- il y a 7 semaines
Chaque soir, Maxime Switek vous accomagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00La suite de ce BFM Grand Soir, on est en direct avec vous avec dans un instant la présidentielle.
00:04Tous les débats de la présidentielle, tout ce qui secoue la campagne, c'est tous les soirs sur BFM TV.
00:08Une question ce soir, comment est-ce qu'on fait pour augmenter les salaires ?
00:11On verra les idées de François Hollande notamment, on en débattra tous ensemble avec nos invités.
00:16Mais d'abord, la Russie accusée d'avoir fomenté une tentative d'attentat en Allemagne,
00:20une attaque de drones chargée d'explosifs contre l'aéroport de Leipzig.
00:23Mais que va faire ? Que peut faire l'Europe pour riposter ?
00:25La France pourrait-elle être visée ? On en parle ce soir avec Elsa Vidal, avec le général Chollet,
00:32bonsoir mon général, avec Ulysse Gosset, bonsoir Ulysse, Didier François, bonsoir,
00:36et Lisa Hadef, toujours à mes côtés, rebonsoir Lisa.
00:39Une séquence, une image à vous montrer avec un autre acte de sabotage cette fois contre des lignes à haute
00:45tension.
00:46Regardez bien au loin les éclairs, écoutez bien les explosions, on est juste à côté de Cologne,
00:51toujours en Allemagne, c'était hier.
01:04On va le dire tout de suite, impossible de dire que ce sont les Russes aujourd'hui,
01:08on ne sait pas, mais forcément, systématiquement désormais, il y a le doute.
01:13Il y a le doute, d'autant que là, en fait, c'est quand même l'utilisation de lances-roquettes,
01:17alors certes artisanaux, mais quand même contre une centrale électrique dans la foulée,
01:21et qu'en fait, en renseignement, avant d'avoir le renseignement pur,
01:26et ce que les Allemands ont fait, ils ont fait d'ailleurs très attention,
01:30les attaques de drones, c'était début août, ils se sont donné le temps de l'enquête,
01:35ils ont décidé de faire la démonstration avec deux ministres,
01:37le ministre des Affaires étrangères et le ministre de l'Intérieur,
01:39pour bien montrer ce qu'ils avaient trouvé.
01:41Mais par ailleurs, avant d'avoir les preuves pour faire l'attribution,
01:46quelque chose d'important, rationnellement, pour pouvoir agir,
01:49là, on a attribué pour les drones.
01:50Pour le reste, on enquête à partir de ce qu'on commence à voir
01:55comme étant ce qu'on appelle un pattern of life.
01:58C'est-à-dire le fait que, Serge Chollet vous l'expliquera très bien,
02:02on commence à voir se multiplier un nombre d'incidents,
02:07qui ne va pas pour l'instant attribuer, mais qui, que ce soit du drone,
02:12que ce soit de l'explosif, que ce soit de l'incendie volontaire,
02:15ou que ce soit des attaques systématiquement sur des systèmes électriques,
02:22sur du transport ou sur de la fabrication d'armement,
02:24devient un peu systématique en Europe, de la Tchécoslovaquie, Bulgarie,
02:29Allemagne, Pologne, Roumanie, avec un drone marin
02:33qui allait attaquer une plateforme pétrolière en Roumanie.
02:36On a des usines de fabrication de munitions,
02:40et particulièrement d'obus de 122, de 152,
02:43donc qui sont des obus de calibre ex-soviétique fournis pour l'Ukraine.
02:47Là, on voit bien que ce qui était visé sur l'aéroport de Liebzyg,
02:50c'était la capacité de transporter de transport aérien, militaire, ukrainien.
02:56Donc on a une multiplication des opérations de type clandestine,
03:01montée par des cellules de toute évidence animées ou orientées par le renseignement militaire russe,
03:09qui se multiplient depuis quelque temps à l'échelle de l'Europe.
03:12C'est ça qui inquiète et qui explique pourquoi on a depuis quelques semaines des mises en garde
03:16qui sont faites systématiquement par les chefs d'état-major ou les chefs de renseignement des pays européens.
03:20Vous voyez cette attaque au lance-roquette en Allemagne contre l'inéaute tension,
03:23il y avait cette attaque au drone contre l'aéroport de Leipzig, on en parlait,
03:27avec un rebondissement aujourd'hui, c'est que les médias allemands disent
03:30que les autorités ont identifié deux suspects.
03:33Et deux suspects qu'on relie assez facilement et assez nettement à la Russie.
