer les impayés pour, justement, éviter les retards
10:39d'encaissement et faire en sorte que cette réforme est un bénéfice concret
10:43sur la trésorerie des entreprises.
10:45Voilà.
10:46Alors, on a ce premier retour tout frais de la France.
10:49Mais l'Italie, Roberto, a déjà franchi le pain l'année dernière.
10:54On dit souvent que les premiers jours sont importants.
10:59Mais est-ce que la période entre septembre et décembre, on va dire,
11:04pour la France, elle ne va pas être charnière plutôt que les premiers jours
11:07dont vient de parler Neila ?
11:10Alors, à mon avis, c'est trois mois qui va être la période un peu d'enfer
11:18pour les experts comptables et pour tout l'écosystème français.
11:23Parce qu'au premier moment, il y aura un problème avec les clients,
11:28donc les entreprises.
11:29Elles ne sont pas capables de faire la facturation électronique tout de suite
11:32et donc ils auront besoin des experts comptables.
11:36Les experts comptables, ils auront dû former les salariés pour aider,
11:42donc la formation opérationnelle.
11:45Si tout ça n'a pas été fait,
11:48il sera encore plus difficile gérer, on va dire, la vague, l'orage des premiers trois mois.
11:56Donc ça, c'est la leçon qu'on a apprêt en Italie.
11:59Et pendant que je suis ici en France, aussi la dernière fois,
12:04j'ai dit ça aux confrères français et voilà.
12:07Donc la formation, c'est extrêmement important.
12:11Ça veut dire quoi ?
12:12Il faut vraiment accompagner au changement les équipes ?
12:16Absolument, parce que normalement, ce n'est pas l'État qui le fait.
12:20Ce n'est vraiment pas l'État.
12:21Chez nous, il n'a pas été comme ça.
12:23Et c'est les experts comptables italiens qui ont eu le privilège,
12:28le devoir, le poids de le faire pour toute l'économie italienne.
12:35Mais là, vous avez sur la question de la formation,
12:38c'est quelque chose d'important chez Collecto aussi d'accompagner vos clients ?
12:42Oui, alors je pense qu'il y a la pédagogie à apporter aussi auprès des clients,
12:46parce que pour leur expliquer, ça demande aussi en effet une formation
12:50pour être capable évidemment d'accompagner, de rassurer sur est-ce que je suis éligible ou pas ?
12:57Est-ce que je suis une structure qui rentre dans le champ de la réforme ?
13:00Comment ça se passe concrètement pour moi ?
13:03De l'accompagner, de coordonner avec les tiers de confiance.
13:06On a la chance d'avoir au sein de Collecto les deux tiers de confiance.
13:09D'un côté, l'expert comptable et de l'autre côté, la banque.
13:12Donc, on accompagne aussi par le biais des conseillers bancaires et des experts comptables,
13:17chacun leur expertise, et on essaie de faire le pont avec des équipes chez nous
13:22qui aident au paramétrage, qui aident à l'explication,
13:25qui vulgarisent parfois certains concepts qui sont assez complexes à comprendre
13:30et qui permettent de rassurer aussi des personnes qui passent à la digitalisation.
13:35Parce qu'il ne faut pas minimiser aussi qu'au-delà de la réforme de la facturation électronique,
13:40il y a une France qui est moins mature digitalement d'un point de vue professionnel
13:44et qui aura un besoin de moderniser son infrastructure.
13:49Et donc, il faut un accompagnement.
13:50Je dirais que ce n'est pas une réforme seulement technique, c'est une réforme humaine.
13:55Donc, ça veut dire qu'aussi, il faut des personnes capables de conduire le changement ?
14:00Oui, il faut la conduite au changement, l'expertise qui se repositionne sur un accompagnement aussi,
14:06la capacité de pouvoir rassurer cette vague en effet de demande d'un coup qui arrive
14:13et elle est légitime dans un moment de changement
14:16et de les accompagner progressivement vers un usage qui se normalise.
14:21Alors, Roberto, le congrès ici est tourné vers la transformation des cabinets.
14:27Ça veut dire avec la facturation électronique de nouvelles missions aussi.
14:32Comment vous avez appréhendé ça en Italie ?
14:35Alors, la facturation électronique, c'est un habilitateur technologique et professionnel pour nous.
14:41C'est-à-dire que maintenant, vous aurez toutes les données en temps réel.
14:48Et donc, la vraie question, c'est pas est-ce que je serai capable d'envoyer une facture électronique ?
