- il y a 2 heures
Avec David Gauquie, producteur du film Soudain et Annie de Vivie, spécialiste de l’Humanitude
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00:00Sofinko, pensez votre logement pour demain. Travaux, domotique, sécurité, bien-être.
00:06Sofinko présente Sud Radio, la vie devant nous.
00:10Bonjour à tous, ravis de vous retrouver pour un nouvel épisode de la vie devant nous.
00:15Chaque dimanche avec nos invités, ils sont là, on va vous donner envie de bien vivre votre âge,
00:22quel que soit votre âge, et puis avec le sourire, c'est une émission qui est faite pour vous,
00:26que vous soyez enfants, parents, grands-parents ou même arrière-grands-parents.
00:30Et on partage des histoires de vie, des témoignages et des conseils concrets
00:34pour mieux vivre ensemble à tous les âges de la vie.
00:37Et si le cinéma pouvait changer notre regard sur la vieillesse,
00:41c'est peut-être l'une des forces de Soudain, le nouveau film de Rizuko Hamaguchi,
00:48un film de plus de trois heures, mais surtout un film sur le temps où l'on prend,
00:52justement, pour regarder l'autre, l'écouter, préserver sa dignité.
00:57Et bien, pour en parler aujourd'hui, j'ai deux invités.
01:00C'est David Gauquier, qui est producteur du film Soudain,
01:04et Annie de Vivi, qui est spécialiste du grand âge et de l'humanitude.
01:13Alors, au cœur du récit de Soudain, une directrice d'EHPAD qui veut changer les pratiques de son établissement
01:20et remettre la relation humaine au centre du soin,
01:23un sujet qui résonne particulièrement avec la vie devant nous.
01:28David Gauquier, bonjour.
01:29Bonjour.
01:30Vous êtes producteur du film Soudain.
01:33Alors, la première question qui brûle, qui me brûle, et qui brûle les auditeurs, j'imagine,
01:38c'est lorsqu'on s'investit en fait cinq années dans un film comme Soudain,
01:43qu'est-ce qu'il faut dire en fait au départ ?
01:46Il faut absolument raconter cette histoire.
01:47Qu'est-ce que vous vous êtes dit en fait pour justement sortir ce film ?
01:51Alors en fait, c'est une très très longue histoire,
01:52puisque à la base, je produis des films français, des pièces de théâtre en France.
01:57Et la vie a fait que je produis aussi des films de réalisateurs japonais,
02:02comme Kurosawa, Kawase, des grands réalisateurs japonais.
02:06Et au cours d'un de mes longs voyages au Japon, un de mes nombreux voyages au Japon,
02:10j'ai voulu rencontrer Ryuzuki Yamaguchi, qui avait fait Drive My Car,
02:13qui a eu un Oscar et un Golden Globe, entre autres,
02:16qui est un très grand film référence, deux films d'auteurs.
02:18Et je l'ai rencontré quelques jours après la réouverture des frontières à l'époque du Covid au Japon,
02:24quatre jours après la réouverture des frontières.
02:26On devait passer une heure ensemble, et en fait, on a passé quatre heures à parler de cinéma français.
02:31Et là, je me suis rendu compte qu'il avait une culture de cinéma français absolument exceptionnelle,
02:34qui passe de Chabrol à Mathieu à Malric, en passant par La Nouvelle Vague, ou Romère.
02:39Et on a échangé sur l'envie que j'avais de faire un film avec lui,
02:44quel que soit le sujet, au départ.
02:45D'accord.
02:47Ensuite, on s'est quitté, on s'est retrouvé...
02:50Il m'a appelé ensuite quatre mois plus tard, en me disant « J'ai peut-être une idée ».
02:55Et l'idée, c'était l'adaptation d'un livre japonais,
03:01qui était des correspondances entre deux femmes.
03:04Une anthropologue et une philosophe deviendra malade.
03:08Il m'a dit « Écoutez, je pense que cette histoire, on pourrait la travailler en France
03:13avec une française et une japonaise ».
03:14C'est ça le point de départ de cette aventure.
03:17Et alors, bon, c'est une jolie histoire.
03:22Le sujet, quand même, est pourtant difficile.
03:24Parce que, commercialement, la vieillesse, l'EHPAD, la maladie, la mort,
03:29puisque c'est un parcours initiatique, en quelque sorte,
03:33entre une femme qui est touchée par un cancer
03:36et une autre qui accompagne, en fait, les grands passages.
