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  • il y a 2 mois
Chaque soir, Maxime Switek vous accomagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Je fais le lien entre ce dont on parle là, l'Iran et l'Ukraine, dont on va parler dans
00:04une seconde,
00:05parce que dans les deux cas, ça crée des tensions sur les marchés pétroliers.
00:08Je fais une toute petite incise pour ceux qui nous regardent ce soir et qui sont inquiets du prix du
00:12carburant qui augmente.
00:13Ça veut dire que ces tensions-là vont persister, Bruno Tertré, et que le prix du carburant, ou en tout
00:17cas le prix du pétrole, il ne faut pas espérer.
00:19Alors, il y a deux choses différentes.
00:21Le fait que le prix du baril de pétrole soit structurellement élevé, sans atteindre les sommets qu'on a connus
00:30il y a quelques années,
00:31ça, malheureusement, c'est quelque chose qui va probablement demeurer.
00:34En revanche, dire qu'il y a forcément, dès que le baril est à 100 dollars, ça veut dire X
00:41ou Y sur le prix que vous payez à la pompe à essence,
00:44non, c'est beaucoup plus compliqué que ça.
00:46Ce qui se passe en revanche, pour aller dans votre sens, il y a un lien entre l'Ukraine et
00:48l'Iran.
00:49Pourquoi ? Parce que les Indiens, qui ne pouvaient plus aller acheter des produits pétroliers dérivés dans le Golfe,
01:01achètent des produits pétroliers dérivés à la Russie.
01:05Donc, si vous voulez, ce sont quand même…
01:07Donc, le gâteau serait précis et le gâteau coûte plus cher.
01:09Oui, on peut dire ça, mais si vous voulez, il y a des effets de bord.
01:11Plutôt, il y a des liens entre ces deux conflits qui sont à la fois stratégiques, politiques, militaires et aussi
01:18économiques et financières.
01:19Bruno Tertré, l'Ukraine, la Russie, on en parle ce soir.
01:21Plusieurs infos importantes.
01:22D'abord, l'Ukraine continue de frapper le territoire russe en profondeur.
01:25C'est la stratégie de Zelensky.
01:27On a eu des frappes aujourd'hui encore sur un complexe, une plateforme logistique d'un des géants.
01:34Ozone.
01:34Ozone, qui s'appelle Ozone, l'un des géants du commerce en ligne en Russie.
01:39C'est la stratégie de Zelensky encore une fois.
01:41Il l'a fait des dizaines de fois.
01:42Enfin, son armée l'a fait des dizaines de fois ces derniers temps.
01:45Cette fois, vous voyez ces images ici avec des dégâts par milliards d'euros ces derniers temps.
01:51Quel est le but là pour Zelensky ?
01:53C'est de réussir à fragiliser Poutine et est-ce qu'il y arrive ?
01:56Mais quelque part, si vous voulez, c'est un petit peu la même dynamique aujourd'hui dans les deux guerres.
02:01Qui ont beaucoup de choses, qui ont beaucoup de liens, mais qui ont aussi des choses en commun.
02:06D'abord, ce sont des guerres qui sont devenues interminables parce que les enjeux sont perçus comme existentiels.
02:11Existentiels pour l'Ukraine au sens propre du terme, existentiels pour le régime russe,
02:15existentiels désormais pour le régime iranien, perçus comme existentiels pour Israël.
02:19Donc, c'est aussi pour cela que ces conflits sont aussi durs et aussi longs.
02:24Et quand on n'arrive pas, dans un cas comme un autre, à obtenir des résultats décisifs sur le champ
02:31de bataille
02:31ou sur le plan militaire de manière générale,
02:35eh bien, on va essayer une stratégie d'attrition à la fois économique et militaire.
02:39C'est un peu ce qu'ont fait, ce que font les États-Unis, ce que tentent de faire les
02:42États-Unis vis-à-vis de l'Iran.
02:44Et c'est ce que font, à leur manière, les Ukrainiens.
02:47On continue à se battre, évidemment, sur le front.
02:50Et on n'oublie pas que la Russie, par dizaines de morts encore ces derniers temps,
02:54continue de bombarder de manière affreuse, abominable, notamment les centres commerciaux.
02:58Dans les deux cas, ce sont des stratégies de long terme qui peuvent marcher,
03:03mais en tout cas, qui peuvent avoir des effets.
03:05Ce n'est pas un incendie d'entrepôt qui va faire tomber Poutine
03:09et ce n'est pas quelques pétroliers en moins qui vont faire tomber les gardiens de la révolution.
03:14Mais vous voyez, quelque part, il y a quand même des points communs au-delà des liens
03:17qu'on soulignait tout à l'heure entre les deux guerres.
03:19Mais Didier, je me mets à la place de ceux qui nous regardent.
03:21On aide les Ukrainiens dans cette stratégie-là.
03:24On va les aider encore plus à les taper, j'allais dire, avec nos missiles, d'une certaine manière, la
03:29Russie.
03:29Oui, bien sûr, ça s'appelle le ciblage, on les aide depuis le départ,
03:32parce qu'effectivement, ils n'ont pas les capacités satellitaires ou autres pour le faire.
03:36Et les Américains le font aussi.
03:38Il faut bien comprendre, l'idée, ce n'est pas de gagner la guerre, en fait.
03:42Ce n'est pas avec des frappes dans la profondeur que vous allez gagner la guerre.
03:46L'idée, mais c'est la même chose avec les Iraniens.
03:49L'arme économique, c'est...
03:50En fait, on a l'habitude des opérations extérieures, on parle beaucoup de militaires.
03:54Là, on est dans des guerres.
03:55La guerre, c'est la mobilisation de l'ensemble des moyens d'une nation.
03:58Pourquoi ?