14:54La vraie question, c'est qu'est-ce que je fais avec toutes les données que j'ai en temps
14:58réel de mes clients ?
15:01Donc, qu'est-ce qu'on a appris en Italie ? C'est utiliser ces données.
15:06Maintenant, cette année, en Italie, le 39% des experts comptables italiens
15:11à utiliser des instruments d'intelligence artificielle qui ne sont pas intégrés dans le logiciel qu'ils utilisent dans le
15:18cabinet.
15:19C'est-à-dire qu'ils sont en train de bâtir des programmes, des procès, des outils
15:25pour utiliser les nouvelles technologies aussi sur les données de la facture électronique.
15:31C'est ça, le futur qui sera aussi en France.
15:34Il ne bougera pas en cette année, comme nous, mais chez vous, il sera vraiment plus vite.
15:42C'est à une année, deux années, parce que vous pouvez tirer l'enseignement des autres.
15:47Par exemple, de l'Italie, nous, nous étions, on va dire, les premiers.
15:51Vous étiez précurseurs, donc c'est difficile quand on est pionnier.
15:55C'est difficile parce qu'il n'y a personne qui te dise ce qu'il va arriver.
15:58Mais vous n'êtes pas dans cette situation.
16:03Vous avez la chance d'être pas les premiers.
16:07C'est pas un paradoxe, mais c'est ça.
16:10Neila, qu'est-ce que vous en pensez ?
16:11C'est une chance de bénéficier de l'expérience italienne ?
16:15Oui, je pense honnêtement.
16:18Alors, désolée pour l'Italie, mais c'est vrai que la France se positionne en troisième aussi avec la Belgique.
16:25En tout cas, quand je dis troisième, c'est par rapport aux pays qui sont les plus proches de notre
16:28économie.
16:29Et c'est vrai que c'est quand même un avantage.
16:31Nous, on est tout de suite allés regarder à côté avec un regard, évidemment, observateur.
16:39Surtout qu'avec un temps, parce que la Belgique, ça fait presque un an, mais l'Italie, c'est plusieurs,
16:46plus de cinq ans.
16:47Donc, quand on est vraiment sur un horizon plus large, on a vraiment la capacité de pouvoir se dire
16:52« Ah, voilà ce qu'il va se passer, voilà comment on pourrait envisager d'accompagner mieux les clients
16:59et comment en tirer les bénéfices de cette modernité, finalement, de l'infrastructure ».
17:03Et ça a été dit, la capacité de pouvoir aller brancher des outils d'intelligence artificielle ou autre,
17:10c'est grâce à la modernité des infrastructures, à la standardisation des échanges
17:16qui permet de pouvoir aller en tirer une intelligence pour sortir du domaine du constat à postériori.
17:24Et on n'est plus dans ce système-là de regarder en arrière seulement.
17:28On est dans l'envie d'anticiper pour mieux accompagner les clients.
17:33Et donc, de regarder de l'avant grâce au temps réel et grâce à l'intelligence qu'on pourra apporter.
17:38Qu'est-ce qu'il y a comme autre… Alors, vous avez parlé déjà de certains enseignements,
17:43de l'expérience italienne.
17:45Quelles sont les bonnes pratiques qui pourraient être répliquées en France, je dirais,
17:51pour que ça se passe le mieux possible ?
17:53Alors, pour les experts comptables, je dirais deux.
17:56Formation, c'est-à-dire une formation qui doit être axée sur les salariés pour la partie opérationnelle
18:02et sur les experts comptables pour la partie à plus haute valeur ajoutée.
18:06C'est-à-dire qu'il faut utiliser ces données-là pour des nouvelles missions.
18:10Donc, la formation.
18:12Et la deuxième, c'est pas tomber dans la faute d'utiliser les données pour faire de l'efficience.
18:20Ça veut dire quoi concrètement ?
18:21Ça veut dire l'automatisation, ça va.
18:23Mais si on se limite à ça, il y aura toujours quelqu'un qui fera l'automatisation mieux que toi,
18:30que ton cabinet.
18:30Et donc, le prix va baisser.
18:33Ça sera sûrement comme ça aussi chez vous.
18:35Le prix pour les missions traditionnelles, ils vont baisser.
18:38Il y aura une commoditisation de la tenue de la comptabilité et de la déclaration des taxes.
18:46Mais la bonne nouvelle, c'est qu'il y a vraiment beaucoup de choses à faire avec les données et
18:52avec les nouvelles missions.
18:56Donc, j'essaie de vous dire…
18:58C'est une opportunité.