03:42avec des personnes.
03:43Comment convaincre qu'on peut en faire un grand film de cinéma
03:46et pas seulement un film sur le grand âge ?
03:47Ça, c'est intéressant pour...
03:48Alors, déjà, il faut un grand réalisateur pour faire un grand film.
03:54Mais le livre s'appelle « Soudain, quand mon état s'aggravera »
03:57ou « Se dégradera », je crois, « Se dégradera ».
03:59Ça, on peut traduire dans les deux.
04:01Et c'est vrai que, très vite,
04:04Ryuzuke a eu le désir de faire une fresque
04:06et de prendre le temps de traiter de la relation entre ces deux femmes
04:10et de la dégradation de l'une d'entre elles,
04:13avec l'accompagnement de l'autre.
04:14Et ça, très tôt, avant même d'écrire,
04:16puisqu'au départ, on a décidé de travailler sans me sens
04:18qu'il ait écrit quoi que ce soit,
04:20il m'a dit « Je vais prendre du temps pour le faire ».
04:23Et voilà, c'était le point de départ.
04:25Alors, après, c'est vrai que c'est très complexe.
04:27à financer, puisqu'il y a plusieurs défis
04:29sur un film comme ça, c'est le temps.
04:32Le film dure 3h16,
04:34mais je suis très heureux
04:35parce que la plupart des gens, ou 90% des gens,
04:38disent que le temps passe très vite.
04:39On ne sent pas le temps passer,
04:40parce qu'on est happé par l'histoire.
04:42Je défends le film en disant ça, mais c'est vrai.
04:46Et justement, vous avez employé
04:48une très belle formule que j'ai reprise
04:51après Cannes.
04:52Une journaliste vous a dit que ce film
04:53nous déshabille de notre cynisme.
04:56Alors, ça, c'est un peu repris,
04:57mais qu'est-ce que ça signifie pour vous, en fait ?
05:00La traduction pour les auditeurs, c'est quoi ?
05:02En fait, le film ouvre...
05:05C'est une phrase qui m'est restée,
05:06parce qu'on a fait beaucoup d'interviews,
05:07et cette journaliste m'a dit ça tout de suite,
05:10en étant conquise par le film.
05:11C'est que les gens viennent voir un film de 3h16,
05:14et une des séquences d'ouverture du film,
05:16c'est une personne âgée
05:19dont la famille est à côté d'elle,
05:20et en fait, la famille va raconter un petit peu
05:22avec des animateurs
05:24la vie de cette personne
05:25dans l'établissement,
05:28la vie qu'elle a eue,
05:29en espèce, c'est une pilote de ligne.
05:32Et notre regard occidental
05:33face à ça peut
05:35nous montrer une scène désuète
05:37qui pourrait dire, ah oui,
05:38donc je vais avoir 3h15
05:39de choses comme ça.
05:42Et en fait, pas du tout,
05:43plus le temps avance,
05:44plus on rentre en immersion
05:46dans cet établissement
05:47et dans cette façon de travailler,
05:49et dans les personnages,
05:50dans l'accompagnement,
05:51et plus d'un seul coup,
05:52on se rend compte que cet atelier
05:53qui au départ nous apparaît
05:55avec notre regard occidental,
05:57moderne, un peu parfois cynique,
05:59nous apparaît donc désuète et tout,
06:00devient quelque chose de très profond,
06:02et qui fait dire, en fait,
06:03non, on va s'intéresser à l'autre.
06:04Et je rebondis là-dessus,
06:05parce que Ryuzuke dit quelque chose
06:07de très fort dans tout ce qu'il fait,
06:08dans tout ce qu'il traite tout le temps,
06:09et sur un plateau de la même manière,
06:11sur un plateau de film,
06:11il dit toujours, en fait,
06:12il faut donner de l'attention à l'autre.
06:14La plus grande chose qu'on puisse faire au monde,
06:15c'est donner de l'attention à l'autre.
06:17On donne de l'attention à nos enfants,
06:18puisqu'on les élève et on les fait grandir,
06:20et généralement, en Occident,
06:21on donne moins d'attention à nos aînés,
06:22puisqu'en fait, concrètement,
06:23ils sont moins utiles.
06:25Et les Japonais n'ont pas cette capacité à faire ça,
06:27ils ont quelque chose de très différent,
06:29c'est de donner de l'attention à l'être humain,
06:32au sens large, tout le long de sa vie.