03:37Deux hommes, porteurs de passeports laitons notamment et bélarusses,
03:43mais aussi deux passeports russes, qui n'ont pas pour le moment été appréhendés,
03:47mais qui sont donc facilement reliables à la Russie.
03:50Ils ont laissé des traces ADN sur plusieurs surfaces qui permettent de les identifier sans doute.
03:56Sur une boîte de concert où il y avait des explosifs, sur une antenne qui était posée dans un arbre
04:00?
04:00Absolument. Donc il n'y a plus vraiment de doutes.
04:03Mais vous savez, souvent dans les opérations qui ont été organisées sur le territoire européen,
04:08on a identifié les individus qui étaient derrière elles.
04:11Le problème étant que comme ils ont aussi des visas Schengen,
04:14pour l'un d'entre eux c'est un visa italien délivré à Minsk,
04:18ils ont une grande capacité à prendre la fuite assez rapidement et à passer les frontières.
04:23Ça n'empêche pas qu'on en ait arrêté plusieurs.
04:25Dans le cas notamment de l'opération Main Rouge sur le mémorial de la Shoah en France
04:31et dans les étoiles de David, on a arrêté des ressortissants bulgares et moldaves
04:36qui ont pu être jugés.
04:37Donc ce sont ce qu'on appelle nos agents jetables,
04:40mais ils ne sont pas invincibles.
04:42Ils nous échappent parfois, mais la signature est là et on la connaît.
04:46Alors les Allemands, riposte, fermeture de consulat,
04:49le dernier consulat russe en Allemagne.
04:52Réponse aujourd'hui de Poutine, grave erreur.
04:56Je considère qu'il s'agit d'une nouvelle erreur grossière
04:59et à mon avis, elle va clairement à l'encontre des intérêts du peuple allemand.
05:04La position du chancelier est difficile.
05:07Sur le plan intérieur, il ne jouit pas de la confiance de ses citoyens
05:10parce qu'il ne défend pas les intérêts nationaux, mais les bradent.
05:13Il y a des erreurs évidentes dans l'économie.
05:16Poutine et les intérêts nationaux de l'Allemagne, c'est quand même gaga.
05:20Juste une chose, Ulysse Gosset.
05:21Fermeture de consulat en Allemagne, très bien.
05:23On apprend ce soir qu'a été convoqué au Quai d'Orsay à Paris
05:28le chargé d'affaires de l'ambassade de la Fédération de Russie en France.
05:32Il y a l'équivalent de l'ambassadeur, ce n'est pas exactement ça,
05:34mais en tout cas, il y a un officiel russe qui a été convoqué.
05:36C'est le numéro 2.
05:37Le numéro 2.
05:39Et alors ?
05:40Alors, ce qui me semble intéressant d'abord sur ce qu'a dit Poutine,
05:44le ton monte.
05:45Et pour la première fois depuis longtemps,
05:47Poutine a employé une expression qui datait de la guerre froide et de l'Union soviétique.
05:51Il a dénoncé ce qu'il a appelé les requins de l'Occident.
05:55Et c'est une référence vraiment au vocabulaire du temps de l'URSS.
06:01C'est-à-dire qu'il est dans cette guerre-là, c'est son état d'esprit.
06:04C'est un homme de l'URSS, n'oublions pas.
06:07Il a vécu la chute du mur de Berlin,
06:10il a été le patron du KGB et il est devenu Premier ministre,
06:13puis président depuis plus de 20 ans.
06:15Donc, on sent dans le vocabulaire de Poutine cette volonté d'affrontement.
06:21Par ailleurs, il a eu des menaces contre la Grande-Bretagne.
06:24Ce qu'il appelle les bases de la Grande-Bretagne qui servent à attaquer la Russie.
06:30Donc, si vous voulez, il y a...
06:31On lui demande, on lui pose la question,
06:33est-ce que ce seraient des cibles légitimes, ces bases de l'armée britannique ?
06:39Et il répond, c'est un secret, c'est un secret militaire.
06:41Évidemment, il dit secret militaire, mais il ne dit pas non.
06:43Donc, si vous voulez, il laisse planer le doute sur ce que la Russie pourrait faire contre des pays de
06:48l'OTAN directement.
06:49Or, et là, on en revient à l'Allemagne,
06:51c'est un attentat qui n'a pas abouti, puisque le détonateur du drone explosif n'a pas fonctionné,
06:58mais qui aurait pu faire un dégât considérable touchant un avion ukrainien
07:03qui transporte des armes pour l'Ukraine sur cet aéroport de Leipzig.