18:59C'est une opportunité.
19:00Mais il faut penser d'une façon différente parce que le monde a changé.
19:05Vous êtes d'accord, Neila ? Il y a plein de choses à faire avec les données.
19:08Oui, je pense de manière générale, comme on le disait, c'est une transition, c'est une transformation pour les
19:15clients,
19:16mais aussi pour la profession comptable.
19:19Aujourd'hui, on était plutôt, même en termes de mission, sur une valorisation du temps, du travail, dans le cadre
19:26des missions.
19:26Et demain, ça sera une valorisation de la valeur.
19:29Et je pense que c'est un paradigme qu'il va falloir prendre, en tout cas comme virage, ce nouveau
19:36changement,
19:37en se disant, je vais sûrement baisser le temps dédié à certaines actions de saisie ou autres,
19:45parce qu'en effet, ça deviendra une commodité.
19:47Mais je vais augmenter ma valeur dans la capacité de pouvoir accompagner les clients
19:52grâce à l'accessibilité des données, à l'intelligence qu'on va pouvoir y apporter.
19:57Et tout simplement, à l'expertise initiale des experts comptables,
20:02qui est normalement forcément cette expertise qui leur permettra d'accompagner les clients.
20:07Peut-être, Roberto, un mot à l'adresse des experts comptables français.
20:13Comment vous pouvez les encourager pour faire au mieux cette réforme de la facturation électronique ?
20:20Parce qu'il y a encore beaucoup de craintes, il faut se le dire.
20:23Alors, le conseil, c'est culturel.
20:26C'est-à-dire, l'engagement, c'est un mot très important que j'ai entendu aujourd'hui par votre
20:33président,
20:34s'engager dans la culture de la donnée.
20:38C'est-à-dire, penser que les données que vous avez, le cabinet, c'est un trésor.
20:43Il y a un trésor que vous n'avez presque jamais utilisé.
20:46Par exemple, le stock des entreprises, nous sommes habitués.
20:53Traditionnellement, c'est un chiffre très important, mais c'est un chiffre comme mythique.
20:59Ça reste là comme ça, il faut la garder, rester comme ça.
21:02Non, c'est un chiffre qui est fait de petits chiffres qui tournent chaque année.
21:08Voilà.
21:09Et il faut aller sur ça.
21:11Donc, pourquoi je dis ça ?
21:12C'est un exemple concret, réel, d'une nouvelle mission.
21:16Dire à une société, regarde, il y a ce type de marchandises qui tournent trois fois par année,
21:23l'autre quatre fois, l'autre tout l'a acheté il y a cinq années, mais non, ça commence à
21:27tourner.
21:28C'est une valeur ajoutée incroyable.
21:29Et ça, on peut le faire, pas seulement avec l'intelligence artificielle, mais avec l'analyse des données, avec la
21:35business intelligence.
21:36C'est dix années qui a démarré la business intelligence.
21:40Mais, on va dire, normalement, ça fait semblant que rien ne s'est passé entre Excel et l'intelligence artificielle.
21:51C'est pas comme ça.
21:52C'est qu'on a totalement skippé cette partie-là.
21:56Et le problème, c'est encore culturel.
21:57C'est-à-dire que s'il y a une profession qui n'est pas capable de voir comment le
22:03monde change,
22:04alors, voilà, il y a un saut de technologie.
22:08On n'arrive plus à rien comprendre.
22:10Il manque de points de référence.
22:13On va conclure là-dessus.
22:15Merci à tous les deux.
22:16Merci bien.
22:17C'est la fin de ce Smart Capital, de ce débat.
22:21Et on va enchaîner tout de suite avec l'invité.
22:29Pour terminer ce Smart Capital, on va s'intéresser à la protection patrimoniale.
22:34Et pour en parler, j'ai le plaisir de recevoir Stéphane Marie, responsable régional auprès des professions de conseil chez
22:40AG2R La Mondiale.
22:42Stéphane Marie, bonjour.
22:43Bonjour Arnaud.
22:44On va rentrer tout de suite dans le vif du sujet.
22:47On va poser les bases.
22:49Quand on parle protection patrimoniale, de quoi s'agit-il ?
22:53En fait, il s'agit de deux sujets majeurs.
22:56La protection patrimoniale, d'abord, de l'entreprise, puisqu'il n'y a pas d'entreprise sans dirigeant,
23:01mais aussi la protection patrimoniale du dirigeant lui-même et de sa famille.