06:34Et est-ce que votre ambition était aussi
06:36de provoquer quelque chose
06:37chez le spectateur lorsqu'il sort de la salle,
06:40qu'il regarde différemment ses parents,
06:42des proches plus âgés,
06:44ses grands-parents,
06:45ou qu'il y ait un acte de transmission aussi
06:48de personnes qui vivent en EHPAD.
06:50Parce que malheureusement,
06:51lorsqu'on prononce le nom EHPAD,
06:54on pense tout de suite au livre,
06:55au scandale financier,
06:57c'est un peu comme Le Viagé,
06:58vous voyez, avec le film.
07:00Le film en parle d'ailleurs,
07:01d'un moment des différents,
07:03rapidement, mais il en parle quand même.
07:05Oui, l'enjeu, c'est que les gens,
07:07et d'ailleurs beaucoup de gens
07:08ont des parents vieillissants,
07:11ou qui ont des maladies d'Alzheimer,
07:12ou autres,
07:13et qui sont en difficulté,
07:14et en fait, pour eux,
07:15déjà, les gens,
07:16la plupart des...
07:16Ça touche tout le monde, en fait,
07:18ce genre de sujet,
07:18et tout le monde se sent moins seul.
07:19Parce que du coup, face à l'aîné,
07:22on se sent moins seul grâce à ce film,
07:24on se rend compte qu'il y a des choses possibles,
07:26et je reprends encore cette image,
07:30mais généralement,
07:31je pense qu'on se dit,
07:32en fait, on va donner de l'attention à l'autre.
07:34C'est peut-être que ça donne l'occasion
07:35aux gens qui travaillent beaucoup
07:36de prendre leur téléphone
07:37et d'appeler les aidants,
07:38leurs parents,
07:39de prendre la voiture
07:40et d'aller les voir,
07:41même si c'est un peu loin
07:42ou si c'est pas loin.
07:43Tout simplement,
07:43redonner de l'attention à l'autre.
07:45Je fais un petit coucou ce dimanche
07:47à mes parents, d'ailleurs.
07:47Vous voyez, j'en profite.
07:48Voilà.
07:51Annie de Vivi,
07:52ce qui frappe dans le film,
07:54c'est que la révolution proposée,
07:55et d'ailleurs,
07:56on en parle souvent,
07:57elle n'est pas technologique,
07:58en fait.
08:00Elle commence par une façon
08:02de regarder et de considérer
08:03une personne âgée.
08:04En fait,
08:07ce qui est incroyable,
08:09c'est que quand Virginie Effira,
08:11en directrice d'EHPAD,
08:14s'explique très concrètement,
08:16très posément,
08:17à toute son équipe,
08:18comment,
08:19face à quelqu'un
08:20qui est à risque de trouble,
08:22comment on va se poser
08:24dans son regard,
08:25parfois très en dessous d'elle,
08:27comment on va avoir
08:28une voix douce,
08:29mélodieuse,
08:30d'accompagnement,
08:31comment on va présenter nos mains
08:32et on va accueillir
08:34les mains de l'autre,
08:35ces gestes qui paraissent
08:36simples et anodins,
08:37il n'empêche que,
08:39quand on dit
08:39de l'attention à l'autre,
08:41quand Rissu Kamaguchi
08:42est venu nous,
08:43nous vraiment,
08:44mais alors,
08:44et qu'est-ce qu'il a bossé
08:45pour nous,
08:46pour nous,
08:47pour comprendre
08:48ce que c'était
08:49que l'humanitude,
08:49l'humanitude,
08:50elle vient outiller
08:51l'attention à l'autre.
08:52C'est-à-dire que spontanément,
08:54humainement,
08:54on a envie
08:55d'avoir de l'attention
08:56pour son proche
08:57ou pour n'importe qui
08:57dans la rue
08:58ou n'empêche que,
09:00quand la maladie arrive,
09:01quand le grand âge arrive,
09:03quand ces images difficiles
09:04arrivent,
09:06la relation,
09:07elle peut se couper
09:08ou elle peut être piégée
09:10et donc là,
09:11tout l'enjeu,
09:11c'est d'outiller ça,
09:12d'outiller les regards,
09:14les paroles,
09:14les toucher
09:15et le film le montre
09:17de manière très douce
09:19et très belle.