07:06Donc, on voit bien que la Russie, dans cette fameuse guerre hybride contre les Occidentaux
07:11et contre les pays de l'OTAN, vise l'Allemagne.
07:13Et ce n'est pas la première fois.
07:14On a rappelé hier les menaces d'assassinat contre des dirigeants de l'industrie militaire,
07:19de l'industrie de défense allemande.
07:21Il y a une guerre secrète qui est livrée par la Russie.
07:25Le problème de ce qui s'est passé à Leipzig, c'est qu'on a monté d'un seuil.
07:29On n'est plus dans la guerre hybride, c'est plus simplement du hacking
07:32ou des réseaux sociaux ou des opérations comme...
07:36On a envoyé des... Enfin, les Russes ont envoyé des drones avec des explosifs.
07:38Voilà. Donc, si vous voulez, c'est un signal qui est adressé.
07:41Et Poutine le dit clairement.
07:44C'est une réponse à ce qu'il appelle la co-béligérance,
07:48c'est-à-dire le soutien des pays européens et occidentaux en général.
07:51Général, ce qui m'intéresse, c'est la riposte européenne.
07:54Qu'est-ce qu'on fait ? Je disais fermeture de consulats.
07:57Très bien. On a fermé des consulats ces dernières années.
07:59On a sanctionné économiquement la Russie, etc.
08:01Ça n'arrête pas Poutine.
08:03Qu'est-ce qu'on peut faire aujourd'hui ?
08:04On commence déjà par une strong protest, comme il a été dit.
08:08Oui.
08:09On proteste fortement, oui.
08:10Ça va faire sourire du côté du Kremlin.
08:14Rappelons-nous quand même, depuis le début de cette crise,
08:17depuis le début de cette guerre en Ukraine,
08:19et j'insiste, la France n'est pas en guerre.
08:22La France est attaquée, mais pour l'instant, elle n'est pas en guerre.
08:26On n'a jamais cessé que de reculer les lignes rouges.
08:30Rappelez-vous qu'au début, on livrait des casques, des gilets paroils et autres.
08:34C'était déjà un franchissement et on tremblait.
08:36Et puis après, ça a été des canons.
08:38Et puis après, ça a été des avions.
08:40Et puis après, c'est la frappe dans la profondeur.
08:42On ne cesse de reculer des lignes rouges.
08:45Et ces lignes rouges, finalement, celles que Poutine voulait nous imposer,
08:48on les a franchies.
08:50Franchies timidement, franchies progressivement, mais franchies.
08:53Qu'est-ce que peut faire l'Allemagne ?
08:55On en parlait tout à l'heure, je crois que l'Allemagne a toujours refusé,
08:59et encore aujourd'hui, la livraison de leurs missiles Taurus,
09:02qui sont des Scalp Storm Shadow de plus longue portée.
09:06Moi, j'envisage, puisque maintenant, l'escalade est quand même aujourd'hui
09:11dans, pour la première fois, l'attribution formelle à la Russie.
09:17On se doutait des incendies, des attaques qu'il y avait derrière,
09:21une signature russe, on ne pouvait pas le confirmer.
09:23Là, les Allemands, après une enquête policière, disent, c'est les Russes.
09:29Ils ne peuvent pas rester comme ça, sans bouger.
09:32Et donc, une des mesures et une nouvelle ligne rouge à franchir,
09:36ça sera par exemple la livraison de ces missiles Taurus.
09:39L'Allemagne a aussi annoncé aujourd'hui un contrat entre l'Allemagne et la Russie
09:44pour fabriquer des drones militaires.
09:47Entre l'Allemagne et l'Ukraine pour fabriquer des drones militaires.
09:50Alors, ça prendra du temps, mais c'est une façon publique de dire
09:53on va maintenir et même accentuer notre soutien.
09:56C'est la meilleure réponse aujourd'hui.
09:58C'est de donner à l'Ukraine les moyens de se défendre.
10:01Pardon, on ne peut pas aller plus loin.
10:03Ce n'est pas la bonne expression, Didier François, mais j'allais dire,
10:06militairement parlant, on vous a souvent entendu,
10:08comment dire, prenez la fermeté face à Poutine et face aux Russes,
10:11en disant, à un moment donné, il faut leur mettre un coup sur le coin.
10:15Voilà.
10:16Mais là, qu'est-ce que ça peut vouloir dire aujourd'hui ?
