00:01Tout pour investir, la boîte à outils.
00:04Oui, je le disais, une boîte à outils qui va nous aider à réparer,
00:07alors pas nos placements qui ont des problèmes, non,
00:10mais peut-être nos biais comportementaux.
00:12Il va en être beaucoup de questions dans cette émission
00:15et déjà répondre à une question toute simple.
00:18Encore une fois, beaucoup d'épargnants mettent énormément de côté,
00:22vous voyez, on a quand même un taux d'épargne qui n'a jamais été aussi haut
00:25et malgré tout, sur ces placements, on opte pour des solutions pas très, très fructueuses.
00:31Pourquoi ? Parce que, par exemple, en ce qui concerne les placements en bourse,
00:35beaucoup, beaucoup d'épargnants ont encore peur de tout perdre.
00:39Jérôme Vialat, Patrimovi, bonjour.
00:41Bonjour Antoine.
00:41Alors la question, elle est simple.
00:43Est-ce que réellement, quand on place son capital sur des produits boursiers,
00:47de manière tout à fait classique,
00:49est-ce qu'on a encore une fois des risques de tout perdre ?
00:52Est-ce que c'est un risque véritable
00:55et qui est quantifié avec des chiffres un peu probants ?
01:01Alors la réponse est oui.
01:03Du coup, pour pouvoir y répondre, on va dire qu'il y a deux familles de risques.
01:06Première famille, c'est tout ce qui est risque de contrepartie
01:09et la deuxième famille, c'est le risque de chute de la bourse.
01:12Pour la première famille, donc pour le risque de contrepartie,
01:15en réalité, c'est déjà réglé par la loi.
01:17Lorsqu'on place de l'argent dans une banque,
01:19il y a une protection garantie des dépôts de 100 000 euros.
01:21Donc ça, c'est par bénéficiaire et par établissement.
01:24Et ensuite, lorsqu'on investit en bourse,
01:26que ce soit compte-rit ordinaire, assurance-vie ou PEA,
01:28on est assuré jusqu'à 70 000 euros par bénéficiaire et par établissement.
01:34Pour ceux qui ont l'opportunité, à partir de 250 000 euros,
01:36on peut investir aussi en assurance-vie luxembourgeois,
01:39qui nous permet justement de bénéficier du super avantage
01:43de contrepartie en cas de faillite.
01:47Ça, on en reparlera dans une prochaine émission,
01:51mais l'assurance-vie luxembourgeoise fait son grand retour en cette rentrée.
01:56Pourquoi ? Parce que risque politique en France, etc.
01:59L'émission de demain sera intéressante.
02:01À ce niveau-là, on en reparlera.
02:03Alors, ce qui est compliqué dans l'appréhension de ce genre de risque,
02:06c'est que souvent les deux sont liés.
02:08Les risques de contrepartie sont exceptionnels, on va dire.
02:11Le jour où il y a un assureur qui fait défaut, ça arrive.
02:15Mais c'est aussi dû justement à la chute des marchés préalables.
02:20Effectivement.
02:20Donc ça, du coup, c'est la deuxième famille, la chute des marchés.
02:23Donc oui, si on investit dans une seule action,
02:25oui, il y a un risque de tout perdre.
02:26C'est ce qui s'est passé d'ailleurs pour Enron en 2001
02:29ou Lehman Brothers en 2008.
02:31Ou si on s'amuse à faire des investissements leveraged
02:34avec des effets de levier,
02:36ou à ce moment-là, effectivement, en cas de baisse, on peut tout perdre.
02:39Mais bon, ça, tout le monde le sait.
02:40Après, pour contrer ça, il faut diversifier.
02:42Donc je vais mettre ça de côté.
02:45Maintenant qu'on s'est dit ça, les gens diversifient.
02:47Donc en investissant justement souvent aujourd'hui dans des ETF.
02:50On pourrait appeler, c'est un panier d'actions
02:52qui nous permet de suivre un indice sectoriel ou bien géographique,
02:55comme le CAC 40 en France.
02:58Donc je vais prendre le taureau par les cornes
03:00avec justement les pires chutes qu'on puisse avoir.
03:03Si on investit par exemple sur le marché américain,
03:05dans les années 2000, on a vu le marché américain
03:09qui a chuté de moins 50 %, on a mis 6 ans environ
03:11pour retrouver son niveau initial.
03:14En 2008, ça a été moins 55 %.
03:16Si on regarde maintenant côté Europe, le stock 600,
03:20la chute a été de moins 60 %.
03:21Et si on regarde le marché émergent,
03:23on était plutôt sur les moins 65 %.
03:26Donc ça, c'est les pires chutes qu'on a pu avoir ces dernières années.
03:29Alors, vous dites horizon 6 ans pour retrouver à peu près les niveaux
03:35qu'on avait au préalable avant cette chute.
03:37Pour le marché américain, oui.