09:20Les images qu'il a choisies,
09:22c'est d'une beauté
09:24et c'est tellement beau d'ailleurs
09:25que c'est pour ça
09:26que le temps passe vite.
09:27C'est une poésie en fait,
09:28c'est une espèce de...
09:29C'est poétique en fait.
09:30Moi, je trouve
09:31que ça suspend le temps
09:32et d'ailleurs,
09:33on parle des silences.
09:33Est-ce que soudain montre
09:35justement que notre société,
09:36qui est une société folle,
09:38rapide,
09:39qui prend de la jeunesse,
09:41jeunesse dans sa...
09:42Voilà,
09:42dans le mouvement.
09:43Dans le jeunisme et l'agisme.
09:44Dans le mouvement, exactement.
09:46Est-ce que notre société
09:47a encore du mal à comprendre
09:48une personne dépendante
09:50reste avant tout
09:51une personne qui choisit,
09:52qui ressent,
09:53qui a des droits,
09:54qui désire en fait ?
09:55Elle est piégée,
09:56notre société,
09:57elle est piégée
09:59par l'agisme justement,
10:01par la peur
10:02et le rejet
10:03qu'on a du grand âge.
10:04Elle est piégée
10:05par le fait
10:06qu'on ait fait
10:07tout va très vite,
10:08trop vite,
10:08tout le temps.
10:10Et elle est piégée
10:11par l'impensée complète
10:13de se dire
10:13mais j'ai pas besoin
10:14d'apprendre
10:15à regarder mon proche.
10:16J'ai pas besoin
10:17d'apprendre à lui parler.
10:18J'ai pas besoin
10:18d'apprendre à le toucher.
10:19Je sais le faire.
10:20En fait,
10:21si,
10:21il faut faire l'effort.
10:22Et c'est pas évident
10:23de se poser
10:25et de se dire
10:26est-ce que je pourrais
10:27apprendre quelque chose
10:28qui va m'aider
10:29à nourrir la relation ?
10:31Je vais pas spoilier le film
10:32mais il y a une...
10:33Le film dure 3h15
10:34mais il y a un passage
10:36que je trouve sublime
10:36et que j'ai fait travailler
10:37par Yuzuki à l'écriture
10:38et au montage du film
10:41qui pour moi
10:41est une des séquences
10:42les plus belles du film.
10:42C'est Virginie Fira
10:43qui explique son métier
10:44à tous les gens
10:45de son équipe
10:45et à tous les gens
10:47de son équipe
10:48quels qu'ils soient
10:49les aidants
10:49et les soignants
10:50et les infirmiers
10:52et à un moment
10:52il va dire
10:52en fait
10:54la pulsion de vie
10:55elle est là jusqu'au bout
10:56et être professionnel
10:57c'est accompagner
10:57cette pulsion de vie
10:58et ça je trouve ça
10:59très très fort
11:00parce qu'on a des frissons
11:01de je pense à ça
11:03parce que justement
11:04ce que montre le film aussi
11:05c'est qu'en fait
11:06quel que soit
11:06l'état de la personne
11:07en fait
11:08elle a encore du désir
11:10de vie
11:10du désir tout court
11:11de plein de choses
11:12et elle le montre
11:13peut-être pas forcément
11:14mais il faut l'accompagner
11:15il faut déceler ça
11:16et il faut l'accompagner
11:18justement
11:18on va l'accompagner
11:20on va marquer
11:20une courte pause
11:22et on va se retrouver
11:24pour parler
11:25d'humanitude
11:26qu'est-ce que l'humanitude
11:27dans le film soudain
11:39Bienvenue sur
11:40Sud Radio
11:41la vie devant nous
11:42on se retrouve
11:44avec un film
11:45exceptionnel
11:46Soudain
11:47avec David Coquiez
11:49qui est producteur
11:50du film
11:50et Annie Devivi
11:52qui est spécialiste
11:53de l'humanitude
11:54alors justement
11:54avant la pause
11:56on parlait
11:57de l'humanitude
11:58qui est évoquée
11:59en fait
11:59dans le film
12:01qu'est-ce que c'est
12:02Annie ?