10:19Ce qui est intéressant, c'est pourquoi ils frappent l'Allemagne.
10:22Et plus que les autres.
10:24Quand ils font ça, ils n'ont pas non plus beaucoup caché leurs traces.
10:28Donc on voit bien que c'est géré par justement le renseignement militaire
10:32et pas par les opérations extérieures des renseignements extérieurs du SVR.
10:36C'est les opérateurs qui ont utilisé les trois drones qu'ils ont utilisés
10:39avaient trois détonateurs défaillants.
10:41Donc on voit bien que ce n'est pas leurs meilleurs opérateurs.
10:43Ils n'ont pas totalement, totalement cherché à faire du clandestin complet.
10:46Donc ça ne les dérangeait pas d'un certain point de vue.
10:48Et en fait, on voit que Vladimir Poutine l'assume en attaquant politiquement Merz,
10:54en utilisant le fait que l'AFD, l'extrême droite allemande, est plutôt pro-russe, etc.
11:00Pourquoi ils visent l'Allemagne ?
11:01Parce qu'aujourd'hui, dans la guerre d'attrition que la Russie mène à l'Ukraine,
11:08la seule force qu'a l'Ukraine en ce moment, c'est que la profondeur stratégique de l'Ukraine,
11:14c'est l'Europe.
11:15C'est nous qui leur avons donné du matériel militaire, pas en nombre suffisant.
11:18C'est nous qui leur donnons l'économie qui leur permet de tenir,
11:22particulièrement les 90 milliards d'euros qui sont prévus pour les deux prochaines années,
11:26et dont l'Ukraine a besoin pour pouvoir tenir financièrement et économiquement.
11:30C'est nous qui sommes en train d'attaquer, de mettre en place les sanctions sur le système bancaire
11:35et l'économie russe, qui est aussi sa capacité à produire du militaire.
11:41Donc en fait, on est dans une bataille d'attrition,
11:44où la Russie tente de nous faire lâcher en tant que profondeur stratégique,
11:50en essayant de nous faire peur, en disant,
11:52si on s'engage dans l'aide à l'utraine,
11:54et que les Russes commencent à nous mettre des bombes,
11:57mais où va-t-on aller ?
11:58Mais en fait, il le faisait déjà. Je vous rappelle quand même deux choses.
12:01En France, la première fois, et on l'a découvert par hasard,
12:04le premier zozo qui s'est fait péter sa propre bombe dans son hôtel,
12:09au visage, dans un hôtel à côté de Roissy, qui était russe,
12:11on ne l'avait pas vu lui venir.
12:13Il était déjà là, c'est deux ans, avant qu'on fasse,
12:15ne serait-ce que les frappes dans la profondeur.
12:17C'était en 2024.
12:17Et l'inventative sur DHL, sur un avion de sport.
12:21Voilà, donc en fait, plus on les laisse faire, plus ils s'enhardissent.
12:25La vraie bonne réponse, c'est de coordonner notre capacité de soutien à l'Ukraine
12:29en disant qu'on ne s'aidera pas.
12:31Au contraire, les Allemands, il y avait deux solutions.
12:33Soit ils reculaient, soit aujourd'hui,
12:34alors que c'était quand même ceux qui avaient le plus de difficultés
12:37à rompre avec la Russie.
12:38Ils étaient extrêmement dépendants économiquement de la Russie.
12:41Tout le modèle économique.
12:42Voilà, etc.
12:43Aujourd'hui, je pense qu'ils vont être de plus en plus fermes.
12:47Et c'est ça qu'il faut qu'on fasse.
12:49Pardon, on a bien compris ce que vous dites.
12:50Les Taurus, je suis d'accord.
12:51On a bien compris ce que vous dites, et notamment cet exemple en 2024.
12:53La fabrication d'armes en commun.
12:55Toutes ces choses-là, il faut y aller.
12:57Un chiffre très simple.
12:58Le budget militaire allemand en Europe, 108 milliards d'euros.
13:03C'est la locomotive.
13:05Et lorsque Didier parle de profondeur stratégique en Europe,
13:09le centre de gravité de cette Europe, c'est l'Allemagne.
13:12Économiquement parlant, c'est des budgets incroyables.
13:14Et je ne vais pas donner le détail,
13:16puisque je pense que c'est encore co-financiel.
13:18Mais il y a beaucoup de financements allemands
13:22au profit d'autres industries que les Allemandes
13:25pour fournir l'Ukraine.
13:28Donc l'Allemagne, par son poids économique,
13:31est une cible, déjà sur proximité géographique.