03:39J'allais vous dire, mais l'épargnant qui place en action,
03:42il a un horizon de 15, 20, 30 ans peut-être.
03:45Peut-être qu'il a placé pour son PER, pour son PEA, pour ses vieux jours.
03:50Le long terme, ça va avec le risque.
03:53On peut se permettre d'encaisser un nombre de risques,
03:55peut-être même un nombre de dépressions économiques multiples
04:00quand on est placé sur le long terme.
04:02Est-ce que finalement, ça, c'est pas le meilleur listeur de risques,
04:06le temps, l'horizon ?
04:07Alors oui, effectivement, lorsqu'on prend un pas de recul,
04:09si on regarde le marché américain,
04:11depuis 100 ans, on est aux alentours de 10 % par an.
04:13Si on regarde le MSCI World, donc plutôt le marché monde,
04:16avec les 1 400 plus grosses capitalisations boursières mondiales,
04:19on va être aux alentours de 8 % par an depuis 50 ans.
04:22Le marché, l'émerging market, donc les pays émergents,
04:25on va être à 9,5 % depuis 40 ans.
04:27Et ensuite, si on regarde l'Eurostock 50,
04:30donc les 50 plus grosses capitalisations boursières européennes,
04:35là, on va mettre 25 ans pour retrouver le niveau initial
04:39entre les années 2000 et aujourd'hui.
04:40Mais si on prend un pas de recul pareil avec l'Eurostock 600,
04:43on va être plutôt aux alentours de 9 % par an depuis 30 ans.
04:46Et généralement, oui, les produits de placement
04:49sont plus sur les indices pondérés, on va dire,
04:51plus le panorama est large, plus on fait fructifier le capital placé
04:57parce qu'il y a une pondération de la croissance qui est plus intéressante.
05:04Oui, exactement.
05:04Et donc, du coup, pour répondre à la question qui est comment on fait
05:06pour lisser les risques avec le temps,
05:08donc avec un peu de statistiques,
05:10en réalité, si on investit dans le marché américain,
05:13si on a un an devant nous, on a 75 % de chances d'être en positif.
05:16Si on a 5 ans devant nous, ça monte à 88 %.
05:19Si on a 10 ans devant nous, ça monte à 95 %.
05:22Et lorsqu'on a 20 ans devant nous, ça monte à 100 % de chances.
05:24Et puis, il ne faut pas oublier aussi que si on passe son temps
05:28à être investi et à se désinvestir,
05:30faire un peu, pas le day trader,
05:32mais l'investisseur qui est un petit peu trop la bougeotte
05:34sur ses positions sur le marché actions,
05:36eh bien, on loupe les principales performances
05:39qui animent ces dynamiques.
05:41Oui, exactement.
05:42Donc ça, c'était une étude de JP Morgan
05:43qui a pris la donnée du marché américain
05:47sur 20 années glissantes,
05:48peu importe à quel moment.
05:49Si on rate les 10 meilleures journées
05:53de montée de bourse,
05:55à ce moment-là, on peut diviser par 2 son rendement.
05:57Donc, au lieu d'avoir un rendement
05:58aux alentours de 11 % par an,
06:00ça va s'écraser aux alentours de 6 % par an,
06:02uniquement avec 10 journées.
06:03Donc, opter pour des produits qui sont garantis,
06:06il n'y a quasiment que ça.
06:08Enfin, s'investir, zéro edge, 100 pare-balles,
06:11ça n'existe pas pour le particulier.
06:12Mais les produits sont garantis.
06:14Et plus ils sont pondérés,
06:15plus ils sont longs,
06:17plus on a de chances de gagner.
06:19Oui, effectivement.
06:19Ça veut dire qu'il faut avoir l'air insolide.
06:21Il faut savoir à l'avance
06:22ce qu'on est capable de perdre.
06:23Lorsqu'on va dans le marché américain,
06:25ce n'est pas anodin.
06:25On peut perdre jusqu'à moins 55 %,
06:27peut-être même plus.
06:28On ne connaît pas ce que sera l'avenir.
06:31Et en revanche, il faut justement jouer
06:33sur la partie statistique
06:35et investir sur le long terme.
06:37Vous voyez, JP Morgan, ils sont forts.
06:39Si on regarde bien les stats,
06:42il ne faut pas louper
06:43les belles séances de reprise.
06:45Et puis, il ne faut pas hésiter
06:46à prendre un petit peu de risque.
06:47Pas tout, mais un petit peu de risque.
06:49Parce que sinon, il y a du manque à gagner
06:51qui est quantifiable.
06:52Et ça, c'est un biais comportemental.
06:54Et on va parler de biais comportementaux
06:56dans quelques instants
06:56avec Julien Nebenzal.
06:57En attendant, merci beaucoup,
06:59Jérôme Biala, Patrimovi.
07:00N'ayez pas peur de la bourse.
07:02Il y a des choses à faire
07:03et les risques sont quand même
07:04très modérés
07:05quand on est investi correctement.
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