12:03C'est une invention
12:05de deux enseignants
12:07qui s'appellent
12:07Yves Gineste
12:08et Rosette Mariscotti
12:09deux enseignants
12:10qui sont allés
12:10dans le monde
12:11de la santé
12:11et qui ont découvert
12:13à quel point
12:14la relation
12:15entre celui qui aide
12:17et celui qui est aidé
12:18pouvait être piégée
12:19par un nombre
12:20incalculable
12:21de choses
12:23trappes
12:24de pression
12:25de culture
12:25de regard
12:27qu'on a
12:27sur la personne
12:29qu'on aide
12:29et petit à petit
12:31en allant
12:32alors la grande force
12:33de l'humanitude
12:34c'est que ce sont
12:34des enseignements
12:35des techniques
12:36de regard
12:37de parole
12:38de toucher
12:39d'aide à la verticalité
12:40qui sont très concrets
12:42très opérationnels
12:44très physiques
12:45et qui s'enseignent
12:47auprès des soignants
12:48en situation réelle
12:49dans les établissements
12:50dans les services
12:51et les soignants
12:52constatent
12:53avant la formation
12:54et après la formation
12:56qu'il y a
12:57un apaisement
12:58de près de 8 soins
13:00difficiles sur 10
13:01c'est-à-dire qu'avant
13:02la situation
13:03on faisait au mieux
13:05on prenait soin
13:07du mieux qu'on pouvait
13:08de la personne
13:08et puis quand on apprend
13:10cette manière
13:11d'entrer en relation
13:12de maintenir la relation
13:14et de quitter la relation
13:16doucement
13:16avec ces techniques-là
13:18et bien
13:19la reconnaissance
13:21d'humanité
13:22se fait
13:23le soignant
13:24est beaucoup plus
13:25à l'aise
13:26et en face de nous
13:27on a quelqu'un
13:28qui malgré la maladie
13:29malgré tout
13:30fait des efforts aussi
13:31pour revenir vers nous
13:32et donc c'est pour ça
13:33que la situation s'apaise
13:34oui
13:35j'avais fait un peu
13:36de gériatrie
13:37en fait ça me parle beaucoup
13:38parce que
13:39notamment dans les soins
13:40mais surtout dans la toilette
13:41j'ai été amené
13:42en tant qu'agent hospitalier
13:45en fait
13:45vous voyez
13:46à faire des toilettes
13:47le repas
13:48le déplacement
13:49et en fait
13:49on parle de cela
13:50c'est-à-dire que c'est changé
13:51du concret
13:52dans la vie quotidienne
13:53parce qu'on rentre
13:54dans l'intimité
13:55comme c'est pas neutre
13:55j'étais un peu plus jeune
13:58et le rapport avec l'autre
14:00c'est une intrusion presque
14:01donc en fait
14:03l'humanitude
14:04c'est cela
14:05concrètement
14:06c'est une formation
14:06l'humanitude
14:07oui oui
14:07ce sont des formations
14:08en action concrètes
14:10professionnelles
14:10au départ
14:11et qui maintenant
14:12commencent à s'enseigner
14:13auprès des aidants
14:14au Japon
14:15il y a même une ville
14:16qui veut devenir
14:17ville d'humanitude
14:18parce qu'elle a compris
14:20et elle fonce
14:20sur les pompiers
14:21les gens
14:22tout le monde va y passer
14:24pourquoi ?
14:24parce que l'idée
14:25c'est ce que dit
14:27Ruisukamaguchi
14:27l'attention à l'autre
14:29c'est le plus précieux
14:30c'est ce qui nous permet
14:31de nous sentir humains
14:32et d'être reconnus
14:33par l'autre
14:33comme un humain
14:34mais sauf que
14:35cette attention-là
14:36elle peut être difficile
14:39à avoir lieu
14:40tout simplement
14:41parce qu'on en a peur
14:43on est pollué
14:44on est piégé
14:45et ben
14:46voilà
14:47la relation s'arrête
14:48on reviendra
14:49pour être plus concret
14:51sur l'humanitude
14:52et la formation
14:53et la présence
14:54aujourd'hui
14:55dans les EHPAD
14:56en tout cas
14:56ça se développe
14:57et puis
14:58il y a un mouvement
14:59de fond