13:34Et puis, par son poids économique,
13:36c'est une cible, à mon avis, privilégiée de la part de Poutine.
13:40Pardon, qu'est-ce qu'on fait ?
13:41On a bien compris ce que nous disait Didier,
13:43et cet exemple de 2024,
13:46cette bombe qui explose au visage.
13:49Très bien, dans cet hôtel du côté de Roissy.
13:51Qu'est-ce qu'on fait, nous, aujourd'hui, général,
13:53pour nous protéger ?
13:54On a compris qu'on était des cibles aussi.
13:56Pour se protéger, qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ?
13:58Actuellement, il y a quand même une petite différence aussi
14:00entre l'Allemagne et la France.
14:02Une, on est un peu plus loin géographiquement.
14:04On est un peu plus à l'ouest.
14:04On a un peu moins de poids économique.
14:07Et puis, on est quand même une puissance nucléaire.
14:09Donc, entre puissance nucléaire,
14:10on se parle, il y a une sorte de grammaire
14:12qui est un peu respectée.
14:13Voilà.
14:14En l'occurrence, je pense que la France est moins exposée.
14:17En termes de défense,
14:18je crois que la patronne de la DGSI
14:20l'a exprimée il y a quelques jours,
14:23il y a des mesures qui sont prises.
14:24Il y a des mesures dans les unités militaires,
14:26il y a des mesures dans l'industrie.
14:28Les opérateurs d'importance vitale en France
14:30reçoivent des directives très précises
14:32où on leur demande d'accroître leur niveau de protection.
14:36Vous avez vu qu'il y a maintenant…
14:37C'est qui, par exemple ?
14:38Central, etc. ?
14:40Alors déjà, dire un OIV, on n'a pas le droit.
14:42C'est secret.
14:42MBDA.
14:43Je vous laisse la responsabilité.
14:45On est responsable ici, les fabricants de matériel militaire.
14:47Vous pouvez imaginer qu'il y a des groupes
14:49qui sont incontournables pour l'énergie,
14:52pour l'eau, pour les transports,
14:54qui sont des opérateurs d'importance vitale.
14:56La liste des opérateurs d'importance vitale,
14:58elle est secrète.
14:59Pourquoi ?
15:00Parce que si vous donnez cette liste à la routine,
15:02il va y avoir facile à dire,
15:03tiens, je vais taper là.
15:04Je vais aller là.
15:06Mais un opérateur d'importance vitale,
15:07vous pouvez en deviner très largement,
15:10et bien eux, maintenant, on leur demande
15:12de prendre davantage de responsabilité
15:14sur leur protection,
15:15notamment sur la lutte anti-drone.
15:16Ils vont avoir davantage de responsabilité
15:18et c'est un pas très difficile à franchir
15:21parce que la lutte anti-drone,
15:22c'est du brouillage,
15:24c'est de la destruction d'objets
15:25qui peuvent tomber sur quelqu'un,
15:28c'est du brouillage qui peut, par exemple,
15:30perturber la télévision ou autre.
15:31Ou les GPS.
15:31Et donc donner à des partenaires privés
15:35ce type de responsabilité régalienne,
15:39il est donc un incrément dans la protection.
15:41Mais donc, il faut se préparer.
15:44Et ça y est, en fait.
15:44C'est pas grave, il faut se préparer
15:46à l'idée que ce qui s'est passé en Allemagne,
15:48cette tentative d'un temps, etc.,
15:49arrive aussi sur notre sol,
15:51arrive chez les Britanniques, arrive en France, etc.
15:53On va vous le dire.
15:55En fait, on a déjà préparé l'affaire.
15:57On a été briefé, il y a six mois déjà,
16:00sur les mesures qui avaient été prises
16:01par le cabinet de la ministre de la Défense.
16:04Et il y a des lois qui ont été passées là-dessus.
16:07Il y a des décrets qui ont été faits.
16:09Il y a des circulaires qui ont été envoyés.
16:10En fait, le travail est fait.
16:12Alors, c'est pas toujours avec Tam Tam
16:14parce que c'est pas toujours utile
16:16de le créer sur les toits.
16:17Mais honnêtement, c'est pris en compte
16:19et ça a bien avancé.
16:20Voilà.
16:21Donc, c'est des choses qui sont effectivement,
16:22comme l'explique Serge,
16:24prises en compte et mises en ordre de marche.
16:28Elsa ?