23:07Au niveau de la protection patrimoniale de l'entreprise, c'est bien sûr consolider la protection des associés, par exemple,
23:15et bien sûr jusqu'à la transmission d'entreprise.
23:17Quant à la protection du dirigeant, il s'agit de sécuriser les revenus du quotidien du dirigeant,
23:23mais aussi de sa famille, par le biais du code civil, mais aussi grâce à l'assurance.
23:29On va parler de votre offre en matière de protection patrimoniale.
23:34Quelle est la genèse de cette offre et comment cette offre se compose ?
23:39En fait, naturellement, on travaille avec la profession comptable depuis plus de 40 ans.
23:45Et on a souhaité, pour eux, structurer une offre qui leur permet de gagner du temps,
23:50de détecter les dossiers pour faire émerger, si vous voulez, les besoins qui seront appelés à l'analyse
23:58pour une restitution pleine et entière.
24:01Concrètement, vous faites quoi ?
24:02En fait, la première chose, c'est le constat de l'existence et l'état des lieux d'une situation
24:07du dirigeant et de sa famille
24:09par rapport au niveau de ses revenus, des revenus immédiats, qui est le grand domaine de la prévoyance,
24:15mais aussi l'audit du grand sujet de la retraite pour projeter les revenus futurs
24:22et savoir comment les compenser s'il en a besoin.
24:24Mais également, au titre de la protection de la famille, on va se servir, bien sûr, de la clause bénéficiaire,
24:30qui sera, bien sûr, la destination des fonds en cas de disparition,
24:34à la fois pour une garantie d'essai, mais aussi pour des comptes d'assurance-vie.
24:38Quant à la protection de la famille, c'est aussi le grand domaine du code civil.
24:42Y aura-t-il des donations à faire ? Un démembrement ?
24:46Évolution d'une union civile ?
24:48Donc, beaucoup, beaucoup de critères qui nous permettent de sécuriser le dossier pour l'expert comptable
24:53afin qu'il soit sûr, quand il revoit son client, d'avoir un dossier qui soit pérenne et sécurisé.
24:59Pourquoi cet accompagnement doit-il être porté à la connaissance des professionnels du chiffre ?
25:03Alors, pour une raison simple, c'est que vous avez une profession qui a un capital confiance auprès de ses
25:09clients, comme jamais,
25:11que nous avons le constat qu'une interprofessionnalité entre l'expert comptable et nous donne souvent de meilleurs résultats
25:19qu'un travail siloté.
25:20Donc, je ne peux qu'encourager la profession comptable à développer ce type d'accompagnement.
25:26Est-ce qu'il y a un message que vous souhaiteriez faire passer aujourd'hui à nos téléspectateurs ?
25:31Alors, pour le groupe AG2R mondial, stratégiquement, c'est un développement fort pour nous.
25:37On a toujours été proche de la profession comptable et je ne peux, encore une fois,
25:41qu'encourager cette profession à nous rejoindre pour tester une démarche et sécuriser leur dossier.
25:47Alors, on sait que c'est des sujets qui évoluent. J'imagine que votre offre va évoluer aussi ?
25:53Absolument. On est, bien sûr, dans la digitalisation, dans les flux informatiques très forts,
26:00en mettant, bien sûr, à disposition de nos partenaires experts comptables un ensemble d'outils
26:06qui leur permettent, à tout moment, de se référer aux audits que nous allons faire
26:10et nous interpeller sur les différents sujets qui nous occupent dans nos métiers.
26:15Il y a eu le congrès qui vient de se passer, le temps fort de la profession.
26:19Est-ce que vous avez senti les experts comptables concernés par ces sujets de protection patrimoniale ?
26:25Alors, à ma grande surprise, j'en suis à mon 20e ou 25e congrès, Arnaud,
26:29et je peux dire que j'ai vu l'évolution cette année suivante.
26:32Un, le renouvellement d'une génération de dirigeants de cabinet.
26:36La deuxième, une forte sensibilité au sujet de protection sociale et, bien sûr, de retraite
26:43pour cette profession et une vraie volonté exprimée de vouloir accompagner leurs clients
26:48pour pouvoir les sécuriser.
26:50Donc, c'est plutôt très positif pour nous.
26:52On va conclure là-dessus.
26:54Merci Stéphane-Marie.
26:55Merci.
26:55Je rappelle que vous êtes responsable régional auprès des professions de conseil chez AG2R La Mondiale.
27:02C'est la fin de ce Smart Capital.
27:04Merci de votre fidélité.
27:06Restez curieux et informés.
27:08À très bientôt sur BeSmart for Change.