15:00encouragé par le film
15:01en fait
15:03200 salles
15:04qui le projettent
15:04on est à 650
15:05aujourd'hui
15:05on a commencé
15:06avec 145 salles
15:08et maintenant
15:08on est à 650 salles
15:09oui exactement
15:10alors pourquoi
15:12avons-nous encore tendance
15:14à infantiliser
15:15en fait
15:15les personnes très âgées
15:16au nom de leur sécurité
15:17parce que
15:18c'est un peu contraire
15:20à ce qui est porté
15:21dans le film
15:22même si c'est le grand écart
15:24avec l'humanitude
15:25comment on explique
15:28comment on explique cela
15:28par le piège
15:29de la bienveillance
15:30c'est-à-dire que
15:31ce fameux mot
15:33la bienveillance
15:34on en a pour nos proches
15:35on veut le meilleur
15:36pour eux
15:37et parfois
15:38le piège
15:40c'est de penser
15:41pour eux
15:41de décider pour eux
15:44et de penser
15:44ce qui est bon pour eux
15:45donc
15:47et en plus
15:48là vient se rajouter
15:49souvent quand même
15:50des handicaps
15:51des maladies
15:52des déficiences
15:53donc tout ça
15:55vient nous piéger
15:55gentiment
15:56et fait que
15:57on sécurise trop
15:59c'est-à-dire que
15:59l'effet de balancier
16:00entre la liberté
16:01et la sécurité
16:01penche trop
16:02vers la sécurité
16:03et ce qui est
16:05très bien montré
16:06dans le film
16:06c'est que
16:07quand on apprend
16:08à renouer le lien
16:11quand on apprend
16:12à bien poser
16:13le regard
16:15horizontal
16:15dans l'axe
16:16long et proche
16:17de la personne
16:18quand on apprend
16:18à lui proposer
16:21déjà quand on lui parle
16:22en continu
16:23il y a des scènes
16:24magnifiques
16:25dans le film
16:26où on voit
16:27ces toilettes
16:27et où on voit
16:28la technicité
16:29qui est déployée
16:30par les professionnels
16:32pour le faire
16:33et là ça rend
16:34tout de suite
16:35possible l'impossible
16:36c'est-à-dire l'horreur
16:37qu'on avait
16:37quand même en tête
16:39sur ces lieux
16:40qu'on se dit
16:41oh là là
16:41mais qu'est-ce qui s'y passe
16:43comment
16:43ben là
16:44le film rend possible
16:45le fait qu'on peut
16:46y vivre
16:47debout jusqu'au bout
16:48alors le film
16:49enfin moi
16:50il m'a touché
16:51sur l'écart
16:53qu'il y a
16:53entre le rêve
16:55je pourrais dire
16:55presque ce rêve
16:57éveillé
16:58où on a
16:59des sentiments
17:01une empathie
17:02une émotion
17:03beaucoup d'émotions
17:04et la réalité
17:07justement dans cette réalité
17:09parce que
17:09lorsqu'on parle
17:11de cette formation
17:11l'humanitude
17:12est-ce qu'on la retrouve
17:15aujourd'hui
17:15on a envie de galoper
17:16et se dire
17:16ben ben voilà
17:17je sors
17:18donc en fait
17:18tous les établissements
17:20médicalisés
17:20ont cette forme
17:23en fait
17:23d'accompagnement
17:24et de lien
17:25est-ce que c'est le cas
17:26aujourd'hui ?
17:26on en est où là-dessus ?
17:27il y a plus de 800 établissements
17:28en France
17:29qui se forment
17:29c'est-à-dire
17:30c'est pas neutre
17:31je pensais que c'était
17:32beaucoup plus beau
17:33c'est un mouvement
17:34de fond
17:34les gens ont envie de ça
17:35les professionnels
17:36ont envie de ça
17:37mais d'ailleurs ça se voit
17:38dans les commentaires du film
17:40je ne sais plus à combien d'entrées
17:41on est aujourd'hui
17:42on est à 350 000 entrées
17:43et puis il y a un très beau bouchoir
17:46ah bah oui
17:47moi les professionnels
17:49les aidants
17:49les familles
17:50tous ceux qui le voient
17:51se disent
17:51ben voilà
17:52c'est ça qu'on veut
17:52c'est ça qu'on veut
17:54donc 800 établissements
17:55il y en a combien ?