16:28Ça va croissant, cette menace qui nous est infligée
16:31et ces tentatives malveillantes
16:33de créer des incidents.
16:35On en parlait, Didier parlait du brouillage GPS.
16:38Il y a eu l'identification d'un réseau
16:41de satellites militaires russes
16:43responsables du brouillage.
16:45Attendez-vous à des chiffres très importants.
16:47Moi-même, j'étais hyper surprise.
16:4946 000 vols civils dans la mer Baltique
16:55brouillés par des satellites militaires russes,
16:59des compagnies aériennes en France.
17:01Ça ne nous a pas particulièrement parlé,
17:02mais la compagnie aérienne finlandaise Finer
17:06qui a arrêté de desservir
17:07certaines destinations en Estonie
17:09parce qu'elle n'était pas capable
17:10d'assurer la sécurité de ses atterrissages.
17:13Donc, on est véritablement déjà
17:15enclenchés dans une dynamique
17:16et comme le disait Didier,
17:17on ne dit pas tout ce qui se passe.
17:19Heureusement.
17:19Parce qu'on ne peut pas non plus
17:20faire la publicité de toutes nos protections.
17:22Et surtout qu'on ne peut pas tout attribuer.
17:26La directrice de la sécurité intérieure
17:29a dit, nous sommes déjà attaqués
17:32et nous devons déjà nous défendre.
17:34Et il y a des attaques d'États étrangers
17:37sur notre sol.
17:38Donc, il y a une parfaite connaissance
17:42de ce qui est possible.
17:45Mais la question que vous posez
17:47et pour l'instant à laquelle
17:47personne n'a vraiment répondu,
17:49c'est quelle est la riposte
17:50si un jour un drone avec explosif
17:53arrive effectivement en Allemagne ou en France
17:55et que l'attentat fonctionne.
17:57C'est-à-dire que, par exemple,
17:58il y a une destruction d'un appareil
18:00sur un aéroport,
18:01sur une base militaire, etc.
18:03Que fait l'Allemagne ?
18:04Que fait la France ?
18:05Et s'il y a un drone,
18:07par exemple, dans un pays balte
18:09ou s'il y a une opération clandestine
18:12des Russes dans un pays balte,
18:13que font les pays de l'OTAN ?
18:14C'est une question qui est sur la table
18:16et qui est extrêmement difficile
18:17parce qu'aujourd'hui,
18:17on est contraint d'être dans un rôle de bouclier.
18:20On est le bouclier,
18:21mais on n'est pas dans le rôle de l'attaquant.
18:24Et donc, Poutine cherche à nous entraîner
18:26dans cette guerre.
18:27Ce qu'il faut éviter, évidemment.
18:28Et là, il faut le calme du vieux soldat.
18:30Voilà, c'est ça.
18:30Il ne faut pas répondre comme ça, spontanément.
18:33Il faut être calme, voir venir.
18:36Et si demain, il y a un drone qui tombe
18:38quelque part sans victime ou autre,
18:40on ne va pas pour autant envoyer une salle de missiles.
18:43En revanche, je pense qu'à chaque coup,
18:45il faut savoir franchir une nouvelle ligne rouge.
18:48Et ces lignes rouges,
18:49c'est qu'on a livré les scalps et les Storm Shadow.
18:52Les Allemands vont sans doute livrer les Taurus.
18:54Peut-être qu'on va pouvoir faire davantage.
18:57Je ne sais pas.
18:58J'imagine que les États-majors,
19:00c'est une décision du président
19:01à partir du renseignement que je n'ai pas,
19:04c'est de dire, peut-être qu'un jour,
19:05on va installer une no-fly zone
19:07dans une partie de l'Ukraine.
19:08Allez savoir, j'en sais rien.
19:09Mais on peut à chaque fois,
19:11encore une fois, aller vers une nouvelle escalade.
19:16En fait, rapidement, ce qu'il faut comprendre
19:17dans la notion d'hybridité,
19:19c'est que tant qu'on n'est pas dans la confrontation directe,
19:21on est en dessous du seuil de l'affrontement militaire,
19:23mais on riposte fortement.
19:26C'est-à-dire qu'on va riposter sur des actes
19:29qui sont en dessous du seuil de l'affrontement militaire.
19:31Mais on est parfaitement capable de le faire.
19:34Merci à tous les quatre
19:36d'avoir été avec nous ce soir
19:37pour faire le point justement
19:38sur ces menaces d'attentat sur le sol européen,
19:41attentat russe comme ce qui s'est produit en Allemagne.