03:58Parce qu'il faut prouver, et aux Iraniens, et à Vladimir Poutine,
04:02que finalement, continuer la guerre leur coûtera plus cher que de négocier la paix.
04:06C'est ça, l'idée.
04:07C'est de leur faire payer un coût pour l'agression ou pour le nucléaire.
04:12Parce que pour les Iraniens, le sujet, ça reste quand même de faire en sorte
04:15qu'ils n'aient pas la bande nucléaire à la sortie.
04:16C'est pour ça que tous les échecs américains nous posent quand même problème.
04:18Ce serait les échecs américains, à la limite, on s'en foutrait, pour dire les choses franchement.
04:22Mais ça nous fait...
04:23On est légèrement concernés.
04:24Mais à la sortie, quand on met du nucléaire sur des missiles à la terme,
04:29ça peut poser un problème.
04:30Donc là aussi, l'idée, c'est d'obliger que l'économie russe soit en tel état
04:36que finalement Vladimir Poutine se dit
04:38« Ok, je préfère négocier, cesser le feu sur les lignes telles qu'elles sont aujourd'hui
04:41que d'essayer d'aller jusqu'à Kramatorsk, Donbass ou Kiev ».
04:45C'est ça l'idée.
04:46Ce n'est pas de dire qu'on va aller demain faire tomber Moscou, le régime de Moscou.
04:50Ce n'est pas facile, ça demande beaucoup de mobilisation.
04:53Mais voilà, c'est la seule sortie.
04:56Parce que militairement, il n'y a pas de solution.
04:58Moi, je comprends tout à fait l'analyse de Didier,
05:01mais je trouve qu'on n'est pas assez sensible au fait
05:03qu'en refusant de soutenir l'Ukraine suffisamment
05:07pour qu'elle puisse remporter en Ukraine, pas en Russie,
05:09en Ukraine une bataille décisive sur le champ conventionnel,
05:13on s'expose à ce que cette guerre dure
05:16et à ce que la violence se dissémine
05:18en frappant de plus en plus de civils des deux côtés.
05:21L'Ukraine frappe très peu de cibles qui contiennent des civils.
05:24Néanmoins, on a de plus en plus de retours,
05:26notamment dans les dernières 24 heures de deux enfants
05:29qui seraient morts à Krasnodar d'une frappe ukrainienne.
05:32Et quand il n'y a pas d'issue pour la violence,
05:35on voit en général quoi ?
05:37Une dissémination, des attentats de plus en plus indiscriminés.
05:40Et puis, ce qu'on subit nous-mêmes,
05:42c'est-à-dire des attaques hybrides,
05:44des interventions dans nos espaces aériens,
05:46des attaques de drones.
05:47Et cela, c'est tout aussi dangereux,
05:49peut-être plus à l'heure actuelle,
05:51que d'accepter une confrontation directe
05:53avec la Russie sur une cible limitée en Ukraine.
05:55On aurait effectivement...
05:56Je suis assez d'accord avec Elza Vidal.
05:58Évidemment, on ne peut pas refaire l'histoire.
06:00Mais il est légitime de se demander
06:02s'il ne serait pas forcément moins risqué
06:05pour nous, Européens,
06:07au-delà du sort des seuls Ukrainiens,
06:09d'aller aider davantage
06:11sur le terrain ukrainien
06:12les Ukrainiens,
06:14sans être forcément cobelligérants.
06:16Les seuls cobelligérants,
06:17c'est les Nord-Coréens qui se battent aux côtés...
06:20Littéralement, les soldats nord-coréens.
06:20Oui, mais c'est ça.
06:21Mais on pourrait faire beaucoup plus
06:23si on avait un peu plus de courage politique,
06:25mais au nom...
06:26Pas simplement pour les beaux yeux des Ukrainiens,
06:28simplement pour notre intérêt à nous.
06:31Juste un point sur les missiles.
06:33Vous parliez des missiles.
06:35Il y a une information intéressante.
06:36Les Britanniques viennent de décider,
06:39ça a été annoncé aujourd'hui
06:40à la réunion de la coalition des volontaires,
06:42de, en gros, donner les plans
06:43des missiles de croisière
06:44assez sophistiqués,
06:46pour que les Ukrainiens les fabriquent.
06:48Pour que les Ukrainiens les fabriquent.
06:49Ils ne vont pas les fabriquer
06:50dans leur cuisine dans deux semaines.
06:52Ça sera dans deux ans,
06:53peut-être trois ans, malheureusement.
06:55Ça sera peut-être même après la guerre,
06:57mais ça contribuera
06:58à leur capacité de défense.
07:01Petite parenthèse,
07:02comme c'est un missile
07:02qui a été fait entre Français et Britanniques,
07:04je ne sais pas trop pourquoi
07:04est-ce que nous, Français,
07:05En fait, c'est l'inverse.
07:07Ah, c'est l'inverse.
07:07Oui, c'est nous qui avons dit
07:08on va vous donner le scalp.
07:10Il est toujours mis en forme avec moi, lui.
07:11Donc, c'était les négociations
07:12qui ont eu lieu à Paris
07:13autour du 14 juillet.
07:15Mais comme le scalp français
07:16est fait avec le Storm Shadow,
07:18il fait que les Britanniques
07:19nous donnent une autorisation
07:19pour qu'on puisse transférer
07:21ce qu'ils viennent de faire.
07:22Et donc, voilà.
07:23Merci Bruno Tertré.
07:23Toujours faire confiance
07:24à Didier François.
07:24Évidemment, c'est pour ça
07:25qu'il est avec nous.
07:26Merci Bruno Tertré
07:26d'avoir été là ce soir.
07:28Je rappelle le titre de votre livre
07:29« Géopolitique de comptoirs »
07:30en édition Erol.
07:31Merci à vous.

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