17:56en tout il y a plus de 7700 EHPAD
17:59et il y en a presque 800
18:00qui se forment régulièrement
18:01et certains se sont dit
18:04il y a la formation
18:06il faut apprendre
18:07mais surtout il faut appliquer
18:08il faut appliquer
18:09pour pouvoir justement
18:10faire en sorte
18:10qu'on se transforme
18:11et c'est comme ça
18:12qu'ils ont créé
18:12le label Humanitude
18:14ils se sont dit
18:15au-delà de la formation
18:16il faut un premier niveau
18:18d'information
18:18mais derrière
18:19on voudrait transformer
18:21nos lieux
18:22et ben ils sont
18:23une petite quarantaine
18:24maintenant
18:24à être labellisés
18:25donc
18:26non c'est un bon début
18:27ben oui
18:28et donc ce label
18:29il a pour vocation
18:30peut-être
18:31d'être délivré
18:32avec une caution
18:34de
18:35de l'état
18:36en tout cas
18:36on n'attend que ça
18:37on accompagne
18:39tous les
18:40toutes les
18:42les décideurs
18:43à venir
18:43aller visiter
18:44aller voir
18:45et aller intégrer
18:47ce genre de démarche
18:48dans les évaluations
18:49officielles
18:49donc on fait un petit message
18:51un appel du pied
18:51à notre ministre
18:53de l'autonomie
18:53vous voyez
18:54ça c'est très concret
18:55David Gauquet
18:56au fond
18:57est-ce que
18:58Soudain
18:59est vraiment
19:00un film
19:01sur les EHPAD
19:02moi j'ai l'impression
19:03que
19:03c'est un film
19:04qui est beaucoup plus large
19:05en fait qui sont notre manière
19:07de regarder la vieillesse
19:08dans une société
19:09qui a la chance
19:11en tout cas
19:11pour lequel certains
19:12ont la chance
19:13de vivre plus longtemps
19:15avec
19:16cette notion
19:17de vulnérabilité
19:18qu'on a tous
19:20puisque la vie
19:21on peut nous l'enlever
19:24en quelques secondes
19:25en fait
19:25donc
19:27comment
19:27comment vous voyez
19:29ce regard
19:30au travers du film
19:31en fait
19:31que vous avez
19:31de l'idée
19:33chez Rizouquet
19:34avant tout
19:34et chez moi
19:35après dans le rôle
19:36en tant que producteur
19:38l'enjeu
19:38c'est aussi
19:39avant tout
19:39une rencontre
19:40entre deux personnes
19:41qui n'étaient pas
19:42censées se rencontrer
19:42on a une japonaise
19:44d'un côté
19:44qui parle un petit peu français
19:46on a une française
19:46qui dans le film
19:47a fait une partie
19:49de ses études
19:49au Japon
19:50donc la rencontre
19:51et l'immédiate
19:52connexion
19:53entre deux êtres
19:54ça existe
19:54ça peut exister
19:55et c'est la magie
19:56des belles histoires
19:57qu'elles soient amoureuses
19:58ou qu'elles soient amicales
19:59là en l'espèce
20:00en plus
20:00on parle de deux continents
20:02différents
20:03donc ça c'est déjà
20:04c'est quelque chose
20:04une universalité
20:06dans l'échange entre elles
20:07dans la compréhension entre elles
20:08au-delà des codes
20:09au-delà des cultures
20:10il y a une compréhension
20:11entre deux personnes
20:12déjà ça
20:13et ça c'est la thématique
20:14que Ryuzuki aime beaucoup aussi
20:15et que je trouve exceptionnelle
20:16parce que ça donne
20:17foi en l'autre
20:18alors c'est bien de donner
20:19de l'attention à l'autre
20:20puis c'est bien aussi
20:20d'avoir foi en l'autre
20:21et de faire confiance à l'autre
20:23c'est l'espérance en fait
20:24c'est l'espérance en fait
20:25c'est la magie de la vie
20:26l'attention c'est bien
20:27mais il y a aussi
20:28la rencontre avec
20:30qui se passe n'importe quand
20:31elle se passe de façon
20:34et c'est ça qui est aussi très magique
20:36moi j'ai l'impression
20:37que le cinéma
20:38au travers en fait
20:39de ce film
20:41est en train de changer
20:42le regard des français
20:44sur les EHPAD
20:45et de tous les français
20:46je pense que c'est un film
20:47qui peut être montré
20:49dans les écoles
20:50c'est vraiment transgénérationnel
20:51pourquoi ?
20:52parce qu'il y a
20:52une poésie du lien
20:55et de la vie en fait
20:57comment on l'aménage
20:59et comment on transmet
21:01après avoir vu Soudain
21:03quelle est la chose
21:04que vous aimeriez
21:05en fait
21:05que chaque spectateur
21:06fasse différemment
21:07dès le lendemain
21:08avec une personne âgée
21:10chacun votre tour
21:11peut-être
21:11d'abord comme vous
21:11parler à ses parents
21:12faire un petit coucou
21:14à ses parents
21:14et appeler ses parents
21:15je vais être obligé
21:16je trouve ça important
21:20puis le
21:21si
21:21je reste toujours
21:23sur ce thème là
21:23parce que c'est le thème
21:24central pour moi
21:25du projet
21:25mais c'est de donner
21:26de l'attention
21:26c'est sortir de là
21:27et de ne plus être centré
21:28sur soi
21:29et d'être ouvert aux autres
21:30et puis d'être aussi ouvert
21:32à se dire
21:33qu'est-ce qu'on peut faire
21:33de meilleur
21:34dans l'accompagnement
21:35dans les choses
21:36et comment on peut accompagner
21:37encore plus efficacement
21:38les gens
21:39et ça c'est
21:40le cinéma permet ça
21:42l'art permet ça
21:43plein de choses permettent ça
21:44la littérature aussi
21:45et les rencontres
21:46mais c'est se remettre en question
21:47et remettre en question
21:48son fonctionnement
21:49je trouve que le film
21:49si on sort de là
21:50et qu'on met en question
21:51tout ça
21:52en tout cas
21:52qu'on tend
21:53à essayer
21:54de faire quelque chose
21:55différent
21:56et d'être meilleur
21:57la bande-alance américaine
21:59vient de sortir
21:59et elle dit à la fin
22:00un film qui normalement
22:02vous laissera meilleur
22:03que quand vous étiez entré
22:05dans la salle de cinéma
22:07et j'aime beaucoup
22:07cette dimension américaine
22:09très axonne
22:10très efficace
22:11on n'oserait pas faire ça
22:12en français
22:13mais moi j'aime beaucoup
22:14j'aime bien cette idée
22:15de dire on se sent meilleur
22:16de ce film
22:17c'est très vrai
22:18c'est pas mal
22:19Annie ?
22:20et bien moi j'aimerais bien
22:21que les français
22:22ils poussent la porte des EHPAD
22:23ils poussent la porte
22:24de ces lieux
22:25et ils osent se dire
22:27voilà
22:29les personnes qui y sont
22:30c'est nos proches aujourd'hui
22:31puis ce sera nous demain
22:32donc
22:33ces lieux là
22:34allez
22:35on les pousse
22:36on ouvre les portes
22:37on ouvre les fenêtres
22:38et puis on accompagne
22:40et on soutient
22:41les professionnels
22:42qui y travaillent
22:43pour se transformer
22:44parce que personne
22:45n'a envie d'autre chose
22:46tout le monde a envie
22:48de rendre possible
22:49l'impossible
22:49et de vivre
22:50vieillir
22:51mourir
22:52debout
22:53oui merci
22:54merci beaucoup
22:55pour cette
22:56vous avez fait
22:56une très belle conclusion
22:57moi je vous encourage
22:59chers auditeurs
23:00à aller voir le film
23:01Soudain
23:04tout simplement
23:05parce que c'est
23:05une grande leçon
23:06qui tient finalement
23:07en quelques mots
23:08vieillir
23:08ne doit jamais
23:09vouloir dire
23:10disparaître
23:11du regard des autres
23:13merci
23:14à vous deux
23:15de nous avoir fait partager
23:17votre engagement
23:18votre passion
23:19et de nous avoir suivi
23:21et on le sent
23:23et on le sent
23:23vous avez construit
23:24quelque chose
23:24voilà
23:25la vie devant nous
23:26c'est chaque semaine
23:27sur Sud Radio
23:28je vous laisse en compagnie
23:29de Christophe Debiens
23:30pour la planète demain
23:31on en prend soin aussi
23:32sur Sud Radio
23:32rendez-vous dimanche prochain
23:34de midi à midi 30
23:35et puis pour ceux
23:36qui souhaitent écouter
23:36ou partager l'émission
23:37il faut le faire
23:38avec Soudain
23:40la vie devant nous
23:41en podcast
23:41ou en replay
23:42sur l'application
23:43Sud Radio
23:43et sudradio.fr
23:44bon dimanche
23:45bon appétit
23:45portez-vous bien
23:46Sud Radio
23:48la vie devant nous
23:50avec Sofinko
23:51pensez votre logement
23:52pour demain
23:53travaux
23:54domotique
23:54sécurité
23:55bien-être
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